Quand, gauche comme droite, sont incapables de gérer l'argent public

Publié le 17 Février 2017

Quand, gauche comme droite, sont incapables de gérer l'argent public

Cet article met en exergue la médiocrité de nos politiques : gauche comme droite sont incapables de s'affranchir de leur intérêt personnel à être élus pour mener une action vis à vis de l'intérêt général... Tout le temps revient cette lancinante envie de jouer au "Père-Noël" pour servir ses intérêts propres : c'est indigne, nauséabond et révèle l'incompétence généralisée de nos élus !

Pour Christian Eckert, " les dépenses sont assumées " ! C'est facile d'assumer des dépenses avec le fric des autres ! En attendant ce Monsieur se voile la face en disant que tout va bien alors même que la croissance est au point mort depuis des années ! Mais c'est vrai que sa croissance, à lui, va très bien car il continue à être grassement payé à dire des inepties : merci pour lui !

Quand à M. Gilles Carrez, son parti ne vaut pas mieux : la crise de 2008 a doublé le déficit annuel dans le budget de l'état... Il a donc beau jeu de donner des leçons quand il est dans l'opposition, mais que ce parti était aux affaires, il a aussi utilisé son pouvoir de "Père-Noël" pour caresser la population dans le sens du poil, avec de l'argent qu'il n'avait pas... Les Français n'ont pas été dupes à ce moment là en ne reconduisant pas M. Sarkozy aux plus hautes fonctions...

Il est temps de penser à un véritable recours entre les systèmes LR et PS car ils sont aussi incompétents l'un que l'autre à diriger notre pays et celui-ci vaut mieux que ces bisbilles de Cour d'école pour servir le Citoyen...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 octobre 2016

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Budget et déficit : l'antagonisme droite-gauche

Gilles Carrez (LR) critique un budget 2017 " artificiel " mais pour Christian Eckert, " les dépenses sont assumées "
Le Monde a réuni le secrétaire d'Etat au budget, Christian Eckert, et le président (LR) de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, pour confronter leurs points de vue sur le projet de loi de finances pour 2017, dont l'examen en commission commence le 12 octobre.

Ce projet de budget 2017 suscite de nombreux doutes, à commencer par ceux du Haut-Conseil des finances publiques. Suffit-il de se prévaloir des résultats passés pour justifier du sérieux du budget à venir ?

Christian Eckert : En tout cas c'est rassurant. J'observe qu'il y a peu d'inquiétudes sur l'atteinte d'un objectif de réduction du déficit à 3,3 % en 2016. Comme d'habitude, pour 2017, on nous dit que c'est incertain, qu'il y a des aléas négatifs… On verra ce que la Commission européenne dit de notre budget mais je n'ai pas d'inquiétudes particulières. Certains prédisent un déficit à 4 % ou plus. C'est totalement surréaliste, ça ne repose sur aucune analyse sérieuse.

Gilles Carrez : C'est typiquement un budget de fin de législature : il est artificiel. Le gouvernement renoue avec ses vieux démons. D'abord, les hypothèses macroéconomiques sont très optimistes. Il prévoit une augmentation de la consommation des ménages de 1,6 %, qui générerait une hausse des recettes de TVA de 4 milliards d'euros, c'est considérable. Enfin, en vrai budget d'année électorale, Bercy a mobilisé tous les artifices. La technique consiste à faire de la gonflette sur les recettes, à multiplier les recettes " one shot ", comme ils disent à Bercy. J'ai envie de dire : bravo l'artiste !

A l'examen de ce budget, on constate qu'il y a effectivement beaucoup d'astuces fiscales ou de recettes exceptionnelles. Il y a de quoi s'interroger…

C. E. : Au mois de juillet 2015, M. Carrez nous disait qu'il allait manquer 10 milliards d'euros de recettes ; on en a eu un de plus à la fin de l'année. Vous avez tous les ans le même discours. Il faut arrêter de se faire peur et de justifier les déficits que tous les candidats de la droite prévoient par une espèce d'héritage qui n'existe pas. Le débat public perd en crédibilité par la remise en cause systématique des prévisions, ce que s'emploie à faire l'opposition, parce qu'elle sait que son programme est irréalisable. En février-mars 2017, nous aurons les comptes de l'Etat en exécution pour 2016 : ce sera le juge de paix. Tout le reste n'est que rideau de fumée.

