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Mercredi 10 avril 2013 3 10 /04 /Avr /2013 07:00

pollution grenoble1Comme chacun sait, le parc automobile Français est largement composé de véhicules Diesel, car ils sont soumis à une fiscalité très avantageuse. Las, cette fiscalité peut être néfaste à nos poumons comme le montre cette étude. Il faut donc ralentir fortement ces intérêts fiscaux car il n'est pas sain de subventionner de la sorte une technologie de transport qui n'offre pas les garanties nécessaires en terme de santé publique. Il faut donc agir, et agir vite.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Janvier 2013

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Les particules du diesel et des feux de bois, deuxième facteur du réchauffement
Selon une étude, l'impact des " suies " est deux fois plus fort que le GIEC ne l'avait estimé

Ces derniers mois, ce sont plutôt les spécialistes de santé publique qui ont offert leurs munitions aux adversaires des véhicules diesel, émetteurs de microparticules cancérogènes. Désormais, les climatologues ne sont plus en reste. Une vaste étude, publiée mardi 15 janvier dans Journal of Geophysical Research : Atmospheres, offre une nouvelle évaluation de la contribution des suies - ces particules carbonées produites par des combustions incomplètes - au changement climatique et parvient à un résultat saisissant.

Selon Tami Bond (université de l'Illinois à Urbana-Champaign) et ses coauteurs, une vingtaine de scientifiques internationaux, les suies (black carbon, en anglais) sont le deuxième facteur de réchauffement derrière le dioxyde de carbone (CO2), mais devant le méthane (CH4). Cette nouvelle évaluation représente environ le double de celle que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait publiée en 2007, dans son dernier rapport.

Quel rapport avec le diesel ? Selon les chercheurs, c'est le levier le plus simple et le plus efficace pour lutter contre ces particules sombres à l'effet réchauffant. " L'atténuation des émissions des véhicules à moteur diesel semble offrir les meilleures chances de réduction de l'influence climatique humaine à court terme ", écrivent les auteurs.

Certaines sources de suies, comme les feux de forêt, ne peuvent être taries facilement. Elles iront même en grandissant avec la multiplication des canicules et des sécheresses, qui favorisent les régimes d'incendies. Mais agir, outre sur le diesel, sur les autres sources anthropiques - fours à bois, chauffages domestiques, etc. - pourrait également produire des effets rapides. Ces derniers, selon Tami Bond, " se feraient sentir presque immédiatement, car les suies ont une durée de vie courte ". Cependant, ajoute le chercheur, " pour résoudre réellement le problème climatique à long terme, les émissions de dioxyde de carbone doivent aussi être réduites ".

Blancheur des neiges altérée

Les modes d'action de ces particules sombres sont multiples. Elles participent par exemple à la formation de nuages qui contribuent à accroître l'effet de serre, donc à hausser les températures. Transportées au gré des masses d'air, elles se déposent également sur les vastes zones enneigées ou glacées de l'Arctique et en altèrent légèrement la blancheur. Banquises et glaciers absorbent ainsi plus d'énergie, contribuant à changer le " bilan radiatif " des hautes latitudes. Donc à y réchauffer l'atmosphère.

Selon les auteurs, ce sont de fait les hautes latitudes de l'hémisphère Nord qui sont le plus touchées par les effets climatiques des suies. Ces nouveaux résultats seront intégrés au prochain rapport du GIEC, qui sera rendu public en septembre. Ils pourront être utilisés pour prendre des mesures immédiates d'atténuation du réchauffement, de même qu'ils permettront une meilleure modélisation du climat.

S. Fo.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 07:00

1309510-AbeilleIl était temps ! On admet enfin un risque avéré pour les abeilles concernant les pesticides ! Cela est très important, car, non seulement, il en va de la survie des abeilles, mais il en va aussi de notre bien-être à nous ! Les abeilles nous sont indispensables car elles participent activement à la fécondation de nombreuses plantes. Il faut donc prendre soin de leur santé et ne pas les contaminer avec nos produits chimiques !

