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Clients Isérois de la SNCF : indignez-vous !

Clients Isérois de la SNCF : indignez-vous !

Ces quelques jours passés ont été particulièrement éprouvants pour les clients de la SNCF. Les grèves a répétition qui ont émaillé notre quotidien nous ont forcés à nous adapter à une offre de transport de plus en plus bancale.

Entre les retards au travail le matin et les retards du retour au domicile le soir, nous avons été considérés comme de simples objets vis à vis d'un personnel SNCF toujours arcbouté sur des acquis sociaux inconnus de l'immense partie de nos concitoyens !

La SNCF fait grève : d'accord ! Le droit de grève est un droit constitutionnel et tout le monde a le droit de faire grève quel qu'en soit le motif, même s'il s'agit de défendre des intérêts largement supérieurs à la majorité de la population.

Mais que cette grève ne donne lieu à aucun remboursement : NON !

En 13 ans, la SNCF a fait une seule fois une offre commerciale pour rembourser un abonnement mensuel à hauteur de 30% : c'est largement insuffisant et cela relève au minimum de la mesquinerie, au pire de l'insulte !

Aujourd'hui, les clients que nous sommes doivent donc dire CA SUFFIT !

CA SUFFIT de ne pas être remboursés en cas de grève, en cas de retard ou de suppression de trains !
CA SUFFIT d'avoir un personnel qui dit tout le temps qu'il n'est pas responsable et qu'il faut s'adresser à quelqu'un d'autre que lui !
CA SUFFIT de reporter la faute sur la Région !
CA SUFFIT de dire qu'il ne faut pas stigmatiser le personnel de la SNCF lorsqu'il y a eu négligence dans un TGV à Strasbourg et que cette négligence a causé 10 morts !
CA SUFFIT de dire que Brétigny est dû à la direction de la SNCF qui ne veut pas engager plus de personnel alors que le personnel SNCF est 30% moins productif que ses concurrents !
CA SUFFIT de dire aux clients que s'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à prendre leur bagnole !
CA SUFFIT de dire aux clients qu'on les remboursera le jour où le personnel sera payé autant qu'il le veut !
CA SUFFIT de faire croire aux clients que la SNCF bosse plus que tout le monde et qu'elle est irréprochable sur le plan de la sécurité !
CA SUFFIT de voir des agents de contrôle lire leur bouquin ou faire des Sudokus à la place de réaliser leurs opérations de contrôle !
CA SUFFIT de voir un agent de contrôle à bord des trains une fois par mois !
CA SUFFIT de ne voir la SUGE (sureté ferroviaire) à bord des trains que 4 fois tous les 10 ans !
CA SUFFIT de se voir entendre par la SNCF que l'on a le droit que de fermer sa bouche quand on a la chance de voir son billet de train largement subventionné par la Région ou par son employeur !
CA SUFFIT de subir un dédain permanent et manifeste par l'ensemble de la SNCF !
CA SUFFIT de se voir traiter d'usagers ! Nous sommes des clients qui sommes insultés par des gens qui sont payés avec notre argent !

Je vous propose donc de me contacter en cliquant sur le bouton contact de ce blog.

Nous fonderons une association de voyageurs qui imposera une règle simple mais systématique à tous les retards et suppressions de trains, quel qu'en soit le motif :

Le montant dédommagé devra être égal à : 0.45 x nombre_de_tranches_de_5mn_de_retard x nombre_de_tranche_de_20km_de_trajet.

Le montant dédommagé ne pourra excéder le prix du billet plein tarif.

Exemple 1 : Pour un Paris-Grenoble de 600km, 15mn de retard aboutiront à : 0.45 x 3 x 30 = 40.5Euros. 3 étant le nombre de tranches de 5mn de retard (15/5), 30 étant le nombre de tranches de 20km (600/20).

Exemple 2 : Pour un Moirans-Grenoble de 23km avec 15 mn de retard : 0.45 x 3 x 1.15 = 1.55Euros.

Exemple 3 : Pour un St Marcellin-Grenoble supprimé où l'on aura un train une heure plus tard, on aura : 0.45 x 12 x 2.25 = 12.15 plafonné à 9.9E car le billet plein tarif est à 9.9E.

Exemple 4 : Pour un Lyon-Grenoble, 30mn de retard aboutiront à : 0.45 x 5 x 6 = 13.5E.

Ces règles simples aboutiront à respecter véritablement la clientèle de la SNCF. La SNCF y gagnera forcément car une entreprise qui respecte ses clients est une entreprise saine et sereine.

France Télécom a oublié le principe du respect de la clientèle il y a quelques années. Les drames sociaux y ont été catastrophiques. Notre action a aussi pour but d'éviter ces drames vis à vis d'un personnel de la SNCF qui sont d'abord des êtres humains.

Publié le 27 Mai 2016

Mitterrand nous a apporté l'incompétence dans le monde politique

Mitterrand était une personne abjecte, néfaste, maligne (à prendre au sens littéral avec le mot 'mal') et ignoble. C'était un manipulateur, fourbe et menteur...

Ca a été le premier homme politique qui a poussé aussi loin la notion d'incompétence dans le monde politique. Ce Monsieur était avocat. Ma mère me disait, quand j'étais gosse et que je mentais : "arrête de mentir comme un avocat". Cette phrase n'a jamais été aussi vraie pour démontrer la véritable nature de Mitterrand.

Mitterrand, ça a été le début de la non-rigueur budgétaire, du populisme et de la démagogie politique. La fourberie a été érigée en tant qu'art politique, l'incompétence du pouvoir avec...

Mitterrand a apporté l'incompétence, dénigrant l'intérêt général et les responsabilités, pour se reporter sur une notion de cour politique à même de servir le seigneur et roi Mitterrand. Mitterrand n'a pas été président, il a été Roi de France, sans en subir les inconvénients de passer sur l'échafaud. Le Français a été dupe et trop gentil avec ce pourri qui a caché sa fille aux frais de la République.

Par la suite, le Français n'a pas été plus inspiré à voter pour des tocards de la même trempe, sortis des mêmes écoles avec des compétences du même accabi...

La meilleure des preuves de l'incompétence de l'individu réside dans l'évaluation de la compétence de ceux qui le vénèrent !

Aux doux nom de Julliard ou de Duflot, on ne peut réfréner un rire franc et massif quand on se pose la question de leurs compétences politiques : tocards un jour, tocards toujours ! En effet, quand on oublie le Mitterrand de la IVe République et quand on oublie l'opposition à De Gaulle, le véritable sauveur de la Nation à l'époque, peut-on se prévaloir d'un qualificatif autre que "tocard notoire" ?

Il faudra rappeler à M. Bruno Julliard qu'un "écrivain et auteur hors pair" ne fait pas un bon président pour autant... L'intérêt général doit être à la base de l'action politique, ainsi que la rigueur budgétaire. M. Mitterrand a cruellement échoué dans ces prérogatives...

Ce qui me désole le plus, et en même temps, me conforte dans mes opinions, c'est que M. Geoffroy Didier, de l'autre côté de l'échiquier politique, vénère l'homme d'état. Comme quoi, la tocardise sait traverser les frontières politiques... Mais ne partagent-il pas bien plus de points communs que de différences ? N'oublions pas que gauche comme droite ont tous fait Science-Po et Ena ! N'est-ce pas là le problème majeur de la France ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 janvier 2016

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La " génération Mitterrand " se souvient
De Bruno Julliard à Cécile Duflot, les jeunes élus ont été marqués par le président socialiste, mort il y a vingt ans
Chez les Darmanin, comme dans tant de foyers de droite, on prononçait " Mitran " en s'étranglant de rage : une syllabe de moins, c'était alors toujours ça de pris – faute de mieux – à ce président, décédé il y a vingt ans, le 8 janvier 1996. Au domicile des Julliard, on disait toujours " le président Mitterrand " : le nom complet, accolé à cette fonction si longtemps attendue qu'on l'ajoutait systématiquement, comme pour entretenir un peu de cette sublime saveur du 10 mai 1981.

Elle eut pour Cécile Duflot un goût de limonade qui lui avait fait immédiatement " comprendre la portée de l'événement ". Elle avait 6 ans. Chez elle, à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne), toute boisson sucrée était interdite. Une décision sans appel, comme tout verdict rendu dans ce registre par Marie-Paule, la mère, prof de physique-chimie et militante écolo justement " pur jus ". Mais puisque le changement était enfin là, à portée de main, promis pour le lendemain et pour tous, la petite Cécile y eut droit, en dose raisonnable : quelques bulles pétillantes.

Le temps long
Tout enfant s'imprègne comme une éponge de ce qu'il entend et perçoit chez lui, dès son plus jeune âge. Et c'est parfois durable. Venu au monde en octobre 1982 – alors que " Mitran " s'apprêtait à opérer le tournant de la rigueur – dans une famille gaulliste où dominait la figure d'un grand-père d'origine algérienne, médaillé militaire, Gérald Darmanin a plus tard fait ses armes au sein des Jeunes RPR. Il est aujourd'hui député (Les Républicains) du Nord et maire de Tourcoing.

Né trois mois et un jour avant ce fameux 10 mai qui consacra dans sa famille " le président Mitterrand ", Bruno Julliard est passé par le militantisme étudiant à l'UNEF – dont il fut le président de juillet 2005 à décembre 2007. Il est premier adjoint à Paris, auprès de la maire socialiste Anne Hidalgo.

Cécile Duflot est devenue secrétaire nationale des Verts (2006-2010), puis d'EELV (2010-2012). Députée de Paris, l'ex-ministre du logement du gouvernement Ayrault copréside désormais le groupe écologiste de l'Assemblée nationale.

Tous trois, comme tant d'autres, font partie de ce que l'on a appelé la " génération Mitterrand ". Leurs souvenirs d'enfance de l'ancien président diffèrent, tout comme leurs impressions d'hier et d'aujourd'hui à son égard. Mais il y a de nombreux points communs. A commencer par un contexte aujourd'hui révolu. Le temps. Le temps long. C'est lui qui revient d'abord à l'esprit, et qui domine. Deux septennats, ça vous conduisait sans discontinuer de la maternité à l'adolescence. Ou de 6 ans à 20 ans, pour la jeune doyenne (40 ans) de notre petit échantillon d'élus trentenaires. " Un président de la République, c'était François Mitterrand ", dit Cécile Duflot, qui se souvient avoir " mis bien longtemps ", après 1995, avant de réaliser qu'un autre – Jacques Chirac, en l'espèce – occupait la fonction. " Il est entré dans ma vie quand j'étais enfant, il était familier. C'était un rapport très particulier, quelque chose de presque paternel. Une permanence, une autorité. Un patriarche ", dit l'ex-ministre.

" Le manteau, le chapeau… C'était quelqu'un qui en imposait ", se souvient Damien Abad. Né en avril 1980 à Nîmes, de parents de gauche – une famille d'enseignants côté maternel, un grand-père paternel réfugié politique venu d'Espagne –, le député (Les Républicains) et président du conseil départemental de l'Ain n'est pas " transporté " à l'évocation de Mitterrand, comme son père sautant sur la table du salon le 10 mai 1981. Pour autant, Damien Abad évoque volontiers " un homme d'Etat à la hauteur des enjeux et des événements, qui avait une idée de la grandeur de la France ". Lui qui a fait son propre chemin chez les centristes retient l'engagement européen de François Mitterrand, " artisan de l'amitié franco-allemande ".

" Le renard doucereux "
S'ils ont grandi en sa compagnie, ce n'est " que " l'homme d'Etat que ces trentenaires ont plus ou moins connu de son vivant. L'ultime vie de quelqu'un qui en eut plusieurs. Rien ou si peu de l'animal politique qui avait enthousiasmé – ou révulsé – leurs parents et grands-parents lors de son inlassable et si longue ascension. Exit, évidemment, le Mitterrand de la IVe République ; disparu, l'opposant coriace au général de Gaulle ; oublié, le programme commun et les envolées lyriques pour la " rupture avec le capitalisme ". C'est essentiellement un père, voire grand-père de la nation, au visage rassurant de " la France unie " (1988), que ces politiques en herbe ont observé pendant leur enfance.

La fin sordide du second septennat, marquée par le bruit des " affaires " et de scandales touchant au cœur de la cour d'un monarque malade et vieillissant, a assombri ce tableau. " Une ambiance fin de règne ", se souvient Cécile Duflot. " Un goût de cendre ", se remémore Guillaume Larrivé, député (LR) de l'Yonne et tout nouveau porte-parole de LR. Né en janvier 1977 et pour le moins précoce, il s'amuse aujourd'hui de retrouver trace des batailles qu'il a livrées plus jeune. Entré à Sciences Po en octobre 1993, quelques mois après la déroute de la gauche aux législatives, il n'est pas encore en âge de voter. Mais il a celui d'écrire. Elevé " aux dessins de Faizant " dans une famille de militaires, c'est tout naturellement au courrier des lecteurs du Figaro qu'il adresse ses billets pendant la seconde cohabitation, dont l'un pour mettre en garde contre " le renard doucereux de l'Elysée ".

Ce combat-là est d'une autre époque. Le temps, le temps long a fait son œuvre. Une fois ce président disparu, tous ces apprentis politiques ont pris la mesure du personnage. Bruno Julliard, qui n'avait pas 15 ans à son décès, a découvert ensuite " par les mots et le verbe " un écrivain et un orateur hors pair. Le premier adjoint à la mairie de Paris a chez lui plusieurs CD de discours de Mitterrand. A l'autre bout de l'échiquier politique, Geoffroy Didier, 39 ans, vice-président (LR) de la région Ile-de-France, tient à peu près le même langage. " La culture, la plume, la profondeur de l'engagement… Ce sont des choses qu'on ne voit plus en politique ", souligne le cofondateur de la Droite forte. Est-ce vraiment la " profondeur d'âme " de l'ancien chef de l'Etat et son " rapport à la terre " qui le fascinent à ce point ? Ou plus simplement cette " ambition qui venait de loin " ?

Chaque année, au printemps, Geoffroy Didier réserve la chambre 15 du Vieux Morvan, l'hôtel de Château-Chinon qui fut la seule attache de François Mitterrand dans la Nièvre, sa terre d'élection. " Une source d'inspiration dans mon propre parcours ", convient-il.

Jean-Baptiste de Montvalon

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 26 Mai 2016

Une étude qui peut expliquer une partie de nos problèmes sécuritaires

"Quand on traite les gens comme de la merde, ils peuvent se conduire comme tels" : ainsi, cette étude peut expliquer certaines choses...

Quand on voit que l'on peut avoir des diplômés d'un côté, mais que l'on ne donne pas sa chance en fonction de ces diplômes, cela doit interpeler et cela doit donner lieu à des corrections !

Une personne désespérée est une personne qui n'a plus rien à perdre et peut être sensible à des discours et des actes extrémistes, voire, terroristes !

L'égalité est donc une valeur sur laquelle on ne peut tergiverser. La tolérance n'est pas une option, elle est obligatoire, elle est le ciment d'un pays !

Pour ces raisons, le discours haineux du Front National doit être dénoncé et ne pas récolter de voix lors des élections !

Sinon, les Français auront eux-même créé le monstre qu'ils prétendent combattre avec le Front National !

Ne tombons donc pas dans le piège de l'intolérance car il ne sait mener un pays qu'à sa ruine !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 janvier 2016

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Les enfants d'immigrés s'intègrent, mais restent victimes du chômage et de la discrimination
Une enquête inédite de l'INED et de l'Insee compare le parcours des immigrés et de leurs descendants à celui des Français sans ascendance étrangère
Du premier pied posé en France par un immigré à l'installation dans la vie adulte de ses enfants s'écrit une histoire d'intégration. Pour comprendre ce processus, qui transforme en Français un nouveau venu et sa descendance, mais aussi pour en repérer les blocages, une équipe de 22 chercheurs de l'Institut national d'études démographiques (INED) et de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ont scruté les vies de 8 300 immigrés issus de sept vagues d'entrées successives. Ils les ont comparées à celles de 8 200 de leurs descendants et à des Français sans ascendance étrangère.

Les quelque 600 pages d'analyses, intitulées " Trajectoires et origines " (TeO), rendues publiques vendredi 8 janvier, se lisent comme le roman scientifique de la construction de la France contemporaine. Il raconte une société qui, en dépit de ses doutes, sait intégrer. Face aux hésitations sur notre capacité à recevoir les réfugiés de Syrie ou d'ailleurs, la science apporte donc sa pierre. Elle réfute le repli communautaire de la deuxième génération, qui n'apparaît pas dans les résultats de cette vaste enquête réalisée en 2008-2009. Celle-ci confirme toutefois un phénomène de ghettoïsation des fils d'immigrés venus du Maghreb, d'Afrique subsaharienne ou de Turquie. Il y perce d'ailleurs plutôt l'idée que, malgré les difficultés, l'" attachement à la France est fort ", comme le rappelle le sociodémographe Patrick Simon, un des trois coordonnateurs des travaux.

Ces travaux, qui auront duré pas loin de dix ans, présentent une intégration " asymétrique ". Certes, les enfants d'immigrés obtiennent des diplômes, trouvent des conjoints et des amis sans ascendance migratoire, ont souvent mis entre parenthèses la langue de leurs parents… Pourtant, ils restent plus longtemps victimes du chômage que la population majoritaire et se sentent discriminés. " L'intégration socio-économique est difficile pour eux, alors que leur intégration sociale est en marche ", résume Cris Beauchemin, le deuxième coordonnateur du projet.

