L'économie doit servir aux échanges, non à la spéculation !

Publié le 3 Mars 2016

L'économie doit servir aux échanges, non à la spéculation !

Le rôle de la finance est de l'économie est de régulariser des échanges essentiels à la survie des Hommes, pas à ce que la spéculation engraisse certains sur le dos des autres !

Actuellement, les algorithmes d'achats et de ventes dans les salles de marché, font gagner énormément d'argent en spéculant et en utilisant des martingales bien éloignées des principes économiques de base devant gérer les échanges humains.

Cela n'est pas normal et doit être combattu. Un ordre de vente annulé doit être taxé, comme un ordre de vente. Par ce moyen, on empêchera que des algorithmes se gargarisent d'écart d'offres et de demandes en oubliant joyeusement les principes d'échanges de titres qui doivent rester de la volonté, par une entité de se porter actionnaire d'une entreprise.

La spéculation à vau-l'eau, si elle oublie tous les principes économiques, ne peut qu'aboutir au crash du système et à des souffrances qui épargneront toujours les puissants mais se répercutera sur le gros de la population : cela ne peut être accepté et doit être combattu ! Oui à la loi du marché, non à la spéculation aveugle réalisée par des machines sans cerveau !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 novembre 2015

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Tout va mieux quand les marchés ignorent tout !

Des régulateurs américains se posent la question de savoir si c'est le " self-trading " – le fait qu'une firme s'achète et se vende à elle-même ses actions, par algorithmes (les " algos ") automatisés interposés – qui produit les nombreux krachs instantanés que l'on observe en ce moment comme les 35 krachs sur le marché du brut West Texas Intermediate intervenus depuis le début de l'année, ou encore les fortes oscillations du marché des bons du Trésor américain observées pendant douze minutes en octobre 2014.

Mais le self-trading n'y est probablement pour rien, car le responsable est, paradoxalement, une bien meilleure évaluation du marché par les " algos " que ce n'était le cas auparavant par les opérateurs humains. En feignant être prêts à acheter ou à vendre à une multitude de prix différents, pour annuler ensuite la transaction proposée, les " algos " obtiennent en effet une excellente connaissance du marché dans sa totalité : une véritable cartographie. C'est cela qui conduit à des effondrements du marché : les algos parviennent à véritablement deviner avec justesse si le prix est à la hausse ou à la baisse et… se précipitent alors en masse dans la direction qui rapporte.

Courir est un effort
On évoque souvent à ce propos le mimétisme comme explication du comportement des acteurs sur le marché boursier, mais le fait est que tant que ceux-ci étaient exclusivement des êtres humains, un comportement mimétique ne s'y observait qu'en temps de crise : dans le krach ou dans la bulle suivie du krach, quand la réserve d'acheteurs potentiels est épuisée. Robert Shiller, Prix Nobel d'économie 2013, qualifie à raison la bulle financière de " machine de Ponzi spontanée ". J'ai pu montrer en 2006, à l'aide d'une simulation multi-agents de la Bourse (" Adam Smith's Invisible Hand Revisited. A Simulation of the New York Stock Exchange ", Actes du premier congrès mondial de simulation des systèmes sociaux, Kyoto, août 2006), que la condition de stabilité d'un marché boursier est précisément qu'aucun mimétisme ne s'y manifeste. Un marché stable est celui où la connaissance de l'évolution du marché est nulle : pas meilleure que lors d'un tirage à pile ou face. La simulation montrait que toute connaissance de la direction du marché digne de ce nom, c'est-à-dire supérieure à 50 %, débouchait rapidement sur un krach si le marché était baissier et une bulle suivie d'un krach s'il était haussier.

A l'époque où les opérateurs à la corbeille étaient encore en majorité des êtres humains, leur connaissance du marché se limitait à leur propre carnet d'ordres, ainsi qu'à l'offre et la demande des autres opérateurs en fonction du dernier prix ; elle était insuffisante pour deviner si le marché était haussier ou baissier. Il était déjà possible d'annuler des transactions, mais il fallait pour cela qu'un " coureur " traverse la corbeille pour réclamer l'annulation au desk de la contrepartie, une manière de faire qui ne permettait pas que l'on annule 98 % des transactions comme le font couramment les " algos " d'aujourd'hui.

Le fait que, en leur temps, les êtres humains, en se trompant une fois sur deux, ignoraient où allait le marché, réduit à néant bien entendu le credo de la " science " économique selon lequel le marché " connaît le prix objectif " si seulement on le laissait opérer sans entrave. Ce que ma simulation montrait – mais le bon sens ne suggère rien d'autre –, c'est que " le marché " ignore tout et qu'entre acteurs ne sachant rien, aucun mimétisme ne peut se manifester, et qu'il en va bien mieux ainsi, puisque dès que le marché " sait ", il s'effondre aussitôt. C'est ce que prouvent aujourd'hui les " algos " qui, sachant ce qui va se passer – sans se concerter, ni même se copier l'un l'autre : leur anticipation correcte leur suffit amplement –, provoquent des krachs à répétition.

Comment remédier à cette situation ? Pénaliser les annulations de transactions par une légère amende, et les krachs instantanés provoqués par les " algos " disparaîtront comme par enchantement !

Par Paul Jorion

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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