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Mercredi 17 juillet 2013 3 17 /07 /Juil /2013 07:00

AndreVallini Les opticiens vivent sur un principe économique qui est financé par les mutuelles. Cela n'est pas viable à terme car les mutuelles vivent des subsides de leurs adhérents. On ne peut pas continuer à cautionner des taux de marges bruts phénoménaux où des opticiens sont capables de gagner leur vie en ne vendant que deux paires par jour !

Il faut donc que l'Etat y mette le hola pour préserver l'équilibre économique des mutuelles. Les mutuelles doivent être interdites de rembourser des montures de lunettes à plus de 100Euros, montures dont le taux de marge approche régulièrement les 1000%.

 

M. Vallini étant un fan de lunettes devant l'éternel, je n'ai pu résister à mettre sa photo pour agrémenter cet article ;)

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Avril 2013

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Optique : la concurrence s'accroît, les marges aussi
Selon l'association UFC-Que choisir, chaque paire de lunettes rapporte 275 euros en moyenne au vendeur

Qu'il soit myope, presbyte, ou les deux, le porteur de lunettes risque de relire plusieurs fois le chiffre, pour s'assurer qu'il ne s'y méprend pas. Marge brute : 275 euros par paire de lunettes, soit 70 % du prix de vente. Selon une étude de l'UFC-Que Choisir publiée mardi 23 avril, c'est ce que touche en moyenne un opticien lorsqu'il vend une monture et des verres.

Une marge " exorbitante ", estime l'association de consommateurs, qui avance une explication pour le moins paradoxale : le nombre croissant de magasins d'optiques, porté par l'augmentation du nombre de diplômés qui sortent chaque année des écoles d'optique.

" Nous voyons se multiplier l'ouverture de boutiques sans que cette concurrence ne profite aux clients avec des prix en baisse, ce qui est contraire à toute logique économique, souligne Mathieu Escot, l'auteur de l'étude. Cela tient à la complexité des produits et à l'opacité tarifaire du marché, qui ne permet pas au consommateur de se repérer.

Avec 11 422 points de vente en France, le nombre d'opticiens a augmenté de 47 % en douze ans, alors que le besoin, lui, n'a progressé que de 13 %. " Cette explosion ne correspond pas à une logique de santé publique, et ne peut s'expliquer que par la rentabilité élevée de l'activité de distribution de lunettes ", note le document.

Mais comme le marché a progressé moins vite que les implantations, le chiffre d'affaires par magasin a baissé de 6,6 % entre 2005 et 2012. " L'an dernier, chaque magasin n'a vendu que 880 paires de lunettes, soit 2,8 équipements par jour ouvré ", souligne l'UFC-Que Choisir. " Les frais fixes d'un magasin se répercutent sur ces seules 2,8 paires de lunettes. " Maintenir la rentabilité suppose donc de vendre ses montures à des prix élevés.

Pour l'UFC-Que Choisir, " cette multiplication injustifiée " de boutiques génère un surcoût estimé à 54 euros par paire vendue. Deuxième facteur d'inflation, " la seconde paire de lunettes offerte " qui n'a de gratuit que le nom car les dépenses marketing représentent 60 euros par paire et " plombe la facture des consommateurs ".

Pour baisser les prix, l'UFC-Que Choisir préconise de généraliser les réseaux de soins développés par les complémentaires santé. Ces dernières organisent des réseaux d'opticiens qui en contrepartie d'un volume d'activité important acceptent de baisser leurs tarifs. " Des opticiens me disent qu'à ces prix-là, on ne peut plus vendre de la qualité. Moi, je sais combien coûte un loyer, un magasin, la publicité ", se défend Alain Afflelou, président du conseil de surveillance, du groupe du même nom. Pour lui, les dépenses des Français en optique sont dues au comportement des mutuelles et des assurances, qui ont créé des mauvaises habitudes chez les consommateurs : " Il y a quinze ans, on changeait de lunettes tous les quatre ans. Désormais, c'est tous les ans...

Enquête sur les montures

Chez Krys, si Jean-Pierre Champion, directeur général du groupe, reconnaît que " la marge brute est élevée " pour payer les loyers des magasins et la masse salariale (30 % du chiffre d'affaires), " il faut regarder la marge nette, qui est inférieure à 4 % ".