Cela n'est guère suprenant : autant les abeilles subissent de lourdes pertes en campagne, autant, en ville, elles se portent comme un charme. Comme il n'y a pas de pesticide en ville, il était évident que les pesticides avaient leur part de responsabilité dans l'écatombe des abeilles.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Janvier 2013

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Pesticides : un risque enfin admis pour les abeilles
L'Autorité européenne de sécurité des aliments publie un avis sévère sur trois insecticides parmi les plus utilisés

L'industrie des pesticides va devoir encaisser le coup. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devait publier, mercredi 16 janvier, un avis scientifique sévère sur trois pesticides (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame), tous présentant, selon l'EFSA, un risque élevé pour les abeilles.

Ces trois évaluations de l'agence de Parme (Italie) apportent du crédit à ceux qui attribuent à cette famille récente d'insecticides - néonicotinoïdes - un rôle dominant dans le déclin accéléré des insectes pollinisateurs, constaté partout dans le monde depuis une dizaine à une quinzaine d'années. Mises sur le marché au début des années 1990, ces nouvelles substances sont parmi les plus utilisées au monde en agriculture.

L'EFSA était saisie par la Commission européenne de l'évaluation des risques présentés par ces trois molécules, au regard des nouvelles données scientifiques produites depuis leur autorisation. La caractéristique principale de ces produits - commercialisés sous les noms de Gaucho, Cruiser, Poncho, Nuprid, Argento, etc. - est qu'ils s'utilisent en granules ou en enrobage de semences. Les graines sont gainées du principe actif avant d'être semées ; la plante sécrète ensuite le toxique tout au long de sa croissance.

" Nous avons identifié des risques pour les abeilles en relation avec trois principales voies d'exposition des insectes, explique Domenica Auteri, qui a présidé les travaux de l'agence européenne. Ce sont les poussières produites par les graines ou les granules pendant le semis, la contamination par le pollen et le nectar et, dans le cas du maïs, traité par le thiaméthoxame, l'exposition par "guttation" ", c'est-à-dire l'exsudation, par la plante, de gouttelettes d'eau imprégnées du pesticide et auxquelles s'abreuvent parfois les insectes.

Quant aux poussières produites lors des semis, elles peuvent être transportées par le vent et se déposer dans l'environnement. La dose létale de ces produits étant de quelques milliardièmes de gramme par abeille, un simple contact avec ces poussières peut être fatal à l'hyménoptère.

Les trois opinions scientifiques rendues par l'EFSA s'inscrivent dans un travail publié par l'agence en mai 2012, également commandé par la Commission européenne : il s'agissait alors d'évaluer l'efficacité des tests réglementaires ayant conduit à l'autorisation des molécules. Le groupe d'experts mandaté par l'agence européenne avait conclu que ces tests, conçus pour les produits utilisés en pulvérisation, n'étaient pas adaptés.

De plus, les chercheurs notaient que les tests en laboratoire étaient lacunaires : pas de prise en compte des effets de synergie avec des pathogènes ou d'autres produits phytosanitaires, pas d'évaluation des effets non létaux (désorientation, perte de mémoire des butineuses, etc.). De même que les tests en plein champ étaient incapables de déceler les effets de ces substances - surfaces traitées trop petites, colonies utilisées de trop petite taille, etc.

" Il est très réconfortant que l'EFSA ait réagi aux preuves de plus en plus fortes que l'utilisation des néonicotinoïdes affecte négativement les populations d'abeilles, et qu'elle reconnaisse les risques significatifs associés avec l'utilisation actuelle de ces produits ", commente le biologiste David Goulson, professeur à l'université de Stirling (Royaume-Uni) et auteur d'une récente étude publiée dans la revue Science, documentant les effets de l'imidaclopride sur les bourdons : " Beaucoup d'entre nous voudraient désormais voir un moratoire être décidé sur l'utilisation de ces pesticides, jusqu'à ce que nous comprenions réellement à quel point ils dégradent l'environnement. "

Dans les trois avis rendus, les experts de l'EFSA reconnaissent que la science est encore loin du compte. En fonction du produit et de son mode d'utilisation, les données ne permettent bien souvent pas de conclure à l'existence ou à l'absence de risques. Par exemple, il est actuellement impossible d'évaluer le risque posé par l'imidaclopride sur les abeilles lorsque le produit est utilisé sur l'endive, la laitue, la scarole, le radis, etc.

