Publié le 30 Juin 2016

Attention aux sondages qui n'ont pas l'air d'être des alertes

A la vue de cet article, on serait tenté de se dire que Marine Le Pen n'a aucune chance lors des futures élections...

Ca serait totalement faux d'en conclure ainsi car les autres partis n'ont pas plus la faveur des Français !

De plus, le Français a déjà montré qu'il pouvait voter pour des gens qu'il n'aime pas ! Dans ce cas, il vote juste pour celui qu'il déteste le moins !

Faisons donc extrêmement attention aux sondages ! Pour le moment, il y a un plafond de verre concernant le vote FN, mais n'oublions pas que le verre casse et que quand il casse, il coupe !

Moi, ce que je vois, c'est que 100% - 56% = 44% de personnes qui pensent que le FN n'est pas un danger pour la démocratie, in fine, qui pensent qu'ils peuvent voter pour cette formation sans coup-férir ! Et cela, pour le coup, ça fait frémir !

De plus, ce n'est pas parce que 62% des sondés affirment ne jamais vouloir voter pour le FN, qu'il n'arrivera jamais au pouvoir ! Si ces 62% sont des abstentionnistes, ils n'empêcheront rien !

Attention donc : le danger FN reste bel et bien présent, en tous cas, tant que la médiocrité sera de mise chez ses concurrents ! Le FN est à son plus haut actuellement, et ce n'est pas l'action actuelle de ses adversaires qui va le faire baisser de si tôt !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 février 2016

***********

Le FN, danger pour la démocratie selon 56 % des Français
Le baromètre annuel de TNS Sofres pour " Le Monde " montre que le parti d'extrême droite atteint un plafond de verre, malgré la progression de ses idées
Le Front national nage en plein paradoxe : plus il se rapproche de la marche qui conduit au pouvoir, plus cette dernière semble haute. La question taraude ses dirigeants au point qu'ils ont décidé de se réunir en séminaire à Etiolles - (Essonne), du vendredi 5 au dimanche 7 février. L'occasion de refaire le film des élections régionales de décembre 2015, quand le FN a obtenu le chiffre record de 6,8 millions d'électeurs au second tour sans être en capacité d'emporter la moindre région.

Les rares frontistes qui croyaient encore à la possibilité de voir Marine Le Pen prendre place à l'Elysée dès 2017 en ont été pour leurs frais. La présidente du Front national est parvenue à élargir l'audience de son parti, mais son essor semble se heurter à un stade critique. Un enseignement conforté par le baromètre annuel sur le Front national réalisé par TNS Sofres pour Le Monde, France Info et Canal+ (échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population, interrogées en face-à-face entre le 28 janvier et le 1er février), qui montre que le FN a toujours un rôle d'épouvantail dans la vie politique française et reste marginalisé.

Parmi les personnes interrogées, 56 % considèrent en effet que la formation lepéniste représente " un danger pour la démocratie en France ". Un chiffre en hausse de deux points par rapport à 2015 et de neuf points par rapport à 2013. Avec ce résultat, Marine Le Pen retourne à la case départ, puisque 56 % des sondés partageaient déjà cette opinion quand elle a succédé à son père à la présidence du FN, en 2011.

Les campagnes électorales successives – départementales puis régionales – durant lesquelles -Manuel Valls a pointé le risque de " guerre civile " en cas de victoire frontiste, ont contribué à renforcer les clivages dont souffre le parti d'extrême droite. 63 % des personnes interrogées se disent toujours en désaccord avec les idées défendues par le Front national, tandis que 54 % d'entre -elles considèrent qu'il a simplement vocation à rassembler les votes d'opposition, lui déniant sa capacité à participer à un gouvernement.

Enfin, 62 % des sondés assurent ne jamais avoir voté pour le Front national et ne pas avoir l'intention de le faire à l'avenir. Difficile dans ces conditions de franchir le seuil de la majorité. " Il y a un plafond de verre à plusieurs niveaux : la part de ceux qui partagent les idées du FN stagne et la part de ceux qui le considèrent comme étant en capacité de gouverner stagne aussi. Cela dit bien ses difficultés à franchir le second tour ", note Emmanuel Rivière, directeur du département stratégies d'opinion de TNS Sofres.

Marqueurs phares
Dans le détail, toutes les idées portées par le Front national ne sont pas écartées, loin de là. Rétablissement du service militaire, défense des valeurs traditionnelles, déchéance de nationalité pour les djihadistes français binationaux, renforcement des pouvoirs de la police et de la sévérité de la justice à l'endroit des " petits délinquants "… Tous ces items sont plébiscités. Mais certains marqueurs phares du programme frontiste sont quant à eux rejetés sans ambages.

La préférence nationale en matière d'emploi réunit ainsi 72 % des sondés contre elle. Quant à la proposition de sortie de la France de la zone euro, elle ne recueille que 26 % d'approbation (contre 34 % en 2011). Seuls les sympathisants frontistes soutiennent à une courte majorité (53 %) la -mesure, qui suscite au contraire la plus franche désapprobation parmi les supporteurs du parti Les Républicains (LR), où seules 13 % des personnes interrogées disent y adhérer.

En se penchant sur leur programme économique et sur la question de l'euro, les responsables frontistes espèrent en tout cas parvenir à attirer cet électorat de droite, parmi lequel les réserves de voix sont a priori les plus importantes pour lui. Mais si une porosité pouvait se faire jour entre droite et extrême droite depuis quelques années, la tendance s'inverse aujourd'hui. En effet, seuls 37 % des sympathisants de LR estiment qu'il convient de nouer des alliances de circonstance avec le FN, un chiffre en baisse de huit points par rapport à 2015. Pire, ils sont même 24 % à considérer que le FN est un parti à combattre, soit seize points de plus qu'il y a un an.

" Rejet pur et simple "
" Pendant les régionales, le FN est davantage apparu aux électeurs des Républicains comme un adversaire que comme un allié potentiel, analyse Emmanuel Rivière. Xavier Bertrand et Christian Estrosi, qui se sont retrouvés dans des duels avec Marine Le Pen et Marion -Maréchal-Le Pen, ont scénarisé cet affrontement. Il y a un vrai clivage qui s'est créé entre le FN et les autres partis de droite. " Seuls 37 % des sympathisants de LR interrogés jugent ainsi le Front national capable de participer à un gouvernement, soit six points de moins qu'en 2015.

L'année qui s'est écoulée semble en tout cas avoir réactivé une forme de défiance à l'endroit du Front national en le braquant plus que jamais sous les feux des projecteurs : 25 % des sondés disent qu'il faut le combattre (cinq points de plus qu'un an auparavant). Et si sa base s'élargit et se solidifie, elle se coupe dans le même temps du reste de l'électorat et de la possibilité de former des alliances pour parvenir un jour aux responsabilités.

" Ce n'est pas tant la question de la crédibilité qui freine le FN que son rejet pur et simple. Au-delà de son côté trublion, il n'y a pas d'envie de lui donner le pouvoir ", estime Emmanuel Rivière. Les mois à venir vont donc s'avérer décisifs pour Marine Le Pen dans la préparation de l'élection présidentielle de 2017, elle qui a toujours fait savoir qu'une simple fonction -tribunitienne ne lui suffirait pas. Le séminaire d'Etiolles devrait apporter les premiers éléments de réponse sur la stratégie qu'elle compte adopter pour vaincre ce phénomène de rejet.

Olivier Faye

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 29 Juin 2016

Quand le Conseil d'Etat fait montre de médiocrité

Dans ce dossier, on était en droit de se poser des questions. Les modalités de pré-selection des candidats ont été changées, ce qui a écarté certaines candidatures. Le Conseil d'Etat dit que tout le monde avait décidé en ce sens. D'accord.

Ensuite, le président du CSA a enjoint les membres du collège de ne pas voter pour certaines personnes, afin de ne pas déstabiliser les entreprises que ces personnes dirigent. Le Conseil d'Etat, dit qu'il n'y a pas de preuves de ces propos. Problème : un témoignage, sans avoir le poids d'une preuve indiscutable, soulèe un doute qui ne peut pas être écarté du revers de la main ! Et le pire, c'est quand ce Conseil affirme : " qu'à supposer que le président du CSA ait effectivement tenu de tels propos lors de cette séance, cette prise de position à l'occasion des délibérations internes au collège sur le choix des candidats à auditionner ne peut être regardée comme constitutive d'une atteinte au principe d'impartialité ". Et là, on est dans l'incompétence la plus absolue ! Quand un président de CSA s'exprime, c'est une atteinte élémentaire au principe d'intégrité ! Un président de CSA doit être neutre et ne pas porter de préférences, ce, sur qui que ce soit !

Cet arrêt du Conseil d'Etat est donc une infamie en matière judiciaire car elle autorise un président de CSA à se comporter en Roi à choisir qui il veut en tant que président de France 2 ! Ce sont des pratiques qui sont indignes d'un pays démocratique comme le nôtre !

Même chose pour les liens de la conseillère Sylvie Pierre-Brossolette avec Madame Ernotte ! Les doutes soulevés sont suffisamment graves pour donner lieu à des actions allant dans le sens d'une annulation de la nomination de Madame Ernotte ! Quand le doute est grand et prégnant, le principe de précaution juridique élémentaire est d'annuler la procédure pour se reporter sur des bases saines et sans équivoque.

Le vote aurait donc du être annulé afin que ces doutes soient levés. Il ne l'a pas été : le poids du doute se porte donc aujourd'hui sur le Conseil d'Etat qui ne sort pas grandi de son arrêt !

Quant à la condamnation pécuniaire, elle est abjecte et indécente... Même le Conseil d'Etat peut être frappé de médiocrité alors même que, prétendument, des gens brillants y officient.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 février 2016

***********

France TV : le Conseil d'Etat valide la nomination de Delphine Ernotte
Deux syndicats mettaient en cause l'impartialité du CSA et la régularité de la procédure de désignation de la présidente du groupe
Le Conseil d'Etat a rejeté, mercredi 3 février, les recours formés contre la nomination de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions. Ces recours avaient été déposés par deux syndicats, la CFDT et la CFE-CGC, qui estimaient que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait abusé de son pouvoir en choisissant Mme Ernotte au terme d'une procédure jugée opaque.

Dans sa décision, le Conseil d'Etat réfute l'argument selon lequel la procédure de nomination était irrégulière. Les plaignants estimaient que le président du CSA avait décidé de manière unilatérale de changer les modalités de pré-sélection des candidats.

Eviction de candidats sérieux
Cette étape de la procédure avait surpris et débouché sur l'éviction de candidats sérieux comme Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, Emmanuel Hoog, président de l'Agence France Presse, et Didier Quillot, ancien dirigeant de Lagardère Active. " Il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de la séance du 15 avril 2015, que c'est l'ensemble du collège qui a délibéré en ce sens ", écrit le Conseil d'Etat.

Les plaignants avançaient un autre argument : le président du CSA, Olivier Schrameck, se serait montré partial en enjoignant aux membres du collège de ne pas voter pour Marie-Christine Saragosse ou Emmanuel Hoog, pour ne pas déstabiliser les entreprises publiques qu'ils dirigent.

Le Conseil d'Etat rétorque qu'" il ne ressort pas des pièces du dossier que le président aurait publiquement pris position en faveur ou en défaveur de l'un quelconque des candidats ".

Et il ajoute " qu'à supposer que le président du CSA ait effectivement tenu de tels propos lors de cette séance, cette prise de position à l'occasion des délibérations internes au collège sur le choix des candidats à auditionner ne peut être regardée comme constitutive d'une atteinte au principe d'impartialité ".

Sur l'accusation d'impartialité visant la conseillère Sylvie Pierre-Brossolette, qui, selon les plaignants, aurait noué des liens avec Delphine Ernotte lors d'un déjeuner, le Conseil d'Etat estime que les faits ne sont pas constitués, faute de preuve pour contredire les démentis des intéressées.

Concernant le reproche d'opacité lié à l'anonymat accordé aux candidats, la juridiction souligne " qu'aucun principe général du droit ne faisait obligation au CSA de rendre publics les noms des personnes ayant fait acte de candidature ou ceux des candidats qu'il avait sélectionnés pour une audition ".

Deux plaintes contre le CSA
Quant à l'idée que la décision du Conseil supérieur de l'audiovisuel soit insuffisamment motivée, la décision la rejette. Ainsi que l'accusation de plagiat du dossier de candidature d'un concurrent, Didier Quillot : malgré des " similitudes terminologiques ", le Conseil d'Etat estime que le dossier présenté par Mme Ernotte, plus long, était " personnel ".

Les deux syndicats sont condamnés à verser chacun à Delphine Ernotte la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Deux plaintes restent en cours au pénal contre le CSA et son président, Olivier Schrameck. Classées sans suite en juillet 2015, elles font néanmoins l'objet d'une instruction depuis que la CFDT et la CGC se sont portées parties civiles.

Alexis Delcambre, et Alexandre Piquard

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 28 Juin 2016

Quand Bruxelles ne remarque qu'aujourd'hui que Paris lui a raconté des bobards !

Il était clair et net que la France racontait des mensonges à Bruxelles ! Cela ne date pas d'aujourd'hui ! Ce qui est marrant c'est que Paris a toujours la faculté de rouler Bruxelles dans la farine, alors même qu'elle est toujours dans l'impossibilité de gérer convenablement son budget !

A croire que Bruxelles est gérée par des imbéciles heureux !

En effet, comment pouvait-on croire un seul instant que les réformes piteuses engagées par la France allait induire quoi que ce soit de positif sur son budget ? Est-on naïf à ce point pour croire que la réforme Macron allait relancer la croissance en France ? Un gamin de 6 ans n'y croirait pas !

En attendant, la dette publique continue à gonfler et nos politiques continuent à ne pas savoir gérer un budget ! Cela fait 30 ans que ça dure, pourquoi devrait-ce cesser à présent alors que les Français ont pris l'habitude de voter encore et toujours pour les mêmes tocards qui ont les mêmes CV ? Science-Po et ENA ne mènent qu'à l'incompétence en matière budgétaire !

En continuant encore et toujours à voter pour la même clique, on se dirige tout droit vers la situation Grecque ! En attendant, la France continue encore et toujours à tomber du 7e étage et à se dire : "jusqu'ici, tout va bien" !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 février 2016

***********

Bruxelles toujours dubitative sur l'Hexagone
La Commission européenne estime que la France ne tiendra pas son objectif de réduction du déficit public
Bruxelles persiste et signe. Dans ses prévisions économiques d'hiver, publiées jeudi 4 février, la Commission européenne confirme ce qu'elle avait déjà pointé dans ses prévisions d'automne, en novembre 2015. La France, à politiques inchangées, ne tiendra pas son objectif de réduction du déficit public sous la barre des 3 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2017. Selon Bruxelles, il sera encore de 3,4 % du PIB en 2016 et, surtout, de 3,2 % en 2017, alors que Bercy vise un déficit de 3,3 % cette année et de moins de 3 % en 2017.

Début 2015, la France s'est pourtant engagée à revenir " dans les clous " du pacte de stabilité et de croissance en 2017. A l'époque, elle était passée à deux doigts d'une sanction, pour n'avoir pas tenu ses engagements de réduction des déficits pris deux ans plus tôt. Mais Paris avait finalement bénéficié de trois ans de répit supplémentaire (jusqu'à 2017, donc), ce qui, alors, a été interprété par de nombreux Etats membres (Pays-Bas, Danemark, pays Baltes) comme un traitement de faveur.

Bruxelles explique avoir réalisé ses projections d'hiver " à politique constante " mais en intégrant les dépenses supplémentaires de sécurité et de défense décidées à la suite des attentats du 13 novembre, qui ne devraient peser que 0,05 % du PIB. La Commission n'a, en revanche, pas pu tenir compte, par " manque de données suffisamment précises ", du nouveau " plan emploi " annoncé par François Hollande en janvier 2016. Sa facture devrait être de 2 milliards d'euros, avait annoncé Bercy, et sera " intégralement compensée par des économies ailleurs, " a promis le ministre des finances, Michel Sapin.

Les fonctionnaires européens ont aussi révisé très légèrement à la baisse les prévisions de croissance hexagonale. Le PIB ne devrait progresser que de 1,3 % en 2016 (contre 1,4 % initialement prévu en novembre). La projection pour 2017 reste, cependant, à 1,7 %.

Bulletin de santé médiocre
Bercy espère encore une croissance de 1,5 % pour cette année. La dette publique devrait continuer à gonfler, à 97,1 % du PIB en 2017. Et le chômage se maintiendra à des niveaux très élevés : 10,5 % de la population active cette année, et un tout début d'inflexion, à encore 10,3 % en 2017, si les calculs de Bruxelles sont bons (le " plan emploi " n'est, là non plus, pas pris en compte).

Un bulletin de santé médiocre, donc, pour la deuxième économie de la zone euro, même si l'impact économique des attentats de novembre sur la croissance et la confiance pour 2016 devrait rester faible. Selon la Commission, " l'investissement ne devrait reprendre - en France - que graduellement, alors que les exportations nettes continuent d'avoir un impact négatif sur la croissance ".

Plus globalement, Bruxelles ne cachait pas sa prudence, voire son inquiétude, jeudi, face aux nuages qui s'amoncellent sur la croissance mondiale, et menacent la faible croissance européenne. La Commission a légèrement revu à la baisse la progression du PIB de la zone euro, qui devrait croître de 1,7 % en 2016 (contre 1,8 % espéré en novembre), et de 1,9 % en 2017. La croissance pour toute l'Union restera stable, à 1,9 % en 2016 puis 2 % en 2017 (contre respectivement 2 % et 2,1 % prévus en novembre). Le décalage persiste avec les Etats-Unis, dont le PIB devrait encore progresser de 2,7 % en 2016 et de 2,6 % en 2017.

" Il apparaît maintenant que certains facteurs favorables à la croissance, comme le bas prix des carburants, le faible coût du crédit ou la baisse de l'euro face au dollar, devraient être plus intenses et durer plus longtemps qu'initialement prévu. Mais dans le même temps, les risques sur les économies ont augmenté : le ralentissement de la croissance chinoise, des échanges internationaux, l'incertitude politique et géopolitique qui grandit ", relève la Commission.

Dans ce contexte, les divergences entre les économies des pays européens sont toujours aussi prononcées. Notamment au sein de la zone euro. L'Allemagne reste sans conteste le moteur de l'ensemble, avec une croissance solide (1,8 % anticipé pour 2016 et 2017), un chômage à seulement 4,9 % de la population active en 2016 (5,2 % en 2017). Et un afflux considérable des migrants (1,1 million en 2015) entraînant des dépenses publiques pour l'accueil et l'intégration, qui " devraient contribuer à la croissance dans l'horizon de temps de nos prévisions ", assure la Commission, sans cependant s'avancer sur un chiffrage de la " crise des réfugiés " en Allemagne.

A l'autre bout du spectre, il y a la Grèce, en plein programme d'austérité imposé par ses créanciers internationaux, dont le PIB restera en recul, mais moins que redouté (– 0,7 % en 2016). Mais il y aussi l'Irlande, dont l'économie devrait continuer de fortement rebondir (+ 4,5 % de croissance en 2016), ou l'Espagne, dont la croissance se confirme (+ 2,8 % en 2016).

Cécile Ducourtieux

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 27 Juin 2016

Les taxis et VTC doivent avoir les mêmes obligations

VTC et taxis font le même job, ils doivent donc les mêmes obligations ! Dans un pays où le mot 'égalité' est gravé dans le marbre, on ne peut pas continuer à taxer à ce point les taxis et laisser les VTC marcher sur leurs plates-bandes sans aucune obligation !

De deux choses l'une : ou l'on charge les VTC, ou on décharge les taxis !

