Les taxis et VTC doivent avoir les mêmes obligations

Publié le 27 Juin 2016

Les taxis et VTC doivent avoir les mêmes obligations

VTC et taxis font le même job, ils doivent donc les mêmes obligations ! Dans un pays où le mot 'égalité' est gravé dans le marbre, on ne peut pas continuer à taxer à ce point les taxis et laisser les VTC marcher sur leurs plates-bandes sans aucune obligation !

De deux choses l'une : ou l'on charge les VTC, ou on décharge les taxis !

En clair : égalité pour tous pour que tout le monde puisse courir le 100 mètres avec les mêmes armes, et tant pis pour les moins bons !

Il n'est pas normal que les licences, délivrées par l'Etat, puissent être vendues comme un vulgaire paquet de cigarettes à la loi du marché ! Ce métier doit être fortement dérèglementé car il n'est pas normal qu'une personne qui veuille faire taxi soit freinée dans son droit fondamental à entreprendre !

D'un autre côté, il est totalement anormal que les taxis soient à ce point étouffés par le RSI qui les saigne véritablement ! Ce travail doit donc être dérèglementé, car il n'y a aucune raison qu'il ne le soit pas, et doit être fortement moins chargé afin que chacun puisse vivre décemment de son travail, d'autant plus que VTC comme taxis ne comptent pas leurs heures !

Ces prérequis valent, bien entendu, pour les conditions d'octroi de la profession, qui doivent être communes aux taxis et VTC. Il faut donc une même formation pour des conditions de travail comparables !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 février 2016

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" Je n'ai aucune envie de retourner à mes cars "
Chauffeur de VTC, Randy Amisi a manifesté, mercredi 3 février, à Paris. Il défend son statut, qui lui a permis de créer sa société et d'embaucher deux chômeurs
Sous les essuie-glaces de sa Mercedes classe C, Randy Amisi, 30 ans, a glissé deux feuilles au format A4. La première dit " Manuel Valls = G7 ", du nom du premier ministre et de la plus importante compagnie de taxis de la capitale. Sur la seconde : " Touche pas à mon emploi. "

Il roule au pas boulevard des Invalides, à Paris. Sa berline noire fait partie du cortège de 550 véhicules qui, à l'appel de l'association Alternative mobilité transport (AMT), s'est ébranlé, mercredi 3 février, entre la gare Montparnasse et le pont Alexandre-III. Il est midi. Le soleil d'hiver flatte le tableau de bord de sa voiture, achetée en leasing " 50 000 euros ". Les vitres étouffent les coups de klaxons. Très vite, derrière le costume gris, pointe l'angoisse d'un jeune PDG aux dreadlocks noires. " Si je ne peux plus travailler demain, que va-t-il se passer ? ", s'inquiète l'ancien chauffeur d'autocar, titulaire d'un bac professionnel.

Jeudi 28 janvier, Manuels Valls a annoncé vouloir mettre fin au détournement du statut de chauffeur de transports collectifs, régi par la loi d'orientation des transports intérieurs (Loti). Ce statut accorde à son titulaire le droit de conduire des groupes inférieurs à dix personnes mais d'au minimum deux passagers. Il s'obtient après un examen, comme pour les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC). Mais le sésame est moins coûteux et s'obtient dans un délai plus court, car il n'impose pas les 250 heures de formation instaurées, en 2013, pour les VTC.

Selon les organisations de taxis – trois jours durant, fin janvier, elles ont organisé des barrages dans Paris, aux abords des aéroports d'Orly et de Roissy et en région –, les compagnies de VTC privilégient depuis des mois les chauffeurs dotés de la carte Loti (de 15 % à 20 % des chauffeurs connectés à des plates-formes de type Uber relèveraient de ce statut). " Des milliers d'emplois en dépendent ", reconnaît l'AMT.

