Publié le 28 Septembre 2012

04188384-photo-samsung-appleMoi, ce que je retiens de cette histoire, c'est que pour un même procès en Corée, la justice renvoie dos à dos les deux compères, mais qu'aux Etats-Unis, la justice va dans le sens d'Apple.

C'est quand même bizarre de demander à un pays d'arbitrer entre son champion industriel national et son concurrent étranger.

Je persiste à penser que Google et Samsung feraient mieux de s'associer en se partageant leur clientèle qu'à dépenser des millions en procès.

J'ai un copain procureur qui m'a toujours dit : "Mieux vaut un mauvais accord, qu'une décision de justice". A méditer.

 

Le deuxième article est particulièrement intéressant car il montre que l'ambiance du procès est déterminante dans la mesure, où, aux Etats-Unis, c'est un jury populaire, donc, pas nécessairement spécialiste, qui tranche.


Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 28 Août 2012

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Derrière Samsung, Apple veut tuer Google
La condamnation du sud-coréen pourrait rebattre les cartes de l'industrie mondiale du smartphone

Après le coup de tonnerre, l'onde de choc. En donnant raison vendredi 24 août à l'américain Apple dans sa guerre des brevets contre le sud-coréen Samsung (Le Monde daté 26-27 août), un tribunal californien rebat les cartes de la bataille mondiale des téléphones mobiles. Une décision dont les conséquences pourraient être énormes pour l'ensemble de l'industrie et dont les analystes tentent encore de cerner tous les contours.

Les conséquences pour SamsungDès vendredi soir, le groupe sud-coréen a indiqué son intention de tout faire pour " renverser " le jugement du tribunal de San José. Mais l'action du constructeur n'en perdait pas moins 6,81 % lundi matin à la Bourse de Séoul.

L'amende de 1,05 milliard de dollars (1,2 milliard d'euros) infligé au constructeur - que le juge peut tripler dans la mesure où les jurés ont jugé que le coréen avait sciemment violé six brevets d'Apple - est certes largement amortissable par le groupe. Au deuxième trimestre 2012, il a réalisé un résultat net de 3,7 milliards de dollars grâce au succès fulgurant de sa gamme de smartphones Galaxy, dont la dernière mouture, le Galaxy S3, est sortie en grande pompe en juin.

Si Apple obtient le retrait de certains produits Samsung - le juge tranchera le 20 septembre -, le coréen pourrait voir son chiffre d'affaires s'effondrer aux Etats-Unis, au moins pour quelques mois. Car, comme certains analystes l'indiquent, le groupe de Suwon est en mesure de trouver une parade rapidement. " La structure de Samsung est faite de telle sorte qu'ils sont suffisamment innovants et inventifs pour contourner ces brevets et proposer des produits différents, note un analyste. Un retrait de leurs terminaux du marché américain ne les bloquerait que pour un, voire deux trimestres maximum. "

Si le coréen fait appel... La cour de San José est tellement encombrée que, selon certaines estimations, le jugement en appel ne pourrait avoir lieu avant 2014. Ce qui laisse aux deux camps le temps de fourbir un peu plus leurs armes. Cependant, en appel, pas de jury populaire qui vaille. Les deux géants devront s'affronter devant des juges professionnels. Une lueur d'espoir pour Samsung. Reste que, bien que professionnels, ces juges n'en sont pas pour autant des spécialistes en nouvelles technologies, ni même en droit de la propriété intellectuelle. Ils pourront, cependant, faire appel à des experts en mesure de les conseiller.

Les armes dont dispose Samsung pour la bataille Apple et Samsung sont très dépendants l'un de l'autre. Le coréen fournit à l'américain un tiers de ses composants - dont le fameux écran à très haute définition dit " Retina " -, ce qui fait de la firme à la pomme son premier client. Selon IHS iSuppli, Apple devrait acheter pour plus de 10 milliards de dollars de composants à Samsung en 2012, contre 7,8 milliards en 2011 (5,4 % du chiffre d'affaires).

Dans ce contexte, le coréen pourrait, par exemple, décider d'arrêter d'approvisionner le groupe de Cupertino. Apple devrait alors se rabattre sur ses autres fournisseurs, comme LG qui lui vend aussi le " Retina ". Une solution " trop coûteuse ", estime un analyste.

Le coréen dispose par ailleurs de brevets dits " essentiels ", concernant la norme " 3G " ainsi que le Wi-Fi, qu'Apple viole en refusant de verser des droits de licence à son concurrent. " Samsung pourrait épingler Apple là-dessus partout ailleurs dans le monde. Avec les arriérés, ça couvrirait largement l'amende qu'il a été condamné à verser ", note Me Cyrille Amar, avocat spécialiste en droit de la propriété intellectuelle.

Derrière Samsung, Apple a aussi attaqué Google Pour feu Steve Jobs, Android, le système d'exploitation de Google était un produit " volé ". Il avait promis de déclencher une " guerre thermonucléaire " contre le moteur de recherche. Seulement voilà, le moteur de recherche ne peut pas être attaqué en justice pour son produit pour la bonne et simple raison qu'il n'en tire pas de profit matériel.

En attaquant Samsung, c'est aussi - et surtout ? - Google qu'Apple vise. Car le coréen est le porte-drapeau d'Android. Freiner son avancée sur le marché américain, c'est une manière d'entamer les excellentes parts de marché de Google dans les smartphones. Si le jugement est confirmé en appel, beaucoup de constructeurs risquent de se tourner vers d'autres plate-formes comme Windows Phone, le système d'exploitation de Microsoft.

Android, l'autre victime du jugement de San José Tous les constructeurs de smartphones ayant fait le choix d'embarquer Android - le taïwanais HTC, le sud-coréen LG, le chinois ZTE, le japonais Sony... - se retrouvent fragilisés par le jugement concernant Samsung. " Tous ces fabricants vont devoir vérifier que leur interface utilisateur ne viole pas de brevet Apple sur le design. Cela va forcément mener à de nouveaux délais de lancements pour certains produits... ", note Wayne Lam, du cabinet IHS iSuppli. " Apple est aussi en procès contre HTC et vu la sévérité du jugement avec Samsung, le groupe taïwanais va probablement être touché par un verdict similaire ", prévient Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas. Et la victoire contre Samsung devrait même inciter Apple à continuer sa lutte judiciaire pour protéger ses brevets.

Les fabricants vont donc devoir se distinguer davantage, explorer de nouvelles voies... Des innovations qui pourraient à terme fragiliser le grand vainqueur de ces contentieux, Apple.

De nouvelles perspectives pour Nokia et Microsoft Le jugement pourrait, selon Wayne Lam, bénéficier aux plateformes qui n'ont pas connu le succès commercial escompté. C'est notamment le cas de Nokia et de ses smartphones Lumia tournant sous Windows Phone, le système d'exploitation de Microsoft. Ces derniers ont même été brandis comme exemple par Apple pendant le procès pour montrer qu'il existait une alternative à l'iPhone. RIM avec ses Blackberry ou encore HP et son système d'exploitation WebOs pourraient aussi, selon M. Lam, revenir dans la danse.

Sarah Belouezzane, Clément Lacombe et Audrey Tonnelier

    Le coréen épinglé sur l'iPhone, pas sur l'iPad

    Apple reprochait à Samsung d'avoir violé quatre brevets de design et trois brevets de technologie, notamment concernant les fonctions tactiles de ses appareils. Pour le design de l'iPhone, les jurés ont donné raison à la firme à la pomme. Cette dernière estimait que lui revenait la paternité du fameux " rectangle avec des coins arrondis ", mais aussi de l'écran et de la forme générale du téléphone. La Cour a, en revanche, rejeté la plainte d'Apple concernant le design général de sa tablette iPad. Apple défendait aussi plusieurs fonctionnalités de ses appareils : les listes déroulantes, le principe de rotation de l'image sur l'écran, l'effet " élastique " quand l'utilisateur essaie de se déplacer (" scroll ") après la fin d'une liste, les techniques de zoom - taper deux fois sur l'écran, zoomer en écartant les doigts... Samsung estimait que son concurrent avait violé plusieurs de ses brevets couvrant des technologies de télécommunications, comme l'utilisation du brevet UMTS/3G et des fonctions spécifiques aux smartphones. Les jurés ont dû répondre à plus de 600 questions pour remplir les 20 pages du verdict.
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    Lire aussi le dossier du " Monde Eco&Entreprise ".

 

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Une guerre des brevets tous azimuts qui soulève nombre de questions

LA GUERRE des brevets fait rage dans la Silicon Valley. Le nombre de procès entre fabricants détenteurs de telle ou telle innovation ne cesse de croître. Tous les constructeurs sont, ou ont été, à un moment ou à un autre, impliqués dans un litige. Certains acquièrent même des entreprises uniquement pour leur portefeuille de brevets, comme Google avec Motorola.

La retentissante victoire d'Apple face à Samsung devant la cour de San José (Californie) pose bien des questions outre-Atlantique. Notamment celle du rôle de la United States Patents and Trademark Office, l'organisme américain dont la fonction est d'enregistrer les brevets. Certains jugent qu'elle en fait trop.

L'institution accepte, en effet, d'enregistrer des brevets qui concernent toute sorte d'innovations, dont certaines sont essentielles et d'autres non. Dans cette dernière catégorie, on trouve des brevets qui ne relèvent pas à proprement parler d'une innovation technologique, mais plutôt d'une idée et de la manière de la mettre en oeuvre sur le smartphone.

C'est le cas de trois des six brevets que Samsung est supposé avoir violés. Parmi eux, le pinch, à savoir agrandir ce qu'il y a sur un écran en écartant les deux doigts, ou encore le bounce qui permet à l'écran de rebondir pour indiquer que l'utilisateur est à la fin d'une page ; sans oublier la forme " rectangulaire à angles arrondis ". Résultat, un smartphone peut, selon l'International Herald Tribune, être couvert par plus de 250 000 brevets.

" Il ne faut pas oublier que quasiment tous les constructeurs, sauf Apple, détiennent des brevets dits "essentiels", pointe Me Cyrille Amar, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle. D'ailleurs, certaines entreprises ne vivent plus que des licences ! "

Jurys populaires

En effet, ceux qui, comme Samsung, ont participé à l'élaboration de normes telles que la 3G, possèdent des brevets dits " essentiels ", que les autres utilisent en échange du paiement d'un droit de licence.

Cette guerre des brevets outre-Atlantique a, par ailleurs, la caractéristique de se tenir de plus en plus souvent devant des jurys populaires, ce qui, aux yeux de certains observateurs, questionne. Car les jurés ne disposent pas forcément des compétences techniques nécessaires pour rendre les jugements adéquats dans ces affaires. " Le problème, souligne Me Amar, est que si l'une des deux parties, en l'occurrence Apple, le demande, l'autre partie ne peut s'y opposer. "

Dans le procès Apple-Samsung, le jury se compose de sept personnes : un ingénieur électrique à la retraite, un propriétaire de magasin de bicyclettes, une femme au foyer ou encore un ancien de la marine. " Comme les jurés ne comprennent pas forcément tout, les avocats ont plutôt recours à des témoignages qu'à des schémas ou des dessins industriels ", explique Me Amar. Les avocats d'Apple ont ainsi posé un iPhone et un Galaxy S côte à côte, demandant aux jurés si, de loin, ils sauraient faire la différence. Ils ont aussi produit une série d'e-mails internes - Samsung indiquant que le constructeur coréen aurait sciemment décidé de copier le " best-seller " de son concurrent.

" D'habitude, les juges font tout pour tordre le bras des deux parties et les obliger à trouver un arrangement, tant les conséquences peuvent s'avérer désastreuses ", note Me Amar. Une solution qui n'a pu être trouvée dans le cas Apple-Samsung : jusqu'au-boutiste, la firme à la pomme a décidé de faire un exemple, quitte à perdre en appel.

S. B.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Septembre 2012

Vincent-Ferry.jpgC'est génial ce que fait ce garçon ! Il est handicapé mais se bat comme un beau diable à la tête de sa boîte. Ca se passe en Lorraine, mon pays natal ;)

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Août 2012

 

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en situation
L'" intouchable " patron tétraplégique d'une PME lorraine
Vincent Ferry, paralysé à la suite d'un accident, continue à développer son entreprise. Grâce à l'art de la délégation et du management participatif
Nancy, correspondante

Le 29 mars 2008, la vie de Vincent Ferry, 38 ans, a explosé : une stupide chute de moto à 15 km/heure dans une forêt de la Meuse. " Les vertèbres cervicales étaient touchées. Je me suis retrouvé tétraplégique. Plus rien ne bougeait. Sauf la tête. " Quatre ans après, il est toujours handicapé, mais aussi toujours patron de Clair de Lorraine, une PME qui fabrique et distribue des produits gastronomiques régionaux. Entre-temps, il a découvert les vertus du management participatif et de la délégation. " L'année de mon accident, et en pleine crise économique, on a fait + 20 % en chiffre d'affaires. Mes salariés étaient devenus mes bras et mes jambes. "

Deux jours après sa chute, à l'hôpital, Vincent fait l'état des lieux. Il a déjà deux bonnes raisons de se battre : Sophie, sa femme, et Pierre, leur fils de 6 mois. " Et puis, il y avait la boîte, les 45 salariés, leurs familles. " Le lundi matin, il convoque cinq cadres dans sa chambre, leur annonce qu'il va continuer. L'après-midi, Sophie le filme sur son lit tandis qu'il s'adresse à ses salariés. " C‘était dur. Je leur ai expliqué que j'étais tétraplégique, ce que ça signifiait, mais qu'on allait se battre et s'en sortir ensemble. C'est sûr, ça tombait mal. J'étais sur le point de signer l'achat d'un nouveau bâtiment pour 600 000 euros. Avant l'accident, tout allait bien. Je faisais du business avec les Etats-Unis, on était en pleine expansion ! "

Il appelle son banquier, lui explique la situation. " Incroyable, la BPLC et le CIC m'ont suivi, ils m'ont accordé le prêt. Les fournisseurs non plus ne m'ont pas lâché. " Il transforme sa chambre d'hôpital en bureau, installe un ordinateur avec un logiciel à commande vocale. Parfois, c'est l'infirmière qui tient le téléphone.

