Encore une preuve de l'incompétence générale de nos politiques

Publié le 21 Septembre 2016

Encore une preuve de l'incompétence générale de nos politiques

Les patrons embauchent plus lorsque :

1. Le coût à l'embauche baisse

2. La personne est mieux formée. Là aussi, c'est une question de coût : comme une personne formée est plus productive qu'une personne qui ne l'est pas, on économise sur la formation externe ou interne.

Le CDD est donc, dans bon nombre de cas, indispensable. Le patron n'embauche pas en CDD par plaisir : c'est parce qu'il est moins cher et que le besoin est ponctuel qu'il fait appel à lui.

Le CDI étant cher et peu flexible, le CDD est incontournable pour faire face à des pics de production sans que l'on sache clairement de quoi demain sera fait...

La dernière idée du siècle du gouvernement : augmenter la taxe sur le CDD ! Grandiose !

On parle de coût du travail lorsqu'on parle chômage, et leur idée, à nos politicards tocards est encore d'augmenter les coûts !

Comme cela, de cette façon, on aura encore moins d'embauches, CDD y compris !

Quand on sait, de plus, que le CDD est une passerelle qui mène au CDI, couper la passerelle est le meilleur moyen d'augmenter le chômage !

L'incompétence de nos politiques est sans limite mais guère étonnant : pas un seul n'a jamais foutu les pieds dans une boite ! Il est donc normal que nos politiques soient des tocards en matière économique...

La bonne nouvelle c'est que Hollande a dit qu'il se présenterait si le chômage baisse. Avec ce genre de mesure, impossible de voir le chômage baisser et c'est autant de chances supplémentaires de ne plus voir cet incompétent diriger notre pays l'année prochaine !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 avril 2016

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La surtaxation des CDD est décriée par les PME

Le système de bonus-malus ne suffira pas à relancer les embauches en CDI, estiment patrons et économistes

Etre surtaxé ne m'incitera pas à embaucher davantage en CDI : cela ne correspond tout simplement pas aux besoins de mon activité. " Michel Cadin est directeur de l'Hôtel Brittany, dans le 9e arrondissement de Paris. Il emploie 9 salariés en CDI mais fait aussi régulièrement appel à des extras, par une société spécialisée. " Quand j'ai des pics d'activité en haute saison, ou au contraire quand la fréquentation s'effondre après des attentats, j'embauche fréquemment pour un ou deux jours ", assure-t-il.

Comme nombre de chefs d'entreprise, M. Cadin n'a pas été convaincu par l'annonce du premier ministre, Manuel Valls, lundi 11 avril, de surtaxer les CDD. Une piste lancée pour donner des gages au mouvement lycéen et étudiant, désormais fer de lance de la contestation de la loi travail. La mesure a déclenché une levée de boucliers du patronat. La CGPME a dénoncé " un coup de poignard dans le dos ", le Medef a rappelé que " ce n'est pas en taxant que l'on crée des emplois ".

Courante dans l'hôtellerie-restauration, la pratique des contrats courts est symptomatique du " mal français " sur le marché du travail. Si le CDI reste la norme, avec 86,6 % des salariés tricolores, les CDD explosent : fin 2015, ils représentaient 87 % des recrutements. Avec la multiplication des soubresauts économiques, les contrats de moins d'un mois (CDD ou intérim), qui représentaient 45 % des embauches au début des années 2000, ont bondi à 70 %. Ce fossé alimente un marché du travail à deux vitesses, avec d'un côté des salariés installés, et de l'autre une précarité grandissante des nouveaux embauchés, jeunes actifs en tête.

La proposition d'amendement de M. Valls vise à rendre " obligatoire la modulation des cotisations patronales d'assurance-chômage ". Objectif : " Renchérir les contrats courts " (CDD, intérim…) et inciter à embaucher en CDI.

" Quel est le rapport ?, sourit ce patron d'un petit bureau d'études parisien, qui a souhaité garder l'anonymat. J'ai pris l'an dernier un technicien en CDD de quatre mois car j'étais confronté à un pic d'activité. La mission s'est finalement prolongée et j'ai pu l'embaucher définitivement. Mais une TPE de quatre salariés comme la mienne n'a pas la visibilité pour recruter directement en CDI. "

Une société inadaptée

C'est là tout le problème. " Il y a un bon et un mauvais usage du CDD. Ce type de contrat doit être ponctuel, en remplacement d'un arrêt maladie, d'un congé maternité ou lors d'un surcroît d'activité. C'est quand il devient structurel qu'il détruit des emplois ", rappelle Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ainsi, plus d'une embauche sur deux en CDD est aujourd'hui une réembauche dans la même entreprise. Mais " en surtaxant les CDD, on risque de pénaliser autant les abus que les contrats justifiés ", pointe M. Heyer. Pour lui, " le vrai souci, c'est que la société n'est pas adaptée aux CDD ". Sans le sésame du CDI, impossible de louer un logement ou de souscrire un crédit bancaire.

