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Jeudi 24 janvier 2013 4 24 /01 /Jan /2013 07:00

16-04-07_Tramway_2_.jpgC'est une bonne question qui nous est posée ici : peut-on encore continuer à utiliser le Tram pour nos transports tant son prix est important ?

Des éléments de réponse sont fournis et la situation globale est décrite.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Novembre 2012

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Le tram en bout de course
M le magazine du Monde | 23.11.2012 à 12h01 • Mis à jour le 23.11.2012 à 12h22 Par Olivier Razemon

Un kilomètre de tramway coûte entre 25 et 30 millions d'euros : trois fois plus qu'une ligne de bus. Le tramway de Montpellier est passé de deux à quatre lignes cette année.

En cette fin d'année 2012, le tramway est à la fête. Pas une semaine sans qu'un maire n'inaugure une nouvelle ligne. Après Lyon le 17 novembre, c'est au tour de Dijon (le 8 décembre) et du Havre (le 12) de voir leur réseau s'allonger de plusieurs kilomètres. En Ile-de-France, le T1 en Seine-Saint-Denis est prolongé jusqu'à Asnières (Hauts-de-Seine) depuis le 15 novembre et le T2 dans les Hauts-de-Seine jusqu'à Bezons (Val-d'Oise) depuis le 19. A Paris, le prolongement du T3, de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle, entrera en fonctionnement le 15 décembre, en présence de François Hollande. "Depuis 2000, on a doublé le nombre de villes équipées, triplé le nombre de kilomètres de voies et quadruplé la clientèle", constate Patricia Varnaison-Revolle, au Centre d'études sur les réseaux, les transports et l'urbanisme (Certu), qui dépend du gouvernement. Les apparences, pourtant, sont trompeuses. Si l'aura du tramway est loin d'avoir pâli, personne ne doute que son âge d'or est derrière lui.

Les comportements des collectivités locales sont en train de changer, à bas bruit, sous la pression des impératifs budgétaires. Le tramway coûte cher. Très cher, même : entre 25 et 30 millions d'euros le kilomètre. C'est cinq fois moins qu'un kilomètre de métro parisien mais trois fois plus qu'une ligne de bus. Le tramway, un luxe que la collectivité ne peut plus guère s'offrir ? Peu d'élus locaux l'admettent encore à voix haute, mais la Cour des comptes lance des signaux d'alerte à intervalles réguliers. En 2010, les magistrats dénonçaient la sous-estimation du coût du T3, à Paris. En 2012, ils remettaient en cause l'opportunité d'une ligne reliant Liévin à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Mais le plus souvent, les élus persistent, quitte à commander une étude complémentaire.

POPULATIONS NOUVELLES

Le prolongement du T3, à Paris, sera inauguré le 15 décembre.

Pratique, agréable et propre avec sa propulsion électrique, le tramway reste un mode de transport moderne, confortable... et considéré comme électoralement payant. Il change le visage de la ville et permet de justifier des aménagements – jusqu'alors tabous – qui remettent en cause la place accordée à l'automobile dans l'espace urbain. On plante des arbres et des graminées, on dessine une piste cyclable, on refait les trottoirs et on installe des bancs. Le tram attire aussi des populations nouvelles vers les transports en commun. A Paris et dans sa proche banlieue, les quatre lignes existantes "ont gagné 190 % de trafic en dix ans, contre 21 % pour l'ensemble des moyens de transport public", souligne Laurence Debrincat, au Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF). "Le tramway, c'est comme le cinéma ; on voit défiler le paysage urbain", s'émerveille l'architecte Roland Castro, qui a dessiné plusieurs projets d'immeubles à Bezons, le nouveau terminus du T2. Même les commerçants, souvent hostiles aux projets, découvrent, une fois la ligne inaugurée, que les passagers du tram font d'excellents clients.

Or, à moins de deux ans des élections municipales, l'enthousiasme qu'affichent les élus dissimule à peine un recentrage stratégique frappé au coin du réalisme. "Les demandes de financement émanant des collectivités privilégient aujourd'hui le bus circulant sur une voie spécifique alors que le tramway dominait encore il y a trois ans", souligne Mme Varnaison-Revolle, au Certu. A Strasbourg, la communauté d'agglomération a admis le 19 novembre qu'un projet de "tram-train", tramway roulant sur les voies de chemin de fer et destiné à desservir l'aéroport d'Entzheim, était "au point mort". En cause, le creusement d'un tunnel, considéré comme "compliqué et coûteux". Metz, Chambéry ou Belfort ont renoncé au tramway et assument leur choix. Metz Métropole présente fièrement son projet Mettis : un superbus qui desservira le centre-ville toutes les quatre minutes aux heures de pointe. Le design du bus, les voies spéciales et même le remodelage urbain aux alentours des deux lignes qui seront inaugurées à l'automne 2013 évoquent le tramway. Mais il s'agit bien d'un bus. A Belfort, le chevènementiste Christian Proust, président du syndicat des transports, a décidé de partir en croisade contre le tramway. "Mieux vaut multiplier les offres bus, vélo, voiture en autopartage. C'est moins cher et plus efficace", affirme-t-il. Plus efficace, sans doute. Mais socialement et politiquement moins glamour.

