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Mardi 2 avril 2013 2 02 /04 /Avr /2013 07:00

CO2L'enfouissement du CO2 comporte de gros risques. Il peut, d'après cet article, libérer des substances dangereuses, voire mener à des asphyxies de grande ampleur.

Il faut donc continuer à mener des recherches en la matière et faire tout pour limiter le rejet de CO2, dans l'atmosphère bien sûr, mais aussi si on veut l'enfouir.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Novembre 2012

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Enfouir le CO2, une solution à risque
Une étude de l'Ineris pointe le danger d'une pollution par des métaux lourds toxiques

Se débarrasser du gaz carbonique, principal agent du réchauffement climatique, en le récupérant dans les fumées des usines et des centrales thermiques, puis en l'enfouissant à des milliers de mètres de profondeur, pour des siècles ou des millénaires. La solution est séduisante sur le papier, mais pas sans danger. C'est ce que montre une étude de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), rendue publique mardi 20 novembre. Elle met en évidence la possible " remobilisation de métaux lourds en sous-sol ", qui " pourrait présenter un risque pour la santé et l'environnement ".

Encore au stade expérimental, le captage-stockage du CO2 est l'une des pistes explorées pour limiter l'effet de serre. Selon l'Agence internationale de l'énergie, près de 20 % des rejets mondiaux de CO2 dans l'atmosphère pourraient ainsi être évités, à l'horizon 2050. Quelque 130 démonstrateurs sont en cours de développement ou en projet, principalement aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Chine. Mais il n'existe que très peu de sites opérationnels. En France, une expérimentation est menée par Total dans le bassin gazier de Lacq (Pyrénées-Atlantiques). Et, à Florange (Moselle), le projet Ulcos est candidat à un financement européen, sous réserve d'une relance des hauts-fourneaux lorrains.

L'Ineris a mené un essai grandeur nature, dans un aquifère salin du bassin de Lodève (Hérault). Une solution de 3 m3 d'eau saturée en CO2 a été injectée dans un forage, à 56 mètres de profondeur, puis repompée au bout de 80 heures. L'analyse physico-chimique de l'eau, avant et après injection, a révélé qu'elle s'était chargée en différents métaux, particulièrement en zinc, en fer et en manganèse, dont les concentrations respectives ont été multipliées par 25, par 13 et par 5. Mais aussi en arsenic, dont la teneur a doublé.

" Des contaminants naturellement présents dans la roche-réservoir peuvent être libérés, parfois dans des proportions importantes, par les interactions avec le CO2 qui acidifie le milieu ", explique Pierre Toulhoat, directeur scientifique de l'Ineris. La crainte n'est pas une pollution des nappes salines souterraines dans lesquelles serait piégé le gaz carbonique, leur saumure étant impropre à la consommation. Elle est que les métaux lourds libérés, potentiellement toxiques (arsenic, plomb, zinc, cuivre, uranium...), remontent avec la saumure jusqu'aux nappes phréatiques, situées plus haut et alimentant, elles, les réseaux d'eau potable.

Puissance meurtrière

Le danger le plus souvent pointé jusqu'ici, dans la mise en oeuvre du captage-stockage, était que du CO2 s'échappe accidentellement, lors de son transport par gazoduc ou de son injection dans le sous-sol. Ou encore qu'une fois enfoui, il remonte par une faille jusqu'à la surface. Le dioxyde de carbone est un gaz corrosif et toxique, létal à une concentration de 10 % dans l'air. Des catastrophes naturelles témoignent de sa puissance meurtrière : en 1986, au Cameroun, un dégazage brutal, dans le lac volcanique Nyos, a provoqué la mort par asphyxie de 1 700 personnes.

La possibilité d'une contamination de l'environnement, sur le long terme, par un relargage de métaux lourds, doit désormais être " étudiée de manière plus approfondie ", estime l'Ineris. Pour les projets de séquestration géologique du CO2, ajoute Pierre Toulhoat, " des évaluations de risques devront être faites site par site ". Un obstacle supplémentaire à surmonter, pour une filière de captage-stockage encore loin d'être arrivée à maturité.

P.L.H

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 07:00

1336126214KalachIl faut réellement arrêter les "règlements de compte à Ok Corral" aux Etats-Unis ! Il faut supprimer le droit qu'a tout citoyen de disposer d'une arme car cela est devenu invivable aux Etats-Unis. La constitution Américaine est mal faite en ce sens : il faut supprimer cet amendement néfaste pour l'ensemble de la société américaine.

Tant que cela ne sera pas fait, les Etats-Unis continueront d'avoir à faire face à des massacres, à des tueries, à des morts par balle indignes d'une démocratie.

Un article date du 12 Janvier 2013

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Etats-Unis : la guerre est déclarée entre Joe Biden et la NRA
Le vice-président va remettre à Barack Obama ses propositions pour encadrer le port d'armes
Washington Correspondante

Le vice-président américain, Joe Biden, n'a pas perdu de temps. Moins d'un mois après avoir été chargé par Barack Obama de diriger une commission sur la violence par arme à feu, il a déjà terminé ses travaux. Joe Biden, il est vrai, connaît bien le sujet : il a été l'un des auteurs, en 1994, de l'interdiction des fusils d'assaut que le Congrès a laissé expirer en 2004 et que les partisans du gun control voudraient réinstaurer.

