Publié le 2 Décembre 2016

Une bonne décision... qui vient un peu tard

Enfin une bonne décision dans l'affaire Tapie : M. Bernard Tapie devra rembourser ce qu'il a indument volé à la France avec la complicité de M. Nicolas Sarkozy et de Madame Christine Lagarde...

M. Tapie a été condamné à rembourser, mais cela n'est pas suffisant : une trahison a été faite envers le peuple par les deux autres !

N'oublions pas ces faits et traduisons ces deux pourritures en justice afin de leur faire comprendre que les décisions qu'ils ont prises l'ont été contre l'intérêt général.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 juillet 2016

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Nouveau revers en justice pour Bernard Tapie

La Cour de cassation a validé l'annulation de l'arbitrage lié à la vente d'Adidas au Lyonnais

La Cour de cassation a -validé, jeudi 30 juin, l'annulation de l'" arbitrage Tapie ". Ce dernier avait permis d'octroyer 405 millions d'euros à l'homme d'affaires, en juillet 2008, pour régler son litige avec le Crédit lyonnais.

Le 17 février 2015, la cour d'appel de Paris avait estimé que la sentence arbitrale prononcée en faveur de l'ancien patron de l'Olympique de Marseille était entachée de " fraude ". Les liens " anciens, étroits et répétés " entre M. Tapie, son avocat Maurice Lantourne, et l'un des trois juges arbitres, Pierre Estoup, faisaient douter de l'impartialité de cette décision selon les magistrats. Dans leur arrêt, ils avaient donc ordonné la rétractation du jugement arbitral.

Le couple Tapie s'était pourvu en cassation, arguant notamment que l'arbitrage étant international, il convenait de nommer un nouveau tribunal arbitral. La Cour de cassation a relevé, jeudi 30 juin, que " la cour d'appel, s'étant justement placée au moment du compromis pour déterminer le caractère de l'arbitrage et ayant fait ressortir que les litiges ne portaient plus que sur des opérations qui se dénouaient économiquement en France ", il ne saurait être fait droit aux arguments invoqués par le camp Tapie.

Des relations cachées

Par ailleurs, sur le fond, les magistrats estiment que le processus arbitral a bien été truqué : " L'occultation par un arbitre des circonstances susceptibles de provoquer, dans l'esprit des parties, un doute raisonnable quant à son impartialité et à son indépendance, dans le but de favoriser l'une des parties, constitue une fraude rendant possible la rétractation de la sentence arbitrale dès lors que cette décision a été surprise par le concert frauduleux existant entre l'arbitre et cette partie ou les conseils de celle-ci. "

Sont pointées les relations cachées entre M. Lantourne, l'avocat de M. Tapie, et M. Estoup, -accusés d'avoir " usé de manœuvres dolosives " en ayant " caché l'existence des liens personnels anciens, étroits et répétés entre M. Estoup et M. Tapie ".

Toutefois, l'interminable affaire Tapie est loin d'être close. " Nous allons nous battre et nous irons aussi devant la Cour européenne des droits de l'homme ", a déclaré l'un des conseils de M. Tapie, Me Frédéric Thiriez, rappelant qu'un second pourvoi, portant cette fois sur les 405 millions d'euros que l'homme d'affaires est supposé rembourser, est toujours pendant devant la Cour de cassation.

En décembre 2015, M. Tapie, condamné par la cour d'appel de Paris à rendre les sommes perçues lors de l'arbitrage, avait placé l'ensemble de ses biens en procédure de sauvegarde.

Sur le plan pénal, les juges d'instruction ont notifié, le 23 juin, la fin de leurs investigations aux six personnes mises en examen, parmi lesquelles MM. Tapie, -Lantourne et Estoup, poursuivis pour " escroquerie en bande -organisée ".

Par ailleurs, la Cour de cassation devait examiner, vendredi 1er juillet, le pourvoi formé par l'actuelle directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, afin d'éviter son renvoi pour " négligence dans la gestion de fonds publics " devant la Cour de justice de la -République, instance devant -laquelle elle est poursuivie en tant qu'ancienne ministre de l'économie pour avoir autorisé l'arbitrage controversé.

Gérard Davet, et Fabrice Lhomme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 1 Décembre 2016

Quand le Luxembourg, en oubliant l'intérêt général, en oublie la démocratie

Le lanceur d'alerte protège l'intérêt général en l'informant. Condamner un lanceur d'alerte, c'est condamner l'intérêt général, in fine, la démocratie.

Le Luxembourg, par son jugement honteux, vient donc de prouver qu'il est un état démocratique plus que relatif. Il fait honte à l'Europe.

Alors oui, on peut voir le verre à 10% plein : on n'a pas condamné le journaliste... Il n'aurait manqué plus que ça !

Cela n'a pas empêché le procureur d'avoir voulu le faire ! On sait maintenant qu'il y a une pourriture au Ministère Public au Luxembourg qui met l'argent au dessus de tout !

Quand on voit le Luxembourg agir, je ne peux pas me dire Européen car je ne suis pas et ne serai jamais Luxembourgeois.

Que la honte soit sur le Luxembourg par ce jugement inique et honteux...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er juillet 2016

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" LuxLeaks " : la justice condamne les lanceurs d'alerte

Le tribunal du Luxembourg a reconnu qu'Antoine Deltour et Raphaël Halet " ont agi dans l'intérêt général "
Dans un silence solennel, face à des supporteurs venus par dizaines soutenir un frère, un ami, un voisin, ou simplement un lanceur d'alerte, le président du tribunal d'arrondissement du Luxembourg a déclaré, mercredi 29 juin, Antoine Deltour et Raphaël Halet " coupables " de " vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires ",mais aussi " de fraude informatique et divulgation du secret des affaires ".

Ces deux anciens collaborateurs du cabinet d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC) ont été condamnés respectivement à douze mois de prison avec sursis et 1 500 euros d'amende, et à neuf mois de -prison avec sursis et 1 000 euros d'amende dans le procès " LuxLeaks ". Le procureur avait requis dix-huit mois de prison avec sursis à leur encontre. Le journaliste de l'émission " Cash investigation " Edouard Perrin, poursuivi pour " complicité de violation du secret des affaires et du secret professionnel ", a, lui, été acquitté.

Malgré ces condamnations, le tribunal a toutefois reconnu que les révélations des deux anciens collaborateurs de PwC " ont contribué à une plus grande transparence et équité fiscale ", que les deux prévenus " ont agi dans l'intérêt général et contre des pratiques d'optimisation fiscale moralement douteuses " et sont donc " aujourd'hui à considérer comme des lanceurs d'alerte ".

Accords fiscaux confidentiels

Tous trois étaient poursuivis pour avoir révélé des centaines d'accords fiscaux confidentiels passés entre des multinationales et le fisc luxembourgeois. " Cash investigation " avait consacré une émission entière au sujet, en 2012. La publication de ces " rescrits fiscaux " par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) en 2014 avait ensuite provoqué un vaste scandale qui avait touché jusqu'à Jean-Claude Juncker, l'ancien premier ministre luxembourgeois et actuel président de la Commission européenne. L'année suivante, une directive européenne imposait désormais aux Etats de l'Union de s'échanger de telles informations.

Antoine Deltour, qui va faire appel, comme Raphaël Halet, a aussitôt regretté une décision qui " revient à condamner les avancées réglementaires que les révélations à l'origine de l'affaire “LuxLeaks” ont impulsées. Si vous voyez passer des milliards d'euros qui contournent les règles fiscales de manière douteuse, le tribunal vous enjoint de fermer les yeux et de n'en parler à personne ". Son avocat, Me William Bourdon, a, lui, dénoncé un jugement " contraire à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, et qui exprime la face la plus conservatrice de l'Europe, celle qui n'a qu'une obsession : -entendre les intérêts privés plutôt que les citoyens ".

Très vite, quand des poursuites judiciaires ont été engagées à son encontre, Antoine Deltour, timide père de famille, est devenu l'emblème des lanceurs d'alerte à protéger. En juin 2015, le Parlement européen lui avait d'ailleurs remis le prix du citoyen européen. C'est par hasard, a-t-il expliqué, qu'il avait découvert ces tax rulings ultra-confidentiels, mais non protégés par des codes d'accès. C'était la veille de son départ de l'entreprise. Il s'apprêtait à rejoindre la fonction publique pour un salaire moindre – ce qui n'avait pas manqué d'étonner le tribunal – et cherchait des documents de formation. Après avoir compris de quoi il s'agissait, par réflexe, il avait copié les fichiers, mais n'en avait rien fait pendant des mois.

Ce n'est qu'après avoir été contacté par le journaliste Edouard Perrin, intrigué par des commentaires très " bien documentés " au bas d'un blog, qu'Antoine Deltour a décidé de révéler tout le système. Raphaël Halet a, lui, transmis seize documents après avoir vu l'émission " Cash investigation ". Edouard Perrin n'a fait que son travail de journaliste, conclut le jugement du tribunal. Une vision que le parquet du Luxembourg ne partageait pas, estimant que " la liberté d'expression journalistique " ne devait pas primer sur le respect " du secret professionnel ", quand bien même il serait le témoin de " pratiques douteuses ".

Le procès " LuxLeaks " s'était ouvert peu de temps avant le vote à l'Assemblée nationale de la loi Sapin 2, laquelle prévoit notamment de protéger les lanceurs d'alerte en France. Seul problème, la définition du lanceur d'alerte adoptée en première lecture est toujours insuffisante. Le texte prévoit de protéger toute personne qui dénoncerait des actes contraires à la loi, ou ceux qui " présentent des risques ou des préjudices graves pour l'environnement ou pour la santé ou la sécurité publique ", mais ne dit rien sur les actes contraires à l'intérêt général, comme l'optimisation fiscale. Alors que le texte arrive en séance au Sénat le 4 juillet, Me William Bourdon met en garde les sénateurs " qui essaient de détricoter cette loi qu'a voulue - le ministre des finances - Michel Sapin ".

Lanceurs d'alerte non protégés

Le jugement " LuxLeaks " est d'autant plus intéressant qu'il revient sur le débat qui avait opposé, en avril, la société civile à la directive sur le secret des affaires débattue à Strasbourg. Les ONG avaient vivement dénoncé un texte qui menaçait, selon eux, les lanceurs d'alerte. Le tribunal du Luxembourg semble leur donner raison. " La nouvelle proposition de directive sur le secret d'affaires adoptée par le Parlement européen entend encore resserrer le cadre de cette protection du lanceur d'alerte et augmenter la protection du secret d'affaires au niveau européen. "

Un nouveau texte entend " assurer une protection minimale pour tous les lanceurs d'alerte ", mais, pour l'heure, il n'a toujours pas été adopté, rappelle le tribunal. Si ni le droit luxembourgeois ni le droit français ne protègent les lanceurs d'alerte, les juges estiment que le droit européen ne le fait, aujourd'hui, pas davantage.

émeline Cazi

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Novembre 2016

Une décision inique et honteuse

Il est honteux que ce médecin, si on peut l'appeler comme tel, continue à exercer ses actions comme si de rien n'était...

Il est évident que ses actions entrainaient un risque pour les sportifs. La cour d'appel de Madrid a conclu au contraire, ce qui est plus qu'honteux...

L'Espagne prouve, par cette décision, qu'on ne peut pas faire confiance en ses sportifs, ce, d'autant plus quand ils sont couverts par les autorités judiciaires.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 juin 2016

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Le docteur Fuentes de nouveau bon pour le service

Dix ans après l'opération antidopage " Puerto ", le médecin espagnol a été blanchi

C'est une nouvelle qui devrait réjouir ses nombreux clients (anciens et futurs). Le sulfureux médecin espagnol Eufemiano Fuentes est blanchi et peut de nouveau exercer la médecine sportive. Ainsi en a décidé la cour d'appel de Madrid dans un arrêt publié mardi 14 juin. Son arrestation le 23 mai 2006, dans la capitale espagnole, à quelques semaines du Tour de France, avait provoqué une onde de choc qui s'était propagée jusqu'aux stades de la Coupe du monde en Allemagne. Dix ans plus tard, son absolution n'était pas au menu des conférences de presse qui jalonnent l'Euro en France.

Instigateur d'un vaste réseau de dopage sanguin, le médecin avait été condamné en première instance à un an de prison, en avril 2013. L'Espagne ne possédant pas de loi antidopage au moment des faits, Eufemiano Fuentes était poursuivi pour un délit à la santé publique. La cour d'appel de Madrid a estimé que les pratiques du médecin, adepte des transfusions sanguines, ne représentaient pas un risque pour les sportifs.

Délai de prescription dépassé

Elle a, en revanche, ordonné que les 211 poches de sang et plasma saisies il y a dix ans par la guardia civil, lors de la fameuse opération " Puerto ", soient remises à l'Agence mondiale antidopage. Cette décision intervient dix ans et trois semaines après le démantèlement du réseau. Trop tard pour ouvrir des procédures disciplinaires contre les sportifs auxquels ses poches étaient destinées puisque le délai de prescription du nouveau code mondial antidopage est de dix ans.

Les plus optimistes veulent croire que ce jugement permettra toutefois de retrouver l'identité de tous les clients du docteur Fuentes. Las. On sait déjà que les poches de sang correspondent à une petite partie de sa clientèle : 35 sportifs (23 cyclistes et 12 athlètes) dont la plupart des noms sont connus.

Si les poches de sang ne parleront donc pas, Eufemiano Fuentes pourra lui aussi rester muet sur l'identité de tous ses autres patients. L'envoyer en prison, c'était courir le risque de l'inciter à vider – tout – son sac. En décembre 2006, alors que les autorités espagnoles s'efforçaient de circonscrire l'opération " Puerto " à une énième -affaire de dopage dans le vélo, le médecin avait commencé à se confier au Monde :" Evidemment, j'ai eu d'autres sportifs comme clients : athlètes, joueurs de tennis, footballeurs, joueurs de handball, boxeurs… J'ai travaillé avec plusieurs clubs de première et deuxième divisions espagnoles. J'ai travaillé avec plusieurs clubs en même temps, parfois directement avec les footballeurs, parfois en partageant mes connaissances avec les médecins des équipes. "

Dès le premier jour de sa comparution devant le tribunal pénal de Madrid, en janvier 2013, Fuentes avait confirmé, sous serment, ce qu'il avait déclaré au Monde : " Avant 2006, je travaillais avec tous types de sportifs. Cela pouvait être des footballeurs, des athlètes, des joueurs de tennis, des boxeurs… " Mais la juge s'était bien gardée de saisir la perche que lui tendait le médecin. Comme elle ne se risqua pas à lui demander ce à quoi pouvait bien correspondre le sigle " RSOC " retrouvé dans les documents saisis par la police quand, au terme d'une semaine d'audiences, un ex-président de la Real Sociedad accusa, dans les colonnes du quotidien espagnol AS, son prédécesseur d'avoir payé Fuentes avec une caisse noire pour qu'il fournisse le club de foot basque en produits dopants entre 2001 et 2008. Comme elle ne questionna pas l'ex-coureur Jesus Manzano – dont les révélations avaient pourtant mis les enquêteurs sur la piste de Fuentes – sur les " footballeurs " de " très bonnes et très importantes " équipes croisés chez Fuentes. " Le problème, c'est qu'en Espagne on ne touche pas à des dieux ! ", concluait, il y a quelques années, Manzano.Blanchi, le bon docteur Fuentes va désormais pouvoir se faire une nouvelle clientèle.

Stéphane Mandard

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Novembre 2016

Le fric doit être pris et non rendu quand il s'agit d'argent sale !

De qui se moque-t-on dans cette affaire ?

Il est plus qu'évident que cette caution a été payée avec de l'argent sale ! Cet argent doit donc être confisqué en tant que preuve de trafic.

La société ne peut tolérer qu'on la prenne pour une imbécile en acceptant de relâcher dans la nature des gens qui n'ont rien à y faire, ce, d'autant plus quand ils prouvent leur délit en remettant à la justice l'objet de leur méfait !

Il faut un sacré culot aux voyous pour payer une rançon avec de l'argent sale, mais il faut une sacrée dose d'incompétence de la part de nos instances pour l'accepter !

Cet épisode prouve bien que notre justice sait bien être d'une imbécilité sans faille parfois...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 juin 2016

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L'HISTOIRE DU JOUR

Le trafiquant et sa caution de 500 000 euros payée en cash

Considéré par la police judiciaire comme un caïd majeur de la région de Grenoble, Mehdi Boulenouane, 30 ans, a été libéré de la prison de Moulins-Yzeure (Allier), mardi 7 juin, au terme d'un bras de fer peu banal entre ses avocats et le parquet de Lyon. Après un an de détention provisoire, dans un dossier de trafic de stupéfiants et blanchiment en bande organisée, le prévenu, qui conteste les faits, avait obtenu dans un premier temps sa mise en liberté, à quelques mois de son procès, qui doit avoir lieu en septembre au tribunal correctionnel de Lyon. Dans sa décision, rendue le 27 mai 2015, la 16e chambre présidée par Jean-Hugues Gay, avait assorti le contrôle judiciaire d'une caution de 500 000 euros.

Dissuasive ? Pas du tout. Neuf jours plus tard, la somme était déposée au tribunal de grande instance de Lyon. Mais en espèces et selon des modalités étonnantes. Au total, 29 personnes se sont succédé à la régie, apportant des coupures de 500 euros, par liasses de 7 000 à 70 000 euros. Un procédé qui a fait bondir le procureur de la République de Lyon. Marc Cimamonti a ouvert une enquête de flagrance pour blanchiment. Il a saisi la caution, et le tribunal d'une " requête en difficulté d'exécution ". Dans laquelle il a argumenté : " Les billets étaient humides et sentaient une forte odeur d'alcool et de colle. "

Pour le procureur, ces éléments laissent supposer " un traitement spécifique afin de dissiper toute trace suspecte, montrant ainsi à travers ce mode opératoire particulier une concertation préalable à ce versement ". Des billets à l'origine douteuse entre les mains d'un régisseur peu méfiant ? Pas question pour le parquet de laisser se consommer un délit dans les couloirs mêmes du palais de justice. Mardi 7 juin, le tribunal a examiné l'affaire en chambre du conseil, avec le détenu en visioconférence. La décision est tombée en fin d'après-midi. En substance : l'exécution d'une mesure de libération déjà jugée n'est plus de la compétence du tribunal. La balle est revenue dans le camp du procureur, qui a immédiatement fait appel. En attendant, il a dû se résoudre à ordonner au centre pénitentiaire la libération du prévenu, sous peine de détention arbitraire.