Mariages mixtes
Si l'on considère la deuxième génération, les 18-35 ans qui ont suivi toute leur scolarité en France, on constate que les filles sont tout autant bachelières que les jeunes femmes de la population générale, et parfois même plus nombreuses selon leur pays d'origine. " Alors que 65 % des filles de la population majoritaire obtiennent un bac, près de 80 % des filles de Chinois, 70 % des jeunes filles ayant des parents cambodgiens, laotiens ou vietnamiens décrochent un bac ; comme 69 % des filles de parents originaires de Guinée ", se réjouit M. Beauchemin. Toutefois, la part des bachelières est bien plus faible parmi celles dont les parents sont venus de Turquie (38 %) ou d'Algérie (51 %).

De manière générale, les résultats sont nettement moins bons pour les garçons. Si 59 % des garçons de la population majoritaire sont bacheliers, seuls 48 % des enfants d'immigrés réussissent ce diplôme – 26 % seulement pour les parents originaires de Turquie, 40 % pour l'Afrique sahélienne ou 41 % pour l'Algérie.

Globalement, 55 % des descendants d'immigrés (ou immigrés arrivés avant 6 ans) qui sont aujourd'hui bacheliers. Ce qui place les deuxième génération, filles et garçons confondus, à 7 points des adolescents du groupe majoritaire, pour l'obtention de ce diplôme tellement symbolique. D'autres preuves du parcours d'intégration peuvent se lire ailleurs, comme dans les mariages mixtes qui concernent 67 % des fils de migrants et 62 % des filles, ou encore dans la descendance des deuxième génération, équivalente à celle des femmes de la population majoritaire à 40 ans.

Mais des indicateurs plus inquiétants viennent pondérer ces résultats. En effet, l'intégration économique des deuxième génération ne suit pas leur insertion sociale ; l'" asymétrie " se situe là. D'abord, un diplôme n'a pas le même rendement pour un enfant de migrant et pour un Français de lignée. Même si leur niveau scolaire n'a rien à voir, Mme Hamel, la troisième coordinatrice, observe que " la répartition des emplois des descendants d'immigrés s'approche de manière estompée de celle des emplois occupés par les immigrés de même origine " ; preuve du déclassement manifeste des personnes de seconde génération.

" Ayant plus de mal à s'insérer dans le monde du travail, ils acceptent plus souvent des postes déqualifiés et ensuite y progressent moins vite que leurs collègues qui ne sont pas issus de l'immigration ", regrette la sociologue. " Les enfants d'immigrés sont partout confrontés à des discriminations. Ce qui est vrai dans la recherche d'un emploi l'est aussi pour le logement ou l'accès aux loisirs ", insiste-t-elle. " En fait, eux font le travail d'intégration. Mais quand la dynamique doit venir de la société française, là, les blocages apparaissent ", regrette Patrick Simon.

La seconde génération souffre plus que la première des discriminations et cette expérience est d'autant plus systématique qu'ils font partie des minorités visibles. Maghrébins, Turcs et Subsahariens en sont le plus souvent victimes. Et rien ne les protège : ni le mariage mixte ni l'ascension professionnelle. Au contraire. " Alors que le couple mixte est souvent conçu comme un indicateur d'intégration, les migrants et leurs enfants qui ont fait le choix de vivre en couple avec une personne de la population majoritaire subissent dans leur quotidien davantage de racisme ", précisent les chercheurs, qui ajoutent que " les cadres immigrés sont significativement plus confrontés au racisme que toutes les autres catégories socioprofessionnelles ".

Insertion sociale
Le phénomène est assez prégnant pour qu'entre 5 % et 9 % des descendants d'Africains et de Maghrébins déclarent avoir subi dans les cinq dernières années du racisme et des discriminations sur leur lieu de travail. Chez les enfants d'immigrés européens, ils sont 1 % comme chez les descendants de l'Asie du Sud-Est. Ce qui explique peut-être que l'émergence de cadres soit un processus lent au sein de certaines communautés. Dans la population générale, 1 actif sur 5 a ce statut ; chez les enfants de migrants européens installés en France, 1 sur 3 peut s'en prévaloir, contre seulement 8 % des Maghrébins.

Si pour l'ensemble des sept vagues migratoires considérées en bloc, l'intégration économique n'est pas à la hauteur d'une intégration sociale, qui, elle, fonctionne, " Trajectoires et origines " pointe un groupe, très masculin, qui, lui, n'a même pas réussi son insertion sociale. Les fils de Maghrébins, les jeunes ayant des parents venus d'Afrique subsaharienne ou de Turquie cumulent les indicateurs d'exclusion à cause de leur échec scolaire massif. Plus d'un tiers d'entre eux n'ont aucun diplôme, pas même le diplôme national du brevet. A leur niveau d'éducation trop faible pour entrer sur un marché du travail s'ajoute leur relégation dans des quartiers fuis par les autres.

Quand plus d'un habitant de ZUS sur deux est migrant ou fils de migrant, ils se retrouvent vite ghettoïsés et victimes de ce que le premier ministre, Manuel Valls, qualifiait en janvier 2015 d'" apartheid territorial, social, ethnique "." Nous souhaitons attirer l'attention sur ce groupe ", insiste M. Beauchemin, pour qui leur présence aux marges de la société, désormais scientifiquement établie, est " un fait social majeur ". Pour eux et pour les autres, Christelle Hamel, Patrick Simon et Cris Beauchemin plaident à l'unisson pour la mise en place de politiques de lutte contre le racisme et les discriminations, afin de ne pas " stopper ce processus d'intégration, en marche, par ces assignations aux origines de leurs parents ".

Maryline Baumard

Méthodologie
Trajectoires et Origines (TeO) est la première enquête d'envergure (22 000 personnes interrogées) autorisée en France à recueillir le pays de naissance et la nationalité des personnes venues au fil des sept grandes vagues migratoires de la seconde moitié du XXe siècle.

Lancé en 2004 par l'INED (Institut national d'études démographiques) et coréalisé avec l'Insee, ce travail, terminé en 2015, s'appuie sur des enquêtes menées en 2008-2009 pour interroger l'intégration de 8 300 migrants, de 8 200 de leurs descendants, et la mettre en relation avec les modes de vie de Français sans ascendance étrangère.

Pour réaliser ce travail, l'Insee a dû recopier des milliers d'actes de naissance, après autorisation des juges d'instance, afin de constituer le panel. Une méthode assez innovante dans un pays opposé aux statistiques ethniques pour que SOS racisme crie à la discrimination et lance une pétition qui fera long feu.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Mai 2016

Et si "temps partiel" et "surtravail" étaient liés ?

Je pense que lorsqu'un pays est à la peine économiquement, on a deux défauts antagonistes qui peuvent apparaître :

- Le temps partiel. Cela est dû au fait que l'employeur n'a pas les moyens d'embaucher une personne à plein temps si la charge de travail n'est pas suffisante pour lui offrir. Le coût du travail est tel dans notre pays, que l'on ne peut se payer le luxe de payer une personne 35h si sa charge évaluée n'est que de 34h. Il sera dès lors beaucoup plus rentable de lui offrir un contrat de 30h et de "tirer" sur les heures supplémentaires.

- Le surtravail. Il est une conséquence évidente, lui aussi, du coût du travail. De la même manière que le temps partiel, si on évalue le besoin à 60h, on ne prendra pas deux employés à 2x30h mais un seul à 1x60h : CQFD !

Dès lors, on constate que ces deux composantes qui ont l'air antagonistes ne forment que les deux faces économiques d'une même pièce où le coût du travail brime l'intégrité économique de tout un pays !

Il faut ajouter à ces maux typiquement Français, une culture anglo-saxonne loin d'être exempte de reproches ! Cette culture du travail excessif freine l'économie car ce n'est pas parce qu'une personne passe sa vie au boulot qu'elle le fait à productivité constante, et loin s'en faut !

Le stress, le harcèlement, sont des cancers de la productivité ! Ainsi, au même titre que le coût du travail doit être abaissé, la protection du salarié doit être aussi abaissée de manière à mettre de l'huile dans les rouages de l'embauche ! Dans le même temps, les entreprises doivent prendre conscience que trop de travail tue le travail en nuisant à la productivité.

D'un point de vue général, il n'y a pas de recettes toutes faites : tout est question d'équilibre, de pragmatisme et de logique.

Il faut rappeler qu'un patron embauche car il a un besoin. Le salarié travaille car il a un salaire. Quand un patron tire trop sur la corde, il nuit à la productivité du salarié, mais aussi à la sienne ! Et il faut aussi que nos politiques comprennent qu'un patron que l'on essore comme une éponge met la clé sous la porte et fait mourir son entreprise !

Les politiques ont une grande part de responsabilités dans le marasme économique de la France car ils ne connaissent strictement rien au monde économique.

Le renouveau économique de notre pays passera par un renouvellement politique, in fine, par recruter des politiques qui ont une autre formation que purement juridique... Ils devront, entre autres, comprendre que la multiplication des "indépendants" n'est pas une bonne chose car elle ne remplit pas son rôle de productivié réalisée dans un cadre calme et serein (retraite ? assurance maladie ?).

Comme nos politiques ont tendance à se focaliser sur la mode, j'ai bien peur que l'ubérisation de l'économie soit poussée, ce, dans le désintérêt de la majorité des salariés. Plus que jamais la clé est dans les mains de nos politiques, qui n'ont aucune compétence en la matière. Je suis donc pessimiste.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 janvier 2016

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Temps partiel pour les uns, " surtravail " pour les autres
Le 31 décembre 2015 ont été publiés les décrets sur la pénibilité au travail. Malgré les législations en vigueur, plus de 10 % des salariés des pays développés travaillent plus de 50 heures par semaine
Se tuer à la tâche " est une expression à prendre au pied de la lettre. Combien de personnes meurent-elles annuellement d'un excès de travail ? Selon des sources journalistiques et académiques, ce chiffre atteindrait 600 000 en Chine (Bloomberg le 30 juin 2014, citant le quotidien chinois China Youth Daily), 70 000 aux Etats-Unis (" The Relationship Between Workplace Stressors and Mortality and Health Costs in the United States ", Jœl Goh, Harvard Business School, Jeffrey Pfeffer et Stefanos A. Zenios, Stanford University, Management Science, 13 mars 2015), 20 000 au Japon (groupe audiovisuel ABC Australia le 20 juillet 2015).

Cette question ne concerne pas que les trois premières puissances mondiales. Dans la version 2015 de son Better Life Index, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mesure la proportion de salariés qui " travaillent un très grand nombre d'heures ", c'est-à-dire plus de 50 heures par semaine, donc plus que les 48 heures autorisées par la première convention de l'Organisation internationale du travail (OIT), qui date de 1919.

On observe que 12,5 % des salariés de l'OCDE franchissent allègrement le seuil fixé il y a près d'un siècle. En pointe, les pays asiatiques et certains pays anglo-saxons. Le Japon compte officiellement 22 % de salariés qui travaillent plus de 50 heures. Il est talonné par la Corée avec un taux de 19 %. Les héritiers de l'éthique protestante font un tir groupé, avec l'Australie à 14 %, la Nouvelle-Zélande à 14 %, la Grande-Bretagne à 13 % et les Etats-Unis à 11 %. Mais, au jeu de celui qui travaille le plus, deux nations surclassent toutes les autres : la Turquie et le Mexique, avec des proportions de respectivement 41 % et 29 %. Avec un pourcentage de 8 %, le sort des salariés français pourrait paraître relativement enviable, si leur situation n'était pas en contradiction flagrante avec la durée maximale hebdomadaire légalement autorisée, qui est de 48 heures.

normes et performance
A ce panorama international, il faudrait ajouter les heures supplémentaires invisibles dans les statistiques car non déclarées et les congés payés non pris. L'agence de presse nationale chinoise Xinhua rapportait en septembre 2015 que 72 % des salariés chinois n'auraient pu prendre, au cours des trois dernières années, aucun des jours de congés payés auxquels ils avaient droit ! Et, aux Etats-Unis, les salariés ne prendraient en moyenne que la moitié de leurs deux semaines de congés payés, selon un sondage de Harris Interactive pour Glassdoor, publié le 13 novembre 2013.

On observe ainsi un découplage croissant entre les usages et la loi qui, dans la majeure partie du monde, prescrit une semaine de 40 heures et des temps de repos. Quel que soit le pays, le législateur s'avère impuissant à réduire le temps de travail de nombreux salariés, qui préfèrent renoncer à revendiquer leurs droits pour se conformer aux normes en vigueur dans leur entreprise, pour répondre aux exigences de performance auxquelles ils sont soumis, ou tout simplement pour faire face à leurs dépenses contraintes.

Cette réalité du non-respect de la réglementation est masquée par la diminution de la statistique du nombre annuel d'heures travaillées observée dans la quasi-totalité des pays de l'OCDE. Car cette diminution moyenne dissimule en réalité une bifurcation, avec d'un côté une montée en puissance du travail à temps partiel, notamment féminin, et de l'autre, une multiplication des heures excessives, particulièrement chez les cadres etles knowledge workers (les professions intellectuelles).

Pour les travailleurs indépendants, cette bifurcation entre sous-travail et surtravail est encore plus marquée. Selon une enquête approfondie menée par trois chercheurs de l'OIT (" Working Time Around the World ", 2007), 45 % des hommes (et 25 % des femmes) qui sont à leur compte en France travaillent plus de 60 heures par semaine, alors que 24 % des femmes (et 5 % des hommes) travaillent moins de 34 heures. En moyenne, hommes et femmes confondus, ce sont 39 % des travailleurs indépendants qui ont une activité de plus de 60 heures par semaine, ce qui fait de la France la " championne " des pays industrialisés dans cette catégorie. Elle devance la Corée qui affiche un taux de 34 %, mais aussi la Grande-Bretagne (21 %), le Canada (20 %), le Japon (18 %) et les Etats-Unis (15 %).

L'avenir nous réserve-t-il des jours meilleurs ? On peut en douter, si la tendance à l'" ubérisation " de l'économie venait à se confirmer. Cette ubérisation se traduit par le succès de l'autœntrepreneuriat, dans lequel, grâce aux progrès de la technologie et de la désintermédiation, les travailleurs à leur compte ont remplacé leurs anciens patrons par des clients qui les évaluent sur des sites publics. Cette progression du travail indépendant ne fera qu'accentuer dans le futur le découplage entre la législation sur la durée du travail et le nombre d'heures " volontairement " consenties. Cette combinaison inédite d'assujettissement et de liberté constitue un des paradoxes de notre ultramodernité : je travaille beaucoup parce que je le veux bien, mais aussi parce que je n'ai pas vraiment le choix, si je veux vivre décemment.

par Véronique Nguyen

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Mai 2016

Une entreprise ne doit jamais oublier qu'elle vit grâce à ses clients !

Quand une entreprise a une situation de monopole, elle a une fâcheuse tendance à oublier qu'elle ne vit que grâce à ses clients !

Une entreprise sans client est une entreprise qui meurt : c'est une réalité et une réalité inaltérable du marché et du monde économique !

La première des choses, la base de l'entreprise, c'est la clientèle et quand on oublie qu'on a des clients, on meurt : c'est inéluctable !

La SNCM, tout enfermée qu'elle ait été dans un milieu monopolistique a oublié qu'elle devait choyer des clients. Aujourd'hui, la réalité économique, par le jeu de la concurrence vient lui rappeler de façon brutale ce principe.

Ce qui arrive aujourd'hui à la SNCM, viendra demain à la SNCF, c'est forcé et c'est inéluctable.

Pour le moment, à la SNCF, on raconte des conneries :
- La concurrence augmentera le coût des billets
- La concurrence signera la fin des subventions de la Région
- La concurrence signera la mort des trains
- La concurrence signera la perte de compétence des transporteurs

Tous ces principes sont faux, sont des mensonges éhontés. Mais c'est vrai que c'est tellement plus simple de crier et de huer que d'agir...

En attendant, les responsables et les salariés de tout niveau à la SNCF seraient bien avisés de regarder ce qu'il se passe à la SNCM car la situation va se reproduire à coups sûrs...

Je l'ai déjà dit, on m'a insulté...

Qui aura raison demain ? J'espère franchement que j'aurai tort car je n'ai pas envie que la SNCF devienne un deuxième France Télécom, avec tout son lot de morts à la clé...

Cependant, j'ai peu d'espoirs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 janvier 2016

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La nouvelle SNCM face à un concurrent inattendu
Des repreneurs éconduits ont décidé de lancer leur propre compagnie, provoquant l'ire des salariés
Rien ne s'est passé comme prévu. En Corse, la semaine devait être marquée par la renaissance de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) sous l'égide de Patrick Rocca, le repreneur choisi en novembre 2015 par le tribunal de commerce de Marseille. Le premier bateau devait appareiller jeudi 7 janvier, marquant un nouveau départ pour cette entreprise de transport maritime si chahutée au fil des ans.

Mais les navires de la compagnie créée par M. Rocca sur les décombres de la SNCM risquent de rester à quai. Les salariés ont déposé un préavis de grève, renouant ainsi avec la grande tradition de la société. Surtout, l'homme d'affaires corse s'est fait prendre de vitesse. Deux de ses anciens rivaux pour la reprise des actifs de la SNCM se sont en effet alliés afin de lancer une compagnie, Corsica Linea, à partir de rien et sans subvention. Elle a entamé dès lundi soir ses navettes avec le continent et risque de casser les prix sur un marché déjà difficile…

Pour M. Rocca, cette nouvelle concurrence met " en danger " les 895 emplois " chèrement sauvegardés " de l'ex-SNCM. Inquiet, il s'interroge, dans un courrier envoyé lundi 4 janvier aux syndicats, sur la " réelle motivation " de cette initiative. " En dehors de toute réalité économique ", elle pourrait viser, selon lui, à " satisfaire les intérêts hégémoniques de certains sur l'économie corse ". Le patron de la nouvelle SNCM, renommée MCM (Maritime Corse Méditerranée), envisage déjà de donner " des suites " judiciaires à l'affaire.

