Quand la Grande Bretagne préfère ses banques à sa population

Publié le 22 Septembre 2015

Quand la Grande Bretagne préfère ses banques à sa population

Très clairement, la Grande Bretagne souffre d'un problème de taille : elle se concentre sur la paille présente dans l'oeil de sa population en oubliant joyeusement la poutre dans l'oeil de ses institutions financières !

L'ultra-libéralisme de ce pays est donc un problème dans le sens où il tente de faire croire que le problème vient du peuple qui abuse des prestations sociales, alors que ce sont les créateurs de richesse principaux qui ne participent pas suffisamment à la vie de l'Etat ! Pire : ces banques s'engraissent à tout va sur de la spéculation faite sur le dos des plus défavorisés !

Je n'ai pas dans l'idée que la Grande Bretagne soit particulièrement généreuse par ses prestations sociales ! Par contre, elle l'est largement vis à vis de la city qui oublie joyeusement de rétribuer le pays à hauteur de l'argent qu'il lui apporte en fermant les yeux à tout va sur un système ultra-libéral, totalement débridé par une spéculation allant à l'encontre de sa population.

La Grande Bretagne n'est donc pas une Démocratie car elle privilégie ses banques et ses institutions financières par rapport à ses habitants.

En France, nous avons nos problèmes mais d'autres pays ont aussi les leurs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Juin 2015

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Londres ignore les manifestations anti-austérité
Le ministre des finances britannique a annoncé qu'il ne céderait pas sur les coupes budgétaires prévues
La réponse, cinglante, n'a pas tardé. Au lendemain des manifestations anti-austérité qui, samedi 20 juin, ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes à Londres, à Glasgow, à Liverpool et à Bristol, le ministre des finances britannique, George Osborne, a exprimé sa détermination à procéder à 12 milliards de livres sterling (16,8 milliards d'euros) de coupes annuelles dans les dépenses sociales, avec pour objectif de réduire le déficit budgétaire tout en incitant les bénéficiaires des prestations à reprendre un travail.

" Combattre la culture néfaste de la dépendance aux allocations et faire en sorte que le travail paie est au centre de notre mission ", écrit le ministre dans une tribune publiée par le Sunday Times, où il qualifie certaines prestations sociales de " largesses financées par la dette ".

Six semaines après la victoire électorale du premier ministre conservateur, David Cameron, le peuple de gauche s'est rappelé à son bon souvenir en défilant nombreux – entre 70 000 et 150 000 personnes, selon les estimations – à Londres. Reliant la Banque d'Angleterre, en pleine City, au Parlement de Westminster, via Downing Street, le cortège, plutôt jeune et très énergique, s'est déployé aux cris de " Non à la guerre contre les pauvres ! ", " Non aux coupes budgétaires ! ", " Stoppons l'austérité maintenant ! " et " Dehors les tories ! ".

Aucun des principaux leaders du Labour, groggy après sa déroute, empêtré dans ses querelles de succession et soucieux d'afficher sa responsabilité en matière budgétaire, n'est apparu dans le défilé organisé par les syndicats et le collectif People's Assembly.

Dans la foule mêlant jeunes, militants syndicalistes et familles avec poussettes, des enseignants et des infirmières témoignaient des conséquences concrètes des coupes dans les budgets sociaux : enfants mal nourris, parents désarmés. Sans la moindre référence à la situation de la Grèce ou d'autres pays européens. " Ce ne sont pas les demandeurs d'emploi indemnisés qui ont coulé les banques ! ", s'est exclamé Caroline Lucas, l'unique députée Verts du pays. " Payez vos impôts ! ", hurlaient les manifestants en passant devant les cafés Starbucks. Selon les organisateurs, le défilé marque " le début d'une campagne de protestations, de grèves, d'actions directes et de désobéissance civile ".

Réduire le déficit de 5 % du PIB
Pas question d'écouter la rue, a répondu en substance George Osborne dans sa tribune du Sunday Times. Cosigné par le ministre du travail et des retraites, Iain Duncan Smith, l'article confirme la volonté de réduire les dépenses de 12 milliards de livres dans le budget annuel d'aide sociale de 220 milliards. Ces mesures d'austérité faisaient partie du programme électoral du parti conservateur destiné à réduire un déficit qui frôle 5 % du PIB. Mais de multiples voix s'étaient exprimées, ces dernières semaines, y compris au sein du parti conservateur, pour s'inquiéter du risque de compromettre le rapprochement avec les classes populaires souhaité par M. Cameron.

Intitulé " Le système social britannique n'est pas un sanctuaire pour les chômeurs ", un éditorial du Financial Times du 7 juin mettait en garde le gouvernement. Des allocations peu généreuses et de fortes incitations à la reprise d'emploi, même mal payé et précaire, permettent au Royaume-Uni d'afficher un taux d'activité record de 73,5 %, rapportait le quotidien. Le nombre d'enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté, qui avait fortement baissé du temps du gouvernement Labour, est passé de 2,3 à 2,6 millions entre 2013 et 2014, selon une étude du très respecté Institut d'études fiscales.

Dans le Sunday Times, George Osborne ne précise pas à quelles allocations il va s'attaquer. David Cameron ayant promis de ne pas toucher aux retraites, ce sont les aides au logement et les réductions d'impôts liées au nombre d'enfants qui devraient être touchées, ciblant de fait les familles à bas revenu. Afin d'inciter à la reprise d'emploi, le chancelier de l'Echiquier veut abaisser le plafond annuel de 26 000 livres (36 300 euros) de prestations de toutes natures que peut percevoir un foyer et supprimer toute aide au logement pour les moins de 25 ans.

" Une décennie " d'austérité au moins sera nécessaire pour parvenir à un budget social " sain ", prévient-il, se réclamant du mandat donné par les électeurs. Le tout-puissant ministre des finances, qui rêve de succéder à --M. Cameron en 2020, se paie même le luxe de faire la leçon aux travaillistes. Il leur demande d'en finir avec ce qu'il considère comme du laxisme, en soutenant les coupes budgétaires qu'il doit annoncer le 8 juillet. L'irresponsabilité prêtée au Labour par les électeurs en matière budgétaire est l'une des explications le plus souvent avancées de leur défaite.

Philippe Bernard

66 %
des Britanniques favorables au maintien dans l'UE

Deux Britanniques sur trois sont favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE), soit le niveau le plus élevé sur les vingt-quatre dernières années, selon un sondage Ipsos MORI publié le 19 juin. 22 % sont d'un avis contraire et 12 % restent indécis. " Le camp du maintien dans l'UE grossit et est aujourd'hui à son plus haut en vingt-quatre ans, même si certains préféreraient aussi une union moins politique ", résume Gideon Skinner, directeur des études politiques chez Ipsos MORI.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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