" Le procureur n'est pas le juge de la détention, la caution est une procédure légale ", se félicite David -Metaxas, avocat lyonnais à l'origine de ce coup de défense. Le montant des dépôts d'espèces varie selon les tribunaux. Le régisseur aurait-il enfreint le code monétaire et financier, comme le mentionne le parquet ? En effet, le code monétaire et financier fixe à 1 000 euros en liquide le montant maximal pouvant être déposé. " Ce n'est pas le code monétaire, c'est le code de procédure pénal qui s'applique, le tribunal est garant des libertés individuelles, le rôle du ministère public c'est d'exécuter des décisions de justice ", commente vigoureusement Thomas Bidnic, l'un des avocats de Mehdi Boulenouane.

Richard Schittly

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Novembre 2016

Il faut mettre immédiatement fin aux pratiques de ce pourri !

Il faut mettre fin aux pratiques de ce pourri de docteur Mabuse ! M. Bernard Sainz ne peut continuer à opérer dans le milieu cycliste à engager la santé de ses prétendus patients !

Une enquête doit être rapidement diligentée afin d'envoyer ce pourri derrière les barreaux ! On doit mettre cet individu hors de nuire car il est un risque sur l'intégrité physique des coureurs, outre qu'il incite à la triche.

Il n'y a plus qu'à...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 juin 2016

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DOPAGE

Mabuse court toujours

On pensait Bernard Sainz retiré des pelotons depuis belle lurette. L'enquête du " Monde " et de " Cash Investigation " montre que le " docteur Mabuse " continue à prodiguer ses conseils, et pas seulement à doses homéopathiques
Bernard Sainz est un homme de formules. Formules philosophiques, qu'il griffonne au bas de ses petites fiches cartonnées, sûr de marquer l'esprit du destinataire. Formules homéopathiques, qu'il applique d'une manière qui étonne les professionnels. Formules chimiques, qu'il répète plusieurs fois pour inscrire ces codes dans la mémoire des clients : " Chelidonium = Clenbutérol ; vitamine D = Diprostène ".

Depuis quarante ans, Bernard Sainz grenouille dans la mare du cyclisme français, jamais trop visible mais jamais caché. Cité dans plusieurs affaires de -dopage, il n'a jamais été condamné pour ces faits. Quand les limiers de l'anti-dopage pensaient l'avoir attrapé, Sainz mettait le grand plateau, comme il le -recommande à l'entraînement, et glissait des mains d'une justice qu'il épuise. Des substances dopantes ? Jamais, s'insurge-t-il aujourd'hui encore.

Pourtant, pour la première fois, Le Monde et " Cash Investigation ", avec la complicité de coureurs professionnels,apportent les preuves que Bernard Sainz prescrit des produits interditsà des sportifs et qu'il est, à 72 ans, encore actif dans le milieu cycliste, malgré son inscription récente sur la liste noire de l'Union -cycliste internationale (UCI). Il prodigue aussi ses conseils à un joueur de rugby du Top 14 et à plusieurs athlètes.

" Docteur Mabuse ", du nom du personnage manipulateur et hypnotiseur de Fritz Lang, est l'un de ces guérisseurs comme le cyclisme en a toujours connu, réputés dotés de recettes miracles. Dans la confrérie des dopeurs, il n'est qu'un -artisan de bord de route : il ne fournit pas de produits dopants, ne stocke pas des poches de sang dans ses bureaux et le très haut niveau ne constitue plus, aujourd'hui, l'essentiel de sa clientèle.

Mais sa longévité prouve son ingéniosité et sa capacité à renouveler ses -méthodes, trente ans après sa grande période de gloire. Elle montre aussi -l'incapacité du cyclisme à se débarrasser de ce vieil oncle encombrant et, en creux, à garder dans le droit chemin les coureurs en difficulté, qui sont ses meilleurs clients.

Dans le cyclisme français, on va chez Bernard Sainz comme à l'église, dans l'espoir d'un miracle. C'est d'ailleurs ce qu'il vend. Certains sportifs cherchent à sortir d'une mauvaise passe physique – problèmes respiratoires chroniques, surpoids, paramètres sanguins effondrés. D'autres viennent à lui à la suite d'une mauvaise chute ou pour soigner des tendinites. D'autres encore veulent savoir comment améliorer leurs performances tout en échappant aux contrôles.

Bernard Sainz dit prodiguer aux premiers des conseils de naturopathe et nutritionniste, reposant sur le jeûne ou des monodiètes de fruits acides. Le régime est impitoyable, certains y renoncent et coupent les ponts pour échapper à la dépression. Ceux qui choisissent de continuer perdent le plaisir de rouler mais maigrissent. Ses méthodes ont essaimé dans le peloton, un monde où on -observe en permanence les habitudes alimentaires de ses voisins. Ceux qui ne mangent que des pommes pendant deux jours et avalent de l'huile de Haarlem en course sont-ils des clients de -Mabuse ? D'anciens clients ? Des adeptes des régimes de l'ancien professionnel Erwann Menthéour ou des élèves de l'entraîneur Niels Brouzes, " des anciens poulains qui reprennent mes méthodes de -nutrithérapie ", comme le rappelle Bernard Sainz ? Aujourd'hui, distinguer les " mabusiens " de leurs imitateurs relève de l'expertise scientifique.

Les deuxièmes, qui viennent se soigner, Bernard Sainz affirme les réparer beaucoup plus vite que la médecine traditionnelle. Plusieurs coureurs, y compris ceux qui ne l'ont pas gardé dans leur cœur, -assurent d'ailleurs de l'efficacité de ses méthodes de guérison. Ses amis dans le cyclisme louent ses talents thaumaturges et font aussi appel à lui pour soigner des membres de leur famille. Comme le président du syndicat des coureurs français (UNCP), Pascal Chanteur, qui y a emmené sa mère et son fils de 5 mois souffrant d'eczéma, après avoir lui-même suivi ses conseils pour se remettre d'un zona. En 2007, c'est lui qui mettait en -relation Sylvain Chavanel, qui disputera cette -année son 16e Tour de France, avec Bernard Sainz. Le représentant des coureurs français assume de " très bien -connaître " docteur Mabuse, et " ose espérer " qu'il ne prescrit pas de produits dopants.

On en vient aux troisièmes, qui cherchent un petit coup de fouet. Ceux qui -savent exactement pourquoi ils ont -décroché leur téléphone et appelé -" Mabuse ". Ceux-là, le naturopathe affirme les ramener dans le droit chemin.

Pour le vérifier, des coureurs professionnels ont accepté de se rendre au Dôme, une brasserie d'angle du 17e arrondissement de Paris. C'est là, près de son appartement de la rue du Rocher, que -reçoit " Mabuse ". Grande terrasse, intérieur Art déco, cocktails à 14 euros et burrata à 19. Le sait-il seulement ? L'addition n'est jamais pour lui.

Notre coureur s'approche. Ce n'est pas son premier rendez-vous. Le naturopathe s'est déjà renseigné, comme il le fait toujours, sur sa famille, ses relations amoureuses, leurs connaissances communes, ses habitudes alimentaires. Il a dispensé ses conseils habituels : dormir nu avec un tee-shirt en coton, volets ouverts ; boire de l'huile d'olive au réveil ; finir sa douche à l'eau fraîche et ne pas sécher le bas du corps…

Le coureur demande s'il serait possible de " faire un peu de cortisone ". Bernard Sainz lui explique comment s'injecter des corticoïdes avec une piqûre en haut de la fesse, en dessinant sur une fiche – qui sera déchirée – une seringue à -tuberculine : " C'est comme ceci que, -depuis la nuit des temps, pratique le monde du cyclisme. " Une corporation, se désole Bernard Sainz lorsque Le Monde l'interroge, dont 85 % des membres prennent des corticoïdes. Sauf ses clients, évidemment : " Tous mes patients, je leur fais arrêter la cortisone. "

Dans le complexe règlement de l'Agence mondiale antidopage (AMA) sur les corticoïdes, leur présence est autorisée jusqu'à un certain seuil – très élevé et quasiment impossible à atteindre. Mais elle doit résulter de l'application d'une pommade et non d'une injection. Or, les contrôles ne permettent pas de distinguer le mode d'administration des corticoïdes.

Bernard Sainz recommande ainsi aux coureurs de se faire prescrire une pommade à base de cortisone, dans l'éventualité peu probable où leur taux de corticoïdes dépasserait le seuil autorisé.Ils devront toujours avoir leur prescription sur eux, et la seringue dissimulée chez eux.

Depuis ses débuts dans le peloton, Bernard Sainz traîne la réputation d'être le roi des corticoïdes, administrés en -micro-doses. Mais s'est-il mis à la page ? Un autre coureur professionnel, qui n'a plus vu Sainz depuis plusieurs années, nous a aidés à vérifier. Ce coureur, qui souhaite garder l'anonymat et que nous appellerons Sacha, a repris contact avec une vieille connaissance, un membre éminent du peloton amateur français :

" Je suis encompétition dans un mois.

– Ah, je comprends que tu veuilles voir Bernard…

– Il faut que j'arrive à le voir.

– Oui, rien par téléphone. "

Le cycliste amateur précise : " Depuis l'an dernier, faut pas avoir le pouce trop musclé. " Une façon de dire qu'il ne faut pas appuyer trop fort sur la seringue, et que les micro-doses sont à la mode.

La rencontre a de nouveau lieu au Dôme. Le succès de Sacha, depuis qu'il a quitté Bernard Sainz, impressionne le septuagénaire. " Je suis ravi, parce que beaucoup de mes poulains réussissent dans la vie ", se félicite-t-il.

Après une longue séance de surplace, durant laquelle le coureur insiste sur sa volonté de réussir ce prochain objectif, " docteur Mabuse " se lance : " Qu'est-ce que tu prends ? " Les deux hommes ont déjà commandé. Là, il est question de produits interdits. Bernard Sainz suggère : corticoïdes ? Testostérone ? Ana-bolisants ? Puis se renseigne : quand le coureur est-il susceptible de subir des -contrôles antidopage ?

Au fil de l'entretien, durant lequel Bernard Sainz, lunettes sur le front, plonge longuement dans son téléphone, le " naturopathe " conseillera comment prendre du Diprostène, " un petit cortico qui agit à cinq jours ", toujours en s'abritant derrière une pommade à la cortisone ; du clenbutérol, un stimulant permettant l'augmentation de la masse musculaire et une diminution des graisses, auquel Alberto Contador a été contrôlé positif sur le Tour de France 2010 ; et de l'EPO, de la manière suggérée par le coureur : 2000 unités tous les deux jours. On est loin des micro-doses de 400 ou 500 unités, désormais moins risquées, mais il sait qu'il ne sera pas contrôlé durant sa préparation. Bernard Sainz valide la préparation, et conseille d'arrêter l'EPO dix jours avant la compétition.

" J'avais l'impression qu'il maîtrisait. Même sur l'EPO, il savait que les règles avaient changé, qu'on pouvait la détecter au-delà de trois, quatre jours avant la course, raconte Sacha. Il m'a dit : “Fais comme tu veux, mais monte à 48 d'hématocrite - proportion de globules rouges dans le sang - le plus vite possible, comme ça tu pourras t'entraîner et ça ne redescendra pas pendant trois semaines.” "

Quand ils se quittent, Bernard Sainz précise que les correspondances sur les questions d'entraînement, les analyses sanguines ou la prise de caféine – qui n'est plus un produit interdit – peuvent se faire par mail, mais qu'il ne sera pas question du reste.

Ce qui se dit dans le peloton : " Bernard va t'aider pour les protocoles, mais il faut lui demander. " Plusieurs coureurs interrogés assurent qu'ils ne l'ont jamais -entendu parler de produits dopants, faute, selon eux, d'être restés suffisamment longtemps avec lui.

Il faut gagner la confiance du " docteur Mabuse ". Et, un jour, la porte s'ouvre, comme nous l'a raconté Laurent, professionnel dans les années 2000 qui souhaite également conserver l'anonymat. Il affirme s'être fait prescrire sa première cure de Kenacort (un corticoïde) par le docteur, à l'initiative de ce dernier. Plus tard, Bernard Sainz lui expliquera aussi comment se faire une injection de testostérone à partir d'une capsule de pantestone, en la -mélangeant avec de l'huile d'olive. Une injection le soir, après 23 heures, heure limite des contrôles -antidopage à l'époque, et une le matin, après la première heure de contrôle.

Sylvain Chavanel, champion de France en 2011 et vainqueur de trois étapes du Tour, est l'un des rares coureurs à assumer sa relation passée avec Bernard Sainz. Il était, en 2007, le coureur français le mieux payé du peloton, chez Cofidis, et cherchait à perdre du poids pour assumer " l'étiquette de futur coureur de grands tours ". Lui aussi témoigne, du bout des lèvres, que Bernard Sainz peut expliquer des protocoles de dopage :

" C'est quelqu'un qui, je pense, conseille, mais après, c'est à l'athlète de faire son choix.

– Donc si on lui demande comment prendre des corticoïdes ou de l'EPO, il peut vous conseiller ?

– Oui, voilà.

– L'une de ses pratiques serait de -conseiller des micro-doses de corticoïdes et d'avoir une pommade, à côté, pour passer aux contrôles…

– Oui, voilà, ça s'appelle des micro-doses.

– Et vous, c'est ce qui vous est arrivé à cette époque-là ?

– Oui, et c'est pour ça que j'ai tout arrêté. Ça ne m'intéressait pas de faire du vélo comme ça. "

Interrogé par Le Monde, Bernard Sainz persiste : jamais il n'a prescrit de produit interdit à un sportif. Parce qu'il se doit, dit-il, de protéger la santé des coureurs. Jamais, non plus, un coureur n'a fait -appel à lui pour se doper : " Ils n'ont pas besoin de moi ! Pour les corticoïdes, tous savent comment faire. Quant aux micro-doses d'EPO, des experts antidopage expliquent tout sur Internet. "

Malgré ce rapport très distant, selon lui, aux produits interdits, Bernard Sainz a été placé en juillet 2015 sur la liste des personnes faisant l'objet d'une " association interdite ". Dans un courrier envoyé aux coureurs du peloton international, que Le Monde et" Cash Investigation " se sont procuré, la fondation antidopage de l'UCI rappelle que constitue une infraction le seul fait de prendre auprès des personnes inscrites sur cette liste " des conseils pour l'entraînement, la stratégie, la technique, l'alimentation ou sur le plan médical ", d'obtenir une thérapie, de fournir des échantillons pour analyse ou de les utiliser comme agent. La sanction est de un à deux ans de suspension.

Bernard Sainz est placé en haut d'une liste prestigieuse de sept noms, parmi lesquels Michele Ferrari, ancien préparateur de Lance Armstrong, et Eufemiano Fuentes, le médecin qui vient d'être blanchi par la justice espagnole dix ans après le démantèlement d'un vaste réseau de dopage sanguin dans le cadre de la -fameuse " opération Puerto ". Si l'UCI n'a jamais fait la publicité de cette liste et -refuse de commenter la présence du " docteur Mabuse ", jamais condamné pour des faits de dopage, l'intéressé en a rapidement été informé. " Dès lors que vous rendrez cette liste publique, j'attaquerai l'UCI en justice, car c'est une -atteinte à mon image, dénonce-t-il. Quelle commission s'est réunie pour décider de me placer sur la liste, et sur quelle base ? On ne m'a même pas notifié que l'on utilisait mon nom, mon image, mes relations. On aurait dû me prévenir de ne pas entrer en contact avec un coureur ! "

Les coureurs, eux, sont prévenus. Pourtant, certains continuent de se rendre au Dôme ou dans son manoir d'Almenêches, dans l'Orne, où le " docteur Mabuse " a accepté de se faire photographier.

C'est le cas de Kevin Ledanois, champion du monde Espoirs en 2015. Bien qu'il évolue au deuxième niveau mondial, dans l'équipe Fortuneo-Vital -Concept, le coureur de 22 ans confirme avoir reçu l'e-mail lui interdisant de travailler, de quelque manière que ce soit, avec Bernard Sainz. Mais ce n'est pas un problème : " Je ne collabore pas avec lui. Je le croise de temps en temps parce que c'est un ami de la famille, mais c'est tout. Il m'a guéri de problèmes de santé quand j'étais petit, mais il ne me conseille pas du tout aujourd'hui, puisque c'est mon père qui m'entraîne. "

D'après nos informations, le champion du monde Espoirs était pourtant en -contacts réguliers avec cet " ami de -famille ", au moins jusqu'à ce fameux mois de juillet 2015 où Bernard Sainz a été ajouté sur la liste noire du cyclisme : compte rendu d'entraînements dans un sens, conseils dans l'autre et nombreux échanges sur l'alimentation et des remèdes homéopathiques. A la fin de la saison dernière, il lui communiquait encore son programme de l'intersaison.

Comme il le précise lui-même, Kevin Ledanois est pourtant censé être -entraîné par son père. Yvon Ledanois, directeur sportif de l'équipe professionnelle américaine BMC, est un fidèle de Bernard Sainz, qu'il décrit comme " un défenseur de la corporation et de la santé des coureurs cyclistes ". " Mon fils ne travaille pas avec lui, mais si demain il a des problèmes de santé il fera appel à lui. Si vous trouvez un peu de réconfort chez une personne qui vous remet sur pied au bout d'un mois et non quatre, vous irez peut-être vers lui. Il a soigné toute ma famille, c'est une relation de trente ans ", dit Yvon Ledanois, catégorique sur le fait que Bernard Sainz ne peut pas prescrire de produit dopant, " parce que ce qui lui -importe, c'est de vous rencontrer dans vingt ans et que, grâce à ses méthodes -naturelles, vous soyez en bonne santé ".

Les méthodes naturelles de Bernard Sainz se traduisent, dans ses conseils aux coureurs, par des recommandations -homéopathiques, bien qu'elles soient -réservées en Franceaux docteurs en -médecine, ce qu'il n'est pas.Nous avons transmis les prescriptions du " docteur Mabuse " à Charles Bentz, président du syndicat national des homéopathes. Il a manqué de s'étouffer.

Ainsi de celles prescrites à Jérôme -Coppel, qui a cédé son titre de champion de France du contre-la-montre à Thibaut -Pinot jeudi 23 juin et patient de Bernard Sainz durant les quatre premiers mois de la saison 2013. Il lui -recommande de prendre de la cortisone 9CH les 8 et 14 février ainsi que le 1er mars afin de relancer ses défenses immunitaires, puis le 12 mars, pour cicatriser d'une chute. A chaque fois dix granules, et toujours au coucher. " Les -conseils et les explications liés aux médicaments sont complètement farfelus, -observe Charles Bentz. Par ailleurs, que vous preniez trois, cinq ou dix granules par prise ne change rien, ni que vous les preniez le matin, le midi ou le soir. "

Jérôme Coppel, qui dit avoir fait appel à Bernard Sainz fin 2012 pour surmonter une mauvaise passealors qu'il arrivait chez Cofidis dans un rôle de leader, ne se souvient que vaguement de ses conseils homéopathiques et assure qu'il n'a -jamais été question de produits dopants.

