Un billet médiocre de M. Courtois

Publié le 26 Septembre 2016

Un billet médiocre de M. Courtois

Ce billet est médiocre et doit être dénoncé comme tel. M. Courtois serait le seul à pouvoir dire ce qui est bon pour la France ? Si des candidats se proposent c'est bien qu'ils veulent changer ce qu'ils estiment ne pas fonctionner en France ! Dès lors, pourquoi ne pas donner la même parole à tous pendant 5 semaines ?

La presse fait partie indéniablement du pouvoir démocratique car sa liberté fonde la source de la pluralité des opinions. Mais la candidature aux élections l'est tout autant ! Si un 'petit' candidat veut être de la partie, comment peut-il faire si on le bride dans son opinion ? S'il a pu concourir, c'est qu'il a passé le filtre des signatures : en ce sens, il doit avoir pleinement le droit de s'exprimer car c'est le principe même de la démocratie d'être le pouvoir du peuple, par le peuple !

Cheminade a le droit d'être candidat et a le droit de s'exprimer autant que Sarkozy car c'est le jeu démocratique, et que le jeu démocratique est de fournir une pluralité d'opinions ! Ca dure 5 semaines tous les 5 ans et ces candidats ont droit à la lumière à ce moment là car personne ne leur offre en dehors de ces périodes...

Que M. Courtois fustige M. Marcel Barbu est une honte car M. Marcel Barbu a reçu ses signatures et a reçu le droit de concourir ! Dans une démocratie le pouvoir des médias est un moyen, pas un principe !

M. Gérard Courtois serait bien avisé de s'en rappeler !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 avril 2016

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La " Star Ac'" présidentielle

Eclipsé ces dernières semaines par les polémiques sur la déchéance de nationalité ou le code du travail, puis par le décollage de la fusée Macron ou l'échouage du paquebot Hollande, un débat parlementaire est passé au second plan. Il est vrai que l'affaire paraît relever de la cuisine électorale, réservée aux spécialistes et toujours suspecte : elle porte sur la modification de plusieurs règles applicables à l'élection présidentielle et, en particulier, des conditions dans lesquelles les radios et télévisions donnent la parole aux candidats pendant la campagne électorale.

Adoptée définitivement le 5 avril, donc applicable en 2017, cette proposition de loi d'apparence technique pose, en réalité, la question de la fonction de l'élection majeure de notre système politique. De quoi s'agit-il ? Légitimement destinées à assurer l'égalité entre les candidats, les règles d'accès aux médias durant la campagne présidentielle sont soigneusement codifiées. Dans la période préliminaire, qui commence quatre à cinq mois avant le scrutin et s'achève lors de la publication de la liste des candidats établie par le Conseil constitutionnel, c'est la règle souple de l'équité qui s'applique. Pendant la campagne officielle, ouverte deux semaines avant le premier tour de scrutin, c'est la règle stricte de l'égalité de temps de parole des candidats et du temps d'antenne qui leur est consacré qui s'impose aux médias audiovisuels.

Reste la période " intermédiaire ", de l'ordre de trois semaines, entre la validation des candidatures et la campagne officielle. Cet entre-deux n'existe que depuis 2007, du fait que la date limite de dépôt des parrainages des candidats a été avancée et que l'officialisation des candidatures est donc plus précoce. Lors des scrutins de 2007 et 2012, pendant cette période intermédiaire, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a imposé aux médias audiovisuels de respecter une stricte égalité des temps de parole entre les candidats.

Cette règle a été vivement critiquée par les responsables de radios et de télévisions en 2012. Excessivement rigide et contraignante, déconnectée de la représentativité électorale de chacun des candidats, obligeant à compenser une minute de Sarkozy (27 % des voix au premier tour) par une minute de Cheminade (0,25 % des voix), elle a eu pour effet pervers de rendre quasiment impossible l'organisation de débats entre candidats et de réduire sensiblement (de moitié pour les chaînes généralistes) la couverture médiatique de la campagne durant les trois semaines-clés précédant campagne officielle.

Après l'élection, toutes les instances compétentes – CSA, Conseil constitutionnel, Commission nationale de contrôle de la campagne – se sont penché sur la question. Toutes ont conclu qu'il fallait appliquer, durant la période intermédiaire, la règle plus souple de l'équité du temps de parole, tenant compte de la représentativité des candidats, des résultats obtenus par les partis qui les soutiennent lors des plus récentes élections, des indications des sondages et de la contribution de chaque candidat à l'animation du débat électoral.

C'est ce que le Parlement vient de voter. Non sans déclencher la colère de tous les " petits " partis. " Une fois qualifiés pour l'élection, tous les candidats doivent se retrouver à égalité ", s'est insurgé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, qui juge cette nouvelle réglementation " honteuse ". Le président de l'UDI, le centriste Jean-Christophe Lagarde, a fustigé cette modification " scandaleuse ", ce " coup de force " des grands partis (PS, FN et Républicains) qui " monopolisent le débat public pendant deux cent cinquante-cinq semaines " et ne supportent pas de le partager, tous les cinq ans, pendant cinq semaines.

Même écho chez les communistes ou chez les Radicaux de gauche, dont le président à l'Assemblée, Roger-Gérard Schwartzenberg, a déploré que le législateur se plie " aux codes de l'Etat spectacle " et à ses impératifs d'audience, au mépris des mouvements politiques plus modestes ou des courants émergents.

" Candidat des chiens battus "
C'est là que l'on bute sur l'ambivalence de l'élection présidentielle. Sa fonction dernière est, évidemment, de choisir le futur chef de l'Etat, le projet qu'il porte et incarne, la manière dont il entend diriger le pays. Seuls deux ou trois candidats, rarement plus, peuvent y prétendre et c'est entre eux que les Français arbitrent en définitive. Mais depuis qu'un parfait inconnu et farfelu, Marcel Barbu, " candidat des chiens battus ", s'est présenté à la première élection présidentielle en 1965, et y a bénéficié du même traitement que de Gaulle ou Mitterrand, chacun a compris l'extraordinaire caisse de résonance offerte par la campagne à la télévision.

Depuis, chacun veut en être. Chaque parti, chaque courant ou sous-courant, presque chaque groupuscule entend saisir l'occasion de faire largement entendre sa voix, ses idées, sa différence. En prime, d'offrir à son porte-voix, comme dans une " Star Academy " présidentielle, quelques semaines de notoriété, ce qui constitue un puissant ressort dans la société du spectacle contemporaine. Pour la plupart, peu importe le score, l'essentiel est de participer. Et ce qui est vrai de la présidentielle elle-même est en train de déteindre sur les épreuves qualificatives, comme le démontre l'avalanche de candidatures – onze à ce jour – à la prochaine primaire de la droite.

Chacun sait que le pluralisme des opinions est le fondement de la démocratie. Mais personne ne peut ignorer, depuis un certain 21 avril 2002, que l'effervescence des candidatures, l'égalité mécanique de traitement entre eux et l'aura fugace que cela peut conférer à tel ou telle, risquent de biaiser dangereusement le choix final auquel doit conduire l'élection présidentielle.

par Gérard Courtois

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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