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Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 07:00

18 Assemblee NationaleCe qui me gêne dans cet accord, c'est que notre pays est pointé comme celui qui travaille le moins dans les pays développés. Oui on a une forte productivité, mais la productivité ne reflète qu'une production dans un temps de travail donné. Comme on travaille, en France (beaucoup) moins que les autres, notre production en pâtit, et notre compétitivité aussi.

Aujourd'hui, on est dans la négociation alors qu'on devrait être dans la fermeté : on ne travaille pas assez et on devrait travailler plus car on est en état de concurrence avec l'Allemagne, qui elle, travaille.

Il faut donc réformer, mais sans aller trop loin dans la négociation. Car, à force d'aller dans la négociation avec toutes les parties, on prend le risque d'aller vers l'immobilisme.

En France, on est suffisamment dans les difficultés pour ne pas pouvoir se permettre d'être immobile.

Ces négociations à tout va vont-elles dans le sens de l'intérêt général ? Les chiffres du chômage fourniront la réponse dans les prochains mois, mais je crains que l'on ne s'améliore pas tant que l'on n'appliquera pas les bonnes solutions.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Février 2013

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Accord sur l'emploi : le gouvernement verrouille
Les députés PS sont fortement invités à n'amender qu'à la marge le projet de loi qui leur sera soumis en avril

La majorité est prévenue : on ne touchera pas au projet de loi retranscrivant l'accord de " sécurisation de l'emploi ". Alors que l'aile gauche du PS est déjà vent debout contre le texte, l'exécutif campe à l'avance sur une ligne de fermeté : " Il y a quatre personnes qui voudraient par définition remettre en cause l'accord, mais la préoccupation partagée par le groupe socialiste, c'est que toute modification du projet de loi ne soit jamais une atteinte à l'équilibre de l'accord ", précise le ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social, Michel Sapin.

Pas question, donc, de déroger à la ligne fixée par l'Elysée : la " vitrification " de l'accord signé le 11 janvier par les organisations patronales et trois syndicats, la CFDT, la CGC et la CFTC. Lequel accroît la flexibilité au sein des entreprises en échange de droits élargis pour les salariés (mutuelles et droits rechargeables au chômage). Alors que l'avant-projet de loi est envoyé au Conseil d'Etat, lundi 11 février, en vue d'une présentation au conseil des ministres le 6 mars et d'un examen par les députés en avril, le blindage est déjà renforcé. " On fera tout pour qu'il y ait le moins d'amendements possible, indique-t-on à Matignon. Les présidents de groupe sont sur la ligne du gouvernement. "

A tel point qu'à l'Assemblée, comme pour démentir un " verrouillage " par trop visible, c'est Jean-Marc Germain (Hauts-de-Seine) qui a été nommé rapporteur du projet de loi, à la place du patron du groupe, Bruno Le Roux (Seine-Saint-Denis). Ce choix de confier les rênes à un proche de Martine Aubry pourrait traduire, selon un élu PS, une " volonté d'associer 90 % du groupe dès le démarrage pour marginaliser d'éventuels fauteurs de troubles de l'aile gauche ".

Ce plan de bataille se révélera-t-il suffisant ? Lors des débats sur le traité européen, le gouvernement avait déployé des trésors de pédagogie, avec un ministre des affaires européennes à la manoeuvre pour convaincre les récalcitrants. Cette fois, la majorité privilégie les rencontres avec les responsables syndicaux. Mais l'audition, le 6 février, du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, hostile à l'accord comme la CGT, n'a pas forcément rassuré le groupe.

" Beaucoup de députés n'avaient pas encore complètement stabilisé leur opinion ", concède Karine Berger (Hautes-Alpes). Un autre parlementaire le dit plus crûment : " L'audition de Mailly a jeté le trouble. Il a pointé des insuffisances qui parlent aux socialistes. "

L'affaire, côté exécutif, semble pourtant entendue. " On ne fera rien qui mette en péril l'accord. On ne peut pas déstabiliser ceux qui ont pris le risque de signer ", indique un proche du premier ministre. La marge de manoeuvre des députés se limiterait à " préciser l'accord lui-même, et aborder les sujets qui tutoient l'accord sans y être vraiment ", résume prudemment Thierry Mandon (Essonne), porte-parole du groupe. Soit une " première série d'amendements " sur la " transcription législative du texte " et un " deuxième champ d'intervention législative sur les sujets dont l'accord ne parle pas ", comme la formation professionnelle.

