Les Grecs sont-ils bien dirigés ?

Publié le 15 Janvier 2016

Les Grecs sont-ils bien dirigés ?

Franchement, on se moque du Peuple en Grèce ! Le réalisme doit faire partie intégrante du métier de politique, l'intérêt général le commande, en effet, au plus haut point.

On voudrait donc nous faire croire que M. Tsipras est une victime dans cette affaire : il n'en est rien !

- Ou bien c'est un incompétent quand il a dit le contraire de ce qu'il fait actuellement, et, à ce moment, il n'a rien à faire à son poste
- Ou bien c'est un démagogue et un populiste et il n'a rien à faire là non plus puisqu'il a menti à son peuple pour son seul intérêt !

Tout le monde savait qu'une politique basée sur des dépenses inconsidérées était vouée à l'échec ! L'Allemagne n'aurait pas laisser faire et avait ses raisons : quand on dépense trop l'argent que l'on n'a pas, la survie du pays n'est pas viable à terme ! Ce qui vaut pour un pays valant la même chose que pour un ménage lambda : tant qu'on a l'argent pour financer sa dernière Clio, même à crédit, ça va... Mais quand on gagne 2000 Euros par mois, on ne peut pas vivre dans un château et rouler en Porsche, c'est dommage, mais c'est comme ça...

Le problème, c'est que l'idéologie est montée à la tête de ce Monsieur en faisant croire que les ouvriers, ayant le droit de rouler en Porsche, on devait leur donner les moyens de le faire... quitte à s'endetter abusivement et à devoir assumer ses responsabilités devant les créanciers...

L'idéologie n'a jamais fait une politique, pas plus que le populisme et la démagogie, car tous ces concepts relèvent du mensonge et le mensonge va à l'encontre de l'intérêt général et est indigne d'une Démocratie...

En tous cas, ça va bien pour lui merci car, à la tête, la souffrance est quand même beaucoup moins pénible qu'à la base !

Après, s'il y a des imbéciles pour voter pour ce tocard, libre à eux...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Septembre 2015

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La douloureuse conversion de Tsipras au réalisme
L'adoption du Mémorandum avec l'UE pèse sur la campagne de l'ex-premier ministre grec
En sept mois de gouvernement, il a déjà pris quelques années (et quelques kilos). Son sourire est désormais plus tendu et illumine moins son visage. Alexis Tsipras est à nouveau en campagne pour les élections législatives du dimanche 20 septembre, mais il a dû laisser en chemin une bonne partie des thèmes qui avaient fait son succès. " L'espoir " qu'incarnait l'arrivée de Syriza au pouvoir a disparu des affiches électorales. Le renouveau de la gauche européenne s'est enlisé dans les interminables et violentes négociations avec l'Union européenne. Et le grand combat contre l'austérité s'est achevé après la signature d'un troisième mémorandum avec les créanciers du pays.

Reste à Alexis Tsipras la carte de la jeunesse et l'opposition aux partis du passé… qui l'ont pourtant soutenu au moment de voter le mémorandum en août. Il essaie de convaincre les électeurs que son application sera moins douloureuse pour les plus pauvres avec un gouvernement Syriza. " Nous utiliserons chaque fenêtre possible pour alléger les effets de ce mémorandum ", assure Yiannis Burnous, responsable des relations internationales du Syriza.

Poignard dans le dos
Etrange campagne qui ne mobilise pas les foules, où la peur d'une sortie de l'euro et le rejet du mémorandum, qui constituaient les deux axes des précédentes joutes électorales, ont presque disparu. Les deux principaux partis utilisent le même slogan :" Seulement en avant " pour Syriza et " La Grèce en avant " pour Nouvelle Démocratie. Seuls Unité populaire, le parti né de la scission de Syriza en août, le Parti communiste, ainsi que les néonazis d'Aube dorée, font du refus du mémorandum le thème de leur campagne, réunissant à peine 15 % des intentions de vote.

En faisant le pari de nouvelles élections générales, Alexis Tsipras sortait du pire mois de son existence, après le référendum du 5 juillet rejetant les propositions de la Commission européenne, suivi, une semaine plus tard, de l'humiliation d'une nuit de négociations à Bruxelles, à l'issue de laquelle il était obligé de signer un accord imposant trois ans d'austérité supplémentaires à son pays. En opposition complète avec le discours et les promesses de Syriza depuis cinq ans.

Alexis Tsipras, qui a toujours assumé la part de compromis intrinsèque à l'exercice du pouvoir, a poignardé dans le dos l'ancien dirigeant gauchiste qu'il était. Et qu'il voudrait être encore un peu. " Il n'a pas changé !, assure Yiannis Bournous. Il a des idées et de vraies convictions de gauche. Ne pensez pas qu'il va se transformer en centriste. "" Dans les quatre prochaines années, nous arriverons à imprimer notre marque, à montrer ce qu'un gouvernement de gauche peut faire pour l'intérêt général, pour la cohésion de la société, pour les plus vulnérables ", affirme l'un de ses proches.

