Ce profil sortira-t-il notre pays de l'ornière ?

Publié le 18 Avril 2016

Ce profil sortira-t-il notre pays de l'ornière ?

Le CV de M. Laurent Wauquiez, c'est une agrégation d'histoire, un diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris, un DEA de droit public, et un diplôme l'École nationale d'administration (ENA). En clair et en bref, le même CV, la même formation que les politiques qui nous gouvernent depuis 30 ans et qui sont incapables de voter un budget à l'équilibre.

Mais par dessus tout cela, une ambition sans borne et une volonté d'écarter tous ses adversaires pour arriver au pouvoir, y compris au prix de petites trahisons.

Une campagne bien branchée sur la ligne du FN réussira-t-elle en Auvergne-Rhône-Alpes ?

Le problème, c'est qu'avec cette élection, on a un cumulard de première à la tête de la Région ! Petit résumé :
- Président de région
- Député
- Maire
- N° 2 des Républicains

Ca fait beaucoup non ? N'imaginez-donc pas que ce Monsieur fera quelque chose pour la Région, et pour cause... il n'en aura pas le temps...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 décembre 2015

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Wauquiez, un ambitieux à la tête de la deuxième région de France
Le numéro trois des Républicains s'impose en Auvergne-Rhône-Alpes
Laurent Wauquiez n'en finit pas de sourire, devant la marée de drapeaux français brandis par ses supporteurs qui menace d'engloutir ses colistiers, les caméras des journalistes et même sa mère, sa femme et ses deux jeunes enfants. En dépit d'une réserve de voix quasi inexistante à l'issue du premier tour, le numéro trois du parti Les Républicains (LR) vient de l'emporter en Auvergne-Rhône-Alpes, la deuxième région la plus peuplée de France, avec ses 7,7 millions d'habitants.

Une distance de quatre points sur son rival socialiste Jean-Jack Queyranne. Une progression de plus de 400 000 voix en une semaine. Et un Front national dont le résultat en pourcentage s'est légèrement effrité, passant de 25,52 % à 22,55 % : Laurent Wauquiez a tout de suite compris que cette victoire, à tout juste 40 ans, lui permet de s'imposer au sein des Républicains, lui dont les positions droitières sont contestées depuis des mois par les plus modérés de son propre camp. " Nous avons gagné parce que les électeurs veulent des responsables politiques qui assument leurs valeurs et leurs convictions ", martèle-t-il déjà.

Dans la foule, quelques-uns de ses colistiers venus du MoDem et de l'UDI, avec lesquels il avait tissé une alliance électorale dès l'été, applaudissent eux aussi la victoire. Malgré une campagne très musclée, les voix des électeurs centristes n'ont pas manqué. Même l'appel du chef de file du FN à Clermont-Ferrand, au lendemain du premier tour, en faveur de Laurent Wauquiez, ne les a pas ébranlés. Pas plus qu'un tract, rédigé par le député LR du Rhône Philippe Meunier, membre de la droite populaire, qui ressemblait à s'y méprendre à ceux du FN. " Immigration, ça suffit ! Hollande, ça suffit ! Bruxelles, ça suffit ! ", clamait le document, sous une photo de Laurent Wauquiez et de Philippe Meunier.

Entourée de supporteurs de l'UMP, Anne Pellet, une élue MoDem proche de François Bayrou, reconnaît doucement : " C'est vrai que cela ne m'a pas fait plaisir… Mais on a fait en sorte que cela ne se sache pas trop… " A trois pas, cependant, Philippe Meunier s'en amuse : " Les gens du MoDem ont dit que mon tract était un faux. Mais je peux vous assurer que dans ma circonscription, celle où se présentait auparavant le FN Bruno Gollnisch, je tiens cette ligne depuis mon élection en 2007, et qu'en 2012 j'ai amélioré mon score ! "

Sur la mezzanine d'un bar branché du quartier de la Confluence, à Lyon, où a lieu sa soirée électorale, Laurent Wauquiez reprend son souffle, un peu à l'écart des militants. " J'ai fait reculer le FN en assumant mes valeurs, en défendant la baisse des impôts, le travail contre l'assistanat, l'exemplarité des élus et une République ferme contre le communautarisme, triomphe-t-il. Oui, je suis pour une politique d'assimilation contre le multiculturalisme, oui, je veux qu'on arrête de lâcher sur la sécurité. Nos électeurs en ont assez des fausses pudeurs. Face à la défiance qui s'est exprimée au premier tour, la droite doit retrouver une colonne vertébrale ! "

