Il ne faut pas taxer les faibles revenus pour limiter les dépenses budgétaires !

Publié le 5 Avril 2016

Il ne faut pas taxer les faibles revenus pour limiter les dépenses budgétaires !

Ceux qui sont capables de payer les plus gros montants d'impôts, ce ne sont pas les plus pauvres ! Ainsi, limiter les dépenses sociales révèlera forcément ses limites beaucoup plus tôt que de taxer les plus hauts revenus !

Cependant, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel ! Il faut aussi éviter de taxer excessivement les plus hauts revenus sous peine de les voir quitter le pays.

La martingale consiste donc à avoir un point d'équilibre entre des dépenses sociales justes et une taxation des plus hauts revenus juste elle aussi.

Les dépenses sociales doivent être pensées pour être temporaires et aider les ménages à hausser leur niveau de vie de manière à avoir un emploi étant capable de subvenir aux besoin de la famille.

Pour les plus hauts revenus, il faut les taxer de manière à ce qu'ils soient fiers de participer aux besoins de la Nation sans leur donner l'impression qu'ils soient pris pour des vaches à lait.

Pour l'ensemble des contribuables, il faut donc les traiter avec respect.

Au Royaume-Uni, on a eu tendance à taxer les plus faibles, en France, on a tendance à taxer les plus forts.

Et si le juste milieu était la cible parfaite ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 27 novembre 2015

*****************

Le Royaume-Uni change de pied sur l'austérité
Le gouvernement renonce à des coupes controversées dans les allocations et allège ses économies budgétaires
L'austérité serait-elle évitable ? En renonçant, contre toute attente, à son plan de réduction drastique des allocations (tax credits) versées aux ménages les plus modestes, le gouvernement britannique a, mercredi 25 novembre, semblé donner raison aux Lords, qui s'étaient rebellés contre cette mesure, et même à Jeremy Corbyn, le chef du Labour, qui avait fait de l'annulation de ce plan son cheval de bataille.

Devant les députés, le chancelier de l'Echiquier (ministre des finances), George Osborne, a annoncé un fort allégement de ses coupes budgétaires. Ses prévisions pour les cinq prochaines années laissent presque entièrement de côté la rhétorique habituelle sur l'austérité. " Il y a cinq ans, notre travail était de sauver la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, c'est de - la - reconstruire ", a-t-il déclaré.

L'annonce la plus spectaculaire est l'annulation des coupes dans les allocations. En juillet, M. Osborne avait programmé une baisse de 4,4 milliards de livres sterling (6,1 milliards d'euros) des aides aux personnes modestes ayant un emploi. Plus de 3 millions de foyers devaient perdre en moyenne 1 100 livres (1 560 euros) d'aides annuelles. Le 26 octobre, la Chambre des lords est sortie de son habituelle réserve et a rejeté la mesure. Quelques conservateurs ont même ajouté leurs voix à celles des travaillistes, qui ont demandé à M. Osborne de " faire un demi-tour complet ". C'est chose faite. Mercredi, M. Osborne n'a pu qu'admettre sa défaite. " J'ai écouté ces inquiétudes, a-t-il déclaré. Je les ai entendues et je les comprends. "

Les conservateurs se posent en " représentants majoritaires de la population qui travaille ". Bras droit de M. Corbyn, le travailliste John McDonnell a qualifié de " fiasco " la volte-face de M. Osborne et déclaré que la population se sentait " totalement trahie " par l'austérité. Pour protester contre des privatisations opérées au bénéfice d'entreprises chinoises et railler les courbettes de M. Osborne à l'égard de Pékin, M. McDonnell a brandi, dans la Chambre des communes, le Petit Livre rouge de Mao, déclenchant un tollé parmi les députés tories.

M. Osborne a aussi annoncé une nouvelle " priorité " : résoudre la crise du logement, obsession des Britanniques qui souffrent du manque d'habitations et de la hausse astronomique des prix. Le ministre des finances ne donne pas de coup de pouce au logement social locatif mais, fidèle à la tradition thatchérienne, il annonce un budget de 2,3 milliards de livres pour financer la construction privée de maisons destinées aux primo-accédants à la propriété.

Malgré cette concession sur les tax credits, le chancelier de l'Echiquier conserve son objectif de ramener les dépenses de l'Etat à 36 % du PIB, contre 45 % en 2010. Il garde en ligne de mire la baisse du déficit. Ce dernier s'élevait à 5,1 % du PIB l'an dernier (d'avril 2014 à mars 2015) et doit passer à 3,9 % cette année. Un excédent doit être dégagé à partir de 2019-2020, de + 0,3 % du PIB.

A ces fins, les dépenses sociales vont être amputées de 12 milliards de livres et certains ministères mis au régime sec. A quelques jours de l'ouverture, à Paris, de la conférence de l'ONU sur le climat, M. Osborne a annoncé une baisse de 37 % des crédits du ministère des transports et de 22 % de celui de l'" énergie et du changement climatique ". Les attentats de Paris l'ont, en revanche, conduit à sanctuariser le budget de la police, initialement menacé. " C'est le moment, a-t-il argué, de soutenir notre police et de lui donner les outils nécessaires à son travail. "

Vision optimiste
Sur les cinq dernières années, les coupes budgétaires se sont élevées à plus de 100 milliards de livres (140 milliards d'euros). Les dépenses courantes par ministère (hors aides sociales et hors investissement) ont baissé de 2 % par an en valeur réelle en moyenne.

M. Osborne voudrait poursuivre ce régime minceur très strict. Il prévoit des baisses de 0,8 % par an en valeur réelle jusqu'en 2020. Mais le ministre des finances peine désormais à trouver de nouvelles économies, d'autant qu'il a déjà multiplié les promesses. Pour rassurer les électeurs, il s'est engagé à ne pas réduire les dépenses de santé, d'éducation, de défense, d'aide internationale… Au total, les trois quarts des dépenses courantes du budget de l'Etat ne peuvent pas être touchés.

Reste un étonnant tour de passe-passe. Car comment maintenir un objectif d'excédent budgétaire pour 2020 tout en réduisant les économies ? L'explication vient d'une vision plus optimiste de l'avenir. Les prévisions de croissance ont été légèrement revues à la hausse, à 2,5 % par an. Quant aux recettes fiscales, qui n'ont pas vraiment suivi jusqu'à présent malgré la reprise, elles devraient enfin commencer à remplir les caisses de l'Etat, promet le gouvernement. Parallèlement, les taux d'intérêt demeurent plus bas que prévu, si bien que le coût de la dette est réduit.

Au total, selon les prévisions officielles, ces trois facteurs devraient permettre, d'ici à 2020, de dégager 27 milliards de livres de plus que le montant estimé en juillet. " Cela signifie qu'il est possible d'emprunter moins, d'investir plus et de lisser la consolidation budgétaire ", expliquent les documents présentant ces prévisions. S'il y a un lapin dans le chapeau de George Osborne, il s'appelle " reprise économique ".

Eric Albert, et Philippe Bernard

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

Repost 0
Commenter cet article