Entré à 23 ans comme stagiaire, durant ses études en école de commerce, il avait racheté 50 000 francs, cette petite entreprise de cinq salariés à Void-Vacon (Meuse) qui fabriquait du vin de groseille. Aujourd'hui, elle pèse 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 60 salariés, fournit 15 boutiques à l'enseigne En passant par la Lorraine et fédère 60 artisans (charcutiers, confiseurs, distillateurs) triés sur le volet. Son catalogue s'est enrichi : 600 références qui vont de la confiture de mirabelles aux terrines, en passant par les sucettes bio, les biscuits et les " perlés ", ces vins naturels pétillants à la groseille, la mirabelle ou la framboise... Il vient de s'attaquer à l'Alsace, toujours avec le même concept.

" Il y a un peu plus d'un an, je m'excusais encore d'être handicapé. Aujourd'hui, quand je prends un rendez-vous avec un client, j'oublie de le préciser. Et si, le jour venu, il y a des escaliers, eh bien on va discuter ailleurs. " Dans ces moments-là, il n'est qu'un patron qui parle stratégie, management, croissance. Mais pas seulement. " Je suis maintenant convaincu qu'employer une personne handicapée peut être une vraie richesse pour une société. Avant, les handicapés, je ne savais pas ce que c'était. On n'en rencontre pas vraiment dans la vie, ou alors on ne s'y intéresse pas. Il y a plein de gens comme moi. Je me rends compte qu'on ne les incite pas à retravailler, on préfère les savoir chez eux : là, au moins, ils ne font pas de bruit. Et s'ils rebossent, ils perdent leur allocation. Moi, je suis convaincu que la solution est dans le boulot. Parce que, être handicapé, c'est être différent, c'est être exclu, en dehors. Mort socialement. "

Cet hiver, il a organisé pour ses salariés une projection du film Intouchables. Le 29 mars 2008, on lui avait dit qu'il " ne rebougerait plus rien ". Lui dit qu'il s'est relevé, a fait du chemin et vit plus fort aujourd'hui.

Monique Raux

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Septembre 2012

note_musique.jpgCertains me diront qu'ils ne voient pas le rapport de l'article que je reproduis ici, avec le titre de mon article. En fait, il y en a un : la motivation et le goût qu'acquièrent les élèves dans les arts ou sciences enseignées.

C'est un fait : tout le système éducatif Français est basé sur le rabachage et sur le critère laborieux de l'enseignement. On ne donne pas envie. Notre système devient dès lors un système élitiste qui favorise les élèves les mieux à même de prendre du plaisir à apprendre, en faisant fi du mode de l'enseignement. Ce n'est pas pour rien que la plupart des élèves qui réussissent ont des parents qui sont dans une classe sociales supérieure, quand ils ne sont pas carrément fils d'enseignant.

Notre système n'apprend plus à aimer la matière, et sans plaisir, l'éducation efficace pour tous est un leurre.

Un des plus parfait exemple en la matière réside dans les mathématiques : notre moyenne dans cette matière est dans la partie inférieure des classements Européens, PISA en particulier, mais nos mathématiciens sont reconnus mondialement. C'est tout simplement que notre système d'éducation, car élitiste et favorisant les meilleurs par les mathématiques, arrive à former des cadors mais au prix d'un gâchis sans nom.

On est un peu comme les Chinois en matière de gymnastique : une reconnaissance internationale reconnue, mais au mépris de pertes phénoménales. Notre réussite est donc, comme pour les Chinois, quelques arbres qui cachent une forêt tropicale.

Il faut changer de paradigme en la matière en redonnant du plaisir dans notre mode d'éducation. On en est loin, très loin...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Août 2012

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Cessons de décourager la vocation musicale des enfants

LE MONDE | 23.08.2012 à 15h21 • Mis à jour le 24.08.2012 à 14h28

Par Murielle Radault, professeur d'éducation musicale, mère d'élèves

On entend parfois dire que les Français seraient moins "musiciens" que d'autres. C'est tout à fait faux. En France, la demande de musique est énorme. Mais nous sommes le seul pays au monde à proposer un parcours d'apprentissage aussi aberrant. Erigé en bête noire par des générations d'enfants, le solfège y occupe une place démesurée. Non seulement ce système verrouille et castre, mais, de surcroît, il le fait de manière erratique et incohérente.

J'aime les conservatoires. Ces maisons de la musique permettent un apprentissage où l'individuel avance de pair avec le collectif, une des manières les moins onéreuses de pratiquer un instrument auprès de bons professeurs, merveilleux privilège dont tant d'adultes ont le regret. Une faille : l'enseignement du solfège. Désormais appelée "formation musicale" (FM), cette matière mobilise les élèves pour un temps environ 3 fois supérieur à celui de leur cours d'instrument. Elle se compose de deux cycles de cours obligatoires de quatre ans chacun où des hordes d'enfants se rendent sans joie. Trop longs (jusqu'à deux heures hebdomadaires), les cours de formation musicale grèvent l'emploi du temps de l'élève.

L'ineptie des contenus est effarante. Des écoliers du primaire planchent durant des séances entières sur des partitions d'orchestre ou des qualifications d'intervalles. Or, ce type de connaissances ne correspond pas à leur évolution psychique : ce qu'un grand adolescent assimilerait en quelques séances, aucun enfant ne le comprend. Au mieux, il les apprendra par coeur. Au pire, elles le dégoûteront à jamais de la musique.

Cette intellectualisation précoce est d'autant plus pernicieuse qu'elle fait perdre de vue les paramètres élémentaires : rythme, lecture, chant. On invente alors des systèmes de soutien, censés pallier l'indispensable travail de base, non effectué en cours, qui ponctionnent encore davantage le temps de l'enfant... tout cela pour aligner deux croches noires !

Trop de cours ont des contours flous. Il en résulte un stress diffus, notamment pour les familles qui n'ont aucun moyen de suivre leur progéniture. Un épisode insolite s'est déroulé au conservatoire Frédéric-Chopin (Paris 15e). Après un temps de préparation fort bref, un enfant de 10 ans poursuit à l'oral son "parcours de lecture" en clé de sol sans prendre garde au changement de clé. Au lieu de l'interrompre pour lui signaler son erreur, le jury le laisse terminer puis divise sa note par deux comme s'il était entendu qu'il ne savait pas lire la clé de fa. Or cet élève pratique le violoncelle depuis plusieurs années (un instrument qui se lit en clé de fa). Directeur et conseiller aux études, pourtant avertis, n'y trouvent rien à redire.

Après quelques années d'un tel régime, on comprend mieux la fonte massive des élèves. En juin, le tableau d'affichage apposé dans le hall de ce même conservatoire recense 105 enfants à l'examen de fin de premier cycle et 71 reçus, soit un taux d'échec proche des 30 %. L'année suivante, ils ne sont plus que 49 candidats et, quatre ans plus tard, en fin de second cycle, il n'en reste que... 27, à peine plus du quart, dont certains ont déjà entamé leurs études supérieures !

Aucune précision quant au détail des notes et des compétences évaluées. Un mot : maintien ou passage, assorti d'une litanie hallucinante de commentaires, tous négatifs. On chercherait en vain l'ombre d'un encouragement. Dans un lieu fréquenté par la fine fleur des élèves en termes d'écoute et d'investissement, on reste pantois devant ce formidable gâchis. Files d'attente interminables ou réseaux téléphoniques saturés dès l'ouverture des inscriptions disent un fort désir de musique. Que devient le beau vivier d'amateurs qui manifeste son adhésion à travers des déplacements souvent trihebdomadaires ?

Un audit des conservatoires parisiens a eu lieu récemment. Axé sur des aspects comptables, sociologiques et organisationnels, un rapport d'avril 2010 relève qu'un professeur de FM comptabilise moins d'élèves que ses collègues et préconise... le remplissage de la classe. On oublie de préciser que la demande concerne l'apprentissage d'un instrument et non la FM. Le secret ? Celui-là même qui résume toute pédagogie de l'enfant : être exigeant sur du court. Le travail auprès des professeurs d'instrument (vingt minutes en début de cycle) en fournit un remarquable exemple.

Trois objectifs : 1. L'allégement des horaires de formation musicale : une heure hebdomadaire maximum en 1er cycle, une heure et demie hebdomadaire maximum en 2nd cycle. 2. La simplification des contenus : un cours clair et limitatif, une pratique régulière (non évaluée) du déchiffrage, des devoirs légers comportant une petite part d'écriture, la vérification du travail donné, celle des cahiers qui repartent dans les maisons. 3. Des examens axés sur la réussite de l'élève : mal conçues, certaines épreuves déstabilisent de bons élèves au lieu de leur permettre d'exprimer leur talent, créant d'inutiles souffrances. Assiduité, chant et rythmes préparés devraient garantir le passage dans la classe supérieure. La formation musicale doit soutenir et non parasiter un art qui, à l'âge des enfants, se vit avant de se penser.

Murielle Radault, professeur d'éducation musicale, mère d'élèves

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Septembre 2012

fonte glace2Ce n'est pas la première fois que je parle de ces faits, et ils ne vont pas en s'arrangeant. Ca continue donc à se dégrader, doucement et surement et cela n'augure rien de bon pour la survie à terme sur notre planète si les actions de l'homme continuent de croitre de cette manière.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Août 2012

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Fonte record des glaces dans l'Arctique et au Groenland

NOUVEAU signe du réchauffement qui affecte le Grand Nord davantage encore que tout autre région du globe, la fonte estivale de la calotte glaciaire du Groenland et celle de la banquise arctique ont égalé leurs précédents records... avec plus de quatre semaines d'avance.

D'après " l'indice de fonte cumulée " publié mercredi 15 août par Marco Tedesco, professeur assistant au département des sciences de l'atmosphère et de la Terre au City College de New York, l'inlandsis du Groenland a atteint, dès le 8 août, le minimum record observé à la fin de l'été 2010.

Evénement exceptionnel

" Avec les fontes supplémentaires à venir, le recul total de cette année va largement battre les vieux records ", avance le chercheur. Les glaciers du Groenland ont subi cet été un fort recul dans presque toutes les régions, y compris à des altitudes habituellement épargnées par le dégel.

Déjà, au mois de juillet, des relevés par satellite de la NASA avaient fait grand bruit en indiquant que 97 % de la superficie de la calotte glaciaire du Groenland était couverte d'une mince couche d'eau fondue, un événement exceptionnel.

Les résultats de " l'indice de fonte cumulée ", qui mesure l'ampleur de la fonte, sont plus inquiétants encore, selon M. Tedesco. Le phénomène décrit par la NASA " a modifié les propriétés physiques de la couche de neige, mais n'a très probablement pas alimenté la montée du niveau des océans ", contrairement aux masses de glace fondue mesurées par son indice, estime-t-il.

Parallèlement, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) des Etats-Unis a indiqué, le 13 août, que l'étendue de la banquise arctique restait en dessous du minimum record de 2007. A un mois de la fin de la saison, l'année 2012 " figure déjà parmi les quatre plus bas minima d'été depuis les débuts de l'observation par satellite ", soulignent les scientifiques du NSIDC.

Le 13 août, l'étendue de la banquise arctique était de 5,1 millions de kilomètres carrés. Soit 2,7 millions de moins que la moyenne observée entre 1979 et 2000, et 483 000 km2 de moins que le précédent minimum, en 2007.

" Le rythme moyen de perte de glace depuis la fin juin a été rapide, avec un peu plus de 100 000 km2 par jour ", indiquent les chercheurs.

G. A.

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Publié le 24 Septembre 2012

f6692ff6Ce peuple américain est parfois désespérant. Plus les armes à feu y font de mort, plus on se roue sur elles, pour se défendre... Et plus on sent les effets du déréglement climatique, et moins on y croit...

Quand on pense que c'est sur ce peuple qu'il faut compter pour mener à bien toutes les mesures climatiques seules à même de nous éviter une catastrophe de grande ampleur, ça laisse songeur et ça nous laisse peu d'espoir quant à l'issue finale...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 18 Août 2012

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Les fermiers américains... toujours climatosceptiques

New York Correspondance

Les fermiers américains qui ne croient pas au réchauffement climatique contribuent-ils à aggraver la sécheresse aux Etats-Unis ? La plupart se sont adaptés à des circonstances de plus en plus extrêmes qui changent leur mode de vie et le rythme de leurs récoltes, mais beaucoup préfèrent attribuer ces bouleversements à des événements naturels, n'y voyant pas la main de l'homme. Et ils refusent du coup toute ingérence de Washington.

Dans la " Corn Belt ", la " ceinture " des Etats producteurs de maïs (avec l'Illinois, le Missouri et l'est du Nebraska et du Kansas), très touchée par la sécheresse, " 28 % des fermiers estiment qu'il n'existe pas suffisamment de preuves pour démontrer un changement climatique et 5 % n'y croient pas du tout ", selon une étude récente de l'Université d'Iowa.

Les fermiers ne veulent surtout pas que le gouvernement se mêle de leurs problèmes et " préfèrent les solutions du secteur privé ", affirme Gordon Arbuckle, l'un des auteurs du rapport. " 62 % pensent que les entreprises devraient développer des variétés qui résistent mieux aux nouvelles conditions climatiques et 46 % considèrent que c'est aux fermiers d'améliorer leurs systèmes de drainage " face aux pluies torrentielles qui sévissent de plus en plus souvent.