M. Biden remettra ses conclusions au président le 15 janvier. Il s'est entretenu, jeudi 10 janvier, avec les élus, les familles de victimes de violences par arme à feu, ainsi qu'avec des représentants de l'industrie du cinéma et du jeu vidéo, des lobbyistes des chaînes câblées, des médecins, des responsables du distributeur Wal-Mart (le premier détaillant d'armes). L'administration veut réfléchir non seulement à la facilité d'accès aux armes, mais aussi aux carences de la prise en charge psychiatrique et aux conséquences du déferlement d'images de violence dans les médias.

Joe Biden a aussi reçu les associations de chasseurs et la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes à feu. Si, avant la rencontre, le vice-président assurait que la généralisation des background checks (les contrôles de casier judiciaire et d'antécédents psychiatriques préalables aux achats d'armes) faisait l'unanimité, il a été démenti par le communiqué publié après l'entretien par la NRA. L'organisation a accusé la commission Biden de se préoccuper moins de la sécurité des écoliers que du moyen d'" attaquer le 2e amendement ", le paragraphe de la Constitution qui garantit le droit individuel au port d'armes. " Nous ne laisserons pas les propriétaires d'armes qui respectent la loi payer pour les actes de criminels et de fous ", clame la NRA. Bref, la guerre est déclarée...

Un mois après la tuerie de l'école primaire Sandy Hook de Newtown (Connecticut), qui a fait 26 morts dont 20 enfants, les Etats-Unis traversent une phase de questionnements sans précédent sur un sujet tristement familier - alors que la commission Biden était en session, un adolescent de 16 ans qui s'estimait victime de harcèlement a ouvert le feu, jeudi, sur un camarade dans un lycée de Californie.

Toutes les organisations de gauche sont mobilisées, pour obtenir la nouvelle interdiction des fusils d'assaut. Leurs homologues de droite affirment que la loi de 1994 n'a pas empêché les tueries, la preuve étant la fusillade du lycée de Columbine, en 1999.

Gabrielle Giffords, l'ancienne représentante de l'Arizona, miraculée d'une fusillade sur un parking de Tucson, il y a exactement deux ans, a fondé avec son mari, l'astronaute Mark Kelly, une association : Américains pour des solutions responsables. Toutes les chaînes l'ont invitée. " Assez ! ", a-t-elle martelé dans le maigre langage qu'elle a jusqu'à présent récupéré. Gabby Giffords incarne la complexité de la question. Elle était l'une de ces démocrates modérées qui comprennent les arguments de la NRA. Elle avait elle-même une arme. Ironie cruelle : c'était le même pistolet Glock que celui de son assaillant.

La nouvelle interdiction des fusils d'assaut a-t-elle des chances de passer au Congrès ? Un projet de loi a été introduit au Sénat par la démocrate Dianne Feinstein (Californie) mais ses chances d'aboutir dans l'immédiat sont minces : les républicains n'ont pas l'intention de céder aux priorités de Barack Obama sans avoir d'abord imposé les leurs : les réductions budgétaires et le plafond de la dette. Les démocrates se souviennent aussi des efforts surhumains qui ont été nécessaires pour imposer l'interdiction en 1994 (adoptée avec deux voix de majorité). Bill Clinton a fait porter à cette mesure la responsabilité de l'écrasante défaite de son parti aux élections de mi-mandat.

Joe Biden a évoqué la possibilité que le président agisse par décret, sans attendre l'avis du Congrès, notamment pour créer un fichier national des acheteurs d'armes, et limiter la capacité des chargeurs dans les armes semi-automatiques. Mais les partisans du 2e amendement, comme l'animateur de radio-télé Bill O'Reilly, accusent déjà l'administration Obama de vouloir " confisquer les armes des citoyens ".

La NRA est sur le pied de guerre et annonce 100 000 membres de plus depuis le massacre de Sandy Hook (pour un total de 4,2 millions d'adhérents). Barack Obama doit faire des propositions dans son discours sur l'état de l'Union début février. Il doit prendre garde à ce que la question ne devienne pas ce qu'avait été le sauvetage des banques pendant son premier mandat : le prétexte à une insurrection Tea Party.

Corine Lesnes

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Jeudi 28 mars 2013 4 28 /03 /Mars /2013 07:00

my-major-company.jpgC'est une pratique honteuse que celle qui est exercée par My Major Company. On profite de la crédulité et de la passion des internautes pour promouvoir des artistes, certes, mais après avoir promu le compte en banque de la boite.

On reverse un minimum aux artistes, on ne prend aucun risque et on s'en met plein les poches en attendant.

A quand la disparition de ce site qui fait honte à son métier ?

Un article du journal 'Le Point' daté du 9 Janvier 2013

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My Major Company, le revers peu reluisant de la médaille

La société du fils de Jean-Jacques Goldman promettait aux internautes de produire leurs artistes préférés. Derrière ce refrain, beaucoup de fausses notes.