Dans sa ligne de mire : François Padrona, le patron du groupement d'entrepreneurs corses Corsica Maritima, et l'armateur franco-tunisien Daniel Berrebi. Pour le lancement de leur société Corsica Linea, ces deux candidats malheureux au rachat de la SNCM avaient organisé lundi midi à Bastia une fête inaugurale dans le Stena-Carrier, un cargo affrété auprès du groupe scandinave Stena. Une fois les coupes de champagne vidées, le navire a commencé à charger des marchandises. Une cinquantaine de remorques bourrées notamment de clémentines corses. Direction : Marseille. " Avec la grève à la SNCM, tous les transporteurs nous appellent, et on a rempli ce premier bateau bien mieux que prévu ", se réjouit M. Berrebi.

Concentré sur le fret
En novembre, les entrepreneurs de Corsica Maritima avaient annoncé leur intention, si leur offre n'était pas retenue par la justice, d'entrer malgré tout sur le marché du transport avec la Corse. Grands clients de la SNCM, ils se disaient prêts à exploiter deux navires, afin de ne plus dépendre de ce prestataire et éviter une flambée des tarifs. Leur modèle : Brittany Ferries, la compagnie fondée en 1972 pour permettre aux coopératives agricoles bretonnes d'exporter leurs productions dans de bonnes conditions.

M. Padrona et ses associés ont tenu parole. Mieux, ils ont rallié à leur cause leur ex-rival M. Berrebi. Celui-ci aura une part minoritaire de Corsica Linea. Il devrait en revanche tenir la barre de Maghreb Ferries, une seconde société que les partenaires comptent mettre en place en avril pour assurer la liaison entre la France et l'Afrique du Nord. " Au total, nous allons investir 30 millions d'euros en fonds propres, 15 millions chacun ", précise M. Berrebi.

Avec cet argent, Corsica Linea a déjà acheté un bateau d'occasion, L'Antarès, qui prendra la relève du Stena-Carrier à la mi-février. Une deuxième ligne Ajaccio-Marseille devrait ouvrir le 1er février, avec un navire affrété auprès d'un armateur allemand.

Les marins de l'ex-SNCM craignent plus que tout ce concurrent menaçant. C'est un " projet mortifère ", affirment les syndicats. A leurs yeux, de nombreux clients de la SNCM, notamment les hypermarchés, risquent de se tourner vers le nouveau venu. D'autant plus que celui-ci entend offrir des prix très compétitifs.

Alors que les trois acteurs actuels du marché – La Méridionale (groupe STEF), l'ex-SNCM et la compagnie franco-italo-suisse Corsica Ferries – transportent à la fois des passagers et des marchandises, Corsica Linea se concentre en effet sur le fret. Ce qui nécessite 30 % ou 40 % de marins en moins, et réduit d'autant les frais. " A la louche, un navire de marchandises coûte moitié moins cher à exploiter qu'un bateau de passagers ", confirme M. Berrebi. En outre, le cargo actuel de la nouvelle compagnie bat pavillon danois, ce qui revient là aussi moins cher que le pavillon français de l'ex-SNCM.

Les dirigeants de Corsica Linea promettent néanmoins un équipage " 100 % corse " dès le printemps, et prévoient d'entamer des traversées avec des passagers en juin, pour la saison touristique. Cela devrait rééquilibrer le jeu. Mais d'ici là, " l'arrivée d'un opérateur de pur fret pourrait en quelques semaines déséquilibrer totalement la desserte de l'île ", redoute Pierre Maupoint de Vandeul, délégué CFE-CGC de la SNCM. La nouvelle bataille navale corse est lancée.

Denis Cosnard

Les dates
1969

Création de la Compagnie générale transméditerranéenne.

1976

La compagnie maritime devient la Société nationale Corse Méditerranée.

2006

Privatisation de la SNCM par le gouvernement Villepin.

2014

4 novembre

Dépôt de bilan.

2015

20 novembre

Reprise par Patrick Rocca à la barre du tribunal de commerce.

2016

5 janvier

Renaissance, sous une nouvelle forme, de la compagnie maritime.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Mai 2016

Quand le respect de l'intérêt général est oublié face à de similis intérêts économiques

On pensait que l'on en avait fini avec le fait de privilégier de similis intérêts économiques par rapport aux intérêts de la nature...

La nature est notre maison. Notre planète est la seule que nous ayons. La souiller, la salir, ne peut que se retourner contre nous, à terme et engager des dépenses autrement plus grandes que de l'entretenir.

Ainsi, il est particulièrement honteux et scandaleux de privilégier des intérêts économiques à court terme par rapport au parc national des Calanques qui se voit polluer avec des produits chimiques détruisant la nature !

Le chantage des emplois est inacceptable quand il s'agit de défendre notre planète !

A quoi sert-il d'avoir fait les beaux discours lors de la COP21 pour que nos abrutis de politiques ferment les yeux sur une pollution de cette ampleur ?

Cette décision politique est honteuse, inique et jette le discrédit sur l'ensemble de sa classe, M. Emmanuel Valls en premier plan, qui montre, par ses actes, qu'il souffre de la même incompétence que les autres !

Honteux !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 décembre 2015

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Royal accuse Valls d'avoir donné l'ordre d'autoriser les boues rouges
L'entreprise Alteo de Gardanne va poursuivre ses rejets d'effluents toxiques en Méditerranée, au cœur du parc national des Calanques
Les boues rouges de Gardanne (Bouches-du-Rhône) constituent une atteinte à l'environnement mais elles sont aussi un vrai poison pour le gouvernement. Ségolène Royal avait mis tout son poids dans ce dossier pour mettre un terme au déversement de résidus de bauxite en Méditerranée, au cœur du parc national des Calanques, quitte à envisager une reconversion du site. La ministre de l'écologie se plaint de ne pas avoir été entendue et accuse Manuel Valls d'avoir poussé le préfet des Bouches-du-Rhône et de Provence-Alpes-Côte d'Azur à donner son feu vert, mardi 29 décembre, à l'entreprise Alteo pour poursuivre son activité.

" L'ordre est venu du premier ministre au préfet, en direct, a-t-elle déclaré à l'AFP. Je n'ai pas du tout changé d'avis, je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi. "

Matignon a rétorqué dans la soirée en niant son implication, assurant que le préfet n'avait fait que suivre l'avis indépendant du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques rendu le 22 décembre. Celui-ci proposait d'autoriser l'usine de Gardanne non pas à se débarrasser de ses boues rouges solides en mer comme elle le fait depuis 1966, mais à y envoyer ses eaux résiduelles, pendant encore six ans, comme le demandait Alteo.

Du côté des services de l'Etat comme chez les élus locaux des Bouches-du-Rhône, une issue positive semblait acquise depuis l'avis favorable de l'enquête publique menée cet été. Certains espéraient même un délai de dix ans assorti d'une autorisation d'occupation du domaine public maritime de trente ans pour pouvoir continuer à utiliser la vieille canalisation qui plonge dans le canyon sous-marin de Cassidaigne, à 7,7 kilomètres des calanques de Cassis. Finalement, Alteo obtient moins que prévu : une autorisation de deux ans, sous conditions, renouvelable trois fois au maximum.

Contamination accrue
Autrefois propriété de Pechiney, le site de Gardanne produit de l'alumine de spécialité à partir de la bauxite destinée à la céramique industrielle et aux verres spéciaux. Il emploie 400 salariés et 250 personnes sous-traitantes. En plus de quarante ans, il a rejeté au moins 20 millions de tonnes de déchets qui se sont accumulées sur 2 400 km2 au fond de la Méditerranée.

Alteo avait jusqu'au 31 décembre 2015 pour cesser d'envoyer ses déchets en mer. Pour y parvenir, l'industriel s'est doté de trois filtres-presses depuis 2007, moyennant 27 millions d'euros, pour moitié subventionnés par l'Agence de l'eau. Les boues rouges déshydratées sont désormais stockées à terre, en plein air, près de Gardanne, ce qui ne va pas sans poser problème aux riverains. Seules les eaux partent en mer.

Le problème, c'est que ses effluents liquides dépassent les seuils réglementaires en arsenic, aluminium et fer notamment, et continuent de charrier beaucoup de métaux en suspension. Dans sa dernière étude sur le sujet réalisée à la demande de la ministre de l'écologie, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail conclut à une contamination accrue de la Méditerranée, au débouché de la conduite, notamment en mercure. Depuis 2014, Ségolène Royal a en effet multiplié les commandes d'expertises scientifiques, mais il reste beaucoup d'incertitudes sur les effets à long terme du cocktail arsenic, mercure, chrome, dioxines, furanes et PCB dans la chaîne alimentaire.

Ces derniers mois, des collectifs d'associations locales et de pêcheurs se sont mobilisés pour réclamer la fin pure et simple des rejets en mer. " Nous sommes prêts à aller devant le Conseil d'Etat, assure Renée Dubout de l'Union calanques littoral. Mais il aurait été plus rapide que la ministre le saisisse elle-même. "

Même avec le nouveau procédé, il part encore en mer chaque jour 6 tonnes d'aluminium (au lieu de 64 tonnes précédemment), 83 kg de fer (contre 270 tonnes), 11 kg d'arsenic (contre 42 kg) et 20 mg de mercure (contre 80 g). Bassins de rétention, traitements physico-chimiques : il existerait selon les experts des solutions pour filtrer davantage les eaux résiduelles.

C'est sous cet angle que France Nature Environnement a tenté jusqu'au dernier moment de faire pression pour obtenir qu'Alteo travaille à réduire ses taux d'arsenic et de mercure dans ses effluents. La fédération qualifie néanmoins l'autorisation préfectorale de " demi-victoire pour la protection de la Méditerranée et de la zone marine du parc national des Calanques. Grâce à la mobilisation de tous, ce délai a été ramené de 20 ans à 10 ans et maintenant à 6 ans ", écrit-elle dans un communiqué.

" La décision du préfet met un terme à une longue période d'incertitude pour l'entreprise et ses salariés, a commenté Frédéric Ramé, président d'Alteo. Nous entendons relever le défi des rejets liquides d'ici au 21 décembre 2021. "

Martine Valo

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Mai 2016

"Quand on traite les gens comme de la merde, ils peuvent se conduire comme telle..."

"Quand on traite les gens comme de la merde, ils peuvent se conduire comme telle...", dit l'adage... Sauf que, parfois, c'est trop tard pour revenir en arrière...

Une fois que le mal est fait, que la rancoeur s'est installée, par contre, il peut être impossible de revenir en arrière...

Ce n'est donc pas, à mon sens, le clientélisme communautaire qui est la cause du mal, mais bien le fait que le respect (mais est-ce du respect ou du populisme ?) arrive bien trop tard par rapport aux souffrances d'une communauté.

Mais attention ! Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit ! La souffrance d'une communauté ne peut excuser la barbarie du terrorisme ! Elle peut expliquer, certes, mais en aucun cas excuser !

Qui plus est, le respect ne passe pas par une non-sanction ! Quand des faits sont commis, ils doivent être punis, ce, avec une dose d'éducation pour rappeler ce qui est permis et rappeler ce qui ne l'est pas !

M. Philippe Moureaux est-il responsable de la radicalisation de ces jeunes ? Je ne pense pas. A-t-il une part de responsabilité ? Peut-être s'il n'a pas approuvé la punition d'actes répréhensibles.

Mais il faut aussi savoir dire que, parfois, on ne peut rien face à la radicalisation de certains jeunes et que l'on aura beau agir, on ne pourra que constater son impuissance...

Trop de respect n'a jamais conduit à construire des extrémistes, le contraire, si...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 décembre 2015

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A Molenbeek, les failles du clientélisme communautaire
L'ex-bourgmestre de la commune belge est accusé d'avoir sous-estimé la radicalisation de certains jeunes
Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, l'ancien bourgmestre (maire) de Molenbeek, le socialiste Philippe Moureaux, vit peut-être les semaines les plus pénibles de sa carrière. Cet ancien vice-président du PS et ex-vice-premier ministre, âgé de 76 ans, a dirigé cette commune bruxelloise à forte population d'origine marocaine de 1992 à 2012. Assez longtemps pour être accusé d'avoir fermé les yeux sur la radicalisation de certains de ses administrés, ce qui vaut à Molenbeek sa réputation désormais mondiale de " repaire de djihadistes ".

Surtout que Philippe Moureaux connaît bien la famille Abdeslam, dont l'un des fils, Brahim, était le kamikaze qui s'est fait exploser boulevard Voltaire le 13 novembre, tandis que son frère Salah, toujours en cavale, aurait été l'un des organisateurs des tueries. Une famille d'origine marocaine que le bourgmestre avait – comme beaucoup d'autres – prise sous son aile, pour le meilleur et pour le pire. Depuis 1998, les parents Abdeslam et leurs cinq enfants vivent dans un logement social en plein centre-ville, face à la Maison communale. Ils l'ont obtenu après que Brahim, alors adolescent, a mis le feu à la maison familiale.

En 2006, le bourgmestre a recruté à son cabinet Mohamed, troisième de la fratrie, le chargeant de tâches de secrétariat et, parfois, de recevoir le public à sa permanence. Un an auparavant, Mohamed, alors âgé de 18 ans, avait été mis en cause dans une affaire de vol sur cadavre impliquant aussi plusieurs de ses collègues d'une compagnie d'ambulances, ce qui lui vaudra deux ans de prison avec sursis en 2010.

Faveurs " paternalistes "
" Je n'ai pas personnellement -conduit son entretien d'embauche et, de toute façon, à l'époque, il n'avait pas de casier judiciaire et n'était pas condamné ", objecte aujourd'hui M. Moureaux. -Mohamed Abdeslam restera à son cabinet jusqu'au départ de l'édile, en 2012. Il sera muté par celle qui lui a succédé à la tête de la commune, Françoise Schepmans, membre du Mouvement réformateur (MR, droite libérale).

Mohamed, brièvement arrêté, n'est pas mis en cause dans les attentats. Le soir du 13 novembre, il retapait un bar qu'il vient d'ouvrir à Liège. Ses frères, bien connus de la justice, ne se sont pas assagis comme lui. Début 2014, Brahim fait un esclandre au sein même de la Maison communale quand un élu lui explique que sa famille n'a plus droit à son logement social car elle dépasse les plafonds de revenu. Interpellé par la police pour menaces et destruction de biens, Brahim reconnaît les faits, mais " le parquet classe sans suite, par manque de moyens d'enquête ", raconte au Monde cet élu qui souhaite rester anonyme.

Pour lui, les Abdeslam font partie de ces familles qui ont eu droit aux faveurs " très paternalistes " de l'ancien bourgmestre. Ils symbolisent cet état d'esprit hérité de l'époque Moureaux selon lequel " on pouvait ici ne pas respecter les lois ", assure-t-il.

" Je ne cache pas que j'ai donné une impulsion personnelle pour nouer des contacts étroits avec la communauté musulmane ", explique M. Moureaux. S'exprimant volontiers dans les médias pour répliquer au " déferlement de bêtises et de mensonges " à son sujet, il reçoit en ce jour de fin novembre où on vient d'apprendre que Françoise Schepmans possédait, depuis juin, une liste de 85 résidents radicalisés, en lien avec la Syrie.

AbdelhamidAbaaoud, l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre, " tout le monde savait que c'était un type ultradangereux. Les autres ont basculé il y a très peu de temps dans la radicalisation ", relève M. Moureaux, qui critique les ratés du renseignement et déplore un règlement de comptes de la droite. De fait, les nationalistes flamands du parti N-VA, aujourd'hui au gouvernement, ont fustigé l'échec de " vingt ans d'islamo-socialisme " à Molenbeek. Le ministre de l'intérieur, Jan Jambon, issu de ce parti, a appelé à " nettoyer " la ville, où ont aussi séjourné le tueur du musée juif, -Mehdi Nemmouche, et l'assaillant du Thalys, Ayoub El-Khazzani.

Les propos sur M. Moureaux ne sont pas aussi virulents dans les autres grandes formations politiques. Mme Schepmans, qui est du même parti que le premier ministre, Charles Michel, et fut adjointe à Molenbeek lorsque M. Moureaux a dirigé la ville en coalition avec le MR, parle de " responsabilité collective ". La zone est notoirement difficile, concentrant un grand nombre de problèmes sociaux (habitat dégradé, échec scolaire, chômage à près de 30 %). La bourgmestre rappelle aussi le manque de moyens chronique de la police. Le trafic de drogue est dur à éradiquer, notamment autour de certaines stations de métro.

A Molenbeek, où on dénombre au moins une quarantaine de mosquées (dont la moitié n'a pas d'autorisation), quatre policiers seulement composent la " cellule radicalisation ". " Ils sont là pour récolter des informations dans des lieux considérés comme sensibles, mais on ne peut pas contrôler tout le monde ", dit encore Mme Schepmans.

Plus que ses choix politiques, elle critique le style de M. Moureaux, toujours " persuadé d'être dans le bon ". D'autres décrivent sans hésiter un homme " autoritaire " voire " stalinien ", et ayant pu se laisser aveugler par son parti pris idéologique en faveur des immigrés. Une ex-responsable du PS, qui connaît bien la politique bruxelloise, qualifie l'ancien bourgmestre de " marxiste au sens romantique du terme ". " A un moment, il a vu dans la communauté arabo-musulmane de sa commune un lumpenprolétariat. Ça relevait de la lutte des classes, il fallait les aider, les prendre dans son équipe ", fait-elle valoir. Et parmi ces gens, travailleurs sociaux, éducateurs, recrutés parfois " sans beaucoup de discernement ", certains ont pu " fermer les yeux " sur des dérives dont ils étaient les témoins.

