Il faut une vraie réforme du marché du travail en France

Publié le 28 Septembre 2016

Il faut une vraie réforme du marché du travail en France

En matière économique comme en toutes autres, il faut savoir écouter. Le mal de la France c'est qu'elle n'aime pas les patrons, qui le lui rendent bien car les patrons étrangers ont trop souvent une image négative de notre pays.

Ils pensent que les dépenses publiques sont trop importantes et que cette importance conduit à un taux d'impôt trop important.

Il faut sortir de la logique d'embaucher des fonctionnaires à tout va car cette politique n'est pas viable à long terme.

Une véritable réforme du travail doit être engagée pour faire en sorte qu'il devienne attractif à nos patrons d'investir en France, car ce sont eux qui créent la richesse au départ ! N'oublions pas que, pour qu'il y ait de l'embauche, il faut un besoin et que ce besoin ne peut s'apprécier que s'il y a volonté d'un patron de monter une entreprise au départ !

La richesse économique de la France est à ce prix : il faut cesser de diviser patrons et salariés ! Patrons et salariés doivent travailler ensemble dans un même but ! Un patron qui travaille contre ses salarié mènera son entreprise à la faillite, de la même façon que des salariés s'insurgeant contre leurs patrons...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 30 avril 2016

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" La réforme du marché du travail est la priorité numéro un "

Pour Philipp Hildebrand, vice-président de la société de gestion d'actifs BlackRock, les investisseurs étrangers ont une opinion négative de la France

Pour Philipp Hildebrand, vice-président de BlackRock, le premier gestionnaire d'actifs dans le monde, les investisseurs internationaux s'impatientent de l'immobilisme en France. L'ancien président de la banque centrale suisse juge que les gouvernements européens se cachent derrière la politique monétaire ultra accommodante de la Banque centrale européenne (BCE).

Comment les investisseurs -internationaux voient-ils la France ?

La France est perçue comme un pays qui a beaucoup d'atouts, sa démographie, son système éducatif, ses infrastructures, mais on -attend toujours qu'elle engage des réformes structurelles. Il y a une donnée très inquiétante aujourd'hui : les dépenses publiques représentent 57 % du PIB. C'est un taux presque soviétique, quand l'Europe tourne à 47 % en moyenne et l'Allemagne à 45 %. Il est indispensable de réduire le poids du secteur public en France.

Est-ce la priorité ?

En fait, aux yeux des investisseurs, la réforme du marché du travail apparaît comme la priorité numéro un. Tout le monde comprend bien que le gouvernement ne peut pas réduire les effectifs du secteur public, au risque de provoquer une catastrophe sociale si le privé n'est pas capable de prendre le relais. Or, sur les dix dernières années, quasiment aucun emploi privé n'a été créé en France. Pire, même sur la période récente 2014-2015, où l'Europe a connu une reprise conjoncturelle, seulement 60 000 emplois privés ont été créés en France, contre 480 000 en Allemagne et même 650 000 en Espagne. C'est donc d'abord au marché du travail qu'il convient de s'attaquer. En tant qu'étranger, je ne peux pas rentrer dans les détails des débats sur la loi El Khomri, mais c'est clair, les investisseurs ont été très satisfaits dans un premier temps de voir la France aller enfin dans la bonne direction, avant d'être forcément déçus.

Cela se traduit-il par une -désaffection ?

La France est la deuxième économie européenne. Les investisseurs ne vont pas partir. Mais la plupart – comme BlackRock – sous-pondèrent la France dans leurs allocations. Cela se joue donc à la marge, mais cette marge représente des dizaines de milliards d'euros.

L'élection présidentielle -est-elle cruciale ?

La bonne nouvelle, c'est que les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ce n'est pas une question d'idéologie : le fardeau qui est posé sur les épaules des jeunes générations n'est pas soutenable à long terme. Maintenant, c'est vrai, ces réformes à mener sont synonymes de changements profonds.

Historiquement, deux conditions favorisent de telles ruptures : une grave crise financière ou le ras-le-bol de la population. -Je vois peu de chances que -survienne une crise aiguë sur les marchés de capitaux, compte tenu de la politique monétaire ultra accommodante menée par la BCE. A vous de me dire si -la population française est -arrivée à un point où elle -n'accepte plus une économie aussi peu performante.

La BCE est de plus en plus -critiquée. Les taux négatifs sont-ils une catastrophe ?

Il y a une incompréhension des mécanismes macro-économiques. Ce n'est pas la politique de la BCE qui engendre les taux négatifs. Les taux bas constituent un phénomène global lié au fait qu'il y a trop d'épargne et pas assez d'investissements. Et il n'y a pas assez d'investissements parce que les agents économiques (consommateurs et entreprises) n'ont pas confiance dans l'avenir. C'est précisément cette confiance que la BCE essaye de rétablir. Cette politique expansionniste n'est donc pas la cause mais la conséquence. D'ailleurs, si Mario Draghi y -renonçait, cela se traduirait par une profonde récession en Europe, avec à la fin des rendements encore plus bas…

Ces politiques monétaires comportent des risques…

Le principal serait une trop grande dépendance aux banques centrales. Pour l'éviter, il est urgent que les gouvernements – pas seulement en France mais aussi en Allemagne – mettent en place des mesures structurelles de nature à rétablir la confiance à long terme. Ce débat malsain autour de la BCE est un prétexte dont les politiques à travers toute l'Europe se saisissent pour ne pas affronter les sujets difficiles.

propos recueillis par Isabelle Chaperon

Rédigé par Philippe NOVIANT

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