Vous chiffrez entre 10 et 15 milliards les dépenses supplémentaires non prises en compte. Comment arrivez-vous à ce chiffre ?

G. C. : D'une part, il y a une surestimation manifeste des recettes et, d'autre part, les dépenses de l'Etat progressent de 15 milliards d'euros par rapport à 2015. Certaines économies annoncées sont totalement virtuelles. De plus, le gouvernement renvoie sur 2018 pour environ 5 ou 6 milliards d'euros de dépenses fiscales supplémentaires : 3,3 milliards de CICE, entre 1 et 2 milliards sur le crédit d'impôt emploi à domicile, 400 millions de crédit d'impôt taxe sur les salaires pour l'économie sociale et solidaire et je ne parle pas de l'envolée probable du crédit d'impôt transition énergétique. Tout cela constitue un arsenal de bombes à retardement en crédits d'impôt. Je reconnais que le gouvernement a fait des efforts en 2015 et 2016 mais il se lâche en 2017.

C. E. : Les 5 milliards de dépenses fiscales de 2017 transférés en 2018, c'est ni plus ni moins ce qui est prévu comme baisse des prélèvements dans la loi de programmation des finances publiques et dans le programme de stabilité. Il n'y a pas de perturbation sur la trajectoire de 2018. Nous revendiquons 7 milliards d'augmentation des dépenses de l'Etat en 2017 : 3 milliards sur l'éducation, 2 milliards sur la sécurité, 2 milliards sur le plan emploi. Oui, c'est assumé. Et ces dépenses sont assurées par des financements, que vous pouvez contester, c'est votre droit, mais dont vous ne pouvez pas nier la réalité.

Le fait est, en revanche, que les 50 milliards d'euros d'économies annoncés au moment du pacte de responsabilité ne seront pas réalisés…

C. E. : Ce sera 46 milliards si on compte les économies sur la charge de la dette, dont on nous dit toujours que ce sont des économies de constatation. Lorsque nous avons lancé le plan de 50 milliards d'économies, si nous avions été certains d'en réaliser 46, j'aurais signé des deux mains. Parce que, les économies, tout le monde en parle, tout le monde dit que c'est nécessaire, mais quand il s'agit de les faire, c'est plus difficile. Cela a été un effort considérable pour les ministères, pour les collectivités territoriales et celles-ci ont compris qu'il fallait qu'elles baissent leurs dépenses de fonctionnement.

G. C. : Sur cette question de l'évaluation des économies, cela fait des années que je dis qu'il faut arrêter de raisonner en tendanciel. Cela revient à dire que, si je ne fais rien, je dépenserai 120 mais, comme je ne dépenserai que 110, je fais 10 d'économies. Ce qui fait que les 50 milliards du gouvernement sont très artificiels. Je porte la même critique sur les programmes de l'opposition. Ce qui me préoccupe dans ce budget 2017, c'est la reprise très forte de la progression de la masse salariale. Entre les mesures de point d'indice, les mesures catégorielles, la réforme des carrières et les effectifs supplémentaires, nous repartons sur une véritable dérive. Ce que je reproche au gouvernement dans ce budget 2017, c'est de recréer une dynamique sur l'ensemble des composantes de la dépense publique. Vous essayez depuis trois ans de diminuer la dépense à coups de rabot. A force de ne pas vouloir faire de réformes de structure sur les effectifs, sur les transferts sociaux, sur l'organisation du travail dans la fonction publique, nous nous trouvons dans une impasse.

Tous les candidats à la primaire de droite annoncent, peu ou prou, un redémarrage des déficits et, donc, de la dette. Est-ce que vous n'êtes pas en train, tout simplement, de préparer l'opinion au relâchement de la discipline budgétaire que vous exigiez à cor et à cri il n'y a pas si longtemps ?