Au Congrès, leur lobby (American Farm Bureau Federation), fort de ses 6 millions de membres, s'est systématiquement opposé à toute législation pro-environnementale et toute régulation supplémentaire pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

En janvier, lors de son discours annuel, le président Barack Obama reconnaissait que la classe politique était trop divisée pour pouvoir espérer combattre le réchauffement climatique. Aucune des trois propositions de lois discutées ces dernières années n'a pu être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées.

A la veille des élections présidentielles, les conditions météorologiques extrêmes sont devenues un sujet de confrontation entre démocrates et républicains. M. Obama a récemment interpellé le Congrès afin qu'il adopte un projet de loi qui permette aux agriculteurs et aux éleveurs touchés par la sécheresse de " faire face à ce type de désastres, et les aide à mettre en oeuvre des réformes nécessaires " à long terme. " Si nous n'avons pas d'aide bientôt, les Américains commenceront à en ressentir les effets et verront les prix augmenter sur les étals des épiceries partout dans le pays ", a-t-il prévenu.

Washington a déjà fourni une aide considérable aux sinistrés, en demandant au département de la Défense de se procurer et de congeler environ 170 millions de dollars (138 millions d'euros) en viande, pour sécuriser les stocks, en prévision de la hausse des prix. Montant qui s'ajoute aux 30 millions déjà versés pour remettre en état les sols des zones frappées par la chaleur et le manque de précipitations, et acheminer de l'eau et des fourrages au bétail. Le gouvernement a accéléré du même coup le processus de désignation de zones sinistrées et diminué le taux d'intérêt des prêts d'urgence accordés par l'Etat.

Pour certains experts, les fermiers sont en partie responsables de leurs malheurs. Le Midwest est devenu trop dépendant du maïs et du soja, très subventionnés par la production de biocarburants et lucratifs grâce, notamment, au sirop de maïs à haute teneur en fructose, omniprésent dans l'alimentation américaine. " Ce qui rend cette région plus vulnérable à la sécheresse ", explique dans les colonnes du New York Times William Moseley, géographe au Macalester College (Minnesota).

Le mois de juillet a été le plus chaud jamais enregistré aux Etats-Unis depuis le début des relevés météorologiques en 1895, avec une sécheresse s'étendant sur 63 % du territoire continental, selon l'Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA).

Une aridité quasiment record a été observée dans le centre du pays, notamment le Nebraska, l'Iowa, le Missouri ou encore l'Illinois. En revanche, la région du golfe du Mexique et le sud-ouest du pays ont enregistré des pluies plus abondantes que la moyenne. La Californie a ainsi connu son cinquième mois de juillet le plus arrosé de son histoire.

L'automne s'annonce plus clément, même si une " moindre sécheresse n'entraînera pas forcément plus d'humidité ", selon les prévisions de l'Agence. Mais le mal est fait, affirment les experts, et les effets d'un certain radoucissement ne se sentiront que l'année prochaine. La catastrophe climatique n'a pas été perdue pour tout le monde. Au Kansas, le groupe d'agrochimie américain Monsanto et le semencier Pioneer en ont profité pour tester des variétés de maïs OGM résistantes à la sécheresse (DroughtGard) qui semblent battre des records de rendement.

- (Intérim.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Septembre 2012

Arbre.jpgIl y a quelques temps de cela, est paru sur le journal 'Le Monde' un entretien très intéressant sur la croissance verte. Cette interview avait comme cadre la conférence "Rio + 20", qui s'est finie en eau de boudin, comme d'habitude.

On rappelle donc ici, les enjeux de cette croissance verte et sur ses aspects inéluctables concernant le bien être de toutes les espèces qui peuplent notre planète.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Mai 2012

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" La croissance verte n'est pas un luxe, c'est une opportunité de développement "
L'économiste Stéphane Hallegatte est l'un des auteurs du rapport publié le 10 mai par la Banque mondiale, intitulé " Croissance verte pour tous "

La croissance verte sera au coeur de la conférence de " Rio + 20 " sur le développement durable, qui se tiendra au Brésil du 20 au 22 juin.

Dans ce contexte, la Banque mondiale a publié, jeudi 10 mai, un document sur la " Croissance verte pour tous ". Le rapport insiste sur le fait que la croissance verte, loin d'être un luxe que la plupart des pays ne pourraient pas s'offrir, est plutôt une opportunité : elle permet aux économies de se développer tout en respectant l'environnement et en luttant contre la pauvreté.

Stéphane Hallegatte, économiste français qui a participé à la rédaction du texte, explique au Monde pourquoi les pays en développement sont concernés au premier chef par la croissance verte.



Un certain nombre de pays émergents considèrent que le respect de normes environnementales risque de brider leur croissance. La situation évolue-t-elle ?

Beaucoup de pays ont longtemps dit " Grow now, clean up later ", c'est-à-dire " la croissance d'abord l'environnement plus tard ". Mais les choses bougent.

Les pays émergents sont à leur tour confrontés à des problèmes environnementaux : surexploitation des ressources, pénurie d'eau, pollution, déchets, épuisement des sols... Et réalisent qu'ils doivent les prendre en compte pour assurer une croissance durable.

Aujourd'hui, par exemple, les pays en voie de développement construisent leurs villes. Mais, les formes urbaines étant quasiment irréversibles, c'est maintenant qu'il leur faut concevoir autrement ce développement. S'ils ne le font pas rapidement, ils le regretteront dans trente ans.

Certaines questions sont urgentes. Pour les plus pauvres, la sauvegarde des tigres n'est peut-être pas une priorité. En revanche, le traitement des déchets qui s'accumulent ou de la pollution de l'eau sont cruciaux.

Vous insistez sur le lien entre croissance verte et politique sociale. Les deux sont-ils indissociables, notamment dans les pays en développement ?

Bien sûr. Si les pays veulent construire des politiques durables, cela ne peut se faire que si les plus pauvres sont associés à cette croissance verte.

Plus de 60 % de la population africaine n'est pas connectée à un réseau d'électricité. Les plus pauvres paient leur électricité plus cher que les autres, en ayant recours à des groupes électrogènes qui utilisent des énergies fossiles, ou en achetant des piles.

En développant les réseaux électriques, vous améliorez l'impact environnemental et vous développez une politique sociale. On a ainsi calculé que la fourniture d'électricité au 1,4 milliard de personnes qui en sont privées dans le monde conduirait à une hausse des émissions de CO2 en raison du recours accru aux énergies fossiles aujourd'hui prédominantes. Mais elle serait compensée par la seule mise aux normes européennes du parc automobile américain !

Cette croissance verte peine à s'imposer. La crise économique est-elle un obstacle ?

La crise a bien sûr limité les ressources financières. Mais elle agit aussi comme une opportunité. Dans le cadre de sa politique de relance, la Corée, par exemple, a créé de nombreux emplois dans la restauration forestière. Les obstacles sont plutôt de nature politique. Quand un gouvernement décide de modifier sa politique de subventions aux énergies fossiles, il se heurte à des lobbies industriels, mais aussi à des franges de la population, parfois aisées, qui profitaient également de ces aides.

Il existe aussi un levier qui n'est pas économique : celui des comportements. Consommer plus d'énergie, avoir plusieurs voitures, une maison individuelle... c'est afficher un statut social. Dans le rapport, nous montrons, en nous servant des exemples de la santé et de l'hygiène, que jouer sur l'éducation et les normes sociales est parfois plus efficace pour faire basculer les pratiques et les habitudes.

Il reste bien sûr le problème des investissements et des financements. Mais, en utilisant les ressources naturelles plus efficacement, la croissance verte ne coûte pas plus cher, surtout si l'on prend en compte les coûts de la dégradation de l'environnement, que l'on estime aujourd'hui à 2 % du produit intérieur brut en Tunisie et à près de 10 % en Chine.

Propos recueillis par Rémi Barroux

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Septembre 2012

Quand de gros délits sont effectués en voiture, par exemple, un délit de grande vitesse, ou une mise en danger délibérée des usagers par une course de bagnoles sur l'autoroute, généralement les forces de l'ordre engagent une procédure pour retrait de permis.

Un permis, c'est quoi ? C'est un petit papelard rose que l'on met dans son portefeuille. Vous pouvez l'oublier à la maison, ça ne vous empêchera jamais de conduire une bagnole. La conduite sans permis peut vous mener à une très forte amende, voire, dans les cas les plus graves, à la prison, mais, vous pouvez conduire sans...

Alors ? Et bien, au lieu de supprimer le permis à tous ces voyous qui, de toutes façons, roulent sans, pourquoi pas leur supprimer leur bagnole ? A ce moment, là, y'en a qui feraient moins les malins ! Délit de grande vitesse avec +50km/h sur la vitesse limite ? Pas de problème : pas d'amende, pas de suppression de permis, un gros bisou sur la joue des flics... mais on confisque la BMW et ça en fera une bagnole de fonction pour les flics (...d'où le bisou...).

Alors, c'est pas simple la gestion de la délinquance routière ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Juillet 2012

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Faits divers
Deux piétons fauchés en plein Paris
Article paru dans l'édition du 24.07.12
       
Une mère et sa fille de 11 ans ont été fauchées par une voiture qui a pris la fuite, dimanche 22 juillet vers 19 heures, avenue de Flandres dans le 19e arrondissement de Paris, sous les yeux de leur famille. Le décès de la mère a été constaté sur place, celui de sa fille dans la soirée à l'hôpital Necker, dans le 15e arrondissement, où elle avait été transportée dans un état critique. Les cinq occupants d'une BMW, qui présentait des traces du choc, ont été arrêtés une dizaine de minutes après l'accident et placés en garde à vue. Les enquêteurs n'avaient pas encore d'éléments pour déterminer si la vitesse est à l'origine du drame.

Trois autres piétons ont été victimes ce week-end d'accidents mortels : une jeune femme de 22 ans mortellement fauchée dimanche matin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) par un automobiliste qui a tenté de prendre la fuite ; et un père, gravement blessé, et son fils de 6 ans qui se trouve entre la vie et la mort après avoir été renversés samedi soir à Saint-Georges-d'Oléron (Charente-Maritime) par un chauffard sous l'emprise de l'alcool. - (AFP)

Noyade de trois pêcheurs à Martigues

Trois hommes de 30, 41 et 46 ans, partis pêcher dans le port de Martigues (Bouches-du-Rhône), sont morts noyés, samedi 21 juillet, leur embarcation s'étant retournée lors d'un fort coup de mistral. Deux corps ont été retrouvés dimanche, mais pas celui du troisième. Leur bateau a été découvert, retourné, au large de cap Couronne, à environ 12 km des côtes du golfe de Fos, par une forte mer avec des creux de 1,20 mètre. - (AFP)

Un homme tué dans les quartiers Nord de Marseille lors d'un règlement de comptes

Un homme de 26 ans, appartenant à la communauté des gens du voyage, a été assassiné de plusieurs balles, dimanche 21 juillet vers 3 heures du matin, dans les quartiers Nord de Marseille, lors d'un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants. - (AFP)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Septembre 2012

2826be1dIls me plaisent bien les Allemands, en particulier le ministre des finances de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Ce monsieur, est c'est bien légitime, veut faire rentrer de l'argent dans les caisses de son pays, car c'est de cette manière que l'on gère un pays de façon intègre et honnête.

J'ai toujours considéré que quand on a une constitution qui, comme en Suisse, prône le secret bancaire, ce pays ne montrait pas une image intègre et absolue en terme de défense des droits et de démocratie. Le rôle d'un pays est de défendre ses habitants, non l'argent.

Barack Obama a aussi déclaré que la Suisse était un paradis fiscal, ce qui a fâché Berne. Jusqu'à preuve du contraire, c'est pourtant bel et bien le cas.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Août 2012

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L'accord entre l'Allemagne et la Suisse sur les exilés fiscaux dans l'impasse
Le SPD accuse les banques helvètes de " criminalité organisée " et ne veut pas voter le texte
Berlin Correspondant

Imagine-t-on en France le vice-président d'un conseil régional chargé des finances réussir à bloquer un accord international conclu par le gouvernement ? C'est la situation que vit l'Allemagne.

Le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, et son homologue suisse, Eveline Widmer-Schlumpf, avaient paraphé le 21 septembre 2011 un accord sur l'épineuse question des exilés fiscaux allemands en Suisse. Mais la fronde menée par le ministre des finances de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le social-démocrate Norbert Walter-Borjans (SPD), a de fortes chances de tuer dans l'oeuf ce texte qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2013. Fédéralisme oblige : la lutte contre la fraude fiscale est du ressort des Etats-régions.

Pendant que les deux capitales tentent d'enterrer la hache de guerre sur ce dossier qui les divise depuis des décennies, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie peut donc, contre l'avis de Berlin, continuer à acheter des CD-ROM contenant de précieuses informations sur les comptes détenus par les Allemands dans les banques helvétiques, au grand dam des dites banques et des deux gouvernements.

Autodénonciations

Surtout, le SPD, majoritaire au Bundesrat, la Chambre haute du Parlement, peut bloquer l'accord conclu par le gouvernement. C'est ce qu'il promet de faire quand le texte sera soumis au vote dans les semaines à venir. " L'accord est mort ", a récemment indiqué Andrea Nahles, secrétaire générale du SPD. Tim Guldimann, l'ambassadeur de Suisse à Berlin, a beau vanter les mérites de ce texte à la télévision et, en privé, tenter de convaincre les élus sociaux-démocrates les plus modérés pour faire pencher la balance de l'autre côté, ses chances de succès sont minces.