" C'est ma philosophie "
" Ceux qui avaient commis des délits, je ne parle pas de terrorisme, j'ai essayé de les remettre dans le droit chemin et de ne pas les rejeter. C'est ma philosophie ", revendique l'ancien maire. Le " clientélisme " à l'égard des Marocains que beaucoup lui reprochent, il n'est pas le seul à l'avoir pratiqué, insiste pour sa part Jean-Michel De Waele, professeur de science politique à Bruxelles. " Le PS qui se pose en bouclier pour défendre la communauté maghrébine à Bruxelles, mais aussi le CDH - centristes - font campagne dans les mosquées ", ajoute cet expert. Il rappelle qu'en 2004, la Belgique a octroyé aux étrangers extracommunautaires le droit de voter aux élections communales, et que, depuis lors, " c'est d'autant plus intéressant pour les partis de masse d'aller vers eux ".

Matthieu Demeestere

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Mai 2016

A quoi sert la déchéance de nationalité ?

D'un côté un problème : des jeunes gens qui décident de faire la guerre en Syrie et d'importer du terrorisme sur le sol Français.

Le gouvernement a la solution : la déchéance de nationalité !

Franchement, de qui se moque-t-on dans cette histoire ?

Quand des connards sont prêts à se faire exploser la gueule dans la rue, comment peut-on croire, un seul instant, que la déchéance de nationalité va résoudre quoi que ce soit ?

Ce débat est ridicule car il est totalement hors sujet !

Ce débat est ridicule car il ne répond en rien à la problématique actuelle !

Ce débat est ridicule car il fait marrer les kamikazes : il n'en ont rien à fouttre de mourir, comment peuvent-ils en avoir quelque chose à foutre de perdre une nationalité dans laquelle ils ne se reconnaissent de toutes façons pas ?

Cette problématique relève de l'idéologie et on ne gère pas un pays avec de l'idéologie !

M. Emmanuel Macron avait une bonne (?) définition de la politique : pour lui, ce sont des discours et de l'idéologie. Pour moi, c'est de l'action et du pragmatisme.

Qui a raison ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 décembre 2015

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Déchéance : Hollande et Valls inflexibles
Le premier ministre a publié lundi sur sa page Facebook un vigoureux plaidoyer en faveur de cette mesure
Non, " cela n'a absolument rien à voir avec les actes discriminatoires du régime raciste et antisémite de Vichy ", assure M. Valls, pour qui la déchéance de nationalité " symbolisera l'exclusion définitive du pacte républicain de ceux qui ont commis des crimes terroristes ".

A l'Elysée, la tonalité est la même. François Hollande, qui prépare ses vœux télévisés du 31 décembre, compte profiter de l'occasion pour justifier lui aussi cette mesure pourtant de plus en plus contestée dans son propre camp. Même s'il n'en dira sans doute " que quelques mots " ce soir-là, le chef de l'Etat a l'intention de " faire un travail de conviction et de pédagogie " qu'un proche conseiller résume d'une formule : " A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. "

Pas question, donc, de reculer. Même si son entourage assure qu'il est " attentif à ce que chacun dit ", le président de la République est bel et bien résolu à tenir tête à ceux qui, jour après jour, l'accablent de critiques et prédisent une fronde d'une ampleur inédite de la part des élus de gauche quand la mesure sera débattue à l'Assemblée nationale et au Sénat, vraisemblablement début février.

Car pour l'Elysée, ces craintes sont tout bonnement infondées. " Bien sûr que le débat sera musclé mais, au final, il y aura une majorité dans les deux chambres ", assure un fidèle du chef de l'Etat, réputé bon connaisseur des équilibres parlementaires, pour qui le mois de janvier sera décisif : " Passées les fêtes, les députés et les sénateurs vont retourner à la rencontre de leurs électeurs. Ils se rendront compte que les Français défendent une position dure sur la question et qu'ils ne comprennent pas les finesses juridiques censées délégitimer cette proposition. " A Matignon, on se veut également confiant : " On aura la majorité ", assure l'entourage de M. Valls, qui balaie les critiques formulées par plusieurs députés de l'aile gauche du PS, qualifiant celles-ci de contre-productives. " La grossièreté des attaques de Benoît Hamon, Guillaume Balas et Christian Paul révulse la base du groupe ", dit-on à Matignon.

" Allumer des contre-feux "
Pour plusieurs observateurs, cependant, la décision prise par le premier ministre de monter au front à deux reprises en deux jours pour répondre aux critiques, dans le Journal du dimanche puis sur Facebook, doit au contraire être interprétée comme un signe de fébrilité. " Ni François Hollande ni Manuel Valls ne pensaient que ça réagirait de cette façon ", décrypte un responsable du PS, qui cite les tweets cinglants rédigés dimanche après-midi par Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry, après la publication par le JDD de propos de M. Valls accusant " une partie de la gauche - de - s'égare - r - au nom de grandes valeurs ". Pour ce membre de la direction du PS, " la surréaction de Valls n'est pas un indice de sérénité : si l'horizon était dégagé, il ne se sentirait pas obligé d'allumer ainsi des contre-feux ".

Dans les prochaines semaines, le premier ministre va poursuivre son travail de persuasion. Soucieux de " stopper " ce qu'il considère comme une " dénaturation du débat ", selon un conseiller, M. Valls a prévu de multiplier les rencontres avec les parlementaires à Matignon. Au PS, ce choix soulève une inquiétude : " Valls se met au milieu du champ de tir, mais il n'est pas sûr qu'il soit le mieux à même de rassembler la majorité ", pointe un pilier du groupe socialiste à l'Assemblée. " Comme d'habitude, Valls veut y aller à la schlague, mais le passage en force va se retourner contre lui ", prédit un autre député, qui estime qu'environ 200 des 287 membres du groupe PS pourraient faire défection lors du vote.

Alors que la contestation s'étend à l'intérieur du PS – lundi, une centaine de militants ont saisi sa Haute autorité, estimant que les propos de M. Valls étaient contraires à la " déclaration de principes " du parti –, certains, Rue de Solférino, veulent encore croire que l'habileté politique de M. Hollande lui permettra de trouver une porte de sortie susceptible d'amadouer ses détracteurs sans donner le sentiment de se dédire. C'est le cas de Julien Dray et de Jean-Pierre Mignard, deux proches du chef de l'Etat, pour qui une solution serait de troquer la déchéance de nationalité par une peine d'indignité nationale. " C'est une mesure qui a une belle histoire,a déclaré le second, mardi matin, sur Europe 1. C'est celle du gouvernement issu de la Résistance, où tous les collaborateurs, Philippe Pétain en tête, ont été condamnés pour indignité nationale. Il s'agit de Français qui ont tué d'autres Français. On est dans une symbolique identique. "

Thomas Wieder

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Mai 2016

Quand les banques continuent à s'engraisser...

Elles ont été la cause de la plus grosse catastrophe économique du XXIe siècle, et pourtant, rien ne change... Les banques continuent à user et abuser de leur pouvoir en s'engraissant toujours plus et en taxant leurs services alors même que ce service leur rapporte autrement puisqu'elles se servent de cet argent pour spéculer par ailleurs...

Il serait peut-être temps que nos politiques s'en mêlent en empêchant cet abus de pouvoir permanent qui nuit au plus grand nombre !

Car, pendant ce temps, les banques ne participent plus à l'économie ! Elles sont de plus en plus frileuses à investir dans nos PME, alors même que ce sont nos PME qui forment le tissus économique de notre pays !

D'un côté, on taxe à tout va le client captif, d'un autre, on ne remplit plus le rôle de véritable moteur de notre économie, alors, à quoi servent réellement nos banques ?

Mais que l'on ne se trompe pas de cibles : ce sont les gros banquiers qui s'en mettent plein les fouilles dans cette histoire, alors même que leur rôle est très loin d'apporter une plus-value efficace à notre économie !

M. Jean-Laurent Bonnafe, PDG de BNP Paribas, a ainsi vu sa rémunération se porter à près de 3 Millions d'Euros en 2014 ! Avec cette somme, n'importe qui peut vivre librement de ses intérêts !

Honteux ! Vous avez dit honteux ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 décembre 2015

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Les frais de tenue de compte se généralisent
Le 1er janvier, BNP Paribas et Société générale factureront à leur tour ces services à leurs clients
Coup de chaud sur les tarifs bancaires. Le 1er janvier 2016, plus de huit établissements sur dix appliqueront des frais de tenue de compte, selon le comparateur en ligne Choisir ma banque. Ils n'étaient que 40 % à le faire il y a trois ans. De quoi faire bondir l'Association française des usagers des banques (AFUB), qui annonce qu'elle va saisir dès cette semaine l'Autorité de la concurrence, afin de dénoncer la facturation des comptes courants. " La concomitance des décisions des grandes banques laisse suspecter une entente corporatiste ", dit Serge Maître, secrétaire général de l'AFUB.

Facturés en moyenne 16,50 euros à l'année en 2016, contre 12,60 euros en 2013, selon Choisir ma banque, les frais de tenue de compte ne sont pas les plus onéreux des tarifs bancaires. Par exemple, une carte de crédit Visa-Mastercard classique coûte environ 40 euros par an. Mais ces frais, qui correspondent, selon les établissements, aux coûts de gestion quotidienne des comptes (actualisation du solde, protection des données), à l'investissement dans l'informatique et le digital et à la lutte contre la fraude, cristallisent le mécontentement des clients.

La polémique devrait enfler en début d'année car les deux dernières grandes banques " gratuites ", BNP Paribas et Société générale, ont finalement décidé de rejoindre le peloton des établissements où les comptes courants sont payants. A partir du 1er janvier 2016, la première facturera la tenue de compte 30 euros par an (2,50 euros par mois et par compte), et la seconde 24 euros par an (6 euros par trimestre, quel que soit le nombre de comptes détenus). Les deux établissements exonéreront toutefois les jeunes et les clients fragiles et feront payer moins cher les détenteurs de formules " tout compris ". " Mais ces frais sont clairement négociables, tout comme la cotisation due pour une carte bancaire si vous n'êtes pas régulièrement à découvert… ", nuance Ludovic Herschlikovitz, directeur de Choisir ma banque.

Reste que la pilule passe mal. D'abord, parce que les Français " doivent détenir un compte bancaire pour percevoir les salaires, revenus, traitements et retraites, rappelle Serge Maître, de l'AFUB. Les banques profitent de la dépendance des consommateurs ; ça ressemble à du racket ". " C'est comme un impôt obligatoire payé à une société privée ", reconnaît Ludovic Herschlikovitz.

" Contexte de taux bas "
Cette nouvelle facturation est d'autant plus mal perçue que les banques ne rémunèrent pas les dépôts sur les comptes courants (les " dépôts à vue ") alors qu'elles s'en servent comme ressource, pour financer des prêts immobiliers par exemple. Seuls quelques acteurs de petite taille proposent une telle rémunération et à un taux proche de zéro. La Macif rémunère les dépôts à 0,5 % dès le premier euro. " Une banque doit récompenser - par des intérêts - les clients qui déposent leur épargne - qui servira à financer les crédits sur lesquels elle se rémunérera - . Ce n'est pas à nous de payer mais à la banque de nous payer ", juge un internaute sur le forum destiné aux clients de la Société générale, où les messages de colère s'accumulent.

Selon la Banque de France, l'encours sur les comptes courants des ménages français était de 342 milliards d'euros en septembre. Une ressource peu coûteuse pour les établissements bancaires, certes, mais, en contrepartie, ils en assurent la liquidité : à tout moment, un épargnant peut vider son compte courant ou placer son argent ailleurs. Au contraire, lorsque l'argent est bloqué, comme sur un Plan d'épargne logement (PEL), la banque rémunère cette ressource en versant des intérêts.

Malgré la pression des associations de consommateurs, le contexte actuel de taux bas ne devrait pas inciter les banques à changer de politique. Avec des taux de marché proches de zéro, pourquoi paieraient-elles pour utiliser les dépôts à vue quand elles peuvent se financer moins cher sur les marchés ? " L'avantage que procurent - ces comptes - en termes de coût de la ressource s'amenuise, au regard des ressources à taux de marché ", note Laurent Quignon, économiste chez BNP Paribas.

Par ailleurs, le taux de dépôt de la Banque centrale européenne, négatif depuis juin 2014, joue comme une taxe pour les banques. Les liquidités qu'elles déposent au jour le jour auprès de l'institution sont facturées, afin d'encourager leur circulation sur le marché interbancaire. Les établissements peuvent choisir de répercuter cette taxe sur les clients.

De même, " plus le contexte de taux bas se prolonge, plus la marge réalisée grâce à l'activité de prêt diminue ", dit M. Quignon. Le rendement des actifs s'érode, à l'instar des intérêts perçus sur les prêts immobiliers renégociés. Alors que le coût de certaines ressources reste, lui, quasiment stable – comme les intérêts versés pour les anciennes générations de PEL.

Résultat : même si leur marge reste positive, les banques jugent qu'elles ne peuvent plus " offrir " les frais de gestion aux clients. " La banque doit dégager une rentabilité suffisante pour rémunérer ses actionnaires, comme toute entreprise, et pour renforcer ses fonds propres réglementaires ", souligne encore Laurent Quignon.

En France, sur les neuf premiers mois de 2015, l'activité de banque de détail de la Générale a affiché un chiffre d'affaires en hausse de 3,4 % (à 6,3 milliards d'euros) par rapport à la même période de 2014. Dans ses résultats trimestriels, la banque se félicite de la " forte hausse de la nouvelle production de crédit à l'habitat " mais note " l'impact négatif des renégociations de crédits immobiliers ". BNP Paribas où ce même chiffre d'affaires a chuté de 2,4 % (à 5 milliards d'euros), met en avant dans ses résultats " l'impact des taux bas persistants (diminution de la marge sur les dépôts ainsi que sur les crédits renégociés) ".

" Limiter la casse "
" La banque n'est pas la Samaritaine, reconnaît Serge Maître, de l'AFUB. Un banquier est un commerçant ; tout service doit se payer. " Les associations de consommateurs ne remettent pas en question la facturation de la tenue de compte, mais la fixation du prix. Ce dernier varie de 0 à 30 euros selon les caisses régionales des groupes mutualistes.

Au niveau national, la tenue de compte sera facturée 6,20 euros par an à La Banque postale (en hausse de 2 euros sur un an), 40 euros chez Barclays et jusqu'à 76 euros pour les clients de la Banque palatine. Quant aux établissements en ligne, la majorité ne facture pas la tenue de compte mais exige un revenu minimum pour les nouveaux clients.

Paradoxalement, cette généralisation de la facturation des comptes courants intervient après les efforts du gouvernement pour faire baisser les tarifs bancaires. " Depuis quatre ans, la législation a fortement affecté les marges du secteur, avec des mesures telles que le plafonnement des commissions d'intervention, la gratuité des virements initiés par Internet, les offres pour les clients fragiles… Il paraissait évident que les banques se rattraperaient sur d'autres lignes tarifaires ", dit M. Herschlikovitz. De fait, les frais bancaires ont baissé de 3,5 % en 2015. Mais, " cette année, il y aura une hausse très forte et le consommateur ne pourra pas y faire grand-chose ", prévient-il.

Peu bavards sur le sujet, les établissements bancaires préfèrent ne pas commenter. Mais, face à la baisse de rentabilité de l'activité de détail, ils réduisent leur réseau d'agences. " Facturer le client, c'est aussi limiter la casse en termes d'emploi ", suggère un bon connaisseur du milieu.

Jade Grandin de l'Eprevier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Mai 2016

L'incompétence légendaire de la SNCF résumée en un fait

Très clairement, de qui se moque-t-on ? Quand on voit ce genre de faits, on se dit que c'est une blague et puis on arrête de rire, car, franchement, elle ne fait marrer que ceux qui ne prennent jamais le train...

Le plus consternant dans tout ça, c'est que le service a un donneur d'ordre, qui est la région, et qui ne fait strictement rien pour que l'incompétence générale s'arrête à la SNCF. A croire que, eux aussi, s'en foutent...

Le renouvellement récent dans les instances régionales changera-t-il la donne ? Il le faudra ou alors, lors des prochaines élections, on aura droit à quelqu'un d'autre...

Un article du Dauphine.com daté du 27 décembre 2015

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BRIANÇON
Le train arrive à l’heure… mais pas les passagers

Ça ressemble à une blague. Une mauvaise blague pour un jour de Noël. Le vendredi 25 décembre, le TER est bel et bien arrivé à à l’heure au terminus, en gare de Briançon. À 21 h 54, les motrices ont cessé de vrombir, les portes des wagons se sont ouvertes… mais une trentaine de passagers attendaient toujours en gare de Veynes, à 120 kilomètres de la destination finale. L'histoire, en fait, a débuté en gare de Valence dans la Drôme, où, « la faute a un mouvement de grève » indique la SNCF, la correspondance pour Briançon n’a pas été assurée.

Finalement placés dans un bus à Valence, ces trente malheureux passagers n’ont cependant pas pu rattraper le TER parti loin devant. Une fois débarqués à Veynes, ils ont constaté que leur train était reparti. Il est arrivé à 21 h 54 comme prévu en gare de Briançon. Mais les passagers, eux, sont arrivés dans la cité Vauban le 26 décembre, à 2 h 30, après avoir attendu de 22 heures à minuit à Veynes que la SCNF trouve une solution pour remédier à ce problème.

Par Y.G. | Publié le 27/12/2015 à 06:05

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Mai 2016

Quand la France perd encore des places sur l'échiquier mondial

Une fois de plus, la France perd ses champions économiques. Comme on le dit à la fin de l'article, le problème est double : on perd des fleurons, mais on est incapable d'en regagner !

Nos petites entreprises n'arrivent pas à grandir ! Cela est dû en très grande partie à cause d'une mentalité typiquement Française qui est que l'on n'aime pas les patrons, on n'aime pas l'investissement, on n'aime pas l'argent...

Le patron est là pour passer à la caisse ! Dès lors, pas étonnant que les patrons Français qui réussissent veuillent revendre leur boite le plus vite possible et se voient vite freinés dans leurs ambitions !

De plus, cette mentalité Française freine aussi les entreprises étrangère qui investissent en France en reculant !