Dans d'autres cas, les débats entre -Bernard Sainz et les coureurs portent sur la dilution – 4 CH ou 5 CH ? – ou le nombre de granules à prendre, alors même que " la différence entre 4 CH et 5 CH est minime et qu'en homéopathie le nombre de granules par prise est indifférent ", rappelle Charles Bentz.

Y a-t-il derrière ces étonnantes prescriptions un langage codé, recélant des protocoles dopants ? C'est en tout cas l'une des précautions prises par le " docteur Mabuse ", qui le rapproche en cela des références de ses cousins espagnol et italien Fuentes et Ferrari, passés maîtres dans l'art des sigles et autres codes.

Dans une affaire de trafic de produits dopants en Normandie, en attente de -jugement, plusieurs mis en examen ont affirmé aux enquêteurs que les protocoles étaient prescrits par Bernard Sainz en langage codé homéopathique. Laurent confirme : " Pour moi, Cortisone 5 CH, c'était Diprostène et Hamamélis 9 CH, c'était du Kenacort. Mais il change souvent ses codes. " De fait, ils ont changé. Au Dôme, avec Sacha, le " docteur Mabuse " a été très clair, au moment de noter ses recommandations sur une fiche cartonnée. Les codes sont à apprendre par cœur, rien ne doit être consigné : " Là, il va falloir que tu fasses fonctionner tes neurones. La vitamine D, c'est le D de -Diprostène. Chelidonium, dix gouttes au coucher, mais en réalité c'est un comprimé de clenbutérol. "

La prescription " homéopathique " est inscrite sur la fiche, avec le calendrier des prises. Les dix gouttes de Chelidonium deviennent un comprimé de clenbutérol, les 1 200 unités de vitamine D deviennent 0,12 ml de Diprostène, et les gouttes sont à prendre tous les soirs, deux minutes sous la langue avec beaucoup de salive. Pour l'EPO, rien ne sera noté. Avant de partir, Bernard Sainz s'assure une dernière fois que Sacha a retenu les codes.

Puis il signe sa fiche cartonnée " Dr Mabuse ", et y ajoute une petite formule. L'une de ses préférées : " L'esprit, c'est comme un parachute, il fonctionne mieux quand il est ouvert. " Pour le " docteur Mabuse ", l'atterrissage est proche.

Clément Guillou

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Novembre 2016

Une conséquence de l'incompétence manifeste de nos politiques de notre pays

Très clairement, j'en ai vu des décisions politiques qui ont mené à de l'incompétence générale, mais celle-ci décroche le pompon !

Sous prétexte d'essayer d'engager des réformes, on renvoie des voyous en liberté !

On est dans la honte, la crétinerie, la tocardise, l'incompétence la plus absolue dans cette histoire !

A-t-on oublié à ce point que le rôle du politique est de protéger le citoyen ? Avec ce genre d'imbécilités on est en droit d'en douter !

On se fout de la gueule de qui dans cette histoire ?

N'y a-t-il pas une personne compétente à la tête de notre pays ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 juin 2016

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Justice : des détenus libérés faute d'escorte
La pénitentiaire n'a pas les moyens d'assurer tous les trajets entre prisons et tribunaux
Le procureur de la République de Brest est sorti de ses gonds à la suite de la " libération intempestive ", mardi 21 juin, d'un homme de 36 ans accusé de trafic de drogue, faute de personnel pour l'escorter de la maison d'arrêt de Brest au tribunal… de Brest.

Une " première ", pour le procureur Eric Mathais, conséquence directe du transfert de la mission des extractions judiciaires à l'administration pénitentiaire, intervenu le 1er mai. Auparavant, c'est la police et la gendarmerie qui étaient chargés de cette mission. " La justice pénale se désorganise et (…) les renvois et les dysfonctionnements se multiplient ", a affirmé le procureur au cours d'une conférence de presse relatée notamment par l'AFP et Le Télégramme, évoquant " un vrai risque de trouble à l'ordre public ".

Nombre de procureurs et de présidents de tribunaux n'avaient pas osé mettre publiquement les pieds dans le plat, mais partagent ce constat. Le transfert des extractions judiciaires du ministère de l'intérieur à celui de la justice, décidé en 2010 par Brice Hortefeux et Michèle Alliot-Marie, a été expérimenté en 2011 avant son extension progressive sur le territoire national, qui doit s'achever fin 2019. Brest, Lorient ou Quimper, qui viennent de basculer dans ce dispositif, découvrent le sous-dimensionnement du dispositif.

Là où plus de 3 000 policiers et gendarmes assuraient ce service, qui comprend également les transfèrements à l'hôpital et l'éventuelle surveillance sur place, les deux ministères avaient chiffré le besoin à 800 équivalents temps plein, avant de le réévaluer à 1 200 en 2013. Un chiffrage largement insuffisant.

Deux heures de route aller
La catastrophe était annoncée. Elle se réalise. A Niort, un mineur soupçonné de trafic de drogue a été remis en liberté mercredi 22 juin après cinq jours d'incarcération, révèle LeCourrier de l'Ouest du 23 juin, selon lequel " le juge qui devait statuer sur son cas n'a jamais pu le rencontrer faute d'escorte dévolue au service pénitentiaire ". Le jeune homme a été remis en liberté, sans contrôle judiciaire.

A Nantes, fin mai, le tribunal correctionnel qui devait juger quatre hommes dans une affaire d'escroqueries en série à la carte bancaire n'a pu en entendre que deux. Les deux autres détenus n'avaient pas pu être transférés pour leur procès. Le tribunal a décidé de les libérer alors qu'ils étaient déjà incarcérés depuis neuf mois sans jugement et de remettre leur procès à plus tard.

A Rouen, quelques semaines plus tôt, la chambre de l'instruction de la cour d'appel a ordonné la remise en liberté d'un détenu, justifiant que le refus de l'administration pénitentiaire d'assurer l'extraction de sa cellule faute de personnel n'était pas une " cause insurmontable ", explique Virginie Duval, présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM). Le syndicat, majoritaire, prévenait le 25 mai : " L'USM refusera que les magistrats soient tenus responsables des inévitables libérations anticipées pour non-respect des durées maximales de détention en cas de carence de l'administration pénitentiaire dans l'exécution des réquisitions d'extraction. "

Le sous-calibrage des pôles de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) n'est pas seul en cause. L'organisation l'est aussi. Le maillage de ces PREJ, où sont localisés les personnels chargés de cette mission spécifique (ils sont armés, contrairement aux surveillants en détention), n'est pas aussi serré que celui des 188 établissements pénitentiaires du pays.

A Bar-le-Duc, où la maison d'arrêt peut difficilement être plus proche du tribunal de grande instance puisque les deux bâtiments sont mitoyens, c'est l'équipe du PREJ de Nancy qui est compétente et doit faire deux heures de route aller et autant au retour pour assurer un transfèrement de quelques dizaines de pas. Les autorités de régulation et de programmation des extractions judiciaires (Arpej), à qui les magistrats adressent leurs demandes, gèrent la pénurie d'effectif et répondent par trois lettres, " IDF ", pour " impossibilité de faire ", lorsque l'extraction ne pourra pas être honorée.

En moyenne, 11 % des demandes d'extractions judiciaires adressées aux Arpej en 2015 n'ont pas été exécutées. Mais les écarts sont importants. A Valenciennes (Nord), 30 demandes sur les 130 adressées au cours des deux derniers mois de 2015 se sont vu opposer une " IDF ", apprend-on auprès du parquet. Et avec l'Euro de football, les services de police qui pouvaient être sollicités pour suppléer aux carences des PREJ ne sont plus disponibles.

" Exercice de haute voltige "
" Les renvois d'audience et de procès ont tendance à se multiplier ", explique le procureur de Valenciennes, qui parle d'un " exercice de haute voltige pour éviter toute remise en liberté prématurée ". A Brest, M. Mathais déplore n'avoir reçu que 65 réponses positives pour 169 réquisitions d'extraction. Les auditions par vidéoconférence, qui constituent une alternative, peuvent être refusées par le détenu… et ne fonctionnent pas toujours.

Jean-Jacques Urvoas, le ministre de la justice, a reconnu le 14 juin devant les commissions des finances et des lois du Sénat que le problème des extractions judiciaires " est un sujet béant ". Il a ordonné une mission d'inspection et est parvenu à impliquer le -ministère de l'intérieur.

Dans un courrier du 31 mai, les deux directeurs de cabinet de M. Urvoas et de Bernard Cazeneuve demandent à l'inspection générale des services judiciaires et à l'inspection générale de l'administration (ministère de l'intérieur) d'analyser la situation et de faire des recommandations d'ici le 31 juillet. Elles devront " porter une appréciation globale sur l'efficience de l'organisation mise en place " et procéder " à une nouvelle évaluation du coût pour le ministère de la justice de la mesure de transfert ". Les équipements en véhicules, armement et gilets pare-balles représentent un budget significatif qui lui aussi avait été sous-évalué.

Dans cet ordre de mission, les directeurs de cabinet Thomas Andrieu et Patrick Strzoda demandent même d'étudier la possibilité de restituer au ministère de l'intérieur, en particulier à la gendarmerie, " disposant d'une implantation locale avantageuse ", les extractions judiciaires qui posent aujourd'hui des problèmes aux PREJ " en raison de leur éloignement géographique ".

Au cabinet de M. Urvoas, on assure que " des décisions seront prises rapidement ". Pour l'heure, l'administration pénitentiaire devrait affecter à ces missions 450 emplois supplémentaires d'ici à la fin 2017 grâce aux créations de poste inscrites dans le plan de lutte antiterroriste de fin 2015.

Jean-Baptiste Jacquin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Novembre 2016

Quand la justice se fait justice elle-même

Il est inacceptable que la justice se fasse justice elle-même. Quand un juge est accusé, ce n'est pas le rôle de ses collègues de se venger.

Il faut donc trouver un autre moyen de juger le fautif, ce, en toute indépendance.

Dans cette histoire, une interdiction d'exercer pendant 3 ans pour avoir simplement dit : "qu'il était "préférable de connaître le code avant l'audience que de le découvrir pendant ou après"", est très clairement abusif.

Ces propos relèvent à 100% de la liberté d'expression et n'est aucunement ni un outrage, ni une diffammation.

Le jugement est donc bel et bien inique et honteux et est indigne de la France, pays unanimement reconnu pour les Droits de l'Homme.

Un article du journal 'L'express' daté du 23 juin 2016

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L'avocat Bernard Ripert interdit d'exercer pendant 3 ans
Actualité Société
Par AFP , publié le 23/06/2016 à 16:48 , mis à jour à 16:48

Grenoble - Bernard Ripert, ancien avocat de l'organisation armée d'extrême gauche Action Directe, a été condamné jeudi par la cour d'appel de Grenoble à trois ans d'interdiction d'exercer, dont un an avec sursis, dans le cadre de poursuites disciplinaires.

La cour d'appel n'a pas prononcé la radiation de l'avocat, requise par le procureur général Paul Michel, estimant que cette peine était "disproportionnée au regard des faits commis", selon l'arrêt consulté par l'AFP.

"Leur décision correspond pour moi à une radiation", a cependant estimé Me Ripert, qui vient d'avoir 66 ans.

"Une fois de plus, les magistrats de la cour d'appel de Grenoble se sont vautrés dans l'illégalité comme certains animaux le font dans leurs déjections", a poursuivi le pénaliste grenoblois, brièvement interné en psychiatrie fin mai.

Il a évoqué une "décision inique et inadmissible qui sera à coup sûr cassée" par la cour de cassation.

"C'est un tombeau que la cour d'appel vient de dresser", a commenté Me Ronald Gallo, un de ses défenseurs, parlant d'une "condamnation à mort sur le plan professionnel". "Ils n'ont pas osé le radier mais ils font semblant, c'est hypocrite", a-t-il ajouté.

Le tonitruant avocat à la barbe blanche, soutenu par de nombreux confrères et des manifestants lors de son procès, était poursuivi pour divers manquements.

Dans son arrêt, la cour souligne ainsi "la gravité des propos" tenus par l'avocat devant une cour d'assises en mars 2015, propos qu'elle juge "motivés par la volonté" d'"entraver le fonctionnement" de la cour en "déstabilisant son président".

Me Ripert avait lancé au président qu'il était "préférable de connaître le code avant l'audience que de le découvrir pendant ou après".

Les magistrats pointent aussi la "violence des accusations portées" par Me Ripert dans un courrier adressé à un directeur de maison d'arrêt: l'avocat avait demandé au fonctionnaire s'il se croyait "en 1942 avec son surveillant minable".

Enfin, la cour d'appel relève la "volonté manifeste" de l'avocat de ne pas respecter les sanctions disciplinaires déjà prononcées (trois sanctions depuis 2009).

Alors qu'il était déjà sous le coup d'une interdiction d'exercer d'un an, Me Ripert avait voulu défendre des clients devant deux cours d'assises. Il avait alors invoqué l'article 275 du Code de procédure pénale qui permet à un accusé de se faire défendre par un ami aux assises.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Novembre 2016

Quand nos politiques oublient qu'ils se doivent de gérer l'argent du contribuable

Encore une fois, on a affaire à un rapport de la Cour des comptes qui révèle l'incompétence de nos politiques.

La première de leur incompétence est de ne pas donner d'obligation à ce que les rapports de la Cour des comptes soient pris en compte !

Dans l'article d'aujourd'hui, on apprend que l'on veut réformer les conditions d'attributions des logements de fonction des fonctionnaires : louable !

Sauf que la réforme a coûté plus cher ! Une constante chez Sarkozy quand on pense la manière avec laquelle il avait géré les régimes spéciaux à la SNCF et la façon dont il a dit qu'il avait réglé la crise de 2008 alors que la France avait 0Euro pour la régler...

Comment se fait-ce que les nécessités absolues de service aient tant augmenté ? Tout simplement par simple mesure démagogique et populiste, pour acheter la tranquillité des fonctionnaires avec l'argent du contribuable et en lui faisant croire qu'on agit dans son intérêt.

Une réforme coûteuse qui prouve et démontre l'incompétence manifeste de M. Nicolas Sarkozy.

Ce n'est pas une nouveauté et les Français seraient bien aise de s'en souvenir le moment venu quand viendra la question de savoir pour qui il faut voter...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 juin 2016

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Au ministère de l'intérieur, la baisse des logements de fonction coûte cher à l'Etat

Dans un référé, la Cour des comptes estime que le prix de la réforme de 2012 a été élevé

Voilà l'exemple type d'une réforme pavée de bonnes intentions et dont, à l'arrivée, les résultats s'avèrent pour le moins mitigés. La Cour des comptes a, mardi 21 juin, -publié un référé sur la gestion des logements de fonction du ministère de l'intérieur. Depuis la -réforme de 2012, leur nombre a baissé, mais cela coûte plus cher à l'Etat.

9 mai 2012 : sous la signature du gouvernement sortant paraît au Journal officiel un décret réformant le régime et les conditions d'attributions des logements de fonction des fonctionnaires. L'objectif affirmé par Nicolas Sarkozy dans une lettre adressée le 20 juin 2010 à son premier ministre, François Fillon, à la suite d'une série de polémiques mettant en cause des ministres, est de réduire le train de vie de l'Etat et de promouvoir " une République exemplaire ". Il prévoit de réduire de sept mille le nombre de logements de fonction des agents, civils et militaires, de l'Etat.

Parmi les ministères concernés, l'intérieur, qui représente un peu moins de 15 % du parc des -logements de fonction. Or, selon la Cour des comptes, si le nombre de logements de fonction du -ministère de l'intérieur est passé de 1 140 avant la réforme à 735, soit une diminution de 35 %, son coût pour le budget de l'Etat, lui, a augmenté.

Comment expliquer cet étrange paradoxe ? Cette réduction globale du nombre de logements de fonction s'est tout simplement accompagnée d'une aussi soudaine qu'inexpliquée augmentation des logements attribués par " nécessité absolue de service ". Ceux-ci sont passés de 412 à 699, soit une augmentation de 70 %. Selon la Cour des comptes, " 525 responsables de la police ont désormais droit à être logés par nécessité absolue de service alors qu'ils n'étaient que 113 dans ce cas avant la réforme ". Parallèlement, le nombre de logements attribués pour " utilité de service " a drastiquement chuté, passant de 728 à 36.

L'opération, cependant, n'est pas neutre, pour la principale raison que les logements pour " nécessité de service " sont exonérés de tout loyer pour leurs occupants. Il n'en va pas de même en ce qui concerne les logements pour " utilité de service ", qui font l'objet d'une redevance équivalant à 54 % de leur valeur locative. D'où la diminution des recettes pour l'Etat.

L'Etat doit louer à des tiers

En outre, note la Cour, le parc de logements appartenant au domaine de l'Etat ne permettant pas de répondre aux besoins de tous les fonctionnaires logés par " nécessité absolue de service " – soit un logement permettant de rejoindre son lieu de travail dans un délai d'un quart d'heure en dehors des horaires de travail –, l'Etat doit louer à des tiers. Début 2015, c'était le cas pour 227 logements.

" Perte de recettes du budget général d'un côté, augmentation des dépenses de location de l'autre, la réforme a été coûteuse ", constate la Cour des comptes. Et ce coût pourrait encore augmenter si tous les fonctionnaires susceptibles d'être logés gratuitement faisaient valoir leurs droits. Car le plus surprenant est que, début 2015, 219 responsables de la police ayant théoriquement droit, en raison de leurs sujétions, à être logés par " nécessité absolue de service " – dont douze des vingt commissaires d'arrondissement – n'en avaient pas fait la demande.

" Sans que la Cour ait eu connaissance de dysfonctionnements opérationnels dus à cette situation ", relève-t-elle, ce qui l'amène à s'interroger sur la définition des " nécessités absolues de service ". Elle note également que des logements ont été concédés par " nécessité absolue ", parfois à plus de trente kilomètres du lieu de travail de leurs bénéficiaires, ce qui interroge également sur la notion de " proximité immédiate ". Aussi la Cour des comptes appelle-t-elle les inspections générales compétentes à redéfinir les critères d'attribution des logements de fonction.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 22 Novembre 2016

Quand nos politiques, de droite comme de gauche, ont fait couler la France par leur incompétence

Dans le monde politique Français, gauche et droite se valent par leur incompétence.

Cela n'est guère étonnant : tous nos dirigeants sortent des mêmes écoles.

Par populisme, ils n'ont jamais su faire baisser les dépenses publiques. Il est donc normal de recourir à l'impôt quand nos dirigeants incompétents ne savent pas gérer un budget.

