Quand des pourritures sont mises en examen

Publié le 18 Novembre 2015

Quand des pourritures sont mises en examen

Ah, elles sont belles les actions de M. Buisson, conseiller de M. Nicolas Sarkozy sous sa présidence ! Le rôle d'un politique est de préserver l'intérêt général et de gérer l'argent de la France comme si c'était le sien. Et bien non ! M. Nicolas Sarkozy, une pourriture de première car attribuant des marchés sans mise en concurrence, entraîne donc son complice dans des affres judiciaires... tout en n'étant pas, pour le moment inquiété...

M. Nicolas Sarkozy, pourri Ier, utilisait donc l'argent de la République pour rétribuer ses copains, ce, sans appel d'offre.

On a empêché la Justice de faire son boulot jusque maintenant, en occultant, toujours et c'est une constante, les principes élémentaires de l'intérêt général consistant à être exemplaire avec l'argent public.

Il est temps que le citoyen réagisse et s'oppose fermement à ce que cette pourriture qu'est Nicolas Sarkozy puisse se représenter devant les Français, ce, dans le seul but d'échapper à la justice...

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 31 Juillet 2015

*****************

Buisson mis en examen dans l'affaire des sondages
L'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy a touché plus de 3 millions d'euros de l'Elysée de 2007 à 2012
L'un fut dans l'ombre le conseiller politique du président Sarkozy. Le second, toujours lié à l'ancien chef de l'Etat, son stratège. Patrick Buisson et Pierre Giacometti ont été convoqués par la police, mercredi 29 juillet, dans le cadre de l'affaire des sondages de l'Elysée. A l'issue d'une courte audition, Patrick Buisson a été mis en examen pour " recel de délit de favoritisme ", " abus de biens sociaux " et " détournement de fonds publics par un particulier " par le juge du pôle financier Serge Tournaire. Le fond du dossier n'a pas été abordé, mais devrait l'être à l'automne.

L'audition de Pierre Giacometti, l'ancien directeur de l'institut de sondages Ipsos et président du cabinet de conseil Giacometti-Péron, fut bien plus longue. Sa garde à vue a débuté mercredi matin, s'est prolongée tard dans la soirée et pourrait l'être à nouveau ce jeudi. Au terme de cet interrogatoire, deux scénarios sont possibles : M. Giacometti ressort libre ou il est présenté au juge d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen.

Cette enquête, ouverte en 2010 pour " délit de favoritisme " et " détournement de fonds publics ", rappelle ce qu'était l'exercice du pouvoir sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Comme souvent, ce dernier est l'absent omniprésent de l'histoire, en raison de l'irresponsabilité pénale d'un chef de l'Etat. Mais impossible d'occulter son nom : ce sont les sociétés de ses deux plus proches conseillers qui ont bénéficié, durant tout le quinquennat, de contrats plus qu'avantageux de commandes de sondages et de prestations de conseil.

L'enquête a tardé à démarrer puisque, pendant trois ans, le juge fut empêché d'instruire. Par deux fois, le parquet de Paris – alors dirigé par Jean-Claude Marin, aujourd'hui procureur général à la Cour de cassation – a fait valoir que l'immunité présidentielle – qui protège le chef de l'Etat de toute poursuite pour les actes accomplis lors de son mandat – s'étendait aussi à ses conseillers. Fin 2012, la Cour de cassation en a jugé autrement et a donné le feu vert aux investigations.

Marchés au coût " exorbitant "
Tout s'est accéléré il y a deux mois, lorsque les enquêteurs ont convoqué l'ancienne garde rapprochée du président. L'ex-directrice de cabinet Emmanuelle Mignon, les anciens secrétaires généraux Claude Guéant et Xavier Musca, mais aussi le publicitaire Jean-Michel Goudard, les experts en sondage Julien Vaulpré et Jean-Baptiste de Froment ont dû détailler le fonctionnement du pouvoir sous Nicolas Sarkozy.

Le cadre – ou plutôt l'absence de cadre – dans lequel ces conventions ont été accordées est maintenant connu, puisque, en juillet 2009 – et c'est ainsi que le scandale est révélé –, la Cour des comptes découvre que des marchés au coût " exorbitant " ont été attribués au mépris de toutes les règles de dépense de l'argent public. " Il n'y avait pas plus d'appel d'offres sur les sondages qu'il n'y en avait sur la boucherie ou la tente du 14-Juillet. Lorsque nous sommes arrivés à l'Elysée, personne ne s'est posé la question de la mise en concurrence ", a expliqué, au Monde, l'un des anciens membres du cabinet présidentiel. Si l'Elysée échappait depuis des années aux règles de bonne gestion, la nouvelle équipe n'a pas eu le souci d'en changer les pratiques, ni n'a été très regardante sur les dépenses de communication.