Par ailleurs, l'Autorité de la concurrence instruit une enquête sur le marché des montures, aux mains de quelques acteurs. Concernant la fabrication des verres, l'UFC-Que Choisir souligne qu'Essilor " est en position de domination écrasante en France " avec 66 % du marché. Cela lui permet " d'afficher une rentabilité élevée ".

" Il suffit d'aller dans n'importe quel magasin pour voir que les opticiens nous mettent en concurrence avec d'autres fabricants, mais c'est vrai nous sommes le leader sur les produits innovants et personnalisés, souvent plus haut de gamme et donc plus chers ", reconnaît Eric Léonard, directeur Europe d'Essilor. Celui-ci constate la montée en puissance des fabricants asiatiques avec des verres à bas prix. " Ils détiennent, en volume, un quart du marché français environ. " Depuis quelques mois, Marc Simoncini, qui a lancé en 2011 un site Internet de vente de lunettes et de lentilles de contact, bataille contre les grands réseaux d'opticiens. L'ancien patron de Meetic souhaite " diviser par deux le prix d'une paire de lunettes ". Il s'est donné dix ans pour y arriver, et dit viser entre 3 % et 5 % du marché. Pour l'heure, il vend 10 % des lentilles en France et quasiment pas de lunettes. Les spécialistes lui mettent des batons dans les roues, argue-t-il. " L'un des deux fournisseurs de montures de luxe - Safilo - ne veut pas nous vendre ses produits, et Essilor nous explique qu'il ne veut pas vendre ses verres sur Internet ", s'insurge M. Simoncini.

" Il faut être très précis dans les mesures à prendre pour commander un verre complexe puis le monter correctement, ce que ne permet pas aujourd'hui Internet " , répond M. Leonard. " Nous aurions pu aussi aller sur le Web, mais il n'est pas encore possible de le faire. Il faut choisir, régler les montures. Nous ne sommes pas des épiciers ! ", s'énerve Alain Afflelou. De son côté, M. Simoncini dit " ne pas comprendre la virulence des réactions " du milieu de l'optique. Le 15 avril, il s'exprimait sur Twitter, rageur : " Les chaussures sur Internet ça ne marchera jamais ! Le luxe ça ne marchera jamais ! Les rencontres ça ne marchera jamais ! L'optique... "

Dominique Gallois et Julien Dupont-Calbo

    Un marché en expansion

    Toujours plus de magasins

    Le nombre de points de vente en France a progressé de 47 % entre 2000 et 2012, passant de 7 773 à 11 400 magasins. Selon l'association de consommateurs UFC-Que choisir, cette croissance dépasse largement l'augmentation des besoins médicaux de la population, estimée à + 13 % sur la même période. Chaque magasin ne vend aujourd'hui que 2,8 paires de lunettes par jour en moyenne.

    Des marges confortables

    Une paire de lunettes est vendue en moyenne 393 euros hors taxe (soit 470 euros TTC), 3,3 fois son prix d'achat par l'opticien (118 euros). Celui-ci dégage une marge brute de 275 euros.

    Des ventes qui progressent

    Le marché français représentait 5,794 milliards d'euros en 2012, selon l'institut d'études GfK, en hausse de 1,2 % par rapport à 2011. Depuis cinq ans, la progression du volume de ventes est constante.

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : Parti du Renouveau Politique
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Mardi 16 juillet 2013 2 16 /07 /Juil /2013 07:00

2826be1dOn constate, encore une fois, au vu de cet article, que les économistes ne sont pas à la hauteur de l'aura qu'on leur porte. En voilà donc qui disent que l'austérité stoppe la croissance : la belle affaire !

Remettons les choses à leur place en rappelant les fondements de l'économie.

Dans la vie, pour financer des dépenses, on peut soit économiser et travailler, soit emprunter. Beaucoup de pays ont choisi l'emprunt, argent facile par excellence. Cependant, un emprunt doit se rembourser. Car si on ne le rembourse pas, on ne peut plus emprunter, ou alors à des coûts faramineux, à la hauteur de risque que prend le prêteur vis à vis de l'emprunteur.

