Le pays qui se dit "première démocratie mondiale" a franchement un problème de racisme... et d'armes à feu...

Publié le 12 Décembre 2016

Le pays qui se dit "première démocratie mondiale" a franchement un problème de racisme... et d'armes à feu...

Les Etats-Unis sont régulièrement très arrogants vis à vis des autres pays. Selon eux, ils sont LE système parfait où il fait bon investir et vivre tant est ancré dans leur pensée le fameux 'rêve américain'.

Las, la vérité est toute autre et fait qu'on est vraiment heureux de vivre dans un pays comme la France...

Quand on peut filer des armes à n'importe qui, forcément, ça dérape... La France ne doit jamais rejoindre ce système où tout le monde peut se transformer en Cowboy en puissance prêt à dégainer son arme à la moindre occasion.

Quand, en plus, le pays a des problèmes de racisme, la poudrière explose donc très régulièrement...

Les flics se disent qu'ils peuvent avoir affaire à des délinquants armés et comme, statistiquement, le délinquant est noir, ça dérape régulièrement et des morts sont à déplorer...

La France doit tout faire pour ne pas rejoindre ce modèle qui fait honte aux Etats-Unis, ce, trop régulièrement...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 9 juillet 2016

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Cinq policiers tués à Dallas par des snipers

Des tireurs ont ouvert le feu lors d'un rassemblement organisé après la mort de deux Noirs tués par la police

L'Amérique est cette fois dépassée par ses vieux démons. Dans le centre de Dallas, des tireurs embusqués ont visé onze agents de police, en marge d'un rassemblement organisé, jeudi 7 juillet, pour dénoncer la mort cette semaine de deux trentenaires noirs sous les balles des forces de l'ordre. Cinq policiers ont été tués et six autres blessés. Un civil a été touché.

Le chef de la police de Dallas, -David Brown, a évoqué une attaque menée " comme une embuscade ". Les snipers ont, selon lui, " planifié de blesser et tuer autant d'agents qu'ils pouvaient ".

La recherche des tireurs, menée avec le renfort du SWAT, les forces spéciales de la police, s'étend à tout le centre-ville, aux hôtels, restaurants, bureaux et jusqu'à des appartements. Quatre suspects auraient été localisés. L'un d'eux, arrêté après avoir été encerclé dans un garage, a été placé en garde à vue. Les hélicoptères patrouillent dans le ciel de Dallas et, au coin des rues, les policiers ont sorti les fusils-mitrailleurs.

Le rassemblement à Dallas faisait partie de plusieurs manifestations organisées à travers les Etats-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs tués par la police cette semaine, l'un à Falcon Heights, dans la banlieue de Saint Paul (Minnesota), le 6 juillet, l'autre à Bâton-Rouge (Louisiane), la veille. Si les circonstances diffèrent, le scénario et le résultat restent les mêmes : l'arrestation, qui tourne mal, d'un Noir par des policiers, alors que le suspect ne semblait pas présenter de menace imminente pour les forces de l'ordre.

" Ce ne sont pas des incidents isolés, a commenté Barack Obama. Ils sont symptomatiques de défis plus larges au sein de notre système judiciaire, des inégalités raciales qui apparaissent année après année, et le résultat d'un manque de confiance entre les forces de l'ordre et de trop nombreuses communautés. "

Deux ans après les émeutes de Ferguson (Missouri), à la suite de la mort de Michael Brown, un peu plus d'un an après celles de Baltimore (Maryland), provoquées par l'exécution de Freddie Gray, sans compter les bavures récentes de New York, Chicago, North Charleston ou Cleveland, la tension est à nouveau à son comble.

Lavish Reynolds, la petite amie de Philando Castile, qui a trouvé la mort mercredi soir à côté de Saint Paul lors d'un banal contrôle routier, à cause d'un phare cassé, a tout filmé. Une scène surréaliste, où le smartphone devient l'ultime rempart de l'injustice qu'elle est en train de vivre. Sur la vidéo, qui a été visionnée plus de 4 millions de fois sur Facebook, on voit un homme ensanglanté s'effondrer sur le siège passager avant, alors que la fille de Mme Reynolds, âgée de 4 ans, est assise à l'arrière.