Il est donc plus qu'urgent de casser cette mentalité Française qui casse notre économie afin que l'on puisse rendre un cadre cohérent et pérenne à nos investisseurs afin que nos entreprises puissent aussi grossir et se développer à l'intérieur même du territoire Français !

C'est à ce prix que l'on relancera l'économie, c'est à ce prix que l'on endiguera le chômage !

Une entreprise que l'on étrangle meurt ! Ne l'oublions pas !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 décembre 2015

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Trois de chute pour le CAC 40
En dix-huit mois, Lafarge, Alcatel-Lucent et l'essentiel d'Alstom sont passés sous contrôle étranger
Trois départs en un an ! L'année 2015 restera dans les annales comme celle où trois groupes du CAC 40 – Lafarge, Alstom et Alcatel-Lucent – seront passés sous contrôle étranger. Une première dans l'histoire du capitalisme français.

Certains y voient une preuve de l'attractivité de la France pour les investisseurs du monde entier. Aux yeux de Patrick Kron, le patron d'Alstom, ce type de cessions constitue surtout dans bien des cas la meilleure solution pour assurer la pérennité d'activités fragiles. " Avoir un emploi durable est plus important que la nationalité de l'employeur ", a-t-il plaidé, fier que l'acquéreur d'Alstom ait promis des créations de postes.

Pour beaucoup, cependant, ces opérations sont surtout révélatrices des faiblesses de l'industrie bleu-blanc-rouge. " Elles confirment le décrochage, juge l'économiste Elie Cohen. Le phénomène touche à présent les grands groupes, dont la vitalité a longtemps masqué la dévitalisation industrielle du pays. "

Loïk Le Floch-Prigent est encore plus sévère. " Il est indigne de présenter ces défaites comme des victoires – comme si le pseudo-armistice signé par le maréchal Pétain ne nous avait pas suffi ! ",s'énerve l'ancien patron d'Elf et de la SNCF dans son livre La Bataille de l'industrie (éditions Jacques-Marie Laffont, 260 pages, 19,90 euros), à paraître en janvier 2016. A ses yeux, le sort d'Alstom, de Lafarge et d'Alcatel marque " la casse de l'industrie ", son " écrasement ", alors que la France a plus que jamais " besoin de champions nationaux ".

Longtemps, les grands groupes qui assurent l'armature de l'économie nationale ont été des conquérants plus que des cibles. Ils se muaient en multinationales à coups de " prises de guerre " parfois spectaculaires, comme Universal pour Vivendi, Square D pour Schneider, ou plus récemment Genzyme pour Sanofi. En sens inverse, les cessions de grandes entreprises à des investisseurs étrangers restaient exceptionnelles. A chaque fois, elles étaient vécues comme des traumatismes nationaux, à l'image du rachat de Pechiney par le canadien Alcan en 2003, puis de l'offre publique d'achat (OPA) hostile de Mittal sur Arcelor en 2006.

Plus vraiment des " fleurons "
Aujourd'hui, les entreprises françaises réalisent toujours de 50 % à 60 % plus d'acquisitions hors des frontières que les groupes étrangers n'en concluent dans l'Hexagone. Mais il s'agit surtout d'opérations de petite ou de moyenne taille. Les très grandes conquêtes tricolores, elles, se font rares, même si l'achat, annoncé en novembre, de l'américain Airgas par Air Liquide pour 12,5 milliards d'euros montre que la flamme n'est pas éteinte. De leur côté, les géants étrangers n'hésitent plus à mettre la main sur des poids lourds français. Y compris au sein du CAC 40.

Résultat : en montant investi, la situation s'est inversée. En deux ans, depuis le début 2014, les entreprises étrangères ont consacré 145 milliards d'euros à leurs emplettes en France, selon les pointages de Mergermarket arrêtés au 15 décembre. Les sociétés tricolores n'ont dépensé, dans le même temps, que 88 milliards d'euros en acquisitions hors des frontières. Contrairement à ce qui prévalait jusqu'en 2013, la France est donc devenue avant tout une cible.

Pour Lafarge et Alstom, le coup est parti depuis un an et demi. En avril 2014, Lafarge et son concurrent suisse Holcim, les deux leaders mondiaux du ciment, ont dévoilé un accord visant à créer le champion du secteur dans le cadre d'une " fusion entre égaux ". Quinze jours plus tard, à la suite d'une fuite, Alstom reconnaissait négocier la vente de l'essentiel de ses activités – toutes celles dans l'énergie – au premier des conglomérats américains, General Electric (GE).

Dans les deux cas, l'opération a mis du temps à aboutir, et a failli être remise en question. Côté ciment, la fable du mariage entre égaux n'a pas résisté longtemps. D'emblée, il était clair que dans ce projet conçu par les grands actionnaires des deux groupes, la balance penchait en faveur des Suisses.

Mais, début 2015, alors que l'affaire paraissait avancer sans encombre, les cours de Bourse des deux fiancés ont divergé, compte tenu des moindres performances de Lafarge. Sous la pression des investisseurs et des dirigeants d'Holcim, il a alors fallu renégocier l'accord de fond en comble. Le PDG de Lafarge a été écarté, tandis que le poids des actionnaires d'Holcim était porté à 55 % dans le capital du nouveau mastodonte. En Suisse, depuis la conclusion de l'opération en juillet, la direction d'Holcim ne cache plus sa satisfaction : ce " petit pays " compte désormais " un grand groupe " de plus.

La vente de l'essentiel d'Alstom à GE a elle aussi menacé de dérailler. Hostile au projet, dont il n'avait pas été averti, Arnaud Montebourg, alors ministre de l'économie, a tenté d'ouvrir le jeu au nom de l'Etat actionnaire. L'allemand Siemens et le japonais Mitsubishi ont pu remettre ensemble une offre concurrente. La Commission européenne a aussi eu son mot à dire et imposé des cessions d'actifs pour éviter la constitution d'une position dominante. Au bout du compte, c'est seulement en novembre 2015 que GE a officiellement pris le contrôle des activités d'Alstom dans l'énergie, pour 9,7 milliards d'euros.

Après ces deux dossiers sensibles, la vente d'Alcatel-Lucent est passée sans encombre. L'Etat n'a rien trouvé à redire à la cession, au finlandais Nokia, du groupe issu de la puissante Compagnie générale d'électricité (CGE). Le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, a même salué la naissance d'" un futur grand champion européen " des équipements téléphoniques. Seule la généreuse prime de départ accordée au PDG d'Alcatel pour avoir vendu son entreprise a fait scandale, au point d'être finalement divisée par deux par le conseil d'administration. Nokia prévoit de boucler l'acquisition début 2016.

Dans les trois cas, en réalité, les groupes concernés n'avaient plus de " fleurons " que le nom. Tous se retrouvaient face à de sérieux dilemmes stratégiques. Dans un marché européen de l'énergie en pleine déconfiture, Alstom s'estimait en position de faiblesse, avec une part de marché minime par rapport à des conglomérats bien mieux armés, comme Siemens ou GE. Situation encore plus grave pour Alcatel, qui cumulait les problèmes : mariage douloureux avec l'américain Lucent, manque de taille critique, virage technologique raté vers l'Internet mobile 3G. A la clé, neuf exercices déficitaires en dix ans !

Le tissu industriel s'effiloche
Le cas de Lafarge était moins dramatique. Mais le numéro deux mondial du ciment était lui aussi pénalisé par une grosse acquisition, celle de l'égyptien Orascom, qui avait gonflé son endettement et freiné ses marges de manœuvre peu de temps avant que la crise ne fasse plonger ses marchés.

Alcatel, Alstom, Rhodia, Arcelor, Pechiney, Bull, Areva… " La France de l'après-guerre a été marquée par la constitution de champions nationaux qui ont joué un rôle-clé dans l'essor du pays, analyse Elie Cohen. Ils ont été nationalisés, puis privatisés, et se sont développés à travers le monde. Aujourd'hui, ces emblèmes colbertistes tombent les uns après les autres. " La faute, au moins en partie, à une politique économique qui a dégradé la compétitivité de l'industrie et n'a pas poussé suffisamment les entreprises à investir. Faute de fonds de pension, les sociétés françaises ont aussi souffert d'un manque chronique de fonds propres.

Le mouvement ne serait pas spécialement alarmant si la France avait été capable, dans le même temps, de faire émerger de nouveaux champions. Ce n'est pas le cas. " Nous avons été très créatifs en matière de start-up dans le numérique ou les biotechnologies, relève M. Cohen. Mais aucune d'elles n'est devenue un grand groupe. "

Le résultat ? Il y a vingt ans, la CGE, alors rebaptisée Alcatel-Alsthom, rivalisait avec Siemens. Aujourd'hui, Siemens est toujours là, quand Alcatel est en passe de devenir finlandais et l'essentiel d'Alstom, américain. La France garde quelques points forts, en particulier dans le luxe et l'aéronautique. Mais l'ensemble du tissu industriel s'effiloche de plus en plus dangereusement.

Denis Cosnard

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 13 Mai 2016

Quand la France fait toujours plus fort dans le cynisme et l'incompétence !

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) condamne la France concernant la gestation pour autrui (GPA). Croyez-vous que la France soit éduquée et change son fusil d'épaule suite à cette condamnation ? Et bien non ! Elle se décide à aller contre la loi et à proposer des dédommagements à des parents qui ont sciemment violé la loi !

De deux choses l'une : c'est légal ou illégal ! Quand la CEDH dit que l'on ne peut refuser de retranscrire des actes de naissance, on doit obtempérer car c'est la loi et qu'il s'agit de défendre l'intérêt suprême de l'enfant !

Dans le même temps, la GPA est illégale, dès lors, il doit y avoir des sanctions pénales qui doivent s'appliquer !

La France, dans cette affaire, s'emmêle les pieds dans le tapis et refuse d'obtempérer à des injonctions de la CEDH tout en oubliant d'intenter des actions pénales contre des parents qui ont violé la loi ! On marche sur la tête !

Il est urgent de :
- Soit rendre légale la GPA
- Soit mettre en place des procédures pénales fermes condamnant la GPA mais n'allant pas à l'encontre de l'intérêt suprême de l'enfant.

Pour ma part, je pense qu'il faut légaliser la GPA car c'est un besoin de la société et qu'il n'entrave en rien les libertés individuelles. De plus, il ne viole en rien les droits fondamentaux du citoyen, bien au contraire, car il permet que chacun puisse être parent...

Et je pense aussi qu'il y a énormément d'incompétents et d'incapables dans notre environnement judiciaire. Cet exemple prouve malheureusement à 100% mes dires...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 décembre 2015

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La France sort le chéquier pour clore un contentieux sur la GPA

Un père de jumeaux réclame que les actes civils établis à l'étranger soient transcrits en France
Pas moins de 33 750 euros. C'est la somme proposée par la France à M. X et à ses jumeaux nés d'une mère porteuse à l'étranger pour ne pas transcrire leurs actes de naissance à l'état civil français. " Cette somme ne sera soumise à aucun impôt et sera versée sur le compte bancaire indiqué par les requérants ", précise l'agent du gouvernement, dans un document que Le Monde s'est procuré.

Cette proposition datée du 13 novembre, qui émane du ministre des affaires étrangères, vise à solder un contentieux dans lequel la France est poursuivie devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). " Le règlement vaudra règlement définitif de la cause ", précise ainsi le gouvernement.

Dans l'affaire qui les oppose à la France, les requérants réclament que les actes civils établis à l'étranger soient transcrits en France, une démarche qui leur facilitera notamment l'obtention d'actes de naissance, d'un livret de famille ou de passeports français. Or les autorités s'y refusent, considérant que cela reviendrait à reconnaître une pratique frauduleuse, la gestation pour autrui (GPA), en lui donnant des effets en droit français.

Une posture pourtant mise à mal en juin 2014, lorsque la France avait été condamnée par la CEDH : dans les arrêts Mennesson et Labassé, les juges avaient alors reconnu à la France le droit d'interdire la GPA sur son territoire mais, arguant de " l'intérêt supérieur de l'enfant ", estimaient que les autorités françaises ne pouvaient porter atteinte à " l'identité " des bébés nés de mères porteuses à l'étranger en refusant de les reconnaître.

Dans l'offre faite aux requérants, le gouvernement " reconnaît que, en l'espèce, il y a eu violation de l'article 8 de la convention du fait du refus de transcrire les actes de naissance (…) sur les registres de l'état civil français ".

Pour l'avocate Caroline Mécary, qui défend les requérants, " on est face à un gouvernement qui ne respecte pas la jurisprudence de la CEDH et qui propose d'“acheter” la non-transcription du nom d'un enfant ". Me Mécary défend deux autres requêtes similaires devant la CEDH, dont l'une a également fait l'objet d'une offre financière : " Elles ont été refusées dans les deux cas, mes clients ont trouvé la proposition de la France inacceptable. "

" Obstacle juridique "
Dans son argumentation, le gouvernement fait valoir un " obstacle juridique insurmontable à la transcription ", à savoir " l'autorité de la chose jugée ". Il se retranche ici derrière une décision de la Cour de cassation, qui a refusé de transcrire les états civils des enfants de M. X. Un argument qui ne tient pas, d'après le président de l'Association des familles homoparentales, Alexandre Urwicz : " Il a été démonté par le juge du tribunal de grande instance de Nantes dans le cas des époux Mennesson. " Ces derniers avaient eux aussi essuyé un refus de la Cour de cassation en 2008 de transcrire les états civils de leurs jumelles nées de GPA en 2000.

Depuis, ils ont porté l'affaire devant la CEDH, qui leur a donné raison et a condamné la France. Revenus devant le juge des référés de Nantes, les époux Mennesson ont obtenu gain de cause le 3 décembre. Le parquet de Nantes a toutefois fait appel.

Julia Pascual

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Mai 2016

La loi doit évoluer pour prendre en compte ces situations !

Cet article est très touchant et très bien écrit !

On se rend compte, à sa lecture, qu'il y a un véritable besoin pour que la loi évolue pour prendre en compte les évolutions récentes de la société Française.

Qu'y-a-t-il de plus beau que de porter un enfant pour sa soeur ?

Le besoin de GPA est là et concerne beaucoup de monde. Dès lors, la loi doit évoluer pour marquer cette réalité car c'est aussi ça la France et la patrie créatrice des droits de l'Homme !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 décembre 2015

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Deux sœurs et un couffin
C'est un invraisemblable parcours du combattant et un don qui n'a pas de prix : porter l'enfant de sa propre sœur alors que la gestation pour autrui est interdite en France. Amélie et Justine sont venues à bout de cette aventure en terre inconnue, heureuses
Adrien, 4 mois, s'étire en sortant de son sommeil. Il sourit à sa maman, qui le tient dans ses bras, puis à sa tante, qui lui fait face. Sa tante qui l'a porté pendant neuf mois dans son ventre. Par cette froide matinée de novembre, le soleil baigne d'une douce lumière le salon où Amélie, 36 ans, et Justine, 33 ans (les prénoms ont été modifiés), confient leur témoignage. L'histoire d'un lien puissant entre deux sœurs, d'" une aventure extraordinaire ", jalonnée de moments d'angoisse, de doute, de joie…

Amélie souffre d'un grave problème immunitaire qui provoque des retards de croissance du fœtus. Elle a eu une fille, Léa, aujourd'hui âgée de 10 ans, qu'elle a réussi à porter elle-même mais qui, née à terme, pesait à peine 1,7 kg. Depuis, son corps rejette les grossesses de plus en plus tôt. Après un divorce, elle a refait sa vie avec Fabien, qui n'avait pas d'enfants et à qui elle voulait " faire connaître le bonheur de la paternité ". Toutes les tentatives, malgré des batteries de traitements lourds, se sont soldées par des échecs. Avec, à chaque fois, " ce sentiment d'avoir un bébé mort à l'intérieur " et une insupportable culpabilité.

" Je voyais ma sœur souffrir, se détruire avec tous ces médicaments, l'angoisse de chaque grossesse prenait le pas sur le plaisir d'être enceinte, poursuit Justine. Surtout quand, en 2012, elle s'est trouvée une nouvelle fois enceinte et moi aussi, deux semaines plus tard. " Justine attend alors son deuxième enfant. Elles partagent le début de leur grossesse et l'espoir que, cette fois, tout ira bien, mais Amélie perd une nouvelle fois son bébé. Une triste période où sa sœur se sent à son tour coupable de mener à bien sa propre grossesse.

" C'était presque euphorique "
C'est à ce moment que vient à Justine l'idée de porter l'enfant de sa sœur, approuvée sans réserve par son mari, Martin. " On était d'accord sans avoir peut-être bien mesuré tous les tenants et les aboutissants. " Puis elle l'expose à Amélie. " Je me suis dit qu'il était hors de question que ma sœur fasse ce sacrifice pour moi, réagit l'aînée. J'étais très touchée mais je ne me sentais pas le droit de lui faire vivre ça. "

Amélie se rappelle la déception de sa sœur, son désir de faire " quelque chose de beau " et comprend que c'est aussi " une façon pour Justine de se réaliser ". Elle commence alors à apprivoiser cette idée, à se renseigner, même si cela lui paraît encore " irréel, infaisable ". Une énième tentative de grossesse se solde par un nouvel échec. Le choix s'impose alors à elle.

Mais comment faire puisque la gestation pour autrui (GPA) est interdite en France ? Elles se tournent d'abord vers l'Espagne, puis apprennent que ce pays n'autorise la GPA qu'avec un donneur anonyme. Ne restent, dans l'Union européenne, que deux pays qui autorisent et encadrent la GPA : le Royaume-Uni et la Roumanie. Elles optent pour l'Angleterre, consultent les sites d'information qui répertorient les cliniques en fonction du type d'opération et arrêtent leur choix sur Londres.