Olivier Razemon

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mercredi 23 janvier 2013 3 23 /01 /Jan /2013 07:00

mariage-gay-gateau-460-debat(1)A lire...

Un article du site Web tetu.com disponible sur http://www.tetu.com/actualites/france/virginie-despentes-repond-a-lionel-jospin-et-aux-anti-mariage-pour-tous-22503

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Invité vendredi dernier sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Lionel Jospin est revenu sur ses réserves sur l'ouverture du mariage aux couples homos. «C'est la position de mon parti, et donc je la respecte, a commenté l'ancien Premier ministre. Ce n'était pas la mienne au départ. Ce que je pense c'est que l'idée fondamentale doit rester, pour le mariage, pour les couples et pour la vie en général, que l'humanité est structurée entre hommes et femmes.» L'écrivaine Virginie Despentes a choisi de lui répondre dans une tribune que publie TÊTU.com.

«Alors, cette semaine, c'est Lionel Jospin qui s'y colle. Il trouve qu'on n'entend pas assez de conneries comme ça, sur le mariage gay, il y va de son solo perso. Tranquille, hein, c'est sans homophobie. Il n'a pas dit qu'on avait le droit de casser du pédé ou de pourrir la vie des bébés gouines au lycée, non, juste, il tenait à signaler: attention, avec le mariage, on pousse mémé dans les orties. «L'humanité est structurée sur le rapport hommes femmes.» Juste, sans homophobie: les gouines et les pédés ne font pas vraiment partie de l'humanité. Ils ne sont pourtant pas stériles - mais comme ils ne vivent pas en couple, ce n'est pas de l'humain pur jus, pas de l'humain-humain comme l'est monsieur Jospin. Ce n'est pas super délicat pour les célibataires et les gens sans enfants, son truc, mais Jospin est comme ça: il a une idée forte de ce qu'est l'humanité, et l'humanité, c'est les femmes et les hommes qui vivent ensemble, copulent et produisent des enfants pour la patrie. C'est dommage pour les femmes, vu que, in fine, cette humanité là, c'est l'histoire de comment elles en ont pris plein la gueule pendant des millénaires, mais c'est l'humanité, que veux tu, on la changera pas. Et il faut bien l'admettre: il y a d'une part la grande humanité, qui peut prétendre aux institutions, et de l'autre, une caste moins noble, moins humaine. Celle qui devrait s'estimer heureuse de ne pas être persécutée, qu'elle ne vienne pas, en plus, réclamer des droits à l'état. Mais c'est dit sans animosité, hein, sans homophobie, juste: l'humanité, certains d'entre nous en font moins partie que d'autre. Proust, Genet, Leduc, Wittig, au hasard: moins humains que des hétéros. Donc, selon Lionel Jospin, il faut que je comprenne, et que je n'aille pas mal le prendre: depuis que je ne suce plus de bite, je compte moins. Je ne devrais plus réclamer les mêmes droits. C'est quasiment une question de bon sens.

Mais c'est dit sans homophobie, c'est ça qui est bien. Comme tous les hétéros qui ont quelque chose à dire contre le mariage gay. C'est davantage le bon sens que l'homophobie qui les pousse à s'exprimer. Dans ce débat, personne n'est homophobe. Ils sont juste contre l'égalité des droits. Et dans la bouche de Jospin on comprend bien: non seulement contre l'égalité des droits entre homos et hétéros, mais aussi contre l'égalité des droits entre femmes et hommes. Parce qu'on est bien d'accord que tant qu'on restera cramponnés à ces catégories là, on ne sera jamais égaux.

Je m'étais déjà dit que je ne me voyais pas «femme» comme le sont les «femmes» qui couchent gratos avec des mecs comme lui, mais jusqu'à cette déclaration, je n'avais pas encore pensé à ne plus me définir comme faisant partie de l'humanité. Ça va me prendre un moment avant de m'y faire. C'est parce que je suis devenue lesbienne trop tard, probablement. Je ne suis pas encore habituée à ce qu'on me remette à ma place toutes les cinq minutes. Ma nouvelle place, celle des tolérés.

Au départ, cette histoire de mariage, j'en avais moitié rien à faire - mais à force de les entendre, tous, sans homophobie, nous rappeler qu'on ne vaut pas ce que vaut un hétéro, ça commence à m'intéresser.

Je ne sais pas ce que Lionel Jospin entend par l'humanité. Il n'y a pas si longtemps, une femme qui tombait enceinte hors mariage était une paria. Si elle tombait enceinte d'un homme marié à une autre, au nom de la dignité humaine on lui faisait vivre l'enfer sur terre. On pouvait même envisager de la brûler comme sorcière. On en a fait monter sur le bûcher pour moins que ça. On pouvait la chasser du village à coups de pierre. L'enfant était un batard, un moins que rien. Bon, quelques décennies plus tard, on ne trouve plus rien à y redire. Est-on devenus moins humains pour autant, selon Lionel Jospin? L'humanité y a t-elle perdu tant que ça? A quel moment de l'évolution doit on bloquer le curseur de la tolérance?