Ainsi, on peut être en difficulté lorsqu'il s'agit de rembourser ses dettes. On ne peut pas les rembourser d'un coup car on stoppe la croissance. C'est vrai. Mais l'austérité n'est pas en cause ! Si on gère l'argent en tant que personne responsable au départ, on évite d'avoir recours à l'emprunt, in fine au remboursement qui va avec !

C'est donc un peu facile de critiquer l'austérité. On n'aurait pas eu à le faire si on avait été responsable au début. Dans la fameuse fable de la fontaine, la cigale peut critiquer la fourmi qui ne prête pas, mais la cigale a été elle même bien plus fautive !

Savoir gérer correctement le budget aujourd'hui permet d'éviter les douleurs de demain : ces simples principes sont absent des pensées de nos économistes, et c'est cela qui permet de se poser des questions sur leurs compétences.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Avril 2013

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Le désaveu de deux économistes américains met à mal les partisans de l'austérité
L'Américain Kenneth Rogoff a reconnu une erreur. Ses travaux démontraient qu'au-delà de 90 % du PIB, la dette publique fait chuter la croissance

Brillants économistes hier, écoutés des politiques et des puissants, les deux professeurs renommés de Harvard Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart viennent soudain de basculer dans la disgrâce. L'origine du désaveu : une erreur. Ou plutôt " une série d'erreurs " qui se seraient nichées dans leurs travaux datant de 2010 sur les méfaits de l'endettement public (Growth in a Time of Debt, " la croissance au temps de dette ") à en croire Robert Pollin et Michael Ash, professeurs d'économie à l'université du Massachusetts.

Ces fautes sont suffisamment importantes pour démonter leur thèse affirmant - statistiques à l'appui - qu'une dette publique, lorsqu'elle dépasse le seuil de 90 % du produit intérieur brut (PIB), provoque un effondrement de la croissance. Ils avaient montré que le PIB, calculé sur 20 pays au cours de la période d'après-guerre, passait de + 3 % à + 4 % en moyenne à - 0,1 % dès que la dette franchit 90 %.

C'est en faisant travailler l'un de ses étudiants, Thomas Herndon, que le professeur Pollin a réalisé la faute commise par ses confrères. " Mon étudiant ne parvenait pas à refaire la démonstration ", nous a-t-il expliqué au téléphone.

M. Pollin n'est pas un militant de la relance ni un fanatique de la dépense publique, mais il espère bien que la conclusion de ces " contre-travaux " arrivera jusqu'aux oreilles des chefs d'Etat. Car, aux Etats-Unis comme en Europe, le seuil de 90 % a été brandi comme un argument imparable pour les défenseurs de l'austérité. " Beaucoup ignoraient sans doute l'origine de ce chiffre, poursuit M. Pollin, mais tous étaient persuadés qu'en basculant au-delà de ce 90 %, on tomberait dans l'abîme. "

Blessé, M. Rogoff a reconnu la faute, assurant, dans une lettre datée du 17 avril, qu'il " redoublerait d'efforts pour éviter, à l'avenir, de telles erreurs ". Mais il maintient l'idée d'un lien néfaste entre surendettement et croissance. Il n'empêche. Encensés hier pour leurs travaux, M. Rogoff et Mme Reinhart, sont aujourd'hui accusés par la blogosphère d'avoir " bidouillé " des chiffres pour défendre leur thèse, et d'avoir détruit des millions d'emplois en incitant les Etats à faire de la réduction des déficits une priorité.

" Orientés politiquement "

" Ce n'est pas la première fois que nos travaux sont accusés d'être orientés politiquement ", signale, un peu désabusé, M. Rogoff dans son courrier. Il rappelle que leurs analyses ont aussi été critiquées, il y a quelques mois, pour avoir influencé l'autre camp, celui de Barack Obama.