Un conseiller à l'Elysée en convient : " C'est un texte d'équilibre. La marge du groupe majoritaire est limitée. " Mais après l'épisode du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et celui du projet de loi de réforme bancaire, qui occupera les députés à partir du mardi 12 février et pour lequel plusieurs amendements - sur l'ampleur de la séparation des activités, l'obligation de transparence et la lutte contre les paradis fiscaux - ont été retenus, le texte sur le marché du travail pourrait-il mettre à l'épreuve les relations entre l'exécutif et sa majorité au chapitre de la politique économique et sociale ?

" Il y a quand même des inquiétudes sur certains marqueurs symboliques ", estime Laurent Baumel (Indre-et-Loire) et animateur de la Gauche populaire. Selon cet élu, la ratification du texte sur le marché de l'emploi pose " un problème de contenu : est-ce que le curseur mis par la CFDT et le Medef est le bon ? Et un problème de principe : un accord social, conclu par des partenaires, doit-il être transposé tel quel au Parlement ? ".

Réponse ferme de l'exécutif, pour qui l'acquis de la négociation demeure, à la différence des lois sur la compétitivité ou les banques, un argument imparable. " Aucun de ces textes n'a été précédé d'un accord entre partenaires sociaux ", met en avant M. Sapin.

Pour lui, l'affaire ne se discute pas : " Si on est favorable au dialogue social, ce qui est le cas des 99,9 % des parlementaires, on respecte le dialogue social. Sinon, on n'a qu'à dire qu'on est contre et on tient le même discours que Nicolas Sarkozy, selon lequel les corps intermédiaires sont des obstacles à la volonté politique. "

Hélène Bekmezian et David Revault d'Allonnes

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Lundi 29 avril 2013 1 29 /04 /Avr /2013 07:00

1309510-AbeilleIl faut interdire toutes les substances qui sont nuisibles aux abeilles car les abeilles sont nos amies. Il peut paraître pour le moins naïf de présenter la situation ainsi, mais c'est un fait prouvé : sans l'apport des abeilles, de nombreuses plantes ne peuvent pas vivre et l'espèce humaine ne serait plus capables de les exploiter, au moins aux coûts actuels.
On a donc tout intérêt à protéger les abeilles car elles font un travail que l'homme n'est pas encore capable d'assumer.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 Février 2013

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Bruxelles propose d'interdire durant deux ans l'utilisation des trois insecticides mis en cause dans le déclin des abeilles
La décision, qui pourrait s'appliquer dès le 1er juillet, concerne les cultures de maïs, coton, colza et tournesol

Ce n'est pas encore un champ fleuri qui s'ouvre aux abeilles, mais le terrain pourrait momentanément se dégager de quelques-uns des pesticides qui les déciment. La Commission européenne vient de proposer, jeudi 31 janvier, d'interdire pendant deux ans l'utilisation de trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes - chlothianidine, imidaclopride et thiamétoxam -, sur les cultures de maïs, colza, tournesol et coton. Si les Etats membres adoptent cette disposition lors d'une prochaine réunion, le 25 février, elle pourrait s'appliquer dès le 1er juillet et donc concerner les récoltes de 2014.

Qu'ils portent le nom de Cruiser, Gaucho, Régent, Poncho, Nuprid ou Argento, qu'ils soient produits par le suisse Syngenta, l'allemand Bayer ou le japonais Philagro, les néonicotinoïdes sont des pesticides extrêmement utilisés en agriculture. Leur mise en cause suit le rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) publié le 16 janvier, qui concluait sans hésitation à leur toxicité.

Après avoir entendu les réponses des industriels, le commissaire à la santé et à la politique des consommateurs, Tonio Borg, suggère donc une suspension de cette catégorie d'insecticides sur quatre cultures très attirantes pour les butineuses, mais qui s'avèrent aussi particulièrement dangereuses au moment des semis, lorsque les graines enrobées de produit dégagent des poussières toxiques.

Une telle expérimentation grandeur nature d'une durée de deux ans permettrait d'observer l'ampleur de l'effet des néonicotinoïdes sur les butineuses.

Demi-mesure

Les représentants de l'Allemagne, de l'Espagne et du Royaume-Uni ont estimé que cette mesure était quelque peu précipitée. A l'inverse, le ministre français de l'agriculture s'est " réjoui " de cette avancée, comme son homologue de l'écologie, Delphine Batho.