Las, cette logique incompétente nous coûte cher : impôts après impôts, notre pays s'enfonce toujours plus dans l'endettement car tout en n'oubliant pas d'augmenter les recettes, on oublie joyeusement de faire baisser les dépenses.

Il est temps de renouveler notre classe politique qui a été constante dans l'incompétence depuis plus de 30 ans...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 juin 2016

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La France continue de payer le " choc fiscal "

C'est une pierre dans le jardin de François Hollande et de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. En précisant l'incidence des hausses de prélèvements des années 2011-2015 sur la croissance actuelle, l'Insee montre à quel point le " choc fiscal " de cette période continue de peser sur l'économie.

En 2015, les hausses d'impôts et de cotisations sur les ménages et les entreprises ont amputé la croissance du PIB de 0,7 point. " Cet effet l'a emporté sur l'effet favorable des mesures d'allégement du coût du travail – CICE et pacte de responsabilité – - qui ont soutenu la croissance à hauteur de - 0,4 point ", a souligné Vladimir Passeron, de l'Insee. L'an dernier, la consolidation budgétaire a constitué, avec la chute des dépenses de logement, l'un des grands freins à la reprise. En 2016, l'effet des hausses d'impôts passées devrait encore grever la croissance de 0,4 point, alors que les mesures d'allégements du coût du travail ne doperont le PIB que de 0,3 point.

Si cet effet est aussi massif, des années après, c'est parce que les hausses de prélèvements mettent du temps à produire leurs effets sur les acteurs économiques. Alors que " les baisses des dépenses en biens et services ont un effet immédiat sur l'activité ", souligne l'Insee, " les hausses d'impôts ont un effet moins récessif à court terme, mais - qui - se diffuse dans le temps ".

Lissage dans le temps

En effet, les ménages comme les entreprises lissent dans le temps les fluctuations de leur revenu. Les premiers continuent à moins consommer aujourd'hui si les impôts ont été augmentés hier ; les secondes, à moins investir ou à moins augmenter les salaires, ce qui pèse en retour sur la consommation.

Un constat à rebours des choix faits par l'exécutif à l'époque. Le projet de loi de finance 2013, voté à l'automne 2012, incluait 10 milliards d'euros d'économies en freinant les dépenses publiques, et 20 milliards de hausses d'impôts. En octobre 2013, Pierre Moscovici, alors ministre de l'économie, assurait dans une interview au Monde que " les coupes budgétaires - ont - un impact plus récessif que les hausses d'impôts "… Pendant ce temps, la Cour des comptes ne cessait de dénoncer le laxisme des autorités en matière de dépense publique.

Entre 2011 et 2013, pour les ménages, les cotisations et impôts ont donc fortement augmenté. En 2014 et 2015, la fiscalité indirecte (hausse de TVA, taxes sur l'énergie) s'est accrue. Les Français ont d'abord puisé dans leur épargne pour faire face à ce choc, avant de la reconstituer à partir de 2014… ce qui a affecté leur consommation jusqu'en 2015.

Côté entreprises, l'envolée des prélèvements entre 2010 et 2013 (hausse de la fiscalité sur les bénéfices et des cotisations employeurs) a pesé jusqu'à l'an dernier. Le CICE et le pacte de responsabilité devraient toutefois entraîner une remise à zéro des compteurs cette année.

Audrey Tonnelier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Novembre 2016

Quand la commission Européenne oublie qu'elle se doit de protéger le citoyen

La décision de la Commission européenne est honteuse car elle oublie le principe de précaution indispensable qui doit être pris en compte pour protéger l'intégrité physique des ses citoyens.

La Commission européenne choisit aujourd'hui de protéger les lobbys face aux citoyens : c'est honteux et cela doit être combattu avec force et véhémence.

Le principe de précaution doit être pris en compte lorsqu'il y a des doutes récurrents sur la nocivité des produits. Par sa décision, la Commission Européenne a passé outre.

Quand des produits causent des problèmes sur la nature, comme fournir un pénis à une femelle bulot, des doutes sont permis concernant les modifications de l'ADN. Ces doutes doivent aboutir à stopper l'utilisation de ces substances (principe de précaution) et à engager des études comme quoi ils sont inoffensifs sur l'Homme. Ce travail n'a pas été fait.

La Commission Européenne a donc failli dans ses missions : cela est honteux et inacceptable.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 juin 2016

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Perturbateurs endocriniens : tollé contre Bruxelles

La Commission livre une définition restrictive de ces polluants chimiques, au détriment de la santé publique

Personne, il y a encore un mois, n'aurait imaginé que la Commission européenne choisirait pareille option. L'annonce, mercredi 15 juin, de sa proposition finale de réglementation des perturbateurs endocriniens a surpris tout le monde. Mais elle a surtout laissé abasourdis la plupart des acteurs impliqués dans cette saga politico-technique. Abasourdis voire accablés. Car en offrant un traitement d'exception à cette famille de polluants chimiques, la Commission exige un niveau de preuves d'effets nocifs très difficile à atteindre. Impossible, estiment même certains. Les promesses de restrictions et d'interdictions, prévues dans le règlement régissant la mise sur le marché des pesticides en Europe, ne seront peut-être tenues qu'au compte-gouttes.

Depuis plus de vingt-cinq ans, les éléments s'accumulent sur ces produits chimiques capables d'interférer avec le système hormonal (endocrinien) des êtres vivants, suscitant une sourde inquiétude dans la communauté scientifique. Constituants d'une multitude d'objets de consommation – plastiques, cosmétiques, peintures, etc. – et contaminant l'environnement, ils sont soupçonnés de contribuer à l'augmentation de nombreuses maladies : infertilité, certains cancers, développement du cerveau, etc. Tandis que l'on détecte 43 produits chimiques en moyenne dans le corps d'une femme enceinte, plusieurs études ont tenté de chiffrer le coût, pour la société, des maladies liées à une exposition aux perturbateurs endocriniens. Les estimations oscillent entre 157 et 288 milliards d'euros par an en Europe.

Ces données n'ont, semble-t-il, pas pesé assez lourd dans l'étude d'impact " socio-économique " que la Commission a menée pendant plus d'un an pour appuyer sa décision. Pour que les perturbateurs endocriniens soient réglementés, elle propose en effet de leur appliquer une sorte d'adaptation de la définition énoncée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2002. Ce choix implique non seulement que les effets nocifs d'une substance soient démontrés et qu'ils soient causés par une action à travers le système hormonal, mais aussi qu'ils soient " pertinents " en termes de santé humaine. Or certains signaux d'alerte proviennent du monde animal, et tous ne sont pas forcément " pertinents " dans le sens où l'entend la Commission. L'imposex, par exemple, est un trouble qui procure des pénis aux femelles bulots. Et si aucune affection équivalente n'a, à ce jour, été constatée chez les humaines, l'alerte n'en a pas moins été lancée sur les perturbateurs endocriniens de la branche des organoétains qui se sont ensuite avérés en être la cause.

Pochette de mauvaises surprises

" La Commission européenne a placé la barre si haut qu'il sera ardu de l'atteindre, quand bien même il existe les preuves scientifiques de dommages ", a estimé dans un communiqué l'Endocrine Society. Très active sur le dossier, la société savante des endocrinologues, qui compte 18 000 membres dans 120 pays, parle d'un " échec pour la santé publique ". Suivant le raisonnement de la Commission, il -faudrait en fait attendre la certitude et observer les preuves des effets sur l'homme ou l'environnement. A titre de comparaison, à peine plus d'une centaine de -substances atteignent le " statut " de cancérogène certain pour l'homme selon la classification de l'OMS, parmi lesquelles l'amiante, le tabac ou l'arsenic.

Pour les ONG aussi, cette annonce ressemble à une pochette de mauvaises surprises. " Le niveau de preuve est si élevé qu'il nous faudra attendre des années de dégâts sur la santé avant de pouvoir retirer du marché " un perturbateur endocrinien, analyse Lisette van Vliet, de l'association HEAL, qui représente plus de 70 ONG santé-environnement en Europe. " La présentation des critères réalisée aujourd'hui s'éloigne de manière honteuse des connaissances scientifiques actuelles ", renchérit Michèle Rivasi. La députée européenne du groupe des Verts-Alliance a également critiqué une disposition qui élargit le champ des dérogations aux interdictions éventuelles. Ces exceptions vont " totalement à l'encontre de la législation européenne qui défend l'idée de l'évaluation des substances selon le danger intrinsèque qu'elles représentent et non pas le risque supposé qu'elles pourraient causer ".

C'est précisément sur ce point que tique Andreas Kortenkamp, professeur de toxicologie à l'université de Brunel, à Londres (Royaume-Uni). Spécialiste mondialement reconnu du sujet, il estime que la Commission a tricoté dans les détails techniques de sa proposition un véritable retour vers ce que l'on appelle l'" évaluation des risques ". Derrière ce -jargon réglementaire se cache le principal enjeu du choix de la Commission. " L'évaluation des risques " permet de mesurer la nocivité des substances alors qu'elles sont déjà sur le marché, en fonction de calculs prenant en compte l'exposition. Or le règlement Pesticide, adopté en 2009,exige une tout autre approche, en amont, dite " fondée sur le danger ". D'après le chercheur, la Commission tournerait le dos à cette obligation de précaution pourtant inscrite dans la loi.

L'industrie se dit " déçue "

Le texte de loi Pesticide avait été le point de départ du processus réglementaire de définition des perturbateurs endocriniens. La Commission devait d'abord élaborer des critères scientifiques pour les identifier. Selon le texte, aucun pesticide identifié comme tel au filtre de cette définition ne pourrait rester sur le marché européen ou y accéder. Au grand mécontentement des industriels de la filière, mais aussi d'autres secteurs. Dans un souci de cohérence, ces critères s'appliqueront à l'ensemble de la réglementation européenne. Cosmétiques, médicaments, plastiques… des pans entiers de l'industrie devront tôt ou tard s'y conformer.

L'industrie se dit, elle, " déçue ". Mais avec une lecture radicalement opposée. Pour Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'ECPA, l'organisation européenne de lobbying de l'industrie des pesticides, la proposition de la Commission " pourrait déboucher sur l'interdiction de produits de protection des plantes qui possèdent les mêmes propriétés de perturbation endocrinienne que des produits quotidiens comme le café ".

Si elle n'a pas choisi l'option souhaitée par l'industrie (qui imposait une notion arbitraire de puissance des effets des perturbateurs endocriniens), la Commission n'a pas non plus opté pour celle qui avait la faveur de la communauté scientifique, de plusieurs Etats membres dont la France et des ONG. Elaborée par la direction générale de l'environnement de la Commission, cette option prévoyait de classer les perturbateurs endocriniens dans un système de catégories calqué sur celui des cancérogènes. Elle avait été soudainement remisée après que l'industrie, à l'issue d'une offensive de lobbying, avait obtenu, en juillet 2013, le report de la décision.

C'est dans un contexte politique très tendu avec le Parlement et avec deux ans et demi de retard, pile, que tombe cette annonce initialement prévue en 2013. En décembre 2015, la Cour de justice de l'Union européenne avait condamné la Commission pour avoir " violé le droit l'Union " en ne respectant pas la date limite fixée par la loi. Le 8 juin, les députés européens adoptaient à une très large majorité une résolution la condamnant aussi pour son inaction. Il y a fort à parier qu'ils devraient accueillir froidement sa proposition quand elle reviendra devant eux, après approbation des Etats membres, d'ici quelques mois.

Stéphane Horel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Novembre 2016

De qui se moquent les prud'hommes dans cette histoire ?

M. Jérôme Kerviel n'a jamais été un Robin des Bois, quoi qu'il puisse dire et déclarer... M. Jérôme Kerviel a fait partie d'un système où l'argent était érigé en idole, en veau d'or, vénéré et adulé au delà de toute décence. L'intérêt général n'a jamais été le but premier ni de la Société Général ni de M. Jérôme Kerviel.

Dans la sombre affaire qui porte son nom, il a été montré et démontré lors des procès au pénal que M. Jérôme Kerviel avait agi aux dépends de son employeur, en cachant les positions qu'il avait prises. La faute était donc très clairement avérée bien que la Société Générale n'ait pas mis suffisamment de garde-fou pour se protéger vis à vis de son propre personnel.

Son licenciement était donc pleinement justifié vu les éléments et les preuves avancées lors du procès pénal.

Comment peut-on donc justifier un jugement d'une telle incompétence ? Par une seule raison : l'incompétence plus que manifeste ainsi que l'incapacité du tribunal qui fait honte à la France ! Ce tribunal a fait montre de tocardise aigüe en ne démontrant en rien des faits qu'il n'a cru que par pure idéologie.

Décidément, la justice sait être incompétente et le prouve de la plus formidable des manières par ce jugement plus qu'honteux qui est une véritable trahison vis à vis de la France et des Français.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 juin 2016

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Affaire Kerviel : les prud'hommes condamnent la Société générale

La banque doit verser 455 000 euros à son ancien trader

Mais statuant sur le fond, dans le cadre du droit du travail, le conseil des prud'hommes rend un jugement bien différent. Il estime que les faits fautifs fondant le licenciement du trader étaient prescrits en février 2008. Car, contrairement à ses dires, la banque n'avait pas eu connaissance des agissements fautifs de ce dernier le 18 janvier 2008, c'est-à-dire le mois précédent son renvoi, mais dès avril 2007.

Le juge prud'hommal fonde notamment sa décision sur une-mail daté du 16 avril 2007, émanant d'une responsable de la banque et rendant compte d'importantes fautes commises par Jérôme Kerviel (" 88 millions d'écart (de positions)… des opérations fictives ").

Or, rappelle le juge prud'hommal, le code du travail accorde deux mois à une entreprise pour sanctionner des faits, à partir du moment où celle-ci en prend connaissance. Suivant ce jugement, le licenciement du trader " pour faute lourde " aurait donc dû intervenir en juin 2007.

Sitôt rendue publique, cette décision a relancé la machine médiatique. " Le conseil des prud'hommes dit que la banque savait depuis 2007. Il n'ouvre pas une brèche dans la ligne de défense de la Société générale, il la défonce ! ", déclare David Koubbi, l'un des avocats du trader. " Non seulement la procédure de licenciement est mal fondée, mais il nous donne l'espoir de voir un jour la Société générale condamnée par la justice pénale pour sa responsabilité dans l'affaire ", poursuit-il, en référence aux actions judiciaires toujours en cours.

" Décision scandaleuse "

Sur l'agenda judiciaire, figure en effet la reprise, du 15 au 17 juin prochains, devant la Cour d'appel de Versailles, du procès civil de Jérôme Kerviel. Un procès au cours duquel les juges devront réexaminer l'ampleur du préjudice financier subi par la Société générale et le montant des dommages et intérêts imputables à l'ex-trader. A l'inverse, " la colère " est de mise, soulignent les avocats de la Société générale. " Nous allons faire appel dès mardi 8 juin, car cette décision scandaleuse va à l'encontre du droit. La condamnation de Jérôme Kerviel, confirmée par la Cour de cassation, jouit de l'autorité de la chose jugée ", fait valoir Arnaud Chaulet, l'un des conseils de la banque.

" C'est tout à fait inédit, une première, il s'agit d'un fait jugé sur lequel il n'était pas possible de revenir, appuie l'avocat Jean Reinhart. Sur le fond, cette décision fait abstraction du fait que les positions de M. Kerviel étaient couvertes par des faux, comme nous l'avons démontré ".

" Le conseil des Prud'hommes a cru pouvoir décidé ubi et orbi, à l'inverse de la Cour de cassation, que Jérôme Kerviel n'était responsable de rien, ajoute M. Reinhart. Je rappelle que jusqu'ici, M. Kerviel nous doit toujours, par ailleurs, la somme de 4,9 milliards d'euros… " La colère de la banque se nourrit des détails du jugement. Le conseil des prud'hommes ne se contente pas d'estimer que les faits prescrits, parce que la Société générale en avait une connaissance précoce. Il va plus loin sur le fond, soulignant que cette dernière a toléré, voire favorisé, les agissements de son trader.

" Contestable en droit "

Se fondant sur plusieurs documents internes à la banque – des emails d'août, septembre et octobre 2008 portant sur des dépassements de limites, effectués par le trader, sur les marchés financiers – le juge du travail écrit ainsi que " l'employeur ne peut donc prétendre de n'avoir pas été au courant de longue date des dépassements d'autorisation pratiqués par M. Kerviel (…) ". Et ajoute : " dans ces conditions, l'employeur ne peut en aucun cas se prévaloir d'une faute dès lors qu'il a antérieurement toléré rigoureusement les mêmes faits et agissements en maintenant la poursuite des relations contractuelles, sans y puiser, à l'époque, un motif de sanction ".

Pour les prud'hommes, la banque n'a pas fait la preuve que son ex-trader était au courant des montants limites qu'il ne devait pas dépasser, aucun document en ce sens n'ayant été dûment paraphé. La Société générale n'a pas non plus apporté la preuve qu'aucun autre trader n'avait outrepassé ces limites et que les objectifs assignés à Jérôme Kerviel étaient atteignables " dans le strict cadre du respect des limites d'opérations ".

Pour Eric Rocheblave, avocat spécialiste du droit du travail, cette décision, toutefois, " semble contestable en droit ". " Le débat en appel portera sur la connaissance des faits et la prescription mais aussi sur la notion de tolérance des faits, souligne-t-il. Nous verrons si la cour d'appel a la même appréciation en fait et en droit. "

Anne Michel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Novembre 2016

Il faut combattre la haute finance car elle nuit trop souvent au peuple

La spéculation est la forme inutile et abjecte de l'économie, car elle nuit à l'intérêt général. En effet, la nuisance à l'intérêt général est manifeste quand une ultra-minorité s'accapare la majorité de la richesse mondiale.

Il faut mettre fin à cet état de fait en redonnant la place aux politiques, mais pas à n'importe lesquels ! En effet, seuls compteront ceux qui oeuvreront dans le sens de l'intérêt général et de lui seul, en soutenant l'économie et en sanctionnant fortement la spéculation et la haute finance.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 juin 2016

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LETTRE DE WALL STREET|

Occupy Wall Street, le retour ?

La haute finance n'a qu'à bien se tenir. Ses contempteurs sont de retour. Et, cette fois, ils le jurent, la révolution ne fera pas de quartier. Les banques avaient détesté Occupy Wall Street, le mouvement né dans le sillage de la crise financière de 2008. Elles vont abhorrer " Take On Wall Street ", une initiative récemment lancée aux Etats-Unis pour (enfin) réformer la finance.

Les principes directeurs sont simples. Il s'agit de réduire la taille des grandes banques et d'instaurer un nouveau Glass-Steagall Act. Cette loi de 1933 avait été à la base de la reconstruction du secteur financier sur les décombres générés par la grande crise, en instaurant une incompatibilité entre banque de dépôt et banque d'investissement. Son but : ériger un pare-feu pour protéger l'épargne populaire des activités de spéculation. Le système fonctionna très bien pendant soixante-six ans, jusqu'à ce qu'un certain Bill Clinton y mette fin.