Le premier rendez-vous avec le médecin a lieu en avril 2014, par téléphone, pour que chacune fournisse les éléments permettant d'établir la légitimité de la demande. Le comité d'éthique accepte le dossier, mais elles doivent préalablement rencontrer une psychologue, avec leurs maris. En juillet, Amélie et Fabien, Justine et Martin se rendent tous les quatre à Londres. Les deux couples sont reçus séparément puis le directeur de la clinique leur annonce son accord. " Vous voulez le faire quand ? "" On s'est tous regardés, on ignorait les délais. Il nous a dit que ça pouvait se passer dès le mois suivant si on voulait. Du coup, tout est devenu réel, accessible… "

Elles décident de se caler sur les vacances de la Toussaint car le protocole médical oblige, les quinze derniers jours, à être sur place. Entre-temps, il leur a fallu effectuer plusieurs déplacements pour les prises de sang, les échographies, les analyses, les dosages de médicament… " Ils mettent vraiment toutes les chances de leur côté, enfin de notre côté, pour leur taux de réussite et leur réputation aussi ", observe Justine.

La future mère porteuse doit aussi prendre des médicaments afin que les cycles des deux jeunes femmes soient synchronisés, de sorte que, au moment où l'ovule est prélevé, l'implantation puisse avoir lieu tout de suite. Elle est " gavée " d'œstrogènes, puis de progestérone, pour que la paroi utérine soit préparée à l'accueillir. Amélie, de son côté, doit recevoir des injections pour produire plus de follicules afin que l'" egg collection " soit la plus abondante possible.

Le dernier séjour commence le 18 octobre. Le prélèvement des ovules est effectué le 22, sous anesthésie générale : dix-neuf sont récoltés. Après la fécondation in vitro, neuf étaient fécondés. " On avait demandé de n'en avoir qu'un implanté. On préférait une grossesse unique, pour Justine surtout. Ils nous avaient dit que ça dépendrait de la qualité de mes œufs. Ils nous appelaient tous les jours pour nous dire s'ils se développaient bien. Jusqu'au cinquième jour, ce qui permettait d'attendre qu'ils arrivent au stade du blastocyste et de se donner ainsi plus de chances de réussite. "

" C'est génial mais c'est long ! "
Le 27 octobre est le jour de l'implantation chez Justine. " Le médecin nous montre avec la sonde ce qui se passe à l'intérieur. On a l'impression de voir dès le début la vie du bébé, de vivre quelque chose d'extraordinaire. On était super-excitées, c'était presque euphorique. On était là en train d'encourager notre petit “winner” : “Vas-y, vas-y, tu vas rester accroché…” Ça a duré peut-être cinq minutes puis le docteur nous a dit qu'on pouvait rentrer chez nous. On est sorties, il faisait un soleil magnifique. On s'est dit que c'était un signe. " Le soir même, elles étaient à Paris.

Commence alors une période très tendue, dans l'attente du 15e jour, pour savoir si Justine est bien enceinte. " Je ressentais des symptômes mais je me demandais tout le temps si je les imaginais ou si c'était la réalité. " " Moi, j'avais en fait plus peur du test, intervient Amélie. C'est là que j'ai compris quelle allait être ma place pendant neuf mois, à savoir que je ne maîtriserais rien. "

N'y tenant plus, Justine achète un test de grossesse qui affiche… enceinte. " J'ai éclaté en sanglots. Martin est arrivé en courant, se demandant ce qui se passait. En fait, je pleurais de soulagement, de joie, c'était une explosion d'émotions. " Elle envoie un texto à sa sœur, lui envoie la photo du test, ne reçoit aucune réaction. " Je ne réalisais pas. J'étais sonnée. Je n'osais pas espérer ", se rappelle Amélie.

Après ? " C'est génial mais c'est long ! ", s'exclament-elles en chœur. La clinique, de son côté, attendait la prise de sang pour déclencher le protocole. Une fois connu le résultat, c'est un suivi permanent et lourd. Justine est obligée de prendre des doses de progestérone pour " faire croire " à son corps qu'elle est enceinte. Les suppositoires sont insuffisants, il faut passer aux piqûres. Mais, sans ordonnance, Justine doit se les faire elle-même. " Je suis allée sur Internet pour suivre des tutos, en suivant les instructions pour me la faire dans la cuisse. Toute la nuit, j'ai eu des douleurs pas possibles. Le lendemain matin, je n'arrivais plus à marcher. "

Il n'est pourtant pas question d'abandonner. Elle découvre que les injections doivent être moins douloureuses dans la fesse. Martin lui fera les piqûres : une tous les trois jours jusqu'à treize semaines de grossesse. Retour à Londres pour la première échographie, à sept semaines : " Johnny ", le nom de code que les deux sœurs ont donné au bébé, se développe à merveille.

Dès lors, Justine sera suivie en France, jusqu'à l'accouchement. Elles se rendent toutes les deux aux examens mensuels, sans cacher la situation et ont affaire à un personnel médical extrêmement bienveillant. Elles voient aussi une avocate afin de s'informer sur la meilleure façon de procéder. " Elle était contre la GPA et, du coup, nous a exposé tous les écueils. " L'avocate conseille que le mari d'Amélie reconnaisse l'enfant, en attendant que, deux ou trois ans plus tard, Justine fasse une déclaration d'abandon et Amélie une demande d'adoption. Mais Justine craint une enquête judiciaire sur les raisons de l'abandon, alors qu'elle a deux autres enfants. " Ma plus grande peur, c'était qu'on me retire mes enfants ", avoue-t-elle.

Une autre avocate leur recommande de ne pas essayer de contourner la justice. " En fait, demander à adopter mon propre fils constitue un mensonge par rapport à sa filiation ", souligne Amélie. Ils laisseront donc les choses en l'état : Justine est la mère, le mari d'Amélie reconnaît l'enfant, ils ont un livret de famille en attendant que la loi évolue, " parce qu'elle évoluera forcément ". " Quand ce sera le cas, ce sera rétroactif, alors que, si on ment, on ne pourra pas revenir en arrière ", a raisonné Amélie.

Vient le jour tant attendu où l'enfant arrive au monde, le 22 juillet. Depuis quinze jours, Amélie dort chez Justine pour pouvoir l'accompagner. Elles sont toutes les deux dans la salle d'accouchement : l'une souffre, l'autre piaffe et adjure le personnel médical de la soulager, jusqu'au moment magique où apparaît la tête du bébé. " Je le vois, je le vois, s'exclame Amélie. On l'a sorti toutes les deux, avec l'obstétricienne. J'avais l'impression de le mettre au monde. J'ai vu naître mon enfant, vraiment. " Amélie l'a pris dans ses bras, l'a déposé sur le ventre de sa sœur, " il nous a regardées toutes les deux… ".

A la clinique, le personnel se montre à l'écoute. Les deux jeunes femmes vivent dans la même chambre. C'est Amélie – qui a suivi un traitement à cet effet – qui allaite Adrien. " Je ne donne pas un bébé à Amélie. C'est le sien. Mes enfants, j'avais besoin de les sentir contre moi. Là, c'était le bébé d'une autre, même si je n'aurais jamais fait ça avec quelqu'un d'autre que ma sœur. " Et réciproquement. " C'est là qu'on voit la puissance du cerveau. J'avais accouché mais je n'avais pas de bébé et il ne me manquait pas. C'était hyperbizarre ", se rappelle Justine, qui part en vacances avec sa famille en sortant de la maternité.

Pour Maxence et Tom, ses deux enfants de 6 et 2 ans, elle avait trouvé des petits livres, en anglais, qui transposaient la GPA dans l'univers de la BD, avec une famille koala. L'aîné avait commenté sans hésiter : " C'est bon, j'ai compris. " Et il a observé scrupuleusement les consignes de discrétion à l'école.

" Le plus pénible, c'est de devoir mentir ", confessent les deux sœurs. Les voisins et collègues qui ont vu Justine enceinte s'étonnent de ne pas la voir avec son enfant. Ceux d'Amélie paraissent stupéfaits de n'avoir rien remarqué avant, même si elle prenait soin de porter des vêtements amples. Mais cela n'est rien au regard du parcours qu'elles auront effectué ensemble et de l'indicible joie à l'arrivée d'Adrien.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Mai 2016

Quand la SNCF doit se réorganiser car elle est très mal gérée...

La SNCF est très mal gérée, c'est un fait. La SNCF n'a jamais su ce qu'était un client. Elle considère qu'elle dispose d'usagers et que ce sont à eux à s'adapter à la SNCF et non l'inverse.

Alors, bien évidemment, les résultats financiers ne sont pas au beau fixe, ce qui est plus que normal quand on dénigre à ce point sa clientèle qui utilise forcément un autre moyen de transport quand l'occasion se présente !

Aujourd'hui, il faut baisse les coûts : forcément ! On ne peut pas continuer éternellement à se moquer du client sans qu'il n'y ait, à un moment ou à un autre de répercussion financière !

On sait donc qu'il y a un écart de productivité entre les cheminots SNCF et les salariés du fret privé, mais on la cache, pour ne pas froisser le personnel et la clientèle. Sauf que des fuites font état d'un écart de 30%, ce qui est énorme !

Est-il normal qu'un cheminot ait 50 jours de congés payés ? Qu'est-ce qui peut justifier cela ? Un service irréprochable envers la clientèle ? On en est à l'opposé ! Alors quoi ? Tout simplement, des faits historiques où l'on a acheté la paix sociale en éduquant des nantis, des mal-élevés et des incompétents !

Il est temps de mettre bon ordre dans cette boite, et, dans ce cadre cela devrait commencer par virer M. Guillaume Pépy dont le palmarès est désastreux au sein de la boite : 3 accidents de grande ampleur (Brétigny, Pau, Strasbourg) avec, comme point d'orgue, le talent d'avoir réussi à faire dérailler un TGV en acceptant des invités à bord des trains lorsque l'on y faisait des essais ! Grandiose !

On voit bien dans cet article que cette boite est très mal gérée, et elle l'est car M. Guillaume Pépy est un incapable, un incompétent, et une personne dangereuse à la tête de la boite. Il est temps d'y mettre bon ordre, et vite !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 décembre 2015

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La réorganisation du travail, un défi majeur pour la SNCF en 2016
Guillaume Pepy, le patron du transporteur public, a indiqué qu'il fallait " renégocier la façon de faire les trente-cinq heures " dans la société
L'année 2016 a déjà commencé à la SNCF. Guillaume Pepy, le président du directoire de la société, a présenté, dimanche 20 décembre, lors du " Grand Jury " RTL-Le Figaro-LCI, les enjeux sociaux d'une année cruciale. D'ici à la fin juin, les organisations patronales et syndicales ferroviaires doivent négocier un nouveau cadre social pour l'ensemble du secteur, que cela concerne le fret ou le transport de passagers. Il s'agit du dernier volet de la réforme ferroviaire, votée en août 2014.

Cela devrait se traduire par une convention collective nationale, dont les premières réunions de négociation ont déjà eu lieu entre l'Union des transports publics (UTP, réunissant la SNCF et l'ensemble des sociétés privées) et les syndicats. Concernant la SNCF, Guillaume Pepy a indiqué, dimanche, qu'il fallait " renégocier la façon de faire les trente-cinq heures " des 148 000 cheminots, et " remettre à plat l'organisation du travail " pour baisser les coûts et préparer le groupe à l'ouverture totale à la concurrence.

En clair, poursuit le patron, la SNCF doit " faire tomber un certain nombre de tabous et, parmi ces tabous, il y a le fait que l'organisation du travail serait figée, qu'on ne pourrait pas réformer la SNCF ". Pour l'instant, M. Pepy se refuse à chiffrer publiquement " l'écart " de productivité entre cheminots SNCF et salariés du fret privé. " Je crois au dialogue social, et le dialogue social, ça se fait aussi par le respect, donc je ne lance pas d'anathème en donnant des chiffres ou lançant des ultimatums " aux syndicats, indique-t-il.

Cet écart est connu. Entre la société publique et les sociétés privées qui opèrent dans le fret depuis 2006, il existe un différentiel de 30 % de productivité. Bref, la SNCF est près d'un tiers plus chère que ses concurrents. Il ne s'agit pas ici d'une différence de salaires des cheminots, mais d'un différentiel d'organisation ainsi que d'avantages obtenus historiquement.

En moyenne, un cheminot roulant de la SNCF dispose de 38 jours de congés payés (entre les congés et les jours fériés) et de 22 jours de repos complémentaires au titre des trente-cinq heures, tandis qu'un agent roulant dans le privé dispose de 35 jours de congés payés et aucun repos complémentaire.

" Il ne faut pas pousser "
Mais un ensemble de règles concernant les cheminots – le RH 0077 qui précise l'amplitude horaire de travail, les règles de repos journalier ou périodiques – complexifient l'organisation du travail de la SNCF par rapport à ses concurrents. Par exemple, si un conducteur termine son service après 20 heures, il ne peut être remis sur le planning dès le lendemain. Cela demande donc d'importants effectifs pour avoir des trains qui roulent tous les jours.

Selon une note d'étude de l'UTP de 2014, il faut en moyenne 30 % de personnels de moins au privé pour offrir le même service de transport de fret que la SNCF. De même, pour offrir le même service de transport de passagers, les sociétés privées auraient besoin de moins de personnel que la SNCF, la différence se situant entre 15 % et 18 %.

Si les syndicats de la SNCF entendent ces arguments, ils estiment cependant que c'est le secteur privé qui devrait s'aligner sur l'organisation de la compagnie ferroviaire. Cette perspective horrifie les acteurs privés. " Beaucoup mettraient la clé sous la porte, confirme l'un d'eux. Nous sommes prêts à un compromis avec la SNCF sur beaucoup de choses, mais il ne faut pas pousser… "

Selon Guillaume Pepy, " tout le monde, y compris les syndicats de cheminots, a intérêt à ce que la SNCF réussisse. Si on ne réussissait pas, cela voudrait dire qu'au moment où la concurrence va arriver, la SNCF serait perdante et perdrait des postes ". L'ouverture de la concurrence dans le transport voyageur est prévue au plus tôt en 2020 pour les grandes lignes et 2026 pour les trains régionaux.

Alors que les syndicats du groupe public sont encore froissés par les annonces du budget 2016, qui prévoit 1 400 suppressions nettes d'emplois, ils devront rapidement se positionner sur ce sujet. Beaucoup prédisent déjà une grande grève au printemps pour défendre les acquis cheminots.

Philippe Jacqué

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Mai 2016

Quand des instances de non-élus se chamaillent comme dans une cour d'école...

Cette situation n'est-elle pas affligeante ? Dans un pays démocratique, par définition, le pouvoir est effectué par et pour le peuple...

Dès lors, en quoi le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation ont-ils une légitimité alors même qu'aucun des membres qui siègent au sein de ces instances ne sont élus par quiconque ?

Le premier président près la Cour de cassation a donc beau jeu de critiquer la mise mise du Conseil d'Etat sur la France, il se trouve que le Conseil d'Etat n'a pas plus de légitimité dans l'exercice du pouvoir que la Cour de cassation, ce, qu'on le veuille ou non...

Aucune de ces instances n'a de légitimité démocratique : la vérité est là !

Quant à dire que la Cour de cassation est indépendante du pouvoir politique, c'est risible au possible et c'est vraiment prendre les Français pour des imbéciles ! Qui effectue les nominations près la Cour de cassation, le pape ?

Le pouvoir judiciaire n'est pas indépendant et l'existence même du pouvoir de la Cour de cassation, jugeant en droit et en oubliant sciemment qu'un juge de ressort inférieur pouvait sciemment déformer les faits, en est la preuve la plus absolue ! La Cour de cassation n'est pas démocratique car il n'y a pas d'élus, c'est cela la seule et unique vérité ! Et, en ce sens, quand elle est source de jurisprudence alors même qu'elle ne dispose d'aucun élu, elle est anti-démocratique car rendant des arrêts prétendument "Au nom du peuple Français" alors qu'il n'en est rien !

La preuve : des arrêts honteux de la Cour de cassation en matière de GPA, condamnés par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) ! Où est la démocratie quand on oublie les intérêts supérieurs de l'enfant en la matière ? Où est la démocratie quand on oublie les droits fondamentaux du citoyen dont les Droits de l'Homme font intégralement partie et qui sont rappelés par la CEDH ?

Ainsi le premier président de la Cour de cassation a raison de dire que le trop grand pouvoir du Conseil d'Etat est néfaste mais il oublie un peu vite que le trop grand pouvoir de la Cour de cassation le serait tout autant ayant déjà fait preuve, à de maintes reprises, de son incompétence !

Dans la vie, on récolte ce que l'on sème et si la Cour de cassation avait été réellement démocratique, il aurait été juste de la défendre dans cette affaire. Mais comme la Cour de cassation a été, lors de trop nombreuses fois, source de décisions honteuses, qu'elle se débrouille !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 décembre 2015

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Le premier magistrat de France inquiet du pouvoir croissant du Conseil d'Etat
Bertrand Louvel déplore la mise à l'écart de l'autorité judiciaire
Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, et à ce titre premier magistrat de France, a dit vendredi 18 décembre tout le mal qu'il pensait de la mise à l'écart de l'autorité judiciaire, tant dans la loi renseignement que dans le cadre de l'état d'urgence. La démarche est rare et notable, mais la proverbiale réserve du haut magistrat a un peu assourdi la vigueur de sa critique : il n'est pas certain que ce discret coup de tonnerre bouleverse les pouvoirs publics.