Stéphane Le Foll a rappelé au passage que la France avait suspendu en juin 2012 l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR destiné au colza et demandé la saisie de l'EFSA. De son côté, l'Italie a interdit les néonicotinoïdes en traitement du maïs dès 2008. Quant à la Slovénie, elle a pris cette décision pour l'ensemble de ses cultures.

Ce sont ces situations disparates au sein de l'Union européenne qui ont incité la Commission à formuler sa proposition, au grand dam des industriels de l'agrochimie.

Pour les défenseurs de l'environnement, il s'agit pourtant d'une demi-mesure, car la contamination par les poussières n'est que l'un des aspects de la toxicité des néonicotinoïdes. L'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) a prestement réagi, dénonçant une proposition " inacceptable ". Pour l'UNAF, l'avis de l'EFSA - qui souligne aussi la dangerosité de ces insecticides au stade de la guttation (l'exsudation, par la plante, de gouttelettes d'eau imprégnées du pesticide) - appelle une réponse plus radicale, pas seulement pour les cultures attractives pour les abeilles.

Les effets des néonicotinoïdes ont tendance à persister dans les sols, renchérit la Confédération paysanne, en citant plusieurs études. Résultat : ces molécules peuvent contaminer des graines non traitées mais plantées dans une parcelle ayant reçu de l'imidaclopride un à trois ans auparavant. A leurs yeux, le moratoire de deux ans n'est donc pas suffisant.

L'association France Nature Environnement en profite pour dénoncer le recours systématique aux néonicotinoïdes en agriculture, ce " qui relève d'un usage irraisonné des pesticides ". Une pétition pour un retrait total de cette famille d'insecticides du marché européen a recueilli 2 millions de signatures en trois jours par le biais de l'ONG Avaaz.

Martine Valo

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Vendredi 26 avril 2013 5 26 /04 /Avr /2013 07:00

lorraine.gif On ne peut qu'être circonspect face à cette annonce : celle consistant à dire que l'on peut extraire du gaz sans fracturation hydraulique. Cela m'a l'air trop beau pour être vrai. De toutes façons, il faut cesser de maltraiter notre planète à aller chercher toujours plus de sources énergétiques. Il faut maintenant se concentrer à utiliser des sources véritablement renouvelables.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Janvier 2013

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Le gaz de houille, nouvel eldorado fossile ?
En Lorraine, une société estime possible d'extraire des ressources " gigantesques " sans fracturation hydraulique

Après le gaz de schiste, le gaz de houille... Jeudi 24 janvier, invité de l'émission " Des paroles et des actes ", sur France 2, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a annoncé, enthousiaste, que la France disposait d'une ressource énergétique importante, qui serait bientôt exploitée en Lorraine : le gaz de houille. Cet hydrocarbure non conventionnel, communément appelé " grisou ", est le gaz naturel " adsorbé " sur les charbons (c'est-à-dire fixé à leur surface). Du méthane essentiellement.

Son exploitation, a pu se réjouir le ministre, ne donnerait lieu à aucune polémique, contrairement au gaz de schiste, puisque la production serait réalisée - compte tenu d'un charbon lorrain naturellement cassant - sans fracturation hydraulique, interdite par la loi du 13 juillet 2011.

La Lorraine, nouvel eldorado énergétique ? Dix ans après la fermeture de ses dernières mines et alors que le démantèlement des hauts-fourneaux de Florange alimente depuis des mois la chronique sociale, le gaz de houille suscite chez certains les espoirs les plus fous.

" Ce qui se joue ici pourrait bouleverser le panorama énergétique du pays ", s'enflamme le Républicain lorrain, tandis que Jean-Pierre Masseret, président (PS) du conseil régional, croit en " une opportunité extraordinaire pour la réindustrialisation de la Lorraine ".

Spécialisée dans l'exploration des hydrocarbures non conventionnels, la compagnie d'origine australienne European Gas Limited (EGL), dont les capitaux sont aujourd'hui majoritairement français, belges et anglais, sonde depuis quatre ans le sous-sol lorrain sur un puits expérimental à Folschviller, à quelques encablures de la frontière allemande. Une petite équipe d'une dizaine d'ingénieurs et de géologues s'emploie à évaluer les ressources du grisou, dont les mineurs de fond redoutaient jadis les mauvais coups.

EGL dispose dans la région de deux permis exclusifs de recherche - Bleue Lorraine et Bleue Lorraine Sud - et a été autorisé par la préfecture à lancer quatre forages.