Take On Wall Street veut aussi créer une taxe sur les revenus de la spéculation, qui irait alimenter un fonds destiné à financer les investissements vitaux pour la collectivité comme les infrastructures ou la santé. Au programme également la suppression de la niche fiscale du carried interest, qui permet aux dirigeants de fonds spéculatifs de payer moins d'impôts sur leurs revenus que le salarié lambda. Une anomalie à laquelle les politiques n'osent pas vraiment s'attaquer, alors qu'en 2015 les 25 patrons de hedge funds les mieux payés se sont partagé 13 milliards de dollars. Les dirigeants des grandes entreprises ne sont pas oubliés non plus : il est prévu de supprimer l'avantage fiscal leur permettant de déduire leurs bonus liés à la performance de l'entreprise.

Hypocrite

Bref, de l'aveu même des supporteurs de cette initiative, il s'agit de terminer le job qu'a tout juste commencé Barack Obama avec la loi Dodd-Frank. Sur les 400 articles de cette réforme du système financier votée en 2010, une centaine ne sont toujours pas entrés en application. Ainsi, le risque du " too big to fail " n'a pas vraiment disparu. En cas d'important séisme financier, le contribuable pourrait être à nouveau sollicité, comme en 2008, pour sauver l'une des grandes banques de Wall Street dont la faillite menacerait l'ensemble du système. Par ailleurs, la régulation des rémunérations des dirigeants est encore dans les limbes. Non seulement les excès n'ont toujours pas été jugulés, mais on a parfois le sentiment que les aberrations se sont amplifiées. D'une part, l'écart avec le salaire médian continue de se creuser et, d'autre part, comme le soulignait récemment une étude du Wall Street Journal, le rapport entre rémunération et performance est de moins en moins évident.

Enfin, le sentiment que la finance n'a pas été mise au pas est alimenté par le fait que le tableau de chasse de la justice et des régulateurs reste clairsemé. Certes, les banques ont été condamnées à de lourdes amendes, mais le système a fauté sans véritables responsables désignés. Toujours selon le Wall Street Journal, sur les 156 poursuites dont les banques ont fait l'objet depuis 2009, 81 % n'ont donné lieu à aucune mise en cause individuelle. Sur les 19 % restantes, seuls 47 employés se sont retrouvés à devoir répondre à des accusations de malversation pour cinq condamnés. Pas étonnant dans ce contexte qu'une large majorité d'Américains soit en faveur d'un renforcement de la régulation de la finance, comme le montrent une étude de l'institut Lake Research Partners et les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote lors des primaires.

Alors, les belles idées de Take On Wall Street ont-elles des chances de répondre à ces attentes ? La tournure que prend la mobilisation à l'occasion de la campagne présidentielle permet d'en douter. L'essentiel des mesures prônées par le mouvement se retrouve bien dans le programme du candidat à l'investiture démocrate, Bernie Sanders. Mais, bizarrement, la plupart des signataires ne se sont pas rangés derrière lui. La Fédération des enseignants a ainsi préféré soutenir la favorite de l'investiture, Hillary Clinton, alors que cette dernière ne prend à son compte aucune des propositions de Take On Wall Street, à part celle sur le carried interest. Le côté pasionaria anti-Wall Street d'Elizabeth Warren, la sénatrice du Massachusetts, aurait dû la conduire à rallier la candidature de M. Sanders. Ce dernier attend toujours. Idem pour Richard Trumka, président de l'AFL-CIO, le principal regroupement syndical américain, qui a opté pour le " ni-ni ". Parmi les supporteurs du mouvement, seul The Communications Workers, le syndicat des télécommunications, soutient M. Sanders.

Il y a donc un certain paradoxe à prôner la révolution, tout en roulant de façon plus ou moins assumée pour une candidate qui n'a cessé de se faire critiquer pour sa proximité avec le lobby de la finance et dont l'époux a été l'un des principaux artisans de la dérégulation du système. Il est tout à fait respectable de -considérer que le programme de M. Sanders va trop loin dans un sens social-démocrate, mais prétendre vouloir en même temps mettre la haute finance au pas semble hypocrite. Celle-ci peut dormir sur ses deux oreilles : le retour d'Occupy Wall Street n'est pas pour demain.

par stéphane lauer

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Novembre 2016

Même à la SNCF certains se rendent compte qu'ils vont trop loin !

Des cadres se bougent à la SNCF et ils ont raison de le faire... Les cadres ont payé le prix fort à France Télécom lors du passage à la concurrence. Il est donc particulièrement bienvenu que certains prennent leur responsabilité pour que les drames de France Télécom n'arrivent pas à la SNCF...

Ceci dit, d'un oeil extérieur, les jeux sont faits... Les drames arriveront et seront de bien plus grande ampleur à la SNCF qu'à France Télécom : France Télécom à côté de la SNCF, ça sera "DisneyLand Paris"...

En effet, il y a beaucoup trop peu de gens préoccupés par la clientèle à la SNCF : le PDG s'en tape, la plupart des cadres s'en foutent et le personnel de base affirme que le respect de la clientèle n'est pas de son ressort...

On oublie juste un peu vite, à la SNCF, que le client est essentiel à TOUTE ENTREPRISE, quelle qu'elle soit...

La SNCF est aveuglée par cet état de fait de par sa situation de monopole. Quand l'ouverture à la concurrence arrivera, il sera trop tard et les suicides en masse seront la norme à la SNCF.

Je leur dis tous les jours... mais ils ne m'écoutent pas...

Je continuerai à leur dire cependant, pour avoir le droit de me regarder dans le miroir le matin...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 juin 2016

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L'HISTOIRE DU JOUR

Les cadres SNCF pétitionnent… pour réduire le coût du travail

A la SNCF, c'est la dernière ligne droite. Dans le bras de fer auquel se livrent la direction et les syndicats de l'entreprise publique sur le futur accord social, de nouveaux acteurs ont décidé de se faire entendre. Restés longtemps silencieux, les cadres du géant ferroviaire ont lancé, mardi 31 mai, une pétition en ligne sur le site Change.org, où avait été publié le texte de Caroline De Haas, " Loi travail : non, merci ! ", qui a recueilli plus de 1,3 million de signataires. " L'appel de cheminots SNCF au gouvernement "est loin de connaître pour l'instant le même engouement. Jeudi soir, 1 617 personnes l'avaient signé…

La démarche est inédite. Sans surprise, elle reprend en grande partie la vision de la direction du groupe public ferroviaire. Pour ses auteurs, il est temps de préparer sérieusement la SNCF à l'arrivée de concurrents, prévue à la fin de la décennie. Pour ces cadres, la SNCF n'est pas encore " prête à la concurrence ".

" En Europe, nous sommes un des derniers monopoles ferroviaires publics. Tous nos voisins ont réformé en profondeur leurs systèmes ferroviaires pour transformer leurs opérateurs historiques en entreprises efficaces sur un marché concurrentiel : la Grande-Bretagne en 1990, l'Allemagne en 1993, l'Italie en 2000, l'Espagne en 2005, est-il écrit dans cette pétition. Dans chacun de ces pays, l'Etat a repris plusieurs dizaines de milliards d'euros de dette ferroviaire en reconnaissant que c'était de la dette publique. Dans chacun de ces pays, l'organisation du travail a été revue. En France, non. "

Samedi 28 mai, pour gagner le soutien de la CFDT et de l'UNSA à la réforme du cadre social, et les sortir de la contestation – ce qui a fonctionné lundi pour la première et jeudi pour la seconde –, le gouvernement a promis un statu quo social. " Cette décision est une victoire à court terme pour les cheminots, mais elle nous condamne à des difficultés à venir ", estiment les cadres pétitionnaires. Au gouvernement, on argue que la direction de l'entreprise n'a pas assez travaillé sur d'autres axes d'amélioration des coûts, comme la polyvalence des cheminots…

En attendant, la SNCF connaît une dérive annuelle de 3 % de ses coûts, qui n'est pas prête de s'interrompre. " Parmi ces coûts, plus de 60 % sont constitués de masse salariale. Nous ne pourrons pas produire moins cher si nous ne réduisons pas nos coûts du travail. Or, si nous n'améliorons pas notre efficacité, alors nous devrons réduire nos effectifs et entrer dans une spirale infernale… ", s'inquiètent les cadres.

" Cette histoire, d'autres entreprises, comme la SNCM dernièrement - qui a déposé son bilan fin 2014 - , l'ont vécue, rappellent-ils. Nous ne voulons pas connaître la même. Nous voulons demeurer un des leaders du transport ferroviaire dans le monde, au sein d'un groupe qui s'appuie sur toutes les mobilités collectives. "

Philippe Jacqué

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 15 Novembre 2016

De véritables héros

Ces gens là sont des héros. Leur statut de lanceur d'alerte permet à tous de connaître la vérité. La vérité sur un pays qui se sert de ses athlètes uniquement dans un but géopolitique...

Peu importe que le sport soit utile aux citoyens par leur bien-être, le sport, en Russie sert la cause des politiques et de M. Poutine et ne sert qu'à ça...

Alors quand la triche gangrène le sport, cela doit être dénoncé et fortement.

Ces lanceurs d'alerte l'ont dénoncé, ils doivent donc être récompensés à leur juste valeur dans une aide incontestable à leur action.

Et si la France y prenait part ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 juin 2016

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Lanceurs d'alerte olympique

Reclus aux Etats-Unis, le couple Stepanov est à l'origine de la tempête qui secoue le sport russe. Vitali, le contrôleur antidopage, et Ioulia, l'athlète, ne croient plus aux Jeux de Rio

Le programme des époux Stepanov se répète chaque jour, invariablement, dans cette petite ville américaine qui restera anonyme. Amener Robert, 2 ans, à la garderie. Se rendre au stade pour s'entraîner, tous les deux. Rentrer à la maison, cuisiner, répondre aux innombrables mails pour Vitali. S'entraîner à nouveau. Massage. Cours d'anglais pour Ioulia. Récupérer le petit. Dîner. Recommencer. Contacts humains minimaux, sinon par Skype : les demandes de journalistes se multiplient à l'approche de la décision.

Le 17 juin, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) statuera sur les sorts respectifs de l'équipe de Russie et de Ioulia Stepanova, athlète et lanceuse d'alerte. Elle se fondera, affirme-t-on à la fédération, sur les recommandations d'une commission indépendante. Une occasion, la dernière peut-être, de ripoliner sa réputation, de sauver l'honneur perdu dans les tourments de l'affaire de corruption et de chantage impliquant plusieurs de ses anciens dirigeants et de grandes nations de l'athlétisme. Pour laver l'affront, l'IAAF doit écarter la Russie des Jeux olympiques et obtenir du Comité international olympique (CIO) que Ioulia Stepanova participe aux JO, sous le drapeau russe ou olympique. Le fera-t-elle ?

C'est l'espoir auquel s'accrochent les époux Stepanov. Ils se sont rencontrés lors d'une compétition d'athlétisme, en 2009. Lui contrôle les sportifs. Elle est sur la piste. Lui chasse les tricheurs. Elle se dope. Coup de foudre.

Leur vie a basculé à l'automne 2014, quelques jours avant la diffusion d'un documentaire sur la chaîne allemande ARD qui prouve, grâce à leurs infiltrations auprès de médecins, d'entraîneurs et d'athlètes, les sales dessous de l'athlétisme russe. A eux deux, et avec le journaliste Hajo Seppelt, ils font tomber la deuxième puissance mondiale du sport roi des Jeux olympiques, déclenchent un tsunami qui renversera le système de corruption régnant au sommet de la fédération internationale, et mettent en évidence des failles béantes dans le système instauré par l'Agence mondiale antidopage (AMA) pour surveiller l'efficacité de la lutte contre le dopage.

Leur récompense ? Ioulia, qui a purgé sa suspension pour dopage, ne peut plus courir et n'a plus de revenus ; Vitali a perdu son travail ; ils ont dû quitter leur pays et déménager plusieurs fois en un an. D'abord en Allemagne, puis aux Etats-Unis.

" Nous préférons ne pas divulguer notre situation géographique. On ne se prend pas trop la tête non plus, mais on reste prudents ", dit Vitali Stepanov au Monde, derrière la caméra de l'ordinateur portable posé dans sa cuisine. " Nous parlons à nos parents par Skype, de temps à autre. Nous aimons notre pays mais il est dirigé par des personnes corrompues. Du coup, c'est triste à dire, mais la Russie ne nous manque pas. "

Le couple vit sans garde du corps, dans une ville où personne ou presque ne sait quels risques ils ont pris. Ils auraient pourtant de quoi s'inquiéter. Ioulia Stepanova continue d'être traînée dans la boue par les responsables du sport russe et la classe politique. Or, deux anciens dirigeants de l'agence antidopage russe, Rusada, sont morts au début de l'année dans des circonstances mystérieuses. L'un d'entre eux au moins envisageait d'écrire un livre de révélations.

La spécialiste du 800 mètres n'a pas trouvé de partenaires d'entraînement aux Etats-Unis, ni d'entraîneur acceptant de la prendre en charge. Elle établit ses propres plans d'entraînement et Vitali se charge de les appliquer. " Les installations sont bonnes mais les gens, de manière -générale, restent à bonne distance de nous, observe l'entraîneur improvisé. Nous avons approché des entraîneurs et ils n'étaient pas intéressés, mais nous comprenons les refus. - Ioulia - ne peut pas changer son passé. "

Ioulia Stepanova assure aujourd'hui s'entraîner sans produits. Mais, comble de l'absurde, elle subit depuis cet hiver la suspension des athlètes russes qu'elle a elle-même provoquée. L'an dernier, elle a disputé discrètement quelques meetings, réalisant à Regensburg (Allemagne) un temps de 2 minutes et 1 seconde sur 800 mètres, un résultat suffisant pour se présenter aux Jeux olympiques.

Mais sous quel drapeau ? La Russie, espère-t-elle, ne sera pas à Rio, et si cela était le cas, Ioulia Stepanova ne serait évidemment jamais sélectionnée. Un autre pays ? " Il n'y a pas eu une seule marque d'intérêt et le processus prend de toute façon quelques années. " Le drapeau olympique, aux côtés des athlètes réfugiés de guerre ? L'IAAF et l'AMA se sont, tardivement, dits favorables à cette solution, mais la fédération d'athlétisme ne donnera un avis définitif que le 17 juin. Il faudrait ensuite convaincre le CIO, auquel cas la question deviendrait éminemment politique. La proximité entre Thomas Bach, président du CIO, et Vladimir Poutine ne permet pas d'augurer la présence à Rio de celle que les médias moscovites qualifient de " Judas du sport russe ".

Dans les deux mois à venir, la fédération internationale et le comité olym-pique auront un risque à prendre : qua-lifier Ioulia Stepanova pour les Jeux sans qu'elle réintègre l'équipe d'athlétisme de Russie, et ainsi humilier Vladimir Poutine, le chef d'Etat le plus influent du sport mondial.

" Je n'y crois pas du tout, confie Vitali Stepanov. La longueur du processus à l'IAAF n'incite pas à être confiant et me fait dire que les dirigeants du sport mondial ne veulent pas de lanceurs d'alerte. Personne ne nous a laissé entendre que la décision serait favorable. Peut-être qu'en public des dirigeants disent soutenir Ioulia, mais la réalité du moment est qu'elle est suspendue et ne peut pas courir, alors que la saison a -débuté. Cela devient difficile pour elle de rester motivée. "

" Aujourd'hui, je sais que je ne prends rien, mais j'arrive à atteindre de très bonnes performances ", dit Ioulia Stepanova dans le documentaire Plus vite, plus haut, plus dopés, diffusé mardi 7 juin à 20 h 55, sur Arte, en partenariat avec Le Monde. " Je comprends que c'est moi qui cours et non les stéroïdes. D'une certaine manière, c'est beaucoup plus facile pour moi, parce que lorsque je me dopais, j'avais toujours peur d'être contrôlée positive, et j'avais aussi peur que les produits ne fassent plus effet, car j'arrêtais quelque temps avant la compétition. "

Le documentariste Xavier Deleu a rencontré le couple à plusieurs reprises, en mars 2015 puis cet hiver. La vision de cette famille désœuvrée, coupée de ses proches, de son pays et de sa passion, est infamante pour les instances. L'IAAF les a abandonnés ; le CIO les a ignorés ; l'AMA tente tant bien que mal, avec retard, de corriger son attitude passée.

Le nouveau président de l'IAAF, l'ancien champion olympique du 800 mètres Sebastian Cœ, a attendu cinq mois après sa prise de fonctions pour remercier les Stepanov de leur courage. Par courrier. Il a écrit en janvier qu'il les rencontrerait lorsque l'enquête de la police française sur les malversations au -sommet de l'IAAF serait achevée. Ce qui devrait le dispenser de visite quelques mois encore.

" On n'a pas fait ça pour être remerciés, nous dit Vitali Stepanov. Mais si j'étais le dirigeant d'une fédération internationale et que j'étais vraiment intéressé par l'aspect éthique du sport, s'il m'importait que les athlètes soient propres, j'aurais sans doute souhaité rencontrer les lanceurs d'alerte, leur parler, simplement, et juger par moi-même s'ils sont honnêtes ou non, quelles sont vraiment leurs intentions. Cela dit, d'une manière générale, je vois bien qu'il y a dans ce milieu, d'un côté, des personnes qui pèsent lourd, et nous, de l'autre côté, avec ma femme, les petites gens. "

Depuis la diffusion du documentaire d'ARD, le président de l'AMA, Sir Craig Reedie, a semblé avoir plus d'égards pour la Russie que pour le couple Stepanov. Il n'a jamais communiqué avec eux même si, en mars, il les a remerciés publiquement pour leur " contribution " et a rappelé que des membres de la direction de l'agence étaient en contact avec eux avant même la mise sur pied de l'enquête indépendante sur le dopage en Russie. Ce n'est que lors du comité exécutif de l'AMA, début mai, que Vitali Stepanov s'est exprimé devant lui par écran interposé, pour l'aider à améliorer le dispositif de lanceurs d'alerte.