Jospin, comme beaucoup d'opposants au mariage gay, est un homme divorcé. Comme Copé, Le Pen, Sarkozy, Dati et tuti quanti. Cet arrangement avec le serment du mariage fait partie des évolutions heureuses. Les enfants de divorcés se fadent des beaux parents par pelletées, alors chez eux ce n'est plus un papa et une maman, c'est tout de suite la collectivité. On sait que les hétérosexuels divorcent plus facilement qu'ils ne changent de voiture. On sait que l'adultère est un sport courant (qu'on lise sur internet les commentaires d'hétéros après la démission de Petraeus pour avoir trompé sa femme et on comprendra l'importance de la monogamie en hétérosexualité - ils n'y croient pas une seule seconde, on trompe comme on respire, et on trouve inadmissible que qui que ce soit s'en mêle) et on sait d'expérience qu'ils ne pensent pas que faire des enfants hors mariage soit un problème. Ils peuvent même faire des enfants hors mariage, tout en étant mariés, et tout le monde trouve ça formidable. Très bien. Moi je suis pour tout ce qui est punk rock, alors cette idée d'une immense partouze à l'amiable, franchement, je trouve ça super seyant. Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros qui se torchent le cul avec le serment du mariage, et cette rigidité indignée quand il s'agit des homosexuels? On salirait l'institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d'avantage que ce que vous avez déjà fait, c'est perdu d'avance... dans l'état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c'est qu'on accepte de s'en servir. Le Vatican brandit la polygamie - comme quoi les gouines et les bougnoules, un seul sac fera bien l'affaire, mais c'est ni raciste ni homophobe, soyons subtils, n'empêche qu'on sait que les filles voilées non plus ne font pas partie de l'humanité telle que la conçoit cette gauche là, mais passons - ne vous en faites pas pour la polygamie: vous y êtes déjà. Quand un bonhomme paye trois pensions alimentaires, c'est quoi, sinon une forme de polygamie? Que les cathos s'occupent d'excommunier tous ceux qui ne respectent pas l'institution, qu'ils s'occupent des comportements des mariés à l'église, ça les occupera tellement d'y mettre un peu d'ordre qu'ils n'auront plus de temps à perdre avec des couples qui demandent le mariage devant le maire.

Et c'est pareil, pour les enfants, ne vous en faites pas pour ça: on ne pourra pas se comporter plus vilainement que vous ne le faites. Etre des parents plus sordides, plus inattentifs, plus égoïstes, plus j'm'enfoutistes, plus névrosés et toxiques - impossible. Tranquillisez vous avec tout ça. Le pire, vous vous en occupez déjà très bien.

Tout ça, sans compter que l'humanité en subit d'autres, des outrages, autrement plus graves, en ce moment, les gouines et les pédés n'y sont pour rien, je trouve Lionel Jospin mal organisé dans ses priorités de crispation. Il y a, en 2012, des atteintes à la morale autrement plus brutales et difficiles à admettre que l'idée que deux femmes veulent se marier entre elles. Qu'est-ce que ça peut faire? Je sais, je comprends, ça gêne l'oppresseur quand deux chiennes oublient le collier, ça gêne pour les maintenir sous le joug de l'hétérosexualité, c'est ennuyeux, on les tient moins bien. Parfois la victime n'a pas envie de se laisser faire en remerciant son bourreau, je pensais qu'une formation socialiste permettrait de le comprendre. Mais non, certaines formations socialistes amènent à diviser les êtres humains en deux catégories: les vrais humains, et ceux qui devraient se cacher et se taire.

J'ai l'impression qu'en tombant amoureuse d'une fille (qui, de toute façon, refuse de se reconnaître en tant que femme, mais je vais laisser ça de côté pour ne pas faire dérailler la machine à trier les humains-moins humains de Lionel Jospin) j'ai perdu une moitié de ma citoyenneté. J'ai l'impression d'être punie. Et je ne vois pas comment le comprendre autrement. Je suis punie de ne plus être une hétérote, humaine à cent pour cent. Pendant trente cinq ans, j'avais les pleins droits, maintenant je dois me contenter d'une moitié de droits. Ça me chagrine que l'Etat mette autant de temps à faire savoir à Lionel Jospin et ses amis catholiques qu'ils peuvent le penser, mais que la loi n'a pas à être de leur côté.

Si demain on m'annonce que j'ai une tumeur au cerveau et qu'en six mois ce sera plié, moi je ne dispose d'aucun contrat facile à signer avec la personne avec qui je vis depuis huit ans pour m'assurer que tout ce qui est chez nous sera à elle. Si c'est la mort qui nous sépare, tout ce qui m'appartient lui appartient, à elle. Si j'étais hétéro ce serait réglé en cinq minutes: un tour à la mairie et tout ce qui est à moi est à elle. Et vice versa. Mais je suis gouine. Donc, selon Lionel Jospin, c'est normal que ma succession soit difficile à établir. Qu'on puisse la contester. Ou qu'elle doive payer soixante pour cent d'impôts pour y toucher. Une petite taxe non homophobe, mais qu'on est les seuls à devoir payer alors qu'on vit en couple. Que n'importe qui de ma famille puisse contester son droit à gérer ce que je laisse, c'est normal, c'est le prix à payer pour la non-hétérosexualité. La personne avec qui je vis depuis huit ans est la seule personne qui sache ce que j'ai dans mon ordinateur et ce que je voudrais en faire. J'aimerais, s'il m'arrivait quelque chose, savoir qu'elle sera la personne qui gèrera ce que je laisse. Comme le font les hétéros. Monsieur Jospin, comme les autres hétéros, si demain le démon de minuit le saisit et lui retourne les sangs, peut s'assurer que n'importe quelle petite hétéro touchera sa part de l'héritage. Je veux avoir le même droit. Je veux les mêmes droits que lui et ses hétérotes, je veux exactement les mêmes. Je paye les mêmes impôts qu'un humain hétéro, j'ai les mêmes devoirs, je veux les mêmes droits - je me contre tape de savoir si Lionel Jospin et ses collègues non homophobes mais quand même conscients que la pédalerie doit avoir un prix social, m'incluent ou pas dans leur conception de l'humanité, je veux que l'Etat lui fasse savoir que je suis une humaine, au même titre que les autres. Même sans bite dans le cul. Même si je ne fournis pas de gamin à mon pays.