Fort du soutien de la population, le président du SPD, Sigmar Gabriel, accuse les banques suisses de " criminalité organisée " et défend l'achat de nouveaux CD-ROM. Conséquence : des milliers d'Allemands, qui craignent que leur nom n'y figure, se dénoncent auprès du fisc pour régulariser leur situation avant qu'un inspecteur des impôts ne vienne frapper à leur porte.

Pour le gouvernement, l'accord présente l'intérêt de rapporter beaucoup d'argent. Concernant le passé, les contribuables allemands doivent payer un impôt libératoire au taux compris entre 21 % et 41 % en fonction de la durée de la fraude et de son montant. Une fois l'impôt payé, le fisc allemand passe l'éponge. Concernant l'avenir, les gains des capitaux allemands placés en Suisse seront taxés à 26,375 %, soit le même taux qu'en Allemagne.

Le produit de ces taxes sera remis au fisc allemand par les banques qui n'auront pas à révéler l'identité de leurs clients. On estime que l'argent placé par les Allemands en Suisse s'élève à environ 80 milliards d'euros. L'impôt libératoire rapporterait au moins 10 milliards d'euros.

Le SPD, lui, juge que l'accord est immoral car l'anonymat des fraudeurs est préservé et qu'ils échappent ainsi à toute poursuite. L'accord ne fait pas non plus l'unanimité en Suisse même si le Parlement l'a ratifié. Des associations ont de bonnes chances de recueillir d'ici à la fin septembre les 50 000 signatures nécessaires à l'organisation d'un référendum. Au nom de l'indépendance et de la neutralité du pays, elles estiment que la Suisse n'a pas à venir en aide au fisc allemand.

Frédéric Lemaître

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Septembre 2012

MicheleAlliotMarie.jpgDans la semaine du 20 Août 2012, 'Le Monde' revient sur les bourdes célèbres de nos politiques. Le 25, c'est au tour de MAM de s'y coller.

Il y a un passage qui me laisse sans voix : "Elle sourit : " Le secrétaire général du gouvernement n'avait formulé aucune objection à mon déplacement.[...]".

MAM oublie juste une chose : ce n'est pas le secrétaire général du gouvernement qui a le pouvoir en France, mais le peuple. Il était évident que dès lors que les frasques de MAM étaient publiques, MAM n'avait plus la crédibilité nécessaire pour poursuivre sa mission. Et sa perte de crédibilité, elle l'a eu, par le peuple...

Généralement, les ministres et autres, Gaymard par exemple avec l'affaire de son 600m², ont tous la même réaction : "On m'y a autorisé. Personne ne s'est opposé". C'est oublier un peu rapidement que celui qui autorise et celui qui ne s'oppose pas n'est nullement le peuple... qui, lui, n'est pas au courant.

La presse, a, en la matière, un rôle démocratique prépondérant dans cette affaire : elle fait savoir et elle rétablit le pouvoir du peuple. La démission devient dès lors obligatoire.

Tous ces ministres et dirigeants feraient bien de se mettre dans la tête qu'ils ont été fautifs d'avoir voulu cacher des fautes au vrai patron qu'est le peuple.

Ceci dit, je suis sûr que les Gaymard et MAM savent et comprennent très bien ces propos : sinon, ils n'auraient pas démissionné. Le fait qu'ils continuent à nous prendre pour des imbéciles dans ces pages n'essaie que de sauver quelque peu la face. Personne n'est dupe cependant...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Août 2012

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MAM ne renie pas ses amours tunisiennes
Des ministres et des bourdes 5/5 Au début de la " révolution du jasmin ", Michèle Alliot-Marie a multiplié les bourdes au Quai d'Orsay. De l'offre du " savoir-faire " policier de la France à ses vacances en Tunisie

Elle était pourtant la seule à avoir réussi le grand chelem. La seule personnalité politique à avoir dirigé quatre ministères régaliens à la suite : défense, intérieur, justice, affaires étrangères. Pourquoi elle ? Michèle Alliot-Marie (MAM) a chevauché les sommets, gaulliste et travailleuse, caution des chiraquiens, sans grandes visions ni grosses fausses notes.

MAM, la femme dont la droite a toujours eu besoin, est de ces politiciens qui résistent à tout parce qu'ils ne font pas de vagues. Jusqu'à son passage au Quai d'Orsay, achevé net par trois bourdes qui furent fatales : une phrase déplacée sur le maintien de l'ordre en Tunisie, des vacances dans le pays au moment où grondait une révolution historique contre la dictature de Ben Ali, l'utilisation du jet d'un homme d'affaires tunisien... et autant de maladresses pour se défendre.

Les ennuis commencent à l'Assemblée, le 11 janvier 2011. La Tunisie est en ébullition depuis l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, trois semaines et demie plus tôt. Un mouvement de révolte agite le pays. Tunis a déjà annoncé la mort de 21 civils lors de heurts avec la police, qui tire à balles réelles. La France, amie de la Tunisie, brille par une prudence peu glorieuse.

Comme MAM. " La priorité doit aller à l'apaisement ", déclare-t-elle dans l'Hémicycle, ce 11 janvier. Elle propose d'apporter à la Tunisie " le savoir-faire de nos forces de sécurité ". La ministre de Nicolas Sarkozy suit la ligne gouvernementale, mais c'est elle qui portera le chapeau.

A gauche, on s'indigne - très hypocritement : le parti de Ben Ali est membre de l'Internationale socialiste ! Au Quai d'Orsay, on est consterné sous cape. Au lieu de s'interroger sur le bien-fondé du désordre face à la dictature, la ministre parle technique du maintien de l'ordre et réduit la crise à une question de professionnalisme des policiers. Au lieu de dénoncer la répression, elle donne l'impression d'appuyer le régime.

Pour en reparler, Michèle Alliot-Marie nous reçoit dans les bureaux du Chêne, l'association gaulliste qu'elle préside, avec ce sourire figé qui résiste aux épreuves : la " marque " MAM. Elle a démissionné du gouvernement en février 2011, a perdu son mandat de députée aux législatives de juin 2012 et n'est plus que première adjointe au maire de Saint-Jean-de-Luz. Elle ne renonce à rien, s'apprête à publier trois livres. Dans cette affaire tunisienne, elle ne voit pas où est l'erreur. " Je n'arrive pas à comprendre en quoi il est choquant de dire que je déplore les morts et les blessés et que les polices d'autres pays pourraient être formées par la police française pour éviter ces drames ", dit-elle.

Elle dénonce le " faux procès " qui lui a été fait. Et n'a qu'un regret : " Avoir sous estimé ou ignoré l'importance et les règles de fonctionnement des réseaux sociaux. J'ai voulu expliquer les choses rationnellement alors que le faux procès continuait sur le Net. Ça ne s'arrêtait jamais. " Faux procès ? Si la phrase incriminée a semblé " aberrante ", assure-t-elle, c'est parce que les médias ne l'ont pas reprise intégralement. MAM sort de son sac le verbatim et insiste sur la fin de son intervention fatale à l'Assemblée : elle proposait le savoir-faire de nos forces de sécurité, " afin que le droit de manifester soit assuré en même temps que la sécurité des manifestants ".

On n'est pas sûr de saisir en quoi cette phrase oubliée annule l'impression d'un soutien au régime. La ministre précise : " Ma phrase est effectivement technique, parce que ce n'est pas la question de la dictature qui était posée. Le problème politique n'est intervenu que quelques jours après. Le départ de Ben Ali - le 14 janvier - a été une surprise générale. "

L'immolation de M. Bouazizi a eu lieu le 17 décembre 2010, les émeutes ont commencé le 18, un jeune Tunisien s'est suicidé à son tour le 22, des affrontements ont fait un mort et dix blessés le 24, les manifestations sont évoquées dans la presse internationale dès le 26 décembre. Les affiches de Ben Ali sont arrachées, la corruption dénoncée.

Et l'on apprend de surcroît que la patronne du Quai est arrivée le 25 décembre pour passer ses vacances de Noël... au pays de Ben Ali ! " Les mouvements de protestation, limités, étaient d'ordre social et non politique, estime-t-elle. Ils exprimaient une problématique connue en Tunisie où les jeunes souffrent de ne pas trouver d'emplois à la mesure de leurs diplômes. L'événement marquant avant mon arrivée, c'était l'immolation d'un jeune. Et celui-ci, insiste-t-elle étrangement, était vivant pendant mon séjour - il mourra le 4 janvier - . "

Un ministre est-il avisé de se rendre dans un pays où le président règne en dictateur ? Elle sourit : " Le secrétaire général du gouvernement n'avait formulé aucune objection à mon déplacement. Des personnalités socialistes qui connaissent le pays mieux que moi étaient là au même moment : Gérard Collomb, Bertrand Delanoë... Ségolène Royal y venait aussi puisqu'un hôtelier m'a dit : "Vous allez dormir dans le même lit que Mme Royal". " Mais ils ne représentaient pas les affaires étrangères de la France...

Le voyage de MAM déchaîne la presse. Le Canard révèle que la ministre a utilisé sur place, à titre amical, le jet privé de l'homme d'affaires Aziz Miled, enrichi dans la Tunisie de Ben Ali - même si, comme elle le note, il en a " aussi été victime, et se retrouve conseiller du nouveau gouvernement ". On apprend ensuite que ses parents ont fait une opération immobilière en Tunisie. L'attaque sur sa famille est la goutte de trop. Pour la première fois en vingt-cinq ans de vie politique, MAM démissionne.

" Toutes ces attaques pour une semaine passée en Tunisie à mes frais, ça me paraît totalement disproportionné ! ", s'exclame-t-elle. Elle dénonce ce " phénomène classique " : " Le harcèlement est survenu quand on parlait de moi comme future premier ministre. Et je suis une femme... " Est-elle retournée en Tunisie ? " Je n'en ai pas eu l'occasion. Vu la situation actuelle, dit-elle avec son "sourire MAM", vous me le reprocheriez aussi, non ? "

Marion Van Renterghem

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Septembre 2012

soleilEntre le souhait légitime de se tourner vers les énergies renouvelables, et des faillites provoquées par le dumping Chinois, il est très compliqué d'inciter fortement à investir dans l'éolien et dans le solaire !

Les incitations fiscales sont aujourd'hui indispensables pour induire un mouvement rapide d'investissement et de recherche en la matière. Or, loin de satisfaire la production et la recherche locale, ces incitations vont dans les poches des producteurs Chinois. Qu'on augmente les droits de douane et les incitations ne remplissent plus leur rôle de moteur d'investissement en la matière : un vrai casse-tête !

Il faut donc continuer à soutenir une recherche et un investissement fort en Europe, tout ceci en limitant l'accès Européen aux produits Chinois.

On peut aussi imposer des normes de production stricte aux produits Chinois.

A méditer.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Août 2012

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La guerre commerciale sur le solaire et l'éolien s'intensifie

LE MINISTRE chinois du commerce, Chen Deming, a annoncé mardi 21 août qu'il envisageait de prendre de nouvelles mesures de rétorsion commerciale contre les Etats-Unis. Selon lui, les programmes de soutien aux énergies renouvelables adoptés outre-Atlantique constituent une barrière aux exportations chinoises.

Cette annonce est un nouvel épisode de la guerre commerciale qui se joue entre les pays occidentaux et la Chine autour des industries éolienne et solaire. En mai, les Etats-Unis ont instauré une taxe (de 31 % à 250 %) sur les panneaux solaires chinois importés. Suivie en juillet par une autre - jusqu'à 73 % - sur les éoliennes chinoises.

Le sujet a une forte résonance politique : le soutien à l'énergie éolienne promu par le président Barack Obama est contesté par son challenger républicain Mitt Romney. Celui-ci estime que l'argent dépensé par les contribuables américains favorise la création d'emplois chez les fabricants chinois.

L'Europe elle aussi entre dans la bataille. D'ici au 10 septembre, la Commission européenne dira si elle donne suite à une plainte anti-dumping déposée à l'encontre de la Chine par une association d'industriels européens du solaire, EU ProSun. Selon cette fédération, les entreprises chinoises ont capté 80 % du marché solaire européen.

" Les standards environnementaux de production de panneaux sont moins exigeants que les nôtres ", dit Milan Nitzschke, président de EU ProSun. " Surtout, l'industrie chinoise a été soutenue par d'importantes subventions gouvernementales. Les panneaux sont vendus très en dessous de leur valeur normale. " Or l'industrie européenne va mal. Mardi 21 août, on apprenait la faillite d'un important industriel allemand de panneaux solaires, Sovello.

Un marché en surcapacité

En 2006, Pékin a adopté un plan de soutien à l'énergie solaire. Entre 2005 et 2010, la production chinoise de panneaux solaires a doublé chaque année, selon les chiffres présentés par Pékin lors de l'annonce du nouveau plan de soutien pour la période 2011-2015.

Selon un représentant du ministère chinois du commerce interrogé par l'agence Chine nouvelle, l'accusation de dumping est " sans fondement. C'est grâce aux prix bas des matières premières et au progrès technologique que les produits solaires chinois sont plus compétitifs que les Européens ".

L'Europe est le premier marché mondial du solaire : près de 60 % des exportations solaires chinoises ont eu, en 2011, pour destination le Vieux Continent, pour une valeur de 36 milliards de dollars (29 milliards d'euros). " Des tarifs douaniers plus élevés seraient une catastrophe pour l'industrie solaire chinoise ", juge Meng Xiangan, de la Société chinoise de l'énergie renouvelable.

Cette guerre commerciale éclate alors que le marché solaire se trouve en surcapacité. Selon le consultant NPD Solarbuzz, la croissance du photovoltaïque mondial est passée de 153 % par an en 2010 à 22 % en 2012. Le leader mondial, le chinois Suntech, est lui-même en difficulté, et sa valeur en Bourse a perdu 50 % depuis le début de l'année.

