Indépendance de la justice ? Vous plaisantez j'espère ! 1/2

Publié le 29 Janvier 2016

Indépendance de la justice ? Vous plaisantez j'espère ! 1/2

Cette décision judiciaire appelle deux conclusions possibles :

- Ou bien ces juges sont des incompétents notoires
- Ou bien ce sont des pourris

Vu leur niveau, je pense que ce sont des pourris. En effet, ils pensent berner le citoyen lambda par une décision qui semble motivée, mais la motivation est tellement médiocre qu'elle ne laisse pas de doute quant à la volonté des juges d'absoudre le mis en cause dans un but purement politique.

La justice n'est donc indépendante que théoriquement. Quand on monte au niveau politique, et cette affaire est une affaire politique, l'indépendance s'efface et l'intérêt général s'efface au profit de la pourriture et des intérêts particuliers.

Ce jugement est d'une médiocrité absolue quant à ses conclusions. Les juges auraient pu faire les choses avec un minimum d'intelligence pour montrer qu'ils avaient fait leur travail. Il n'en a rien été et bon nombre d'arguments auraient pu être risibles s'ils n'avaient révélé la pourriture qui s'est installée dans les couloirs de bon nombre de nos tribunaux.

En effet, on peut lire dans le jugement la phrase : " En tout état de cause, il n'est pas suffisamment établi que M. François Pérol ait, lors de ces réunions, donné des indications ou des instructions aux pouvoirs publics compétents. ". M. Pérol assiste donc à des réunions mais n'a donné ni des indications ni d'instructions. Donc, la question se pose : que faisait-il dans ces réunions ? Dans une réunion, quelle qu'elle soit, quand on est invité, on donne forcément des indications ou des instructions. Là, on dit qu'on ne sait pas s'il en a donné. On l'invitait donc à des réunions mais on partait du principe qu'il ne disait rien ! C'est fort ! Très fort ! Car, généralement, quand on est invité à une réunion, c'est pour s'exprimer, sinon, ça sert à quoi ?

Par contre, dans le même jugement on dit que l'on ne croit pas M. Pérol quand il dit qu'il assurait n'avoir aucun pouvoir de décision à l'Elysée !

Il faudrait savoir ! Soit, il ne dit mot dans les réunions, et, à ce moment il n'a aucun pouvoir de décision, soit il s'exprime et a un pouvoir de décision !

Dans ce jugement on nous affirme donc que M. Pérol ne pipe mot dans les réunions mais a un pouvoir de décision à l'Elysée ! M. Pérol agit sans doute par télépathie ou par un pouvoir lié au regard qui lui permet, sans piper mot, d'imposer ses vues à ses interlocuteurs !

Les juges ont donc pris le citoyen pour un imbécile profond en croyant pouvoir pondre un jugement crédible ! Il n'en est rien ! Ce jugement révèle que l'indépendance de la justice n'est qu'un leurre dans notre pays et que dès lors qu'il s'agit de proches du pouvoir, l'intérêt général s'efface devant les intérêts particuliers.

La justice n'en sort pas grandie et m'est avis qu'il vaut mieux se boucher le nez avant d'entrer dans certains tribunaux tant l'odeur de pourriture y est prégnante !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 Septembre 2015

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François Pérol relaxé par la justice
L'ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy et patron de BPCE était jugé pour prise illégale d'intérêts
Il a fallu du temps pour que ses mains agrippées à la barre derrière laquelle le président lui avait demandé de se placer se desserrent. Depuis vingt bonnes minutes, François Pérol était suspendu aux lèvres de Peimane Ghaleh-Marzban qui énonçait son jugement page après page. A mesure que le paquet de feuilles diminuait, l'attention dans la salle se faisait plus grande. Lui avait arrêté de prendre des notes, attendait. " Le tribunal vous déclare non coupable ", a prononcé, jeudi 24 septembre, le président dans une bulle de silence.

Il a fallu du temps à François Pérol pour intégrer la nouvelle. La séance était levée, mais il continuait de fixer cet homme qui, des journées entières, fin juin, l'avait interrogé, sans le ménager sur le rôle exact qu'il avait joué dans la création du groupe bancaire BPCE dont il avait pris la tête en février 2009. Lentement, l'ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy a lâché la barre, s'est tourné vers son avocat, qu'il a remercié d'une tape dans le dos, et s'est dirigé vers sa femme. Il pleurait.