Par Sébastien Tortu

La promesse était pourtant belle : "My Major Company est lancé avec pour principe fondateur de découvrir les jeunes talents musicaux et de les faire accéder à une production professionnelle en permettant aux internautes d'investir dans la production d'un artiste." Et pourtant, ces derniers temps, MMC n'est plus cette rampe de lancement pour les artistes de demain. Le rôle d'un label est de parier sur des artistes en espérant leur réussite. My Major Company, lui, ne prend aucun risque, puisque l'artiste n'est produit qu'une fois 100 000 euros rassemblés grâce à la générosité des internautes.

Le label est ainsi payé quoi qu'il arrive, même en cas d'échec, et reverse une partie marginale de l'argent gagné aux investisseurs et à l'artiste. Ce n'est pas lui qui assume les risques, mais les fans du chanteur... Si toutes les parties engagées avaient un retour sur investissement important, le modèle serait parfait. Malheureusement, les producteurs et les artistes se sentent bafoués.
Opacité des dépenses

Pour les investisseurs, la première limite de MMC repose sur le délai de production : les internautes espèrent récupérer leur mise - voire un peu plus -, mais n'ont pas de connaissances artistiques ni d'expertise du milieu musical. Ils optent souvent pour des musiques qui ressemblent à celles qui inondent les ondes du moment. Or, le délai de production chez MMC est si long (jusqu'à 2 ans) qu'au moment où l'artiste arrive sur le marché il est souvent "has been".

Autre critique : le manque de transparence de l'entreprise sur les dépenses. "Actionnaires" d'un artiste, les producteurs en herbe devraient avoir accès aux comptes et aux bilans. Or, MMC ne justifie aucune dépense et aucun budget. Victor Lugger, directeur financier de la société, l'a affirmé dans un e-mail envoyé à Adam Davis, l'un des artistes repérés par la maison : "Le label décide seul des dépenses et de façon unilatérale pour la production de l'album." Cette opacité dans les comptes jette le trouble quant au fait de savoir si les 100 000 euros sont bien dépensés de façon optimale pour développer la carrière d'un artiste. Dans certains cas, l'argent récolté sert à rémunérer des prête-noms, et non à investir dans la promotion de l'album.
Colère des coproducteurs

C'est le cas de Thierry de Cara, payé en tant que directeur artistique sur le projet d'Adam Davis abandonné juste avant Noël, sans qu'il ait participé à la préproduction de l'album. Adam Davis le déplore sur le site de MMC : "Le 19 octobre 2011, j'apprends complètement par hasard qu'il reçoit un salaire mensuel de la jauge depuis juillet 2011. En plus, quand on considère que Thierry n'a pas contribué à une seule note, un seul mot, une seule idée à mes titres..."

In fine, les producteurs commencent à percevoir un retour sur investissement une fois les frais liés à la production de l'album remboursés, soit après 10 000 albums vendus. Or, seuls trois disques ont dépassé ce cap : ceux de Grégoire, Joyce Jonathan, Irma. Bref, les coproducteurs sont en colère et le font savoir ! Ils se sont associés pour créer un groupe Facebook "My major Company, tes producteurs sont en colère et ça va se savoir", regroupant plus de 800 membres, ainsi qu'un site web regroupant toutes les informations pour se retourner contre MMC (http://collectifprod.wix.com/prod1).
Les artistes maltraités

Si vous êtes auteur-compositeur, MMC vous demande d'abandonner 100 % de vos droits d'édition, sans avance éditoriale (hormis les droits moraux, très minoritaires). Pour faire simple, si votre chanson est diffusée en radio, en télé ou en boîte de nuit, aucun droit ne vous sera reversé. Et mieux vaut avoir des talents d'auteur-compositeur quand vous signez chez MMC, sinon vous risquez d'attendre de long mois avant d'entonner des chansons. La société ne compte pas d'auteurs dans son équipe. Du coup, comme beaucoup d'autres maisons, My Major Company demande à ses artistes de faire des albums de reprises...

Comme les producteurs, les artistes n'ont aucune visibilité sur les comptes, donc aucun retour sur les dépenses promo. Certains supputent que leur budget promotion sert à gonfler celui d'un autre chanteur qui aurait les faveurs de la direction. Hypothèse plus que probable, quand on voit que certains albums sont passés totalement inaperçus tandis que d'autres ont bénéficié de moyens énormes. Selon certaines sources, Grégoire aurait bénéficié des mêmes méthodes que Baptiste Giabiconi : MMC aurait acheté des milliers d'albums afin de lancer le buzz autour de l'artiste et du label. Aux dépens de qui ? Concrètement, 20 % des recettes nettes hors taxes encaissées par MMC sont reversées aux interprètes. Soit une rémunération inférieure à 2,5 % du chiffre d'affaires engendré par l'artiste. Pas cher payé !
MMC, la dictature ?