Les dirigeants de G7 et les organisations syndicales veulent mettre fin à cette hémorragie. Le secrétaire d'Etat aux transports, Alain Vidalies, a envoyé une mise en demeure à toutes les plates-formes ; il leur demande de produire la liste de toutes leurs sociétés partenaires. Objectif : identifier les chauffeurs dits " Loti ". " Quelles en seront les conséquences ? ", s'inquiète Yves Weisselberger, président de la Fédération des entreprises de transport de personnes sur réservation (FETPR), qui défend les intérêts des VTC.

Le ministère rappelle qu'à défaut de réponse " le gouvernement engagera toutes les procédures administratives et juridictionnelles pour faire cesser les pratiques illégales ". En clair, les plates-formes de VTC pourraient devoir déconnecter tous les chauffeurs Loti.

L'affaire affole les intéressés, qui voient le sol se dérober sous leurs pieds. Selon Randy Amisi, cette voie était précisément celle qu'Uber lui avait " conseillé " d'emprunter en 2013, pour se connecter à ses services et obtenir des courses, dont il reverse 20 % du montant à la plate-forme. La compagnie Chauffeur-Privé accepte aussi le statut Loti, assure M. Amisi.

" L'avenir fait peur "
Pour obtenir sa carte Loti, le chauffeur dit avoir passé des " examens de compta et de législation ". Il a aussi monté une société à responsabilité limitée (SARL). Effrayé par le montant de charges à payer au titre du régime social d'indépendant (RSI), il a préféré créer une société anonyme, appelée Diamond Travel Paris, dont il est devenu " le PDG ".

Après avoir d'abord loué une voiture, Randy Amisi a acquis en 2015 sa Mercedes, à crédit et grâce à son beau-père, qui a accepté de se porter caution.

Il a aussi embauché deux proches de Savigny-sur-Orge, où il habite depuis son arrivée du Congo à l'âge d'un an. " J'ai recruté un Antillais de 31 ans et un Algérien de 28 ans, qui avaient des difficultés à trouver un job ", tient-il à souligner. Les deux roulent dans des voitures de location, environ " dix heures par jour ". Leur salaire navigue entre 1 500 et 2 000 euros brut par mois, au prorata du chiffre d'affaires réalisé.

Randy Amisi, lui, se verse " 500 à 1 000 euros de salaire par mois " et rêve des " dividendes " qu'il s'accordera en fin d'exercice. Son chiffre d'affaires atteint 10 000 euros par mois. " Et là, franchement – et ce n'est pas la bagnole qui fait ça –, je gagne en estime de soi ", dit-il, tout étonné d'avoir par ailleurs " sorti de là " deux copains et d'être passé " dans l'autre camp, celui du patron ".

Mais " l'avenir fait peur ", avoue le trentenaire, qui a prévu d'épouser la mère de ses enfants en 2017. " On ne m'a jamais dit qu'en étant “Loti” je ne pouvais pas être VTC ", note-t-il. De facto, les procès-verbaux ont été rares. Quelques cas ont été mentionnés fin 2015, selon la FETPR. Le flou juridique dans lequel opère le secteur des VTC agace M. Amisi. " Demain, si les Loti sont interdits sur les plates-formes de VTC, que deviendront mes deux employés ? Ils vont retourner gratter leurs Assedic, c'est ça ? ", s'emporte-t-il. Avant de glisser : " Moi, je n'ai aucune envie de retourner à mes cars. "

Juliette Garnier

Le contexte
Le gouvernement a publié, mercredi 3 février, le décret précisant les modalités de l'examen désormais nécessaire pour devenir VTC. Il remplace une formation de 250 heures, obligatoire depuis 2013. Le candidat devra obtenir la note de 12 sur 20 à un questionnaire de 110 questions. Gilles Boulin, co-directeur du groupement de taxis Gescop, juge cet examen " trop facile " et ses " sessions trop fréquentes ". Chez G7, qui vient d'assigner Uber en référé au tribunal de commerce pour concurrence déloyale, la filiale Taxis Bleus espère que " ce texte n'est que transitoire " avant l'adoption d'un tronc commun de formation pour taxis et VTC.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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