" Ça va, maman. Je suis avec toi "

A l'extérieur du véhicule, un policier pointe son arme par la vitre avant, baissée. En fond sonore, on entend la voix de celle qui filme, qui décrit ce qui vient de se passer avec un calme glaçant et une politesse qui semble presque déplacée, tant la scène est violente : " S'il vous plaît, monsieur l'agent, ne me dites pas que vous lui avez fait ça. Vous avez tiré quatre balles sur lui, Monsieur. Il était juste en train de chercher ses papiers, -Monsieur. "

A l'arrière, l'enfant tente de rassurer sa mère : " Ça va maman, ça va. Je suis avec toi. "

Philando Castile, 32 ans, employé dans la cafétéria d'une école, sans casier judiciaire, avait prévenu l'agent qu'il avait une arme dans le véhicule. " Je lui avais dit de ne pas la chercher. Je lui avais dit de lever ses mains en l'air ", entend-on le policier se justifier en arrière-fond. " Mais comment ne pas bouger lorsqu'on vous demande vos papiers ? ", a expliqué a posteriori Mme Reynolds.

Cette altercation dramatique -intervient vingt-quatre heures après celle d'Alton Sterling, 37 ans, qui, lors de son interpellation sur le parking d'un centre commercial de Bâton-Rouge, s'est fait tuer par deux policiers. Ceux-ci avaient répondu à un appel anonyme affirmant qu'un homme armé se trouvait sur ce parking.

A leur arrivée, ils tombent sur Alton Sterling, un vendeur de CD à la sauvette, père de cinq enfants. La scène a été filmée par deux personnes qui se trouvaient là par hasard. Sur l'une des vidéos, on voit Alton Sterling se faire plaquer au sol par les deux policiers. Alors qu'ils tentent de le maîtriser, quelqu'un crie : " Il est armé ! " Les agents dégainent leur arme et tirent dans le thorax du suspect. Sur l'autre vidéo, on voit effectivement l'un des policiers retirer une arme du short de la victime.

" J'ai des doutes très sérieux, la vidéo est pour le moins troublante ", a reconnu le gouverneur de Louisiane, le démocrate John Bel -Edwards, qui a annoncé que l'enquête serait menée par la division des droits civiques du ministère de la justice. Le gouverneur du Minnesota, le démocrate Mark Dayton, a également réclamé une enquête fédérale. " Est-ce que cela se serait passé si l'automobiliste avait été blanc ? ", s'est-il interrogé, estimant que la réaction du policier était " démesurée ".

Les deux drames ont provoqué de vives réactions et des rassemblements spontanés du voisinage et de la famille des victimes. " Je crois que c'était un Noir qui se trouvait au mauvais endroit ", a réagi, jeudi, la mère de Philando Castile sur CNN." Je connais mon fils. Nous connaissons des Noirs qui ont été tués. Je leur ai toujours dit : “Quoi que vous fassiez lorsque vous êtes arrêtés par la police, obtempérez, obtempérez, obtempérez.” "

Mercredi soir, à Bâton-Rouge, Sandra Augustus, la tante d'Alton Sterling, qui l'avait élevé après la mort de sa mère, a également pris la parole, alors que quelques dizaines de personnes s'étaient réunies sur les lieux du drame, selon le journal local The Advocate. " Je suis en colère parce qu'ils m'ont pris quelque chose qu'ils ne me rendront jamais ", a-t-elle lancé.

" Que justice soit faite "

" Ils n'auraient pas dû lui tirer dessus ", a ajouté Terrance Carter, le neveu de la victime, appelant toutefois au calme, tandis que la mère de l'un des cinq enfants d'Alton Sterling appelait à continuer les protestations " jusqu'à ce que justice soit faite ". " Si le système est le même pour tous, il doit l'être aussi pour eux. "

Hillary Clinton, la candidate démocrate à l'élection présidentielle, a également réagi en disant que " quelque chose ne va vraiment pas lorsque tant d'Américains ont des raisons de croire que notre pays ne les considère pas aussi précieux que d'autres à cause de la couleur de leur peau ", tout en appelant à reconstruire les relations entre la police et la population.

Selon un rapport récent du ministère de la justice, la formation de base d'un policier comprend 110 heures d'entraînement aux armes à feu et au self-defence, et huit heures consacrées à la résolution des conflits et à la médiation.

Philando Castile est le 123e Noir américain tué par la police en 2016.

Stéphane Lauer

Les Chiffres
1 152

morts tués par la police

aux Etats-Unis en 2015. Parmi -les victimes, 41 % étaient noires, alors que cette catégorie ne représente qu'environ 13 % de la -population américaine, selon le site Mapping Police Violence.

123

Noirs

ont été tués par la police américaine depuis le début de l'année 2016.

3 238

affaires criminelles

ont mis en cause des policiers entre avril 2009 et décembre 2010 aux Etats-Unis, selon une étude du think tank CATO Institute. Sur ce total, seules 33 % ont abouti à des poursuites, dont 36 % ont débouché sur des peines de prison effectives. Ces taux sont deux fois inférieurs à ceux constatés dans le reste de la population.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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