Difficile de se libérer des griffes de MMC. Tout est fait pour vous décourager : intimidation, dénigrement, menaces, voire insultes. Certains ont été contraints de faire appel à la justice, comme Adam Davis, afin de se libérer des contrats et de racheter les pistes enregistrées. D'autres font appel à des managers externes afin de prendre la défense de leur dossier, comme Nathalie Beaton. Celle-ci a laissé un commentaire salé sur la société le 9 décembre 2012 : "Je dirais que les gérants du site n'ont peur de rien par inconscience totale. Un jour cela cessera, car ils tomberont face à des gens qui n'accepteront pas leur comportement incohérent et qui les mettront face à leur inconscience ! Ce n'est pas parce qu'on s'appelle Michael Goldman qu'on a le droit à tout, encore moins de mentir à des milliers de gens ! Je pense qu'un juge voit les choses de la même manière, n'est-ce pas ?"

Pour éviter que les contentieux ne se multiplient et que son image ne soit altérée, MMC fait désormais signer aux artistes une clause de confidentialité courant sur 18 mois. Cependant, dans de nombreux cas, les proches des artistes n'hésitent pas, eux, à divulguer des informations plutôt compromettantes sur les drôles de méthodes du label.

Un dernier petit mensonge pour la route : selon Michael Goldman, le fils de Jean-Jacques et cofondateur de MMC, l'entreprise aurait levé près de 13 millions depuis sa création. Sauf qu'il s'agit là des sommes investies par les internautes sur le site ; y compris l'argent misé sur les artistes non produits, et donc ultérieurement remboursé.

L'équipe de My Major Company a refusé de nous répondre pour éclaircir le sujet.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mercredi 27 mars 2013 3 27 /03 /Mars /2013 07:00

coffret-de-secours---medecine-du-travail---farmor-913054La main mise de ces "experts" sur notre santé est malsaine. Ils sont praticiens, certes, mais comme ils ont des liens avérés avec l'industrie pharmaceutique, ils ne sont en rien indépendants. Malheureusement, cette indépendance est, et doit demeurer, la clé de voute de toute communication sur un médicament.

De plus, ils sont experts en quoi ? De gynécologie ? Assurément ! Mais sont-ils experts des médicaments que l'industrie met sur le marche ? Rien n'est moins sûr !

L'expert serait un médecin indépendant qui mènerait des recherches sur les médicaments de l'industrie pharmaceutique. Il pourrait être financé par l'industrie, mais pas directement. On pourrait imaginer une sorte de "tampon", d'une agence qui serait chargée de récupérer des fonds et de les affecter à des laboratoires indépendants qui seraient à même de mener des recherches. Le chef de l'équipe de recherche pourrait, alors et à juste titre, se nommer expert et donner son avis concernant la molécule.

Malheureusement, ça ne se passe pas comme cela en France... Il faut donc réformer notre système afin de donner plus d'indépendance à nos "experts" afin que leur communication soit reprise et serve de base à la commercialisation des molécules. L'indépendance est le meilleur moyen de s'assurer que de pareilles affaires ne se reproduisent plus.

A méditer.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Janvier 2013

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Pilule : enquête sur ces médecins liés aux labos
La polémique enfle sur la dangerosité des pilules de 3e et 4e génération. Après la révélation par Le Monde daté du 15 décembre 2012, d'une première plainte au pénal déposée en France par Marion Larat, une jeune femme demeurée handicapée après un accident vasculaire cérébral qu'elle impute à la prise de sa pilule, les questions se multiplient. Dès 1995, les études scientifiques ont établi l'accentuation du risque thromboembolique veineux de ces contraceptifs oraux récents par rapport à leurs prédécesseurs de 2e génération. Et depuis 2007, la Haute autorité de santé recommande aux médecins de ne plus prescrire les pilules de 3e génération aux nouvelles utilisatrices en première intention. Recommandation restée largement lettre morte. Nous avons cherché à savoir pourquoi.

C'est un puissant et rassurant bruit de fond qui n'a jamais cessé. Pourquoi les médecins ont-ils continué de prescrire à la moitié de leurs jeunes patientes des pilules de troisième et quatrième génération, en dépit des recommandations contraires de la Haute Autorité de santé (HAS) depuis 2007 ? Sans doute parce que les alertes sur la dangerosité de ces contraceptifs ont été couvertes par une autre musique, omniprésente : le discours des gynécologues les plus médiatiques de France.

Ces experts qui, à la télévision comme dans les revues médicales, congrès ou journées de formation continue, n'ont cessé d'assurer que les pilules de 3e et 4e génération présentaient moins d'effets secondaires que les précédentes, et étaient mieux tolérées par les femmes. Ces leaders d'opinion qui n'évoquaient les risques que pour les minimiser et jamais ne rappelaient la nécessité de renoncer à toute prescription en première intention. Contre l'avis de la HAS, et contre la littérature scientifique, qui n'a jamais apporté la preuve de bénéfices supplémentaires mais bien celle d'un surcroît de risques thromboemboliques veineux par rapport aux contraceptifs oraux plus anciens.