La question de l'héritage est centrale dans l'institution du mariage. Les sourds, les aveugles et les mal formés pendant longtemps n'ont pas pu hériter. Ils n'étaient pas assez humains. Me paraît heureux qu'on en ait fini avec ça. Les femmes non plus n'héritaient pas. Elles n'avaient pas d'âme. Leurs organes reproducteurs les empêchaient de s'occuper des affaires de la cité. Encore des Jospin dans la salle, à l'époque ils s'appelaient Proudhon. J'ai envie de vivre dans un pays où on ne laisse pas les Jospin faire le tri de qui accède à l'humanité et qui doit rester dans la honte.

Je ne vois aucun autre mot qu'homophobie pour décrire ce que je ressens d'hostilité à mon endroit, depuis quelques mois qu'a commencé ce débat. J'ai grandi hétéro, en trouvant normal d'avoir les mêmes droits que tout le monde. Je vieillis gouine, et je n'aime pas la sensation de ces vieux velus penchés sur mon cas et me déclarant «déviante». J'aimais bien pouvoir me marier et ne pas le faire. Personne n'a à scruter à la loupe avec qui je dors avec qui je vis. Je n'ai pas à me sentir punie parce que j'échappe à l'hétérosexualité.

Moi je vous fous la paix, tous, avec vos mariages pourris. Avec vos gamins qui ne fêteront plus jamais Noël en famille, avec toute la famille, parce qu'elle est pétée en deux, en quatre, en dix. Arrangez vous avec votre putain d'hétérosexualité comme ça vous chante, trouvez des connes pour vous sucer la pine en disant que c'est génial de le faire gratos avant de vous faire cracher au bassinet en pensions compensatoires. Vivez vos vies de merde comme vous l'entendez, et donnez moi les droits de vivre la mienne, comme je l'entends, avec les mêmes devoirs et les mêmes compensations que vous.

Et de la même façon, pitié, arrêtez les âneries des psys sur les enfants adoptés qui doivent pouvoir s'imaginer que leurs deux parents les ont conçus ensemble. Pour les enfants adoptés par un parent seul, c'est ignoble de vous entendre déblatérer. Mais surtout, arrêtez de croire qu'un petit Coréen ou un petit Haïtien regarde ses deux parents caucasiens en imaginant qu'il est sorti de leurs ventres. Il est adopté, ça se passe bien ou ça se passe mal mais il sait très bien qu'il n'est pas l'enfant de ce couple. Arrêtez de nous bassiner avec le modèle père et mère quand on sait que la plupart des enfants grandissent autrement, et que ça a toujours été comme ça. Quand les dirigeants déclarent une guerre, ils se foutent de savoir qu'ils préparent une génération d'orphelins de pères. Arrêtez de vous raconter des histoires comme quoi l'hétérosexualité à l'occidentale est la seule façon de vivre ensemble, que c'est la seule façon de faire partie de l'humanité. Vous grimpez sur le dos des gouines et des pédés pour chanter vos louanges. Il n'y a pas de quoi, et on n'est pas là pour ça. Vos vies dans l'ensemble sont plutôt merdiques, vos vies amoureuses sont plutôt calamiteuses, arrêtez de croire que ça ne se voit pas. Laissez les gouines et les pédés gérer leurs vies comme ils l'entendent. Personne n'a envie de prendre modèle sur vous. Occupez-vous plutôt de construire plus d'abris pour les sdf que de prisons, ça, ça changera la vie de tout le monde. Dormir sur un carton et ne pas savoir où aller pisser n'est pas un choix de vie, c'est une terreur politique, je m'étonne de ce que le mariage vous obnubile autant, que ce soit chez Jospin ou au Vatican, alors que la misère vous paraît à ce point supportable.»

Photo: DR.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mardi 22 janvier 2013 2 22 /01 /Jan /2013 07:00

2826be1dElle dénonce des faits d'enrichissements de partis politiques, illégaux, et là voilà au RSA. Ne pourrait-on pas aider cette femme qui a oeuvré dans l'intérêt général en révélant de tels agissements ?

Quand on voit ce qu'elle est devenue, ça ne poussera pas d'autres à prendre leur courage à deux mains pour dénoncer les agissements qu'elle a dénoncés.

