A quoi sert la déchéance de nationalité ?

Publié le 19 Mai 2016

A quoi sert la déchéance de nationalité ?

D'un côté un problème : des jeunes gens qui décident de faire la guerre en Syrie et d'importer du terrorisme sur le sol Français.

Le gouvernement a la solution : la déchéance de nationalité !

Franchement, de qui se moque-t-on dans cette histoire ?

Quand des connards sont prêts à se faire exploser la gueule dans la rue, comment peut-on croire, un seul instant, que la déchéance de nationalité va résoudre quoi que ce soit ?

Ce débat est ridicule car il est totalement hors sujet !

Ce débat est ridicule car il ne répond en rien à la problématique actuelle !

Ce débat est ridicule car il fait marrer les kamikazes : il n'en ont rien à fouttre de mourir, comment peuvent-ils en avoir quelque chose à foutre de perdre une nationalité dans laquelle ils ne se reconnaissent de toutes façons pas ?

Cette problématique relève de l'idéologie et on ne gère pas un pays avec de l'idéologie !

M. Emmanuel Macron avait une bonne (?) définition de la politique : pour lui, ce sont des discours et de l'idéologie. Pour moi, c'est de l'action et du pragmatisme.

Qui a raison ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 décembre 2015

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Déchéance : Hollande et Valls inflexibles
Le premier ministre a publié lundi sur sa page Facebook un vigoureux plaidoyer en faveur de cette mesure
Non, " cela n'a absolument rien à voir avec les actes discriminatoires du régime raciste et antisémite de Vichy ", assure M. Valls, pour qui la déchéance de nationalité " symbolisera l'exclusion définitive du pacte républicain de ceux qui ont commis des crimes terroristes ".

A l'Elysée, la tonalité est la même. François Hollande, qui prépare ses vœux télévisés du 31 décembre, compte profiter de l'occasion pour justifier lui aussi cette mesure pourtant de plus en plus contestée dans son propre camp. Même s'il n'en dira sans doute " que quelques mots " ce soir-là, le chef de l'Etat a l'intention de " faire un travail de conviction et de pédagogie " qu'un proche conseiller résume d'une formule : " A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. "

Pas question, donc, de reculer. Même si son entourage assure qu'il est " attentif à ce que chacun dit ", le président de la République est bel et bien résolu à tenir tête à ceux qui, jour après jour, l'accablent de critiques et prédisent une fronde d'une ampleur inédite de la part des élus de gauche quand la mesure sera débattue à l'Assemblée nationale et au Sénat, vraisemblablement début février.

Car pour l'Elysée, ces craintes sont tout bonnement infondées. " Bien sûr que le débat sera musclé mais, au final, il y aura une majorité dans les deux chambres ", assure un fidèle du chef de l'Etat, réputé bon connaisseur des équilibres parlementaires, pour qui le mois de janvier sera décisif : " Passées les fêtes, les députés et les sénateurs vont retourner à la rencontre de leurs électeurs. Ils se rendront compte que les Français défendent une position dure sur la question et qu'ils ne comprennent pas les finesses juridiques censées délégitimer cette proposition. " A Matignon, on se veut également confiant : " On aura la majorité ", assure l'entourage de M. Valls, qui balaie les critiques formulées par plusieurs députés de l'aile gauche du PS, qualifiant celles-ci de contre-productives. " La grossièreté des attaques de Benoît Hamon, Guillaume Balas et Christian Paul révulse la base du groupe ", dit-on à Matignon.

" Allumer des contre-feux "
Pour plusieurs observateurs, cependant, la décision prise par le premier ministre de monter au front à deux reprises en deux jours pour répondre aux critiques, dans le Journal du dimanche puis sur Facebook, doit au contraire être interprétée comme un signe de fébrilité. " Ni François Hollande ni Manuel Valls ne pensaient que ça réagirait de cette façon ", décrypte un responsable du PS, qui cite les tweets cinglants rédigés dimanche après-midi par Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry, après la publication par le JDD de propos de M. Valls accusant " une partie de la gauche - de - s'égare - r - au nom de grandes valeurs ". Pour ce membre de la direction du PS, " la surréaction de Valls n'est pas un indice de sérénité : si l'horizon était dégagé, il ne se sentirait pas obligé d'allumer ainsi des contre-feux ".

Dans les prochaines semaines, le premier ministre va poursuivre son travail de persuasion. Soucieux de " stopper " ce qu'il considère comme une " dénaturation du débat ", selon un conseiller, M. Valls a prévu de multiplier les rencontres avec les parlementaires à Matignon. Au PS, ce choix soulève une inquiétude : " Valls se met au milieu du champ de tir, mais il n'est pas sûr qu'il soit le mieux à même de rassembler la majorité ", pointe un pilier du groupe socialiste à l'Assemblée. " Comme d'habitude, Valls veut y aller à la schlague, mais le passage en force va se retourner contre lui ", prédit un autre député, qui estime qu'environ 200 des 287 membres du groupe PS pourraient faire défection lors du vote.

Alors que la contestation s'étend à l'intérieur du PS – lundi, une centaine de militants ont saisi sa Haute autorité, estimant que les propos de M. Valls étaient contraires à la " déclaration de principes " du parti –, certains, Rue de Solférino, veulent encore croire que l'habileté politique de M. Hollande lui permettra de trouver une porte de sortie susceptible d'amadouer ses détracteurs sans donner le sentiment de se dédire. C'est le cas de Julien Dray et de Jean-Pierre Mignard, deux proches du chef de l'Etat, pour qui une solution serait de troquer la déchéance de nationalité par une peine d'indignité nationale. " C'est une mesure qui a une belle histoire,a déclaré le second, mardi matin, sur Europe 1. C'est celle du gouvernement issu de la Résistance, où tous les collaborateurs, Philippe Pétain en tête, ont été condamnés pour indignité nationale. Il s'agit de Français qui ont tué d'autres Français. On est dans une symbolique identique. "

Thomas Wieder

Rédigé par Philippe NOVIANT

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