Le professeur Israël Nisand, responsable du pôle de gynécologie-obstétrique au CHU de Strasbourg, est sans doute le plus exposé de ces experts ès contraception. Le 9 février 2011, il coanime une conférence de presse des laboratoires Effik présentant un sondage sur la pilule, reprise dans toute la presse. " Les pilules de 3e génération contiennent un progestatif "plus puissant " qui permet de diminuer les doses d'oestrogènes, d'où "une tolérance meilleure ",, a expliqué le docteur Nisand ", rapporte alors l'AFP. Un an auparavant, lors de l'annonce par Effik du remboursement de la première pilule de 3e génération microdosée, le Pr Nisand se félicitait d'un " vrai bénéfice pour les femmes ", dans un communiqué de la firme. Qui citait également Brigitte Letombe, gynécologue au CHRU de Lille, alors présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM), réjouie de ce remboursement attendu " depuis plus de vingt ans ".

Tous deux ont rendu, en février 2012, un rapport officiel sur la contraception et l'avortement chez les jeunes filles (Et si on parlait de sexe à nos ados ?, Odile Jacob). Ils y pointaient les " avantages évidents pour les jeunes " des pilules de 3e génération et suggéraient de " remonter le courant de la désinformation ambiante " : " Les grands médias en rajoutent sur la nuisance possible des contraceptions hormonales (...) . "

Six mois plus tard, en septembre 2012, le déremboursement programmé des pilules de 3e génération, qui renverrait les jeunes filles vers " les pilules vieilles de quarante ans ", les désole . C'est un coup du gouvernement pour faire des économies sur le dos des femmes. Car " le service rendu était considérable ", selon M. Nisand.

Montée en défense Depuis le 14 décembre 2012, et le premier dépôt de plainte en France contre une pilule de Bayer, certains de ces experts ont poursuivi sur leur lancée, montant en défense dans les médias. Non, les pilules de 3e et 4e génération ne sont pas si dangereuses que cela. Les accidents - 1 000 effets secondaires sévères en 2012 selon le patron de l'Agence du médicament - sont " extrêmement rares ", martèle le professeur Nisand sur Europe 1, le 9 janvier : " Il y a des pilules de 2e génération qui ont quarante ans et qui sont bien plus risquées que les 3e génération. "

Marion Larat, la plaignante désormais handicapée, avait, selon lui, un terrain prédisposé, " elle aurait probablement fait son AVC aussi avec une pilule de 2e génération et encore plus avec une grossesse " (France Inter, 14 décembre). Il continue de douter du surcroît de risques thromboemboliques des pilules récentes. " Le niveau de preuve apporté par les études est insuffisant, assure-t-il au Monde, lundi 7 janvier. Et dans nos consultations, on a la démonstration que les femmes abandonnent moins ces pilules. "

La preuve par l'expérience de terrain. Brigitte Letombe, pour qui les accidents n'interviennent que " lorsqu'on est porteur de certaines mutations génétiques " (AFP, 2 janvier), pense que les études épidémiologiques se trompent. " On voit bien, dit-elle au Monde, que ces pilules de 3e génération ont moins d'effets secondaires. C'est un vécu professionnel que la recherche scientifique ne peut pas évaluer. " Quant aux risques, tout n'est qu'" interprétation hâtive de résultats qui n'ont rien de nouveau, et présentent des biais méthodologiques, auxquels s'ajoute la peur d'un effet Mediator ".

Son confrère Christian Jamin, gynécologue parisien, demeure tout aussi sceptique : le risque supplémentaire " est loin d'être admis par l'ensemble des spécialistes du monde entier " (France inter, 2 janvier). La moitié des patientes auxquelles il s'est résigné à prescrire des pilules de 2e génération reviennent en disant qu'elles préféraient les 3e. Alors " n'hésitons pas à changer pour quelque chose de mieux toléré ! ". Même constance chez Sylvain Mimoun, gynéco-andrologue à l'hôpital Cochin. Les pilules récentes " moins androgéniques ", présentent moins d'effets secondaires (Le Parisien, 17 décembre). " A titre personnel, confie-t-il au Monde, je ne pense pas qu'il faille affoler. "

Contre toute évidence Si ces experts très médiatiques persistent à nier l'évidence scientifique et à inciter au non-respect des recommandations de la HAS, ce serait parce " qu'ils sont payés par l'industrie pharmaceutique pour être ses porte-parole ". Voilà la conviction de Martine Hatchuel, coprésidente de l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic), que partage le docteur Philippe Foucras, fondateur du Formindep, pour une information médicale indépendante : " Quand les leaders d'opinion expriment d'autres avis que ceux de la science, c'est souvent qu'ils sont influencés par les laboratoires qui les rémunèrent comme consultants. "

Le Monde a retracé l'activité récente de ces experts : il apparaît a minima qu'ils ont tissé des liens étroits avec les laboratoires. Israël Nisand, dont le nom est constamment associé à la communication des firmes Effik et HRA Pharma, revendique sereinement cette proximité. " J'ai des intérêts avec tous les laboratoires qui m'aident à organiser des congrès dans ma ville, a-t-il dit au congrès Infogyn 2012. Et de nous expliquer que 25 laboratoires financent sa réunion annuelle de formation des gynécologues d'Alsace. Que lorsqu'il est expert invité à la conférence de presse d'Effik, on lui " rembourse l'après-midi ". " Je viens à Paris, je ne vais quand même pas le faire à mes frais ! " Qu'il animera en avril les " Samedis de la contraception " à Strasbourg, formation continue financée par les laboratoires - un mois après que Brigitte Letombe aura fait de même à Lille.

