Si ces faits sont exacts, ils sont honteux et doivent mener à des actions exemplaires !

Publié le 29 Avril 2016

Si ces faits sont exacts, ils sont honteux et doivent mener à des actions exemplaires !

Si ces faits sont exacts, ils doivent être condamnés, ce, avec une extrême virulence ! Il est hors de question qu'un fonctionnaire protégé par l'article 433-5 du Code Pénal, puisse se prévaloir de sa protection pour violer la loi ostensiblement en oubliant les devoirs qu'il doit envers les citoyens !

En la matière, la charge de la preuve est essentielle. Il convient donc, pour des gens que l'on brime, qu'ils prennent les mesures qui s'imposent : enregistrer les conversations par audio et/ou vidéo, afin de démontrer ces faits honteux.

C'est malheureusement la seule façon de faire cesser ces agissements honteux qui ternissent l'image de la Police, in fine, de la France... si ces agissements existent effectivement...

Jeunes brimés, vous savez donc comment faire : accumuler les preuves et les produire aux autorités judiciaires et journalistiques pour faire cesser ces faits.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 décembre 2015

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Des ados déposent plainte pour violences policières
Dans le 12e arrondissement de Paris, dix-huit garçons et filles dénoncent un harcèlement quotidien et brutal
Dénoncer des violences policières à 15 ans est généralement impensable quand on vit dans un quartier populaire. Le juge, l'homme qui condamne et emprisonne, est rarement vu comme un allié. Dix-huit garçons et filles du 12e arrondissement de Paris ont pourtant franchi le pas. Jeudi 17 décembre, ces lycéens ont signalé des faits de " violences volontaires aggravées ", d'" agression sexuelle aggravée ", de " discrimination " et d'" abus d'autorité " de la part de policiers au procureur de la République. Leur quotidien était devenu invivable. La plainte est déposée contre X, mais dans toutes les têtes " X " a un nom : " les Tigres ", les policiers de la BSQ, la brigade de soutien de quartier.

Selon ces lycéens de Reuilly-Montgallet, un quartier dense mais pas franchement difficile, coincé entre la gare de Lyon et la place de la Nation, les contrôles policiers, c'est minimum une fois par jour. Parfois plus. Certains dérapent. Les violences dont ils parlent ont eu lieu entre l'été 2013 et l'été 2015. Seules ont été retenues pour la plainte celles pour lesquelles des témoins pouvaient confirmer leurs dires. La police n'a pour le moment pas souhaité réagir.

Le premier incident remonte à l'été 2013, un soir de ramadan. Il est 20 heures, Jérémy rentre chez lui avec un copain. Deux policiers les arrêtent et procèdent à une " palpation de sécurité ". L'un, " musclé "," les cheveux noirs coiffés avec du gel ", lui met " les doigts dans les fesses ". " Arrête de te contracter, laisse-toi faire ", lui ordonne-t-on. Jérémy aurait reçu un coup dans les côtes. A son ami aussi, on a mis un doigt dans les fesses.

" Atteinte à la dignité humaine "
Les " vérifs ", c'est une fois par jour, " les doigts dans les fesses ", " au moins une fois par semaine ", estime Yassine. Le défenseur des droits n'a de cesse pourtant de " déplorer le caractère systématique de la palpation de sécurité ", une " atteinte à la dignité humaine " si rien ne laisse penser que la personne cache un objet. Dans tous les cas, elle " doit intervenir dans un local retiré du commissariat ", rappellent Mes Slim Ben Achour et Félix de Belloy, les avocats des adolescents.

S'opposer à un contrôle des " Tigres " expose à des représailles. Lors des vacances de Noël 2013, trois policiers contrôlent Mamadou et ses amis. Mamadou voudrait qu'ils laissent les filles en dehors de ça. " L'avocat " est jeté à terre. Le lendemain, un policier en voiture aurait agrippé le garçon et l'aurait " forcé à marcher à l'allure du véhicule ". " L'avocat " a fini par se libérer. " Rébellion ! ", ont crié les agents qui l'ont frappé " au niveau des hanches ".