En juin, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a interdit le Cruiser sur le colza dans l'Hexagone. En revanche, son utilisation sur le maïs est toujours autorisée en France, bien qu'elle présente, selon l'EFSA, des risques pour les abeilles par deux voies : la guttation et les poussières des semis.

Bien que tranchées, les trois opinions rendues par l'EFSA ne sont pas surprenantes. Laura Maxim, chercheuse à l'Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC) et l'une des meilleures spécialistes des controverses ayant accompagné l'utilisation de ces substances, note ainsi qu'" il y a dix ans, le Comité scientifique et technique - un groupe d'experts mis sur pied en 1999 par Jean Glavany, ministre de l'agriculture - était parvenu aux mêmes conclusions à propos de l'imidaclopride ".

Le rapport de ce groupe d'experts avait été rendu en 2003, et avait conduit à l'interdiction du Gaucho en France. Deux ans plus tard, ce comité livrait des conclusions semblables pour un autre pesticide controversé, le fipronil (commercialisé sous le nom de Régent), également mis en cause dans le déclin d'abeilles. L'EFSA finalise une opinion scientifique sur cet autre produit controversé, n'appartenant pas à la famille des néonicotinoïdes. " Elle devrait être publiée d'ici à fin mars ", précise Mme Auteri.

Stéphane Foucart

    Les contre-feux de l'industrie agrochimique

    Outre les trois opinions scientifiques de l'Autorité européenne de sécurité sanitaire (EFSA), l'Italie, la France ou le Royaume-Uni ont récemment pris des mesures à l'encontre des insecticides néonicotinoïdes ou mènent des enquêtes parlementaires sur leurs effets sur les abeilles. Les agrochimistes allument des contre-feux. Un rapport commandé par Bayer et Syngenta à un cabinet de consultants, rendu public lundi 14 janvier, chiffre les bénéfices des néonicotinoïdes à 4,5 milliards d'euros par an pour l'économie européenne et estime que leur abandon coûterait 50 000 emplois agricoles. Le rapport ne dit pas que, au niveau mondial, les services rendus par les insectes pollinisateurs sont estimés à 115 milliards d'euros par an.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Vendredi 5 avril 2013 5 05 /04 /Avr /2013 07:00

legion_d_honneur.jpgC'est une Légion d'honneur qui est méritée. Madame Rouillon, maire d'une grande ville, s'est battue contre la spéculation immobilière et ses résultats sont là.

Une bonne initiative qui doit être reproduite chez d'autres.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 27 Novembre 2012

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Une Légion d'honneur contre la spéculation immobilière

Une Légion d'honneur attribuée à une " Robin des bois " Front de gauche. La ministre du logement, Cécile Duflot, a élevé au grade de chevalière de l'ordre national Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen, commune de la " ceinture rouge " parisienne. La ministre écologiste vient surtout récompenser une démarche assez culottée de l'élue qui tente, depuis six ans, de contenir la spéculation immobilière en préemptant les logements mis en vente. Une pratique à la lisière de la légalité, mais qui fonctionne.

Depuis 2005, la mairie a mis en place deux dispositifs pour bloquer la spéculation, une charte promoteur et la préemption. Avec l'envolée des prix liée à la crise du logement, cette commune de Seine-Saint-Denis située aux portes de Paris est l'objet d'une convoitise certaine de la part des constructeurs. Jacqueline Rouillon, soucieuse de garder sa population de petits employés et fonctionnaires, a réactivé une vieille pratique des municipalités communistes : le rapport de force avant la négociation.