Au sein de son parti, de nombreux membres sont partagés sur l'ampleur des concessions à réaliser. " C'est normal que des gens soient déçus par cet accord si éloigné de notre programme, et prennent leurs distances, explique M. Bournous, mais nous restons la meilleure chance pour ce pays. Le seul parti neuf. "

" Alexis Tsipras a eu du mal à faire le deuil de la séparation avec ses anciens camarades de la Plate-forme de gauche. Il savait pourtant que le clash serait inévitable ", explique le psychanalyste Stelios Stylianidis. Le parti souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), qui a gouverné avec Syriza, s'en moque gentiment en montrant M. Tsipras avec un bras gauche en écharpe.

" Il est divisé entre deux identités : le réaliste et le gauchiste ", explique l'analyste politique Georges Sefertzis. Pour Stelios Stylianidis, " cette ambivalence, qui est perçue comme une forme de trahison de l'idéal révolutionnaire, est difficile à gérer. Il y a une sorte de clivage dans sa conscience ". " Il passe son temps à s'excuser d'avoir signé le mémorandum en demandant pardon au peuple grec, tout en s'engageant à le mettre en application ", constate le psychanalyste.

" Alexis n'est pas un rêveur, souligne un de ses proches. C'est un pragmatique, qui écoute, a des convictions, mais sait s'adapter. Il comprend la notion d'intérêt supérieur. Et faire des concessions pour arriver à son but sur le long terme, c'est de l'intelligence politique, pas de la traîtrise comme certains veulent le faire croire. " A la fin de la campagne pour le référendum, Alexis Tsipras était en pleine euphorie. " Il a fait monter haut les attentes. L'atterrissage est brutal, explique le politologue Elias -Nikolakopoulos. Mais il a clairement fait le choix du réalisme, même si ça lui a coûté personnellement. "

" On se salit les mains "
" Réaliste, il fallait l'être, confirme un de ses proches. Nous ne voulons pas rester dans la position confortable du parti d'opposition éternellement pur mais jamais au pouvoir. Oui, on se salit les mains ; oui, on s'éloigne un peu de notre programme, mais nos convictions restent les mêmes. "" Alexis a surmonté sa profonde déception intime. Voter pour ce mémorandum n'a pas été facile pour lui non plus, mais il a la volonté d'inscrire son projet dans le temps ", explique Antonis Markopoulos, coordinateur du bureau politique du -Syriza.

" Alexis s'est converti au réalisme politique, car c'était nécessaire. L'étranglement était complet à ce moment-là. Mais cela doit s'équilibrer avec des principes et une vision politique, un projet. Notre boulot à nous sera de le retenir pour qu'il ne bascule pas totalement ", ajoute Vassiliki Katrivanou, une ancienne députée qui s'était abstenue lors du vote du mémorandum en août – " Un moment très dur ", avoue-t-elle –, mais qui a finalement choisi de rester dans le parti. Cette militante des droits de l'homme, membre du " groupe des 53 ", qui représente au sein de Syriza un courant plus à gauche que celui de M. Tsipras, a décidé de lui laisser " une seconde chance ".

Pendant les sept mois au pouvoir de Syriza, l'efficacité gouvernementale n'a pas été toujours au rendez-vous. " S'ils gagnent les élections, il va falloir qu'ils gouvernent, ce qu'ils n'ont pas vraiment fait. Il va aussi falloir qu'ils cherchent de nouvelles alliances en s'ouvrant à d'autres personnalités ", explique Elias Nikolakopoulos. Son partenaire de coalition, ANEL, n'est pas sûr de franchir la barre des 3 % nécessaires à l'entrée au Parlement. Tsipras risque de devoir s'allier avec le vieil ennemi du Pasok, symbole du clientélisme grec, mais très affaibli, ou avec les centristes de Potami, qui sont vus comme le diable par Syriza.

" Si Syriza gagne, il sera le troisième parti à appliquer le mémorandum, explique M. Sefertzis. Il devra assumer les conséquences des premières mesures d'austérité après les élections. Il est piégé politiquement. C'est pour cela qu'il est soutenu par une partie du système local et européen. " Bruxelles contemple le scrutin grec avec une certaine sérénité, et une victoire de M. Tsipras assurerait la plus large majorité à la mise en œuvre du mémorandum.

Pour son dernier meeting, vendredi 18 septembre, Alexis Tsipras sera soutenu par Pablo Iglesias, le chef du parti de la gauche radicale espagnole Podemos. En janvier, les deux hommes étaient montés sur scène au son de First We Take Manhattan, Then We Take Berlin, de Leonard Cohen. Peut-être vont-ils changer de disque…

Adéa Guillot et Alain Salles

Rédigé par Philippe NOVIANT

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