Au sein de la communauté académique la réaction est moins virulente. La plupart des économistes reconnaissent leurs " travaux passionnants " et attestent d'un lien entre surendettement et croissance. " L'Etat, pour s'endetter, pompe les crédits ", pointe Gérard Béaur, chercheur au CNRS. C'est autant d'argent qui ne va pas dans l'économie réelle. " Et à un moment ou un autre, poursuit-il, quelqu'un doit payer " : le contribuable (par l'intermédiaire des hausses d'impôts), le consommateur (par les taxes indirectes) ou le rentier (par l'inflation).

Bref, il y a sans doute un lien entre dette et croissance, mais comment le démontrer ? Trop de paramètres entrent en jeu. Est-ce le surendettement qui fait chuter le PIB ou la baisse du PIB qui conduit à faire gonfler la dette ?

Finalement, la plus grave erreur de M. Rogoff et de Mme Reinhart est d'avoir agité " un chiffre magique autour duquel tout s'ordonnerait ", pense Alain Alcouffe, professeur à l'université de Toulouse. Ce dernier s'est d'ailleurs déjà servi du " cas Rogoff-Reinhart " pour apprendre à ses élèves " à se méfier de démonstrations statistiques trop parfaites ".

Claire Gatinois

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : Parti du Renouveau Politique
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Lundi 15 juillet 2013 1 15 /07 /Juil /2013 07:00

18 Assemblee NationaleLa majorité de nos politiques et de nos dirigeants proviennent des IEP. Quand on voit l'argent que l'on dépense pour former des personnes qui seront incapables de voter un budget à l'équilibre pour la France, on peut ouvertement se poser des questions quant à la pertinence de la formation !

Nos futurs politiques ne sont pas les seuls à sortir des IEP : on a aussi des dirigeants comme M. Pépy, PDG de la SNCF, qui ne sait pas ce qu'est un client.

Bref, ces instituts coûtent beaucoup pour des résultats médiocres. On serait bien avisé de réformer ces instituts qui, très clairement, ne remplissent pas les objectifs de formation de nos dirigeants.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Avril 2013

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Paris, régions : les sciences politiques ne se valent pas

Pour l'Etat, un étudiant de Sciences Po Toulouse vaut-il un étudiant de Sciences Po Paris ? La vieille querelle des inégalités de dotation publique entre les neuf instituts d'études politiques (IEP) de France est peut-être en passe d'être vidée. En recevant les six IEP les plus " pauvres ", jeudi 11 avril, le ministère de l'enseignement supérieur a promis des discussions et assuré vouloir réduire les inégalités.

Se cabrant devant les efforts que l'Etat leur demande en 2012-2013, les IEP d'Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse avaient écrit le 5 avril à leur ministre, Geneviève Fioraso, pour dire leur ras-le-bol. L'amputation de 5 % de leur dotation de fonctionnement, conséquence du surgel budgétaire décidé par le gouvernement, est " perçue comme inéquitable ", préviennent les rebelles. Car " cette décision vient amoindrir les moyens d'action d'établissements déjà sous-dotés " qui se démènent notamment pour démocratiser l'enseignement supérieur.

L'Etat donne moins aux étudiants de ces six établissements qu'à ceux des trois autres IEP de France (Paris, Bordeaux, Grenoble). Si l'on rapporte la part publique du budget des IEP au nombre d'étudiants accueillis, la dotation est de 7 600 euros par étudiant à Paris, contre 2 600 euros à Lille (Le Monde du 2 février 2012).

L'entourage de Mme Fioraso réfute ce critère, lui préférant le nombre de postes payés par l'Etat pour cent étudiants : l'IEP le moins bien doté, Lille, dispose de 3,93 professeurs pour 100 étudiants, contre 7,3 à Grenoble. Le cabinet exclut l'IEP de Paris de cette comparaison, car " son modèle est différent " et l'établissement (qui a reçu 68 millions d'euros de l'Etat en 2012, sans compter une centaine de postes) paie lui-même l'essentiel de ses enseignants.

Toutefois, les inégalités seront comblées, assure le ministère. Huit postes ont été créés en 2013 à Aix-en-Provence, à Lille, à Rennes et à Toulouse. Cette politique " serait poursuivie en 2014 et dans les années à venir ", ont confié des IEP en sortant du ministère.