La vue de la police fait fuir les jeunes des quartiers. C'est un réflexe, qu'ils aient quelque chose à se reprocher ou non. A Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), en 2005, Zyed et Bouna sont morts d'avoir couru. Un soir d'avril 2014, nouveau contrôle, dalle Rozanoff, dans le 12e. L'un des agents fait signe à Alassane et Mamadou d'approcher. Ils refusent, s'éloignent puis courent. Barrage. Plaquage contre le mur. " Pourquoi courez-vous ? ", demandent les policiers. " La peur ", répondent les garçons. Les cartes d'identité volent. " Ramassez, bande de chiens. " Les coups partent : Alassane est frappé au visage, Mamadou à l'épaule. Du gaz lacrymogène fuse. L'épicier à qui les garçons ont demandé du lait pour calmer leurs brûlures a vu les policiers repasser, hilares. " Alors, les singes, la prochaine fois, vous ne courrez pas ! "

" On pisse sur le ramadan ", " espèce de Libanais de merde ", " connards, sales Noirs ". A chaque contrôle, les insultes pleuvent. Le conflit jeunes-policiers, dalle Rozanoff, dure depuis des années. Les grands frères ont connu les mêmes brimades. De la musique écoutée sur un téléphone, en fin d'après-midi ? " Contravention pour tapage nocturne. " Une balade entre copains le long de la promenade plantée ? Une invitation ferme à rentrer chez soi. Qu'ils osent répondre avoir l'autorisation de leurs parents, c'est une clé de bras. Quant aux jeunes des quartiers voisins, s'ils ne partent pas, c'est la gazeuse.

Longtemps, les parents n'ont rien su. Quand la police appelait, elle avait forcément raison. A force d'être contrôlé, un garçon de 13 ans a été envoyé un an au Mali par sa famille. A présent que les langues se délient, les adultes essaient de relever les numéros de matricule.

Les violences se déroulent aussi au commissariat. La mère de Théo " constate régulièrement des traces de coups et de brûlures au gaz lacrymogène sur son visage " quand elle y récupère son fils. Le 22 avril 2015, un jeune, après avoir été rattrapé par les policiers, jeté à terre, puis gazé, est conduit au commissariat. On lui demande de se déshabiller. " Alors, t'as mal ? ", demande le policier à la vue du visage rougi par le gaz. " Attends, je t'en mets de l'autre côté. "

Contrôles au faciès
Une médiation a été tentée par les éducateurs de l'association Soleil et le service de prévention de la police. La maire (PS) du 12e a ouvert les terrains de sport, développé la danse, les ateliers d'écriture : " Il est vrai que le partage de l'espace public entre générations est un de mes sujets quotidiens ", reconnaît Catherine Baratti-Elbaz. Les choses empirant, l'ONG anglo-saxonne Open Society Justice Initiative a encouragé les jeunes à déposer plainte. Le duo d'avocats qui porte le dossier n'en est pas à son coup d'essai. En juin, ils ont obtenu, pour la première fois, la condamnation de l'Etat pour " faute lourde " après une série de contrôles d'identité au faciès, une action déjà soutenue par Open Society.

Cette même ONG avait financé, en 2007 et 2008, l'étude qui avait confirmé ce que les associations dénonçaient : en France, lorsqu'on est noir ou arabe, on a respectivement 6 et 7,8 fois plus de risques de se faire contrôler que lorsqu'on est blanc. L'étude disait aussi que les personnes habillées " jeunes " (10 % de la population étudiée) étaient contrôlées dans près de la moitié des cas. Brayan, Kevin, Théo et leurs amis, qui portent des vestes de sport et ont souvent des parents nés à l'étranger, cumulent les handicaps.

Emeline Cazi

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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