H. K.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 14 Septembre 2012

220px-ImamHusaynMosqueKarbalaIraqPre2006.JPGTrès clairement, ce gars, Alain Chouet, a des connaissances sur les pays arabes que je n'ai pas. Son article est très intéressant, très bien documenté et assez bien ficelé et analysé (merci, Jean, de me l'avoir fait passer ;) ).

Cependant, il émet des jugements hatifs sur les politiciens et sur les médias sur le mode 'tous pourris' qui me gênent.

Le fait est que notre culture occidentale, laïque, a du mal à appréhender l'Islam et ses multiples composantes. Entre les chiites, les alaouites (branche du chiisme), les sunnites, et autres, l'occidental moyen, dont je fais partie, est obligé de se brancher sur Wikipédia pendant de longues heures avant de comprendre quelque chose à ces courants religieux. Qui plus est, il est de notoriété publique que Wikipédia doit être pris avec d'énormes précautions quand il y a des sujets polémiques, ce qu'est la religion par essence.

Ce qui me gêne par dessus tout dans cet article, c'est que l'on ne parle pas d'un mode de gouvernance religieux et démocratique. Nécessairement, le mode de gouvernance religieux ne serait pas démocratique. C'est un jugement un peu hâtif. De même que notre pays, basé sur une république, est démocratique, on peut avoir des démocraties monarchiques. Ainsi, pourquoi n'aurait-on pas une démocratie basée sur une constitution religieuse ?

C'est plus dur, certes, mais est-ce impossible pour autant ? Personnellement, je ne le crois pas. Les pays occidentaux n'ont pas pour vocation à imposer leur culture. Ils n'ont pas à imposer le mode de la démocratie. Où est le mal d'avoir un pays rempli de liberté imposant la charia ? Dans la charia, on peut mettre le curseur un peu partout en matière de liberté individuelle ! En occident, on a l'impression que la Charia est automatiquement extrémiste et baffoue automatiquement les libertés individuelles, mais est-ce vraiment le cas ?

Bref, un bon article, une bonne interview qui se fait se poser beaucoup de questions. C'est un peu long, certes, mais ça vaut le coup.

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ANALYSE DE LA SITUATION EN SYRIE :
ALAIN CHOUET, ANCIEN CHEF DE LA DGSE


Le 27 juin 2012, Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au delà de l’Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman, a livré aux auditeurs de l'IHEDN (AR29) son sentiment au cours d’une conférence retranscrite ci-dessous.

Les pires conjectures formulées au premier semestre 2011 concernant les mouvements de révolte arabes deviennent aujourd’hui réalité. Je les avais largement exposées dans divers ouvrages et revues à contre courant d’une opinion occidentale généralement enthousiaste et surtout naïve. Car il fallait tout de même être naïf pour croire que, dans des pays soumis depuis un demi-siècle à des dictatures qui avaient éliminé toute forme d’opposition libérale et pluraliste, la démocratie et la liberté allaient jaillir comme le génie de la lampe par la seule vertu d’un Internet auquel n’a accès qu’une infime minorité de privilégiés de ces sociétés.

Une fois passé le bouillonnement libertaire et l’agitation des adeptes de Facebook, il a bien fallu se rendre à l’évidence. Le pouvoir est tombé dans les mains des seules forces politiques structurées qui avaient survécu aux dictatures nationalistes parce que soutenues financièrement par les pétromonarchies théocratiques dont elles partagent les valeurs et politiquement par les Occidentaux parce qu’elles constituaient un bouclier contre l’influence du bloc de l’Est : les forces religieuses fondamentalistes. Et le « printemps arabe » n’a mis que six mois à se transformer en « hiver islamiste ».

En Tunisie et en Égypte, les partis islamistes, Frères musulmans et extrémistes salafistes se partagent de confortables majorités dans les Parlements issus des révoltes populaires. Ils cogèrent la situation avec les commandements militaires dont ils sont bien contraints de respecter le rôle d’acteurs économiques dominants mais s’éloignent insidieusement des revendications populaires qui les ont amenés au pouvoir. Constants dans leur pratique du double langage, ils font exactement le contraire de ce qu’ils proclament. En, Égypte, après avoir affirmé sur la Place Tahrir au printemps 2011 qu’ils n’aspiraient nullement au pouvoir, ils revendiquent aujourd’hui la présidence de la République, la majorité parlementaire et l’intégralité du pouvoir politique.

En Tunisie, et après avoir officiellement renoncé à inclure la chari’a dans la constitution, ils organisent dans les provinces et les villes de moyenne importance, loin de l’attention des médias occidentaux, des comités de vigilance religieux pour faire appliquer des règlements inspirés de la charia. Ce mouvement gagne progressivement les villes de plus grande importance et même les capitales où se multiplient les mesures d’interdiction en tous genres, la censure des spectacles et de la presse, la mise sous le boisseau des libertés fondamentales et, bien sûr, des droits des femmes et des minorités non sunnites.

Et ces forces politiques réactionnaires n’ont rien à craindre des prochaines échéances électorales. Largement financées par l’Arabie et le Qatar pour lesquels elles constituent un gage de soumission dans le monde arabe, elles ont tous les moyens d’acheter les consciences et de se constituer la clientèle qui perpétuera leur domination face à un paysage politique démocratique morcelé, sans moyens, dont il sera facile de dénoncer l’inspiration étrangère et donc impie.

La Libye et le Yémen ont sombré dans la confusion. Après que les forces de l’OTAN, outrepassant largement le mandat qui leur avait été confié par l’ONU, ont détruit le régime du peu recommandable Colonel Kadhafi, le pays se retrouve livré aux appétits de bandes et tribus rivales bien décidées à défendre par les armes leur pré carré local et leur accès à la rente. L’éphémère « Conseil National de transition » porté aux nues par l’ineffable Bernard Henri Lévy est en train de se dissoudre sous les coups de boutoir de chefs de gangs islamistes, dont plusieurs anciens adeptes d’Al-Qaïda, soutenus et financés par le Qatar qui entend bien avoir son mot à dire dans tout règlement de la question et prendre sa part dans l’exploitation des ressources du pays en hydrocarbures.

Au Yémen, le départ sans gloire du Président Ali Abdallah Saleh rouvre la porte aux forces centrifuges qui n’ont pas cessé d’agiter ce pays dont l’unité proclamée en 1990 entre le nord et le sud n’a jamais été bien digérée, surtout par l’Arabie Séoudite qui s’inquiétait des foucades de ce turbulent voisin et n’a eu de cesse d’y alimenter la subversion fondamentaliste. Aujourd’hui, les chefs de tribus sunnites du sud et de l’est du pays, dont certains se réclament d’Al-Qaïda et tous du salafisme, entretiennent un désordre sans fin aux portes de la capitale, Sanaa, fief d’une classe politique traditionnelle zaydite – branche dissidente du chiisme – insupportable pour la légitimité de la famille séoudienne.

Seul le régime syrien résiste à ce mouvement généralisé d’islamisation au prix d’une incompréhension généralisée et de l’opprobre internationale. Avant de développer ce sujet, je crois devoir faire une mise au point puisque d’aucuns croient déceler dans mes propos et prises de positions des relents d’extrême droite et de complaisance pour les dictatures. Je me rends régulièrement en Syrie depuis 1966 et y ai résidé pendant plusieurs années. Je ne prétends pas connaître intimement ce pays mais je pense quand même mieux le connaître que certains de ces journalistes qui en reviennent pleins de certitudes après un voyage de trois ou quatre jours.

Mes activités m’ont amené à devoir fréquenter à divers titres les responsables des services de sécurité civils et militaires syriens depuis la fin des années 70. J’ai pu constater qu’ils ne font ni dans la dentelle ni dans la poésie et se comportent avec une absolue sauvagerie. Ce n’est pas qu’ils ont une conception différente des droits de l’homme de la nôtre. C’est qu’ils n’ont aucune conception des droits de l’homme…

Leur histoire explique en grande partie cette absence. D’abord, ils puisent leur manière d’être dans quatre siècle d’occupation par les Turcs ottomans, grands experts du pal, de l’écorchage vif et du découpage raffiné. Ensuite, ils ont été créés sous la houlette des troupes coloniales françaises pendant le mandat de 1920 à 1943, et, dès l’indépendance du pays, conseillés techniquement par d’anciens nazis réfugiés, de 1945 jusqu’au milieu des années 50, et ensuite par des experts du KGB jusqu’en 1990. Tout ceci n’a guère contribué à développer chez eux le sens de la douceur, de la tolérance et du respect humain.

Quant au régime syrien lui-même, il ne fait aucun doute dans mon esprit que c’est un régime autoritaire, brutal et fermé. Mais le régime syrien n’est pas la dictature d’un homme seul, ni même d’une famille, comme l’étaient les régimes tunisien, égyptien, libyen ou irakien. Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir, seule évolution politique que l’Occident semble encourager et promouvoir dans la région.

Quand je suis allé pour la première fois en Syrie en 1966, le pays était encore politiquement dominé par sa majorité musulmane sunnite qui en détenait tous les leviers économiques et sociaux. Et les bourgeois sunnites achetaient encore – parfois par contrat notarié – des jeunes gens et de jeunes filles de la communauté alaouite dont ils faisaient de véritables esclaves à vie, manouvriers agricoles ou du bâtiment pour les garçons, bonnes à tout faire pour les filles.

Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Je vous en donne ici une description rapide et schématique qui ferait sans doute hurler les experts mais le temps nous manque pour en faire un exposé exhaustif.

Issus au Xè siècle aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans d’Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie.

Et cela ne leur a pas porté bonheur…. Pour toutes les religions monothéistes révélées, il n’y a pas pire crime que l’apostasie. Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leur tortionnaires.

Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux.

C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années 60.

Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d’une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l’armée de l’air puis ministre de la défense, s’est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l’ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s’est ensuite employé méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires dont vous pourrez trouver la description détaillée dans un article paru il y maintenant près de vingt ans.

Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chiites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d’Irak et des Coptes d’Égypte.

Car, contrairement à la litanie que colportent les bien-pensants qui affirment que « si l’on n’intervient pas en Syrie, le pays sombrera dans la guerre civile »…. eh bien non, le pays ne sombrera pas dans la guerre civile. La guerre civile, le pays est dedans depuis 1980 quand un commando de Frères musulmans s’est introduit dans l’école des cadets de l’armée de terre d’Alep, a soigneusement fait le tri des élèves officiers sunnites et des alaouites et a massacré 80 cadets alaouites au couteau et au fusil d’assaut en application de la fatwa d’Ibn Taymiyya. Les Frères l’ont payé cher en 1982 à Hama – fief de la confrérie - que l’oncle de l’actuel président a méthodiquement rasée en y faisant entre 10 et 20.000 morts. Mais les violences intercommunautaires n’ont jamais cessé depuis, même si le régime a tout fait pour les dissimuler.

Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d’accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective. Peu habitué à la communication, le régime syrien en a laissé le monopole à l’opposition. Mais pas à n’importe quelle opposition. Car il existe en Syrie d’authentiques démocrates libéraux ouverts sur le monde, qui s’accommodent mal de l’autoritarisme du régime et qui espéraient de Bashar el-Assad une ouverture politique. Ils n’ont obtenu de lui que des espaces de liberté économique en échange d’un renoncement à des revendications de réformes libérales parfaitement justifiées. Mais ceux-là, sont trop dispersés, sans moyens et sans soutiens. Ils n’ont pas la parole et sont considérés comme inaudibles par les médias occidentaux car, en majorité, ils ne sont pas de ceux qui réclament le lynchage médiatisé du « dictateur » comme cela a été fait en Libye.

Si vous vous informez sur la Syrie par les médias écrits et audiovisuels, en particulier en France, vous n’aurez pas manqué de constater que toutes les informations concernant la situation sont sourcées « Observatoire syrien des droits de l’homme » (OSDH) ou plus laconiquement « ONG », ce qui revient au même, l’ONG en question étant toujours l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

L’observatoire syrien des droits de l’homme, c’est une dénomination qui sonne bien aux oreilles occidentales dont il est devenu la source d’information privilégiée voire unique. Il n’a pourtant rien à voir avec la respectable Ligue internationale des droits de l’homme. C’est en fait une émanation de l’Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier Président, Monsieur Ryadh el-Maleh. L’Osdh s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds séoudiens et maintenant qataris. Je ne prétends nullement que les informations émanant de l’OSDH soient fausses, mais, compte tenu de la genèse et de l’orientation partisane de cet organisme, je suis tout de même surpris que les médias occidentaux et en particulier français l’utilisent comme source unique sans jamais chercher à recouper ce qui en émane.

Second favori des médias et des politiques occidentaux, le Conseil National Syrien, créé en 2011 à Istanbul sur le modèle du CNT libyen et à l’initiative non de l’État turc mais du parti islamiste AKP. Censé fédérer toutes les forces d’opposition au régime, le CNS a rapidement annoncé la couleur. Au sens propre du terme…. Le drapeau national syrien est composé de trois bandes horizontales. L’une de couleur noire qui était la couleur de la dynastie des Abbassides qui a régné sur le monde arabe du 9è au 13è siècle. L’autre de couleur blanche pour rappeler la dynastie des Omeyyades qui a régné au 7è et 8è siècle. Enfin, la troisième, de couleur rouge, censée représenter les aspirations socialisantes du régime. Dès sa création, le CNS a remplacé la bande rouge par la bande verte de l’islamisme comme vous pouvez le constater lors des manifestations anti-régime où l’on entend plutôt hurler « Allahou akbar ! » que des slogans démocratiques.