Dans son rapport sur la contraception, racontant ses discussions avec les industriels au sujet d'un éventuel " forfait contraception " pour les mineures, le professeur Nisand assume la stratégie commerciale dont il faciliterait le déploiement. En mettant entre les mains des toutes jeunes filles une pilule récente à 7 euros, les firmes, note-t-il, agiraient " par souci de santé publique, mais aussi pour la promotion de leur produit ainsi faite auprès de jeunes femmes peu tentées ultérieurement de changer une contraception qui les aura satisfaites dans leurs premières années de vie sexuelle ".

M. Nisand entretient des relations tout aussi étroites avec les laboratoires Nordic Pharma, qui produisent la Mifegyne (RU 486), pilule abortive. Il a animé en 2011 leur conférence de presse et colloque sur l'IVG, a établi le protocole de leur étude (Amaya) menée en centres d'orthogénie, avant de déclarer " Merci à Nordic d'avoir fait cette étude remarquable ", qui montre une " formidable tolérance de l'IVG médicamenteuse " au congrès Infogyn de 2012. Et de défendre la pratique de l'IVG médicamenteuse jusqu'à 14 semaines d'aménorrhée, position en contradiction avec la HAS, qui recommande de s'arrêter à 9 semaines.

Sur la contraception d'urgence, il s'est rapproché de HRA Pharma qui commercialise la pilule du surlendemain, EllaOne. En 2009, il participait à un groupe d'experts (dont Brigitte Letombe) sur les oublis de pilule réuni par ce laboratoire, sous la houlette du docteur Christian Jamin. Groupe qui, en octobre 2011, a conclu ses travaux par une incitation à l'usage d'EllaOne dans une revue d'obstétrique. Il est aujourd'hui investigateur principal pour la France d'une étude HRA Pharma sur cette pilule.

De son côté, le docteur Jamin affirme " travailler avec à peu près tous les laboratoires qui oeuvrent dans la contraception ". Il est notamment consultant ou membre d'un comité d'experts pour Bayer, Teva-Theramex, MSD, HRA-pharma, Effik.

Son confrère Sylvain Mimoun a déclaré des liens d'intérêt avec Teva-Theramex et Pfizer. Brigitte Letombe reconnaît de même travailler, ou avoir travaillé " avec tous les laboratoires de contraception ". Dans sa déclaration publique d'intérêts faite devant la HAS, elle cite Bayer, Codepharma, Theramex, HRA Pharma, Pierre Fabre, Organon, Sanofi (comme " communicante ").

Booster une carrière Les praticiens hospitaliers se défendent de tout profit personnel. Ils assurent renflouer ainsi les caisses des associations de service qu'ils créent pour financer tout ce que l'hôpital ne finance plus. Le professeur Nisand dispose de deux associations, qui correspondent aux deux pôles de gynécologie-obstétrique du CHU. " Tout l'argent gagné dans les travaux de recherche va à ces deux associations, il permet de payer des choses pour les femmes ", plaide-t-il. Les médecins du secteur privé, eux, obtiennent par exemple un petit coup de main des firmes pour monter le site Internet de leur cabinet médical...

Tisser des relations étroites avec les firmes accélère indéniablement une carrière professionnelle et confère envergure, pouvoir et notoriété. C'est être invité à des congrès nationaux ou internationaux, dans les hôtels de Monaco ou Deauville. Se voir confier des études terminales précédant commercialisation. Accéder à des publications prestigieuses puisque l'on peut rendre compte de ces essais. Cautionner en tant qu'expert invité les conférences de presse des firmes lors de lancement de produits. Diffuser son savoir dans la formation continue, et s'en trouver rémunéré.

Comme lors des " Samedis de la contraception ", ces journées de formation proposées gratuitement aux professionnels dans les grandes villes de France, organisées par les gynécologues Christian Jamin et David Elia. Ce dernier, qui a dispensé ou dispense ses conseils à 27 laboratoires, nous en détaille le modèle économique : " La journée est présidée par le patron du service gynécologique du CHU local et le médecin libéral leader de la région. Nous octroyons des stands aux laboratoires pour présenter leurs produits, qui sont fréquentés pendant les pauses. En échange ils financent l'organisation de la journée. " Pas d'interférences pour autant avec la formation médicale dispensée, jure-t-il : " Je ne roule pas pour un laboratoire mais pour l'industrie en général. Participer aux projets des industriels, les aider à s'adresser aux médecins, permet de connaître de l'intérieur les laboratoires, leurs forces et faiblesses. " Dans le mois qui suit, les participants, dont les laboratoires obtiennent ainsi les coordonnées, sont relancés par des visiteurs médicaux. Et l'évolution de leurs prescriptions est scrutée.