" De manière générale ils nous ont soutenus ", estime Stepanov. " Mais on a constaté aussi qu'à l'intérieur de l'AMA des gens semblaient n'avoir pas intérêt à lutter contre le dopage, et que ces gens-là étaient aux commandes, ajoute-t-il, -désignant sans le dire Craig Reedie. Il semble qu'il y ait une lutte interne, à l'AMA, entre ceux qui veulent agir et d'autres qui préfèrent fermer les yeux. Les JO sont dans deux mois, et certains à l'AMA aimeraient que l'on se taise pour que tout se passe bien. "

L'AMA a néanmoins facilité leur relogement aux Etats-Unis, fin 2015, et devait trouver un travail à l'ancien contrôleur antidopage. Une piste tombée à l'eau. Les Stepanov, privés de revenus, ont reçu de nombreuses propositions d'aides fi-nancières de particuliers suisses ou allemands, touchés par leur situation. Ils n'en ont accepté qu'une, celle d'un Suisse, qui paye la garderie de Robert.

" Je ne vois pas quelles améliorations ont été faites, depuis notre affaire, en -faveur des lanceurs d'alerte, juge Stepanov. Si vous voulez que quelque chose sorte, de nos jours, il faut pouvoir parler. Aujourd'hui, les athlètes n'ont absolument aucun intérêt à dire la vérité, Ioulia en est la preuve. "

Clément Guillou

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 14 Novembre 2016

Un article très intéressant sur une des composantes du FN

Voici un article très intéressant sur une des composantes du FN : le GUD (Groupe Union Défense).

Ce qui est marrant c'est que ce groupe n'entraine pas de changement dans la doctrine historique du FN : ne cherchez pas un renouveau démocratique, il n'y en a pas ! Pire, ce groupe est encore très largement enraciné dans le passé du FN, au temps où Jean-Marie le dirigeait...

Ce que l'on remarque aussi c'est que l'on ne peut pas dire que l'intérêt général soit le cheval de bataille du mouvement : arnaque à l'Etat lors des élections et multiples affaires judiciaires.

Bref, le FN, malgré sa politique de dédiabolisation n'a pas changé : il est et reste un parti anti-démocratique raciste et xénophobe, un parti qui ne servira jamais les Français et fera plonger notre pays à sa ruine s'il arrive aux plus hautes fonctions...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 juin 2016

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GUD et FN, affaires de famille

Les " gudards " forment un réseau actif et protégé autour de Marine Le Pen, malgré la volonté de la présidente du Front national de " dédiaboliser " son parti. Les ex-étudiants d'extrême droite devenus chefs d'entreprise vendent au FN des services qui leur valent des démêlés avec la justice

La lumière tamisée et les lustres qui pendent du plafond évoquent une ambiance de boîte de nuit huppée, où le prix de la coupe de champagne n'est rien comparé au plaisir de se montrer. Des projecteurs dessinent sur un mur des flammes stylisées, qui dansent de gauche à droite. La salle baigne dans un halo bleu-blanc-rouge sur fond de brouhaha joyeux. Tout ce que le Front national compte de dirigeants, de candidats, d'hommes de l'ombre ou en quête de lumière, est réuni Salle Wagram, ce 10 décembre 2015, à deux pas de la place de l'Etoile et des Champs-Elysées.

C'est le dernier meeting de la campagne des élections régionales. Quatre jours plus tôt, lors du premier tour, le parti d'extrême droite a triomphé dans les urnes : il est arrivé en tête dans six régions sur treize et peut compter sur l'élection de plusieurs centaines de conseillers régionaux. Dans le Nord et en PACA, ses deux locomotives, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen, seraient même en position de l'emporter. " N'ayez pas peur ! ", lance la patronne du FN à la tribune, paraphrasant Jean Paul II pour s'adresser aux électeurs.

Face à elle, au premier rang, interdit d'accès à la presse et aux photographes, Axel Loustau esquisse un sourire. A 45 ans, ce dirigeant d'une entreprise de sécurité privée accède à une forme de respectabilité. Troisième sur la liste du FN dans les Hauts-de-Seine, il va être élu conseiller régional quelques jours plus tard, à la faveur du désistement de la candidate investie en deuxième place. L'homme était plus connu pour son parcours politique à l'extrême droite radicale ou pour sa propension à faire le coup de poing. On l'a vu charger les forces de l'ordre, casque de scooter sur la tête, en marge de La Manif pour tous, en 2013 : il sera menotté et interpellé. Ses démêlés avec la justice comme trésorier de Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, ont aussi alimenté la chronique, lorsqu'il a été mis en examen en mars 2015 dans le cadre de l'enquête menée sur le financement du FN.

Son ami Nicolas Crochet, 52 ans, est assis juste derrière lui. Expert-comptable et commissaire aux comptes, un temps pressenti pour diriger la campagne présidentielle de la présidente du FN en 2012, lui, n'est pas candidat aux régionales. Il a pris place aux côtés de sa compagne, qui sera élue dans le Val-de-Marne. Il a aussi été mis en examen en avril 2015, après avoir certifié les comptes de Jeanne, en 2012. Quelques sièges plus loin, leur aîné, Philippe Péninque, 63 ans, accompagne, pour sa part, la tête de liste régionale en Ile-de-France, Wallerand de Saint Just, trésorier du FN et longtemps avocat de Jean-Marie Le Pen. Péninque a conseillé le candidat durant la campagne, comme il le fait de manière officieuse pour Marine Le Pen. Quand il passe devant les journalistes, l'ancien avocat fiscaliste qui a ouvert un compte en Suisse pour Jérôme Cahuzac, en 1992, se bouche le nez de façon ostensible.

Ne manque à cette réunion de famille que Frédéric Chatillon, 48 ans. Le patron de Riwal, le principal prestataire des campagnes électorales du FN (affiches, tracts, etc.) n'a pas travaillé pour le parti durant les régionales. Un contrôle judiciaire le lui interdisait. La société et son dirigeant, véritables chevilles ouvrières du FN pour chaque scrutin depuis les cantonales de 2011, année d'élection de Marine Le Pen à la tête du Front, ont été mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le financement du parti. Frédéric Chatillon est aujourd'hui installé à Rome et cherche à diversifier ses activités à l'étranger – ce qui n'empêche pas Riwal de continuer à fournir des prestations au FN. Pour les régionales, Axel Loustau, " un de mes plus anciens amis ", dit Chatillon, a créé une société, Les Presses de France, qui a repris le flambeau de Riwal et fait appel aux mêmes sous-traitants.

" Une famille, au sens large du terme "

Le GUD, Groupe union défense, est connu depuis longtemps au FN ; d'autant mieux que certains de ses représentants œuvrent dans la coulisse pour Marine Le Pen. Les gudards et leurs compagnons de route ont fait de la solidarité une de leurs forces. Ses anciens forment une amicale soudée, et il n'est pas rare qu'ils viennent gracieusement en aide aux plus jeunes. Une manière de " payer sa cotisation ". Ce groupe étudiant radical, fondé à la fin des années 1960 sur les ruines du mouvement Occident, a perduré dans les facs jusqu'à aujourd'hui, avec plus ou moins de vigueur.

La galaxie voit aussi graviter les anciens d'Occident et d'Ordre nouveau, un groupe néofasciste des années 1970, qui est à l'origine de la fondation du Front national, et dont les membres se confondaient bien souvent avec ceux du GUD. Certains s'agacent de la lumière braquée sur eux par les démêlés judiciaires de la génération Chatillon, celle qui était active dans les années 1990. Tous ne sont pas frontistes, loin de là, puisqu'une partie des troupes est passée par les réseaux de Charles Pasqua, au RPR. Mais peu importent les histoires personnelles, les parcours politiques ou les générations : être (ou avoir été) un nationaliste-révolutionnaire marque au fer rouge. " C'est une famille, au sens large du terme, qu'on aime ou pas les membres de la famille ", observe un ancien. Chaque année, un dîner de retrouvailles est organisé Chez Jenny, une brasserie alsacienne située boulevard du Temple, à Paris. Et quand un " ex " vient à mourir, un avis de décès est envoyé au reste de la bande. " Ils sont solidaires entre eux, ceux qui n'y ont pas été ne sont pas admis ", reconnaît Wallerand de Saint Just, " vieux copain " de Philippe Péninque.

En 2011, c'est tout naturellement que Frédéric Chatillon s'est tourné vers Philippe Péninque pour signer un contrat avec sa société Péninque Consultant. Chargé d'organiser les campagnes du Front national pour les cantonales de 2011, puis la présidentielle et les législatives de 2012, le patron de Riwal voulait bénéficier des lumières de son aîné sur les aspects juridiques, administratifs et fiscaux de son travail. " J'avais besoin d'une validation de tout ce que je faisais, a expliqué Frédéric Chatillon devant les juges. Je pouvais l'appeler quand je voulais. C'est un conseil sur la mécanique financière, la manière dont je suis payé, dont je facture (…). Un conseil permanent sur la manière dont je devais gérer mes affaires, comme un “ange gardien”. " " Mon travail était juridico-administratif, assez extérieur, nous a assuré de son côté Philippe Péninque. C'était très prenant et assez chiant. "

L'" ange gardien " a perçu 52 863 euros pour sa prestation. Son rôle n'a pas attiré l'attention de la justice, qui ne l'a pas entendu dans le cadre de son enquête sur l'affaire Jeanne, le microparti de Marine Le Pen.Les juges soupçonnent la mise en place d'un système de surfacturation visant à escroquer l'Etat, qui rembourse les frais de campagne. Au début de l'enquête, ils estimaient au total à10 millions d'euros l'argent détourné par Riwal et Jeanne pour le financement des campagnes présidentielle et législatives en 2012. Frédéric Chatillon est au cœur de ce dossier, pour lequel le parquet de Paris devrait rendre son réquisitoire avant l'été. " Ce n'est pas un affairiste, c'est un type honnête. A part la pédophilie, on l'a accusé de tout, s'agace Philippe Péninque. Frédéric, je ne partage pas toutes ses opinions, mais c'est un grand ami. "

L'entre-soi est savamment entretenu chez les gudards. Quand les juges demandent à Axel Loustau, trésorier de Jeanne, pourquoi Benoît Rigolot a été désigné commissaire aux comptes du FN, alors qu'il avait fondé une société d'experts-comptables avec l'ancien trésorier de Jeanne, Olivier Duguet, il répond : " On se connaît tous depuis vingt ans, on se voit souvent pour déjeuner (…). Il y a peu de CAC - commissaires aux comptes - dans notre famille politique(…), nous préférons travailler entre nous. " Qu'importe que les règles déontologiques soient malmenées. Nicolas Crochet, lui, est l'objet depuis le mois de mars d'un contrôle mené par le conseil de l'ordre des experts-comptables pour avoir certifié les comptes de Jeanne. Le conseil doit déterminer s'il a respecté ou non les textes régissant la profession, et le renvoyer le cas échéant devant la chambre de discipline, où un magistrat tranchera sur son cas.

Malgré tous ces déboires, le clan Chatillon reste fidèle à Marine Le Pen, qu'il a accompagnée dans son ascension au sein du FN. Le fondateur de Riwal n'a pris sa carte du parti qu'une seule fois, en 2010, pour pouvoir voter en faveur de son amie lors de l'élection à la présidence du Front national, contre Bruno Gollnisch. Tous deux s'étaient rencontrés sur les bancs de la faculté de droit parisienne d'Assas, fief du GUD, vingt ans plus tôt. Aujourd'hui, on le croise dans les grands événements du parti, comme l'université d'été du FN à Marseille, en septembre 2015, ou lors du 1er-Mai, organisé porte de La Villette, à Paris. Grand et taillé dans le roc, il ne passe jamais inaperçu. " C'est Barbe-Bleue ! ", s'amuse Jean-Marie Le Pen à propos du personnage, père de sept filles.

Avec Axel Loustau, qui est actionnaire minoritaire de Riwal, Frédéric Chatillon s'est imposé auprès de la présidente du FN. " Entre 2007 et 2010, quand nous avions des problèmes d'argent, personne ne voulait travailler pour le FN. Ils se sont faufilés, la nature a horreur du vide. Ils étaient là, ils ont fait le boulot, ce sont des pros. On n'allait pas prendre la CGT ou le PC pour faire des prestations ", assume Steeve Briois, maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et ancien secrétaire général du FN.

L'épisode " panama papers "

Marine Le Pen, en retour, ne lâche pas " ses " hommes. Quand Le Monde révèle, en avril, que Frédéric Chatillon et Nicolas Crochet sont impliqués dans la déferlante " Panama papers " pour avoir sorti de l'argent de France par un système offshore sophistiqué, aux fins d'échapper aux services antiblanchiment français, les responsables frontistes se relayent dans les médias pour les défendre. Oui, Riwal et son dirigeant continueront à fournir des prestations pour le FN. " Mettre Frédéric Chatillon à distance, ça serait dire qu'on a quelque chose à se reprocher ", explique un dirigeant frontiste. L'enjeu financier est crucial pour la société, puisque, entre avril 2012 et janvier 2014, Jeanne lui a versé 6 135 660 euros, les comités Marine Le Pen 2012, 1 827 330 euros, et le FN, 241 017 euros. La Fondation Brigitte Bardot représente une maigre source de revenus alternative, avec 427 337 euros versés sur cette période.

Par amitié, ou par goût de la provocation, Marine Le Pen laisse sur son blog " Carnets d'espérances " une photo d'elle en train de boire un verre avec Frédéric Chatillon et sa compagne. " Chatillon, Loustau et les autres, ce sont ses amis. Ils sont dans le décor depuis vingt ans, et vont le rester, c'est comme ça ", assure un " mariniste ".

Il n'a pas été question non plus de se passer des services de Nicolas Crochet, chargé de verser les salaires des assistants locaux pour le parti au Parlement européen. Les " Panama papers " ont pourtant conduit jusqu'aux affaires qu'il mène avec son frère Sébastien. En 2010, Nicolas Crochet a tenté, en vain, de monter un projet pour " réaliser des prestations dans l'aéronautique civile ", ainsi qu'il l'a expliqué aux juges. Son frère devait confectionner des vêtements pour le personnel navigant et au sol. La société qu'il dirige, Ever Harvest, par laquelle est passé l'argent de Riwal, a investi la somme de 150 000 dollars, dans Airops, une société qui a disparu depuis.

Cette dernière était dirigée par Steve Bokhobza, un quadragénaire affairiste, marchand d'armes à l'occasion, soupçonné d'avoir participé à une tentative de coup d'Etat aux Comores avec Patrick Klein, dont le fils, Edouard Klein, dirigeait le GUD il y a quelques années. Le monde est petit. " Ce paiement, manifestement sans cause, n'est-il pas un moyen pour vous de faire revenir des fonds en France ? ", ont interrogé les juges. " Non ", a répondu M. Crochet, indiquant que l'argent avait été perdu après le dépôt de bilan de la société.

La présence des gudards dans l'entourage de Marine Le Pen inquiète pourtant certains au sein FN, pour qui l'épisode " Panama papers " pourrait n'être qu'un prélude à de plus sérieux problèmes. " Comme dirait Victor Hugo, “le coup passa si près que le chapeau tomba”. La prochaine fois, ça ne passera pas à côté ", prédit un frontiste. Frédéric Chatillon entretient volontairement l'opacité sur ses multiples sociétés, dans lesquelles il lui arrive de faire travailler des militants de l'extrême droite radicale. Ces entreprises sont regroupées dans une holding, le groupe Erer – " aigle ", en breton –, qu'il affirmait détenir à 98 % en janvier 2015, mais officiellement dirigé par un proche. " Il faut bien comprendre que tout ce montage de sociétés est fait pour échapper à la presse et ses investigateurs ", a avoué l'entrepreneur devant les juges.

Ces derniers ont été intrigués par son train de vie et les dépenses engagées au nom de Riwal. Pourquoi deux grosses cylindrées, une Harley-Davidson et une Triumph Bonneville, payées avec l'argent de sa société ? " Il y en a une qui est plus pratique pour rouler quand il fait beau, c'est pour mon confort personnel ", répond Chatillon. Les nuits dans des hôtels luxueux, avec une préférence pour l'enseigne Radisson (Radisson Royal Moscou, Radisson Beyrouth, Radisson Pudong de Shanghaï), et des séjours coûtant jusqu'à 2 459 euros ont-ils un " lien professionnel avec les activités de la société Riwal " ? " Ce ne sont pas des voyages d'agrément ", assure l'ancien dirigeant du GUD, qui parcourt le monde de l'Australie à la Roumanie, jusqu'à Hongkong et la Syrie, où sa société dispose d'un bureau.

Caricatures antisémites

Le profil radical de l'intéressé n'est un secret pour personne. Quand il dirigeait le GUD, au début des années 1990, le natif d'Armentières (Nord) a donné un tour " antisioniste " et propalestinien au mouvement, soudé jusque-là par son opposition au communisme. Dans le premier numéro des Réprouvés, sous-titré " L'organe de propagande du Groupe union défense ", imprimé en mai 1992, une fausse interview de Patrick Bruel, recueillie par " Karl Heil ", est publiée. " Je dois accepter mes origines. En effet, je suis un peu juif (voir photo) ", font dire les gudards au chanteur, affublé d'un nez proéminent dans un dessin digne des caricatures antisémites des années 1930. Dans les autres pages, le " courrier du cœur du docteur Minguellet " côtoie la chronique des " misères d'Anne Frantz " et les croix celtiques.

En prenant la tête du FN, en 2011, Marine Le Pen avait pourtant pour objectif d'en finir avec les accusations d'antisémitisme qui pesaient sur sa formation. Pour elle, les camps d'extermination nazis représentent " le summum de la barbarie ". " Au FN, il y a encore quelques difficultés à afficher des positions pro-israéliennes, estime l'avocat Gilles-William Goldnadel, farouche défenseur de l'Etat hébreu, qui a rencontré Marine Le Pen, il y a quelques années. Il y a des gens comme Michel Thooris - fondateur d'un officieux cercle projuif - , mais il y a aussi M. Chatillon. " Le député européen Aymeric Chauprade, qui a claqué la porte du FN en 2015, assure, quant à lui, qu'" il y a encore des traces d'antisémitisme autour de Marine Le Pen ". A l'été 2014, le géopolitologue s'était attiré les foudres de certains gudards pour avoir publié un texte dans lequel il affirmait son soutien à Israël. " Dans ce manifeste, je vise un noyau d'antisémites viscéraux obsessionnels qui se définissent comme antisionistes. Je dis que le FN doit rompre avec cette obsession, explique l'eurodéputé. Un petit candidat aux municipales qui dérape, Marine Le Pen et Florian Philippot l'écartent. Mais pour Chatillon, elle ne fait rien. Je ne sais pas comment ils la tiennent. "

Rien n'arrête la promotion des anciens du GUD dans l'appareil FN. Elu conseiller régional en décembre 2015, Axel Loustau a été nommé en février secrétaire départemental du parti dans les Hauts-de-Seine. " Loustau, c'est un cadre de valeur. Il a eu sa période folklorique, mais à côté de ça, il dirige quand même une grosse entreprise ", avance Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen. A l'automne 2015, Logan Djian, actuel dirigeant du GUD, a été incarcéré pour avoir violemment agressé son prédécesseur Edouard Klein, encore lui. La société Financière Agos, fondée par Axel Loustau, dans laquelle il détient toujours des parts, octroie alors à la compagne de Logan Djian (elle-même salariée de la société depuis de nombreuses années) un prêt de 25 000 euros qui sert à payer la caution. Il a été remboursé depuis. Intrigué par ces mouvements financiers signalés par Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy, le parquet de Nanterre a ouvert le 13 mars, comme l'a révélé Mediapart, une enquête préliminaire pour déterminer si ce prêt relevait de l'abus de bien social. Ce que conteste Axel Loustau.

