Car c'est le monde agricole qui nous nourrit, il doit être protégé

Publié le 26 Juillet 2016

Car c'est le monde agricole qui nous nourrit, il doit être protégé

C'est le monde agricole qui nous nourrit. En ce sens, il doit être aidé et protégé. Nous ne pouvons tolérer plus longtemps des gens qui passent plus de 70 heures par semaine à travailler, alors même qu'ils ne sont payés que 1000Euros par mois...

Ainsi, une année blanche de cotisations sociales ne résoudra rien... Il faut, au contraire, que les agriculteurs puissent subvenir à leur besoin, ce, sans aide d'aucune sorte. Comment se fait-il que la grande distribution vende à ce prix des denrées agricoles alors que l'agriculteur est payé une misère ?

L'état doit s'engager et doit faire cesser le fait que des gens puissent s'engraisser indument sur le dos des agriculteurs.

Dans un temps, les agriculteurs doivent pouvoir vivre correctement de leur production. Dans un second temps, s'il s'avère que cette production est concurrencée par d'autres pays, il faut promouvoir la qualité de notre outil de production et faire en sorte de produire moins, mais plus cher avec la qualité que d'autres ne fournissent pas.

C'est sur ce point que l'état doit agir : promouvoir une production de qualité à hautes marges de valeur qui entraînera une valeur ajoutée de notre production nationale, in fine, une rémunération en adéquation avec le travail fourni par nos agriculteurs.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 février 2016

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Manuel Valls tente de calmer les agriculteurs
Le premier ministre a annoncé des baisses de cotisations sociales et un meilleur étiquetage des produits
Scène inhabituelle, mercredi 17 février, à Rennes : des joggeurs téméraires ont usé leurs semelles au milieu d'une rocade vidée de ses voitures et jalonnée de tracteurs. Au total, selon la préfecture, près de 500 engins agricoles ont investi les abords de la capitale bretonne, presque entièrement bloquée jusqu'en fin d'après-midi. Cette action, la plus massive à l'échelle nationale depuis le début de la fronde des agriculteurs, en janvier, avait des allures de point d'orgue. Elle intervenait après plusieurs manifestations à travers la France, à dix jours de l'inauguration du Salon international de l'agriculture à Paris, et le jour de l'annonce de mesures à destination du monde agricole.

Alors que les moteurs vrombissaient à Rennes, le premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, s'entretenaient à Paris avec des représentants de la profession. Le gouvernement a présenté un plan en quatre volets (mesures d'urgence, actions au plan européen et au plan national, normes, cotisations sociales) regroupant une trentaine d'engagements.

Parmi les plus emblématiques : une " année blanche " de cotisations sociales pour les agriculteurs qui ont engrangé de " très faibles " revenus en 2015, une baisse " immédiate " de sept points des cotisations sociales pour tous les autres exploitants ainsi qu'un décret " pour rendre obligatoire la mention de l'origine du lait ou de la viande dans les produits transformés ". Pour Thierry Coué, président de la Fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) de Bretagne, qui a pris part à la réunion, " il faut dire les choses : nos interlocuteurs sont concernés et attentifs. Le gouvernement a répondu en partie à nos attentes ".

L'objectif de l'exécutif était double : apporter des réponses et obtenir l'apaisement. A l'Assemblée nationale, mercredi après-midi, M. Valls a affirmé avoir demandé aux représentants syndicaux de " faire cesser les manifestations d'agriculteurs ". A Rennes, après quelques heurts avec les forces de l'ordre, les manifestants n'ont pas prolongé leur blocage. Pour autant, rien n'indique qu'ils envisagent de relâcher la pression. " Il y a des avancées aujourd'hui, je les salue ", a déclaré Xavier Beulin, président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Avant d'ajouter : " La satisfaction va venir le jour où nous aurons avancé sur les trois sujets qui sont devant nous aujourd'hui ", c'est-à-dire la régulation européenne, les normes et la restauration des prix, selon lui. Sur l'antenne d'Europe 1, M. Beulin a lancé un " appel au calme " à destination de ses troupes.

Attentisme et incertitude
L'appel de M. Valls et de la FNSEA sera-t-il entendu ? Jugées insuffisantes par de nombreux agriculteurs, les mesures annoncées en septembre 2015, à la suite de la crise survenue durant l'été, ont laissé un souvenir amer. " Des lignes commencent à bouger, mais il faut voir si ça a du sens pour les exploitations ", résume Jean-Paul Riault, président des Jeunes agriculteurs (JA) de Bretagne, syndicat proche de la FNSEA. Lui et ses confrères ne se bercent pas d'illusions : les changements de fond, s'ils surviennent, prendront du temps et nécessiteront l'instauration d'un rapport de force à Bruxelles. " Tant qu'on ne régulera pas le marché au niveau européen, on mettra des pansements sur une jambe de bois ", estime Bernard Lannes, président national de la Coordination rurale, syndicat minoritaire qui n'a pas pris part aux actions de la FNSEA et des JA.

Dans ce contexte, l'attentisme et l'incertitude prévalent, notamment concernant d'éventuelles mobilisations. " C'est toujours un peu spontané, ça s'organise au dernier moment ", explique M. Riault des JA. Les cadres nationaux de la FNSEA, de leur côté, doivent se réunir à Paris ce jeudi pour décider de la marche à suivre.

En Bretagne, épicentre du mouvement et première région agricole de France, une manifestation est annoncée samedi à Loudéac (Côtes-d'Armor). Ses organisateurs, élus et syndicats, espèrent réunir 5 000 personnes et ériger l'agriculture en cause régionale, cette fois sans tracteurs ni blocages. Une semaine plus tard, le Salon de l'agriculture ouvrira ses portes à Paris. " On prévoit quelques coups de communication. C'est en train de se préparer ", confie Jean-Paul Riault. " Je ne vois pas comment ça pourrait être un salon serein et calme dans le contexte actuel ", ajoute Thierry Coué. Les traditionnels visiteurs politiques, François Hollande en tête, savent déjà qu'ils ne seront pas au Salon en terrain conquis.

Nicolas Legendre

Rédigé par Philippe NOVIANT

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