En clair : égalité pour tous pour que tout le monde puisse courir le 100 mètres avec les mêmes armes, et tant pis pour les moins bons !

Il n'est pas normal que les licences, délivrées par l'Etat, puissent être vendues comme un vulgaire paquet de cigarettes à la loi du marché ! Ce métier doit être fortement dérèglementé car il n'est pas normal qu'une personne qui veuille faire taxi soit freinée dans son droit fondamental à entreprendre !

D'un autre côté, il est totalement anormal que les taxis soient à ce point étouffés par le RSI qui les saigne véritablement ! Ce travail doit donc être dérèglementé, car il n'y a aucune raison qu'il ne le soit pas, et doit être fortement moins chargé afin que chacun puisse vivre décemment de son travail, d'autant plus que VTC comme taxis ne comptent pas leurs heures !

Ces prérequis valent, bien entendu, pour les conditions d'octroi de la profession, qui doivent être communes aux taxis et VTC. Il faut donc une même formation pour des conditions de travail comparables !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 février 2016

***********

" Je n'ai aucune envie de retourner à mes cars "
Chauffeur de VTC, Randy Amisi a manifesté, mercredi 3 février, à Paris. Il défend son statut, qui lui a permis de créer sa société et d'embaucher deux chômeurs
Sous les essuie-glaces de sa Mercedes classe C, Randy Amisi, 30 ans, a glissé deux feuilles au format A4. La première dit " Manuel Valls = G7 ", du nom du premier ministre et de la plus importante compagnie de taxis de la capitale. Sur la seconde : " Touche pas à mon emploi. "

Il roule au pas boulevard des Invalides, à Paris. Sa berline noire fait partie du cortège de 550 véhicules qui, à l'appel de l'association Alternative mobilité transport (AMT), s'est ébranlé, mercredi 3 février, entre la gare Montparnasse et le pont Alexandre-III. Il est midi. Le soleil d'hiver flatte le tableau de bord de sa voiture, achetée en leasing " 50 000 euros ". Les vitres étouffent les coups de klaxons. Très vite, derrière le costume gris, pointe l'angoisse d'un jeune PDG aux dreadlocks noires. " Si je ne peux plus travailler demain, que va-t-il se passer ? ", s'inquiète l'ancien chauffeur d'autocar, titulaire d'un bac professionnel.

Jeudi 28 janvier, Manuels Valls a annoncé vouloir mettre fin au détournement du statut de chauffeur de transports collectifs, régi par la loi d'orientation des transports intérieurs (Loti). Ce statut accorde à son titulaire le droit de conduire des groupes inférieurs à dix personnes mais d'au minimum deux passagers. Il s'obtient après un examen, comme pour les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Mais le sésame est moins coûteux et s'obtient dans un délai plus court, car il n'impose pas les 250 heures de formation instaurées, en 2013, pour les VTC.

Selon les organisations de taxis – trois jours durant, fin janvier, elles ont organisé des barrages dans Paris, aux abords des aéroports d'Orly et de Roissy et en région –, les compagnies de VTC privilégient depuis des mois les chauffeurs dotés de la carte Loti (de 15 % à 20 % des chauffeurs connectés à des plates-formes de type Uber relèveraient de ce statut). " Des milliers d'emplois en dépendent ", reconnaît l'AMT.

Les dirigeants de G7 et les organisations syndicales veulent mettre fin à cette hémorragie. Le secrétaire d'Etat aux transports, Alain Vidalies, a envoyé une mise en demeure à toutes les plates-formes ; il leur demande de produire la liste de toutes leurs sociétés partenaires. Objectif : identifier les chauffeurs dits " Loti ". " Quelles en seront les conséquences ? ", s'inquiète Yves Weisselberger, président de la Fédération des entreprises de transport de personnes sur réservation (FETPR), qui défend les intérêts des VTC.

Le ministère rappelle qu'à défaut de réponse " le gouvernement engagera toutes les procédures administratives et juridictionnelles pour faire cesser les pratiques illégales ". En clair, les plates-formes de VTC pourraient devoir déconnecter tous les chauffeurs Loti.

L'affaire affole les intéressés, qui voient le sol se dérober sous leurs pieds. Selon Randy Amisi, cette voie était précisément celle qu'Uber lui avait " conseillé " d'emprunter en 2013, pour se connecter à ses services et obtenir des courses, dont il reverse 20 % du montant à la plate-forme. La compagnie Chauffeur-Privé accepte aussi le statut Loti, assure M. Amisi.

" L'avenir fait peur "
Pour obtenir sa carte Loti, le chauffeur dit avoir passé des " examens de compta et de législation ". Il a aussi monté une société à responsabilité limitée (SARL). Effrayé par le montant de charges à payer au titre du régime social d'indépendant (RSI), il a préféré créer une société anonyme, appelée Diamond Travel Paris, dont il est devenu " le PDG ".

Après avoir d'abord loué une voiture, Randy Amisi a acquis en 2015 sa Mercedes, à crédit et grâce à son beau-père, qui a accepté de se porter caution.

Il a aussi embauché deux proches de Savigny-sur-Orge, où il habite depuis son arrivée du Congo à l'âge d'un an. " J'ai recruté un Antillais de 31 ans et un Algérien de 28 ans, qui avaient des difficultés à trouver un job ", tient-il à souligner. Les deux roulent dans des voitures de location, environ " dix heures par jour ". Leur salaire navigue entre 1 500 et 2 000 euros brut par mois, au prorata du chiffre d'affaires réalisé.

Randy Amisi, lui, se verse " 500 à 1 000 euros de salaire par mois " et rêve des " dividendes " qu'il s'accordera en fin d'exercice. Son chiffre d'affaires atteint 10 000 euros par mois. " Et là, franchement – et ce n'est pas la bagnole qui fait ça –, je gagne en estime de soi ", dit-il, tout étonné d'avoir par ailleurs " sorti de là " deux copains et d'être passé " dans l'autre camp, celui du patron ".

Mais " l'avenir fait peur ", avoue le trentenaire, qui a prévu d'épouser la mère de ses enfants en 2017. " On ne m'a jamais dit qu'en étant “Loti” je ne pouvais pas être VTC ", note-t-il. De facto, les procès-verbaux ont été rares. Quelques cas ont été mentionnés fin 2015, selon la FETPR. Le flou juridique dans lequel opère le secteur des VTC agace M. Amisi. " Demain, si les Loti sont interdits sur les plates-formes de VTC, que deviendront mes deux employés ? Ils vont retourner gratter leurs Assedic, c'est ça ? ", s'emporte-t-il. Avant de glisser : " Moi, je n'ai aucune envie de retourner à mes cars. "

Juliette Garnier

Le contexte
Le gouvernement a publié, mercredi 3 février, le décret précisant les modalités de l'examen désormais nécessaire pour devenir VTC. Il remplace une formation de 250 heures, obligatoire depuis 2013. Le candidat devra obtenir la note de 12 sur 20 à un questionnaire de 110 questions. Gilles Boulin, co-directeur du groupement de taxis Gescop, juge cet examen " trop facile " et ses " sessions trop fréquentes ". Chez G7, qui vient d'assigner Uber en référé au tribunal de commerce pour concurrence déloyale, la filiale Taxis Bleus espère que " ce texte n'est que transitoire " avant l'adoption d'un tronc commun de formation pour taxis et VTC.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 24 Juin 2016

Un article pas assez précis pour donner lieu à quelconque conclusion

Très clairement, cet article souffre d'un très grand défaut : celui de ne pas être suffisamment précis et d'être polémique.

En effet, on parle de l'ensemble des Français, y compris ceux qui travaillent à temps partiel, mais on ne dit pas si le temps partiel est voulu ou subi ! Ca change tout ! Si le temps partiel est subi, la paie sera forcément en conséquence !

Il faut donc parler revenus... ce que l'article ne fait pas...

Pour mémoire, en 2012, un salarié moyen gagnait 4 020,8 $ aux Pays-Bas, tandis qu'il gagnait 3 479,2 $ en France.

On essaie donc de nous faire croire que le Français est dans la moyenne européenne, alors que l'on prend en compte les salariés en temps partiel, y compris subis, ce qui révèle une pauvreté de notre marché du travail...

Ce qui est encore le plus gênant, c'est que l'emploi en temps partiel est une notion très large : si il est subi, il est très différent du choisi ! Ainsi, comparer les temps partiels aux Pays-Bas et en France n'est pas sans risque !

Cet article est donc utile pour voir comment les Pays-Bas peuvent avoir une économie meilleure que la nôtre avec des temps partiels. Il est beaucoup moins utile pour justifier la faiblesse des heures travaillées Françaises...

En effet, le bénévolat peut être source de croissance ! Ce que la réception d'allocations chômages le cul assis devant la télé, n'est pas... De plus, quand on voit que des activités comme l'auto-entreprenariat sont pris comme des activités non salariées, ça laisse songeur, car c'est du travail !

L'article dit que le temps de travail est considéré comme le mal Français. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas le seul et loin s'en faut, mais il n'en demeure pas moins qu'il est d'importance car notre pays pousse, de multiples façons, à l'oisiveté en ayant dénigré sa valeur au travail. D'autres pays, dont les Pays-Bas, ont pris une voie annexe par le travail bénévole ou l'auto-entreprenariat.

Bref, je mets un gros bémol sur cet article qui a trop tendance à vouloir comparer des situations incomparables et, de par ce fait, à ne pas entrer suffisamment dans le détail. Bonne démarche, mais à fortement approfondir pour éviter les conclusions par trop hâtives !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 février 2016

**************

Aux Pays-Bas, on travaille en moyenne trente heures par semaine
Alors que la polémique sur les 35 heures rebondit en France, nos voisins néerlandais affichent les avantages sociaux et économiques de la réduction du temps de travail
Les nouvelles mesures économiques annoncées par le gouvernement Valls marquent une nouvelle charge contre les 35 heures. Véritable totem, le temps de travail légal français est accusé de nuire à la compétitivité en augmentant le coût du travail. Pour autant, plusieurs pays proposent un autre modèle, à l'instar des Pays-Bas, où la semaine de travail moyenne est bien plus courte que dans l'Hexagone.

Les salariés français travaillent-ils vraiment moins que leurs homologues européens ? La réponse dépend de la lecture adoptée. S'il est vrai que la durée française de travail à temps complet se situe parmi les plus basses d'Europe, avec 1 661 heures annuelles, elle est en revanche dans la moyenne européenne si l'on intègre les temps partiels : 1 536 heures travaillées, selon l'institut Cœ-Rexecode. Les Pays-Bas sont le pays d'Europe où, en incluant ces temps partiels, les habitants travaillent le moins en termes de volume horaire :1 357 heures par an, soit une semaine moyenne de… 30 heures !

Le temps partiel est particulièrement répandu aux Pays-Bas, où il concerne 50,4 % des employés, contre 18,9 % en France. Beaucoup travaillent aux 4/5e. Depuis 2000, une loi donne même aux citoyens le droit de demander un temps partiel. Ce type de contrat est en effet mieux considéré : loin de ne -concerner que les emplois précaires, il est appliqué jusqu'aux plus hauts niveaux de la hiérarchie. Il n'est pas rare de voir le directeur d'un département universitaire ou la responsable financière d'une entreprise ne pas travailler une journée par semaine.

A ce temps partiel s'ajoute une grande flexibilité du contrat de travail. Si la durée de travail maximum est de 45 heures hebdomadaires et de 10 heures par jour, il est possible d'adapter son temps de travail en fonction de ses obligations : concentrer un temps plein (environ 40 heures) sur quatre jours, adapter son temps partiel sur l'ensemble de la semaine, fixer des horaires de travail spécifiques, voire travailler depuis chez soi.

Cette moyenne de 30 heures permet de dégager du temps pour exercer d'autres activités favorisant le développement personnel : vie familiale, sociale, volontariat et formation. Les cours du soir notamment connaissent un succès considérable auprès des Néerlandais, qui continuent à se former tout au long de leur vie. Quant au volontariat, près de la moitié de la population s'y consacre à hauteur de quatre à cinq heures hebdomadaires.

Activités non rentables
Etre utile pour la société et favoriser son développement personnel, telles sont les motivations principales pour travailler en dehors du cadre salarié, selon Els van Schijndel, de l'Agence des volontaires d'Amsterdam (VCA). Au-delà de l'emploi, le travail permet d'être intégré socialement, de trouver sa place et son rôle dans une société qui valorise l'activité. La réduction du temps de travail et le développement d'activités non salariées participent du partage du travail et d'une réduction de l'exclusion sociale.

Le pays, pourtant considéré comme très libéral, mise largement sur les atouts des activités non salariées. Le temps libre gagné laisse en outre la possibilité de développer d'autres activités comme l'auto-entreprenariat, le travail indépendant ou les engagements associatifs.

Ces heures travaillées permettent, d'après Michaëla Merkus, chargée d'étude chez Movisie, organisme néerlandais de recherche sur le volontariat, d'assurer de nombreuses activités essentielles non rentables qui reposaient traditionnellement sur la collectivité. Elles offrent la possibilité de reproduire des solidarités locales en recréant du lien social et de la proximité. Le volontariat, traditionnellement très institutionnalisé aux Pays-Bas, renforce certaines missions de l'Etat. Il est essentiel au bon fonctionnement de la société néerlandaise, dont l'indice de développement humain (IDH), qui prend en compte le niveau de richesse, de santé et d'éducation, la place au 5e rang mondial en 2014, quand la France n'en occupe que le 22e.

Néanmoins, la crise économique a dévoyé la démarche initiale de réduction du temps de travail. La difficulté à s'insérer sur le marché de l'emploi incite de nombreux jeunes à effectuer du volontariat pour enrichir leur CV et accroître leur employabilité. L'Etat lui-même, dans un contexte d'austérité budgétaire, se désengage d'un nombre croissant d'activités, notamment dans le secteur de la santé, de l'éducation ou de la culture, que des bénévoles doivent donc reprendre.

L'exemple néerlandais invite à s'interroger sur la pertinence de faire du temps de travail la cause des maux de l'économie française. En atténuant la frontière entre emploi et travail, les Pays-Bas repensent la notion même d'activité, sans basculer dans une société " ubérisée ". En choisissant un angle qualitatif plutôt que quantitatif, ils offrent ainsi un regard plus raisonné sur le travail. A l'heure où les risques socioprofessionnels deviennent un sujet majeur et où les burn-out se multiplient, il semble nécessaire de se pencher sur la qualité de vie au travail au-delà de sa simple durée. La question est également de partager le travail et les richesses avec l'ensemble des actifs. La France comptait ainsi, en novembre 2015, 10,1 % de demandeurs d'emploi, contre 6,8 % aux Pays-Bas.

Après avoir très largement contribué à l'émergence du capitalisme, notamment en créant en 1602 la première multinationale, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, les Néerlandais seraient-ils en train d'inventer une nouvelle relation au travail éloignée de celle développée par l'Allemagne et ses travailleurs pauvres ? Certaines initiatives semblent l'indiquer, comme l'expérimentation à Utrecht depuis janvier 2016 d'un revenu minimum universel sur un groupe de 300 citoyens au chômage.

par Céline L'Hostis

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 23 Juin 2016

Quand nos politiques veulent nous faire croire qu'ils sont compétents

A la lecture de cet article, on croit tout d'abord que nos politiques sont devenus compétents : se soucieraient-ils enfin de la bonne marche économique des institutions ?

Et puis, en creusant un peu, on se rend compte qu'il n'en est rien. Sous principe de dépenser toujours plus d'argent afin de tomber dans le populisme et la démagogie de bas étage, ils se sont enfermés dans une logique où l'emprunt était la pierre angulaire de l'économie locale.

Ils se soucient donc peu de la pérennité économique de leurs actions : seul compte le désir d'être élu et réélu. Pour cela, tout est bon à prendre, y compris de souscrire à des emprunts pour faire plaisir à tout le monde, comme si un père de famille, voulant absolument se faire aimer de ses enfants, dépensait sans compter en Playstation 4 et jeux vidéo de toutes sortes, ce, sans se soucier le moins du monde s'il a les moyens de le faire ou non, puisque Cofidis est là pour ça...

Sauf que, souscrire des emprunts, c'est bien, mais il faut les rembourser.

Les politiques locaux ont donc pris, un peu tard, conscience du problème, mais plutôt que d'avouer leurs fautes, ils ont réussi, vis à vis des personnes les plus crétines, à faire croire qu'ils avaient sauvé la population !

La vérité est toute autre : cette situation a été créée par eux et par eux seuls, et cette bévue coûte la bagatelle de 20 millions d'euros dépensés en pure perte.

Alors oui, ça aurait pu être encore plus grave, mais ça l'est déjà suffisamment car aucune institution publique ne peut se permettre de perdre 20 millions d'euros de cette manière.

N'oublions en effet jamais que le fond de soutien dont on parle dans cet article est de l'argent public, in fine, l'argent du contribuable !

De plus, 3.32% à l'heure actuelle, on ne peut pas dire que l'opération soit particulièrement intéressante, quand le ménage moyen peut emprunter à moins de 3% !

Il est donc temps de renvoyer ces politicards professionnels à leurs chères études et faire appel à de véritables responsables qui sauront mettre l'intérêt général avant leur désir d'être toujours et toujours réélus...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 février 2016

***********

Comment Romans-sur-Isère, victime des emprunts toxiques, a réussi à se désendetter
La ville a bénéficié d'une nouvelle disposition introduite dans la loi de finances pour 2016
Comme de nombreuses autres collectivités, Romans-sur-Isère (Drôme) fait partie de ces villes piégées par des emprunts structurés à risque – dits " emprunts toxiques " – contractés dans les années 2000. Depuis lundi 1er février, après l'adoption d'une délibération votée en conseil municipal, elle est devenue la première collectivité à sortir de ces prêts toxiques tout en se désendettant. Une première rendue possible grâce à une disposition introduite dans la loi de finances pour 2016, complétée par un décret du gouvernement, publié le 29 décembre 2015, modifiant la méthode de calcul des ratios financiers pour les collectivités territoriales bénéficiant du fonds de soutien. En gros, celui-ci permet de défalquer l'aide du fonds de soutien de la dette par habitant.

L'opération est exemplaire. " Si la ville de Romans a pu renégocier, c'est d'abord parce qu'il y a le fonds de soutien, note Régis Baudoin, directeur, à Bercy, du dispositif de sortie des emprunts à risque. Mais ça n'aurait pas été suffisant sans le nouvel aménagement de la loi de finances, qui permet d'emprunter moins cher. Ce travail s'est fait au sein du Parlement. "

C'est en effet par un amendement parlementaire que ce nouveau cadre juridique, plus favorable aux collectivités territoriales, a été mis en place. Elue en avril 2014 maire de Romans, Marie-Hélène Thoraval (Les Républicains), si elle ne découvre pas la situation d'endettement de la ville – 60 millions d'euros, composés à plus de 55 % de prêts toxiques, soit 1 736 euros par habitant –, est en revanche fermement résolue à engager une stratégie de désendettement. L'envolée du franc suisse, début 2015 – certains taux d'intérêt pouvant monter jusqu'à 16,8 % –, transforme cette résolution en " impérieuse nécessité ".

" Ça nous est tombé dessus comme une douche froide, raconte la maire. Il nous fallait impérativement trouver une solution pour des financements nouveaux. Nous avons engagé des négociations avec la Société de financement local. Le fonds de soutien était prêt à nous accompagner à hauteur de 19,6 millions d'euros, mais cela ne couvrait pas l'intégralité des indemnités de remboursement anticipé dont nous aurions dû nous acquitter. Moi, je voulais faire une opération blanche. "

Aide de 19,6 millions d'euros
C'est sur la question des taux de réemprunt que ça coince : la loi prévoit que ceux-ci sont indexés sur le taux de l'usure du jour. Marc Goua, député (PS) de Maine-et-Loire et maire de Trélazé, ville elle aussi concernée par des emprunts toxiques, a présenté, lors de la discussion, à l'automne 2014, du projet de loi de finances pour 2015, un amendement visant à substituer les taux appliqués à la date de l'emprunt. L'amendement avait alors reçu un avis défavorable du gouvernement.