Au pire, elle peut écrire un bouquin sur ce qu'elle sait : par cette manière, elle aura un peu plus d'argent et pourra de nouveau vivre normalement. Autant assumer...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Novembre 2012

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Claire Thibout : " Si j'avais su que cela me coûterait si cher, j'aurais sans doute hésité "

LE REGARD éteint, elle se ronge les ongles, replie ses bras contre sa poitrine comme pour se protéger, bute sur les mots... Claire Thibout est une femme brisée. L'ex-comptable des Bettencourt, dont le témoignage, en juillet 2010, fit basculer un différend familial en affaire d'Etat, est littéralement à bout. Elle a longuement hésité avant de recevoir Le Monde, dans le cabinet de son avocat Antoine Gillot, la veille de l'audition hautement médiatisée de Nicolas Sarkozy, qui la remet en pleine lumière. Pour son plus grand malheur.

" C'est la dernière fois que je parle à la presse, annonce-t-elle, au bord des larmes. Non, je ne vais pas très bien... Je n'aspire qu'à une chose : retourner à l'anonymat le plus complet, que l'on m'oublie complètement. Je n'en peux plus qu'on parle de moi. Je ne peux plus supporter d'entendre mon nom à la télé ou à la radio, ça me donne littéralement la nausée. " Depuis son licenciement par Liliane Bettencourt, début 2009, Claire Thibout est au chômage.

A 54 ans, elle désespère de retrouver un travail. Depuis quelques mois, elle semble résignée. Elle sent le soufre : personne ne veut prendre le risque d'embaucher la petite comptable qui a révélé la circulation d'enveloppes en liquide chez les Bettencourt, notamment celles qui auraient été destinées à Nicolas Sarkozy via Eric Woerth... " Quand je me présente, c'est au nom de mon mari, pas de Thibout, mais ça ne suffit pas. Récemment encore, un employeur potentiel a découvert que j'avais travaillé chez les Bettencourt. Et je n'ai plus eu de nouvelles... "

Poursuivie par le fisc

Son époux n'est pas mieux loti, contraint de mettre sa société d'informatique en liquidation, le procureur de Nanterre Philippe Courroye n'ayant jamais voulu lui rendre son matériel confisqué pour les besoins de l'enquête... " Mes enfants voient leurs parents rester à la maison, ils n'y comprennent rien. J'emmène chez un psychiatre ma fille de 15 ans, très perturbée à force d'entendre répéter des horreurs sur moi dans certains médias, qu'on aurait "acheté" mon témoignage par exemple. " Elle fait allusion aux 400 000 euros d'indemnités supplémentaires versées lors de son départ par la fille de Liliane Bettencourt alors en guerre contre sa mère, et qui ont jeté le trouble. " L'enquête a prouvé ma bonne foi totale, mais certains ont toujours intérêt à laisser entendre que je ne suis pas claire ", déplore-t-elle.

Poursuivie par le fisc, elle vit désormais avec le RSA. " Je touche moins de 500 euros par mois, alors que chez les Bettencourt j'en gagnais 11 000. Je suis contrainte de mettre en vente ma maison de campagne et mon studio à Paris. " Paradoxalement, celle qui aurait dû être l'héroïne de l'affaire Bettencourt, dont les révélations ont été confirmées par les investigations (au point que le juge Gentil insiste dans ses auditions sur sa " crédibilité "), en est devenue l'une des principales victimes. Un témoin broyé par une affaire qui l'a dépassé, proie des policiers, des juges, des politiques et même des journalistes. Alors, le sort de Nicolas Sarkozy...

" Qu'il soit mis en examen ou pas, je ne ressens rien. Je m'en contrefiche de Sarkozy, de Woerth ou de l'UMP, moi ! J'ai l'impression d'être une martienne dans cette histoire. Bien sûr, si Sarkozy a fauté, c'est normal qu'il paye, mais moi je n'en ai rien à faire, je vois surtout que tout ça a plombé des années de ma vie. Seule la déchéance de Courroye me ravit, car il m'a fait vivre des moments épouvantables qui me marqueront pour toujours. Il s'est comporté comme un voyou, prêt à tout pour me faire revenir sur mes propos, pas comme un magistrat. "

Et si c'était à refaire ? Elle soupire, contrariée : " Il aurait été plus simple que je ne parle pas de financements politiques. Pourtant, je n'ai fait que dire la vérité. Mais si j'avais su que cela me coûterait si cher, j'aurais sans doute hésité. Alors oui, avec le recul, je regrette, parce qu'ils ont flingué ma vie. "

G. Da. et F. Lh.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Lundi 21 janvier 2013 1 21 /01 /Jan /2013 07:00

LaurenceParisot On m'a fait savoir (merci beaucoup M. L.) qu'il fallait que je parle de tout le monde dans ces colonnes : oui, il y a des problèmes dans des syndicats quand certains permanents peuvent oublier la réalité du terrain, mais oui, il faut ne pas oublier les pratiques honteuses du syndicat patronal !

C'est chose faite !

On a beau jeu de dire que les syndicats de salariés peuvent abuser du système par leurs permanents éloignés du terrain, mais cela arrive aussi aux syndicats patronaux d'abuser du système : le Medef oublie aujourd'hui les principes de base de la démocratie. Le Medef tente en effet actuellement, par la voix de sa présidente, de modifier ses statuts afin de lui offrir un mandat de plus, à la manière de la superbe démocratie Russe (...comme dirait l'autre...).