La petite entreprise s'apprêterait, selon son directeur exécutif, Frédéric Briens, à engager 33 millions d'euros pour réaliser ce programme. Les ressources sont " gigantesques ", annonce-t-il, avançant les chiffres de la société d'étude Beicip-Franlab, filiale de l'Institut français du pétrole-Energies nouvelles. " On parle de 371 milliards de mètres cubes de ressources ", soit sept à neuf années de consommation de gaz en France.

En réalité, la présence importante de gaz de houille dans le sous-sol lorrain est connue depuis longtemps. Il y a vingt ans déjà, la compagnie américaine Conoco l'avait évaluée au moyen de trois puits verticaux. Mais cette technique n'offrait pas de perspectives de rentabilité suffisantes pour une exploitation industrielle.

" Avec les forages horizontaux que nous utilisons aujourd'hui, les débits espérés sont prometteurs, estime M. Briens, pour qui les conditions sont réunies pour une exploitation à grande échelle. Nous voulons en apporter la démonstration avec les quatre forages que nous allons réaliser d'ici deux ans. Il s'agira de montrer que les débits obtenus sont suffisants pour escompter une production rentable. " A terme, EGL devrait revendre ses concessions à des industriels dont la production est le métier.

Le projet ne fait pas que des heureux. Président de l'Association de défense de l'environnement et de lutte contre la pollution en Moselle Est, Michel Kaspar s'inquiète de l'incidence que l'exploitation du gaz de houille pourrait avoir sur la ressource en eau mais aussi, en surface, sur les infrastructures terrestres et le paysage urbain. " On nous a assuré qu'aucun produit ne serait injecté, qu'il n'y aurait pas de fracturation comme pour le gaz de schiste, et que les nappes phréatiques seraient préservées. On veut bien le croire, mais nous n'avons obtenu pour l'instant aucune garantie ", relate ce militant, qui réclame qu'EGL soit entendu dans le cadre du schéma d'aménagement et de gestion des eaux.

EGL sait jouer gros sur le terrain de la communication et souhaite éviter à tout prix l'amalgame entre gaz de schiste et gaz de houille. " Nous n'utilisons pas, dans notre activité, la technique de la fracturation hydraulique interdite en France ", répète à l'envi Frédéric Briens.

Le forage de puits horizontaux à branches multiples que sa société met en oeuvre est adapté, selon lui, aux exigences de développement durable. " Très perméable, le charbon lorrain est une roche naturellement fracturée, qui présente un réseau propre dans lequel peut circuler le grisou, explique-t-il. Nul besoin d'y injecter de l'eau, du CO2 ou tout autre produit pour faire remonter le gaz. La captation se fait naturellement, avec des drains latéraux installés dans la couche veineuse. "

Responsable du département prévention et sécurité au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Karim Ben Slimane est plus circonspect : " Il y a un potentiel de réserves que nul ne conteste, admet-il. Néanmoins, la faisabilité d'une production industrielle est loin d'être démontrée. " Et d'interroger : " Cette activité pourra-t-elle être économiquement rentable sans qu'il soit utile d'envoyer des produits et sans avoir besoin de multiplier le nombre de forages ? Est-on sûr que l'eau qui remontera ne sera pas chargée en métaux lourds ? Toutes les évaluations ont-elles été faites pour mesurer l'impact d'une telle exploitation sur l'environnement ? "

Le chercheur réclame une " évaluation du processus sous l'égide d'une instance indépendante ".

Nicolas Bastuck (à Metz) et Marie-Béatrice Baudet

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 07:00

gaz de schisteOn le voit à cet article : le gaz de schiste n'offre pas une réponse à tous les problèmes. D'une part, les majors n'y gagnent pas nécessairement beaucoup d'argent, mais, en plus, la technologie d'extraction de cette source d'énergie est très ouvertement critiquable... et critiquée.

Bref, il faut repenser le modèle de dépense énergétique en le rendant plus vert et non pas en tendant vers une exploitation irraisonnée de la planète car ses ressources ne sont pas inépuisables.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Février 2013

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Le gaz de schiste coûte cher aux pétroliers
L'industrie américaine profite de cette énergie abondante et bon marché, qui n'est pas rentable pour les majors

Le miracle des gaz de schiste aux Etats-Unis tourne un peu vinaigre pour les grands pétroliers. Pas de quoi envoyer par terre leurs résultats dont la publication au titre de 2012 vient de commencer avec ConocoPhillips et Shell, mais assez tout de même pour déplaire aux directeurs financiers de ces mastodontes.