" Sans doute n'avais-je pas suffisamment expliqué l'intérêt de l'opération, qui permet d'étaler dans le temps le remboursement et de faciliter les sorties de crédit pour les collectivités et pour le prêteur ", se défend le député. Toujours est-il que, cette fois, le travail engagé par la ville de Romans et celui poursuivi par le député de Maine-et-Loire vont se révéler payants. L'amendement est repris par Christine Pires Beaune (PS, Puy-de-Dôme), rapporteure spéciale des crédits de la mission relations avec les collectivités territoriales, puis par Valérie Rabault (PS, Tarn-et-Garonne), rapporteure générale du budget. Le gouvernement donne un avis de sagesse, l'amendement est adopté à l'Assemblée nationale.

Grâce à ce dispositif, la ville de Romans-sur-Isère a pu obtenir des prêts à taux fixe de 3,32 % à 4,49 %, tout en bénéficiant d'une aide de 19,6 millions d'euros du fonds de soutien, ce qui lui a permis de se désendetter immédiatement d'un million d'euros.

" Une opération financière inespérée ", se félicite Mme Thoraval. " J'espère bien que d'autres collectivités se saisiront de cette opportunité comme Romans l'a fait ", appuie M. Baudoin, convaincu que cette première peut servir d'exemple.

Patrick Roger

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 22 Juin 2016

Comment a-t-on pu mettre 10 ans à cette femme et seulement 8 à Bertrand Cantat ?

Il n'y a qu'une seule chose qui me choque dans cette histoire : la différence de traitement entre le verdict de Mme Jacqueline Sauvage et celui de Bertrand Cantat !

M. Bertrand Cantat se prend 8 ans pour avoir retiré la vie à sa compagne. Pendant ce temps, Mme Jacqueline Sauvage se prend deux années de plus pour avoir voulu se défendre de faits semblables à ceux de Bertrand Cantat !

De qui se moque-t-on ? C'est ça la justice ?

On a eu raison de condamner Mme Jacqueline Sauvage car on ne peut se faire justice soi-même. Mais 10 ans, n'est-ce pas un peu trop pour de telles circonstances atténuantes ? Et surtout, comment a-t-on pu ne mettre que 8 ans à cet autre enculé de Bertrand Cantat qui est sorti au bout de 4 ans ?

La justice a failli dans cette histoire ! Un président de Cour d'assises qui se respecte aurait du rappeler le précédent Cantat et on n'aurait jamais du arriver à un tel verdict !

Ce verdict marque le sceau de l'infamie sur notre justice, qui n'a de justice que le nom...

Honteux !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 janvier 2016

*************

Le dossier Jacqueline Sauvage à l'Elysée
M. Hollande, saisi d'une demande de grâce, devait recevoir les filles de cette femme vendredi
Les événements s'accélèrent autour de Jacqueline Sauvage, cette mère de famille de 68 ans reconnue coupable d'avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012. Un époux qui l'a battue pendant quarante-sept ans et qui a abusé de leurs enfants.

Tandis que la mobilisation grossit autour de ce cas érigé en symbole des violences conjugales – qui ont conduit à la mort de 118 femmes en 2014 –, François Hollande devait recevoir, vendredi 29 janvier, les trois filles de Mme Sauvage ainsi que ses avocates, Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Celles-ci ont déposé une demande de grâce présidentielle le 22 décembre 2015.

Le calendrier semble avoir été bousculé alors que, mardi encore, l'entourage du président, prudent, expliquait : " Il y a une procédure, il faut la respecter. " La chancellerie indiquait aussi à ce moment-là que le dossier complet, comportant différents avis, serait transmis au président dans la -seconde quinzaine de février. " On ne s'attendait pas à ce qu'il les reçoive si vite ", a réagi, jeudi, Eva Darlan, la comédienne qui a pris fait et cause pour Jacqueline Sauvage depuis l'annonce de sa condamnation en appel à dix ans de réclusion, le 3 décembre, devant la cour d'assises du Loir-et-Cher. -Féministe convaincue, Eva Darlan a elle-même connu des violences physiques et sexuelles qu'elle a révélées dans un livre, en 2013.

Mobilisation en dents de scie
" Effarée " par la condamnation de Mme Sauvage, elle a " pris contact et proposé - son - aide à ses avocates, pour créer un comité de soutien ". Mercredi, ce comité interpellait le chef de l'Etat sur Lemonde.fr, dans un texte qui rappelait les renoncements de la présidence en matière de droits des femmes.

Parmi les signataires, figurent l'ancienne ministre socialiste -Marie-Arlette Carlotti, la maire de Paris, Anne Hidalgo, la chanteuse Véronique Sanson, l'ex-député européen Daniel Cohn-Bendit ou encore l'actrice Anny Duperey et l'humoriste Guy Bedos.

La mobilisation a également pris la forme d'une pétition qui agrège aujourd'hui plus de 390 000 signatures sur le site Change.org. Trois femmes en sont à l'origine : " On ne se connaissait pas il y a un mois et demi mais depuis le premier rassemblement, on est en contact quasi nuit et jour ", explique l'une d'elles, Carole Arribat. Cette assistante de direction de 39 ans, en voie de reconversion, a d'abord suivi de loin l'affaire Sauvage. Elle n'est pas militante mais une " ancienne victime de violences conjugales ". Alors, quand le verdict est tombé, elle lance une pétition.

Au même moment, Karine -Plassart, fondatrice de l'antenne Osez le féminisme dans le Puy-de-Dôme, prend la même initiative. Véronique Guegano, une commerciale à l'origine du premier rassemblement parisien organisé le 12 décembre, est la troisième figure de ce pôle citoyen.

Carole Arribat raconte une mobilisation en dents de scie, au gré des initiatives sur les réseaux sociaux. Samedi 23 janvier, un rassemblement a réuni 200 personnes à Paris. Des organisations féministes étaient présentes et, devant le centre pénitentiaire d'Orléans-Saran où Jacqueline Sauvage est incarcérée, les Femen ont organisé un happening. Le lendemain, la maire de Paris a apporté son soutien à la demande de grâce. L'ancien premier ministre François Fillon, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, ou encore le dirigeant du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, lui ont emboîté le pas.

" Légitime défense différée "
Pour Me Nathalie Tomasini, " le fait qu'Anne Hidalgo se positionne a enflammé la classe politique ". Elle précise aussitôt : " La droite a montré qu'elle était plus réactive. " De fait, c'est la députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône, -Valérie Boyer, qui a été la plus active sur le dossier, réunissant dès le 8 décembre 2015 une trentaine de soutiens parlementaires. Pour une raison simple : cette proche de La Manif pour tous planche avec Me Tomasini depuis un an sur une proposition de loi visant à créer la notion de " légitime défense différée " pour les femmes battues en " danger de mort permanent ".

Mardi, sans craindre la surenchère politique, Mme Boyer et la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet ont rendu visite à Jacqueline Sauvage. Une rencontre immortalisée en photo et couverte par la presse. Récupération ? Me Tomasini l'assume. Face à un " verdict injuste ", " il faut savoir se servir des médias ".

Le site Internet de son cabinet spécialisé dans les violences conjugales regorge d'extraits d'entretiens accordés à des chaînes de télévision. On y trouve aussi la référence du livre d'une ancienne cliente, Alexandra Lange, acquittée en 2012 du meurtre de son mari, tué d'un coup de couteau à la gorge alors qu'il tentait de l'étrangler. La légitime défense avait alors été retenue, notamment suite à l'avis de l'avocat général, Luc Frémiot, qui regarde aujourd'hui circonspect un " dérapage médiatique et populaire ".

Pour ce magistrat, " il ne faut pas assimiler la réponse à la demande de grâce au fait de savoir s'il s'agissait de légitime défense ". Ce serait " tordre le droit pénal " et les décisions de deux jurys populaires. Quant au concept de légitime défense différée, " ce serait demander aux femmes d'apprécier la situation et de décider seule du passage à l'acte, c'est inacceptable. C'est d'une certaine manière une démission des institutions ".

Lui plaide depuis des années pour une formation des policiers, gendarmes et magistrats, des signalements et des recueils de plainte plus systématiques, des groupes de parole pour sortir de la " honte et la culpabilité ", l'éviction du conjoint du domicile… Une meilleure application de la loi, en somme.

Julia Pascual

GRÂCE PRésidentielle
Droit régalien, inscrit à l'article 17 de la Constitution, la grâce présidentielle consiste en une suppression ou une réduction de peine. La condamnation demeure. Pendant la campagne de 2012, François Hollande avait dit ne pas y être favorable, par principe. Cela rappelle " une autre conception du pouvoir ", disait-il, en ciblant Nicolas Sarkozy. Le président socialiste l'a cependant exercé une fois et de façon partielle en faveur du plus ancien détenu de France, Philippe El Shennawy, condamné pour plusieurs braquages et évasions et libéré en janvier 2014.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 21 Juin 2016

Quand le FN démontre son incompétence dans les instances régionales

Ces faits démontrent bien que le FN est un incompétent notoire. Polémiques, dérapages ont eu lieu et l'intérêt général a été envoyé aux calendes Grecques.

Ceci est la preuve évidente que le vote FN a été néfaste à l'intérêt du citoyen. Il en porte malheureusement la majeure partie de la faute en ayant cru, naïvement, qu'un parti raciste et xénophobe pouvait faire montre de la plus quelconque des compétences.

En attendant, on a payé des élus à tergiverser pendant 13 heures, ce qui a forcément nui à la qualité des débats.

Souvenons-nous de ces évènements afin de ne pas revoter pour ces tocards à l'avenir !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 janvier 2016

*************

Le FN perturbe le conseil régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie
La première séance plénière a duré plus de treize heures, jeudi. Les élus d'extrême droite n'ont eu de cesse de polémiquer, jusqu'au dérapage
La première séance plénière du nouveau conseil régional de Nord-Pas-de-Calais-Picardie ne comptait que onze points à l'ordre du jour. Elle aura pourtant duré plus de treize heures, jeudi 28 janvier. En l'absence de la conseillère régionale Marine Le Pen, retenue à Milan (Italie) pour un meeting du groupe parlementaire européen d'extrême droite Europe des nations et des libertés, c'est son collègue Philippe Eymery qui s'est chargé de multiplier les attaques procédurières contre le nouveau président du conseil régional, Xavier Bertrand (Les Républicains), et son groupe. Il aura fallu patienter cinq heures avant d'entrer dans le vif des délibérations.

Réclamant à tout-va des suspensions de séance, le président du groupe FN a tenté de mettre à bout M. Bertrand. En vain. Ce dernier avait pourtant annoncé vouloir agir rapidement et avec pragmatisme. Or, pour voter son programme de 40 millions d'euros d'allégements de cotisations sociales pour les entreprises de moins de 250 salariés qui créeront des emplois, le plan d'urgence pour les agriculteurs ou l'aide aux transports de 20 euros par mois pour 10 000 salariés obligés de prendre leur voiture pour se rendre au travail, il a fallu être patient. Très patient. Et au bout d'une dizaine d'heures, certains élus ont dérapé.

" Le FN est tout sauf Calais "
Un cap a été franchi vers 22 heures. Après le dépôt d'une motion de Philippe Eymery demandant le démantèlement des camps de migrants, notamment celui de Grande-Synthe (Nord), les esprits se sont échauffés. " M. Bertrand, vous avez été ministre sous Chirac et Sarkozy, donc vous êtes coresponsable de cette situation. Un jour, l'histoire vous jugera ! ", a lancé le président du groupe FN, avant d'évoquer " les trafics, les mafias et les viols " autour des camps du Calaisis.

Dans l'hémicycle, la cinquantaine d'élus frontistes a alors brandi des pancartes " Je suis Calais " et " Je suis Grande-Synthe ". Chahut au sein de l'assemblée. Puis le conseiller régional FN Jacques Danzin a lancé à l'exécutif : " Vous nous prenez pour des niacoués?! " Xavier Bertrand le fait répéter et, à 22 h 50, Gérald Darmanin, vice-président LR, annonce qu'il y aura une suite juridique à l'utilisation de ce " vocabulaire qui n'est pas celui de - s - a famille politique ". C'est pour l'ancien député " infâme et insupportable ", et cela a un" relent colonial ".

La maire de Calais (LR), Natacha Bouchart, est, elle aussi, choquée : " Je suis Calais. Le FN est tout sauf Calais. M. Eymery, vous êtes pour moi quelqu'un de sans importance. Vous avez malmené cette séance depuis huit heures. Vous avez défendu la forme et pas le fond. Et vous n'avez aucune conscience de ce que c'est que gérer une mairie. Votre motion incite à la haine. "

L'assemblée se lève pour entonner La Marseillaise en soutien à la conseillère régionale. Avant de clore cette longue journée pendant laquelle les élus du FN se seront quasi systématiquement abstenus de voter, M. Bertrand répète combien M. Eymery est procédurier et tatillon. " Mais le plus important, dit-il, c'est que vous avez montré votre vrai visage, celui de la haine et du mépris. "

Laurie Moniez

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 20 Juin 2016

Le référendum d'entreprise : une bonne idée en matière de droit du travail

Pourquoi des organisations syndicales seraient toutes puissantes dans le monde du travail et devraient outrepasser le droit à l'expression de tous les salariés ? Ce n'est pas parce qu'elles ont été élues, qu'elles ont le droit de ne pas écouter les salariés, bien au contraire !

En ce sens, le référendum d'entreprise, car remettant au centre la voix du salarié vis à vis des représentants du personnel est plutôt une bonne chose !

L'organisation syndicale est là pour servir le salarié, non l'inverse !

Ainsi, quand on voit la position de la CGT en la matière on est frappé par le fait que cette organisation met son idéologie avant le critère de satisfaction de ses électeurs : en ce sens, elle ne mérite pas son poids par le vote des salariés. Ils ne s'y tromperont donc pas longtemps en se détournant de cette organisation qui a aujourd'hui montré que l'intérêt général n'était pas son but premier !

L'avenir, en matière de droit du travail, sera au vote par les salariés. Le syndicalisme, tout souvent enfermé dans son idéologie, est dépassé et ne fait, trop souvent, que freiner la compétitivité de notre pays.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 janvier 2016

*************

Vers un recours accru au référendum d'entreprise
Défendue par Manuel Valls, la mesure suscite l'hostilité des syndicats, excepté la CFDT
A chacune de ses interventions sur la réforme du droit du travail, Manuel Valls martèle cette antienne : il faut que les employeurs et leurs personnels aient plus de latitude pour fixer les règles du jeu dans les entreprises. C'est à ce niveau que les accords doivent " plus que jamais se négocier, au plus près de la réalité du terrain ", a déclaré le premier ministre, jeudi 28 janvier, lors de ses vœux à la presse. Au passage, il a confirmé la volonté du gouvernement de donner plus de poids au référendum en entreprise pour ratifier des accords. Il s'agit là, a-t-il souligné, d'une " idée forte, moderne, qu'il faudra aujourd'hui, dans une démocratie sociale, imposer ". Elle avait déjà été évoquée, mardi, par la ministre de l'emploi, Myriam El Khomri.

A l'heure actuelle, dans la quasi-totalité des cas, un accord d'entreprise ne peut entrer en vigueur que s'il est approuvé par des syndicats ayant recueilli au moins 30 % des suffrages lors des dernières élections professionnelles. Et à condition que les organisations de salariés pesant au moins 50 % des voix ne s'y opposent pas.

" Réforme de structure "
La disposition défendue par M. Valls et par Mme El Khomri chamboule cet ordonnancement. Elle permet aux organisations qui représentent au moins 30 % du personnel et qui ont signé un accord de " déclencher un référendum ". " Si la consultation donne plus de 50 % - en faveur du oui - , cet accord s'applique ", a expliqué, mardi, Mme El Khomri.

Cette mesure s'inscrit dans la volonté de l'exécutif d'encourager la négociation collective. Elle s'inspire aussi d'une des recommandations du rapport remis en septembre 2015 par Jean-Denis Combrexelle. Le président de la section sociale du Conseil d'Etat préconisait de généraliser, à compter de 2017, " le principe de l'accord majoritaire ", plus légitime que celui ratifié par des organisations ayant obtenu au moins 30 % des voix.

Un autre facteur semble avoir pesé dans la décision du gouvernement : l'impossibilité pour certaines enseignes de la distribution de faire passer des accords instaurant le travail dominical. La Fnac s'est récemment retrouvée dans cette situation : trois syndicats, dont la CFDT, étaient pour l'ouverture des magasins le dimanche, compte tenu des compensations offertes, mais ce projet a dû être abandonné, car la CGT, FO et Solidaires, dont l'audience électorale, à eux trois, dépasse les 50 % dans l'entreprise, étaient contre.

L'entourage de Mme El Khomri assure que cet épisode n'a pas joué. " On parle là de réforme de structure, pas d'une réponse conjoncturelle, indique son cabinet. C'est dans la logique des concertations initiées à partir du rapport Combrexelle. " Mais une autre source au sein de l'exécutif reconnaît que les déboires du patron de la Fnac ont eu une incidence sur la réflexion du gouvernement.

A Matignon, on précise que le dispositif imaginé par le gouvernement a vocation à s'appliquer à tous les champs habituellement traités dans un accord d'entreprise : rémunérations, temps de travail, protection sociale complémentaire… Il est loin de faire l'unanimité chez les partenaires sociaux. " C'est une manière de nous court-circuiter ", déplore Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Le " droit d'opposition " des organisations majoritaires passe à la trappe avec un tel système, ajoute-t-il : " C'est tout de même un problème. "" Cela revient à dire qu'aucun poids n'est donné aux élections professionnelles, alors même que nous tirons notre légitimité de celles-ci ", enchaîne Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC. Le risque est grand, à ses yeux, d'engendrer " de l'incertitude dans le dialogue social ".

" Chantage à l'emploi "
" N'est-ce pas pour faire avaler des pilules qui ne passent pas que la ministre envisage une telle option ?, s'interroge Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. On veut nous emmener sur un terrain où l'accord d'entreprise est supérieur à tout le reste. C'est absolument dangereux. "" Cette mesure est scandaleuse, s'indigne Fabrice Angei, membre du bureau confédéral de la CGT. Elle va de pair avec la volonté de privilégier la négociation collective à l'échelon de l'entreprise, là où le lien de subordination entre salariés et employeurs pèse de tout son poids, où les menaces de chantage à l'emploi sont les plus fortes. "

Seule la CFDT n'est pas hostile. Dans l'absolu, la centrale cédétiste se dit partisane des accords majoritaires. Mais si on se retrouve dans une situation où les syndicats, représentant 50 % des voix dans une entreprise, s'opposent à un accord qui a les faveurs d'une majorité du personnel, la solution proposée par le gouvernement est recevable. A une condition, insiste la secrétaire générale adjointe de la CFDT, Véronique Descacq : " Le référendum ne doit pas être à l'initiative de la direction. C'est aux organisations signataires de piloter le processus. "

Bertrand Bissuel

les chiffres
36 500

accords d'entreprise

Le nombre des conventions signées en 2014 par les employeurs et les représentants du personnel a diminué de 9 % par rapport à 2013. Cette baisse s'explique notamment par le fait que les discussions liées à la mise en place du contrat de génération sont moins nombreuses, selon le dernier rapport de la Commission nationale de la négociation collective.

33 %

des accords portent sur les salaires et les primes

Viennent ensuite le temps de travail (21 %), la participation, l'intéressement et l'épargne salariale (16 %), puis l'emploi (13 %).

