Un parti gangréné à ce point par la pourriture peut-il prétendre à exercer les plus hautes fonctions ?

Publié le 16 Février 2017

Un parti gangréné à ce point par la pourriture peut-il prétendre à exercer les plus hautes fonctions ?

Les affaires politiques sur fond de financement occulte ont gangréné notre pays dans les années 1980-90. Des lois sont passées, la justice a sanctionné.

Il est donc particulièrement rigolo qu'un parti prétendant être une alternative au système "UMPS" utilise aujourd'hui des méthodes que ses ainés ont étrennées il y a 30 ans !

Le FN alternative ? Que nenni ! En tout cas, pas pour promouvoir l'intérêt général !

Car même il y a 30 ans, on n'avait jamais été aussi loin, ce, de manière aussi systématique avec une fraude à ce point mise en place sur l'ensemble du territoire Français !

Le FN doit donc être considéré comme tel : le pire du pire démontrant que les extrêmes sont les plus néfastes quand il s'agit de servir le Citoyen !

Les Français n'ont pas besoin de ces pourris !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 octobre 2016

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Le FN doit rendre des comptes à la justice

Le parti d'extrême droite et deux de ses principaux dirigeants seront jugés pour escroquerie

La nouvelle fait tache à sept mois de l'élection présidentielle de 2017 : le Front national (FN) va devoir affronter l'épreuve d'un procès pour justifier de son financement. Telle est la décision prise par les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Aude Buresi, qui ont signé, mercredi 5 octobre, leur ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.

Deux dirigeants du parti d'extrême droite – le trésorier Wallerand de Saint Just et le vice-président Jean-François Jalkh – sont renvoyés devant les juges, tout comme le FN en tant que personne morale, pour complicité d'escroquerie au préjudice de l'Etat lors des élections législatives de 2012 et recel d'abus de bien sociaux.

D'autres personnalités proches de la présidente du parti frontiste vont aussi être placées sous les feux des projecteurs de la justice. Frédéric Chatillon, dirigeant de la société Riwal, le principal prestataire du FN, et Axel Loustau, trésorier de Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, sont également renvoyés en correctionnelle. Le premier cumule les charges : faux et usage de faux, escroqueries, abus de biens sociaux, etc. Au total, les juges ont décidé du renvoi de sept personnes physiques et de trois personnes morales. Une décision conforme en quasi-totalité aux réquisitions prises par le parquet de Paris, le 22 juillet.

" Dons déguisés "

Les magistrats reprochent aux différents acteurs du dossier d'avoir mis en place un système ayant permis au FN de bénéficier de remboursements indus par l'Etat pour la présidentielle et les législatives de 2012. Ce système, dont la société Riwal représentait la pierre angulaire, reposait sur différents leviers.

Tout d'abord, sur la fourniture de kits de campagne obligatoires pour les candidats aux législatives, qui auraient été surfacturés par Jeanne et financés par l'intermédiaire de prêts présumés fictifs avec intérêts consentis aux candidats. Une habileté comptable destinée, selon la justice, à tromper la commission des comptes de campagne et l'Etat pour être remboursé de sommes qui n'auraient pas réellement été dépensées. Facturés 16 650 euros l'unité, ces kits – pour l'essentiel des tracts, des affiches et un site Internet –, offraient à la fois une marge considérable à Riwal tout en restant dans le cadre du plafond de dépenses couvert par l'Etat.

Au cours de l'instruction, plusieurs candidats ont indiqué qu'ils ne correspondaient pas aux besoins liés à la taille de leur circonscription. Le préjudice pour les comptes publics, difficile à évaluer, a été estimé au cours de l'instruction à plusieurs millions d'euros. Outre ce volet, les magistrats reprochent aussi à la société Riwal d'avoir consenti au FN et à Jeanne des " dons déguisés " par le biais d'achats de matériels, de mise à disposition de locaux et de salariés ou d'emplois présumés fictifs.

La question qui se pose désormais est de savoir si une audience pourrait avoir lieu d'ici à la présidentielle. Le FN a d'ores et déjà annoncé son intention de faire appel de l'ordonnance des magistrats instructeurs en raison de son " caractère complexe ", explique l'avocat du parti, David Dassa-Le Deist.

Déboires judiciaires

La chambre de l'instruction doit donc examiner cet appel avant que le tribunal de grande instance de Paris ne fixe une date pour le procès. " Il n'y a aucune démonstration de la complicité d'escroquerie. Nous sommes sur des affirmations, sur des postures, sur des déformations de la jurisprudence, assure Me Dassa-Le Deist. Il n'y a aucune tromperie, aucune manœuvre, aucune complicité d'escroquerie. " Depuis le début de cette affaire, le parti d'extrême droite ne dévie pas de sa ligne de défense, qui consiste à dénoncer une " persécution judiciaire " et une " instrumentalisation politique " de la justice. " On s'étonnera simplement du calendrier. En France, on juge les affaires de 2012 quelques mois avant l'élection présidentielle de 2017 ", a réagi le vice-président du FN, Florian Philippot. Un trouble apparent qu'il ne se prive pourtant pas de ranger au placard à l'heure de critiquer Nicolas Sarkozy pour son implication dans l'affaire Bygmalion.

Quoi qu'il en soit, c'est bien le bilan de Marine Le Pen à la tête du FN depuis 2011 qui va être scruté par le tribunal. Celui d'une présidence durant laquelle la députée européenne a confié à ses amis – Frédéric Chatillon en tête – les clés de la logistique de sa formation. Des amis qu'elle soutient contre vents et marées, malgré les déboires judiciaires – M. Chatillon est aussi impliqué dans le dossier des " Panama papers ". Interrogé par Le Monde pour savoir s'il comptait faire appel, comme le FN, de son renvoi, l'intéressé a répondu : " Je n'ai pas vraiment suivi l'information. Je suis dans un restaurant en terrasse à Rome. "

Olivier Faye, et Simon Piel

Rédigé par Philippe NOVIANT

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