Le tribunal correctionnel de Paris, qui jugeait l'ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy, a répondu " non " aux deux questions qui lui étaient posées au regard de l'article 432-13 sur la prise illégale d'intérêts : " François Pérol a-t-il formulé des avis sur les contrats conclus par les groupes " Caisses d'épargne et Banques populaires au moment de leur fusion et " François Pérol a-t-il proposé aux autorités compétentes des décisions et des avis relatifs aux opérations réalisées par les groupes - bancaires - " ?

La réponse de la 32e chambre tient en 163 pages. Un à un, le tribunal a repris les courriels, les notes qui figuraient au dossier pour savoir s'ils constituaient un avis, s'ils avaient eu une influence sur la rédaction du protocole conclu en mars 2009. Les notes qu'a adressées François Pérol au président de la République n'ont eu aucune " portée arbitrale ", a estimé le tribunal.

" Singulière porosité "
Quant aux réunions, elles ont eu beau se tenir à l'Elysée, elles avaient pour but de rappeler aux dirigeants des banques l'urgence à se mettre d'accord mais n'étaient pas destinées à agir sur les pouvoirs publics, estime la 32e chambre. Les décisions étaient déjà prises. " En tout état de cause, il n'est pas suffisamment établi que M. François Pérol ait, lors de ces réunions, donné des indications ou des instructions aux pouvoirs publics compétents. "

Pas dupe, le tribunal n'a pour autant pas pris au mot tous les dires de l'ancien conseiller. Ainsi, ne l'a-t-il pas cru lorsque l'ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy assurait n'avoir aucun pouvoir de décision à l'Elysée. M. Ghaleh-Marzban ne s'est pas privé non plus de critiquer ce " fonctionnement de l'Etat ", avec ces courtisans qui frappent à la porte des conseillers, lesquels plutôt que de les éconduire les reçoivent pour, assurent-ils, mieux les ignorer ensuite. Cette " singulière porosité entre secteur privé et secteur public " et " l'apparente familiarité avec laquelle les plus proches collaborateurs d'un ministre (…) sont traités (…) donnent l'apparence d'une connivence pour des affaires privées, particulièrement regrettable au titre du respect dû aux institutions de la République ".

La justice a aussi eu un mot pour Nicolas Sarkozy. Ça n'était pas son procès, mais son ombre a plané durant toute l'audience. Bien sûr, " au regard de la séparation des pouvoirs "," il n'appartient pas au tribunal d'apporter une appréciation sur cette intervention du chef de l'Etat " – celle de nommer l'un de ses plus proches collaborateurs à la tête du deuxième groupe bancaire français –, mais " il lui incombe toutefois d'apprécier la portée éventuelle de cet acte ".

Les conséquences de cette décision ne furent pas négligeables. L'affaire Pérol a fait grand bruit lorsqu'elle a éclaté en février 2009. La gauche, mais pas seulement, avait crié au fait du prince. Les centristes avaient dénoncé une décision " choquante ". Plus que le manque de transparence, c'est le mépris des règles sur le " pantouflage " qui heurtait. " Cette décision ne pouvait qu'entraîner (…) une légitime interrogation sur la nomination à un poste d'une particulière sensibilité ", a expliqué le tribunal.

La relaxe a forcément déçu les parties civiles au vu du long combat qu'elles ont mené pour que le dossier arrive à l'audience. Les instances de lutte contre le pantouflage ayant failli, elles attendaient que la justice dise le droit. " La loi a été malmenée, bafouée, on a fabriqué du soupçon ", avait rappelé Me Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor, " et ce soupçon, c'est ce qui est au cœur de la crise du régime et c'est ce qui tuera la République ".

" Je suis heureux que le droit soit dit ", leur a répondu comme en écho François Pérol. Le parquet national financier, qui avait demandé de condamner le conseiller à deux ans de prison avec sursis, à une amende de 30 000 euros et de lui interdire " d'exercer toute fonction publique et ce de manière définitive ", a fait appel de la décision.

Emeline Cazi

Rédigé par Philippe NOVIANT

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