Je pense donc :

1. Qu'un syndicat salarié ne peut s'éloigner de sa base. Il faut faire en sorte que les responsabilités syndicales ne puissent s'exercer à plein temps en limitant le nombre d'heures de délégation cumulable des élus.
2. Qu'il faut donner une vraie démocratie aux syndicats patronaux en faisant en sorte de passer le pouvoir après un nombre de mandats donnés, ce, sans changer les statuts en cours de route pour favoriser une candidature.

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Grogne au Medef au sujet d'une candidature Parisot
LE MONDE | 16.01.2013 à 18h36 Par Claire Guélaud

Laurence Parisot, la présidente du Medef, achève son second mandat.

La campagne pour l'élection du prochain président (ou de la prochaine présidente) du Medef est officiellement ouverte. Le Conseil exécutif a débattu, lundi 14 janvier, de la question d'une modification des statuts, préalable indispensable à une troisième candidature de Laurence Parisot. Le même jour, Pierre Gattaz, PDG de Radiall, président du Groupe des fédérations industrielles et fils d'Yvon Gattaz, ancien président du CNPF (Conseil national du patronat français, l'ex-Medef), a annoncé sa candidature par email en fin de matinée.

La présidente de l'organisation patronale, qui a succédé à Ernest-Antoine Seillière en 2005, achève son second mandat. Selon les statuts actuels, elle doit passer la main en juillet, mais l'idée d'une troisième candidature la tente, a-t-elle expliqué lundi à quelque 200 membres des Medef territoriaux, depuis que "plusieurs personnes sont venues me voir, des présidents d'organisations territoriales, la présidente d'une grande fédération et plusieurs dirigeants du CAC 40, pour me dire qu'ils jugeaient souhaitable que je reste plus longtemps et qu'en période de turbulences, la stabilité de l'équipe dirigeante du Medef s'imposait".

"L'IMAGE D'UNE ORGANISATION PAS DÉMOCRATIQUE"

Désireuse que la campagne interne au Medef ne s'ouvre pas trop tôt, Laurence Parisot avait demandé au conseil exécutif de ne traiter cette question qu'une fois conclue la négociation sur la sécurisation de l'emploi qui s'est achevée le 11 janvier. Mais Mme Parisot n'a pas appliqué la règle qu'elle avait demandé aux autres de respecter : elle a saisi, le 2 janvier, le comité des statuts du Medef, présidé par un de ses proches (Georges Drouin), de deux "incohérences" ou "anomalies". La première tient au fait que deux candidats peuvent concourir pour des durées différentes (trois ans pour un second mandat, cinq ans pour un premier) ; la seconde tient à la limite d'âge (65 ans) imposée au numéro un du Medef, qui plaide par ailleurs pour le relèvement des âges de la retraite....

Laurence Parisot assure qu'elle n'a pas pris sa décision et fait observer que la saisine du comité des statuts est d'ordre général. Ses adversaires et même ceux qui ne le sont pas, ont toutefois accueilli fraîchement cette tentative de changer les règles à cinq mois d'une échéance électorale. "Nous n'avons pas été prévenus de sa démarche, alors qu'il y a eu un bureau le 7 janvier et un conseil exécutif exceptionnel le 9. Cette manœuvre n'est pas très bonne pour l'image du Medef. Elle donne de nous l'image d'une organisation pas démocratique", estime Pierre Gattaz. Un candidat potentiel, qui ne veut pas encore se déclarer, est encore plus direct : "C'est un véritable putsch", dit-il.

"AUCUN DES SOUTIENS DE PARISOT N'EST INTERVENU"

Que les challengers de Laurence Parisot s'émeuvent est logique, mais que des présidents de Medef territoriaux ou de grandes fédérations aujourd'hui proches d'elle aient critiqué sa démarche, est plus inquiétant pour elle. Ce fut le cas, lundi, des patrons de deux Medef territoriaux (Rhône-Alpes et Paca), du président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), Frédéric Saint-Geours, et du patron de la Fédération française du bâtiment, Didier Ridoret.

"Ce qui était surtout frappant, analyse un membre du conseil exécutif, C'est qu'aucun des soutiens de Mme Parisot n'est intervenu. Ni la Fédération bancaire française, ni l'UFIP (industries pétrolières) dont le président Jean-Louis Schilansky s'est déclaré partisan d'une candidature Parisot." Le forcing de la présidente du Medef se révèle contre-productif : en quelques heures, elle pourrait avoir perdu le bénéfice de la signature d'un accord dit de sécurisation de l'emploi très favorable aux entreprises.

Claire Guélaud

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Vendredi 18 janvier 2013 5 18 /01 /Jan /2013 07:00

3-rats-seralini1.jpegOk, cette souche de rats développe des cancers spontanément. Ok, le nombre de rats est trop faible pour en tirer des faits indéniables. Ok, M. Séralini s'est servi de son étude pour vendre son bouquin, il n'empêche...

Il n'empêche que, comme il est fait mention dans cet article, que le protocole est le mode des études qui est réalisé pour prouver l'inocuité des OGM est largement insuffisant.