Etriller la gauche
Après avoir mené la première partie de sa campagne sur la baisse de la fiscalité, le " bad boy " de la droite n'a pas hésité à étriller la gauche, en affirmant : " On est sûrement dans une des régions qui a accumulé le plus de scandales et de mauvaise gestion. " Puis il a pris le risque de bousculer ses troupes en participant, le 2 novembre, à une réunion des militants de La Manif pour tous opposés au mariage gay, en compagnie du chef de file du FN et de celui de Debout la France.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, celui qui était devenu député à 29 ans grâce au parrainage de Jacques Barrot, figure tutélaire de la démocratie chrétienne, a davantage viré vers la droite dure, proposant d'emprisonner 4 000 personnes faisant l'objet d'une fiche " S " (pour " atteinte à la sûreté de l'Etat ") et d'équiper tous les lycées de portiques de sécurité. " Une campagne crapuleuse ", avait résumé le socialiste Jean-Jack Queyranne, habituellement plus policé.

Pourtant, dans cette vaste région issue de la fusion de l'Auvergne et de Rhône-Alpes, dirigées par la gauche depuis onze ans, ni le PS, qui a bénéficié du seul report des voix écologistes et communistes, ni le FN, qui a à peu près maintenu le nombre de ses suffrages du premier tour, n'ont profité de la hausse de 8,77 points de la participation. Et c'est bien parmi les abstentionnistes du premier tour que l'énarque-normalien agrégé d'histoire qui fustige sans cesse les " élites parisiennes " a glané les voix nécessaires pour l'emporter.

En coulisses, son équipe lui montre le tweet de Nicolas Sarkozy : " Cher@laurentwauquiez, tes convictions, ton énergie et ton projet ont fait basculer la région Rhône-Alpes-Auvergne. Félicitations ! – NS. " Il en sourit, radieux. L'ex-président de la République a déjà annoncé sa volonté de se lancer dans un vaste travail de rénovation idéologique et son ancien ministre se sent désormais un acteur incontournable.

Contraint de soutenir celui qui lui avait été préféré pour mener la campagne, l'ex-commissaire européen Michel Barnier, figure de la droite modérée dans la région, avait prévenu lors de son unique meeting commun avec le député et maire du Puy-en-Velay : " L'alternance politique ne sera possible qu'au travers d'une alliance sincère entre une droite républicaine – vraiment républicaine ! – et un centre fort. " Nous y voilà. Seulement, contrairement à ce que pensait Michel Barnier, Laurent Wauquiez, " ce républicain qui veut faire la guerre à tout le monde et alterne la séduction et l'intimidation ", selon l'un de ses colistiers, a triomphé sur sa ligne ambivalente.

" Spectre plus large "
Parmi les résultats qui, maintenant, s'affichent sur les écrans de télévision, l'Aquitaine reste colorée en rose. A Bordeaux, les socialistes distancent de sept points la première adjointe d'Alain Juppé dans son propre fief. Cela n'échappe pas à la petite équipe de Laurent Wauquiez. Il y a encore quelques jours, l'ancien premier ministre de Jacques Chirac ne cachait pas son aversion pour l'adepte de la ligne impulsée par le maurrassien Patrick Buisson. M. Wauquiez ne dément pas consulter encore l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, pourtant banni par l'ex-président de la République. " Mais Buisson était uniquement sur la sécurité. Moi, je suis sur un spectre plus large ", se félicite-t-il.

L'ambitieux n'a encore jamais précisé ses intentions quant à la primaire des Républicains, qui se déroulera en novembre 2016. Il répète cependant trop souvent que sa victoire est " aussi celle du renouvellement " pour ne pas inquiéter ses rivaux. " S'il gagne, on ne le tiendra plus ", disaient déjà les sarkozystes après le premier tour. Ils ne croyaient pas si bien dire.

Raphaëlle Bacqué

Rédigé par Philippe NOVIANT

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