Point sensible

Par ailleurs, " Geneviève Fioraso a demandé à Frédéric Mion - le nouveau directeur de Sciences Po Paris - de reprendre une politique de coopération avec les IEP ", précise son entourage. Le point est sensible : quel rôle doit jouer la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP, qui gère l'IEP de Paris) ? Celle-ci, déplore le " groupe des six ", " a cessé purement et simplement d'assumer ses devoirs vis-à-vis des IEP en région et fonctionne de facto au seul service de l'IEP de Paris, en contradiction flagrante avec les missions qui lui avaient été confiées à la Libération ".

Ce point fera notamment l'objet de " discussions " qui vont s'engager, sous l'égide du ministère. Mais un retour au statu quo ante a peu de chances d'aboutir. L'idée, aujourd'hui, est plutôt que les IEP s'affirment au sein de leur université de rattachement. Ils devront cependant coopérer avec la FNSP sur les concours, la recherche ou la gestion de la marque.

Reste une question : " Pourquoi, s'interroge Pierre Mathiot, directeur de Lille, l'Etat continuerait-il de donner autant à la FNSP si elle cesse de jouer tout rôle de coordination ? Pourquoi ne pas attribuer directement au vrai réseau des IEP, le nôtre, une partie de la dotation donnée à Paris ? "

Benoît Floc'h

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : Parti du Renouveau Politique
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Vendredi 12 juillet 2013 5 12 /07 /Juil /2013 07:00

2826be1dUne chose frappe à la lecture de cet article : si le contenu des cours d'économie est à ce point sujet à caution, comment peut-on former des personnes qui seront des experts dans leur domaine ?

Malheureusement, la réponse va de soi : car la formation est défaillante, l'économiste ne peut être que défaillant.

L'économie n'est pas une science. L'écart entre la théorie et la pratique est tel qu'il ne respecte pas les principes mathématiques de base devant donner un cadre à la matière.

Ainsi, théoriquement, un crash économique doit avoir lieu tous les siècles. On en est loin, puisque un crash économique arrive en moyenne tous les 30 ans. Il manque donc une humilité dans le cadre de l'économie, humilité qui ne deviendra jamais la règle car les économistes vivent de leurs prédictions.

L'économiste, comme le disait Mitterrand est-il un incompétent ? Au vu de cet article, j'ai bien peur qu'il ait eu raison.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Avril 2013

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Ma licence d'économie ne connaît pas la crise
Un collectif d'étudiants dénonce le manque de pluralité dans l'enseignement de l'économie à l'université, dont il juge l'approche trop éloignée de la réalité

Réuni en états généraux, samedi 6 avril, à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, le collectif d'étudiants Pour un enseignement pluraliste de l'économie dans le supérieur (PEPS) veut en finir avec " cet enseignement de l'économie étrangement déconnecté de l'histoire qui s'écrit sous nos yeux ".

Leur souhait ? Que les cours s'ancrent dans l'actualité avant d'en venir à l'exposé des théories. Les étudiants partent du principe qu'il ne s'agit pas de former des chercheurs mais des cadres du privé capables de recul et d'adaptation. Ils réclament aussi l'application d'une vraie pluridisciplinarité pour étudier les faits à la lumière de plusieurs sciences sociales.

" Nous sommes conscients que ce que nous réclamons exige une grande coordination des équipes pédagogiques et un bouleversement des méthodes ", concèdent les animateurs du collectif. " Il faudra que les professeurs renouvellent le contenu de leurs cours chaque année ", persifle un étudiant dans la salle. Les enseignants présents prêtent une oreille attentive, à l'instar d'Etienne Wasmer, professeur d'économie à Sciences Po. " L'initiative est intéressante et mérite d'être expérimentée ", juge-t-il prudemment.

D'autres sont plus dubitatifs. Professeur en prépa au lycée Henri-IV, pourtant favorable à l'initiative, Pascal Combemale prévient : " Attention au tourisme pluridisciplinaire. " Et il s'interroge : " Aujourd'hui, où sont les professeurs capables d'une telle ouverture ? " " Il est nécessaire de tenir compte de la diversité des étudiants, des cursus, des établissements ", remarque Pascal Le Merrer, de l'Ecole normale supérieure de Lyon et directeur des journées de l'économie.

