Ca démissionne à la SNCF suite à son incompétence

Publié le 17 Août 2016

Ca démissionne à la SNCF suite à son incompétence

La situation de ces deux entreprises a l'air très différente bien que le résultat soit identique : la démission de cadre de haut-niveau dans l'entreprise.

Pour EDF, c'est un choix stratégique qui a l'air d'être la cause de la démission du dirigeant.

Pour la SNCF, néanmoins, l'incompétence ne date pas d'aujourd'hui ! En effet, M. Guillaume Pépy a autant de capacités à être dirigeant que moi à être chirurgien dentiste !

En effet, quand on voit les accidents de Brétigny, Pau et Strasbourg, on ne peut qu'être désespéré de voir un tel type continuer à diriger l'entreprise avec un tel nombre de morts sur le dos ! Dans quelle autre entreprise que la SNCF pourrait-on avoir cette situation ?

La SNCF a trop longtemps dénigré sa clientèle pour privilégier uniquement les syndicats au sein de la boite : entre une productivité inférieure de 30% par rapport à ses concurrents et un nombre de jours travaillés de 130j, on est en droit de se poser des questions sur la bonne marche de l'entreprise avec de telles conditions de travail !

Lorsque l'on dénigre le client à ce point, il n'est guère étonnant qu'il se reporte vers des moyens de transports alternatifs que sont la covoiturage, le car ou la bagnole...

Il est temps de remettre de l'ordre au sein de la SNCF car, lorsque la concurrence sera là, les drames sociaux à la SNCF seront bien pires qu'à France Telecom en son temps.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 mars 2016

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SNCF, EDF : l'Etat accusé de tirer sur la corde

La démission de dirigeants des deux entreprises met au jour les injonctions contradictoires de leur actionnaire
Du jamais vu. Deux hauts dirigeants de la sphère publique viennent coup sur coup de claquer la porte afin de tirer la sonnette d'alarme à propos de la dégradation de la situation financière de leur entreprise. Jeudi 10 mars, le conseil de surveillance de la SNCF devait entériner une perte de près de 12 milliards d'euros pour 2015 et prendre acte de la démission de Jacques Rapoport, président de SNCF Réseau, intervenue fin février.

Quatre jours plus tôt, EDF avait reconnu le départ de Thomas Piquemal, son directeur financier. Le grand argentier a voulu marquer sa défiance quant à la participation de l'électricien à la coûteuse relance du nucléaire britannique à travers le projet d'Hinkley Point, estimé à 24 milliards d'euros. " Il n'y a aucun lien entre ces départs ", tempère-t-on à Bercy, où l'on juge " scandaleuse " la manière dont M. Piquemal a scénarisé son retrait. Si elles s'expliquent en partie par des raisons personnelles, ces démissions traduisent pourtant bien une inquiétude dans les entreprises phares du secteur de l'énergie et des transports.

Au moment où la SNCF, Areva ou EDF sont confrontés à des défis colossaux, ne serait-ce que pour moderniser des infrastructures ferroviaires à bout de souffle ou prolonger et renouveler un parc nucléaire vieillissant, ces entreprises s'interrogent sur le plein soutien d'une tutelle empêtrée dans ses contradictions. " On marche sur des volcans ", résume un bon connaisseur du secteur public.

Des équations financières périlleuses
Le retrait de M. Piquemal, très proche d'Henri Proglio, le prédécesseur de Jean-Bernard Lévy à la tête d'EDF, n'a pas surpris. Mais la charge contre le projet d'Hinkley Point a fait l'effet d'une douche froide. De son côté, M. Rapoport a avancé son départ de quelques mois, prenant tout le monde de court. SNCF Réseau se plaint de ne pas avoir obtenu d'engagement du gouvernement lui assurant de pouvoir financer la remise à niveau des lignes pour éviter de " nouveaux Brétigny ".

Ni la SNCF ni EDF ne sont aujourd'hui en état de signer de gros chèques. Ces anciens monopoles ont été plongés dans le bain d'acide de la concurrence, comme Orange avant eux. Mais de l'avis unanime, ils s'y sont mal préparés. La première s'est longtemps crue protégée, ne voyant pas venir la montée en puissance des compagnies aériennes low-cost, du covoiturage et désormais du car.

La seconde a perdu le bénéfice des tarifs régulés – ils ne représentent plus que 30 % de ses revenus contre 60 % encore il y a deux ans – au moment où les prix de marché de l'électricité sont au plus bas. Un choc qui affecte tous les énergéticiens européens, les français EDF et Engie mais aussi les allemands RWE et E. ON. Ce dernier a annoncé, mercredi 9 mars, une perte de 7 milliards d'euros en 2015.