Ainsi, pour toute opération immobilière de logements neufs, la ville impose aux promoteurs la signature d'une charte qui les oblige à vendre à un prix inférieur de 10 % par rapport à celui du marché, ainsi qu'à une diminution supplémentaire du prix de vente d'encore 10 % pour les Audoniens modestes. Et ça marche ! Sur les Docks, vaste écoquartier en construction sur les bords de Seine, 50 % des promesses de vente ont été réalisées avec cette clause, soit un prix au mètre carré plafonné à 4 500 euros.

L'autre dispositif, plus osé, concerne le logement ancien : là, la mairie utilise son droit de préemption pour obtenir des baisses de prix. Les propriétaires souhaitant vendre sont invités à ne pas dépasser un plafond évalué entre 3 000 et 3 500 euros le mètre carré. S'ils passent outre, la mairie préempte. " La plupart du temps, on utilise ce levier comme pouvoir de négociation ", reconnaît l'entourage de la maire. " La préemption permet d'empêcher que les prix passent du simple au double à la revente et que le marché s'emballe ", explique Mme Rouillon. En 2011, sur 800 ventes d'appartements, une cinquantaine ont été préemptés.

Là encore, la coercition a marché : sur la totalité des transactions réalisées cette année, l'économie pour les acheteurs s'élève à 18 600 euros en moyenne. " Les propriétaires viennent nous voir pour vérifier que le prix affiché est raisonnable ", raconte Dominique Ferré, directrice de la gestion urbaine. Mais si certains ont fini par admettre le plafond fixé avant que la procédure n'aille à son terme, d'autres ont saisi la justice pour atteinte au droit de propriété. La justice a différemment apprécié les préemptions, condamnant la mairie à plusieurs reprises ou la relaxant dans d'autres cas. Qu'importe, répond Jacqueline Rouillon, " le droit au logement est une question brûlante et il nous appartient de le garantir ". Il est vrai qu'au regard de l'envolée des prix du mètre carré dans les communes voisines Saint-Ouen maîtrise son foncier.

Sa persévérance a été remarquée par Cécile Duflot qui a tenu à récompenser la " politique courageuse " d'une élue qui " s'est attaquée à la loi du marché qui régit l'immobilier ", explique un membre de son cabinet. Le 18 décembre, la ministre de l'égalité du territoire et du logement remettra à l'ancienne communiste le ruban rouge à la boutonnière. Un pied de nez à l'un des droits les plus protégés, la propriété privée.

Sylvia Zappi

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Jeudi 4 avril 2013 4 04 /04 /Avr /2013 07:00

russie-moscou-cathedrale-basileJe crois qu'il n'y a pas grand chose à ajouter vis à vis de cette "grande démocratie" qu'est la Russie.

Ce pays n'a de démocratique que le nom et les évènements sur les Pussy Riot démontre largement cet état de fait.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Janvier 2013

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La justice russe s'acharne sur les Pussy Riot

Maria Aliokhina, 24 ans, la militante du groupe Pussy Riot, qui purge actuellement une peine de deux ans de prison pour avoir entonné un chant anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, s'est vu refuser, mercredi 16 janvier, sa demande de remise en liberté. Selon la loi russe, les condamnées mères de jeunes enfants ont pourtant droit à un report de peine.

Maria, qui a un fils de 5 ans, a tenté d'en bénéficier, en vain. Le tribunal de Beriozniki de la région de Perm (Oural), où la jeune femme est incarcérée, a estimé que sa situation familiale avait déjà été prise en compte au moment du verdict, le 18 août 2012. La cour a évoqué les blâmes infligés par les autorités pénitentiaires à la détenue, notamment pour avoir manqué l'heure du réveil, comme une circonstance aggravante.

" Je serais très tentée de mentionner Gogol, Kafka et Orwell en ce moment ", a déclaré la militante face au refus de la juge. Le rejet de ce report de peine, pourtant accordé à la plupart des prévenues mères de famille, a provoqué un sursaut de colère de l'opposition. " Les autorités continuent de se comporter comme des bêtes avec les femmes, parce que les gens au pouvoir ici sont inhumains ", a déclaré la militante des droits de l'homme Lioudmila Alexeïeva.