Cela dit, la place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l’AKP turc et le Département d’État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La Syrie n’est pas la Libye et les minorités qui représentent un bon quart de la population entendent avoir leur mot à dire, même au sein de l’opposition. Lors d’une visite d’une délégation d’opposants kurdes syriens à Washington en avril dernier, les choses se sont très mal passées. Les Kurdes sont musulmans sunnites mais pas Arabes. Et en tant que non-arabes, ils sont voués à un statut d’infériorité par les Frères . Venus se plaindre auprès du Département d’État de leur marginalisation au sein du CNS, ils se sont entendus répondre qu’ils devaient se soumettre à l’autorité des Frères ou se débrouiller tout seuls. Rentrés à Istanbul très fâchés, ils se sont joints à d’autres opposants minoritaires pour démettre le président du CNS, Bourhan Ghalioun, totalement inféodé aux Frères, et le remplacer par un Kurde, Abdelbassett Saïda qui fera ce qu’il pourra – c’est à dire pas grand chose - pour ne perdre ni l’hospitalité des islamistes turcs, ni l’appui politique des néo-conservateurs Américains, ni, surtout, l’appui financier des Séoudiens et des Qataris.

Tout cela fait désordre, bien sûr, mais est surtout révélateur de l’orientation que les États islamistes appuyés par les néo-conservateurs américains entendent donner aux mouvements de contestation dans le monde arabe. Ce ne sont évidemment pas ces constatations qui vont rassurer les minorités de Syrie et les inciter à la conciliation ou à la retenue. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l’État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu’elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n’est pas lui qui est visé, ce n’est pas lui qui est en cause, c’est l’ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs. Plus le temps passe, plus la communauté internationale entendra exercer des pressions sur les minorités menacées, plus les choses empireront sur le modèle de la guerre civile libanaise qui a ensanglanté ce pays de 1975 à 1990.

Il aurait peut être été possible à la communauté internationale de changer la donne il y a un an en exigeant du pouvoir syrien des réformes libérales en échange d’une protection internationale assurée aux minorités menacées. Et puisque l’Arabie et la Qatar – deux monarchies théocratiques se réclamant du wahhabisme – sont théoriquement nos amies et nos alliées, nous aurions pu leur demander de déclarer la fatwa d’Ibn Taymiyyah obsolète, nulle et non avenue afin de calmer le jeu. Il n’en a rien été. À ces minorités syriennes menacées, l’Occident, France en tête, n’a opposé que la condamnation sans appel et l’anathème parfois hystérique tout en provoquant partout – politiquement et parfois militairement – l’accession des intégristes islamistes au pouvoir et la suprématie des États théocratiques soutenant le salafisme politique.

Débarrassés des ténors sans doute peu vertueux du nationalisme arabe, de Saddam Hussein, de Ben Ali, de Moubarak, de Kadhafi, à l’abri des critiques de l’Irak, de l’Algérie et de la Syrie englués dans leurs conflits internes, les théocraties pétrolières n’ont eu aucun mal à prendre avec leurs pétrodollars le contrôle de la Ligue Arabe et d’en faire un instrument de pression sur la communauté internationale et l’ONU en faveur des mouvements politiques fondamentalistes qui confortent leur légitimité et les mettent à l’abri de toute forme de contestation démocratique.

Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s’emparer d’un pouvoir qu’elles guignent depuis près d’un siècle n’a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.

Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manoeuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles qui se disent islamistes parce que leurs rivaux politiques ne le sont pas.

De même les médias et les politiques occidentaux ont assisté sans broncher à la répression sanglante par les chars séoudiens et émiratis des contestataires du Bahraïn, pays à majorité chiite gouverné par un autocrate réactionnaire sunnite. De même les massacres répétés de Chrétiens nigérians par les milices du Boko Haram ne suscitent guère l’intérêt des médias et encore moins la condamnation par nos politiques. Quant à l’enlèvement et la séquestration durable de quatre membres de la Cour Pénale Internationale par des « révolutionnaires » libyens, elle est traitée en mode mineur et passe à peu près inaperçue dans nos médias dont on imagine l’indignation explosive si cet enlèvement avait été le fait des autorités syriennes, algériennes ou de tel autre pays non encore « rentré dans le rang » des« démocratures », ces dictatures islamistes sorties des urnes.

À défaut de logique, la morale et la raison nous invitent tout de même à nous interroger sur cette curieuse schizophrénie de nos politiques et nos médias. L’avenir dira si notre fascination infantile pour le néo-populisme véhiculé par Internet et si les investissements massifs du Qatar et de l’Arabie dans nos économies en crise valaient notre complaisance face à la montée d’une barbarie dont nous aurions tort de croire que nous sommes à l’abri.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 13 Septembre 2012

04188384-photo-samsung-apple.jpgLa justice Coréenne a tranché : Apple a pompé sur Samsung et Samsung a pompé sur Apple. Donc, les deux firmes ont perdu de l'argent par des frais de justice, et les deux se voient interdire de commercialiser un certain nombre de produits en Corée.

Bien joué les gars !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Août 2012

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Téléphonie
Apple et Samsung condamnés pour violation de brevets en Corée du Sud

Alors que Samsung et Apple attendent le délibéré d'un jury en Californie, les deux groupes ont été condamnés, en Corée du Sud, pour violation mutuelle de brevets, le 24 août. Le sud-coréen devra indemniser son concurrent à hauteur de 25 millions de wons (17 600 euros) ; l'américain devra débourser 40 millions de wons pour son rival. Certains de leurs anciens produits sont désormais interdits à la vente dans le pays. En cause, la violation des brevets portant sur des technologies utilisées dans les smartphones et tablettes de Samsung et de ceux concernant les écrans et systèmes de navigation de l'iPhone et de l'iPad d'Apple. En Californie, les sommes réclamées vont jusqu'à 2,75 milliards de dollars (2,19 millions d'euros) pour l'américain et 422 millions de dollars pour le sud-coréen.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Septembre 2012

18 Assemblee NationaleIl a bon dos le fait de se 'couper' du local ! Ce n'est pas parce que certains cumulards abandonneront leur poste local qu'ils seront interdits de se renseigner et d'engager des actions locales en dehors de leurs fonctions électives !

En fait, les places sont belles, et les excuses sont faciles pour s'accrocher au poste alors que l'on est déjà grassement payé à faire un boulot que l'on exerce qu'à moitié sous principe que l'on a d'autres obligations par ailleurs.

Il faut maintenant que les socialistes prennent leurs responsabilités et abandonnent le cumul des mandats qui est une honte dans un pays démocratique comme le nôte.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Août 2012

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Le cumul des mandats perdure au Parti socialiste
Les députés élus ou réélus en juin tardent à respecter l'engagement de renoncer à des fonctions exécutives locales

C omme ceux de l'opposition, la grande majorité des députés et sénateurs socialistes cumulent leur mandat de parlementaire avec un mandat local, voire deux. Si quelques-uns d'entre eux ont abandonné une responsabilité locale, d'autres revendiquent le cumul comme un moyen d'être en prise sur le terrain. Pour la plupart, ils attendent, sans bouger le vote d'une loi qui irait plus loin que la limitation en vigueur depuis 2000.

Avant la présidentielle, avant même la primaire d'octobre 2011, les militants du PS, consultés par référendum en octobre 2009, s'étaient prononcés en des termes qui ne souffraient d'aucune ambiguïté. Ils s'étaient déclarés favorables, " comme étape vers le mandat parlementaire unique ", à " l'impossibilité de cumuler (...) un mandat de parlementaire avec une présidence d'exécutif local ou la participation à un exécutif ". Etaient ainsi visés les postes de maire et d'adjoint au maire, ainsi que les bureaux d'une communauté de communes, d'un conseil général ou d'un conseil régional.

Il ne reste plus que six semaines aux 207 députés et 94 sénateurs socialistes cumulards pour se mettre en conformité avec ce principe. Car, " sans attendre le vote d'une loi ", l'interdiction du cumul, votée par les militants du PS, doit devenir effective, pour les députés et les sénateurs de ce parti, " dans un délai maximum de trois mois après la tenue du scrutin ". Ce texte a été adopté par le conseil national du PS, en juin 2010, au grand dam de certains caciques. Dans les " 60 engagements " de François Hollande, le futur président de la République s'est borné à indiquer : " Je ferai voter une loi sur le non-cumul des mandats. " Mais les candidats investis pour les législatives ont signé un engagement écrit de se conformer à la règle du parti.

Parmi les 207 cumulards - sur les 297 députés du groupe socialiste de l'Assemblée nationale -, 146 ont un mandat local, 49 en ont deux, et 12 en ont trois, selon le décompte du Monde. Depuis les législatives de juin, ils sont 45 à avoir abandonné un, voire deux des autres mandats.

Les députés respectueux de la règle de non-cumul se recrutent du côté des nouveaux élus, appartenant à la génération qui a le plus pâti du déficit de renouvellement des responsables politiques. " Notre génération est sûrement plus sensible à ces questions ", estime Eduardo Rihan-Cypel (Seine-et-Marne), 36 ans. Il a déjà quitté son mandat de conseiller régional pour ne garder que celui de conseiller municipal, ce qui restera autorisé puisqu'il ne s'agit pas d'une fonction exécutive.

Laurent Grandguillaume (Côte-d'Or) s'est déjà appliqué en partie la règle, en se démettant de son mandat de conseiller général. S'apprêtant à faire de même pour ses postes d'adjoint au maire et de vice-président du Grand Dijon, M. Grandguillaume estime que " le PS devra rappeler leur engagement à ceux qui ne s'appliqueront pas la règle qui a été donnée collectivement ". " C'est une question de renouvellement politique, cela permet la respiration démocratique, pour ouvrir la vie politique aux jeunes, aux femmes ", ajoute Pouria Amirshahi (Français de l'étranger), qui accepte toutefois une certaine souplesse dans l'application. " Si on dit : "C'est tout de suite et maintenant", cela va crisper les choses, estime-t-il. Il faut de la pédagogie, mais il ne faut pas transiger sur les termes du débat. "

La plupart des démissions sont le fait d'élus qui se sont conformés à la loi en vigueur, laquelle autorise un parlementaire à exercer un seul mandat municipal (dans une commune de plus de 3 500 habitants), régional ou départemental. Peut s'y ajouter une seule fonction exécutive de maire, président de conseil général ou de conseil régional, sachant que les communes de moins de 3 500 habitants et les intercommunalités n'entrent pas dans le champ de cette limitation. Cette loi, peu contraignante, permet à 12 députés d'exercer en outre trois autres fonctions : président ou vice-président d'un conseil général ou régional, maire et président d'une intercommunalité.

Les adversaires du non-cumul avant le vote d'une loi mettent en garde contre un " désarmement unilatéral ", qui exposerait leur remplaçant à une défaite, aux prochaines élections locales, face à un adversaire plus chevronné et plus connu. Député depuis 1978 et président du conseil général des Landes depuis 1982, Henri Emmanuelli prévient, lui, du risque de " coupure entre les élus de terrain et les élus nationaux ", où il voit " une erreur dont on reviendra dans dix ans ". Il loue le modèle allemand du Bundesrat - le conseil fédéral des seize Länder - et l'importance du lien avec le local. " Il ne faut pas couper les décideurs des payeurs ", affirme l'ancien ministre du budget, réélu député au premier tour en 2007 et en 2012.

Lui-même député et président du conseil général de Corrèze, M. Hollande avait été contraint de clarifier sa position, lors de la campagne de la primaire socialiste, poussé par ses concurrentes, Ségolène Royal et Martine Aubry. Jean-Marc Ayrault a précisé, dans son discours de politique générale, le 3 juillet, qu'" il sera mis fin (...) au cumul entre un mandat parlementaire et l'exercice des fonctions exécutives locales ". Le premier ministre a précisé que cette disposition sera " applicable en 2014 ", année des élections municipales.

" Ce serait mieux que tout le monde tienne ses engagements, mais il ne faut pas que les passages de relais se fassent n'importe comment ", souligne M. Rihan-Cypel La prudence est de rigueur chez les socialistes.

Hélène Bekmézian Jonathan Parienté

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Septembre 2012

mitterrand.jpgJe ne porte pas Mitterand dans mon coeur, et j'adore le journal 'Le Monde' et vous l'avez remarqué au point où ce journal porte mes références de réflexion par les multiples références qui me servent à rédiger ces billets.

Autant dire que je me délecte des épisodes tumultueux qu'a vécus ce journal. Ces épisodes ont été relatés la semaine du 20 Août 2012. Le 24 Août, on y parle de Mitterand.

Mitterand était un personnage faux, retors, un escroc doté d'une malhonnêteté qui n'avait d'égal que son intelligence. Car il était d'une intelligence redoutable mais était véritablement mauvais, dans le sens 'méchanceté'. La politique, il ne l'a utilisée que pour affirmer son pouvoir. Il avait une notion monarchique de la démocratie. Mitterand n'était pas un président, c'était l'incarnation de Louis XV au pays de la république.

Rocard n'a-t-il pas dit au lendemain de sa mort : "Mitterrand n'était pas un honnête homme" ?

Un épisode me revient en tête. Il a attrait à sa main-mise sur la télévision au moment où il accède au pouvoir. Chirac lui a reproché cette main-mise lors du débat télévisé de 1988. Mitterand lui avait dit qu'il avait toujours refusé de s'impliquer dans la nomination des présidents de chaîne au contraire de ce qu'affirmait Chirac. Alors qui dit vrai ?

La réponse vient de Michèle Cotta, dans son livre "Mitterand carnets de route" publié chez Pluriel. Michèle Cotta, toute indépendante qu'elle se disait vis à vis du pouvoir livre sa version qui est proprement à couper le souffle.