" Le principe de la séparation des pouvoirs veut que la justice soit rendue par une autorité distincte du pouvoir politique, a déclaré Bertrand Louvel lors d'un colloque sur le statut du magistrat. La justice statue sur les droits et libertés du citoyen. " Mais la France, " encore très imprégnée de son ancienne culture monarchique, peine à installer un système judiciaire authentiquement indépendant ". L'indépendance des juges est garantie par un Conseil supérieur de la magistrature (CSM), mais c'est le ministère de la justice qui a autorité sur tout le fonctionnement des juridictions : " Si un juge veut passer du tribunal de Paris à celui de Lille, il doit en faire la demande au ministre. "

Un système hybride et peu satisfaisant, qui " tend à entretenir dans l'esprit des juges une culture de dépendance ", résume fortement le premier président. De surcroît, c'est le Conseil d'Etat, le juge de l'administration, qui fixe la frontière entre l'activité du juge judiciaire et le service public de la justice. C'est même lui qui contrôle les avis du CSM sur la nomination des magistrats : " Le Conseil supérieur de la magistrature, protecteur de la déontologie judiciaire, se trouve ainsi directement soumis au plein contrôle du juge de l'administration ", déplore M. Louvel.

L'agacement réciproque entre la Cour de cassation et le Conseil d'Etat est ancien, mais il semble aujourd'hui que la juridiction administrative ait pris le pas sur les juges. " Ainsi, paradoxalement, les spécificités de la magistrature, conçues comme une garantie essentielle des droits et libertés du citoyen, notamment à l'encontre de l'administration, sont aujourd'hui progressivement transférées dans la sphère de contrôle du juge de l'administration, au fur et à mesure que le périmètre de l'organisation du service public de la justice s'étend au détriment du fonctionnement proprement dit de l'autorité judiciaire. "

C'est désormais le juge administratif qui est chargé du contentieux de la loi renseignement et de celui de l'état d'urgence – le juge judiciaire a été mis sur la touche. " N'est-il pas temps que notre Parlement se saisisse de cette importante question, demande poliment le premier président, pour promouvoir une justice au service du public et non une justice service public, simple rouage de l'administration générale de l'Etat sous l'autorité du pouvoir exécutif ? "

Franck Johannès

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Publié le 9 Mai 2016

Enfin la Police ferroviaire va justifier sa valeur ajoutée !

Il est heureux que la Police ferroviaire (SUGE) va être mise à contribution ! Enfin, elle commence à voyager à bord des trains, enfin, elle commence à effectuer des opérations efficaces en matière de sécurité !

Il était temps ! Le problème c'est qu'il a fallu un attentat pour que ces pratiques changent...

On ne va donc pas bouder notre plaisir et savoir profiter du fait qu'une partie du prix du billet SNCF servira à assurer la sécurité à bord des trains pour protéger clients, agents de contrôle, mais aussi empêcher les petits malins d'échapper aux opérations de contrôle dans les trains à double étage !

La SUGE va donc travailler plus et ce n'est pas pour me déplaire !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 décembre 2015

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L’Assemblée nationale renforce l’arsenal antiterroriste dans les transports
LE MONDE ECONOMIE | 18.12.2015 à 11h10 | Par Philippe Jacqué


Après deux jours de discussions, les députés ont adopté, jeudi 17 décembre, en première lecture la proposition de loi du député PS Gilles Savary sur la sécurité dans les transports. Ce texte aborde à la fois la sécurité, la fraude et les mesures antiterroristes à mettre en place. Il inquiète les défenseurs des libertés. Ces mesures s’articulent autour de quatre thèmes.

Fouilles

Les agents des services de sécurité de la SNCF et de la RATP sont autorisés « à procéder à des palpations de sécurité » et à fouiller les bagages, avec l’accord des passagers, ou à permettre aux policiers, sous conditions, l’inspection visuelle des bagages à main et leur fouille pour « prévenir une atteinte grave à la sécurité des personnes et des biens ». « Toute personne qui refusera se verra refuser l’accès au train », a assuré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Les entreprises de transport pourront exiger des billets nominatifs, une mesure qui se met progressivement en place depuis plusieurs années. En revanche, un fraudeur ne sera pas systématiquement fouillé.

Enquête sur le personnel

La SNCF et la RATP pourront solliciter des enquêtes administratives sur des personnes recrutées ou affectées à des postes portant sur la sécurité des personnes (aiguillage, conduite des trains, sécurité des systèmes d’information) pour vérifier qu’elles ne font pas l’objet d’une fiche S (pour « atteinte à la sûreté de l’Etat »).

Lutte contre la fraude

Estimée à près de 600 millions d’euros par an par la SNCF et les réseaux de transports en commun, la fraude est en bonne place dans ce texte. En cas de fraude, une personne devra présenter un document d’identité. Le texte veut lutter contre les « mutuelles de fraudeurs », des systèmes permettant aux fraudeurs de ne pas à avoir à payer leur amende en échange de quelques euros par mois. Le délit de « fraude d’habitude », puni de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amendes, est abaissé de dix à cinq infractions.

Le recouvrement des amendes

Seulement 10 % des fraudeurs sanctionnés paient leur amende en moyenne. Pour améliorer le recouvrement, les sociétés de transport pourront croiser les informations communiquées par le fraudeur avec les bases de données des administrations publiques. Un test en cours dans le sud de la France a permis de faire passer le taux de recouvrement à 50 %, grâce à ces croisements.

Philippe Jacqué Rédacteur au service économie (automobile et transport)

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Publié le 6 Mai 2016

La liberté d'expression est un principe constitutionnel ! (2/2)

Suite à l'article "La liberté d'expression est un principe constitutionnel ! (1/2)" publié récemment, je m'étonne que Eric Zemmour soit condamné à une peine moins lourde que Jean-Luc G. pour ses propos.

Les propos de M. Zemmour ont été "Il y a des millions de personnes qui vivent en France sans vouloir vivre à la française. Les musulmans ont leur propre Code civil : le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés d'en partir.". Il a donc très clairement dit que l'ensemble des musulmans étaient dans ce cas, ce qui est foncièrement et évidemment faux !

Bien que le tribunal a été exemplaire dans cette affaire, il semble qu'il ne l'a pas été à Montpellier, ce qui pose questions...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 décembre 2015

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Eric Zemmour condamné à 3 000 euros d’amende pour provocation à la haine envers les musulmans
Le Monde.fr avec AFP | 17.12.2015 à 14h24 • Mis à jour le 17.12.2015 à 15h59

Le chroniqueur et animateur Eric Zemmour a été condamné jeudi 17 décembre à 3 000 euros d’amende pour provocation à la haine envers les musulmans, pour des propos au journal italien Corriere della sera en octobre 2014.

Il y déclarait notamment que les musulmans « ont leur code civil, c’est le Coran », qu’ils « vivent entre eux, dans les banlieues. Les Français ont été obligés de s’en aller ». Le parquet avait requis 10 000 euros d’amende.

« Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation de peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile », ajoutait-il. « Des millions de personnes vivent ici, en France, mais ne veulent pas vivre à la française. » Il faisait alors la promotion de son livre Le Suicide français. La polémique ayant suivi ces propos avait conduit i-Télé à arrêter sa collaboration avec le chroniqueur il y a un an.

« Récidiviste »

Dans son réquisitoire, la procureure Annabelle Philippe a estimé que ces propos « stigmatisants », « sans nuance », visaient « l’ensemble de la communauté musulmane ». Les propos de M. Zemmour, « récidiviste », « très écouté, très entendu », a souligné la magistrate, ont « pour objet principal d’opposer les musulmans et les Français ». « On peut se demander » s’il n’a pas « pour but de la mettre en place, cette guerre civile » qu’il prophétise, « de mettre en place tout ce qu’il faut pour y arriver », a-t-elle ajouté.

Devant le tribunal correctionnel de Paris, M. Zemmour a soutenu qu’il parlait de « musulmans en banlieue qui s’organisent et qui », selon lui, « sont en voie de sécession ». L’animateur a en outre été condamné à verser, selon les cas, 1 ou 1 000 euros de dommages et intérêts à des associations partie civile, comme SOS-Racisme ou la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), auxquels s’ajoutent les frais de justice.

Pour Me Sabrina Goldman, avocate de la Licra, ce jugement « reconnaît une nouvelle fois qu’Eric Zemmour est un propagateur de haine » :

« Son discours est d’autant plus dangereux qu’il se fait le chantre du “parler vrai”, il prétend dire la vérité alors qu’il ne fait que dire la haine. »

Dominique Sopo, le président de SOS-Racisme, s’est félicité que la justice ait rappelé que « la liberté d’expression » n’est pas « la liberté de propager la haine » :

« On peut se demander une fois de plus comment il peut avoir une telle position d’autorité dans les médias. »

M. Zemmour n’en est pas à sa première condamnation, en 2011 deux amendes de 1 000 euros avec sursis lui avaient été infligées pour provocation à la haine, pour avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ».

Poursuivi pour incitation à la haine raciale et diffamation raciale pour avoir évoqué sur RTL, en mai 2014, « les bandes » d’étrangers « qui dévalisent, violentent ou dépouillent », il a été relaxé, à la fin de septembre, mais le parquet a fait appel.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Mai 2016

Quand "L'obs" oublie de parler Français !

En Français, il y a une définition entre l'article défini (le, la, les) et l'article indéfini (un, une, des).

L'article défini sert à introduire un nom ou groupe nominal désignant : une chose ou un être déjà identifié. Ainsi, quand on dit "Les Français ont des poils dans la main", ça veut dire que tous les Français sont des fainéants

Par contre, l’article indéfini s’emploie pour renvoyer à une personne ou à une chose difficilement identifiable. Ainsi, quand on dit "Des Français ont des poils dans la main", ça veut dire qu'il existe une part de Français qui sont des fainéants.

Qu'a dit M. Longuet ? il a dit, dixit "[...] Nous avons des Français qui ont des poils dans la main [...]". Qu'a dit "L'Obs" ? ""Les Français ont des poils dans la main", lâche Gérard Longuet".

Quand on est journaliste, la moindre des choses est de maîtriser le Français et de savoir faire la différence entre l'article défini et l'article indéfini.

Les propos de "L'Obs" sont donc très clairement diffamatoires car ils rapportent des propos jamais dits en faisant intervenir des notions de grammaire Française que l'on voit en CE1.

Quand de simili-journalistes oublient les règles grammaticales dignes d'un élève de CE1, peut-on dire que le journal est professionnel ?

Un article du Nouvel Obs daté du 16 décembre 2015

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"Les Français ont des poils dans la main", lâche Gérard Longuet

"C'est une vérité", assène le sénateur Les Républicains de La Meuse, selon lequel la France serait un pays de fainéants où les chômeurs rechigneraient à travailler.

"Les Français ont des poils dans la main" : la formule risque de faire date. Elle a été prononcée mardi 15 décembre par Gérard Longuet, lors de l'émission "Preuves par 3", sur Public Sénat.

Interrogé sur la question du chômage et de la formation professionnelle, le sénateur Les Républicains de la Meuse a répondu par cette tirade :

"Nous avons des Français qui ont des poils dans la main, il faut le savoir. 'C'est trop dur’, 'c'est trop loin’, ' c'est pas ce que je veux’, 'comprenez moi j'ai été formé pour faire du théâtre et on me propose de faire du commercial’."

"On commence trop tard, on arrête trop tôt"

Relancé sur cette expression de "poil dans la main", l'ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy a insisté : "C'est une vérité."

"Tous les employeurs qui vous disent 'Il y a des jeunes qui viennent pointer chez moi et qui me disent 'Surtout ne me proposez rien j'attends plusieurs mois avant de [...]'", a ajouté le sénateur.

De manière globale, "nous avons trop d'inactifs, on commence trop tard, on arrête trop tôt, on ne fait pas assez d'heures par semaine, pas assez de semaines dans l'année", a encore expliqué Gérard Longuet.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a affirmé lundi que le gouvernement annoncerait au mois de janvier des mesures pour l'emploi, dont un plan "massif" de formation des chômeurs.

"Nous n'avons pas tout essayé" pour essayer de faire baisser le chômage, a ajouté Gérard Longuet, évoquant "un coût du travail écrasé par les charges".

Des propos qui hérissent les poils des internautes

Des propos qui n'ont évidemment pas manqué de faire réagir les internautes sur Twitter.

E.H. avec AFP

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Mai 2016

Un procès qui sert la république !

Indéniablement, ces poursuites sont une très bonne chose ! Madame Lagarde avait "oublié" de faire appel de la décision d'arbitrage alors même que l'état Français avait perdu 400 Millions dans cette affaire ! Quand on est ministre, on sert les contribuables ! En ayant oublié de les servir, elle est poursuivie et ce n'est que justice.

...Reste maintenant à savoir à quoi elle sera condamnée... Je pense qu'elle sera blanchie car le corporatisme des ministres prévaudra...

J'espère avoir tort...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 décembre 2015

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Arbitrage Tapie : un procès pour Christine Lagarde
L‘ex-ministre de l'économie est renvoyée pour " négligence " devant la Cour de justice de la République
Christine Lagarde va devoir répondre de son rôle dans la mise en place d'un arbitrage privé entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais. La commission d'instruction de la Cour de justice de la République (CJR) a décidé, jeudi 17 décembre, de renvoyer la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) devant la formation de jugement de la CJR, seule habilitée à décider du sort judiciaire des ministres poursuivis pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions.

C'est, en effet, en tant qu'ancienne ministre de l'économie de Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2011, que Mme Lagarde, mise en examen en août 2014 par la CJR pour " négligence " dans l'utilisation des fonds publics, va devoir répondre de son rôle décisionnel dans l'affaire Tapie-Crédit lyonnais, comme l'ont indiqué i-Télé et Mediapart, jeudi 17 décembre.

Poussée par l'Elysée, Mme Lagarde avait donné en 2007 son aval à la mise en place d'un arbitrage qui avait fini par accorder, en juillet 2008, 405 millions d'euros à l'homme d'affaires dans le cadre de son litige avec le Crédit lyonnais, lié à la vente d'Adidas. Cette sentence arbitrale suspecte, objet d'une enquête pénale pour escroquerie en bande organisée, a été annulée en février, la justice estimant qu'elle était entachée de fraude. Le 3 décembre, la cour d'appel de Paris a en outre condamné Bernard Tapie à rembourser les 405 millions d'euros.

Tenue à l'écart
Pour Christine Lagarde, la décision de la commission d'instruction de la CJR est une très mauvaise surprise, d'autant que le parquet avait requis, en septembre, un non-lieu en sa faveur. Elle a immédiatement annoncé un pourvoi devant la Cour de cassation, susceptible de lui offrir un sursis alors que son premier mandat à la tête du FMI se termine le 30 juin 2016 et qu'elle s'est dite ouverte à l'idée d'en briguer un deuxième. Le FMI lui a renouvelé " sa confiance " peu après l'annonce de son renvoi en procès devant la CJR. De son côté, le ministre des finances, Michel Sapin, a rappelé depuis New York que Mme Lagarde était " présumée innocente " et pouvait rester à son poste.

Dans un communiqué, Mme Lagarde a réaffirmé avoir " toujours agi dans cette affaire dans l'intérêt de l'Etat et dans le respect de la loi ". Ce n'est pas, semble-t-il, l'opinion des magistrats instructeurs de la CJR. Ils considèrent que la patronne du FMI aurait dû s'opposer à l'arbitrage, par exemple en intentant un recours contre la décision, et qu'elle a au minimum fait preuve de " négligence " dans ce dossier hautement sensible pour les finances publiques mais aussi sur le plan politique, au vu des relations privilégiées entretenues par M. Tapie et M. Sarkozy.

Mme Lagarde paraît d'ailleurs avoir été pour partie tenue à l'écart de l'affaire, qui s'est jouée principalement à la présidence de la République. Pour autant, elle a rendu personnellement visite à 52 reprises à Nicolas Sarkozy à l'Elysée, de 2007 à 2011, selon les agendas de l'ex-chef de l'Etat saisis par les juges.

Pouvait-elle s'éloigner à ce point d'un dossier aussi sensible, dépendant directement de ses services ? " Je maintiens que je n'ai parlé de cette affaire ni à M. Sarkozy ni à aucun de ses collaborateurs ", avait-elle soutenu lors d'une audition devant la CJR. Mais l'un des services placés sous son autorité, l'Agence des participations de l'Etat (APE), s'était montré clair dès le 1er août 2007. Dans une note adressée à la ministre, l'APE disait " déconseiller au ministre la voie d'un arbitrage qui n'est justifiée ni du point de vue de l'Etat, ni du point de vue du CDR - la structure chargée de gérer le passif du Crédit lyonnais - ".

Le 23 mai 2013, Mme Lagarde indiquait aux juges : " Il me semble maintenant que j'aurais dû être plus méfiante. " " La voie de l'arbitrage ne me paraissait pas inquiétante ", avait-elle aussi admis le 26 août 2014. Aux magistrats qui lui reprochaient donc de ne pas avoir exercé de recours contre l'arbitrage, elle avait rétorqué : " Les consultations qui m'ont été fournies ne me donnaient aucune raison décisive de croire que le recours en annulation aurait des chances de prospérer. J'ajoute que je n'ai jamais eu le sentiment d'être mêlée à un arbitrage “truqué” ou d'avoir été instrumentalisée à cet effet. "

L'instruction menée en parallèle sur l'arbitrage lui-même a pourtant abouti à plusieurs mises en examen – dont celle de Bernard Tapie – pour " escroquerie en bande organisée ". Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, bénéficie pour l'heure du statut intermédiaire de témoin assisté. Les magistrats de la CJR ont affirmé dans leurs écrits que les décisions arbitrales avaient été " frauduleusement obtenues ", faisant donc corps avec leurs collègues du pôle financier, qui qualifient cet arbitrage de " simulacre ".

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Mai 2016

La liberté d'expression est un principe constitutionnel ! (1/2)

A la question "Peut-on traiter son assureur d'" escroc " sur Internet ?", la réponse est indéniablement "oui", si l'on motive son propos par des faits précis et vérifiés, que l'on fait montre de bonne foi et que l'on suit un cheminement logique visant à démontrer ses propos !