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 17 Juin 2016

Mme Taubira est partie : bon débarras

Très clairement, je ne vais pas regretter Madame Taubira. Elle n'a pas été professionnelle à son poste, et loin s'en faut. Sa réforme sur le mariage gay a profondément divisé la société alors même qu'elle était légitime. De plus, son manque de rigueur a marqué son passage place Beauvau. On se remémore ce passage où elle montre des documents où, d'après elle, elle ne savait rien d'interceptions judiciaires, alors même que les documents disent le contraire...

Un esprit brouillon, diffus, un manque de rigueur, ont montré que Madame Taubira était totalement incompétente à son poste.

De plus, elle n'a pas fait appel du blanchiment de M. Philippe Courroye par le Conseil supérieur de la Magistrature, alors même que ce Monsieur a violé les règles élémentaires de protection des sources en matière journalistique.

Ajouté à cela, je n'aime pas les gens qui aiment à faire des citations à tout bout de champ. Je considère que, loin de révéler leur culture, ils ne font que répéter comme des perroquets ce que l'on a dit avant eux. Comme dirait l'autre (tiens, je m'abandonne à la citation moi aussi ;) ), la culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale...

Bref, bon débarras... et à jamais !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 janvier 2016

*************

Taubira part, la ligne Valls se renforce
La ministre de la justice, opposée à la déchéance de nationalité, a annoncé sa démission mercredi 27 janvier
La démission de Christiane Taubira a été tant de fois prédite, et démentie par les faits, depuis le début du quinquennat de François Hollande que son annonce officielle, mercredi 27 janvier dans la matinée, constitue une véritable surprise. La ministre de la justice a donc décidé de jeter l'éponge alors que la réforme constitutionnelle qui prévoit l'introduction dans la Loi fondamentale de la déchéance de nationalité arrive en commission des lois ce même jour, à l'Assemblée nationale.

Jean-Jacques Urvoas, l'actuel président de cette commission, devait la remplacer au cours de la journée. Pour François Hollande et Manuel Valls, il s'agit du dernier acte de la " clarification " de la ligne politique entamée en 2014, avec les départs d'Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti du gouvernement.

Opposée fondamentalement à l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français, Christiane Taubira avait évoqué plusieurs fois avec François Hollande, au cours du mois de janvier, un éventuel départ du gouvernement. Le principe en avait été arrêté avec le chef de l'Etat juste avant son voyage officiel en Inde samedi 23 janvier.

A son retour, mardi soir, François Hollande a retrouvé Manuel Valls avec lequel il a arrêté les derniers détails de ce remaniement. Mme Taubira a été reçue à l'Elysée mercredi matin à 8 heures. Une conversation de 45 minutes à laquelle s'est joint en cours de route Manuel Valls. " C'était une conversation claire, chaleureuse, voire affectueuse entre les trois qui se connaissent très bien ", explique-t-on à Matignon. " Du côté de Christiane Taubira, c'est le choix de la cohérence, nonobstant la qualité de son travail ", indique-t-on à l'Elysée, tout en soulignant que la garde des sceaux " a préparé jusqu'au bout la réforme de la procédure pénale ", qui doit également être présentée devant le Parlement.

La garde des sceaux avait déjà frôlé la sortie de route gouvernementale en décembre 2015 quand elle avait annoncé à une radio algérienne l'abandon de l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution, deux jours avant que le chef de l'Etat ne la maintienne dans le projet de réforme. Beaucoup s'étaient alors étonnés que Mme Taubira n'en profite pas pour quitter ce gouvernement avec lequel les désaccords s'accumulaient depuis déjà quelques mois. " Le petit regret, c'est qu'on aurait pu faire ça le 23 décembre, après la présentation du projet de révision constitutionnelle, mais la ministre avait voulu rester ", explique-t-on à Matignon. A la rentrée, la garde des sceaux avait été écartée du processus de réforme par Manuel Valls, qui avait annoncé qu'il défendrait lui-même le projet devant les assemblées.

" Parfois, résister, c'est partir "
Pourtant, c'est avec un grand sourire que Mme Taubira était apparue, lundi 25 janvier, lors de sa traditionnelle cérémonie des vœux. Recevant place Vendôme les plus hauts magistrats et les corps constitués, la garde des sceaux avait ouvert son discours en citant Jacques Prévert, " Alors on est revenu à pied, à pied tout autour de la terre, à pied tout autour de la mer, tout autour du soleil, de la lune et des étoiles. A pied à cheval en voiture et en bateau à voiles ". " Une belle façon de dire comment nous sommes revenus de l'année 2015 ", avait commenté Mme Taubira.

Grande adepte des discours sans notes truffés de références littéraires, elle avait une nouvelle fois réjoui son assistance en terminant son allocution en déclamant le poème de Paul Eluard " Bêtes et méchants " dans lesquels on pouvait imaginer l'ombre des terroristes. Mercredi, c'est avec un style aphoristique qu'elle a commenté sa sortie du gouvernement sur Twitter : " Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit. "

Peut-être escompte-t-elle ainsi se donner le beau rôle, mais sa sortie n'est pas si soignée, tant sa capacité à remporter ses arbitrages gouvernementaux a été mise à mal ces dernières années. A-t-elle tant résisté sur la réforme constitutionnelle du Conseil supérieur de la magistrature, finalement abandonnée, sur la réforme pénale de 2014, largement amputée par rapport à l'ambition initiale, sur la loi renseignement, qui a ouvert un boulevard aux services de police et à une surveillance élargie des communications personnelles, ou sur la réforme de la justice des mineurs, quelle estime centrale mais qui n'est toujours pas inscrite à l'ordre du jour d'un conseil des ministres ?

Son passage au ministère de la justice aura aussi été marqué par une grande instabilité parmi ses collaborateurs, souvent épuisés par une ministre à la fois brouillon et terriblement exigeante. Alain Christnacht arrivé l'été 2015 Place Vendôme était son quatrième directeur de cabinet en quatre ans. Sa mission était de remettre de l'ordre dans des dossiers mal ficelés ou délaissés.

Cet automne, en forme de désaveu pour Christiane Taubira, François Hollande avait directement reçu les syndicats des personnels pénitentiaires et les syndicats de magistrats, ce qui ne relève traditionnellement pas de l'Elysée. Signe que son apport gouvernemental aura davantage été sur le plan des valeurs que des réformes judiciaires, sa grande œuvre restera la loi sur le mariage pour tous. Un grand combat qui l'a révélée aux yeux du pays.

Ministre emblématique des gouvernements Ayrault puis Valls, elle a été l'objet d'attaques d'une telle violence de l'extrême droite mais également de toute une partie de la droite parlementaire qu'elle en était devenue une icône pour la gauche. Et de ce fait, une caution pour le gouvernement de Manuel Valls qui s'est progressivement coupé de l'aile gauche du PS. La droite s'est d'ailleurs immédiatement réjouie de cette annonce. " Elle a conduit une politique de désarmement pénal avec la suppression des peines planchers et son renoncement à une politique pénitentiaire stricte : tout ça a encouragé la délinquance et la récidive ", explique Guillaume Larrivé, le porte-parole du parti Les Républicains, qui n'hésite pas, signe du poids symbolique de Mme Taubira, à parler de " la pire ministre de la justice de la Ve République ".

Nicolas Chapuis, et Jean-Baptiste Jacquin

Pas de référence aux binationaux
Selon plusieurs sources gouvernementales et parlementaires, la référence à la binationalité ne sera pas mentionnée dans le projet de réforme constitutionnelle. " Aucun élément qui pourrait laisser penser qu'il y aurait une discrimination entre les Français ne sera retenu ", a déclaré l'une de ces sources. Le gouvernement va supprimer toute référence aux binationaux dans ce texte qui étend la déchéance de nationalité pour les crimes les plus graves. Le premier ministre, Manuel Valls, devait présenter, mercredi 27 janvier, devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, la révision de la Constitution et ses deux lois d'application.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 16 Juin 2016

Quand la SNCF joue dans la subornation de témoins pour échapper à ses responsabilités

J'ai toujours dit et affirmé que la SNCF était l'entreprise la plus incompétente de France. Elle le montre et le démontre encore aujourd'hui. Suite au drame de Brétigny (7 morts), la SNCF a voulu manipuler l'enquête.

C'est une honte. M. Guillaume Pépy, PDG de la boite, est toujours en poste et est soutenu par son ministre de tutelle.

Il est honteux que les Français continuent à financer cette boite qui n'a jamais su ce qu'était un client et a toujours orienté sa politique à privilégier des salariés enfermés dans un syndicalisme d'un autre âge.

Les faits d'aujourd'hui tendent encore une fois à démontrer mes propos.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 janvier 2016

*************

Accident de Brétigny : la SNCF soupçonnée d'avoir voulu influencer l'enquête judiciaire
Les salariés entendus par la justice auraient été " briefés " en amont par la compagnie
La SNCF a " tout fait pour manipuler l'enquête judiciaire " sur l'accident de train de Brétigny-sur-Orge, qui a fait sept morts et plusieurs dizaines de blessés graves le 12 juillet 2013, accuse Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 27 janvier.

Le train Intercités Paris-Limoges avait déraillé au passage d'un aiguillage défectueux en gare de la commune située au sud de Paris. Pour étayer son accusation, l'hebdomadaire assure s'appuyer sur de nombreuses pièces contenues dans le dossier d'enquête sur cette catastrophe.

Les journalistes ont notamment eu accès aux comptes rendus d'écoutes téléphoniques de certains responsables de la SNCF. Cette mesure, inédite pour ce type d'enquête, a permis aux enquêteurs de la police judiciaire de détecter leur " double langage ".

Lors d'une audition, un dirigeant multiplie par exemple les propos lénifiants sur l'organisation des équipes de la maintenance sur place. Mais, en privé, il se lâche. " Brétigny, c'est des -crevards. Faut tous les foutre dehors ! ", lance-t-il au téléphone. " Sur le terrain, c'est souvent plus proche d'Audiard que de Proust, justifie un proche du dossier. Cela ne veut pas dire qu'il y a pour autant manipulation de la vérité, et que la SNCF est sortie des clous. "

Selon l'hebdomadaire, tous les cheminots concernés par l'enquête ont été " invités à un entretien avec le service juridique " de la SNCF, suivie d'un débriefing après leur audition par les enquêteurs. " Moi, je t'invite à ne rien apporter - aux policiers - … Tu viens avec rien. Il faut attendre leurs demandes ", déclare ainsi à un cheminot une cadre du service juridique, chargée de cet " accompagnement ".

Dans un communiqué envoyé mardi 26 janvier au soir, la SNCF précise que le rôle de la direction juridique de la compagnie est de défendre et d'accompagner ses salariés " lorsqu'ils sont mis en cause dans l'exercice de leur fonction. C'est le cas pour l'instruction concernant l'accident de Brétigny. Les salariés auditionnés par les juges sont totalement libres de leurs propos et participent à la manifestation de la vérité ".

Ecoutes de cadres dirigeants

Selon une autre source, " les salariés ont la liberté de choisir la façon de se préparer à ces entretiens. Certains recourent au service juridique, d'autres aux syndicats et d'autres, encore, à des avocats. La SNCF n'intervient pas sur le fond du dossier, mais conseille sur l'organisation des auditions ".

Le Canard enchaîné évoque parallèlement les incitations du service juridique pour modifier un rapport interne sur l'accident, qui évoque le renouvellement d'appareils de voies " en très mauvais état ". Pour le service juridique, pas besoin d'entrer dans tant de détails : " On va supprimer “en très mauvais état”, ça n'ajoute rien. On se doute bien qu'on n'est pas en train de régénérer des appareils neufs ", glisse une juriste à l'auteur du rapport.

Ces premiers éléments seront-ils suffisants pour que la justice ouvre une procédure connexe pour entrave à la justice ou subornation de témoin contre l'entreprise publique ? Le procureur d'Evry, interrogé par Le Monde, s'est refusé à tout commentaire.

Cependant, en mettant sur écoute des cadres dirigeants du groupe public, les enquêteurs se sont assurés de la bonne coopération de la SNCF, et non de la seule promesse de coopération de leurs dirigeants.

Enquêter au sein de la SNCF sur un accident aussi dramatique, relève de la gageure. L'entreprise, dotée d'une organisation hiérarchique très forte, ne permet guère aux voix dissonantes de s'exprimer. Un " consensus " que la culture de la solidarité cheminote ne fait qu'amplifier. Les écoutes avaient pour objectif d'y voir plus clair sur la qualité des déclarations de chacun afin de préciser les responsabilités précises de chaque salarié.

La justice connaît déjà les raisons du déraillement à Brétigny du train Paris-Limoges. Le train est venu buté sur une éclisse – une grosse agrafe qui maintient deux rails au sein d'un aiguillage. Selon les différentes expertises, une fissure sur cet élément n'avait pas été détectée lors des tournées de surveillance, alors que trois des quatre boulons s'étaient cassés ou dévissés. Bref, un défaut de maintenance sur les voies est à l'origine de l'accident.

Mais qui est responsable de ce défaut de maintenance ? Début janvier, trois cheminots de la SNCF, chargés de la surveillance des voies au moment du déraillement, ont été placés sous le statut de témoins assistés, tandis que SNCF Mobilité et SNCF Réseau sont pour leur part mis en examen.

Philippe Jacqué

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 15 Juin 2016

Quand on a rémunéré pendant deux mois des experts à ne rien faire

Franchement, quand on voit que cette commission a travaillé pendant deux mois à pondre ce rapport aussi creux, on se dit que tous les moyens sont bons pour abuser du système et se faire payer à ne rien foutre !

A l'arrivée, un rapport qui est un résumé de notre Code du travail existant avec des prérogative dites 'essentielles' qui n'apportent aucune valeur ajoutée par rapport à l'existant.

Un rapport de plus à caler sous le buffet de grand-mère, et un rapport où on peut voir quelques éléments limites.

Par exemple, l'Article 31 est litigieux quand il dit : "Article 31. L'employeur assure l'égalité de rémunération entre les salariés pour un même travail ou un travail de valeur égale.". En effet, c'est méconnaître que pour un même poste, la productivité n'est pas la même en fonction de l'expérience, in fine, de l'âge. La discrimination liée à l'âge n'est donc pas de mise, car il est évident qu'une personne plus expérimentée, in fine, plus âgée, ne fournira pas le même travail qu'un salarié plus jeune, à poste égal.

On est donc resté vague et creux dans ce rapport qui n'en est pas un et se contente, je le redis, de banalités et de lieux communs.

Le but était de donner du travail à une commission bien rémunérée pendant deux mois. Objectif rempli.

Quant à la révolution de notre Code du travail, il faudra repasser.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 janvier 2016

*************

PRÉSERVATION DU CDI, RÉAFFIRMATION D'UNE DURÉE NORMALE DU TRAVAIL… EN 61 ARTICLES, ROBERT BADINTER EXPOSE LES " PRINCIPES ESSENTIELS " DU FUTUR CODE DU TRAVAIL, DONT LA REFONTE DOIT ÊTRE ACHEVÉE D'ICI À 2018

Le respect des droits fondamentaux, première exigence du droit du travail

Monsieur le Premier Ministre,

La mission que vous avez bien voulu nous confier le 24 novembre 2015 était précise. Il s'agissait, écriviez-vous, " de dégager les principes juridiques les plus importants à vos yeux " en matière de droit du travail. (…)

L'énoncé des principes gagne à la concision. Aussi avons-nous écarté le recours à des commentaires qui auraient alourdi le texte sans être indispensables et auraient contraint leur interprétation future.

Le comité a travaillé à droit constant, c'est-à-dire en fondant son analyse sur les dispositions actuelles du droit du travail. Il ne s'est pas cru autorisé, à regret parfois, à proposer de nouvelles dispositions ou à formuler des suggestions. Il appartiendra à la commission de refondation du code du travail qui doit lui succéder d'y pourvoir, dans le respect des principes identifiés par le comité.

(…) Quant à la place de ces principes dans la législation du travail, les membres du comité considèrent unanimement qu'ils doivent figurer dans un chapitre autonome placé en tête du code du travail. Ils n'auront point à ce titre une valeur juridique supérieure aux autres dispositions. Mais, réunis ensemble sous forme de préambule, ils constitueront un système de références pour ceux qui auront pour mission d'interpréter les règles et de les appliquer.

Ainsi, ce corpus de principes éclairera tout le code du travail. Les juristes savent que le droit est matière vivante, soumise aux tensions et aux passions qui animent la société tout entière. Dans un monde en rapide transformation, les rapports de travail évoluent, suscitant une floraison de textes qui nuisent à l'intelligibilité de l'ensemble. Cette complexité croissante du droit du travail n'est pas nécessairement un facteur d'efficacité. Elle constitue parfois même une source de difficultés pour ceux auxquels ce droit s'adresse.

Je sais ne pas trahir la pensée des membres du comité en rappelant que ce qui constitue le cœur du droit du travail français, c'est la volonté d'assurer le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au travail. Cette inspiration-là, cette dimension éthique trop souvent méconnue dans la société marchande née de la révolution industrielle, a été à l'origine de tout le grand mouvement de libération sociale des deux siècles écoulés. Pour nous, assurer à la femme et à l'homme au travail, aux salariés, à tous ceux qui participent à la création de richesse dans l'entreprise, le respect de leurs droits fondamentaux, et notamment de leur dignité, s'avère la première exigence du droit du travail aujourd'hui et demain. Cette exigence, elle s'inscrit dans nombre de principes que nous mettons en lumière. A l'heure des transformations profondes qu'engendrent dans la société contemporaine la révolution numérique et l'irrésistible mondialisation des échanges, il s'agit pour le législateur français d'encadrer, sans le contraindre, le droit du travail en le fondant sur des principes indiscutables. Tel est le défi que lancent les temps nouveaux à nos sociétés modernes, y compris à leurs juristes. En assurant ce qui constitue la marque, et je dirais la grandeur, des démocraties occidentales : le respect des droits fondamentaux et de la dignité des personnes humaines, y compris au travail, le législateur français aura répondu à cet impératif. Nous nous sommes pour notre modeste part efforcés d'y contribuer.

Principes essentiels du droit du travailLibertés et droits de la personne au travail
Article 1er. Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail. Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché.

Article 2. Toute personne a droit au respect de sa dignité dans le travail.

Article 3. Le secret de la vie privée est respecté et les données personnelles protégées dans toute relation de travail.

Article 4. Le principe d'égalité s'applique dans l'entreprise. L'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit y être respectée.

Article 5. Les discriminations sont interdites dans toute relation de travail.

Article 6. La liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l'exercice d'autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l'entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché.

Article 7. Le harcèlement moral ou sexuel est interdit et la victime protégée.

Article 8. Il est interdit d'employer un mineur de moins de seize ans, sauf exceptions prévues par la loi.

Article 9. La conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale est recherchée dans la relation de travail.

Article 10. L'employeur exerce son pouvoir de direction dans le respect des libertés et droits fondamentaux des salariés.

Formation, exécution et rupture du contrat de travail
Article 11. Chacun est libre d'exercer l'activité professionnelle de son choix.

Article 12. Le contrat de travail se forme et s'exécute de bonne foi. Il oblige les parties.

Article 13. Le contrat de travail est à durée indéterminée. Il ne peut être conclu pour une durée déterminée que dans les cas prévus par la loi.

Article 14. Le contrat de travail peut prévoir une période d'essai d'une durée raisonnable.

Article 15. Les procédures de recrutement ou d'évaluation ne peuvent avoir pour objet ou pour effet que d'apprécier les aptitudes professionnelles. Ces procédures respectent la dignité et la vie privée de la personne.

Article 16. Tout salarié est informé, lors de son embauche, des éléments essentiels de la relation de travail.