G. C. : Pas tous les candidats de droite. Si je prends les programmes de François Fillon ou d'Alain Juppé, il y a du redéploiement fiscal. Il y a des baisses d'impôt, 50 milliards d'euros du côté Fillon, 28 milliards côté Juppé, mais il y a une augmentation de la TVA. Une augmentation de 2 points de TVA, c'est 16 ou 17 milliards d'euros.

C. E. : C'est-à-dire que vous remplacez des impôts directs par de la TVA qui est un impôt indirect.

G. C. : On ne peut plus continuer à financer la totalité de la protection sociale sur la masse salariale. C'est nocif pour l'emploi. Il faut transférer une partie du coût sur la TVA. Par ailleurs, ces baisses d'impôt sont gagées par des économies et il y aura la même séquence, le même échéancier dans la programmation des baisses d'impôt et des économies.

C. E. : L'aveu vient d'être fait. Gilles Carrez ne parle plus de baisse d'impôt, il parle de redéploiement et indique que le financement de la protection sociale devra se faire progressivement sur la TVA, qui est payée par l'ensemble des ménages de façon uniforme sur la consommation. Concernant la dépense, j'observe que, chaque fois que la droite a été au pouvoir, elle a augmenté la dépense publique.

Entre 2012 et 2017, sous notre majorité, elle aura baissé de 2 points. Moi, je ne sais pas comment 300 000 fonctionnaires peuvent être supprimés, ce que tous les candidats de droite promettent, quand ce n'est pas 500 000. Vous les prenez où ? Quelles conséquences sur l'activité ? Quelles conséquences sur les services publics ? Il faut arrêter de laisser croire à des engagements que l'on sait ne pas pouvoir tenir.

Je reviens à la question des déficits, que la droite assume de laisser se creuser, au moins temporairement, après 2017, en disant vouloir renégocier avec Bruxelles. Est-ce que la France n'a pas épuisé son capital de négociation avec ses partenaires européens, même si, ces deux dernières années, elle avait regagné en crédibilité ?

G. C. : Je ne suis pas d'accord avec l'analyse que vous faites de certains programmes. J'ai cité tout à l'heure les programmes d'Alain Juppé et de François Fillon, ils sont équilibrés.

L'un et l'autre prévoient un accroissement du déficit, jusqu'à 4,7 % pour Fillon, et admettent qu'il va falloir renégocier avec Bruxelles…

G. C. : Je ne suis pas sur ce chiffre. S'il y a alternance comme je le souhaite, la vérité des comptes telle qu'elle ressortira du nécessaire audit sera non pas à 2,7 % de déficit mais plutôt entre 3,5 et 4 %, de l'ordre d'un point de PIB.

C. E. : Faux ! Vous vous rendez compte ? ! Un point de PIB, c'est 20 milliards d'euros. Ce que vous dites n'a pas de sens.

G. C. : C'est cet héritage qui va peser et qu'il va falloir négocier à Bruxelles. Sans parler des dépenses qui vont peser sur 2018. On pourrait parler, par exemple, de l'effet en année pleine en 2018 des hausses du point d'indice, qui augmente au 1er mai 2017. Il en va de même de plusieurs mesures prévues en cours de 2017, dont le coût s'accroîtra en 2018. Dans le bilan et la négociation avec Bruxelles, il faudra prendre les deux exercices, 2017 et 2018.

propos recueillis par Patrick Roger

Les dates
12 octobre

Début de l'examen du projet de loi de finances (PLF) en commission des finances, à l'Assemblée nationale.

18 octobre

Discussion en séance de la première partie du PLF (recettes).

25 octobre

Vote de la première partie.

2 novembre

Discussion en séance de la seconde partie du PLF (dépenses et articles rattachés).

22 novembre

Vote sur l'ensemble du PLF à l'Assemblée

Rédigé par Philippe NOVIANT

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