Jugez plutôt : page 630

Michèle Cotta parle du débat télévisé de la présidentielle de 1988.
Il faut noter que Michèle Cotta a été la première présidente de la Haute Autorité de l'audiovisuel... nommée par Mitterand himself (sous quotta de nomination de Mauroy, mais ça ne change rien à l'affaire car Mauroy était premier ministre socialiste à cette époque).

"[...] Bref, Mitterand n'a fait grâce de rien à Chirac, il ne lui a rien laissé passer. Sur l'Etat-RPR, Chirac a tenté de répondre en faisant allusion aux entraves mises par l'Elysée aux nominations... à la Haute Autorité. Je suis d'autant plus furieuse qu'avant d'animer le débat, les proches des deux candidats m'avaient assurée qu'ils ne feraient pas allusion à mes fonctions passées, lesquelles n'avaient rien à voir avec le débat du 28. En outre, Chirac s'est trompé en ayant soutenu que l'Elysée avait interdit le candidat que je voulais nommer à la tête d'Antenne 2. C'est tout le contraire : l'Elysée a imposé un candidat dont je ne voulais pas ! L'erreur de Jacques Chirac m'autorise à lui redemander de me laisser en dehors du débat, et à Mitterand de contester la fausse affirmation de Chirac [...]".

Michèle Cotta s'insurge donc de l'erreur de Chirac tout en oubliant joyeusement que ça revient au même : la main mise Elyséenne sur la Haute Autorité. Quand on revoit le débat télévisé de 1988, il est dit clairement que la Haute Autorité était indépendante, alors que les dires de la présidente de cette époque montrent tout le contraire !

C'est dire la main mise psychologique énorme que maintenait Mitterrand face à ses proches : les avaliser, les manipuler tout en faisant en sorte que ces intervenants se croient libres et intègres ! Fort ! Très fort !

Je vais donc reprendre une formule Mitterrandienne : si Mitterrand détestait 'Le Monde', c'est que ce journal est de qualité et est irréprochable, du coup, on ne peut plus en dire autant du Figaro ;)

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Août 2012

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Et Mitterrand suspendit son abonnement
Mi-septembre 1994, François Mitterrand décide de réduire de 110 à 20 les abonnements au " Monde " de la présidence de la République. En cause : plusieurs articles consacrés à ses activités à Vichy, et aussi une enquête sur son cancer

Vite, un prêtre ! Je viens de lire Le Monde... " François Mitterrand tient encore son journal à la main, ce 9 septembre 1994. Le regard glacial qui accompagne sa plaisanterie ne trompe aucun de ses collaborateurs. Dans les pages politiques du quotidien de la rue Falguière - Le Monde avait quitté quatre ans plus tôt la rue des Italiens pour le 15e arrondissement de Paris -, le président vient de découvrir un long article au titre sans appel : " L'évolution du cancer du chef de l'Etat est devenue "imprévisible" ". Le papier s'ouvre sur une question jusque-là taboue : " François Mitterrand ira-t-il au terme de son mandat ? " Elle est posée par les deux " rubricards " médecine du journal.

Jean-Yves Nau et Franck Nouchi ont tous deux été médecins avant de rejoindre la presse. Le premier, un barbu rogue aux airs de moujik que ses collègues amateurs de James Bond ont vite surnommé " Dr. Nau ", et son cadet, oeil rieur et crinière de lion, sont, comme la rédaction, liés par le secret des sources. Les deux journalistes se considèrent, de surcroît, tenus par le serment d'Hippocrate et le secret médical. Mais depuis qu'ils ont compris que les derniers bulletins de santé élyséens trichent chaque jour avec la transparence promise par François Mitterrand, ils se sentent les coudées franches.

Leur papier s'appuie sur les synthèses les plus récentes de spécialistes d'urologie et décrit les suites possibles de la " forme évoluée de cancer de la prostate " dont souffre le président après deux " résections endoscopiques transurétrales ". Mais Nau et Nouchi s'interrogent aussi sur " l'adéquation entre - cet - état de santé et l'exercice des plus hautes charges de l'Etat ".

La veille, François Mitterrand a pourtant assuré dans Le Figaro que si ses facultés physiques et intellectuelles venaient un jour à lui manquer, il prendrait la décision qui s'impose. " Michel, si je perds la boule, vous me le direz ? ", a-t-il intimé plusieurs fois à son confident Michel Charasse. Or les deux journalistes jugent que " le caractère imprévisible de l'évolution de sa maladie et les répercussions psychologiques des thérapeutiques qui pourraient lui être administrées " sont une donnée nouvelle. Et de rappeler en fin d'article... le dispositif prévu par la Constitution en cas de vacance du pouvoir présidentiel.

Le quotidien du soir n'a pas encore révélé que le cancer du chef de l'Etat a été détecté juste après sa première élection, fin 1981 : Franck Nouchi le fera dans les colonnes du journal au lendemain de la mort du président socialiste, le 8 janvier 1996, avant que le docteur Gubler ne confirme ce mensonge d'Etat. Qu'importe : pour François Mitterrand, " l'article de ces deux Diafoirus est insupportable " ! Ses fidèles collaborateurs sont tout aussi scandalisés. Le secrétaire général de l'Elysée, Hubert Védrine, dénonce des " hyènes à l'affût ". Son adjointe, Anne Lauvergeon, sans doute la plus proche alors du président, se demande tout haut si on ne veut pas le pousser à la démission. En ces temps de cohabitation, bon nombre de socialistes croient voir dans cette " campagne " un coup de Matignon. " Chaque fois que le premier ministre me serre la main, j'ai l'impression qu'il me prend le pouls ", soupire Mitterrand en évoquant Edouard Balladur, qui ne cache plus son ambition présidentielle.

" Je ne vois pas pourquoi nous continuons à lire ce torchon ! ", a cinglé le président devant Michel Charasse. " Supprimez-moi donc les abonnements à ce journal de collabos ! " Collabos ? L'injure est choisie à dessein. Elle vise le passé du fondateur du Monde, Hubert Beuve-Méry - qui participa jusqu'en 1941 à l'école des cadres d'Uriage, créée par le régime de Vichy, avant de rejoindre la Résistance - et répond, outrancière, aux articles que le quotidien consacre depuis quelques jours au passé " vichyste " du chef de l'Etat. Les premières années de guerre du président, voilà en effet " le " sujet qui hante cette rentrée politique, depuis la publication chez Fayard de l'ouvrage-événement de Pierre Péan, Une jeunesse française.

Ce livre, c'est peu dire, pourtant, que le président l'a souhaité. " Ecrit avec son plein accord, il en attendait avec gourmandise les retombées dans la presse ", se souvient Laure Adler, qui le côtoie alors à l'Elysée. " Ce sera bon pour moi ", dit-il, et Péan le croit aussi. Curieusement, tous deux sous-estiment le choc que va causer le voile levé sur les dernières zones grises de son itinéraire. Mitterrand fut un " vichysso-résistant ", autant dire un ennemi de l'Allemagne, croyant jusqu'en 1943 que Pétain jouait double jeu. Une subtilité qui échappe aux jeunes générations, bien plus manichéennes. Péan n'a pas vu l'impact désastreux de la photo choisie par Fayard pour la couverutre de son livre : le jeune Mitterrand serrant la main du maréchal Pétain.

Le 2 septembre, le nouveau rédacteur en chef du quotidien, Edwy Plenel, a salué en " une " la longue enquête menée par Pierre Péan. Mais en insistant sur " le tardif aveu public " d'un Mitterrand naguère " activement engagé, non pas à l'extrême droite, mais à droite de la droite, une droite nationaliste qu'incarna le pétainisme... ", son article a donné le la à l'ensemble de la presse. Figures de la gauche, intellectuels, historiens, Le Monde ouvre grandes ses colonnes. Le 14 septembre 1994, une spécialiste de l'Occupation, Claire Andrieu, se penche sur les écrits de François Mitterrand en 1942 et 1943.Verdict sans nuances : " Le futur président se situait parmi les pétainistes durs. "

Ministre de l'information sous la IVe République, François Mitterrand s'est fait une règle de ne jamais attaquer la presse. C'est un homme de l'écrit, qui dévore les journaux un stylo à la main, en corrigeant parfois rageusement la copie. Il flatte les éditorialistes, les séduit, joue avec eux, s'en moque souvent dès qu'ils ont le dos tourné. En cette fin de septennat, il vante les articles fins de Paul Guilbert, l'ancien secrétaire particulier de Joseph Kessel, devenu l'une des plumes politiques du Figaro. Il s'est aussi réconcilié avec Franz-Olivier Giesbert, qui dirige désormais le grand quotidien conservateur. " La presse de droite, elle, au moins soutient les siens... ", maugrée-t-il parfois.

Avec Le Monde, les relations sont bien plus tumultueuses. " Le Monde suggère ceci ? Eh bien je vais faire le contraire, pour être sûr de ne pas me tromper ! ", lâche-t-il les jours d'agacement. Aux patrons successifs du quotidien du soir, il a donné des surnoms : " papatte de mouche " pour l'un, " voyou mondain " pour un plus ancien... L'ancien directeur du quotidien Jacques Fauvet a pourtant appelé sans ambages à voter pour le candidat de l'union de la gauche, en 1981. Et si le service économique du journal a condamné les nationalisations, la direction a accompagné les premiers pas du nouveau président d'un soutien presque sans faille... qui lui a valu de perdre de nombreux lecteurs et l'a obligé à un sérieux recentrage.

Mais l'arrivée à la tête du journal du tandem Colombani-Plenel, en mars 1994, au plus fort de la vague des " affaires ", a consacré le divorce. " Colombani, c'est la rocardie ! ", croit depuis toujours Mitterrand. En 1979, lors du congrès de Metz que le jeune Jean-Marie Colombani couvrait pour Le Monde, le leader de la gauche l'avait pris à part pour contester ligne à ligne son papier. Depuis, l'un est devenu président, l'autre, le patron d'un influent contre-pouvoir.

Avec Edwy Plenel, c'est pire : il le déteste. " Vous êtes toujours amie avec le moustachu ? ", demande-t-il, réprobateur, à Laure Adler. Dès 1985, les révélations de cet investigateur sur l'affaire du Rainbow-Warrior, bateau de Greenpeace coulé par la DGSE au prix de la mort d'un photographe, l'ont " révulsé ". " C'est peut-être une vengeance d'ancien gauchiste... ", glisse parfois le chef de l'Etat, mauvais joueur, dans une allusion au passé trotskiste de son ennemi. Ou, devant ses biographes : " Je ne lui ai jamais rien fait, pourtant ? " Sans évidemment préciser que le journaliste a été placé sur écoutes par la cellule antiterroriste de l'Elysée, entre 1983 et 1986.

" C'est le parti de la rue Falguière ! ", cingle Mitterrand. Ses collaborateurs sont plus remontés encore. " Nous avions le sentiment que le but de Plenel était d'abattre Mitterrand avant que son cancer ne l'ait emporté ", reconnaît aujourd'hui Hubert Védrine. Chaque jour ou presque, le petit cercle s'entretient un peu plus dans sa paranoïa, enfermés qu'ils sont " dans un bunker ", selon l'un d'eux. L'idée d'un boycott du Monde chemine aussi parmi eux, à mots couverts. Oh ! Rien n'est dit officiellement. Mais en mai, un an après le suicide de Pierre Bérégovoy et ce fameux discours où il traitait les journalistes de " chiens ", le chef de l'Etat s'était déjà interrogé devant son porte-parole, Jean Musitelli : " Mes collaborateurs parlent beaucoup trop à la presse, et notamment au Monde ! D'ailleurs, pourquoi gardons-nous une centaine d'abonnements à un journal qui me traîne dans la boue ? " Le 9 septembre, la colère présidentielle est trop vive, pour que, cette fois, on ne devance pas ces suggestions officieuses.

" Supprimons nos abonnements au kiosque du coin ! ", lance Michel Charasse. L'Elysée n'en conservera finalement que 20 sur 110. Seul le président, son cabinet, le service de presse et quelques conseillers triés sur le volet auront désormais droit à " leur " Monde. Chaque jour, les autres s'éclipsent de l'Elysée par l'avenue de Marigny pour l'acheter au kiosque de l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, devant la boutique de Pierre Cardin. Etrange riposte " qui consiste non pas à ne plus lire Le Monde, journal jugé indigne, mais à moins l'acheter ", s'amuse Pierre Georges dans son billet de dernière page. " Si une bulle présidentielle voue l'infâme torchon aux Enfers, alors il faut être logique. Ni cent dix, ni vingt, ni un exemplaire. Zéro ! " Etrange histoire qui semble appartenir à un siècle lointain, celui de la toute-puissance de l'imprimé. Car comment l'imaginer, à l'heure de l'Internet ?

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Septembre 2012

russie-moscou-cathedrale-basileAh quel merveilleux pays que la Russie pour la liberté d'expression ! Bon, c'est vrai que les Pussy Riot ont un peu abusé... Avoir utilisé un lieu de culte et avoir peut être été à l'origine de quelques dégradations à l'intérieur de l'église, est un motif de condamnation pénale. Amusez-vous à amener des guitares électriques à Notre Dame de Paris et chantez une chanson anti-Sarkozyenne, vous amènera devant les tribunaux. Non, pour la chanson, certes, mais pour le trouble manifeste à l'ordre public manifeste qu'est l'utilisation d'un batiment de culte à une propagande déplacée. En France, je considère qu'une condamnation d'une amende de 400Euros, ainsi que, bien entendu, la réparation des dégats dans le lieu de culte, pourrait être réclamée. En Russie, c'est deux ans de prison ferme : pas pareil ! Et, bien entendu, on prend en compte la chanson, alors qu'en France, elle serait anecdotique...