Il n'y aura pas de pardon pour les Pussy Riot, tel est le message envoyé par le patriarcat orthodoxe de Moscou. Ainsi le père Dmitri Sverdlov, l'un des rares prêtres à avoir pris la défense des jeunes femmes emprisonnées, vient d'être interdit d'office pour cinq ans. Officiellement, le patriarcat lui reproche d'être parti en vacances sans prévenir.

Le père Dmitri s'était illustré par un article diffusé en mars 2012 sur le site Orthodoxie et Paix, très populaire chez les orthodoxes éclairés, dans lequel il réclamait la clémence pour les chanteuses tout en dénonçant la mentalité de la forteresse assiégée dans la société.

Deux autres prêtres critiques, Gueorgui Mitrofanov et Piotr Mechtcherinov, ont été interdits de prêche. Le patriarche orthodoxe Kirill ne veut plus voir qu'une tête. " On dirait que l'Eglise copie le pouvoir civil ", a déploré Konstantin Eggert, le chroniqueur vedette de la radio Kommersant.

Marie Jégo (Moscou, correspondante)

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mercredi 3 avril 2013 3 03 /04 /Avr /2013 07:00

CO2La planète va mal et le charbon, technologie oh combien polluante, reprend des couleurs. Il faut donc que les politiques Européens interviennent afin de valoriser le prix du carbonne afin que ces technologies, coûteuses pour la planète, mais pas sur le plan économique, deviennent moins populaires.

La planète ne peut se payer le luxe de se voir réchauffer pour des principes purement mercantiles !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Novembre 2012

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Electricité : l'Europe retourne au charbon
Malgré ses émissions de CO2, la houille est devenue plus compétitive que le gaz pour produire du courant

La scène se déroule le 12 novembre à Martigues, dans les Bouches-du-Rhône. Henri Proglio, le patron d'EDF, inaugure la dernière-née des centrales françaises. " Il s'agit d'une véritable prouesse technique et technologique, d'un chantier exemplaire ", se félicite-t-il devant les élus, les salariés et les sous-traitants. L'aboutissement de cinquante et un mois de travaux et d'un investissement de 500 millions d'euros, le plus important du groupe en France, mis à part l'EPR de Flamanville (Manche).

Seulement voilà : dès le premier jour, la centrale de Martigues est vouée à perdre de l'argent. Au moins à horizon visible. Car, depuis le lancement du projet, le marché européen de l'énergie a basculé et les centrales fonctionnant au gaz comme celle de Martigues ont perdu leur atout compétitif, au profit du charbon. Une situation loin de la " transition énergétique " attendue, au sujet de laquelle la France ouvre jeudi 29 novembre un grand débat.

En récession, l'Europe utilise moins d'électricité, ce qui fait baisser les cours de cette énergie : sur le marché de gros allemand, ils sont tombés mardi à leur plus bas historique. Or, le gaz qui sert de matière première, lui, reste cher. Beaucoup trop.

Les calculs effectués par Bloomberg sont sans appel : aux prix actuels, une centrale au gaz implantée outre-Rhin perd 12 euros par mégawattheure, un record. Pour les compagnies d'électricité, mieux vaut désormais brûler du charbon, un combustible qui permet de gagner de l'argent.

Résultat : au lieu de fonctionner de 5 000 à 6 500 heures par an comme prévu, la plupart des centrales à gaz européennes ne sont plus mises en service que pour faire face aux pointes de consommation, 2 500 ou 3 000 heures par an. En Allemagne, E.ON a même annoncé son intention d'en fermer une, utilisée... 87 heures depuis le début de l'année !

A Martigues, la toute nouvelle installation ne tourne qu'un jour sur deux ou trois. Trop peu pour rentabiliser l'investissement. " C'est sur la durée qu'il faudra en juger, corrige-t-on chez EDF. Ce genre d'installation est conçu pour des dizaines d'années. "

Les experts avaient pourtant prédit un âge d'or du gaz. Une énergie plus propre que d'autres et d'un bon rendement pour la production d'électricité. Le charbon semblait condamné à disparaître peu à peu. " On y a tous cru ", reconnaît un patron du secteur.