" Il faut le dire, les enseignants chercheurs accaparés par leurs publications se préoccupent très peu de leurs étudiants. C'est d'ailleurs le seul métier pour lequel aucune formation n'est dispensée ", s'insurge Gilles Raveaud, maître de conférences en économie à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII, à Saint-Denis

" Lorsque, dans une soirée, on m'interpelle sur, par exemple, ce qui se passe en ce moment à Chypre ou sur le chômage des jeunes, je suis incapable de répondre... Et je me pose des questions sur l'utilité de ce que j'apprends. L'actualité économique et sociale est dramatiquement absente des cursus d'économie ", explique Arthur Jatteau, doctorant à l'université d'Amiens. " Nous sommes déçus des cours. Ils ne nous permettent pas de parler, d'analyser la majorité des événements actuels ni, a fortiori, la crise ", surenchérit un autre étudiant. " Lorsque je ressors, en travaux dirigés, un exercice sur la croissance, qui date d'il y a cinq ans, je n'y crois pas moi-même ", témoigne une doctorante chargée de cours à Paris-I. La crise ne fait qu'accentuer le divorce entre la théorie et la réalité.

La contestation des étudiants du PEPS pointe un triple manque de pluralisme de leur enseignement : leurs cursus ne sont pas assez ouverts sur les autres sciences sociales, une part trop belle est faite à l'approche quantitative statistiques, probabilités, économétries, modélisations , au détriment d'une démarche qualitative, d'enquêtes de terrain, d'entretiens ; et pour clore le tout, les étudiants jugent l'approche orthodoxe néoclassique omniprésente : " Nous ne sommes pas anti-école néoclassique mais nous souhaitons la replacer dans le cadre plus général des sciences économiques, afin qu'elle soit enseignée au même titre que les autres écoles de pensée ", précise Arthur Jatteau. En étudiants consciencieux, les membres du collectif prouvent le bien-fondé de leur malaise et ont, pour cela, disséqué le contenu de 50 (sur 54) licences d'économie et d'écogestion proposées par les universités.

L'épistémologie, par exemple, qui est l'étude critique des sciences, n'est proposée que dans une seule université. L'histoire de la pensée économique ne représente que 1,7 % des enseignements, une quinzaine d'universités faisant l'impasse dessus. " Or l'histoire de la formation des concepts et des théories est indispensable pour les relativiser et les replacer dans leur contexte ", juge Julie Dayot, étudiante membre du PEPS. Même sort pour l'histoire des faits économiques, présente dans 1,6 % des cursus.

En additionnant ces trois disciplines oubliées, que les étudiants appellent " réflexives " car elles permettent un regard sur l'économie en tant que science, on atteint 5,5 % des enseignements dispensés. A l'opposé, les outils techniques, statistiques, probabilités, économétrie, occupent 19,5 % des heures de cours. S'y ajoutent ce que les étudiants surnomment les cours " mic-mac ", pour microéconomie (10,7 %) et macroéconomie (12,8 %). " En classes prépa d'écoles de commerce, l'économie est peut-être enseignée avec plus d'ouverture, en particulier avec les cours d'analyse économique et historique des faits contemporains ", témoigne un élève de prépa.

Le mécontentement ne reste pas limité à la France puisque d'autres mouvements étudiants, en Allemagne et au Canada, ont, sans concertation entre eux, dressé le même constat. Le réseau allemand Plurale Ökonomik, par exemple, parti d'Heidelberg en 2003, a dressé sa carte des universités en leur attribuant une " note de pluralité ". Dans sa lettre ouverte, le réseau demande que 20 % des chaires soient occupées par des économistes hétérodoxes et qu'y soient dispensés plus de cours sur l'histoire de la pensée économique.

Isabelle Rey-Lefebvre

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : Parti du Renouveau Politique
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Jeudi 11 juillet 2013 4 11 /07 /Juil /2013 07:00

dicteeCette fois-ci, c'est sûr. Notre système éducatif est en crise. Il coûte cher et n'est pas bon. M. Prost, historien de l'éducation de son état en convient et tire la sonnette d'alarme.