" Cinéma totalitaire " au cercle Iéna

Ces derniers mois, le nouveau conseiller régional a régulièrement eu l'occasion de croiser son aîné, Philippe Péninque. Au séminaire du FN, début février, à Etiolles (Essonne), les deux hommes ont plaidé auprès de Marine Le Pen la cause des PME et des chefs d'entreprise. Au Cercle Iéna, ce club privé fondé par d'ex-membres d'Ordre nouveau, ils participent à des conférences dans un luxueux appartement du 16e arrondissement de Paris, avec Eric Zemmour, le romancier Jean Raspail ou encore la représentante en France du mouvement allemand anti- -islam, Pegida. L'ancien cuisinier des Ronchons, un restaurant bien connu de l'extrême droite, aujourd'hui fermé, propose chaque semaine ses services. Un ciné-club y est aussi organisé : le dernier cycle de films était consacré au " cinéma totalitaire " – c'est-à-dire de l'URSS, avec entre autres Le Cuirassé Potemkine. Philippe Péninque, qui assure qu'une élection présidentielle ne peut se gagner sans le soutien des classes bourgeoises, se sent comme chez lui. L'ancien avocat fiscaliste est aujourd'hui consultant pour les PME et les PMI. Très pieux – " Je suis un catholique romain ", dit-il –, l'homme était surnommé " le Pèlerin " quand il dirigeait le GUD, dans les années 1970. A l'époque, l'étudiant de Sciences Po portait en permanence un crucifix autour du cou et pouvait se coucher devant un autel les bras en croix, face contre terre.

Pourtant, l'ancien avocat serait un " gudard de gauche ", pour reprendre l'expression déroutante de Jean-Marie Le Pen. Ou encore " l'homme de la synthèse nationale-républicaine ", comme l'assurait dans Le Point, en 2014, Florian Philippot, vice-président du FN, avec qui il entretient de bons rapports. Pendant la campagne présidentielle de 2007, Philippe Péninque plaidait auprès du candidat Jean-Marie Le Pen en faveur d'un discours républicain et adressé aux jeunes de banlieues. " Dès 2006, Péninque s'est imposé par une présence constante, très personnelle, intervenant sur tout et le reste auprès de Marine et de Jean-Marie Le Pen. Il était dans toutes les réunions, toutes les préparations d'émissions. C'est lui qui faisait les discours avec Alain Soral et parfois Olivier Martinelli ", se souvient Jean-François Touzé, qui animait alors la cellule idées-images du parti.

En 2007, Philippe Péninque fonde avec Alain Soral et Jildaz Mahé O'Chinal, un autre gudard, l'association Egalité et réconciliation. S'il n'a jamais été candidat à une élection, l'homme a toujours cherché à structurer politiquement l'extrême droite. Au GUD, il a tenté en vain de lancer une école des cadres. Dans son mémoire de fin d'études, " La politique à coups de poing ou l'extrême droite extraparlementaire de 1968 à 1975 ", il déplorait les " pesanteurs sociologiques internes de l'extrême droite " et le " caractère des militants plus portés à l'action qu'à la réflexion ". L'homme a gardé de ces années un côté exalté. " La révolution travaille nuit et jour ", dit-il quand on l'appelle le soir.

Les acteurs de ce milieu ne sont pas tous aussi prompts à répondre. En 2014, alors que l'affaire Jeanne éclate au grand jour, les enquêteurs captent des conversations téléphoniques entre certains gudards. Frédéric Chatillon transmet ses consignes à un proche : " Zéro réponse à la presse, c'est la consigne, pas un mec parle à la presse. Les journalistes, ils t'appellent, tu raccroches tout de suite. Appel masqué, tu décroches pas. " Un autre jour, Axel Loustau s'interroge auprès de Frédéric Chatillon des conséquences possibles de cette affaire. " Est-ce que c'est pas non plus des trucs de Parigots ? Tu vois, j'me dis, le chômeur d'Hénin-Beaumont, le retraité pied-noir de Nice, il s'en bat les couilles. " N'ayez pas peur.

Olivier Faye et Simon Piel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Novembre 2016

Quand le gouvernement met la tête de la SNCF sous l'eau (3/3)

N'oublions pas que cette lâcheté gouvernementale et l'idiotie qui confine à la connerie la plus absolue de la CGT implique forcément que le citoyen Français mette la main à la poche !

Quand une entreprise est en train de creuser son trou, qu'elle perd de l'argent tous les jours, qui éponge les dettes pendant ce temps ?

La France va, encore une fois, s'endetter encore un peu plus, plongeant aussi un peu plus notre pays dans un marasme économique toujours plus intense...

A la fin, ça sera au Français de décider que l'on ne peut plus être dirigé par de tels incompétents, qu'ils soient à la SNCF ou au gouvernement.

Il faut donc agir et vite en montrant le chemin de la sortie à tous ces tocards qui continuent, encore et toujours, à mettre la France dans la merde...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 juin 2016

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Pendant la grève, le marchandage entre le gouvernement et la SNCF se poursuit

La compagnie réclame qu'une partie de sa dette soit transférée à l'Etat

La CGT, l'UNSA et SUD Rail, les trois plus importantes organisations syndicales de la SNCF, ont entamé comme prévu, mercredi 1er juin, une grève reconductible, réussissant à bloquer près d'un train sur deux dans l'Hexagone. Mais les négociations continuent en coulisses pour mettre un terme au mouvement, potentiellement dévastateur pour le gouvernement, aujourd'hui empêtré dans la loi travail.

Un vaste marchandage est en cours afin de faire adopter le nouveau cadre social cheminot, prévu par la loi de réforme ferroviaire, votée en 2014. Samedi 28 mai, le gouvernement a imposé à la direction de la SNCF un maintien du régime de travail existant, le RH 077. Suite à cette concession, la CFDT, quatrième syndicat de l'entreprise (15 %) mais l'un des plus représentés chez les conducteurs, a levé son préavis de grève, lundi 30 mai.

Pour le moment, le premier syndicat réformiste de l'entreprise, l'UNSA (24 % des voix aux élections professionnelles), a refusé de se retirer du mouvement. Au-delà des conditions de travail, celui-ci réclame des garanties sur l'avenir de la société quand le marché sera ouvert à la concurrence. En l'état actuel, les concurrents disposeront en effet d'un cadre social moins contraignant et seront plus compétitifs. La direction de la SNCF défend la même ligne et demande des compensations suite aux concessions sur le cadre social. Mardi, Matignon a annoncé des " surprises " sur ce sujet d'ici au lundi 6 juin.

" Des solutions envisageables "

Pour faciliter l'équation financière de la SNCF et obtenir le retrait de l'UNSA de la contestation, le gouvernement pourrait faire un certain nombre de propositions concernant la très lourde dette de l'entreprise, qui a atteint 50 milliards d'euros fin 2015 et devrait dépasser 60 milliards à l'horizon 2025 au rythme actuel.

L'idée, négociée âprement depuis plusieurs mois entre Bercy et la SNCF, et qui pourrait être finalisée dans la semaine, serait un transfert d'une partie de cette dette à l'Etat. Le Figaro évoque mercredi 1er juin la somme de 8 milliards d'euros, soit une économie de 350 millions d'euros par an sur la charge de cette dette. Cela compenserait les économies attendues de la flexibilisation du cadre social, estimées par la SNCF a minima entre 200 à 300 millions d'euros par an, selon nos informations.

Ce " cadeau " ne sort pas de nulle part. En 2014, lors du débat parlementaire sur la loi ferroviaire, Manuel Valls avait annoncé la remise prochaine au Parlement d'un rapport consacré à la dette du système, afin d'établir des " solutions envisageables " à moyen terme " à cette dette insupportable ". Les discussions entre Bercy et la SNCF n'avaient jamais cessé depuis.

La dette de 50 milliards d'euros de l'entreprise comprend en effet la dette propre de SNCF Mobilités (7,7 milliards d'euros), qui exploite les trains, et celle de SNCF Réseau (42,3 milliards), qui développe et maintient l'infrastructure. Ces trois dernières années, quatre nouvelles lignes à grande vitesse en constructions ont fait grossir chaque année cette dette de 1,5 milliard d'euros supplémentaires. Au total, SNCF Réseau paye 1,5 milliard d'euros d'intérêts par an liés à sa dette.

Or, sur ces 42,3 milliards d'euros, un bon quart n'est plus considéré comme de la dette " propre " à SNCF Réseau. Pour comprendre, il faut faire un petit retour de vingt ans en arrière. Afin de se qualifier dans les années 1990 pour la monnaie unique, l'Etat français avait tout fait pour " cacher " son endettement, et notamment les quelque 20 milliards portés à l'époque par la SNCF.

En 1997, le gouvernement l'avait consigné dans un nouvel établissement, Réseau ferré de France. A l'époque, cette dette était jugée compatible avec les critères de Maastricht : elle était gagée sur les 30 000 kilomètres de voies ferroviaires de l'établissement public. Bref, l'actif pouvait permettre de refinancer cette dette, via les droits de passages acquittés pour utiliser l'infrastructure.

En 2014, l'Insee a néanmoins considéré que 10,8 milliards d'euros de cette dette – qui avait entre-temps gonflé à 37 milliards d'euros – devraient être requalifiés en dette d'Etat. Et donc repris par l'Etat. Depuis, Bercy résiste à une telle solution. La raison : la dette française culminait à 2 100 milliards d'euros à fin 2015, soit 95,7 % du produit intérieur brut.

D'ici le 6 juin, date de la présentation du nouvel accord d'entreprise à l'ensemble des organisations syndicales, la direction de la SNCF voudrait sécuriser un transfert important de la dette ferroviaire, voire obtenir en échange d'autres compensations, liées notamment à la concurrence. Mercredi, " l'entreprise ne souhaitait faire aucun commentaire ", indique un porte-parole.

Philippe Jacqué

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Publié le 9 Novembre 2016

N'est-on pas un tocard de première quand on ne sait pas déclarer ses revenus en tant que Ministre de l'Economie ?

N'est-on pas un tocard de première quand on ne sait pas déclarer ses revenus en tant que Ministre de l'Economie ?

De deux choses l'une :
- Ou M. Emmanuel Macron est un incompétent ou un incapable (le Larousse 2016 donne une définition de "tocard" pour cette définition)
- Ou M. Emmanuel Macron est une pourriture et une enflure de première en ayant voulu frauder l'impôt

On a deux choix... Par le bénéfice du doute, je penche pour la première solution.

Quand on ne sait pas rédiger une déclaration d'impôts en tant que Ministre de l'Economie, est-on à sa place à son poste ?

Très clairement, je ne crois pas...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 juin 2016

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L'HISTOIRE DU JOUR

Macron épinglé par le fisc après avoir sous-estimé sa fortune

Rattrapé par la patrouille. Emmanuel Macron, selon les informations publiées par Mediapart et Le Canard enchaîné, a dû réévaluer la valeur de son patrimoine et effectuer une déclaration rectificative auprès de l'administration fiscale, portant sur les années 2013 et 2014. Le voilà du coup redevable, rétroactivement, de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le rattrapage, cependant, selon Mediapart, ne devrait pas excéder 10 000 euros. Lorsqu'il a été nommé ministre de l'économie, en août 2014, l'ancien banquier, associé-gérant chez Rothschild, a dû établir, comme tout nouvel entrant au gouvernement, une déclaration de patrimoine auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), créée en janvier 2014 à la suite de l'affaire Cahuzac et chargée de veiller à " la probité et l'exemplarité des responsables publics ".

" Je ne suis pas pour la société du déballage "

Selon sa déclaration, la valeur totale de ses actifs est inférieure à 1,3 million d'euros, seuil de déclenchement de l'ISF. Le néoministre, ciblé médiatiquement et politiquement pour son passé de banquier d'affaires et les revenus élevés qu'il a tirés de ses activités, n'est donc pas assujetti à l'ISF. Et le fait savoir. L'administration fiscale, saisie de sa déclaration à la HATVP, ne le voit pas de cet œil. Elle juge sous-évaluée la valeur de certains biens. Ce qui vaut au ministre de l'économie, rétrospectivement, de basculer dans le camp des " riches ". Une histoire presque ordinaire si le ministre de l'économie, qui a à de multiples reprises exprimé tout le mal que lui inspire l'ISF, ne semblait à cette occasion avoir " bidouillé " les choses à sa manière. Pas tout à fait la " transparence " dont il se fait le chantre.

Alors, comme souvent dans ces cas-là, M. Macron, interpellé mardi 31 mai à l'occasion d'un déplacement, s'est posé en victime d'une cabale destinée à le " déstabiliser ", le " fragiliser " et " salir - son - action ". " Je suis en règle, je peux vous le confirmer, mais je ne suis pas pour la société du déballage ", s'est défendu le ministre, accusant implicitement " certains services ou responsables " d'avoir " brisé le secret fiscal ". " Je ne suis dupe de rien, sachez-le. Je ne suis pas naïf. Il n'y a pas de coïncidences ", a-t-il martelé, assurant que " cela ne fait que conforter - sa - détermination ".

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Novembre 2016

Quand le gouvernement met la tête de la SNCF sous l'eau (2/3)

La SNCF va souffrir d'un grand manque de compétitivité en 2020 quand viendra la concurrence. Il est urgent d'agir... mais l'Etat préfère jouer la montre, mettant la SNCF dans une très grande difficulté...

Mais le gouvernement s'est fait avoir aux entournures : il a eu beau donner toutes les garanties du monde à la boite, la CGT n'en a eu que faire et a continué de laisser courir sa grève. Le gouvernement est donc prisonnier de sa lâcheté car la CGT n'a que faire que la SNCF aille bien ou mal : seule compte pour elle la défense de ses acquis sociaux... et tant pis si les acquis entravent dangereusement la compétitivité de la boite !

Mais la lâcheté n'est pas seulement du côté du gouvernement : M. Guillaume Pépy partage largement ce trait de caractère ! En effet, il a été purement et simplement écarté des négociations alors qu'il est PDG de la SNCF ! Où est la dignité de M. Guillaume Pépy ?

Dans ce jeu, en tout cas, tout le monde est perdant :

- La SNCF qui va devoir se battre avec des armes inégales avec la concurrence en 2020
- Le gouvernement qui voit la dette de la SNCF exploser et dont il va falloir assumer le remboursement par le renchérissement de la dette publique
- La CGT qui enferme son personnel dans une posture qui lui sera plus que néfaste à terme

Quand on pense que la SNCF est responsable du plus formidable moyen de transport et quand on voit ce qui est en est fait, on se dit que ces incompétences générales coûtent bien cher à l'intérêt général !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er juin 2016

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L'Etat renonce à faire travailler plus les cheminots

Le gouvernement gèle la réforme du cadre social de la SNCF, censée préparer l'entreprise à la concurrence

La SNCF peut faire son deuil de son nouvel accord social d'entreprise. Le gouvernement a décidé, pendant le week-end, de le sacrifier au nom de la défense de la loi El Khomri sur le travail, afin d'éviter la grève – reconductible à partir de mardi 31 mai au soir – annoncée par les quatre organisations syndicales du groupe public ferroviaire et toute convergence…

Cette réforme du cadre social, qui devait permettre à la SNCF de faire des économies, afin de se préparer à l'émergence de la concurrence prévue à la fin de la décennie, va, au contraire, coûter plus cher à la compagnie nationale, du fait des améliorations apportées lors de la discussion !

Lundi 30 mai, la CFDT a annoncé la réécriture, garantie par le gouvernement, de l'accord social d'entreprise qui préserve l'ensemble des acquis des cheminots de l'ancien cadre social, dit le RH077. Conséquence, le quatrième syndicat du groupe (15 %) a demandé à ses adhérents de ne pas prendre part à la grève du mercredi 1er juin.

L'UNSA, le deuxième syndicat (24 % et premier syndicat réformiste), n'a pas apprécié de s'être vu griller la politesse par son rival. Il a maintenu sa participation à la grève, tout en espérant " un règlement rapide ". " En l'état, cependant, ce n'est pas acceptable, puisque l'entreprise s'est distancée du texte et qu'on ne sait pas ce que l'on aura à signer le 6 juin, lors de la journée conclusive ", indique-t-on au syndicat.

Schizophrénie

La CGT et SUD-Rail, eux, maintiennent leur appel à la grève reconductible. Mardi matin, la SNCF prévoyait un trafic perturbé, soit une mobilisation assez sérieuse des syndicats. Seulement six TGV sur dix doivent circuler, un TER sur deux, quatre RER sur dix et un Intercités sur trois.

Comment en est-on arrivé à un tel imbroglio ? Tout s'est accéléré samedi 28 mai, dans l'après-midi, au siège du ministère des transports. Alain Vidalies accueille les syndicats réformistes (CFDT et UNSA) et le directeur des ressources humaines (DRH) de la SNCF, Jean-Marc Ambrosini, afin de boucler, une fois pour toutes, les négociations. " Le ministre a demandé au DRH d'accéder aux demandes des deux syndicats d'un retour au RH077, bref, le cadre social précédent ", indique une source.

Pour l'entreprise, c'est un coup de poignard. " Pis, s'étrangle un proche du dossier, le relevé de conclusion de la négociation a été rédigé non pas par l'entreprise, mais par le gouvernement. " Cocasse, quand on sait que la loi El Khomri doit mettre en avant… le dialogue social au sein des entreprises.

Selon une source gouvernementale, la direction de la SNCF campait sur une ligne de fermeté et a dû revoir sa position. " Le désaccord porte davantage sur le principe même de passer un accord avec les syndicats réformistes que sur le fond ", assure un participant aux négociations, qui estime qu'il fallait déminer ce dossier potentiellement à même de venir renforcer la contestation contre la " loi travail ".

" Certains voudraient faire croire que c'est sur l'autel de la loi El Khomri qu'on sacrifie la négociation SNCF, mais la solution trouvée est dans les tuyaux depuis plusieurs mois ", contredit-on dans l'entourage du premier ministre, Manuel Valls, même si on reconnaît que " le calendrier n'est pas idéal ".