Mais, en Europe, c'est un tout autre scénario qui se déroule. Cette année, la consommation de gaz devrait y tomber autour de 460 milliards de mètres cubes, son plus faible niveau depuis au moins douze ans, selon les prévisions de la Société générale.

En revanche, le charbon a le vent en poupe. Pour alimenter leurs centrales, les électriciens européens ont accru leurs importations de charbon américain de 85 % au premier semestre. En France, la consommation de charbon pour l'électricité a bondi de 79 % entre septembre 2011 et 2012.

" On a donc exactement le contraire de ce qui était souhaité, constate un professionnel. De vieilles centrales au charbon fonctionnent à plein parce qu'elles sont profitables, alors que des cycles combinés à gaz tout neufs sont à l'arrêt. Et le secteur électrique européen émet du CO2 comme jamais ! " " Ridicule ", alors que l'Union européenne dépense des milliards d'euros pour soutenir les énergies vertes, peste-t-on chez Shell.

Que s'est-il passé ? Aux Etats-Unis, l'essor du gaz de schiste a fait chuter les cours du gaz. Du coup, les compagnies électriques américaines qui le pouvaient se sont tournées vers cette énergie au détriment du charbon.

Evolution inverse en Europe. Le prix auquel les compagnies achètent leur gaz y reste élevé, car il est indexé sur le pétrole dans le cadre de contrats à long terme. En revanche, le charbon, dont les Américains ne veulent plus, se déverse sur le Vieux Continent, et cet afflux a fait chuter la valeur de ce combustible. Dans le même temps, le prix des quotas d'émissions de CO2 a baissé. Bilan : entre le gaz et le charbon, le rapport de forces s'est inversé depuis un an. Et l'écart ne cesse de se creuser.

Chez EDF, un homme le constate tous les jours : Marc Ribière. A Saint-Denis, il dirige l'équipe qui effectue en temps réel les arbitrages entre les différents moyens de production d'électricité en France. " Pour choisir, nous comparons avant tout le coût des combustibles utilisés, explique-t-il. Les barrages, l'éolien et le solaire sont prioritaires. Puis vient le nucléaire. Si cela ne suffit pas, nous faisons appel aux centrales à charbon, surtout celles situées près des ports d'importation. Le gaz ne vient qu'après. "

Lundi 26 novembre, lors du pic de consommation journalier, le charbon a ainsi assuré 6 % de l'électricité consommée en France, contre moins de 0,5 % pour le gaz.

Au bout du compte, " il y a, en Europe, une vampirisation du gaz par le charbon ", résume Thierry Bros, spécialiste du sujet à la Société générale. Certaines centrales à gaz ferment, les autres marchent au ralenti. Et plus aucune nouvelle n'est construite. L'allemand E.ON vient ainsi d'annuler le projet qu'il envisageait à Hornaing (Nord).

Peu de chances que la donne change rapidement. " Pour que le gaz redevienne compétitif, il faudrait que le prix du charbon monte de 50 %, que celui du gaz baisse de 30 %, ou que le CO2 vaille quatre fois plus cher ", calcule M. Bros. Loin de la transition écologique rêvée, l'Europe semble durablement revenue à l'âge du charbon.

Denis Cosnard

    Vents porteurs pour la très polluante usine de Drax

    C'est une des usines les plus polluantes d'Europe. Mais avec la compétitivité retrouvée du charbon, la centrale de Drax, la plus importante du genre en Grande-Bretagne, bénéficie de vents porteurs. Son action a pris 15 % en trois mois, l'une des meilleures performances du secteur.

    La société est ainsi valorisée à 2,6 milliards d'euros.

    Face aux contraintes sur le CO2, Drax a cependant décidé de convertir trois de ses six tranches à la biomasse, un lourd investissement.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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