L'article 11 de la Déclaration de 1789 la protège ! Il dit ainsi : "Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi."

Ainsi, s'il pense que son assureur est un "escroc", et qu'il dit et démontre pourquoi, il a le droit le plus strict de l'écrire !

Ils n'ont, par contre, pas le droit de mentir et d'être de mauvaise foi sur leurs dires. Ainsi, si un gérant d'une société se voit traiter d'escroc parce qu'il promet des rendements mirifiques pour des panneaux photovoltaïques orientés plein nord, il n'y a nullement diffamation car c'est une réalité, qui plus est, une réalité scientifique ! Pire : un tribunal qui condamnerait de diffamation un client mécontent, est complice de cette escroquerie et est coupable de trahison d'Etat car nous sommes dans un pays démocratique régit par une constitution démocratique dont l'article 11 de la Déclaration de 1789 est un fondement principal !

L'académie Française dit : "(1)ESCROC (c final ne se prononce pas) n. m. XVIIe siècle. Emprunté de l'italien scrocco, « écornifleur ».
Celui, celle qui s'approprie le bien d'autrui en trompant sa confiance. Un dangereux escroc. Cette entreprise a été victime d'un escroc international. Cette femme est un escroc adroit. En apposition. Une femme escroc."

Dans ce cas, on s'attribue de l'argent en vendant un bien et en trompant la confiance du client en lui ayant affirmé un rendement mirifique. La définition du mot "escroc" est donc pleinement démontrée, il n'y a donc pas de diffamation.

Quant à la condamnation de M. Jean-Luc G., elle est proprement honteuse si les faits rapportés dans cet article sont exacts et exhaustifs ! Si ce Monsieur a été condamné à 3500 Euros pour cela, le tribunal a indéniablement trahi l'article 11 de la constitution de 1789 ! Ce Monsieur était dans son droit le plus strict de dire ce qu'il a dit, car c'est la plus simple vérité ! Après, a-t-il dit autre chose ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 décembre 2015

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Peut-on traiter son assureur d'" escroc " sur Internet ?

Les clients qui enragent de ne pas être livrés du canapé qu'ils ont payé, ou de ne pas être remboursés du matériel qu'ils ont rendu à leur opérateur, finissent souvent par exprimer leur mécontentement sur un forum de consommateurs. Mais, peuvent-ils, même protégés par un pseudonyme, tenir des propos vengeurs sans être inquiétés ?

Pas vraiment : nombre de professionnels, peu flattés par ces commentaires, attaquent soit le directeur de la publication du site sur lequel ils les ont postés, soit les auteurs eux-mêmes. Ils les poursuivent pour injure ou diffamation, deux délits prévus par la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. " Si l'internaute écrit que “le gérant de telle société est un escroc parce qu'il promet un rendement mirifique pour des panneaux photovoltaïques orientés plein nord”, il commet une diffamation, dit Me Guillaume Sauvage, spécialiste du droit de la communication. S'il écrit seulement que “c'est un escroc”, sans plus de précisions, il commet une injure. "

Les modérateurs des forums suppriment donc, d'emblée, les termes injurieux tels qu'" arnaque ", " escroc " ou " voleur ". Le forum Les Arnaques. com, qui censurait ces termes – tout en gardant lui-même une dénomination péjorative –, vient de se rebaptiser, de manière plus neutre, Net-Litiges.fr. Ses ennuis sont-ils terminés pour autant ? Rien n'est moins sûr. Nombre de gérants de sociétés n'apprécient guère les avis négatifs que laissent les internautes sur les forums de consommateurs. " Désormais, les principales procédures auxquelles nous devons faire face ne viennent plus des articles de notre magazine, pourtant poils à gratter, mais des messages sur le forum ! ", s'exclame Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine 60 millions de consommateurs. Et, à l'UFC-Que choisir, qu'en est-il ? " Même constat ", nous fait savoir le service de presse.

M. Laurenceau observe que " certains avocats semblent même s'être fait un commerce de l'envoi de lettres de mise en demeure aux directeurs de la publication " : ils les facturent à leurs clients, même s'ils savent que les internautes peuvent prouver leur dire. " Nous passons un temps fou à leur répondre !, indique-t-il. Néanmoins, nous ne souhaitons pas supprimer le forum – qui reçoit 300 000 visiteurs uniques par mois –, parce qu'il nous apporte des informations précieuses, et que nous nous devons de favoriser l'expression des consommateurs. "

" les exagérations sanctionnées "
Me Sauvage constate que " les juges protègent la liberté d'expression des consommateurs ". La 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris a ainsi relaxé Julien A., poursuivi pour diffamation par l'Européenne de protection juridique (EPJ), filiale de Generali, en février 2014. Il l'avait qualifiée de " lamentable prestataire ", sur plusieurs forums, parce qu'elle avait mis un mois et demi à répondre à sa demande d'assistance, qui plus est négativement. Le tribunal a jugé que ses propos " ne contiennent que la critique, particulièrement vive, des prestations fournies par l'EPJ ".

" Les juges, toutefois, sanctionnent les exagérations, comme celle qui consiste à faire croire, sans preuve, que tous les consommateurs sont victimes d'une même pratique, ou les accusations qui n'ont rien à voir avec le litige ", précise MeSauvage. C'est ainsi que Nicolas D., malheureux client d'un mandataire automobile, Eurocarline, géré par la société ElectroClim, a été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à cette dernière.

En mars 2013, il lui avait commandé – et payé – un véhicule d'occasion, qui devait être livré sous dix semaines. En janvier, il ne l'avait toujours pas reçu. Il avait alors publié sur Forum-Auto. com un message qui faisait état de son impatience – " vous feriez mieux de me rembourser au lieu de continuer à vous moquer du monde " – ainsi que quatre autres qui accusaient la société de publier de faux avis positifs sur Internet. Le premier s'est inscrit dans le " droit de libre critique des produits et services d'une société ". Les autres ont été jugés diffamatoires, car Nicolas D. ne peut pas les justifier.

Les juges n'apprécient pas non plus les excès de langage. Ceux du tribunal de grande instance de Montpellier ont ainsi condamné Jean-Luc G. à verser 3 500 euros à une société, ALC Villas, et son gérant, pour avoir publié des propos diffamatoires sur un blog, en 2011. Il mettait en garde le public contre ALC Villas. Cette société avait été créée avec les deux mêmes associés que BCA Constructions, qui avait construit sa maison en commettant quantité de malfaçons pour lesquelles elle n'était pas assurée, avant de faire faillite. Jean-Luc G. avait notamment écrit : " Comment changer de société pour continuer de voler les clients sans être inquiété. C'est aussi simple que de - commettre - un meurtre et d'avoir une nouvelle identité pour ne pas répondre de ses actes. " Le tribunal n'a pas goûté sa métaphore. Il la lui a fait payer. Chèrement.

par rafaële rivais

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 2 Mai 2016

Il faut apprendre aux responsables des ressources humaines, ce qu'est un "développeur de talent"

Le problème, en matière de recrutement informatique, c'est que, trop souvent, on résume la compétence d'un développeur informatique, aux langages informatiques qu'il pratique. Las, non seulement ce critère n'est pas le plus pertinent, mais il s'avère que ça serait presque le contraire !

Un bon développeur informatique doit avoir une compétence phare : celui de travailler en équipe ! Il est fini le temps où un développeur pouvait réaliser à lui tout seul des programmes informatiques conséquents et professionnels !

La lourdeur d'un projet informatique est telle que le travail en équipe est devenu une véritable obligation et que les développeurs doivent pouvoir maîtriser les codes écrits par leurs collègues, ce qui implique une communication efficace et sans faille.

Le langage informatique ne fait donc plus la compétence. La preuve : le fameux cycle en V a disparu, pour faire place à la norme de développement 'Agile' où les compétences en communication sont essentielles.

Les directions des ressources humaines (DRH) n'ont que très peu conscience de ces problèmes et continuent à vouloir recruter le mouton à 5 pattes qui maîtrisent parfaitement le langage de programmation utilisé au sein de l'entreprise. Il faut que le développeur soit productif immédiatement car il coûte à l'entreprise. Les charges salariales sont en effet telles, que la période de formation est réduite à son strict minimum.

On a donc des problèmes de recrutement car les DRHs ne maîtrisent pas suffisamment les problématiques de ces profils, car les politiques ne font rien pour que les charges salariales baissent pour ces profils, et parce que la technologie évolue bien trop vite pour que les critères de recrutement soient efficaces.

En informatique, comme dans bon nombre de domaines d'activité, il faut savoir laisser du temps au temps et savoir investir dans des profils qui seront être efficaces à terme. L'ingénieur informatique correspond, au contraire de ce qui est dit dans l'article, à l'immense majorité des besoins, mais il faut juste savoir lui laisser le temps de se former, ce que les entreprises ne font que trop rarement car elles sont étranglées financièrement.

Les politiques ont leur rôle à jouer dans ce domaine, mais n'en ont nullement les compétences... Le problème restera donc ce qu'il est et les start-up qui réussissent ne seront pas françaises dans l'avenir, et nous savons donc pourquoi...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 décembre 2015

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Si tu es un jeune développeur de talent, appelle-nous…
L'un des freins au développement des jeunes pousses françaises est leur difficulté à attirer dans leurs filets des ingénieurs informatiques. Les meilleurs de ces as du code sont très courtisés, en faisant une espèce rare
Lorsqu'on trouve l'oiseau rare, on le chouchoute, on tente de ne pas l'effrayer et on essaye de l'attirer avec un message bien clair : on te veut. " Emmanuel Witvœt, jeune entrepreneur dynamique et grand amateur de voile, ne parle pas du macareux moine, magnifique oiseau au bec bigarré, spécialiste des vols en haute mer. Le jeune homme a une autre obsession : les développeurs informatiques. Une espèce aussi difficile à capturer et à retenir que ce perroquet des mers.

Lorsqu'il s'associe, en 2014, à deux compères pour monter Mojjo, une start-up spécialisée dans la production et l'analyse de données lors de matchs de tennis, l'entrepreneur sait que le recrutement des troupes sera difficile. Il ne sera pas déçu. Six longs mois vont s'écouler avant qu'il ne trouve l'ingénieur informatique capable de faire croître l'entreprise. " Notre start-up en était à ses balbutiements, nous avions besoin de quelqu'un de compétent mais aussi d'expérimenté et d'autonome. Son recrutement a occupé 70 % de notre temps au début. "

Des écoles en voie d'adaptation
Embaucher serait donc un calvaire. Nombre de jeunes pousses s'en irritent. Avec des masses salariales amenées à croître de 30 % en un an, les start-up déplorent de ne pas dénicher les bons profils. En premier lieu desquels, des champions du codage informatique, ces ingénieurs détenteurs d'un savoir permettant de créer ou de faire vivre les services et les applications innovantes imaginées par les entrepreneurs. Mais aussi de les adapter à mesure que le nombre des utilisateurs grossit et que les fonds affluent.

" Notre objectif était d'atteindre les 60 salariés à fin 2015, explique Jean-Daniel Guyot, PDG de Captain Train, un service d'achat de billets, mais il nous manque encore dix personnes. On n'a tout simplement pas trouvé. " Même son de cloche chez Drivy ou OuiCar, deux applications de location de voitures entre particuliers. Aux deux, il manque, comme à Captain Train, au moins dix personnes pour compléter leurs équipes. " Et encore, ce n'est que temporaire, étant donné que nos besoins ne cessent de grandir ", s'inquiète Marion Carrette, PDG de OuiCar.

Comment expliquer le phénomène alors que Syntec numérique, le syndicat des métiers digitaux, recense un peu plus de 40 000 chômeurs dans le secteur de l'informatique tricolore ? La " faute ", sans doute, au rythme soutenu de l'évolution des nouvelles technologies. Les compétences disponibles sur le marché ne sont pas toujours en phase avec celles qui sont requises. " La complexité réside dans le fait qu'il y a de très nombreuses surspécialisations, avec des langages qui y sont associés à chaque fois, n'importe quel ingénieur ne correspond pas à tous les besoins, lesquels ne cessent de se diversifier ", relève Benoît Feron, cofondateur d'Izberg, une start-up spécialisée dans la conception de places de marché en ligne en marque blanche (c'est-à-dire confié à un prestataire extérieur) pour les sites désireux de se lancer dans le domaine.

Cette explosion de la demande provoque, en outre, mécaniquement une pénurie. D'autant que beaucoup pointent un fait essentiel : la France a beau disposer de certaines des meilleures écoles d'ingénieurs au monde, elle ne produit tout simplement pas assez de développeurs qui maîtrisent le langage informatique. Des initiatives comme la création de l'école 42, une institution axée sur le domaine, par Xavier Niel, le fondateur de Free (et par ailleurs actionnaire à titre personnel du Monde), l'existence de l'Epita ou encore Epitech, sont à ce titre saluées par les " start-upers ", mais elles sont loin de suffire à combler le vide.

" Les écoles d'ingénieurs ne se sont pas encore adaptées même si elles s'y mettent de plus en plus, les cours dispensés ne correspondent pas à ce dont les jeunes pousses ont besoin aujourd'hui ", regrette Jean-Daniel Guyot de Captain Train.

Et, contrairement aux grands groupes qui ont le temps et la taille nécessaire, ces entreprises en " hypercroissance " ont besoin d'ingénieurs capables de se fondre dans la machine dès le premier jour. " Nous cherchons tous à recruter dans la frange des 1 % les plus compétents ", affirme sans détour Paulin Dementhon, fondateur de Drivy.

Le jeune entrepreneur de 36 ans relève, en outre, que cette exigence s'applique à tous les profils recherchés. Pour lui, il n'y a d'ailleurs pas que les développeurs qui se font rares : " Ce qu'on observe, c'est qu'il nous manque aussi certains profils, un peu plus seniors mais résolument “tech”, capables d'encadrer les salariés dans ces structures très spéciales et d'un genre nouveau que sont les start-up. On ne manage pas ici les gens de la même manière que dans une entreprise classique par exemple. "

à chacun sa méthode
Paulin Dementhon est ainsi en quête d'un DRH depuis bientôt six mois… sans succès. " Nous n'avons pas encore eu la première génération de vétérans, qui ont déjà connu des start-up à succès et qui peuvent transmettre leur savoir, comme ce qu'ont fait les anciens de PayPal ou de Google aux Etats-Unis ", ajoute-t-il.

Cette culture d'entreprise si particulière, si exigeante (horaires à rallonge, très grosse productivité, forte autonomie exigée) peut aussi rebuter des salariés plus jeunes, sans parler de la nature plus que précaire de ces jeunes entreprises. " Neuf start-up sur dix échouent, relève Guy Mamou-Mani, président de Syntec numérique. Ça fait peur aux jeunes diplômés. C'est dommage car c'est une expérience à valoriser pour la suite. "

" Nous sommes une génération qui a appris à valoriser les postes stables, regrette pour sa part le fondateur de Captain Train, Jean-Daniel Guyot. Du coup, les postes dans les grands groupes qui font souvent suite à des stages sont parfois plus appréciés. "

Selon Xavier Lorphelin de Serena Capital, un fonds d'investissement dont le portefeuille comprend des jeunes pousses comme LaFourchette ou Lengow, cette pénurie de main-d'œuvre est un " véritable frein à la croissance ". Résultat, l'investisseur fait tout ce qu'il peut pour aider ses poulains à recruter les bonnes personnes. D'autant que cette activité, cruciale, occupe, selon l'aveu de certains d'entre eux, " au moins un tiers de leur temps de cerveau disponible ".

Chacun y va de sa méthode. Chez Drivy ou Izberg, par exemple, on compte énormément sur la cooptation : 35 % des embauches chez le premier, et presque autant chez le second. Les deux tentent, en outre, de rédiger les fiches de poste les plus claires possible pour attirer le chaland. " Tout le monde se pense dynamique et motivé, il faut être le plus précis possible ", commente M. Dementhon.

Si Captain Train a plus ou moins recours aux mêmes méthodes, il tente aussi de présenter aux candidats potentiels le visage d'une entreprise saine, où travailler présente des avantages particuliers. " Nous sommes pour la transparence et les rapports apaisés, les salaires, par exemple, obéissent à une grille très précise et objective, ce qui enlève pas mal de tensions. " Les dirigeants de la jeune pousse voient leur tâche comme une fonction de " support, de soutien et pas forcément d'encadrement, dans la mesure où les salariés sont très autonomes ".

Toutes ou presque disposent d'un autre atout, un outil qui n'existe que dans ce petit milieu : des plates-formes calquées sur les sites de rencontre, mais réservées aux coups de foudre entre start-up et développeurs.

Parmi elles, Talent.io. Fondée début 2015 par trois compères ayant fait un passage par San Francisco, l'application repose sur un principe simple : chaque semaine, la start-up se voit proposer une nouvelle liste d'ingénieurs. Si l'initiative de les contacter lui revient, c'est à eux de décider s'ils souhaitent donner suite ou pas à la sollicitation. " Au lieu que ce soient, comme d'habitude, des candidats qui postulent à des offres, ce sont les entreprises qui postulent à des candidats ", commente Nicolas Meunier, le cofondateur du site.

Des noms aussi divers que Criteo, BlaBlaCar, Parrot ou encore Deezer et Leboncoin ont eu recours aux services de M. Meunier. Six cents start-up tricolores sont inscrites sur la plate-forme en quête de la perle rare qui fait encore défaut à leur équipe. " L'idée, c'était de prémunir les développeurs contre le harcèlement qu'ils peuvent subir, et présélectionner les meilleurs profils pour les entreprises ", explique M. Meunier.

Les investisseurs ont bien compris l'importance du sujet. En moins d'un an d'existence, Talent.io a déjà levé 3 millions d'euros. Et aujourd'hui n'a plus de problème de recrutement. Tous les profils les plus prometteurs sont dans sa base de données.

Sarah Belouezzane

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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