Article 17. La grossesse et la maternité ne peuvent entraîner des mesures spécifiques autres que celles requises par l'état de la femme.

La salariée a droit à un congé pendant la période précédant et suivant son accouchement.

Article 18. Un salarié ne peut être mis à disposition d'une autre entreprise dans un but lucratif, sauf dans les cas prévus par la loi.

Article 19. Le transfert d'entreprise emporte transfert des contrats de travail.

Article 20. Chacun doit pouvoir accéder à une formation professionnelle et en bénéficier tout au long de sa vie.

Article 21. L'employeur assure l'adaptation du salarié à l'évolution de son emploi. Il concourt au maintien de sa capacité à exercer une activité professionnelle.

Article 22. Aucune sanction disciplinaire ne peut être prononcée sans que le salarié ait été mis à même de faire connaître ses observations. Toute sanction disciplinaire doit être proportionnée à la faute.

Article 23. Les sanctions pécuniaires sont interdites.

Article 24. Le contrat de travail à durée indéterminée peut être rompu à l'initiative de l'employeur, du salarié ou d'un commun accord.

Article 25. Le salarié peut librement mettre fin au contrat à durée indéterminée.

Article 26. Tout licenciement doit être justifié par un motif réel et sérieux.

Article 27. Aucun licenciement ne peut être prononcé sans que le salarié ait été mis à même, en personne ou par ses représentants, de faire connaître ses observations.

Article 28. Le licenciement pour motif économique ou pour inaptitude physique du salarié ne peut être prononcé sans que l'employeur se soit efforcé de reclasser l'intéressé, sauf dérogation prévue par la loi.

Article 29. Le licenciement est précédé d'un préavis d'une durée raisonnable. Il ouvre droit à une indemnité dans les conditions prévues par la loi.

Rémunération
Article 30. Tout salarié a droit à une rémunération lui assurant des conditions de vie dignes.

Un salaire minimum est fixé par la loi.

Article 31. L'employeur assure l'égalité de rémunération entre les salariés pour un même travail ou un travail de valeur égale.

Article 32. La rémunération du salarié lui est versée selon une périodicité régulière. Son paiement est garanti en cas d'insolvabilité de l'employeur dans les conditions prévues par la loi.

Temps de travail
Article 33. La durée normale du travail est fixée par la loi. Celle-ci détermine les conditions dans lesquelles les conventions et accords collectifs peuvent retenir une durée différente. Tout salarié dont le temps de travail dépasse la durée normale a droit à une compensation.

Article 34. Les durées quotidienne et hebdomadaire de travail ne peuvent dépasser les limites fixées par la loi.

Article 35. Tout salarié a droit à un repos quotidien et à un repos hebdomadaire dont la durée minimale est fixée par la loi. Le repos hebdomadaire est donné le dimanche, sauf dérogation dans les conditions déterminées par la loi.

Article 36. Le travail de nuit n'est possible que dans les cas et dans les conditions fixés par la loi. Celle-ci prévoit les garanties nécessaires à la protection de la santé et de la sécurité des salariés.

Article 37. Les salariés à temps partiel bénéficient des mêmes droits dans l'entreprise que les autres salariés.

Article 38. Tout salarié a droit chaque année à des congés payés à la charge de l'employeur, dont la durée minimale est fixée par la loi.

Santé et sécurité au travail
Article 39. L'employeur doit assurer la sécurité et protéger la santé des salariés dans tous les domaines liés au travail. Il prend les mesures nécessaires pour prévenir les risques, informer et former les salariés.

Article 40. Le salarié placé dans une situation dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé alerte l'employeur et peut se retirer de cette situation dans les conditions fixées par la loi.

Article 41. Tout salarié peut accéder à un service de santé au travail dont les médecins bénéficient des garanties d'indépendance nécessaires à l'exercice de leurs missions.

Article 42. L'incapacité au travail médicalement constatée suspend l'exécution du contrat de travail.

Article 43. Tout salarié victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle bénéficie de garanties spécifiques.

Libertés et droits collectifs
Article 44. Les syndicats et associations professionnelles se constituent et s'organisent librement. Tout salarié peut librement adhérer au syndicat de son choix et défendre ses droits et intérêts par l'action syndicale. L'exercice du droit syndical est reconnu dans l'entreprise. Les syndicats peuvent y être représentés dans les conditions prévues par la loi.

Article 45. L'appartenance ou l'activité syndicale ne saurait être prise en considération par l'employeur pour arrêter ses décisions.

Article 46. L'exercice de certaines prérogatives peut être réservé par la loi aux syndicats et associations professionnelles reconnus représentatifs.

Article 47. Tout salarié participe, par l'intermédiaire de représentants élus, à la gestion de l'entreprise. Ces représentants assurent la défense des intérêts individuels et collectifs des salariés. Ils ont le droit d'être informés et consultés sur les décisions intéressant la marche générale de l'entreprise et les conditions de travail. Ils assurent la gestion des activités sociales et culturelles.

Article 48. Les salariés investis de fonctions représentatives par voie de désignation ou d'élection bénéficient, en cette qualité, d'un statut protecteur.

Article 49. Tout salarié peut défendre ses intérêts par l'exercice du droit de grève. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.

Article 50. L'exercice du droit de grève ne peut justifier la rupture du contrat de travail ni donner lieu à aucune sanction, sauf faute lourde imputable au salarié.

Négociation collective et dialogue social
Article 51. Tout projet de réforme de la législation du travail envisagé par le gouvernement qui relève du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle fait l'objet d'une concertation préalable avec les partenaires sociaux en vue de l'ouverture éventuelle d'une négociation.

Article 52. Les salariés participent, par la négociation entre les syndicats et les employeurs ou leurs organisations professionnelles, à la détermination collective des conditions d'emploi, de travail et de formation professionnelle, ainsi que des garanties sociales. Les négociations doivent être loyales.

Article 53. Les conditions de représentativité des parties signataires nécessaires à la validité de l'accord sont fixées par la loi.

Article 54. Une convention ou un accord collectif applicable dans l'entreprise régit la situation de l'ensemble des salariés compris dans son champ d'application. L'autorité publique peut rendre une convention ou un accord collectif applicable à des entreprises qui ne sont pas liées par lui.

Article 55. La loi détermine les conditions et limites dans lesquelles les conventions et accords collectifs peuvent prévoir des normes différentes de celles résultant des lois et règlements ainsi que des conventions de portée plus large.

Article 56. En cas de conflit de normes, la plus favorable s'applique aux salariés si la loi n'en dispose pas autrement.

Article 57. Les clauses d'une convention ou d'un accord collectif s'appliquent aux contrats de travail. Les stipulations plus favorables du contrat de travail prévalent si la loi n'en dispose pas autrement.

Contrôle administratif et règlement des litiges
Article 58. L'inspection du travail veille à l'application du droit du travail dans des conditions protégeant ses membres de toute pression extérieure indue.

Article 59. Les litiges en matière de travail sont portés devant une juridiction composée de juges qualifiés dans le domaine du droit du travail.

Article 60. L'exercice, par le salarié, de son droit à saisir la justice ou à témoigner ne peut, sauf abus, donner lieu à sanction.

Article 61. Les syndicats peuvent agir ou intervenir devant toute juridiction pour la défense des intérêts collectifs de ceux qu'ils ont vocation à représenter.

Robert Badinter

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 14 Juin 2016

Quand la gauche pratique une politique inintelligible et inefficace

Supprimer les classes bilangues sous prétexte que tout le monde n'y a pas accès est une politique idiote et inefficace car elle conduit à un nivellement par le bas de notre éducation, qui est déjà médiocre.

Mais le problème, c'est que la suppression n'est pas de mise partout de la même ampleur ! Ainsi, sous couvert d'égalité, on aboutit à encore plus d'inégalité ! Décidément, on marche sur la tête !

Madame Najat Vallaud-Belkacem démontre là son incompétence la plus complète pour deux raisons :

1. On ne fait pas progresser l'éducation nationale en supprimant des éléments qui marchent sous couvert d'une idéologie égalitariste
2. Si on manque de moyens financiers, il faut le dire et engager la suppression pour tous, ce qui n'est pas fait...

Bref, Najat Vallaud-Belkacem mène une politique totalement illisible où même son idéologie de base est malmenée !

Comment ça s'est passé en clair ? Et bien c'est simple : là où ça a gueulé le plus, on a maintenu les choses en l'état, et ceux qui ont râlé le moins ont dit adieu aux classes bilangues ! Une belle réussite à la Française, pays de râleurs reconnu dans le monde entier !

Madame Najat Vallaud-Belkacem a donc géré ce dossier comme une tocarde de première, bien loin des exigences qui auraient du présider à sa fonction : une honte !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 janvier 2016

*************

Les classes bilangues maintenues en partie
A Paris, la totalité de ces sections taxées d'élitisme sont conservées. Ailleurs, beaucoup devraient disparaître
au sein de la communauté éducative, quelques-uns s'offusquent de ce qu'ils perçoivent comme un " rétropédalage politique ". Mais beaucoup, du côté des parents d'élèves notamment, s'en félicitent : une partie des sections bilangues devrait être maintenue à la rentrée 2016 – jusqu'à 70 %, avancent les syndicats d'enseignants, tout en pointant de " très fortes disparités d'un rectorat à l'autre " –,et ce, quoi qu'ait pu déclarer, au printemps, Najat Vallaud-Belkacem en divulguant son projet de " collège 2016 ".

A l'époque, le ministère de l'éducation avait créé la polémique en annonçant que ces dispositifs permettant d'apprendre deux langues dès la classe de 6e, soupçonnés d'élitisme parce que ouverts à une minorité d'élèves (16 %), seraient " rendus obsolètes " par l'apprentissage " par tous " d'une seconde langue vivante dès la 5e, prévu par la réforme du collège.

L'annonce avait résonné défavorablement bien au-delà des cercles d'enseignants : de Jean-Marc Ayrault à Chantal Jouanno, politiques mais aussi intellectuels et économistes s'étaient émus, y compris outre-Rhin, de la suppression d'un " dispositif qui marche ".

Najat Vallaud-Belkacem en avait pris bonne note : très vite, la rhétorique ministérielle s'était recentrée sur le maintien des " bilangues de continuité " proposées en 6e, là où une autre langue que l'anglais est enseignée au primaire. Soit " quasiment nulle part ", ironisaient ses détracteurs.

" Inégalités criantes "
Dix mois ont passé, et les associations d'enseignants de langues, à commencer par les germanistes pour qui l'enjeu est de taille – les trois quarts des bilangues couplent dès la 6e allemand et anglais – reconnaissent que la rentrée 2016 s'annonce " moins pire qu'escompté ". C'est aussi la démonstration qu'entend faire la ministre en présentant, vendredi 22 janvier, une " carte des langues " pour l'année 2016-2017 censée renforcer l'offre linguistique du CP à la 3e, notamment en ZEP.

Reste que la promesse d'un " renforcement " des langues fait rire jaune, sur le terrain. Selon le décompte – encore partiel – réalisé par l'ADEAF, association de professeurs d'allemand, Paris est la seule académie à tirer son épingle du jeu : elle ne renoncera, en septembre, à aucune bilangue. Le rectorat confirme : dans la capitale, seront bien maintenues les 84 sections " allemand-anglais ", mais aussi 24 " espagnol-anglais ", 9 " chinois-anglais ", 7 " italien-anglais ", 5 " portugais-anglais ", 4 " russe-anglais " et 3 " arabe-anglais ". " Partout ailleurs, le recul est net ", regrette Thérèse Clerc, présidente de l'ADEAF. Avec des académies qui s'en sortent mieux que d'autres, comme Montpellier, Nice-Toulon ou Clermont, qui n'enregistreraient " que " de 10 % à 15 % de pertes. Mais celles de Poitiers, Grenoble, Rouen ou Lyon en perdraient de 70 % à 75 %. Lille près de 60 %, Limoges plus de 40 %… Dans l'académie de Caen, il faudra pratiquement faire sans.

Le SNES-FSU, syndicat majoritaire, a lui aussi sorti sa calculatrice : il a d'ores et déjà comptabilisé 65 % de sections supprimées à Lyon… contre 10 % pour Marseille. " Est-ce ainsi que la gauche entend donner les mêmes chances à tous ? ", interroge Mme Clerc. " Les inégalités sont criantes d'une académie à l'autre, mais elles se dessinent aussi entre les départements, voire d'un collège à l'autre, renchérit Jean-Marc Delagneau, président de l'Association des professeurs de langues vivantes (APLV).Ici, on va supprimer des bilangues, là les maintenir, mais cela se fait sans vision pérenne… et sans toujours respecter à la lettre les textes réglementaires. "

Une " souplesse " dont les professeurs osent à peine se plaindre… mais qu'ils ont du mal à s'expliquer. " De nombreux collègues nous annoncent le “décès” de leur bilangue, quelques-uns son sauvetage en tant que “bilangue de continuité”, comme c'est d'ailleurs mon cas, témoigne Isabelle Demariaux, qui enseigne l'allemand près de Saint-Etienne. Mais une collègue a signalé que sa bilangue était maintenue alors qu'aucune école de son secteur ne propose l'allemand : elle n'en revient toujours pas ! "

Parmi les conséquences de ce " bricolage " laissé au bon vouloir des recteurs d'académie, une crainte revient : celle de voir des professeurs se retrouver en " sous-service " – et pas seulement ceux d'allemand si, comme le redoute M. Delagneau, de l'APLV, " toutes les langues, de l'italien au russe, paient un lourd tribut à la réforme ". Pour éviter des suppressions de postes, des professeurs de collège pourraient assurer des heures au primaire. " C'est déjà le cas ", confirme-t-on rue de Grenelle.

Progrès pédagogique ? Recul politique ? Selon que l'on se situe dans le camp des " pro " ou des " anti - " réforme, la réponse varie. " Au nom de l'égalité, on a voulu très vite – trop vite ? – trouver des coupables aux dysfonctionnements d'un système inégalitaire, analyse Frédérique Rolet, du SNES-FSU. Mais le calcul politique était mauvais : ces sections n'ont pas toujours, en matière de ségrégation, le mauvais rôle qu'on veut leur faire jouer. En ZEP, les supprimer peut être contre-productif et faire fuir les bons élèves vers le privé. " En mai 2015, un rapport de l'Ecole d'économie de Paris a poussé à nuancer le procès en élitisme fait aux bilangues : celles-ci s'adressent davantage aux bons élèves qu'aux élèves bien nés.

" Entre l'idéal d'un collège plus équitable et la nécessité de maintenir des conditions d'emploi correctes, il a bien fallu trouver un compromis ", reconnaît Claire Krepper, du syndicat réformiste SE-UNSA. Le paradoxe, confient la plupart des syndicalistes, c'est que, dans bien des endroits, les bilangues pourraient devoir leur survie à cette part d'autonomie – 20 % – contre laquelle les opposants à la réforme demeurent mobilisés. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 26 janvier.

Mattea Battaglia

Mille écoles en plus pour l'allemand
Si l'on ignore le détail de la " carte des langues " attendue -vendredi 22 janvier, une annonce se dessine : la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud- -Belkacem, -devrait faire savoir qu'un millier d'écoles supplémentaires -enseigneront l'allemand à compter de la rentrée 2016 – ce qui porterait leur nombre à 3 800. Quelque 200 autres écoles -proposeront une autre langue que l'anglais ou l'allemand. Les enseignants d'allemand sont les premiers concernés par la raréfaction des sections bilangues en collège : le dispositif a permis, en dix ans, d'enrayer la chute des effectifs dans leur discipline. Lancées en 2004, ces sections proposent d'étudier dès la 6e, en plus de l'anglais, une autre langue.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 13 Juin 2016

Quand Manuel Valls va à l'encontre des préconisations de Human Rights Watch (HRW)

Human Rights Watch (HRW) dit qu'il ne faut pas faire d'affaires avec les colonies. C'est une bonne chose car les colonies violent les droits de l'Homme.

Les colonies sont illégales car implantées sur un territoire qui n'appartient pas au pays. A ce titre, non seulement le boycott des produits des colonies est juste, mais le boycott des produits Israéliens l'est tout autant, car les colonies bénéficient des aides de l'état d'Israël.

Le boycott est un droit d'expression élémentaire qui doit être protégé à partir du moment où il se fonde sur des raisons claires et motivées. Le droit humanitaire international étant violé par Israël, il est logique qu'Israël soit l'objet d'un boycott économique.

Cet article donne toute une liste de ces abus par ce pays. Le boycott est donc plus que légitime. En attendant, Manuel Valls dénonce ce boycott, avalisant des actions abjectes et intolérables par Israël. Cette position est honteuse et jette un discrédit sur notre politique étrangère en tuant la liberté d'expression et en avalisant une politique intolérable par Israël.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 janvier 2016

***************

Israël : HRW appelle à ne pas faire affaire avec les colonies
Human Rights Watch souligne la responsabilité des entreprises étrangères dans la colonisation
En développant une activité avec ou dans les -colonies israéliennes en Cisjordanie, les entreprises se rendent coupables de violations du droit international. C'est ainsi que se résume le sévère rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW) publié mardi 19 janvier. Il se concentre essentiellement sur la " zone C ", qui se trouve entièrement sous contrôle israélienet représente 60 % du territoire.

" Human Rights Watch n'appelle pas à un boycott des consommateurs contre les entreprises des colonies, mais plutôt à ce que les sociétés se mettent à la hauteur de leurs responsabilités en matière de droits de l'homme en cessant toute activité liée aux colonies, explique le rapport. De plus, les consommateurs devraient disposer de toute l'information nécessaire, par exemple sur l'origine des produits, pour pouvoir prendre des décisions informées. " Cette publication intervient trois mois après la décision de l'Union européenne, adoptée le 11 novembre 2015, d'étiqueter les produits fabriqués dans les colonies, ce qui a provoqué la fureur de l'exécutif israélien. HRW appelle les gouvernements à exclure les produits fabriqués dans les colonies de traitements préférentiels prévus dans les accords de libre-échange avec Israël.

Près de 350 000 juifs vivent en Cisjordanie, sans compter ceux installés à Jérusalem-Est. Il existe près de 100 colonies officiellement reconnues par le gouvernement israélien, ainsi qu'une centaine d'avant-postes, illégaux mais bénéficiant tout de même d'une aide financière et matérielle des autorités. Le gouvernement a classé 90 % des communautés en " zones de priorité nationale ", bénéficiant ainsi de -conditions favorables à l'investissement, avec de fortes subventions publiques. Le rapport note qu'il existe en Cisjordanie 20 zones commerciales israéliennes, couvrant 1 365 hectares. En outre, les colons contrôlent 9 300 hectares de terres agricoles. Près de 55 000 personnes, soit 42 % de la population active dans les colonies, sont employées à l'intérieur même des communautés en Cisjordanie.

Grignotage des terres
Le premier type d'activité étudié est celui relatif à l'édification et au fonctionnement des colonies, des prêts immobiliers aux prestations quotidiennes comme le ramassage des poubelles. Le deuxième concerne les entreprises implantées dans les zones industrielles ou agricoles relevant des colonies, attirées par la main-d'œuvre bon marché, les largesses fiscales ou les ressources naturelles.

Dans les deux cas, HRW souligne que les entreprises facilitent les violations par Israël du droit humanitaire international. Ces violations sont notamment évidentes dans la confiscation des terres appartenant aux Palestiniens, dans l'appropriation des ressources naturelles (eau, pierres), dans les politiques discriminatoires (infrastructures réservées aux colons).

Le premier domaine où les discriminations sautent aux yeux est celui de l'attribution de permis de construire. Selon les propres statistiques de l'Administration civile israélienne en Cisjordanie, entre 2000 et 2012, seuls 210 permis, sur 3 565 demandes palestiniennes, ont été accordés. En revanche, les colons ne cessent de grignoter les terres palestiniennes.