Quand va-t-on enfin réagir et redonner à notre pays la place qui doit lui revenir en matière d'éducation ? Quand va-t-on avoir des politiques qui vont avoir le courage d'engager des réformes ambitieuses, si nécessaires, contre un corps enseignant ankylosé dans un système syndical d'un autre âge ?

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Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c'est vrai !
LE MONDE | 20.02.2013 à 14h43 • Mis à jour le 20.02.2013 à 15h03 Par Antoine Prost, historien de l'éducation

A force de crier au loup, c'est en vain qu'on appelle au secours s'il surgit... On a tellement dénoncé la baisse du niveau, alors qu'il montait, comme le montraient les évaluations faites à la veille du service militaire, lors des "trois jours", qu'aujourd'hui l'opinion ne s'alarme guère, alors qu'il baisse pour de bon.

Il faut pourtant sonner le tocsin. Tous les indicateurs sont au rouge. Dans les fameuses enquêtes PISA, la France est passée entre 2000 et 2009, pour la compréhension de l'écrit, du 10e rang sur 27 pays au 17e sur 33.

La proportion d'élèves qui ne maîtrisent pas cette compétence a augmenté d'un tiers, passant de 15,2 %, à 19,7 %. En mathématiques, nous reculons également et nous sommes dans la moyenne maintenant, alors que nous faisions partie du peloton de tête.

Ces chiffres gênent : on les conteste. Ce sont des évaluations de compétences à 15 ans, qui mesurent indirectement les acquisitions scolaires...

Et pour ne pas risquer d'être mal jugés, nous nous sommes retirés de l'enquête internationale sur les mathématiques et les sciences. Mieux vaut ne pas prendre sa température que de mesurer sa fièvre.

Mais cela ne l'empêche pas de monter. Les données s'accumulent.

Voici une autre enquête internationale qui, elle, fait référence aux programmes scolaires (Pirls). Elle porte sur les compétences en lecture après quatre années d'école obligatoire, donc à la fin du CM1.

En 2006, sur 21 pays européens, la France se place entre le 14e et le 19e rang selon les types de textes et les compétences évaluées.

Les enquêtes nationales vont dans le même sens. Le ministère a publié une synthèse des évaluations du niveau en CM2 de 1987 à 2007 (note d'information 08 38).

Si le niveau est resté stable de 1987 à 1997, il a en revanche nettement baissé entre 1997 et 2007. Le niveau en lecture qui était celui des 10 % les plus faibles en 1997 est, dix ans plus tard, celui de 21 % des élèves.

ENRAYER CETTE RÉGRESSION

La baisse se constate quelles que soient les compétences. A la même dictée, 46 % des élèves faisaient plus de 15 fautes en 2007, contre 21 % en 1997.

L'évolution en calcul est également négative. Le recul n'épargne que les enfants des cadres supérieurs et des professions intellectuelles, dont les enseignants.

Le dernier numéro (décembre 2012) d'Education et formations, la revue de la direction de l'évaluation du ministère, présente une étude sur le niveau en lecture en 1997 et 2007 : la proportion d'élèves en difficulté est passée de 14,9 %, à 19 %, soit une augmentation d'un tiers.

Un élève sur trois est faible en orthographe, contre un sur quatre dix ans plus tôt.

Il est urgent de réfléchir aux moyens d'enrayer cette régression. Les résultats convergents et accablants qui viennent d'être cités sont tous antérieurs à la semaine de quatre jours.

Qui peut soutenir qu'elle ait amélioré les choses ?

Cela dit, elle n'est pas seule en cause. Si l'on ne trouve pas les moyens de faire travailler plus efficacement les élèves, le déclin est inéluctable.

Le projet de Vincent Peillon donne opportunément la priorité au primaire, mais aucun ministre n'a de prise directe sur ce qui se fait dans les classes.

C'est aux professeurs des écoles et à leurs inspecteurs qu'il revient d'y réfléchir collectivement. Et le temps presse : nous avons un vrai problème de pédagogie qui ne se résoudra pas en un jour.

Antoine Prost, historien de l'éducation

Par Philippe NOVIANT - Publié dans : Informations - Communauté : CAP21
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