En cause, la chute des prix du gaz naturel aux Etats-Unis. A 2,8 dollars par million de BTU (British Thermal Unit), le prix moyen du gaz, en 2012, sur le marché américain est très en deçà de ce qu'il était quand les majors du secteur ont investi. Résultat : ils doivent revoir la valorisation de leurs gisements.

AlphaValue tient la chronique de ces dépréciations qui, selon ses calculs, se sont montées à 10 milliards de dollars en 2012 (7,4 milliards d'euros) pour les acteurs européens du secteur (leurs concurrents américains ne sont pas soumis aux mêmes contraintes comptables).

L'anglo-australien BHP Billiton, premier groupe minier mondial, a passé une charge exceptionnelle de 2,8 milliards de dollars sur des champs situés dans l'Arkansas. BP a enregistré des dépréciations estimées à 2,1 milliards de dollars.

Total n'est pas épargné. Le groupe a passé au troisième trimestre une dépréciation de près de 800 millions de dollars pour réduire la valorisation de ses actifs américains dans le gaz de schiste. " Notre acquisition au Texas se traduit par une perte sérieuse qui ne remet en cause ni les résultats de Total ni son développement ", déclarait, dans Le Monde du 10 janvier, Christophe de Margerie, le PDG, rappelant que le groupe a fait ses études de rentabilité sur un prix qui était à plus de 6 dollars le million de BTU.

Avec ces dépréciations en 2012, les groupes européens sont-ils arrivés au bout de leurs opérations vérité quant à la valeur de leurs champs de gaz de schiste américains ? Pas sûr. " Les prix du gaz aux Etats-Unis se maintiennent à un niveau très bas malgré une reprise de la demande. On peut s'attendre à une nouvelle vague : 10 milliards de dollars de dépréciations sont à venir pour les groupes européens ", pronostique Alexandre Andlauer, d'AlphaValue.

" Les groupes pétroliers européens ne vont pas sortir du jour au lendemain des gaz de schiste aux Etats-Unis. Cette présence leur permet d'acquérir une expérience technologique qu'ils pourront ensuite rebasculer en Asie ou en Grande-Bretagne, par exemple ", tempère Denis Florin, associé de Lavoisier Conseil.

Les géants américains, pourtant très exposés sur le gaz de schiste - comme ExxonMobil qui a racheté pour 35 milliards de dollars XTO, spécialiste de l'exploration et de la production de gisement de gaz non conventionnel -, ne doivent pas revaloriser leurs actifs. Mais leurs résultats financiers sont aussi affectés par la faiblesse des prix du gaz.

En juillet 2012, Rex Tillerson, le patron d'ExxonMobil, affirmait que les groupes du secteur " allaient tous perdre leurs chemises " à cause de la faiblesse des prix du gaz.

Certains en perdent même leur job. Mardi, Chesapeake annonçait le départ de son patron et fondateur, Aubrey McClendon. Le groupe a investi massivement dans le gaz de schiste : la rentabilité n'étant pas au niveau attendu, les dettes s'envolent. A ses difficultés stratégiques se sont ajoutées, pour M. McClendon, des accusations quant à sa gestion personnelle de l'entreprise.

Pour autant, tout le monde ne perd pas de l'argent dans le gaz de schiste aux Etats-Unis. Les plus mal lotis sont ceux qui exploitent des bassins de gaz sec mais, dès " qu'il y a aussi des condensats ou du pétrole de schiste dans ces gisements, alors les groupes gagnent de l'argent ", souligne M. Florin.

Dans ce contexte, les pétroliers cherchent à s'adapter. Certains réduisent la voilure en attendant des jours meilleurs. D'autres font des économies pour abaisser les coûts de production. Ou, comme Shell, abattent de nouvelles cartes.

Le groupe anglo-néerlandais va ainsi construire une usine pétrochimique au nord-est de Pittsburgh (Pennsylvanie), afin de profiter de la réindustrialisation à l'oeuvre aux Etats-Unis grâce au... faible coût du gaz depuis l'entrée en scène des gaz et pétrole de schiste.

L'export est une autre option. Celle-ci permet de monétiser ce gaz trop bon marché. Shell veut créer, en association avec Kinder Morgan, une unité de liquéfaction de gaz naturel d'une capacité de 2,5 millions de tonnes par an avec pour objectif d'exporter ce gaz hors des Etats-Unis : même avec le transport, il serait compétitif avec celui produit en Europe et en Asie.