Exemple historique : Ariel. Créée en 1978 sur 462 hectares pour des raisons officielles de sécurité, cette colonie n'a cessé de s'étendre depuis. Trois enclos successifs ont été édifiés, avalant à chaque fois des centaines de mètres supplémentaires de terres agricoles palestiniennes. Selon HRW, les secteurs de la banque, de la construction et de l'immobilier participent tous à leur niveau aux violations du droit international, en permettant l'installation de nouvelles familles de colons sur ces terres expropriées.

Le deuxième domaine étudié est celui des infrastructures. HRW cite l'exemple des décharges. L'une des plus importantes est située sur des terres confisquées dans la vallée du Jourdain. Construite sans étude de l'impact environnemental, elle ne dessert que les colons et des zones d'habitation à l'intérieur d'Israël. En revanche, les Palestiniens ont bien du mal à obtenir le droit d'en creuser.

L'ONG se penche aussi sur le cas des carrières de pierres. Les colonies en ont développé onze. Aucune autorisée pour les Palestiniens, dans la zone sous administration israélienne, soit un manque à gagner annuel estimé à 241 millions de dollars par la Banque mondiale. Les carrières palestiniennes produisent le quart des pierres ramassées par les carrières israéliennes. Lorsqu'elles poursuivent leurs activités sans autorisation, elles risquent de se voir confisquer leurs équipements et de devoir payer une forte amende.

Enfin, HRW met en exergue la discrimination dont souffrent les travailleurs palestiniens dans les colonies. La Cour suprême israélienne a eu beau rejeter en 2007 l'idée d'un système juridique double, en demandant l'application du droit du travail israélien à ces employés palestiniens, le gouvernement n'a jamais appliqué cette décision. Dès lors, ces travailleurs ne bénéficient pas de droits sociaux élémentaires et sont payés en dessous du salaire minimum. Le ministère des affaires étrangères israélien a regretté, mardi, un rapport " politisé ", qui " compromet la vie de milliers de Palestiniens et décourage de rares exemples de coopération ".

Piotr Smolar

Valls envisage des mesures anti-boycott
Le premier ministre français, Manuel Valls, a de nouveau -dénoncé, lundi 18 janvier, les campagnes visant en France les produits israéliens menées par le mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions). Devant les Amis du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), il a estimé que " les pouvoirs publics - devaient - changer d'attitude " vis-à-vis des manifestations organisées par ce mouvement, qui participent selon lui d'un " climat nauséabond ". " On voit très bien comment on est passé de la critique d'Israël à l'antisionisme et de l'antisionisme à l'antisémitisme ", a-t-il souligné, sans cependant en évoquer l'interdiction, que le CRIF demande. – (AFP.)

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 10 Juin 2016

Quand on agit contre l'intérêt général par peur de ne pas se faire réélire

On sait foncièrement comment réduire le chômage dans notre pays. Cependant, nos politiques ne font rien car ils savent que ce qu'il faut faire déplaira à la majorité de la population.

Quel est le but d'un homme politique ? Se faire aimer pour se faire réélire et continuer à se faire payer à ne rien faire ? Ou engager des mesures pour l'intérêt général, mesures qui risquent de ne pas être appréciées et pouvant mener à des sanctions dans les urnes, sanctions aboutissant à la perte d'un emploi confortable ?

Nos élus ont choisi car nos concitoyens ont préféré des menteurs et des bonimenteurs à des personnes agissant dans l'intérêt général.

En attendant, on gaspille toujours autant d'argent à rémunérer des incompétents et des mesurettes économiques en ne prenant pas nos responsabilités.

Il est temps de voter pour de véritables gestionnaires provenant de la société civile, même si ces gestionnaires engagent des mesures qui ne plairont pas à court-terme. Car à long-terme, gérer un pays avec rigueur ne peut qu'amener à la réussite économique de notre pays.

Il faut donc suivre les recettes qui ont marché ailleurs et les reproduire en France. Il faut agir vite car plus on attend, plus la note sera salée à l'arrivée. Nous avons voté pendant 30 ans pour des incompétents qui n'ont pas su gérer un budget : il est temps que le citoyen réagisse et renvoient à leurs chères études ces politiques incapables.

Car ce ne sont pas les indemnités prud'hommales qui sont la cause de notre marasme économique : quand un patron embauche, il ne le fait que parce qu'il considère qu'il a un besoin pérenne ! Les indemnités prud'hommales pèsent donc beaucoup moins que les charges dont il devra s'acquitter tous les mois !

Il faut aussi savoir taper du poing sur la table en donnant à notre éducation le but de faire entrer les citoyens sur le marché de l'emploi ! Elle ne le fait que trop peu, car elle est enfermée dans une logique trop souvent idéologique déconnectée des besoins de la société. Notre éducation coûte donc trop cher pour des résultats médiocres. Il faudra savoir réorienter cette formation vers son but principal. L'apprentissage est une piste, mais pas la seule.

Nos politiques doivent changer la vision générale de l'entreprise. Trop souvent, le patron est vu comme un voyou, un parvenu, alors qu'il est un acteur économique essentiel, aussi essentiel que peut l'être le cadre ou l'ouvrier.

De plus, c'est un fait que l'assurance chômage ne favorise pas la reprise d'un emploi : quand, lors d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), un salarié, bien dédommagé, peut avoir, en prime, 100% de son salaire net pendant un an, où est l'intérêt pour lui de rechercher un job le plus rapidement possible ?

Notre système est une usine à gaz contre-productive. Il a été favorisé par des politiques lâches qui n'ont jamais su agir au nom de la lutte contre le chômage. On a eu de beaux discours, de belles paroles, qui ont abouti à des dépenses inefficaces, mais jamais de véritables plans dont on savait que certains étaient impopulaires.

On dit, dans cet article, que la révolution se fera à 20% de chômage. C'est faux : elle se fera quand les politiques couperont les indemnités chômages car l'argent ne sera plus là. Notre dette se monte à 100% du PIB, à 200%, la catastrophe sera proche...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 janvier 2016

**************

Contre le chômage, on n'a pas tout essayé !
Depuis quarante ans, la France multiplie les plans pour l'emploi, sans grande efficacité. Tour de piste de six tabous nationaux, qui sont autant de voies pour sortir du statu quo
Le président de la République doit présenter, lundi 18 janvier, de nouvelles mesures pour, enfin, " inverser la courbe du chômage ", comme il s'y était engagé. Une fois de plus, pourrait-on dire, tant les plans se succèdent depuis plusieurs décennies pour lutter contre ce fléau : politiques de relance de la demande par la dépense, augmentation du niveau d'études, emplois aidés, emplois jeunes, aides aux entreprises sous la forme d'une diminution de charges, formation des chômeurs, développement de l'apprentissage…

Et pourtant, malgré ce déploiement considérable de moyens, avec 10,6 % de sa population active sans emploi en janvier, la France ne parvient pas à résorber le chômage. Parmi les grands pays occidentaux, c'est aujourd'hui l'un des seuls à ne pas avoir réussi à le faire baisser durablement. Alors, que se passe-t-il ? De nombreux économistes se sont penchés sur le sujet pour tenter de comprendre d'où vient cette spécificité française.

La démographie n'est pas étrangère à la situation : " Le chômage en France est élevé de manière structurelle ", affirme Stéphane Carcillo, professeur associé au département d'économie de Sciences Po. " Le maximum a été atteint en 1997, avec 10,8 % de chômage, et là on est à 10,6 %. On est très rarement descendus au-dessous de la barre des 8 %. " Pourquoi ? " En France, il arrive chaque année 30 % de jeunes de plus sur le marché du travail qu'en Allemagne ", souligne Michel Abhervé, professeur associé à l'université de Paris-Est-Marne-la-Vallée. Ce phénomène se double d'un autre élément majeur : les Français partent – ou devraient partir – à la retraite de plus en plus tard. Au-delà, les experts sont globalement d'accord pour dire qu'il ne sert à rien de dépenser " plus ", mais qu'il faut dépenser " mieux ", et qu'il est possible d'agir sur certains leviers.

Abaisser le coût du travail
" Aujourd'hui, en France, le coût du travail au niveau du salaire minimum est encore ennemi de l'emploi ", tranchent Pierre Cahuc et André Zylberberg, respectivement directeur du laboratoire de macroéconomie du Centre de recherche en économie et statistique (CREST) et directeur de recherche émérite au CNRS. Selon l'OCDE, le salaire minimum brut était, en 2013, le plus élevé des pays membres après le Luxembourg : 10,6 dollars (9,7 euros) l'heure contre 7,85 au Royaume Uni et 9,69 en Allemagne. Certes, de très nombreux dispositifs sont déjà venus alléger le coût du travail pour les entreprises : exonérations de charges, CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), pacte de responsabilité… N'en déplaise à ceux qui dénoncent les " cadeaux " ainsi faits aux entreprises, les allégements de charges " doivent être poursuivis et amplifiés tant que le salaire minimum détruit des emplois ", ajoutent les deux chercheurs.

Autres pistes : " Subventionner certaines embauches ", créer un impôt négatif sur les bas salaires ou redistribuer du revenu par le biais du RSA (revenu de solidarité active). Faute de quoi, le SMIC peut avoir des conséquences opposées à celles recherchées, puisqu'il accroît les inégalités en empêchant l'accès à l'emploi, notamment pour les chômeurs les moins qualifiés (50 % des demandeurs d'emploi n'ont pas le bac).

Yannick L'Horty, professeur d'économie à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée, va plus loin : non seulement le coût du travail est un frein à l'embauche, mais il s'ajoute " à l'insécurité sur le coût d'une éventuelle séparation ". A cet égard, la volonté manifestée par le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, d'encadrer le montant des indemnités prud'homales va plutôt dans le bon sens. Notons d'ailleurs que la complexité juridique du contrat de travail – y compris des conditions de sa rupture – reste un obstacle à l'accès à l'emploi.

Mieux cibler la formation
Former 500 000 chômeurs, comme le prévoit François Hollande ? Si tant est que ce soit réalisable, les économistes sont sceptiques sur l'efficacité d'une telle mesure. Jamais, pointent-ils en effet, le niveau global d'éducation d'une génération n'a été aussi élevé, et pourtant le chômage n'a jamais été aussi fort.

Certes, le lien est établi entre le niveau d'études et la capacité à entrer sur le marché du travail. Mais encore faut-il que les formations correspondent à un besoin, ou encore qu'elles répondent à l'évolution des métiers, ce qui est loin d'être toujours le cas en France, comme le démontre l'économiste Mathilde Lemoine dans son rapport pour la fondation Terra Nova (Entrer et rester dans l'emploi, un levier de compétitivité, un enjeu citoyen, juin 2014, Fondation Terra Nova).

Stéphane Carcillo, lui, fait le constat que la formation coûte extrêmement cher : 30 milliards d'euros, trois fois plus que le budget total de l'emploi. Pour quel résultat ? " On ne sait pas très bien où va cet argent, le système n'est pas du tout évalué ", souligne le chercheur. " Il est généralement plus efficace d'intégrer ces personnes dans l'emploi en réduisant le coût de leur travail ", jugent MM. Cahuc et Zylberberg.

Les préconisations vont toutes dans le même sens : réorienter les dépenses publiques de formation vers les très jeunes enfants, dans les populations les plus défavorisées, en interaction avec le milieu familial ; et ensuite vers les programmes ciblés, avec un suivi long et coûteux des bénéficiaires, ce qui suppose d'en finir avec le saupoudrage des aides. Et, pourquoi pas, " laisser les entreprises former les gens en fonction de leurs besoins, comme aux Etats-Unis ", comme le remarque Stéphane Carcillo.

Réellement valoriser l'apprentissage
Depuis Raymond Barre, le premier à l'avoir mis au menu en 1979, rares sont les gouvernants qui n'ont pas mis en avant l'apprentissage comme l'une des clés de l'emploi des jeunes. Effectivement, l'apprentissage se révèle relativement efficace : il permet d'améliorer d'environ 10 % l'insertion et l'intégration des jeunes sur le marché du travail.

Mais la comparaison avec l'Allemagne, sans cesse montrée en exemple, trouve ses limites. D'abord parce que les tensions sur le marché du travail et le vieillissement de la population outre-Rhin font que les entreprises y ont besoin d'embaucher et de former des apprentis. Ensuite parce que, dans les pays où l'apprentissage fonctionne bien, les référentiels de diplômes et les formations sont organisés par les entreprises et plus tournées vers les aspects techniques qu'en France.

Les professionnels sont beaucoup plus impliqués dans le processus et, d'ailleurs, les jeunes passent trois fois plus de temps dans l'entreprise qu'en France. Ainsi, " en Allemagne, le jeune est un investissement pour l'entreprise, alors qu'en France, quand ils pensent apprentissage, beaucoup de patrons pensent en réalité coût du travail ", déplore Bertrand Martinot, économiste, ancien délégué à l'emploi et à la formation professionnelle.

L'image de l'apprentissage en France, malgré les coûteux efforts déployés pour en faire la promotion, reste mauvaise : il continue à résulter d'une orientation par l'échec, alors qu'en Allemagne ce sont plutôt des bons élèves qui sont amenés dans cette voie. Le rôle de l'éducation nationale est ainsi pointé du doigt : peu soucieuse de valoriser l'apprentissage, l'institution préfère investir dans les lycées professionnels.

Laisser plus de place aux nouveaux acteurs
Les files de taxis bloquant le périphérique parisien pour s'opposer à l'arrivée de nouveaux acteurs en est un exemple frappant : lorsqu'il s'agit d'économie, la France est malthusienne. " Les entreprises installées empêchent les entreprises jeunes de se créer et de croître ", constate Francis Kramarz, directeur du CREST, professeur de sciences économiques à l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique et à Polytechnique.

Pourtant, la France regorge de start-up. Le problème n'est donc pas celui de l'initiative, mais celui de la croissance. " Or, poursuit Francis Kramarz, ce ne sont pas les toutes petites entreprises qui créent des emplois, mais les entreprises jeunes appelées à grossir ou à mourir. " Le manque de concurrence participe de cet assèchement : " Un certain nombre de métiers souffrent de blocages corporatistes, ce qui réduit les emplois potentiels ", constate Stéphane Carcillo, qui souligne qu'" augmenter la concurrence ne coûte rien ". Des progrès sont accomplis dans ce domaine depuis quelques années, mais il reste encore beaucoup à faire dans certains secteurs.

Rendre l'assurance-chômage plus incitative
Au risque de soulever l'ire des syndicats, plusieurs experts n'hésitent pas à avancer l'hypothèse que l'assurance-chômage est l'une des causes du maintien d'un chômage élevé en France. Non seulement la durée maximale d'indemnisation (24 mois sans dégressivité, 36 mois pour les seniors) est l'une des plus élevées au monde, mais encore n'encourage-t-elle pas assez la reprise d'activité. " Il apparaît que la France n'a pas un système de sanctions particulièrement sévère en cas de refus d'offre d'emploi ou de formation, notamment en comparaison des pays d'Europe du Nord ", conclut Pierre Cahuc. " Les gens ne devraient pas pouvoir tout refuser ", affirme de son côté Francis Kramarz, qui estime que ce problème " a été résolu en Allemagne avec les lois Hartz - adoptées entre 2003 et 2005 - ". Quant à l'arsenal de mesures (prévention, accompagnement…) qui doit permettre d'amortir les plans sociaux, l'économiste le trouve " plus néfaste qu'autre chose, car ces mesures nuisent à la pro-activité des salariés ".

L'idée n'est pas de démanteler l'assurance-chômage mais de mieux l'organiser et la répartir. En effet, elle ne bénéficie aujourd'hui qu'à un chômeur sur deux, car elle exclut les jeunes qui n'ont jamais travaillé et les seniors arrivés en fin de droits. Le dispositif pourrait aussi tenir compte du contexte global, par exemple en raccourcissant la durée d'indemnisation quand la situation économique s'améliore.

Simplifier et évaluer les dispositifs
Au fil des années et des plans, les dispositifs de lutte contre le chômage forment un système d'une extrême complexité, illisible. Et malgré l'existence du Conseil d'analyse économique, du Conseil d'orientation pour l'emploi, du Conseil économique social et environnemental et autres institutions chargées d'évaluer les politiques publiques, " on assiste, depuis quarante ans, à un va-et-vient de mesures sans aucune évaluation digne de ce nom ", affirment Pierre Cahuc et André Zylberberg. C'est d'autant plus regrettable que certaines mesures peuvent se révéler contre-productives. Comme le cas des emplois aidés dans le secteur non marchand, in fine " catastrophiques " pour les jeunes : deux ans après, les bénéficiaires ont moins de chances d'être dans l'emploi que les autres !

Les acteurs eux-mêmes (y compris les quelque 30 000 conseillers de Pôle emploi) s'y perdent. " Aujourd'hui, reconnaît Bertrand Martinot, pourtant ancien délégué à l'emploi et à la formation professionnelle, si un patron vient me voir, je suis incapable de lui donner le coût de son apprenti. " Une simplification drastique des aides s'impose, de même qu'un " arrêt sur image " pour analyser les dispositifs existants, conserver ou généraliser ceux qui fonctionnent et supprimer les autres.

Alors, va-t-on, en France, prendre le problème du chômage à bras-le-corps et s'attaquer, enfin, aux vraies difficultés ? Les experts ne semblent pas entrevoir le bout du tunnel. " On a trouvé un équilibre social qui peut durer encore quelques années, constate Bertrand Martinot. La preuve, la société n'a pas explosé. " Francis Kramarz va plus loin : " Les gens se bougeront quand on aura 20 % de chômage. D'ici là, il n'y a pas de raison que les élites ou la classe politique, qui ne sont pas touchées, sortent de leur indifférence. " Yannick L'Horty, lui, estime que " l'on n'a pas encore atteint le fond de la piscine " et rappelle qu'il a fallu que l'Irlande atteigne, en 1987, un taux de 20 points de chômage environ pour mettre sur pied un " pacte national ".

Béatrice Madeline

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 9 Juin 2016

Il faut lier les diplômés aux besoins du marché du travail

Il ne sert à rien de vouloir produire des diplômés en masse, encore faut-il que le marché du travail soit capable de les absorber ! Ne pas mettre la charrue avant les boeufs, doit donc rester notre crédo : d'abord favoriser la pérennité de nos entreprises, ensuite axer notre formation pour continuer à leur fournir de la main d'oeuvre qualifiée.

Las, vouloir que 60% d'une classe d'âge soit diplômée du supérieur ne sert à rien si on n'a pas fait d'études sur ce qu'ont besoin les entreprises.

Le diplôme doit servir à avoir un emploi, pire, les études et les formations globales doivent servir à ce but !

Il vaut mieux avoir un titulaire d'un CAP employé, qu'un titulaire d'un Bac+5 au chômage : c'est une simple question de bon sens !

Mais le bon sens et l'intelligence échappent souvent à nos politiques qui, agissant souvent par populisme et démagogie, s'engagent dans une voie du 'toujours plus' quitte à être dans une position très éloignée de la réalité.

Vouloir former des diplômés, c'est bien, les faire bosser, c'est mieux : nos politiques seraient bien avisés de se remémorer ce simple fait !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Septembre 2015

***************

Le diplôme moins protecteur qu'auparavant
Poursuivre des études supérieures ne garantit pas une entrée sans encombre sur le marché du travail
Faire des études, et après ? Une étude du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) publiée jeudi 24 septembre rappelle que poursuivre des études supérieures ne garantit pas une entrée sans encombre sur le marché du travail. C'est même de moins en moins le cas. Ce rappel sonne comme un coup de semonce, alors que l'Etat vient de fixer de nouveaux objectifs éducatifs : le 17 septembre, le président de la République a souhaité que 60 % d'une classe d'âge soit diplômée du supérieur (contre 44 % aujourd'hui) d'ici à 2025.