" Augmenter le coût des CDD aura un effet mécanique sur la hausse du coût du travail, qui pénalisera les populations les moins qualifiées ", s'inquiète aussi Alexandre Pham, à la tête de Lynx RH, un réseau d'agences de travail temporaire. Soit l'inverse de ce que prône l'exécutif depuis trois ans, en réduisant les charges des entreprises.

" Mon principal frein pour embaucher en CDI ? Ne pas savoir combien mon salarié me coûtera à la fin de l'année. On nous demande d'assurer un cadre hyperstable à nos salariés, mais le gouvernement nous envoie en permanence des signes contradictoires ", déplore Anne-Charlotte Fredenucci, qui dirige Deroure, une PME industrielle du Maine-et-Loire.

" Le CDD représente déjà un surcoût d'environ 20 % pour les employeurs - avec la prime de précarité en fin de contrat, les congés… - . S'il est préféré au CDI, c'est que ce dernier a aussi un coût caché : recherche, embauche, et risque de licenciement ", souligne Yannick L'Horty, professeur à l'université Paris-Est-Marne-La-Vallée.

L'idée de surtaxer les contrats courts n'est pas nouvelle. Depuis mi-2013, le taux de cotisation patronale sur l'assurance-chômage a été relevé pour les CDD de moins de trois mois. Mais les nombreuses exonérations (intérim, activités saisonnières) ont émoussé l'effet de la mesure. Et le phénomène perdure. Alors que les CDD de plus d'un mois ont crû de 2 % entre mi-2013 et octobre 2015, selon l'Acoss, ceux de moins d'un mois ont bondi de 10 % !

" Mais il s'agira bien de modulation, il pourra y avoir majoration ou minoration - des cotisations patronales - , fait-on valoir au cabinet de Myriam El Khomri, la ministre du travail. Charge aux partenaires sociaux - dans le cadre des négociations Unedic - de définir le champ d'application et les modalités du dispositif. "

" C'est responsabilisant "
Ce système de bonus-malus existe déjà pour les accidents du travail, où les entreprises sont ponctionnées en fonction de leur passif en la matière. " Cela revient à fixer un tarif en fonction de la “consommation” que l'entreprise fait de l'assurance-chômage, c'est responsabilisant ", estime M. L'Horty.

" Le bonus-malus n'entre pas dans mes réflexions. Quand j'ai besoin de recruter des guides-conférenciers, je regarde la flexibilité de mon marché. En revanche, si à la fin de l'année mon surcoût est trop important, je réfléchirai à réduire mes embauches ", répond Thibault Manchon, directeur général de Cultival (110 collaborateurs, dont une vingtaine de CDD et autant d'autœntrepreneurs), qui propose des visites clefs en main aux grands monuments parisiens.

" Le bonus-malus correspond à une vision plus juste des charges sociales, en récompensant les entreprises qui contribuent à faire baisser le chômage. Mais pour relancer les CDI, ce sont les craintes, réelles ou perçues, des chefs d'entreprise qu'il faut prendre en compte, en cas de repli de l'activité ou de rupture du contrat ", conclut M. Pham. C'était l'un des principaux sujets de l'avant-projet de loi, à travers l'assouplissement des licenciements et le barème prud'homal. C'est aussi celui qui a cristallisé la colère des Français, et au sujet duquel les débats devraient être les plus âpres dans l'Hémicycle, à partir du 3 mai.

Audrey Tonnelier

Les chiffres
4 %

C'est le taux normal de la cotisation patronale à l'assurance-chômage

7 %

C'est le taux de cotisation majoré appliqué depuis mi-2013 aux CDD d'un mois ou moins, signés pour surcroît d'activité. Les contrats de un à trois mois sont majorés à 5,5 % et les CDD dits d'" usage " (autorisés dans certains secteurs, comme l'hôtellerie-restauration) de moins de trois mois, à 4,5 %.

3 mois

Durée pendant laquelle l'employeur est exonéré de cotisation pour l'embauche en CDI d'un jeune de moins de 26 ans, selon l'accord appliqué depuis mi-2013.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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