Membre du Formindep, Françoise Tourmen, médecin, ancienne responsable de centre d'orthogénie, a vécu tout cela de près : " Le PDG de HRA Pharma est venu me voir, m'a mise en lien avec son service communication, a soutenu mon association. J'étais transformée en leader local d'opinion. Mon avis était sollicité pour des documents du labo. Je parlais aux journaux régionaux. Et je devais porter la bonne parole dans les organismes de formation continue. HRA Pharma travaille avec des sociétés de formation professionnelle pour médecins comme Preuves et pratiques . La firme vous fournit un diaporama expert reprenant intégralement ses messages, et vous paie 500 euros le quart d'heure pour le lire. " Le dernier diaporama reçu de Preuves et pratiques, en 2010, était signé Brigitte Letombe.

Quel est le problème ? Lorsqu'on les interroge sur l'étanchéité entre leurs multiples liens d'intérêt et leur expression publique sur la pilule, ces leaders d'opinion s'offusquent, jusqu'à devenir agressifs pour certains. Ils s'estiment totalement indépendants. Sont persuadés de n'être en rien influençables. Travailler pour 25 laboratoires est une garantie d'indépendance, au moins ne sont-ils pas sous la coupe d'un seul, ajoutent certains. " Le noeud du problème, actuellement, ce sont bien ces leaders d'opinion, analyse le docteur Foucras, fondateur du Formindep. L'induction de prescription liée à l'argument d'autorité : le généraliste copie les prescriptions du gynécologue qui copie celles du prestigieux leader en blouse blanche du CHU, qui est devenu un visiteur médical haut de gamme. D'un point de vue stratégique, pour les laboratoires, c'est parfait, il n'y en a qu'un à influencer qui influencera tous les autres, notamment via la formation continue, devenue coeur de cible de la stratégie d'influence des firmes. "

Un rapport 2007 de l'IGAS soulignait l'essoufflement du système des visiteurs médicaux, trop coûteux pour l'industrie, au profit d'une " recherche croissante par les laboratoires du soutien d'experts, des hospitalo-universitaires, des leaders d'opinion ". Bruno Toussaint, directeur éditorial de Prescrire, revue médicale indépendante, perçoit clairement le mécanisme général d'influence des firmes sur les prescripteurs " déjà révélé il y a deux ans par le Mediator ". Pour faire des économies, les pouvoirs publics sous-traitent aux firmes la recherche clinique. Celles-ci, en finançant les essais, nouent des liens avec des experts, qui gagnent en notoriété puisqu'elles leur permettent d'accroître leur influence qui s'exerce dans la formation initiale à l'hôpital et à l'université, dans les congrès et la formation continue. Les adjoints de ces leaders d'opinion n'ont pas été choisis pour leur esprit critique, les étudiants sont imprégnés du fonctionnement de ce petit milieu, la presse ne pose pas trop de questions dérangeantes.

Ces grands médecins qui tissent tant de liens avec les laboratoires sont-ils pour autant sous influence ? " On ne peut pas leur faire confiance, tranche M. Toussaint. L'expérience montre que plus les experts sont associés au développement d'un nouveau médicament, plus leur opinion sera favorable. "

Le coup d'après Les laboratoires, qui gardent le silence sur la polémique, sont passés à l'étape stratégique suivante. Désormais, ils promeuvent massivement les " pilules monophasiques à l'estradiol naturel ", affichant sur leur publicité le visage radieux de jeunes femmes allongées dans l'herbe. Qlaira (de Bayer), arrivée sur le marché depuis 2009, et Zoely (Teva-Theramex), vendue depuis 2012, reprennent le rôle de la pilule miracle précédemment joué par celle de 4e génération, avec un bonus écologique dans l'air du temps.

La même mécanique se remet en route... Marketing forcené des laboratoires. Leaders d'opinion montant massivement en appui. Vidéos dithyrambiques sur le site des " Samedis de la contraception ". Déclarations des docteurs Nisand et Letombe, déjà convaincus que ces pilules dites naturelles ont " moins d'effets secondaires ".

Prescrire, pourtant, s'interrogeait déjà en décembre 2009, sur ces pilules à l'estradiol naturel : " Le profil d'effets indésirables reste mal connu malgré l'aspect "physiologique" de la composition. " Pourtant une fois encore, la parole des experts étouffe cette petite musique d'alerte.

Pascale Krémer

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mardi 26 mars 2013 2 26 /03 /Mars /2013 07:00

1336126214KalachAutoriser les citoyens à porter des armes, c'est autoriser les gens à se faire justice eux-même. C'est aller à l'encontre des principes pénaux les plus simples qui soient.

C'est exactement ce que font les Etats-Unis avec un principe oh combien grand humainement : "Dézingue avant de te faire dézinguer". Cette phrase est d'une bêtise à pleurer : " La seule chose qui peut arrêter un malfaiteur avec une arme, c'est un homme bon avec une arme. " ! Surtout quand on pense que des fusillades ont lieu dans des lycées et des collèges, alors que ces armes y sont interdites... Par définition, "l'homme bon" ne pourra pas porter son arme dans ces lieux alors que le malfaiteur ne s'en prive pas !