Pour l'instant, les autorités américaines n'ont donné leur feu vert qu'à un seul site, situé en Louisiane, pour qu'il exporte du gaz à compter de 2016, mais une quinzaine de projets sont sur la table.

L'administration Obama hésite à ouvrir davantage les vannes, tant sont primordiales la question de l'autonomie énergétique du pays, les gains en pouvoir d'achat et la réindustrialisation à l'oeuvre aux Etats-Unis dans le sillage des bas prix énergétiques. La Maison Blanche va arbitrer un match entre Houston et Detroit - pétroliers et industriels -, en somme, résume un expert.

Anne Eveno

    Shell prévoit d'investir 33 milliards de dollars en 2013

    Shell a annoncé, jeudi 31 janvier, un recul, en 2012, de 14 % de son bénéfice, à 26,6 milliards de dollars (19,6 milliards d'euros). Au 4e trimestre de l'exercice, Shell a enregistré une hausse de 3 % de son résultat trimestriel, à 6,7 milliards de dollars, à la faveur, notamment, d'un retour à meilleure fortune de son activité raffinage qui était dans le rouge à la même période de 2011.

    Toujours au 4e trimestre, Shell affiche une croissance de sa production de 3 %, à 3,41 millions de barils équivalents pétrole par jour. Malgré des perspectives incertaines dans certaines parties du monde, le groupe veut augmenter sa production d'hydrocarbures et prévoit d'investir 33 milliards en 2013, avec des projets au Nigeria, au Kazakhstan, en Irak et dans l'Arctique.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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Mercredi 24 avril 2013 3 24 /04 /Avr /2013 07:00

complexe.gifLes financiers ont tendance à faire une confiance aveugle dans les maths. Ils pensent que les modèles, car représentant des équations marchant dans certains cas, représentent la martingale absolue. Las, il n'en est rien, car le comportement humain ne peut se mettre en équation, car il est impossible de mettre en équation un comportement humain lié à l'interprétation des équations mathématiques qu'il a mis au point. En clair : le système est hyper-chaotique et hyper-réentrant car le comportement de l'humain face à l'équation n'est pas prise en compte dans l'équation. Tout comme n'est pas pris en compte dans l'équation, le fait que l'économiste n'est pas une machine, mais un humain, qui réagit avec des sentiments et émotions... qui ne sont pas contenues dans l'équation.

Bref, les maths dans la finance, ça ne marche pas... Mais ça a l'air de marcher car d'autres paient la note en cas de crise, donc, on continue car les états mettront toujours la main à la poche pour sauver les banques qui ont été à l'origine de la crise. Jusqu'à quand ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Janvier 2013

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Maths et finances, amours dangereuses

" DANS LES ANNÉES 1980, on a vu débarquer des financiers américains qui utilisaient nos équations à base de calculs stochastiques ", raconte Gilles Pagès, mathématicien et coresponsable du master de probabilités et finances de l'université Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie et de l'Ecole polytechnique, l'un des plus réputés au monde. " On explorait avec passion ces nouveaux domaines pour le compte des banques ", poursuit Gilles Pagès.

Parmi ces pionniers, trois mathématiciennes, Nicole El Karoui, Laure Elie et Helyette Geman vont collaborer avec des banques, tout en restant universitaires, et créer des masters spécialisés. Helyette Geman va diriger pendant dix ans le Master 203 de Dauphine. La France va ainsi devenir la première fabrique mondiale de ces mathématiciens financiers, les analystes quantitatifs. Dans le monde, un " quant ", ou maintenant un " strat " (pour " stratégiste ") sur trois est français.

Ces techniques, qui ont permis la création des produits dérivés et complexes, seront aussi les instruments de l'emballement du crédit et des audaces excessives qui aboutiront à la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008, puis à la fragilisation du système financier mondial.

" A l'origine, tous ces nouveaux produits dérivés des actions, des obligations et des taux d'intérêt étaient conçus pour couvrir un risque, par exemple de change ou d'évolution des prix, explique Gilles Pagès. Ils ont ensuite, et paradoxalement, été utilisés comme instruments spéculatifs, facteurs de risques. " " Les maths sont un maillon de la crise, mais pas décisif ", reconnaissait déjà Nicole El Karoui le 29 mars 2008 dans un entretien au Monde.

I. R.-L.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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