Par ses manques manifestes, M. Séralini démontre que le principe de précaution doit être respecté et que d'autres études doivent être lancées rapidement pour démontrer, par des études sur le long terme, l'inocuité des OGM sur notre santé.

Sur des rats ? Sur des humains ? Sur d'autres animaux ? Nul ne le sait, mais les tests devront porter sur une large population de rats, les plus normaux possibles et par des organismes indépendants afin que ses conclusions s'imposent à tous.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Novembre 2012

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Gilles-Eric Séralini L'homme aux rats
Son étude sur la toxicité des OGM a provoqué un vif débat jusqu'à l'Assemblée nationale, où ses travaux ont été passés au crible, lundi 19 novembre. Le chercheur considère, lui, qu'il n'a fait que son " boulot "

Les photos de ses rats aux tumeurs grosses comme des oranges ont fait le tour de la planète. Gilles-Eric Séralini a gagné. Comment ne pas être glacé d'effroi, à la vue des difformités de ces animaux sur lesquels le biologiste a testé les effets d'un régime à base de maïs transgénique et de désherbant ? Comment ne pas se persuader que " oui, les OGM sont des poisons ! ", comme l'a titré le Nouvel Observateur qui avait eu la primeur de son étude parue, le 19 septembre, dans la revue Food and Chemical Toxicology ? Face au choc des images, les contre-expertises, les réfutations, les anathèmes même, sont de peu de poids.

Lundi 19 novembre, l'audition publique organisée par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques n'a pas tranché la controverse. Mais le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a confirmé sa volonté de relancer, au niveau européen, " le débat sur les protocoles d'autorisation des OGM ".

En même temps que ces rongeurs dénaturés, la France, le monde ont découvert, sur les plateaux de télévision, le visage de l'" homme aux rats ". Figure joviale, silhouette bonhomme, tour de taille épanoui, verbe facile. Avec cela, une part d'ombre, les verres fumés qui masquent le regard, la moustache qui voile la lèvre, la voix légèrement nasillarde qui déroule la démonstration dont rien ni personne ne saurait le faire dévier.

Dans la rue, les passants l'interpellent. Aux réunions qu'il anime, le public l'ovationne. " Au laboratoire, ça a été la folie. Un défilé de journalistes, de caméras, de micros ", raconte un de ses jeunes thésards de l'université de Caen. Il y occupe, au fond d'un couloir, un bureau exigu décoré de son diplôme de chevalier de l'ordre national du Mérite et d'une photo de ses enfants : Harmonie et Alexandre (celui " qui protège les hommes " en grec), un beau résumé de son engagement.

Cette célébrité, il dit ne pas l'avoir cherchée. Simplement, il se doit de défendre son travail. De ne pas laisser le terrain libre à ses détracteurs. Ceux, dit-il, qui " mettent en cause mon honnêteté, me traitent d'activiste ou de clown ". De faiseur de " junk science " (pseudoscience). De " marchand de peur ", a un jour écrit le généticien Marc Fellous, président de l'Association française des biotechnologies végétales. Ceux qui le côtoient décrivent, eux, " un homme de conviction et de devoir, un chercheur compétent, déterminé, dont le courage force le respect ". Lui, ne se pose pas en justicier : " On me colle sur le paletot des étiquettes de militant ou de lanceur d'alerte. Mais je fais juste mon boulot d'enseignant-chercheur, qui est de dire à la société ce que je trouve. "

Son brûlot a pourtant été mis en scène par une opération de marketing très éloignée des standards académiques, dont il assure aujourd'hui, sans états d'âme, le service après-vente. Passons sur la publicité faite, à la faveur de l'emballement médiatique, à son livre Tous cobayes ! (Flammarion, 224 p., 19,90 euros) et à son pendant cinématographique Tous cobayes ?, sortis au même moment et accompagnés d'un documentaire sur France 5. Mais que dire de la clause de confidentialité exigée des journalistes, triés sur le volet de surcroît, en contrepartie de l'obtention de son étude ? Elle leur interdisait de la soumettre à l'analyse contradictoire d'autres scientifiques avant d'en rendre compte. Transparence...

Il s'agissait d'" éviter toute fuite qui aurait pu compromettre sa publication ", se défend le biologiste. La précaution, il est vrai, ne relève pas de la pure paranoïa, si l'on en juge par les pressions qui s'exercent aujourd'hui sur l'éditeur de Food and Chemical Toxicology, pour que celui-ci se rétracte et retire de sa revue l'article sulfureux, pourtant dûment accepté par un comité de lecture. Excommunication, au sens propre, de l'hérétique !

La culture du secret, chez les Séralini, est une histoire de famille. En Algérie française, où il naît en août 1960, son père travaille comme technicien radio pour les services de renseignement de l'armée. Sa mère est institutrice. Après l'indépendance, la famille s'installe en Haute-Savoie, puis à Nice. Il a 5 ans quand naît son jeune frère, Marc, frappé à l'âge de 3 mois par une encéphalite postvaccinale, qui le laissera lourdement handicapé. Gilles-Eric Séralini en a été " marqué à vie ". A l'un de ses vieux amis, le botaniste-écologue Jean-Marie Pelt, il a souvent confié qu'" il pense d'abord, dans son travail, aux enfants des générations futures ".

