Un article débile qui se dit économique...

Publié le 23 Février 2016

Un article débile qui se dit économique...

Depuis toutes ces années où je lis le journal 'Le Monde', je n'ai pas eu beaucoup à m'en plaindre. 'Le Monde' est un journal qui fait généralement son boulot à relater l'actualité en France et de par le monde. Le problème arrive quand le journaliste se met à réfléchir...

Relater les faits, définition du journalisme, est une chose, la commenter en est une autre et ne relève absolument plus du journalisme...

Aujourd'hui donc, par cet article, le journaliste se plante totalement et tombe dans une idéologie économique à deux balles en opposant les entreprises aux ménages...

Grosse erreur ! Très grosse même ! Grosse erreur car l'entreprise est essentielle aux ménages ! Outre le fait qu'elle produit des biens et services qui leur sont indispensables, les entreprises sont aussi au coeur même de l'économie car ils fournissent de l'emploi à ces mêmes ménages !

Les opposer n'a donc aucun sens et je ne comprends nullement le message de cet article !

Car il y a une chose fondamentale à comprendre : la surimposition d'une entreprise peut conduire à sa mort, pas la surimposition d'un ménage ! En effet, quand une entreprise est étranglée par ses charges, elle peut mettre la clé sous la porte, entraînant sa perte mais aussi du chômage pour tous les employés et dirigeants de l'entreprise !

Il est donc tout à fait absurde de comparer les ménages et entreprises car les entreprises sont bien plus utiles que les ménages pour la survie même de ces ménages !

De plus, on oublie joyeusement, dans cet article, mais ce n'est pas le moindre de ses défauts, de faire des comparaisons internationales. En effet, on ne dit nullement comment nos voisins européens et mondiaux gèrent la fiscalité des ménages et entreprises.

En clair et en bref, un article débile et médiocre qui prouve que le journaliste est bien plus performant quand il relate des faits que lorsqu'il se met à réfléchir...

De plus, cet article montre, une fois de plus, l'incompétence de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui a autant de compétences en économie que moi en tant que dentiste...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Octobre 2015

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Les ménages davantage touchés par la hausse des prélèvements
Les entreprises ont été largement plus épargnées par l'augmentation de la fiscalité, selon une étude de l'OFCE dévoilée jeudi 22 octobre
Qui, depuis 2010, a payé le prix fort des politiques d'ajustement structurel et de réduction des déficits ? La réponse est, sans ambiguïté, les ménages, en dépit des lamentations des responsables patronaux. Le pacte de responsabilité et de solidarité mis en œuvre depuis 2014 est loin d'inverser cette tendance, malgré les baisses d'impôt sur le revenu annoncées pour les ménages modestes. Bien au contraire, comme le démontre l'étude mise en ligne jeudi 22 octobre par deux économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Mathieu Plane et Raul Sampognaro.

Sur la période 2010-2016, les prélèvements obligatoires (PO) sur les ménages, intégrant les mesures contenues dans le projet de loi de finances pour 2016, auront augmenté de 66 milliards d'euros (+ 3,1 points de PIB), et ceux sur les entreprises de 8 milliards (+ 0,4). Ainsi, le taux de PO sur les ménages atteindra en 2016 un plus haut historique, à 28,2 % du PIB, tandis que les prélèvements sur les entreprises retrouveront un niveau de 16,4 %, inférieur à celui d'avant la crise de 2008.

Mieux encore : avec la mise en œuvre, en 2017, de la dernière phase du pacte de responsabilité, qui prévoit la suppression totale de la contribution sociale de solidarité des sociétés et la réduction de l'impôt sur les sociétés, auxquelles s'ajoutent les remboursements liés au crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), la fiscalité des entreprises devrait baisser de 10 milliards d'euros, ce qui ramènera leur taux de PO à un plus bas historique depuis le début des années 2000. Rarement, dans l'histoire récente, les entreprises auront enregistré une telle décrue de leurs charges alors que les ménages, eux, auront été très largement mis à contribution.

L'étude de l'OFCE procède à un découpage précis des prélèvements sur les ménages et sur les entreprises. Elle regroupe pour les premiers les prélèvements directs (impôt sur le revenu, CSG, CRDS, taxe d'habitation), les impôts indirects (TVA, TICPE…), les impôts sur le capital (ISF, taxe foncière…) et les cotisations sociales. Sont considérés comme prélèvements pour les entreprises les impôts sur la production, les impôts sur les salaires et la main-d'œuvre, les impôts sur les sociétés et les cotisations sociales patronales.

Choc fiscal
Globalement, les taux de prélèvements obligatoires ont fortement augmenté sur la période 2010-2013 : de 3,7 points de PIB (2,4 points pour les ménages et 1,3 point pour les entreprises). C'est après que les choses se gâtent. En 2014, sous l'effet de la mise en place du CICE (6,4 milliards d'euros), les PO des entreprises se sont réduits de 0,2 point de PIB tandis que ceux des ménages, en raison de la hausse de la TVA (5,4 milliards), de l'augmentation de la fiscalité écologique (0,3 milliard) et de la hausse de la contribution au service public de l'électricité (1,1 milliard) ainsi que de l'accroissement des cotisations sociales (2,4 milliards), ont continué à augmenter de 0,4 point de PIB.

La tendance s'accélère en 2015. Grâce à la montée en charge du CICE (6 milliards), aux premières mesures du pacte de responsabilité (5,9 milliards), même si d'autres mesures comme celles issues de la réforme des retraites pèsent en sens inverse pour 1,7 milliard au total, les prélèvements sur les entreprises baisseront de 9,7 milliards d'euros. A l'inverse, ceux des ménages augmenteront de 4,5 milliards d'euros, soit 0,2 point de PIB, malgré la suppression de la première tranche d'impôt sur le revenu.

Et cela devrait se poursuivre en 2016, avec une baisse des PO de 5,9 milliards pour les entreprises et une hausse de 4,1 milliards pour les ménages, malgré une nouvelle baisse de 2 milliards sur l'impôt sur le revenu, qui ne permet pas de compenser la hausse des autres mesures fiscales. Car ces mesures d'allégement des impôts tant vantées par le gouvernement paraissent finalement bien faibles au regard du choc fiscal encaissé par les ménages.

Patrick Roger

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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