Bref, la surenchère ne règlera pas le problème. Mais la surenchère gave les fabriquants d'armes par la bêtise de ce pays.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Janvier 2013

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Lettre des Etats-Unis
Mon premier fusil

Quoi ? Deux semaines d'attente pour pouvoir acheter un semi-automatique AR-45 ? De quel amendement se moque-t-on ? Au dernier gun show de l'année, à Denver, les clients se bousculent devant les entrées. La foire aux armes se déroule à 20 km du cinéma d'Aurora où a eu lieu l'une des fusillades les plus meurtrières de 2012 (douze morts, en juillet, à l'occasion de la première de Batman), mais on se croirait à des années-lumière. Fusils sur les tables, fusils sur le parking, pistolets, revolvers... De toutes les couleurs, de toutes les formes, des armes partout. Et il faut le reconnaître, passé le premier moment d'effroi, on s'habitue.

Dans cette partie de l'Amérique, rien de plus banal que le gun show. En cette veille de réveillon, l'ambiance est familiale. Les plus petits sont juchés sur les épaules de leur père. Les ados ont une table rien que pour eux où trône " mon premier fusil " : flambant rose pour les filles.

Le Tanner Gun Show est l'une des plus grandes foires de la région : 700 étals bourrés d'armes à feu, de couteaux (en solde, dépêchez-vous, c'est dimanche), de gilets pare-balles, de blousons à poches où glisser les armes cachées que la loi de l'Etat donne le droit de porter partout - sauf dans les écoles et dans les lieux publics (une erreur, comme chacun sait. La preuve : les tueurs visent particulièrement les établissements scolaires sachant que personne n'y est légalement armé).

Une tenancière de stand essaie de vendre à une famille latino une torche qui envoie des décharges électriques. " 11 000 volts !, vante-t-elle, et seulement 70 dollars. " Son compagnon, une armoire à glace vêtue de cuir, appuie : " Elle l'a essayée sur moi. Je criais comme un enfant de 4 ans " ! Les clients défient les clichés, comme cette jeune femme de 27 ans, à piercings et pantalon baggy. Noire, et bien décidée à acheter un pistolet. Menacée ? Pas le moins du monde. Mais déterminée à " défendre sa famille " au cas où elle le serait...

Tom F., 36 ans, se balade dans les allées avec un fusil dans le dos et une pancarte accrochée au canon. " A vendre : AR-15 Sig Sauer ". En 2008, il l'a acheté 800 dollars. Aujourd'hui, il en demande 2 000. Vente de particulier à particulier : aucun papier n'est nécessaire. Depuis que vingt enfants ont été tués en décembre à l'école primaire de Newtown, dans le Connecticut, le marché s'est emballé. " C'est de la folie ", dit-il. Les clients veulent des semi-automatiques, et le même, tant qu'à faire, que le Bushmaster qui a servi à la fusillade. Non que ce soit la Rolls des armes à feu. " C'est juste parce que quelqu'un veut vous l'interdire. " Combien d'armes possède-t-il lui-même ? " Oh, une trentaine ", répond-il sans sourciller. Des fusils de différents calibres, " quelques pistolets ", des fusils à pompe... Vous ne voudriez quand même pas viser un cerf avec le même calibre qu'un coyote ?

Mi-décembre, Barack Obama a annoncé la création d'une commission nationale de réflexion sur la violence et les armes à feu, présidée par le vice-président Joe Biden. Elle doit rendre ses conclusions avant la fin janvier. Mais on peut compter sur les républicains pour freiner des quatre fers. La priorité, disent-ils, c'est la réduction du déficit et les mesures d'austérité.

Pendant ce temps-là, dans les gun shows, on s'empiffre, comme après chaque shooting. En décembre, 53 450 demandes d'autorisation d'achat ont été présentées au FBI dans le Colorado. Soit une augmentation de 50 % par rapport à octobre. Il en va de même au niveau national : 2,8 millions de demandes en décembre contre 1,6 million en octobre. Avant, le background check (la vérification des éventuels antécédents criminels ou psychiatriques de l'acheteur) prenait une demi-heure. Il faut maintenant plus de deux semaines.

Devant le stand de FAST, l'une des associations qui proposent une formation accélérée (une demi-journée) pour obtenir le port d'arme, l'instructeur fait l'article de ses stages. Pas besoin de s'acheter de pistolet, on peut louer. Et il y a des journées " ladies only ". " On s'amuse bien, dit-il. Après Halloween, on fait des concours de tirs sur les citrouilles. " L'homme offre des T-shirts marqués de la citation de Wayne LaPierre, de la National Rifle Association (NRA), le lobby des armes : " La seule chose qui peut arrêter un malfaiteur avec une arme, c'est un homme bon avec une arme. "

Une logique imparable, universellement partagée dans les guns shows. Interdire les armes après une fusillade, dit une pancarte, c'est comme dire : " A bas les cuillères. Elles me rendent obèse "...

Corine Lesnes

lesnes@lemonde.fr

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