Heureusement pour l'Etat, les autres entreprises publiques, en particulier celles de l'automobile, de l'aéronautique et de la défense, se portent bien. Le portefeuille coté de l'Agence des participations de l'Etat (APE) a perdu néanmoins 28 % de sa valeur en un an. L'action EDF – sa principale ligne – cède même plus de 40 %.

Un pas en avant, un pas en arrière
Pour soutenir les mastodontes à la peine, les pouvoirs publics consentent des efforts. Après dix ans d'atermoiements, l'Etat a promis d'apporter en 2017 une bonne partie des 5 milliards qui seront injectés dans Areva. Pour alléger les charges d'EDF, l'APE se fera également payer en actions, et non en cash, un dividende de 1,8 milliard d'euros au titre de 2015. Lors de la loi de réforme du ferroviaire en 2014, l'Etat s'est enfin engagé à cesser de ponctionner les dividendes de la SNCF.

Mais, en échange, les entreprises sont mises sous pression afin de diminuer leurs coûts et leurs investissements, et céder des actifs non stratégiques. Le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, souhaite ainsi voir EDF céder une part du capital de RTE(réseau à haute tension),dont il détient 100 %. Un dossier ultrasensible, dont le règlement n'a pas été facilité par la nomination à la tête de cette filiale de François Brottes, alors député socialiste, peu enthousiaste sur cette opération. " Le sujet est dans les limbes ", déplore un proche du dossier.

Depuis des années, EDF réclame des hausses de tarifs pour ses 28 millions de clients particuliers restés au tarif réglementé afin de financer ses investissements, notamment les 100 milliards d'euros prévus d'ici à 2030 pour moderniser et sécuriser les 58 réacteurs nucléaires français.

Alors que M. Lévy souhaite un rattrapage sur 2012-2013 et une augmentation couvrant ses coûts, la ministre de l'énergie, Ségolène Royal, a fait savoir, lundi 7 mars, que " la hausse devrait être de 0,5 %, mais pas plus ". Très en dessous des attentes d'EDF, à qui Mme Royal recommande " de faire d'abord des progrès de productivité, de conquérir aussi des marchés à l'étranger, d'investir dans le renouvelable, mais de ne pas faire peser le redressement de l'entreprise sur les factures que paient les Français ". Ambiance…

Des ambitions maintenues
La situation de ces entreprises est d'autant plus tendue que l'Etat et les collectivités n'ont pas réduit leurs exigences. C'est flagrant dans le ferroviaire. SNCF Réseau doit financer le renouvellement du réseau, mais aussi poursuivre son développement avec la multiplication des nouvelles lignes à grande vitesse, en travaux et en projet, dont la ligne Lyon-Turin confirmée mercredi 9 mars… " Bref, l'Etat veut tout et son contraire ", résume un observateur du ferroviaire.

A elle seule, la maintenance et le renouvellement des lignes existantes nécessiterait entre 3 et 4 milliards d'euros chaque année. La SNCF dispose de la part de l'Etat d'une enveloppe de 2,5 milliards, mais elle escomptait un contrat de performance de dix ans, prévu par la loi ferroviaire, afin de sécuriser sa trajectoire financière à moyen terme. " Depuis un an, l'Etat tergiverse sur ce contrat, relève un proche de l'entreprise. Or, sans ce document, on ne peut mener de politique industrielle digne de ce nom. "

De son côté, EDF n'a plus les moyens de financer la trentaine de réacteurs EPR de troisième génération nécessaires au renouvellement du parc français, même s'il ramène leur prix de 10 à 6 milliards d'euros pièce. On le voit avec le projet controversé d'Hinkley Point. Mais le gouvernement tient mordicus à cette centrale anglaise, qu'il estime nécessaire pour sauver la filière nucléaire française. " Est-ce qu'EDF a les moyens aujourd'hui de reconstruire pour 60 gigawatts de nucléaire sur son bilan actuel ? Je pense que non ", confiait M. Lévy en septembre.

La solution du privé
Pour boucler les tours de table, que ce soit pour l'augmentation de capital d'Areva ou accompagner la prise de contrôle d'Areva NP – la filiale réacteurs du leader nucléaire – par EDF, des coinvestisseurs chinois, japonais ou même des financiers sont sollicités. Une manière à la fois de limiter la contribution publique mais aussi de rassurer Bruxelles, qui veille à encadrer les aides d'Etat.

Dans le ferroviaire, le recours aux partenariats publics-privés a montré ses limites, à l'image de la ligne Perpignan-Figueras rétrocédée à SNCF Réseau pour cause de faillite. Le développement de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, confié à un consortium public-privé mené par Vinci, peine à se stabiliser. La Caisse des dépôts a d'ores et déjà prévu de provisionner une partie des 200 millions d'euros qu'elle a investis sur le projet. Un comble.

Jean-Michel Bezat, Isabelle Chaperon, et Philippe Jacqué

Rédigé par Philippe NOVIANT

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