Il faut que la Sûreté Ferroviaire (SUGE) se mette (enfin) à travailler !

Publié le 14 Avril 2016

Il faut que la Sûreté Ferroviaire (SUGE) se mette (enfin) à travailler !

Je ne comprends pas que la SNCF, qui a son propre service de sécurité par l'intermédiaire de la Sûreté Ferroviaire (SUGE), soit aussi peu impliquée dans la sécurité offerte aux voyageurs ! Je suis utilisateur quotidien du train depuis 12 ans, et en 12 ans, j'ai vu 4 fois les hommes de la SUGE en tenue dans le train ! Dans cette même période, j'ai vu 3 fois les gendarmes !

Cela signifie que j'ai pratiquement vu autant de fois la Gendarmerie que la SUGE alors même que la SUGE n'est affectée qu'à la SNCF !

Alors, oui, après ça, on peut comprendre que mes articles sur la SUGE soient lus et critiqués : la place est belle et celui qui critique le manque de productivité des agents n'est pas vu d'un bon oeil !

Mais il se trouve que la vérité est là : le billet SNCF sert à payer des gens qui n'ont pas la productivité et n'exercent pas le travail nécessaire, non seulement à protéger les voyageurs (je ne parle pas de clients, car, pour parler du client, il faudrait parler du respect de la clientèle), mais aussi à protéger le personnel de la SNCF ! Ainsi, en décembre 2014, il y a eu 4 agressions, dont plusieurs au couteau, d'agents de la SNCF en Isère, sans que l'on ait vu pour autant un accroissement de la visibilité de la SUGE en tenue à bord des trains !

A quoi sert la SUGE ? Il serait bon qu'elle reprenne le chemin des trains en se faisant voir afin d'éviter les drames et pouvoir lutter efficacement contre la fraude !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Août 2015

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L'amélioration de la sécurité dans les trains et les gares constitue un véritable casse-tête
Le contrôle aléatoire des bagages va être renforcé a annoncé le secrétaire d'Etat aux transports
Pas sûr que cela suffise à rassurer les voyageurs. La SNCF a annoncé, dimanche 23 août, le renforcement du numéro vert " de vigilance citoyenne " pour prévenir d'éventuelles attaques terroristes dans les trains. Jusqu'ici réservé aux actes d'incivilité, le 31-17 sera élargi pour permettre aux usagers " de signaler quelque chose d'anormal, voire inquiétant, en gare ou dans un train ", a indiqué Guillaume Pepy, président de la SNCF, dans une interview publiée par Le Journal du dimanche (JDD). Quarante cheminots, " spécialisés dans la sûreté - et - formés pour identifier une vraie ou une fausse alerte ", répondront aux appels à partir du 1er septembre.

Au-delà de cette mesure, tous les spécialistes l'affirment : sécuriser un train ou une gare relève du casse-tête. " Nous savons malheureusement que les gares et les trains sont des cibles faciles. Il y a là une vraie fragilité parce qu'on ne peut pas instaurer des contrôles comme dans les aéroports ", concède un haut gradé des services de renseignements. " La sécurité ferroviaire (…) doit faire l'objet d'une nouvelle réflexion et organisation, mais il sera impossible, en raison du coût des investissements financiers liés au nombre de passagers, de bagages et de la multiplication des sites, de hisser la sécurité au niveau de celle des compagnies aériennes ", abonde le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).

Implantées la plupart du temps en centre-ville, les gares sont des espaces beaucoup plus ouverts que les aéroports. A la gare du Nord, l'une des plus fréquentées d'Europe, plus de 700 000 passagers se croisent chaque jour dans les couloirs, contre une moyenne de 175 000 à l'aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle et de 80 000 à l'aéroport d'Orly. " Le train en France, c'est vingt fois plus de trafic que l'aérien ", rappelle M. Pepy. Au total, 100 millions de voyageurs circulent tous les ans à bord des TGV français, qui desservent 230 gares sur les 3 000 existant en France.

L'exemple espagnol
Difficile, dans ces conditions, de mettre en place des systèmes de filtrage comme dans les aéroports, avec portiques de sécurité et passage des bagages aux rayons X. " Ou alors, les passagers devront se présenter en gare une heure avant le départ du train, comme on le fait pour prendre un avion, et accepter de voir le prix des billets augmenter pour financer ces mesures ", prévient un spécialiste des transports. En France, seules les lignes de l'Eurostar à destination de l'Angleterre sont équipées de détecteurs. Mais cela se fait dans un espace fermé et parce que l'Angleterre ne fait pas partie de l'espace Schengen.

D'autres pays européens ont néanmoins pris des mesures ces dernières années. En Espagne, pays marqué par les attentats du 11 mars 2004 à Madrid, les bagages des passagers de trains longue distance sont systématiquement contrôlés. Pour accéder à la zone des voyageurs de la gare d'Atocha à Madrid, il faut désormais passer sa valise aux rayons X et faire " scanner " son billet avant de monter dans le train. En Angleterre ou en Allemagne, à l'inverse, pas de contrôle d'identité ni des bagages mais des patrouilles dans les gares et un contrôle aléatoire des valises.

A l'aune de l'attaque déjouée dans le Thalys Amsterdam-Paris, plusieurs responsables estiment pourtant nécessaire de revoir les procédures de sécurité. " Je vais demander une commission parlementaire au Sénat pour proposer de vraies mesures de sécurité aux passagers de la SNCF ", a tweeté le sénateur-maire PS d'Alfortville (Val-de-Marne) Luc Carvounas, proche du premier ministre Manuel Valls. " Après l'attentat, nous devons sécuriser les voyageurs à bord de chaque train comme pour les vols aériens, quel que soit le coût ", a-t-il ajouté. Invité d'Europe 1 lundi matin, Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des transports, a déjà annoncé un " contrôle aléatoire des bagages avec du personnel spécialisé " qui existe déjà mais qui va être renforcé.

De son côté, le syndicat Alliance demande que les policiers, même hors service, puissent voyager gratuitement dans les transports en commun, pour renforcer la sécurité. De même, " la réglementation du port et du transport de l'arme de service doit être élargie, simplifiée afin d'assurer au policier de bonnes conditions d'intervention quelles que soient les circonstances ", réclame le premier syndicat dans un communiqué publié samedi 22 août. En clair, les forces de l'ordre pourraient conserver leur arme sur elles, même en dehors de leur service.

Plus raisonnable, M. Pepy a estimé dans le JDD que " la seule réponse à l'attentat terroriste, dans un train ou dans la rue, est dans le travail des services de police et de renseignement ". Manière aussi, diront ses détracteurs, de botter en touche.

Cédric Pietralunga avec Isabelle Chaperon et Matthieu Suc

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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