De son adolescence, il garde le souvenir d'une vie modeste, dans un logement social, qui lui forge " un caractère indépendant, trempé aux épreuves ". Il s'évade dans les romans d'aventures et d'anticipation, ou dans l'écriture de nouvelles fantastiques. Plus tard, il aimera les poètes, le jazz, Soline - sa femme, rencontrée à 20 ans à une exposition qu'il avait organisée -, la nature aussi, où il se réfugie chaque fois qu'il le peut, " seul avec les cailloux, la terre, les arbres ".

Précoce, il passe un bac scientifique à 16 ans, entame des études de biologie moléculaire pour toucher " au coeur des mystères de la nature et de la vie ", soutient une thèse sur les relations entre hormones et cancers, décroche une bourse internationale qui l'exile quatre ans au Canada, où il se forme aux biotechnologies. De retour en France, il devient, à 31 ans, le premier professeur de biologie moléculaire de l'université de Caen. " Professeur de 1re classe depuis 2009 ", précise-t-il.

Très vite, il entre en croisade contre les organismes génétiquement modifiés. " Je ne suis pas contre les OGM en laboratoire, pour étudier le rôle des gènes, insiste-t-il. C'est une voie de synthèse de médicaments très utile. " Mais, poursuit-il, " ce qui pose problème, ce sont ceux que l'on retrouve dans les champs et dans les assiettes ". A ses yeux, la supercherie est " d'avoir fait croire que les OGM allaient réduire l'usage des pesticides, alors que l'essentiel des plantes génétiquement modifiées sont rendues tolérantes à l'herbicide le plus vendu dans le monde, le Roundup de Monsanto, ou produisent elles-même un insecticide ".

Pendant neuf ans, de 1998 à 2007, il siège à la Commission du génie biomoléculaire chargée d'évaluer et d'autoriser les OGM, s'opposant avec opiniâtreté aux partisans des cultures transgéniques. Dans le même temps, il fonde en 1999, avec Corinne Lepage, le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), dont il préside le conseil scientifique. Depuis, il ne cesse de pourfendre " le laxisme criminel des experts ", ceux qui " ont fait une poubelle de notre monde et de notre corps ", qui " laissent des familles balafrées par des maladies obscures ".

Dès 2006, il prépare, clandestinement, l'expérimentation dont les résultats affoleront l'opinion. Le scénario est digne d'un film d'espionnage. Nom de code : " In vivo ". Pendant deux ans, 200 rats seront nourris avec des croquettes de maïs transgénique NK 603 de Monsanto, traité ou non au Roundup, ou encore abreuvés avec de l'eau " enrichie " en désherbant. Un laboratoire, localisé depuis par Mediapart, sera aménagé en cachette près de Saint-Malo. Une tonne de semences génétiquement modifiées cultivées en catimini au Canada puis embarquées jusqu'au Havre. L'équipe, une petite vingtaine de collaborateurs aux tâches cloisonnées, astreinte au silence.

La suite est connue. Gilles-Eric Séralini produit un terrifiant tableau clinique : tumeurs mammaires en série, nécrose du foie, inflammations rénales, mortalité vertigineuse. Tour à tour, l'Autorité européenne de sécurité des aliments, les six académies savantes françaises, le Haut Conseil des biotechnologies, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, mettent en pièces ses conclusions. La souche de rats utilisée développe spontanément des tumeurs sur le long terme. Le nombre de rongeurs enrôlés, avec des groupes témoins de dix mâles et dix femelles seulement, insuffisant pour en tirer des statistiques pertinentes.

Les chercheurs du Criigen, même quand ils ne se prononcent pas sur le fond, volent à son secours. " Le protocole expérimental n'est pas bon ? Très bien ! Cela signifie qu'il faut revoir toutes les études qui ont servi à autoriser les plantes transgéniques actuellement sur le marché, puisqu'elles ont le même protocole ", dit le généticien Pierre-Henri Gouyon : même souche de rats, mêmes effectifs, mais avec des tests menés, chez Monsanto, sur 90 jours seulement. " Je ne sais pas si Séralini a raison ou tort, ajoute-t-il. Ce dont je suis sûr, c'est que pour le savoir, des études de grande ampleur et de long terme sont nécessaires. "

Le doute est inoculé. Gilles-Eric Séralini, à qui certains reprochent de travailler en solitaire, sans la caution d'un grand organisme scientifique, n'est pas seul dans son combat. Près de 200 chercheurs, " de 33 pays sur les cinq continents ", insiste-t-il, lui ont envoyé des messages de soutien. Et 140 scientifiques français viennent de prendre leurs distances avec les six académies savantes, dont la position a été arrêtée " sans débat ", par " un groupe d'une douzaine de personnes ". La communauté scientifique, écrivent-ils, " doit garder le souvenir d'erreurs passées, concernant l'amiante, par exemple ".

Lundi, Gilles-Eric Séralini a lancé à ses opposants : " Libre à vous d'accepter une société où un OGM n'est pas testé plus de trois mois, où un herbicide n'est pas évalué plus de quelques semaines. Moi, je ne l'accepte pas. "

Pierre Le Hir

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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