La veille, son secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur, Thierry Mandon, se réjouissait de voir la France basculer plus vite que prévu dans la " société de la connaissance " en accueillant cette année 65 000 étudiants de plus à l'université.

Mais après ? En 2013, le Céreq a interrogé un échantillon des 369 000 jeunes sortis en 2010, avec ou sans diplôme, de l'enseignement supérieur. Entrés sur le marché du travail deux ans après le déclenchement de la crise économique de 2008, les diplômés du supérieur accusent trois ans plus tard un taux de chômage de 13 %. C'est 4 points de plus qu'en 2007 pour ceux qui étaient sortis en 2004.

En outre, comme dans l'enseignement scolaire, les origines sociales pèsent lourd sur les études. Plus on monte dans le cursus, plus les enfants de cadres sont nombreux. Ils sont 26 % parmi les diplômés de brevet de technicien supérieur (BTS, bac + 2), 51 % en master (bac + 5) et jusqu'à 67 % en doctorat (bac + 8). Et l'alternance, qui s'est beaucoup développée dans le supérieur, n'échappe pas à la règle. Jusqu'à bac + 4, il y a plus d'enfants de cadres parmi les alternants qu'à bac + 5, où les familles favorisées sont par ailleurs surreprésentées.

" Surdiplomation artificielle "
L'étude montre également qu'un jeune sur quatre n'a obtenu aucun diplôme. Les plans gouvernementaux adoptés par la droite puis par la gauche pour améliorer la réussite en licence n'y font rien. En revanche, l'impulsion gouvernementale à la poursuite d'études donne, elle, des résultats. En 2010, près d'un tiers des étudiants obtient un diplôme de niveau bac + 5 ou plus. Ils n'étaient qu'un quart quelques années plus tôt.

Pour les détracteurs de cette politique, c'est pure folie. Dans une note parue en juillet, la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), un cercle de réflexion libéral, dénonce " une surdiplomation artificielle ". " Le nombre de bac + 5 délivrés est deux à trois fois supérieur à ce que le marché du travail est en mesure d'absorber, écrit l'auteur, Julien Gonzalez. Les conséquences sont préoccupantes : frustration des jeunes diplômés et de leur famille, dévalorisation des diplômes, renchérissement du coût de l'enseignement supérieur, emplois moins qualifiés non pourvus… " Les mises en garde de la sociologue Marie Duru-Bellat dans son livre L'inflation scolaire (Seuil, 2006), sont également connues.

Et pourtant, le diplôme demeure très protecteur. Si les diplômés de l'enseignement supérieur connaissent un taux de chômage de 13 % trois ans après, il est de 26 % pour ceux qui n'ont pas dépassé le secondaire, et de 50 % pour ceux qui sont sortis du système éducatif sans diplôme.

Par ailleurs, il existe de grandes différences au sein même du supérieur. La seule licence protège mal du chômage. Le master beaucoup mieux. A ce niveau, le taux de chômage tombe à 10 % et même à 4 % pour les écoles d'ingénieurs. Quant aux docteurs, seuls 6 % sont sans emploi.

Les auteurs de l'étude du Céreq, Julien Calmand, Boris Ménard et Virginie Mora, n'occultent pas la question de l'utilité de la hausse du niveau de diplôme. " Entre les générations 2004 et 2010, la création d'emplois de cadres a été très forte, indique Boris Ménard. Il y a donc un potentiel, même si la capacité du marché de l'emploi à absorber ces diplômés est plus lente que l'élévation du niveau d'études. "

Bertrand Martinot n'est pas inquiet. Economiste spécialiste de l'emploi, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, auteur de Pour en finir avec le chômage (Fayard, 2015), il confie n'avoir " pas le moindre doute " sur le fait que les jeunes qui poussent jusqu'à bac + 5 trouvent un emploi de cadre. " Les systèmes économiques s'adaptent aux qualifications des personnes, dit-il. Si la France dispose de beaucoup de matière grise, elle développera des activités économiques de haut niveau : centres de recherches, technologies de pointe, finances, sièges sociaux… L'ajustement peut prendre du temps. Mais le chômage que connaissent ces jeunes est surtout dû à la crise de 2008. "

Benoît Floc'h

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 8 Juin 2016

Vous croyez payer pour un service à la SNCF ? Non, vous payez des gens à rester chez eux !

Décidément, en matière d'incompétence, la SNCF est très largement au-dessus du lot ! Elle mérite, elle aussi, un prix ! Assurément le prix de la boite la plus incompétente de France gérée par le plus incompétent des PDG, en la personne de M. Guillaume Pépy dont la tocardise aigüe n'est plus à démontrer !

La dernière en date ?

On rémunère un type à rester chez lui et on le paie près de 5000 Euros par mois ! Si, ça, ce n'est pas de la tocardise aigüe, c'est quoi ?

En attendant, les accidents se cumulent sur les lignes, les morts tombent à Pau, à Brétigny, à Colmar ! On prend comme excuses le manque de moyens pour rénover les voies, mais dans le même temps on dilapide l'argent à payer des gens à ne rien foutre !

L'incompétence de la SNCF est sans limite mais elle s'en fout puisque le Ministre des transports est aux abonnés absents et ne dit rien !

Par ce simple exemple on montre que l'incompétence gangrène la SNCF, mais aussi le ministre des transports par son manque d'action...

Dans ce dossier, entre M. Guillaume Pépy et M. Alain Vidalies, Ministre des transports, un point commun : l'incompétence ! Et une action à mener pour chacun d'eux : leur montrer le chemin de la sortie !

Deux articles sur le placardisé de la SNCF...

************

SNCF : l'employé placardisé distingué par "Le Courrier picard"
Rémunéré depuis douze ans 5 000 euros par mois, Charles Simon vient d'être élu "Saint-Quentinois de l'année 2015" par les internautes.
PAR LE POINT.FR
Publié le 02/01/2016 à 10:18 | Le Point.fr

C'est non sans fierté que Charles Simon l'annonce dans un courriel, ce samedi 2 janvier 2016 : l'employé placardisé de la SNCF, dont l'affaire avait été révélée par Le Point.fr, vient d'être élu « Saint-Quentinois de l'année 2015 » par Le Courrier picard. Rappelez-vous ! Rémunéré depuis douze ans 5 000 euros par mois, Charles Simon, un ingénieur des Mines, était sans nouvelles de son employeur. À la suite de la révélation du dossier sur notre site internet, la SNCF lui a trouvé une nouvelle affectation.

« Je reprends une activité dans un placard à Paris le 4 janvier, un travail de stagiaire, d'analyse documentaire ou de réunion managériale. J'ai prévenu le Défenseur des droits. Je ne lâche pas », précise-t-il dans une interview au Courrier picard . N'hésitant pas à se comparer à Edward Snowden, il réclame toujours le statut de lanceur d'alertes et demande le respect de la loi de 2013 qui les protège.

Interpellant Xavier Bertrand, le nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Charles Simon lui propose de faire « de la politique autrement en commençant par lutter contre la corruption, les fraudes, les détournements et les gabegies d'argent public ». Tout un programme !

*******************

Région > Saint-Quentin
SAINT-QUENTIN Charles Simon, le «placardisé», Saint-Quentinois de l’année 2015
PUBLIÉ LE 01/01/2016
GUILLAUME CARRÉ

Il se décrit comme un lanceur d’alerte. Le Saint-Quentinois, employé de la SNCF, a été surmédiatisé au cœur de l’été en racontant toucher 5 000 € pour rester chez lui.

Les internautes du Courrier picard ont choisi Charles Simon comme étant la personnalité de l’année 2015. Le placardisé le plus célèbre de France revient sur une seconde partie d’année mouvementée, où il a été chahuté par son employeur, la SNCF. Depuis la fin de l’année 2002, quand l’ex-cadre a dénoncé des manœuvres de corruption au sein de Geodis, la filiale transport de la SNCF, il a été placé à l’ombre.

Votre première réaction sur votre élection « personnalité de l’année 2015 » du « Courrier picard » ?

D’abord, je remercie tous ceux ayant voté pour moi, ça me fait quelque chose. J’ai vraiment cru que les gens se désintéresseraient de la politique, de la corruption et de l’argent public. Ça me fait de la peine pour Lucile Maziarz (classée 2e), je lui dédie ce titre. C’est une chouette fille qui s’est battue aussi contre la maladie, elle le méritait plus que moi.

Que s’est-il passé depuis que votre histoire est sortie dans la presse ?

J’ai pris des coups. Aujourd’hui, on ne tue plus les gens, on les discrédite. C’est la SNCF qui a lancé des pièces confidentielles à des journalistes à leur botte, des choses malsaines ont été colportées. La mise au placard, c’est la dépression ou le suicide. On m’a volé ma vie professionnelle. Des gens m’ont appelé pour m’insulter, je ne suis pas un profiteur. Pas un élu, une loi, une institution n’est venu me défendre alors que j’ai juste fait mon devoir de citoyen.

Vous aviez rencontré Xavier Bertrand, en septembre. Vous n’épargniez pas non plus le maire dans vos déclarations successives…

J’ai été un peu opposant (il l’a qualifié dans ses mails et courriers « d’Iznogoud », ndlr), mais j’ai d’abord eu une grande écoute. Je lui ai remis le rapport que j’avais transmis au procureur national financier ainsi qu’à la Cour des comptes. Il m’a dit « Comment on peut régler ça ? Il est hors de question d’étouffer l’affaire. » Depuis, il a peut-être fait quelque chose, mais je n’en sais rien.

Vous aviez rencontré la directrice des ressources humaines de la SNCF, l’entretien avait été houleux, avec du sang sur les murs…

J’avais posé mes lunettes sur la table. J’ai donné un coup de poing, j’ai saigné. La seule candidature légale, c’était le poste de contrôleur général de la SNCF. Lors d’une réunion, on se fout de moi. On me propose de vendre des TGV d’Alstom aux États-Unis. Mon père, juif, a été déporté dans des camps dans des trains appartenant à la SNCF. Et je devrais jouer le commercial et défendre l’image de la SNCF aux États-Unis ?

Aujourd’hui, qu’en est-il ?

Je reprends une activité dans un placard à Paris le 4 janvier, un travail de stagiaire, d’analyse documentaire ou de réunion managériale. J’ai prévenu le défenseur des droits. Je ne lâche pas.

Vous demandez quoi exactement ?

Je demande que la loi sur les lanceurs d’alerte, promulguée le 6 décembre 2013 soit appliquée.

Et qu’attendez-vous en cette nouvelle année 2016 ?

Le combat continue, on ne va pas lâcher ; la corruption atteint un niveau fou. Aujourd’hui, j’ai honte pour mon pays. Nous sommes quelques-uns en France à être connus et à en prendre plein la gueule. Nous ne lâcherons pas.

Le résultat des votes : 1er : Charles Simon (300 voix) ; 2e : Lucile Maziarz (222 voix) ; 3e : Chloé Ottini (100 voix) ; 4e : Caroline Cambon (57 voix) ; 5e : Dominique Dubus (24 voix) ; 6e Luc Féton (18 voix) ; 7e :
Jessika Martins-Baltar (3 voix).

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 7 Juin 2016

Les politiques devraient prendre exemple sur ce Monsieur pour gérer les valeurs au sein de l'Education nationale

Très clairement, M. Claude Onesta, nous donne une leçon d'éducation dans son interview.

Sa leçon d'éducation est claire : "Tu es intégré à une équipe et sans l'équipe tu n'es rien. Tu as peut-être du talent, mais sans les autres, ton talent ne sert à rien !"

Ces valeurs devraient être enseignées au sein de l'éducation nationale tant elles sont indispensables à tous les niveaux, à tous les emplois et à toutes les entreprises.

M. Claude Onesta est un modèle de DRH où les enseignements sont clairs et mis à profit d'un seul but : faire gagner l'équipe.

Le seul point noir c'est que M. Claude Onesta ne comprend rien à la politique ! La politique est l'art de servir ses concitoyens et de respecter l'intérêt général. Exactement les valeurs que ce Monsieur prône ! Alors quand je lis "Qu'est-ce qui fait qu'on ne parle jamais de politique, ou de religion, qu'on ne se préoccupe pas de l'obédience ou de la couleur de l'un ou de l'autre ?", ça me fait un peu tiquer... Un peu tiquer car c'est quand même plus qu'hasardeux de confondre politique et religion !

A sa décharge, vu le niveau de nos politiciens, je ne peux lui jeter l'opprobre totalement : tout cela milite, une fois de plus, pour un renouvellement de nos élites parmi la société civile et non pas dans le vivier Science-Po et ENA qui n'a su fournir que des tocards depuis 30 ans...

En tous cas, une interview qui montre bien que les performances sportives peuvent être efficaces pour peu que l'on a de fortes valeurs morales.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Janvier 2016

****************

CLAUDE ONESTA

" La performance, en soi, on s'en fout "
Pour le sélectionneur de l'équipe de France, qui défend son titre européen en Pologne à partir du 15 janvier, la clé de la réussite est la transmission entre des générations de joueurs talentueux
Théo Derot, Ludovic Fabregas, Benoît Kounkoud, Nedim Remili : ces joueurs âgés de 18 à 23 ans dont les noms ne vous disent rien, censés représenter l'avenir du handball français, vont devoir en -assurer le présent un peu plus tôt que prévu. Contraint par l'avalanche de forfaits parmi ses cadres – notamment William Accambray, Xavier Barachet ou Jérôme Fernandez –, Claude Onesta a retenu une brochette de jeunes pousses pour l'Euro en Pologne, où les Bleus défendent leur titre à partir de vendredi 15 janvier. L'occasion d'évoquer avec le sélectionneur de 58 ans la question essentielle de la transmission et des équilibres au sein de l'équipe de France.

Vous avez dû, cette fois-ci, faire appel à plus de néophytes que par le passé. Trop pour gagner l'Euro ?

On est un peu bousculés dans nos habitudes, parce que ces nouveaux arrivants vont être amenés à donner tout de suite des choses que les autres ont eu le temps de construire. Il risque d'y avoir une forme d'instabilité qui peut nous fragiliser, on n'est pas sûrs d'arriver au bout. Mais il faut veiller à ce que la difficulté d'une compétition comme l'Euro, associée au manque de maîtrise de l'équipe, ne dégrade pas la relation des gens entre eux. La performance, en soi, on s'en fout. Je m'en fous, moi, qu'on finisse huitième de l'Euro. Je préfère finir huitième et avoir continué à construire et améliorer un truc, plutôt que sixième avec un groupe qui commence à se tirer dessus. Ce qui m'intéresse, c'est que parmi les jeunes il y en ait deux ou trois qui deviennent des postulants réels pour les Jeux olympiques.

La clé des succès en série des Bleus -réside-t-elle dans ce renouvellement permanent de l'effectif ?

Les résultats sur la durée sont dus au talent des joueurs, et on a vu l'été dernier - en 2015, la France a été sacrée championne du monde chez les moins de 19 ans et les moins de 21 ans - que la machine continuait à produire des éléments de grande qualité. Mais entre la grande qualité qu'on a chez les jeunes et l'efficacité qu'il faut avoir au niveau senior, il y a toute une phase de transition qui, jusqu'à maintenant, a été menée avec beaucoup de lucidité.

Comment ?

Le fait qu'on ne mette pas les jeunes immédiatement en danger, qu'on ne les mette pas vraiment en concurrence, que la construction de l'équipe se fasse de manière feutrée et raisonnée, à mon avis, participe à son efficacité. Il ne suffit pas d'être français pour devenir un extraterrestre. Kentin Mahé, par exemple, était déjà avec nous lors de la préparation des Jeux olympiques de Londres - en 2012 - , et il a déjà fait une ou deux compétitions sans avoir beaucoup de responsabilités - l'Euro 2014, en tribunes, et le Mondial 2015, avec un temps de jeu réduit - . Il connaît parfaitement le niveau international et le fonctionnement de l'équipe de France. Alors le jour où vous lui affectez un peu plus de responsabilités, il ne tombe pas du troisième étage, il n'y a pas de rupture ni d'affolement.

Les jeunes joueurs soulignent aussi tous l'accueil et l'encadrement qu'ils reçoivent de la part des anciens…

Un jeune joueur, c'est quoi ? C'est quelqu'un qui va essayer d'intégrer une équipe mythique composée de gens qui sont, pour la plupart, des modèles pour lui. Quand on arrive et qu'on voit travailler Nikola Karabatic, Thierry Omeyer ou les autres, forcément, il y a un effet d'aspiration vers le haut. Mais on a aussi réussi à construire un modèle de transmission qui permet au jeune d'être pris en charge par l'ancien, ce qui est assez surnaturel dans le monde du sport où, en théorie, le jeune est un prédateur en puissance pour l'ancien.

Nous, staff de l'équipe de France, avons accepté de partager avec les joueurs une forme de co-construction du projet, dont ils sont devenus des acteurs. Ils ont réussi à accéder à une forme d'autonomie dans leur fonctionnement, et, dans cette autonomie, il y a la volonté d'accueillir les jeunes, parce qu'ils sont indispensables pour continuer à régner.

Quel rôle joue le sélectionneur dans l'intégration des nouveaux talents ?

Karabatic, c'est un bel exemple. Quand il est arrivé en 2002, les journalistes en ont fait la star immédiate. En gros, c'était le passage de témoin de Jackson Richardson à Nikola Karabatic. Mais les joueurs qui étaient là depuis trois ou quatre ans, qui réalisaient déjà les performances que ne faisait plus Richardson, et que ne faisait pas encore Karabatic, les Didier Dinart, les Bertrand Gille, les Jérôme Fernandez, vous croyez qu'ils allaient accepter de gagner les matchs sur le terrain et de se faire voler la lumière ?

Mon rôle a été de remettre les choses en ordre, et Karabatic, la première année, il n'a pas mis un pied sur le terrain. Au Mondial 2003, tous les jours, on me disait : " Alors, aujourd'hui, il joue ? " Non, pas besoin. Il a joué zéro minute. Si je l'avais traité comme une star, en le mettant sur le terrain, en le protégeant de tout, en excusant ses échecs, les autres n'auraient eu qu'une envie, le tuer.

A ceux qui débarquent, vous -prononcez un grand discours sur l'état d'esprit de l'équipe de France ?

Il n'y a pas de grand discours, mais dès les équipes de jeunes, on essaie de dire, en gros, qu'il n'y a pas de petite star ici. Et moi, je vais être dérangeant avec le nouveau, plutôt que de l'accueillir à bras ouverts. Tous les jours, je vais lui dire ce qui lui manque pour être légitime dans cette équipe. Pas forcément sur le terrain, mais dans le comportement, la façon de vivre avec les autres, la façon d'écouter les autres. Au bout d'un moment, que se passe-t-il ? Puisque moi je suis exigeant et dérangeant, ce jeune, qui peut être déstabilisé par moi, va être entouré par les autres joueurs.

On parle de " génération Y ", où les mecs arrivent, jouent des coudes, n'en ont rien à foutre de ce qui s'est passé avant, mais si un vieux sent qu'il est mis en danger par un jeune, dès que j'ai le dos tourné, il ira lui foutre des coups pour bien lui expliquer que le patron, ici, c'est lui. A partir du moment où je fais l'inverse, et où l'emmerdeur, c'est moi, les autres ont plutôt tendance à récupérer le jeune et à le prendre en charge. Cette forme de compagnonnage existe parce que l'on fait en sorte que le jeune ne soit pas là pour concurrencer le cadre.

Ça n'arrive jamais qu'un jeune -débarque en équipe de France et joue des coudes ?