" Le chèque en blanc " signé à Patrick Buisson, comme l'a requalifié l'association de lutte contre la corruption Anticor, partie civile au dossier, parle de lui-même. Sur une simple feuille A4 vierge de tout en-tête, et daté du 1er juin 2007, le patron de la chaîne Histoire est autorisé en quatre paragraphes à commander autant de sondages qu'il le souhaite et l'estime nécessaire. Il ne s'est pas privé. Si l'on additionne son salaire de conseiller – 10 000 euros par mois – et les études d'opinion dont il a présenté la facture entre 2007 et 2012, l'Elysée a versé plus de 3,3 millions d'euros à ses sociétés Publifact et Publiopinion.

Le cabinet Giacometti-Péron, lui, chiffrait en 2007 à un peu plus de 65 000 euros par mois ses conseils à la présidence. Le montant a été revu à la baisse (52 000 euros, puis 39 600 euros) après le passage de la Cour des comptes, mais le cabinet avait entre-temps décroché des contrats auprès des ministres. Ces séances de coaching dispensées à Eric Besson, Rachida Dati, Brice Hortefeux, Laurent Wauquiez – là encore attribuées " dans des conditions contestables ", selon la Cour des comptes – font également l'objet d'une enquête.

" Une délégation de quoi ? "
Toute la difficulté de la justice dans ce dossier est de décrypter les non-dits derrière les signatures officielles. Qui décide de favoriser les sociétés amies de la maison ? Lorsque la directrice de cabinet Emmanuelle Mignon signe la fameuse convention " chèque en blanc " de Patrick Buisson, agit-elle en connaissance de cause ou obéit-elle à un ordre indiscutable ? Quel rôle a joué Nicolas Sarkozy ? Et Claude Guéant, son secrétaire général ?

Jean-Michel Goudard, l'ami publicitaire et " conseiller opinion " du président, semble lui ne pas s'être posé beaucoup de questions en reconduisant chaque année le contrat de Patrick Buisson.Le Monde lui avait demandé à l'automne 2012 s'il disposait d'une délégation de signature pour le faire. " Une délégation de quoi ? a-t-il répondu. Vous me parlez un langage que je ne comprends pas (…). C'est moi qui signais les trucs, oui, mais j'étais responsable de rien et de tout. Après le passage de la Cour des comptes, on a changé les procédures (…). Je n'ai jamais eu de contact avec une seule société d'études, je ne les connais pas. "

A deux ans de l'élection présidentielle de 2017, en ces moments où les alliances se forment et s'affinent, les stratégies de défense de chacun seront intéressantes. MM. Buisson et Giacometti ne seront pas seuls à devoir s'expliquer. Emmanuelle Mignon, qui signe le contrat originel de M. Buisson, le devra à coup sûr. Il n'est pas exclu que Claude Guéant, dont on a retrouvé la signature sur certains documents, le doive aussi. Ils pourraient être tentés de se défausser sur Nicolas Sarkozy, judiciairement intouchable. Mais l'image d'un probable futur candidat en serait entachée.

Emeline Cazi

****************

Claude Guéant a bien autorisé le contrat à l'Elysée

Claude Guéant s'est toujours tenu à distance de l'affaire des sondages. Quatre jours après sa garde à vue début juin, l'ancien secrétaire général de l'Elysée maintenait sur BFM-TV n'avoir " pas participé à la commande de ces sondages, - ni - vu tous les sondages ", tout en rappelant le caractère " absolument indispensable à un gouvernement moderne " d'avoir recours à de telles études.

Claude Guéant en sait en réalité bien plus qu'il ne le laisse croire. C'est lui qui a déposé le contrat Buisson sur le bureau d'Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. La feuille blanche, datée du 1er juin 2007 et déjà signée par le président de Publifact, la société de Patrick Buisson, était glissée dans une chemise à rabat.

C'est précisément ce rabat qui intéresse les enquêteurs. Trois notes manuscrites s'y succèdent. Or l'enchaînement de ces notes raconte ce qu'on ignorait jusqu'alors : le circuit suivi par le contrat Buisson avant que la directrice de cabinet y appose sa signature.

" Remarque de caractère mineur "
La première note, une carte de visite agrafée à la chemise portant la mention " Présidence de la République. Claude Guéant. Secrétaire général " et la date du 20 juin 2007, prouve que le contrat est passé entre les mains du secrétaire général. " Merci de mettre ce contrat à la signature et de faire retour d'un exemplaire à P. Buisson. CG ", écrit ce dernier à Emmanuelle Mignon. La directrice de cabinet se renseigne avant de signer et interroge M. Revel, le chef des services administratifs et financiers de l'Elysée. C'est l'objet de la deuxième note : " Merci de me dire si cela pose un problème juridique. A moins que Claude Guéant vous en ait déjà parlé. Merci. "

M. Revel répond le lendemain :" La convention aurait pu être conclue sous la présidence de la République plutôt que par le président de la République française. Mais cette remarque est de caractère mineur : au total, il n'y a aucun problème (juridique notamment). Les deux exemplaires, ci-joints, en retour, peuvent être mis à la signature du chef de l'Etat. " Emmanuelle Mignon, rassurée, a donc signé ce document " très confidentiel ".

E. Ca.

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost 0
Commenter cet article