Alerté tardivement, Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, réagit vivement auprès de ses tutelles. Pourquoi lancer une réforme ferroviaire si l'on ne peut assouplir le cadre social, relativement rigide, de la SNCF, défend, dépité, son président. Pour faire plier l'exécutif, il met sa démission dans la balance. " Il a vite renoncé quand on lui a dit qu'il n'y avait aucun souci pour qu'il parte et quand a été mentionné le nom de son possible successeur ", assure une source proche de l'exécutif. Un échange infirmé par l'intéressé. La rumeur s'est tout de même propagée, lundi, sur les réseaux sociaux et dans le petit milieu du ferroviaire.

Sur le fond, la position du gouvernement relève de la schizophrénie. La loi de réforme ferroviaire de 2014 a demandé à la SNCF de réaliser un certain nombre d'économies, notamment en améliorant sa productivité. A l'époque, la création d'un cadre social harmonisé entre l'entreprise publique et ses concurrents est décidée. C'est une occasion inespérée pour la SNCF de baisser un peu ses coûts, afin de se rapprocher, espère-t-on à l'époque, à 5-6 % de ses concurrents. De quoi rivaliser après l'ouverture du marché.

La création d'une convention de branche permet déjà de diminuer la différence de coûts avec ses concurrents, puisque, tous, sans exception, vont devoir se rapprocher des coûts de la SNCF. Le différentiel, qui était de 20 % avant cette convention, dont le texte est mis à la signature jusqu'au 8 juin, est aujourd'hui de quelque 10 %.

Compensations demandées

" Depuis le début des négociations sociales, nous savons qu'il n'y aura pas de grand bouleversement au sein de la SNCF, assure une source proche du dossier, mais, dans le cadre de l'accord social, nous espérions rendre plus flexibles certaines dispositions comme le 19-6, qui prévoit un jour de carence pour ceux qui arrêtent de travailler après 19 heures. Nous tablions sur quelque 200 à 300 millions d'euros d'économies par an, soit 1,5 % de la masse salariale. C'est peu, mais c'est déjà ça. "

" Certes, le nouveau cadre social ne remet pas en question le 19-6, mais on introduit quand même des souplesses ", assure un connaisseur du dossier. " Le 19-6 c'était très symbolique, mais les vrais gains de productivité ça se joue dans la polyvalence des métiers ", prévient-on du côté de l'exécutif. En clair, l'abandon de la réforme ne peut être une excuse pour la direction, qui doit réaliser des économies d'ici à 2020.

A la SNCF, on ne désarme cependant pas. Si la SNCF ne peut augmenter sa productivité, elle souhaite des compensations. " Le 6 juin, il doit y avoir un accord global, avec un volet social, le fameux accord d'entreprise, mais aussi un volet économique et un autre lié à la concurrence. " Lundi, Guillaume Pepy a défendu cette vision devant Manuel Valls. Selon la lettre professionnelle Mobilettre, il demanderait un transfert de certaines dispositions de son accord d'entreprise vers le décret socle, afin de ne pas être pénalisé vis-à-vis de ses concurrents.

De même, selon nos informations, il souhaite un engagement ferme de l'Etat sur les trajectoires économiques de l'entreprise, notamment de la dette, qui frôle désormais les 50 milliards d'euros, ou sur une reprise de tout ou partie des intérêts de la dette portée par SNCF Réseau pour alléger son poids.

Enfin, la SNCF demanderait davantage de garanties sur l'ouverture de la concurrence. Sans cela, Guillaume Pepy pourrait bel et bien démissionner. " La négociation du 6 juin se déroule au niveau de l'entreprise ", répond-on fermement du côté de l'exécutif, l'Etat ne s'en mêlera pas. Ambiance.

Nicolas Chapuis, et Philippe Jacqué

Les raffineries toujours bloquées
Pas d'amélioration notable en matière de carburants. Six des huit raffineries du pays, dont cinq sont exploitées par Total, étaient toujours à l'arrêt ou tournaient au ralenti, mardi 31 mai, selon les professionnels. De nombreuses stations-service demeurent également touchées par le mouvement de grève. Quelque 3 112 d'entre elles se trouvaient en pénurie partielle ou totale de carburant,

selon Mon-essence.fr, soit 30 % des points de vente recensés par le site. " Le nombre de stations en rupture n'a pas drastiquement diminué, car il y a eu moins de tournées de camions dimanche, explique-t-on chez Total. On a remis 1 000 tournées hier, on devrait donc constater une nouvelle amélioration. " Sous réserve que le vent de panique chez les consommateurs ne reprenne pas de l'ampleur.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Novembre 2016

Quand le gouvernement met la tête de la SNCF sous l'eau (1/3)

La SNCF n'est pas compétitive, c'est un secret de polichinelle. Il faut donc la réformer et vite.

Mais plutôt que de rester ferme, le gouvernement achète la paix sociale et laisse faire. En attendant, la CGT, comme d'habitude, conne comme ses pieds, continue à s'enfermer dans une posture qui aboutit à ce que ses syndicats continuent à tirer l'entreprise vers le bas. Tirer une entreprise vers le bas revient à se tirer une balle dans le pied...

L'échec est général et les coupables sont multiples : une partie du personnel qui n'est là que pour préserver des acquis d'un autre âge et un gouvernement qui ne veut ni plus ni mois que la tranquilité.

En attendant, la SNCF se meurt mais réjouissons-nous puisque c'est avec notre pognon que l'on va combler les pertes !

On saluera au passage la lâcheté de M. Guillaume Pépy !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er juin 2016

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La SNCF sacrifiée

En un week-end, le gouvernement a hypothéqué le redressement de la SNCF. En forçant la direction de l'entreprise à signer avec la CFDT un accord qui vide de sa substance la réforme de l'organisation du travail dans l'entreprise ferroviaire. Pour des raisons externes à celle-ci.

Le point de vue de l'exécutif peut s'expliquer : débordé par une contestation protéiforme et la radicalisation de la CGT, François Hollande et Manuel Valls voulaient à tout prix éviter une jonction syndicale entre la CGT et la CFDT-cheminots, qui avait déposé à la SNCF un préavis de grève à partir du 31 mai. Cette jonction faisait courir le risque de voir la France paralysée à moins de deux semaines de l'Euro de football.

Le conflit à la SNCF n'a rien à voir avec le projet de loi porté par Myriam El Khomri : les cheminots sous statut ne sont pas concernés par la réforme du code du travail. Il s'agissait de renégocier la convention collective de la SNCF sur l'organisation du travail, pour économiser 500 millions d'euros par an. Ni les 35 heures, ni l'âge de la retraite, ni le statut de cheminot n'étaient touchés. Cette réforme devait être bouclée avant le 1er juillet. Le législateur a fixé ce calendrier, en vue de l'ouverture du trafic passagers à la concurrence.

Dans cette affaire, le gouvernement a pris directement la plume pour rédiger l'accord avec la CFDT-Cheminots. Celle-ci a pu annoncer sa victoire, lundi 30 mai, et lever son préavis. Mission déminage accomplie.

Glissons sur cette méthode curieuse de la part de la CFDT, qui se pique de vouloir laisser les partenaires sociaux négocier, mais n'a pas hésité à faire affaire directement avec le gouvernement en court-circuitant le patron de la SNCF, Guillaume Pépy.

L'affaire est particulièrement grave pour la SNCF. L'entreprise va mal. Elle subit un déficit de compétitivité de 20 % par rapport à ses concurrents potentiels, qui feront circuler leurs TGV sur le réseau français à partir de 2020. Pis, la concurrence est déjà là : celle de l'avion low-cost, souvent moins cher que le train ; celle des autocars créés par la loi Macron et de Blablacar, encore moins chers. M. Pépy le sait : " Ma responsabilité, c'est qu'il ne nous arrive pas ce qui est malheureusement arrivé ces dernières années à Air France. Nous prenons le tournant du low-cost avant même que la concurrence soit là ", déclarait en avril le président de la SNCF, ajoutant : " Pour ne pas perdre d'argent, il faut baisser les coûts pour pouvoir baisser les prix. " L'un des axes de sa réforme visait à réduire les plages de repos des personnels roulants, qui ne peuvent pas circuler le lendemain d'un jour de travail s'ils ont fini leur service après 19 heures. Il a été balayé. La seule parade trouvée par le gouvernement a été d'imposer des contraintes supplémentaires et coûteuses à la concurrence.

Une fois encore, la SNCF est l'objet de jeux politiques. En 2007, soucieux de montrer qu'il était capable de se frotter à la CGT, Nicolas Sarkozy négocia un accord sur les régimes spéciaux de retraite. L'âge de départ en retraite a progressé (56,8 ans pour les sédentaires, 52,6 ans pour les roulants), mais la réforme a plus coûté qu'elle n'a rapporté, en raison des généreuses " mesures d'accompagnement " négociées avec la CGT et Guillaume Pépy. Cette fois, contourné par le gouvernement, M. Pépy a bien présenté sa démission, avant de se raviser. En 1997, lâché par Lionel Jospin, le PDG d'Air France, Christian Blanc, avait été jusqu'au bout.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Novembre 2016

La France n'en sort pas grandie de cette histoire...

La France ne sort jamais grandie quand elle oublie les principes démocratiques, même dans ses actions vis à vis des autres pays : la priorité doit toujours aller à l'intérêt général des peuples ! C'est le principe même de l'action d'un pays qui a été inventeur des Droits de l'Homme et du Citoyen ! C'est notre fierté, nos valeurs et cette fierté, ces valeurs, ne peuvent être dévoyées !

La dépense de millions de francs, l'envoi de matériel militaire, l'aide à un Etat, ne peuvent avoir lieu que pour défendre l'intérêt général d'une population.

Soutenir un dirigeant qui opprime son peuple n'est pas digne si l'on est au courant de cette oppression. A priori beaucoup savent mais se taisent...

Soutenir les crimes de guerre et contre l'humanité, tortures et viols, c'est aussi une honte car cela insulte notre propre pays dans son ensemble.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er juin 2016

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L'amnésie des responsables français

Diplomates et militaires chargés des affaires tchadiennes dans les années 1980 affirment ne pas avoir été informés de l'ampleur de la répression

A la terrasse d'un café parisien, en mai 2016, Jean-Christophe Mitterrand sourit machinalement, portable à la main. Le réquisitoire du procès Habré est connu depuis cinq mois : crimes de guerre, crimes contre l'humanité. " Le procès de Dakar ? Oui, j'ai vu. Horrible ! Mais vous savez, moi, à l'époque où Habré dirigeait le Tchad - 1982-1990 - , j'étais loin de tout savoir de la réalité complexe de ce pays. Et puis c'est loin tout ça, très loin. Plus de trente ans, vous imaginez ? " Trente ans, en effet. Et pourtant, les crimes d'Hissène Habré sont imprescriptibles et ses victimes n'ont rien oublié des exactions massives qui lui ont valu, lundi 30 mai à Dakar, la réclusion à perpétuité.

Dans un rapport en voie de finalisation, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) insiste sur l'importance et la diversité des moyens humains déployés à cette époque au Tchad par l'Etat français : soldats, instructeurs, mercenaires, coopérants civils et militaires, personnels diplomatiques, agents de renseignement. Autant de sources d'information pour Paris. Pourtant, trente ans plus tard, les mémoires flanchent. Les politiques, militaires et conseillers qui ont accepté de répondre aux questions du Monde plaident l'ignorance ou se défaussent sur la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui ne parle pas.

En 1986, le fils du président prend la place de son ancien patron, Guy Penne, dont il était l'adjoint depuis 1983, à la tête de la " cellule Afrique " de l'Elysée – la tour de contrôle de l'Etat français sur les questions africaines. Les ambitions expansionnistes du Libyen Mouammar Kadhafi menacent N'Djamena, une capitale amie. Si bien que le Tchad est le dossier africain du moment, avec deux opérations militaires successives, Manta puis Epervier. Des millions de francs dépensés, des tonnes de matériel militaire envoyés, des milliers de soldats, agents, coopérants français dépêchés sur place. Au final, rien moins que la plus grosse opération militaire extérieure de la France depuis la guerre d'Algérie. " Oui, bien sûr, c'était important, le Tchad, conclut Jean-Christophe Mitterrand. Mais détrompez-vous, la France s'imposait la neutralité dans les questions intérieures du Tchad. "

" Tout était cadenassé "

Le fils du président n'est pas le seul dont la mémoire fait défaut. Michel Roussin : " Sous Habré, j'étais loin de ce dossier ", déclare celui qui fut pourtant le directeur de cabinet d'Alexandre de Marenches, patron du Sdece (Service extérieur de documentation et de contre-espionnage) – la future DGSE –, dont les agents ont été très nombreux au Tchad. " Non, vraiment, je ne suis venu sur ces dossiers qu'après la chute d'Habré, lorsque je suis entré au ministère de la coopération, en 1993 ", poursuit-il.

Et le conseiller diplomatique de François Mitterand, Hubert Védrine ? Allusif : " J'avais d'autres priorités ", dit-il. Le Tchad, " c'était la cellule Afrique : Guy Penne - décédé en 2010 - et quelques autres ". Roland Dumas, ex-ministre des affaires étrangères, peut-être ? " Non, lui, c'était plutôt la Libye. " Jean-Louis Bianco, alors, ex-secrétaire général de l'Elysée (1982-1991) ? " Oui, sans doute. Il peut vous dire des choses. " L'actuel président de l'Observatoire de la laïcité n'a pas pu nous répondre en raison d'un " agenda saturé ".

Il faut sans doute se rapprocher de ceux qui étaient sur le terrain, dans ce Tchad en guerre depuis des années. Jean-Marc Simon, premier conseiller à l'ambassade de France de N'Djamena (1984-1986), vient justement de publier Secrets d'Afrique (Le Cherche Midi, 352 pages, 18,50 euros). Le chapitre sur le Tchad est émaillé d'anecdotes. Mais rien – ou presque – sur les crimes d'Hissène Habré. " Au Tchad, tout était cadenassé, notamment la DDS - la police politique d'Habré - . A l'ambassade, nous n'avions rien là-dessus. " Et la DGSE ? " C'est à part. " A part de l'Etat français ? Pas de réponse de l'ancien diplomate, reconverti aujourd'hui dans les affaires à Abidjan.

En 1984, des tensions dans le sud du pays opposent les Codos (des forces rebelles) aux FANT (Force armées nationales tchadiennes, alors dirigées par l'actuel président Idriss Déby), qui pratiquent la politique de la terre brûlée. Cet épisode, au moins, n'échappe pas à l'ambassade ni à la cellule Afrique de l'Elysée. Un témoin tchadien, à l'époque proche de M. Habré, se souvient. Il est aujourd'hui " sans statut ", quelque part en France. Témoignage anonyme : " En 1984, je rendais visite à la délégation tchadienne à Paris. Je fus convoqué par la cellule Afrique. J'arrive, Guy Penne était à son bureau avec une pile énorme de dossiers devant lui. “Ce sont les jésuites du sud qui m'écrivent”, me lance-t-il, goguenard. “Ils se plaignent des FANT”. "

L'ex-ambassadeur de France à N'Djamena, Claude Soubeste, sait tout cela et en parle aujourd'hui avec amertume. " Nous avons manqué là-bas de nombreuses occasions de construire la paix. En 1984, j'ai refusé de couvrir ces violences dans le sud et décidé d'alerter Paris. " L'aide militaire française ne sera pas interrompue. Après l'accord avec la Libye de Kadhafi, l'opération Manta plie bagage fin 1984. Quelques mois plus tard, Epervier prend la relève. A nouveau, la France dépêche au Tchad des milliers de soldats, du matériel, des avions, des missiles… Au même moment, la DDS intensifie les arrestations et la terreur règne plus que jamais dans les prisons tchadiennes.

" C'était pas un salon de thé "

Cap sur Aubagne (Bouches-du-Rhône). Le président de l'Association des amis du musée de la Légion étrangère, un homme vif de 78 ans, reçoit dans un modeste bureau. Le général Bruno Le Flem, trente ans de Coloniale, est en tenue civile : Saint-Cyr, légionnaire parachutiste à Djibouti, cadre de l'opération Turquoise au Rwanda en 1994. Il était lieutenant-colonel au Tchad à l'été 1984. Officier dans la cellule d'étude de Manta, puis instructeur militaire et, surtout, conseiller personnel d'Idriss Déby, le " Comchef " des FANT responsable de nombreuses exactions militaires, notamment dans le sud du pays. " J'ai vu pour le procès Habré, lâche le général le Flem. Mais pourquoi juge-t-on cet homme aujourd'hui, subitement, trente ans après ? Qu'est-ce qu'on cherche ? "

Les archives qui tendent à démontrer que la France ne pouvait pas ignorer l'ampleur de la répression ? " Pas vu. Une guerre c'est une guerre, pas une campagne pour les droits de l'homme. Déby allait faire ses affaires au sud. Pour sûr, c'était pas un enfant de chœur et ça devait chauffer. Quand il revenait, il ne me racontait pas sa vie. L'état-major tchadien, c'était pas un salon de thé. " Et les prisons, la torture, les prisonniers exécutés ? " Qui a dit que les prisons tchadiennes étaient des trois-étoiles ? Qui l'a cru ? Moi, je faisais de la formation et du rens' - renseignement - quand je pouvais. Tac-tac, à l'instinct, à l'affût du moindre doc'qui traînait à l'état-major des FANT, au cabinet de Déby. La DDS, la GP - garde présidentielle - , les prisons, tous ces trucs, j'y avais pas accès. Fermé. C'est comme ça. Je n'avais d'ailleurs rien à y faire. Mes docs chapardés, j'avais même pas le temps de les lire. Hop, je transmettais illico à Monti. Chacun sa gamelle ! "

Retour en Ile-de-France. " Monti " ? Dominique de son prénom, colonel en 1983 et attaché-défense à l'ambassade de N'Djamena entre mai 1983 et septembre 1986. L'homme-orchestre de la partie militaire au Tchad, de Manta à Epervier. Cet officier à la retraite de 83 ans a toute sa tête. " J'ai tout donné là-bas, dans l'intérêt des deux pays et pour la paix, dit-il. Avec Habré, les politiques français ont louvoyé jusqu'à la fin en le tenant toujours au bout de la gaffe. Pour moi – et je l'ai bien connu –, c'était un chef d'Etat d'envergure : il a tout fait pour réconcilier les Tchadiens du nord et du sud et défendre l'intégrité territoriale. "

Et les crimes de guerre et contre l'humanité, tortures et viols qui lui ont valu la perpétuité ? " Je sais, murmure soudain M. Monti, les yeux fixes. Je sais bien. En 1984, on parlait de 2 000 à 3 000 morts de ce type. Mais 40 000, c'est juste incroyable ! " Incroyable, sauf que 3 000 par an pendant neuf ans, le compte est déjà étourdissant. M. Monti se fige, comme saisi par cette sinistre arithmétique.

Olivier Piot

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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