Non. Parce que si c'est le cas, moi, je le désosse. Il y a une règle de vie, qui est l'acceptation de l'autre. Ta différence n'est pas l'essentiel de ce que tu apportes. L'essentiel, c'est ta capacité à construire avec les autres, ta capacité d'intégration. Si tu ne mets en avant que ce qui te différencie, on n'a pas besoin de toi. On a besoin de gens qui s'associent. Ta différence, on va l'accepter à partir du moment où tu auras établi ta capacité de fusion avec les autres.

On n'entend jamais parler d'accroc au sein de l'équipe, ce qui semble -inconcevable…

L'accroc, c'est quoi ? C'est le moment où chacun va être centré sur lui-même et voir l'autre comme un danger. Ici, les gens ont compris qu'en s'associant, ils étaient plus forts. Au moment où chacun pourrait s'agacer de l'autre parce qu'il parle fort ou qu'il est un peu envahissant, il va se dire que ça ne sert à rien, ça va perturber le bon fonctionnement du groupe, et ce n'est pas l'essentiel puisqu'on est en train de construire ensemble, sur le terrain, quelque chose de bien plus conséquent. Ma vigilance, c'est ça. C'est pour ça que je ne vois plus des joueurs, je vois des hommes. Leur aspect " joueur " ne m'intéresse plus. Il n'y a jamais d'accrochage parce qu'on a réussi à imprimer comme essentiel ce type de fonctionnement.

Il n'y a jamais d'accrochage parce que les joueurs savent qu'au moindre écart Claude Onesta leur mettra des claques ?

Peut-être en partie. Mais si ce n'était que la peur de la claque, ça ne durerait pas. Qu'est-ce qui fait que dans un vestiaire sportif on ne se tue pas ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne parle jamais de politique, ou de religion, qu'on ne se préoccupe pas de l'obédience ou de la couleur de l'un ou de l'autre ? Dans la vie sociale, la notion de communauté s'est évaporée, le système qu'on a construit sépare les gens, parce qu'on pense qu'en les séparant on va mieux les maîtriser, et tout le monde finit par être crispé, et par essayer de tuer l'autre pour survivre. Le vestiaire sportif est un endroit où la notion de fraternité est encore une réalité. La fraternité, ça ne veut pas dire qu'on s'aime tous et qu'on se doit tout. Ça veut dire que l'autre n'est pas un problème, qu'il est potentiellement une solution. Le sport est une forme d'harmonie, ce sont des gens qui, ensemble, vont composer une œuvre dont les éléments pris séparément n'auraient pas de sens.

Propos recueillis par Henri Seckel

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 6 Juin 2016

Les juges ont raison de se morfondre, mais...

Les magistrats de la Cour de cassation ne sont pas contents, et, à priori, à juste titre...

On leur enlève, en effet des prérogatives sous principe de la lutte contre le terrorisme. On se pose la question " Quelles défaillances ou quels risques l'autorité judiciaire présente-t-elle, qui justifieraient que l'Etat préfère l'éviter lorsqu'il s'agit de la défense de ses intérêts supérieurs ? ". Celle-ci est légitime. Après tout, la défense de l'intérêt général est-elle moins bien réalisée, la défense de l'Etat est-il moins bon quand l'autorité judiciaire en a la charge ?

Dans tous les cas, les principes de droits doivent toujours être mis en regard par rapport à la défense de l'intérêt général et à la sécurité du citoyen...

C'est clair, c'est posé.

M. Louvel pose la question " Pourquoi la justice est-elle ainsi évitée ? ". Force est de constater que l'on a du mal à répondre à la question...

De plus, on alloue moins de moyens à la justice, alors pourquoi ? Perte de confiance ? Due à quoi ? On ne sait pas... La justice ne serait pas plus efficace si elle était mieux armée d'un point de vue des moyens ?

Bref, on en viendrait presque à reconnaître que les juges ont raison... jusqu'à ce que on lise la petite dépêche en fin d'article, qui est éloquent !

Jugez vous-même !

Le tribunal a relaxé trois hommes chez qui on a découvert 235 grammes de cocaïne, 96 grammes d'héroïne et un pistolet de calibre 11,43 mm !

Et après on nous fait de beaux discours en jouant les pleureuses ? Franchement, ils ne manquent pas d'air à la Cour de cassation ! Donc, au vu de ces faits, je ne vais pas pleurer la mise à l'écart des instances judiciaires, quand on voit ce qu'elle fait quand elle a la main !

Cette main-mise du politique sur la justice est donc juste et devra être remis en cause car la justice aura appris à juger !

Fermez le ban !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 janvier 2016

*************

Lois antiterroristes : le cri d'alarme des juges
Lors de la rentrée solennelle de la Cour de cassation, les magistrats ont déploré une mise à l'écart de la justice
Sous les ors de la Cour de cassation et les capes de fourrure de rentrée solennelle, le verbe reste nécessairement policé. Le cri d'alarme lancé jeudi 14 janvier par les deux plus hauts magistrats de France, Bertrand Louvel, premier président de la Cour, et Jean-Claude Marin, procureur général près la Cour, n'en prend que plus de force. Ils s'inquiètent de la place laissée à la justice par le gouvernement.

Bien sûr, il y a l'état d'urgence. Mais il y a plus. Après la loi renseignement votée à la veille de l'été et la loi sur l'état d'urgence du 20 novembre, les intentions du gouvernement dans son projet de loi sur le crime organisé et la procédure pénale semblent marquées par la défiance. " Quelles défaillances ou quels risques l'autorité judiciaire présente-t-elle, qui justifieraient que l'Etat préfère l'éviter lorsqu'il s'agit de la défense de ses intérêts supérieurs ? ", a interrogé M. Louvel dans son discours, prononcé sous les yeux de Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, et de Christiane Taubira, ministre de la justice. " Gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel ont convergé pour ne pas désigner le juge dans ces lois récentes ", a-t-il constaté.

Deux discours " courageux "
Habile, M. Louvel souligne que c'est d'abord à la justice de s'interroger et éventuellement de se remettre en question, mais il en appelle néanmoins à un débat de société : " Pourquoi la justice est-elle ainsi évitée ? "

M. Marin, peu enclin aux rébellions, n'a pas été en reste dans son allocution de rentrée. " Face aux défis et aux enjeux des temps présents, il peut être une tentation, une facilité et, pourquoi pas, pour certains, une opportunité de modifier notre ordre juridique par des réformes qui n'auraient que l'apparence d'une réponse appropriée aux périls qui nous guettent. Or, la petite musique de notre justice judiciaire, si essentielle à l'existence même de notre état de droit, apparaît parfois bien peu audible quand résonnent les coups donnés à la démocratie ". François Hollande, qui pouvait se targuer d'avoir restauré, avec les gouvernements Ayrault et Valls, la dignité des juges après la présidence de Nicolas Sarkozy, en est pour ses frais.

Virginie Duval, présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), le syndicat majoritaire, souligne le " courage " de ces deux discours qui " posent les bonnes questions ". Même réaction du côté du Syndicat de la magistrature (à gauche). Clarisse Taron, sa nouvelle présidente, se réjouit de ce rappel sur " la nécessité du judiciaire comme garant des libertés ". " On entend souvent des discours hors sol et éloignés de nos préoccupations, ce n'était pas le cas ce matin. "

Cette inquiétude institutionnelle se manifeste après une série d'alertes sur les moyens dévolus à la justice. Plusieurs tribunaux ont récemment annoncé devoir réduire le nombre des audiences, faute de magistrats. La Conférence nationale des procureurs a décidé, à la veille de Noël, de suspendre des activités " périphériques et chronophages " que la chancellerie impose. Le procureur général près la Cour de Cassation ne s'est pas privé, jeudi, de rappeler que " nos procureurs sont quatre fois moins nombreux que dans la moyenne des pays européens, ont des compétences plus vastes et sont moins rémunérés ".

Au moment où le gouvernement a commencé la consultation sur le prochain projet de loi destiné à renforcer les moyens de la police et des parquets dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme, ainsi qu'à renforcer les garanties des justiciables dans la procédure pénale, le président de la haute cour bat en brèche toute idée de gouvernement des juges. " Le chiffon rouge du gouvernement des juges n'est en réalité agité que pour faire obstacle à l'accomplissement démocratique d'une véritable séparation des pouvoirs ", prévient M. Louvel, en fonctions depuis l'été 2014.

Une nouvelle fois, il s'est inquiété des " nuances d'appréciation " qui peuvent surgir avec le Conseil d'Etat, l'institution faîtière de l'ordre administratif, en particulier sur " la définition du périmètre et de l'étendue de la liberté individuelle, qui est cœur de la mission constitutionnelle de l'autorité judiciaire ". Une pierre dans le jardin de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'Etat, lui aussi présent à cette audience solennelle.

La présidente de l'USM voit dans ces nuances l'une des motivations du projet de loi. " Le judiciaire ne fait pas ce qu'on veut, donc on va le faire nous-mêmes ", décrypte-t-elle au sujet des mesures d'assignation à résidence et de contrôle administratif que les préfets pourront décider, hors état d'urgence, à l'encontre des personnes de retour de Syrie ou ayant l'intention de s'y rendre, sans qu'il y ait matière à poursuites judiciaires.

Le syndicat FO Magistrats dénonce pour sa part " une stratégie délibérée de poursuivre une entreprise de marginalisation des juges d'instruction, des parquets et des juges de l'application des peines engagée depuis plusieurs années, en les plaçant sous une surveillance et un contrôle de plus en plus étroits des préfets ". A défaut d'un gouvernement des juges, c'est une rébellion qui est à craindre.

Jean-Baptiste Jacquin

Premières annulations de perquisitions
La chambre des comparutions immédiates du tribunal correctionnel de Grenoble, présidée par la présidente du TGI, a jugé illégales, mercredi 13 janvier, trois perquisitions. Il s'agit des premières annulations depuis l'instauration de l'état d'urgence. Les ordres de perquisition signés par le préfet de l'Isère mentionnaient les adresses, à Grenoble et Echirolles, mais pas les noms des personnes visées. Or il s'agissait d'immeubles. Le tribunal a relaxé les trois hommes qui étaient poursuivis à la suite de ce qui avait été découvert. L'un d'eux, détenu depuis le 15 décembre, a été libéré. La police avait trouvé chez lui 235 grammes de cocaïne et 96 grammes d'héroïne. Un pistolet de calibre 11,43 mm avait été trouvé chez un autre.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Publié le 3 Juin 2016

Car ce sont eux qui créent l'emploi, il faut écouter les patrons en matière de lutte contre le chômage

Pour lutter contre le chômage, nos politiques ne doivent faire qu'une seule et unique chose : écouter ceux qui créent l'emploi, in fine, écouter les patrons...

Il faut donc que les politiques acceptent leur incompétence pour écouter, prendre des notes et agir dans le sens fourni par les patrons. Si on ne convainc pas les patrons, ça ne marchera pas, car la décision d'embauche ne passe que par eux...

Ainsi, il faut cesser de dilapider l'argent à tout va dans des plans de formation trop peu conséquents. L'éducation nous coûte suffisamment d'argent alors pourquoi ne pas former des gens à acquérir un emploi alors que l'éducation doit être faite dans ce but principal ?

Il faut donc en cesser avec de la complexité administrative qui tue l'emploi. A force de vouloir protéger à tout va, ce, contre le patronat, on tue l'emploi et on arrive à la situation que l'on voulait éviter !

Il faut aussi baisser les charges, en particulier pour les emplois les moins qualifiés, ce, afin de pouvoir répondre à la concurrence internationale. Les aides à l'embauche doivent être fortement limitées car elles n'offrent pas suffisamment de visibilité.

De plus, et ce n'est pas nouveau, les 35h agissent trop souvent comme un boulet pour, là aussi, lutter efficacement contre la concurrence due à la mondialisation.

Le contrat de travail agit comme un rempart particulièrement dur à franchir entre les gens qui ont un emploi et les autres. Il faut donc le rendre modulaire afin de le rendre beaucoup plus souple, en particulier, là aussi, vis à vis des emplois les moins qualifiés, ceux étant les plus concurrentiels.

Les indemnités prud'homales sont un faux sujet, comme l'est l'apprentissage qui doit, au contraire, être pleinement exercé par l'éducation nationale.

On le voit, il reste un gros boulot, en particulier vis à vis de la mentalité des syndicats, mais aussi de la population en général, ou le mot de patron est trop souvent associé au méchant qui licencie. On oublie trop souvent que sans patron, de même que sans salarié, il n'y a pas d'emplois...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Janvier 2016

****************

Sur l'emploi, les patrons réclament un " électrochoc "
Lundi 18 janvier, François Hollande présentera un plan d'urgence contre le chômage
Il s'agira d'un " plan d'urgence " pour l'emploi. Rien de moins. Lundi 18 janvier, François Hollande devrait présenter devant le Conseil économique, social et environnemental, les détails des mesures annoncées lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2015. -Objectif : enrayer enfin la progression du chômage, qui touche au total plus de 5,4 millions de personnes. Et ainsi, occuper le terrain sur le front économique, l'une des principales préoccupations des Français, à peine plus d'un an de l'élection présidentielle.

Sur le terrain, l'intention est bien accueilli par les chefs d'entreprise. " Toute prise de conscience de la nécessité de s'intéresser à l'emploi est à saluer ", relève Anne-Charlotte Fredenucci, à la tête du groupe Deroure, une PME fa-miliale du Maine-et-Loire qui conçoit et fabrique des ensembles câblés, comme les commandes de vol du Rafale.

Les pistes pour l'heure évoquées par l'exécutif – 500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs, une (nouvelle) prime à l'embauche pour les TPE-PME, et un élargissement de l'accès à l'apprentissage – peinent toutefois à convaincre, alors que le ministre des finances, Michel Sapin, a indiqué, jeudi 14 janvier, qu'un coût de 2 milliards d'euros évoqué pour ce nouveau plan emploi n'était " pas loin de la vérité ".

" Concurrence déloyale "
" Ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu. Un plan de formation, c'est très bien, mais cela reste homéopathique. C'est d'un électrochoc dont le pays a besoin ! ", martèle Bruno Grandjean, le PDG de Redex, un fabricant de machines-outils installé à Ferrières-en-Gâtinais (Loiret) et Senonches (Eure-et-Loir).

" Mon principal problème pour créer davantage d'emploi, c'est la complexité administrative ", -insiste Mme Fredenucci. " Nous -venons de passer les 300 salariés et nous connaissons une forte croissance. Mais compte tenu des obligations que cela implique – comme le renforcement de la base de données économique et sociale - qui renseigne les représentants du personnel sur l'état de l'entreprise - –, si j'étais en difficulté, je préférerais rester à 299 plutôt que 302 ! ", admet la dirigeante, qui a recruté une trentaine de personnes en 2015.

Autre grief récurrent : les baisses de charges. Dans une tribune parue le 10 janvier dans le Journal du dimanche, les présidents du -Medef, de l'Association française des entreprises privées (AFEP) ou encore de CroissancePlus, réclament une exonération totale de cotisations sociales patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises, et une exonération sociale totale pour tout recours à un alternant (apprenti ou contrat de professionnalisation).

Des mesures, selon eux, plus li-sibles que les aides à l'embauche. " Quand j'embauche un jeune ingénieur, il met en moyenne trois ans à être complètement opérationnel. Ce n'est pas une prime qui va décider de mon choix ", indique M. Grandjean. " C'est la baisse des charges qui donnerait à notre pays de la compétitivité à long terme ", confirme Philippe Petitcolin, le directeur général du motoriste Safran, l'un des poids lourds du CAC 40, qui emploie près de 42 000 personnes dans l'Hexagone.

Dans les TPE, les artisans ont des préoccupations plus concrètes encore. A la tête d'une petite entreprise de rénovation parisienne, Olivier (qui a souhaité garder l'anonymat) n'a pas renouvelé les trois CDD qu'il employait en 2015. " Notre principal problème pour nous développer, et donc embaucher, c'est la concurrence déloyale des travailleurs des pays de l'Est, Pologne, Roumanie, Bulgarie, qui se bradent pour 50 euros la journée, alors qu'un gars déclaré nous coûte environ 22 euros de l'heure ", déplore ce quadragénaire, qui aimerait " les mêmes bases sociales pour tous ".

Les aménagements du contrat et du temps de travail font également partie des doléances des chefs d'entreprise. " En tant que sous-traitant industriel, j'aimerais que mes salariés puissent venir plus de 39 heures durant une semaine, quand un client me demande d'urgence une centaine de pièces, puis leur donner un ou deux jours la semaine suivante. Mais notre convention collective, métallurgie, nous demande de prévoir ces pics et creux de charge très longtemps à l'avance ", regrette Mme Fredenucci, qui rappelle que, " dans nos métiers, un client peut tout à fait aller chercher un fournisseur en Tunisie ou au Mexique si nous ne pouvons pas livrer ".

Dans leur lettre commune, les organisations patronales plaident pour " un contrat de travail agile ", " prévoyant des motifs de rupture liés à la situation de l'entreprise ou la réalisation d'un projet ". " Le contrat de travail est un facteur qui nous asphyxie. Ce qu'a fait Matteo Renzi en Italie - avec sa réforme du travail en 2015 - , en prévoyant des droits du salarié qui augmentent avec l'ancienneté, me semble une piste intéressante ", abonde M. Petitcolin, chez Safran. " En France, on a préféré le maxi-chômage aux mini-jobs ", tacle M. Grandjean.

Relance de l'apprentissage
Pour l'heure, le sujet demeure tabou pour les syndicats comme pour l'exécutif. En revanche, le plafonnement des indemnités prud'homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, également appelé de leurs vœux par les patrons, reste d'actualité. Censurée par le Conseil constitutionnel en août 2015 au motif qu'elle constituait une rupture d'égalité entre grandes et petites entreprises, la mesure est au menu des travaux de la ministre du travail, Myriam El Khomri, qui planche pour début mars sur une réforme du code du travail.

Seule la relance de l'apprentissage est unanimement saluée par les chefs d'entreprise. " Mais au-delà des mesures prises, il y a aussi un problème culturel : cette filière reste une voie de garage en France, il est donc difficile de trouver des candidats motivés ", souligne M. Grandjean, qui emploie une quinzaine d'apprentis sur ses 250 salariés. " J'ai eu un apprenti plombier en 2015 : il ne voulait poser que des sanitaires neufs, et surtout pas se mouiller ou se salir les mains… ", déplore Olivier, l'artisan parisien.

Certaines entreprises ont pris le taureau par les cornes. Safran, qui emploie 3 000 apprentis, envisage d'ouvrir cette année, avec plusieurs de ses sous-traitants (Mecachrome, Aubert et Duval…), sa propre école de formation dans l'Essonne.

Reste que les nouvelles lois ne régleront pas tout. " Les syndicats aussi doivent évoluer, remarque M. Petitcolin. En 2014, nous avons eu besoin de fermer un des centres de recherche et développement dans notre branche sécurité en raison de la chute du prix des cartes à puces. Nous avons choisi l'Allemagne, les négociations syndicales nous ont pris trois mois et la mise en œuvre de l'accord, neuf mois. En France, deux ans après, nous y serions encore. "

Audrey Tonnelier

7 000
C'est le nombre de TPE qui ont bénéficié de l'aide à l'embauche de 4 000 euros (sur deux ans) pour le recrutement d'un premier salarié en CDI ou en CDD de plus de douze mois, selon les chiffres du ministère du travail. Cette mesure faisait partie du plan annoncé par -Manuel Valls en juin 2015 pour stimuler l'embauche dans les PME et TPE. Le gouvernement envisagerait de mettre en place une nouvelle prime de 2 000 euros en 2016, pour l'embauche d'un salarié payé jusqu'à 1,3 smic par une PME, selon Reuters.

Voir les commentaires

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations