Quand Apple refuse de servir la démocratie par principe clientéliste (1/2)

Publié le 19 Juillet 2016

Quand Apple refuse de servir la démocratie par principe clientéliste (1/2)

Apple pourrait aider le FBI à retrouver des données dans le mobile d'un terroriste... Le FBI pourrait donner l'appareil à Apple pour qu'il le fasse puisqu'une décision de justice l'a dit... De plus, les libertés individuelles sont comme tous les droits : elles cessent là où commencent celles des autres...

Que vaut-il mieux ? Montrer que Apple est capable de retrouver des données sensibles capables de remonter la piste d'un criminel ou laisser faire ce criminel sous prétexte de respecter ses droits individuels à lui ?

La décision de Apple est donc inique, crapuleuse et fait profondément vomir : en agissant ainsi, elle défend le terrorisme, ce qui est inacceptable !

En fait Apple veut surtout montrer que ses produits sont sûrs et inviolables ! C'est une décision crétine car si cette inviolabilité sert les criminels, les produits peuvent être interdits, ou, au minimum, être l'objet d'un boycott !

Mais m'est avis que si il y a menace de boycott, Apple coopérera car tout ce qui compte pour cette boite, c'est le fric.

En effet, redouter que cette décision Américaine, fasse pression envers des pays moins démocratique, c'est avouer que Apple n'est pas prête à se couper de la clientèle de ces pays ! Dans le cas où pareil cas arriverait dans un pays non-démocratique, bien sûr Apple pourrait refuse son aide en motivant son refus. La raison ne tient donc pas, mais la raison du fric et d'acheter un mobile inviolable, si ! Et peu importe si le mobile sert à commettre des attentats !

Pour ma part, en tout cas, je n'achèterai jamais Apple...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 février 2016

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Apple refuse d'accorder au FBI l'accès à ses données téléphoniques
Malgré une décision de justice, le groupe américain ne laisse pas les autorités accéder aux données d'un suspect de l'attentat de San Bernardino
C'est un nouvel épisode dans l'affrontement larvé entre le gouvernement américain et les géants du numérique. Mardi 16 février, la justice américaine a ordonné à Apple de développer pour le FBI un logiciel susceptible de déverrouiller un iPhone récupéré par les enquêteurs chargés de l'attentat de San Bernardino et duquel ils ne parviennent pas à extraire les données. Dès le lendemain, le patron d'Apple, Tim Cook, s'est fendu d'une longue et virulente lettre ouverte dans laquelle il annonce contester la décision de justice, disant craindre que la demande du gouvernement " ne sape les libertés que le gouvernement est censé protéger ".

Dans un communiqué, le ministère de la justice a déploré " qu'Apple continue de refuser d'aider à obtenir l'accès au téléphone d'un des terroristes impliqués dans une attaque terroriste majeure sur le sol américain ".

Le ton est donné : jamais le débat sur la question du chiffrement des données n'avait été aussi brûlant. Le gouvernement américain reproche aux géants du Net, à commencer par Google et Apple, de mettre en place sur les téléphones qu'ils commercialisent des protections pour les données des utilisateurs qui entravent les enquêtes en matière terroriste et criminelle. Ces reproches ont été balayés, ces derniers mois, par les entreprises concernées, échaudées par les révélations d'Edward Snowden sur la surveillance menée par les Etats-Unis, via l'agence NSA, et soucieuses de cimenter la confiance des utilisateurs sur la question de la protection des données, désormais cruciale pour leur modèle économique.

On a cru le débat enterré lorsque la Maison Blanche a officiellement renoncé à une loi qui aurait obligé les entreprises à mettre dans leurs appareils une fonctionnalité cachée permettant d'accéder aux données des utilisateurs. Mais les attentats de Paris, puis celui de San Bernardino, sont passés par là, et certaines voix dissidentes, notamment le patron du FBI, James Comey, en ont profité pour remettre le débat à l'ordre du jour.

La Maison Blanche soutient aujourd'hui pleinement la demande du FBI à laquelle la justice vient de donner droit. Selon elle, il ne s'agit pas d'une fonctionnalité cachée et généralisée, l'option qu'elle a écartée, mais bien d'une solution unique qui ne s'appliquerait qu'au téléphone actuellement en possession du FBI.

" Précédent inquiétant "
Beaucoup craignent en réalité qu'une victoire du FBI devant les tribunaux ne crée un précédent lui permettant d'exiger systématiquement, de la part de toutes les entreprises, qu'elles piratent leurs propres appareils pour accéder aux données personnelles convoitées. Sundar Pichai, le PDG de Google, a expliqué sur son compte Twitter " donner aux autorités l'accès aux données sur la base d'injonctions légales valides ". " Mais demander à une entreprise de permettre le piratage des données et de l'appareil des utilisateurs, c'est très différent. Cela créerait un précédent inquiétant ", a-t-il ajouté. " Le gouvernement outrepasse ses prérogatives de manière ahurissante ", a dénoncé, dans un communiqué, l'élu californienne à la Chambre des représentants, Zœ Lofgren, dont la circonscription compte une partie de la Silicon Valley.

Les entreprises et les défenseurs des libertés publiques redoutent également qu'une victoire du FBI devant les tribunaux ne soit utilisée comme alibi par d'autres pays moins démocratiques, pour réclamer à leur tour un accès aux données de leurs citoyens auprès des entreprises américaines. C'est le cas de Ron Wyden, sénateur démocrate très au fait des sujets technologiques et membre de la commission sénatoriale sur le renseignement. " Cette initiative du FBI pourrait faire boule de neige dans le monde. Pourquoi diable notre gouvernement veut-il donner à des régimes répressifs en Russie et en Chine une excuse pour forcer les entreprises américaines à créer une porte dérobée - pour accéder aux données des utilisateurs - ? ", s'est-il inquiété dans les colonnes du Guardian.

La question s'est brièvement invitée à la réunion électorale que tenaient les candidats républicains à la présidentielle en Caroline du Sud. " Lorsqu'il s'agit de questions de liberté et de sécurité, il y a un équilibre délicat à trouver ", a déclaré Ted Cruz. Même prudence chez Marco Rubio qui a expliqué qu'il n'y avait " pas de réponse facile " à ce problème : " D'un côté le chiffrement permet de protéger vos données personnelles, de l'autre des terroristes et des criminels l'utilisent pour se protéger. " Donald Trump était sur une autre ligne : " C'est scandaleux qu'Apple ne veuille pas aider le gouvernement. Nous devons les forcer à coopérer. "

Martin Untersinger

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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