Décidément, quel beau pays !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Août 2012

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L'affaire des Pussy Riots pose la question du lien entre le pouvoir russe et l'Eglise
Beaucoup d'intellectuels critiquent la condamnation par la justice de la formation punk au moment où la police annonce de nouvelles poursuites contre d'autres membres du groupe
Moscou Correspondante

On pouvait croire l'affaire Pussy Riot, ces trois jeunes femmes condamnées, le 17 août, à deux ans de colonie pénitentiaire pour avoir chanté un couplet anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou en février, terminée. Il n'en est rien.

Lundi 20 août, la police moscovite a annoncé de nouvelles poursuites contre les autres membres du groupe ayant participé à la " prière punk ". Selon les images filmées le 21 février dans la cathédrale, elles étaient cinq à s'égosiller sur l'estrade sans compter les complices qui filmaient.

Réprouvée par la communauté internationale, la condamnation des jeunes femmes fait beaucoup de bruit dans les médias officiels russes, au sein de la blogosphère et dans la rue. Le débat est même beaucoup plus passionné que celui qui avait entouré en 2010 la deuxième condamnation de l'ex-magnat du pétrole devenu l'ennemi juré de Vladimir Poutine, Mikhaïl Khodorkovski.

En se déhanchant dans la cathédrale Saint-Sauveur, Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans ont touché à la composante essentielle de l'identité russe : l'orthodoxie.

Officiellement séparés, Église et pouvoir politique sont très liés. L'élite au pouvoir accorde une place de choix à la religion orthodoxe, perçue comme une clef de cette " identité nationale " en cours d'élaboration depuis l'écroulement de l'Empire soviétique en 1991. Désormais, la fusion est totale entre le Kremlin et le Patriarcat. Juste avant l'élection présidentielle de mars 2012, le patriarche Kirill parlait de Vladimir Poutine comme d'un " miracle divin " tandis qu'il adhérait au " Front populaire ", le nouveau parti poutinien, et incitait les paroissiens à voter pour le " leader national ".

" Notre action visait à révéler au public la collusion entre l'Eglise et le système de pouvoir de Vladimir Poutine ", a expliqué Maria Alekhina à l'hebdomadaire New Times. Mission réussie. Même les médias les plus conservateurs s'interrogent sur le rôle de l'Eglise et du patriarche dans la vie politique. " En choisissant de faire corps avec l'Etat, la tête de l'Eglise orthodoxe aurait dû comprendre qu'elle devenait une cible de choix et que la confrontation avec les militants de l'aile radicale de l'art contemporain était inévitable ", écrit le quotidien Nezavissimaïa Gazeta dans son édition du 20 août.

De nombreux représentants de l'intelligentsia conservatrice, loin d'approuver la performance des Pussy Riot, ne peuvent s'empêcher de critiquer leur condamnation. " Je ne veux pas vivre dans une société ou n'importe quel imbécile peut protester dans une Eglise (...). Mais je veux encore moins vivre dans un environnement qui rappelle les talibans ", écrit le chroniqueur Alexandre Arkhanguelski. " Bientôt certains se diront offensés par le moindre cours de biologie expliquant que l'homme descend du singe ", prévient l'écrivain et historien Nikolaï Svanidze.

L'image de la justice russe, déjà très écornée, n'en ressort pas grandie. Pour avoir chanté sur l'autel " Sainte Vierge Marie, chasse Poutine ", les trois punkettes aux casiers judiciaires immaculés ont pris deux ans de prison, soit la même condamnation que celle infligée récemment par le tribunal de Khimki à Moscou au prévenu Igor Kondratiev, auteur de viols en série, y compris sur des mineures.

Plaintes contre Madonna

Le " thermidor " mis en place par Vladimir Poutine depuis juillet pour juguler la contestation de la rue est en train de virer à l'absurde. Après les ONG sommées de se déclarer " agents de l'étranger ", la diffamation qui fait son retour dans le code pénal (après en avoir été écartée par le président libéral Dmitri Medvedev), les nouvelles restrictions visant les sites Internet et le harcèlement judiciaire des figures de l'opposition, voici venu le temps des plaintes contre... Madonna.

Lundi, le tribunal Moskovski de Saint-Pétersbourg a fait savoir qu'une plainte était actuellement examinée contre la chanteuse américaine, venue en tournée en Russie début d'août. Un groupe de plaignants (des ultranationalistes peu connus comme la Nouvelle Grande Russie et le Syndicat des citoyens russes) estime avoir été offensé par le soutien de la vedette à la cause homosexuelle et réclament des " compensations pour préjudice moral ".

De plus, un débat fait rage à propos de Garry Kasparov, l'ancien champion d'échecs devenu un farouche opposant à Vladimir Poutine. Interpellé sans ménagements aux abords du tribunal Khamovnitcheski où étaient jugées les punkettes le 17 août, puis relâché, il est accusé d'avoir mordu un policier au doigt. A moins qu'il ne s'agisse d'une morsure canine. Selon l'agence de presse Ria Novosti, " la police moscovite va effectuer une analyse comparée de la dentition de Kasparov avec celles des chiens policiers ".

Marie Jégo

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Septembre 2012

israel-palestineLa dissimétrie c'est quoi ? C'est qu'en réponse à un jet de pierre, on réponde par une volée de balles. C'est peu ou prou ce à quoi l'on assiste actuellement en Israël. Les palestiniens sont trop souvent considérés comme des personnes de seconde zone, comme des sans-droit. Les colonies en sont le plus parfait exemple : des juifs s'installent sur un terrain qui ne leur appartient pas, et ils le font leur, en dehors de leur pays et avec l'assentiment de tous.

Tout cela avec la bénédiction des américains.

Quand tout cela va-t-il finir ? Vu le rythme actuel, jamais.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Août 2012

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Des soldats israéliens témoignent des violences envers les enfants palestiniens
L'ONG Breaking the Silence, qui a recueilli leurs déclarations, tente de sensibiliser la société
Jérusalem Correspondance

Avner est un homme de 27 ans au visage enfantin, avec des yeux très bleus, des cheveux blonds et des tâches de rousseur. Entre 2004 et 2007, il a effectué son service militaire dans l'unité spéciale des parachutistes de l'armée israélienne, entre Naplouse et Jénine, en Cisjordanie.

" Comme sergent, j'ai mené de nombreuses opérations dites "straw widow", qui consistent à prendre une maison palestinienne pour placer des tireurs d'élite ou des observateurs, raconte Avner. J'ai réveillé des familles. On les regroupait dans une pièce. Je me rappelle d'un incident : un soldat pointait son arme sur un père et son fils qui essayaient de lui parler en arabe. Aucun d'entre nous ne comprenait. Le soldat s'est énervé. Le garçon voulait juste aller aux toilettes, et il a eu si peur qu'il s'est uriné dessus. Avant mon service, j'ai travaillé avec des enfants et je me suis dit qu'il aurait pu être l'un d'eux. "

L'ancien militaire termine aujourd'hui ses études dans le secteur social. " Avant de faire l'armée, je pensais que les Palestiniens étaient une entité ennemie, je n'avais pas imaginé que je serais confronté à des femmes, des enfants et des personnes âgées, poursuit-il. Tsahal - Forces de défense d'Israël - traite de la même façon un enfant qui jette des pierres et un militant du Hamas. "

Avner a décidé à la fin de son service de se tourner vers l'association Breaking the silence (" Rompre le silence "), qui recueille les témoignages d'anciens soldats ayant servi dans les territoires occupés. L'Organisation non gouvernementale (ONG) a rassemblé les récits anonymes d'une trentaine de jeunes Israéliens passés sous les drapeaux entre 2005 et 2011, et confrontés à des violences commises sur des enfants palestiniens.

" Il y a un grand malentendu sur la façon dont l'armée israélienne traite les enfants. De l'extérieur, on imagine qu'ils bénéficient d'un traitement spécial, or ce n'est pas le cas, justifie Yehuda Shaul, fondateur de l'ONG. Nous sommes loin de la violence palestinienne des années d'Intifada, mais l'armée se comporte comme à cette époque-là : pour contrôler les Palestiniens contre leur volonté, les militaires leur font peur, et c'est devenu une routine. "

L'un des soldats témoigne d'une procédure, pourtant interdite, utilisée lorsque l'armée vient arrêter un suspect palestinien : les soldats envoient un voisin, chargé de demander aux habitants de la maison encerclée de sortir. " Je pense que ça s'est passé à Tulkarem. Nous avons fait sortir tout le monde, sans trouver la personne recherchée. Alors nous avons envoyé des voisins, puis un enfant. Il a dû faire le tour de la maison, ouvrir toutes les portes et fenêtres, allumer toutes les lumières. " Le commandant de l'unité savait que le procédé était illégal. " Il a déclaré qu'il préférait qu'un voisin soit tué (...) si cela permettait d'éviter à l'un de ses hommes d'être abattu en entrant dans cette maison ", raconte le soldat. La population n'a pas d'autre choix que de coopérer. " Quand tu frappes à une porte dans la nuit, avec ton arme braquée sur son visage, ta lampe dans ses yeux, que tu vérifies qu'il n'est pas armé (...), il ne te dira pas qu'il ne veut pas coopérer. "

David était affecté à Hébron. Il explique que les colons juifs de la ville lui ont donné du fil à retordre. " Il y avait cet enfant juif qui marchait le long de la route des Fidèles (réservée aux colons). Un enfant arabe passe, l'enfant juif le frappe. Si l'enfant arabe avait répliqué, j'aurais dû l'attraper et le gifler. L'enfant juif est libre de faire ce qu'il veut. " Daniel a lui aussi servi à Hébron. Il circulait en Jeep avec le commandant de la compagnie lorsqu'à un point de contrôle, il aperçoit trois adolescents palestiniens qui refusent de passer sous la machine à rayons X. Le commandant coince un des garçons dans une ruelle, lui cogne la tête contre le mur et le frappe violemment.

" Dans la voiture, je me disais : je m'attends à une situation comme celle-là depuis que je suis enrôlé, j'ai rejoint l'armée pour empêcher ce genre de comportement, et je suis là, à ne rien faire (...) parce que j'ai vraiment peur de ce commandant. "

En 2008, à Ramallah, un sergent de la brigade Kfir (infanterie) participe à une embuscade tendue à des jeunes Palestiniens du camp de réfugiés de Jelazoun, en Cisjordanie. Ces adolescents prennent régulièrement pour cible la colonie de Beit El, à quelques centaines de mètres de là, en jetant des cocktails Molotov sans jamais atteindre les habitations. " Un de mes amis était installé à Beit El, en position de tireur embusqué, se souvient le sergent. Un gamin a balancé un cocktail Molotov. Mon ami a tiré. " L'enfant est mort.

Les soldats qui rompent le silence " réalisent après coup ce qu'ils ont fait, ce à quoi ils ont participé, et ils veulent le faire savoir ", note Yehuda Shaul. En révélant leur vision de l'occupation, sans clémence, à l'égard des enfants, Breaking the silence espère interpeller la société israélienne.

Véronique Falez

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Publié le 6 Septembre 2012

Lance_Armstrong.jpgUne toute petite disgression au pays du vélo. Personnellement, je fais beaucoup de vélo, bien que mon niveau soit médiocre. Cependant, je m'y accroche car ça me met en forme. Inutile donc de me demander ce que je pense des tricheurs officiant dans le monde du cyclisme.

 

Aujourd'hui le palmarès de Mr Armstrong appartient au passé. Il a été déchu de tous ses titres acquis sur le tour de France. Je suis retombé sur un article du Monde.

Aujourd'hui, on peut donc dire : "Au revoir Lance !".

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Septembre 2010

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Lance Armstrong salue le départ de Pierre Bordry

" AU REVOIR, PIERRE. " C'est ainsi que Lance Armstrong a salué publiquement, et en français, sur Twitter, le départ de Pierre Bordry. En privé, le septuple vainqueur du Tour de France a dû faire preuve de moins de retenue pour exprimer sa satisfaction.

Lorsque le coureur américain avait été reçu à déjeuner par Nicolas Sarkozy, le 15 octobre 2009, le jour de la présentation de la Grande Boucle 2010, le Texan en aurait profité pour lui demander la tête du président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Intox ? Lance Armstrong s'en est en tout cas vanté dans le peloton.

Quelques jours plus tôt, le patron de l'AFLD s'était attiré les foudres du coureur et du président de l'Union cycliste internationale (UCI), Pat McQuaid, en publiant un rapport qui dénonçait le traitement de faveur accordé par les contrôleurs antidopage de l'UCI à l'équipe de Lance Armstrong et du maillot jaune Alberto Contador pendant le Tour de France 2009 (Le Monde du 6 octobre 2009). Et dans la foulée, le parquet de Paris annonçait avoir ouvert une enquête préliminaire après la découverte de matériel de perfusion au sein de l'équipe Astana.

Depuis, l'affaire progresse lentement. Mais un autre front judiciaire s'est ouvert, aux Etats-Unis cette fois, à l'encontre du Texan, depuis que son ancien équipier, Floyd Landis - contrôlé positif lors du Tour 2006 et sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour sa participation supposée au piratage informatique du laboratoire de Châtenay-Malabry - l'a accusé de l'avoir initié au dopage.

Pierre Bordry, qui conserve les échantillons suspects du coureur prélevés lors du Tour 1999, a fait savoir qu'il était prêt à coopérer avec les autorités américaines. D'où le soulagement de Lance Armstrong à l'annonce de son départ anticipé. Sa joie pourrait être de courte durée : le futur patron de l'AFLD, Bruno Genevois, considéré comme l'un des meilleurs juristes français, possède la particularité d'avoir habité longtemps dans le même immeuble que Pierre Bordry.

St. M.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Septembre 2012

prison.jpgJe pense que ce sont des idées qui méritent d'être testées que celles qui sont présentées par notre actuelle garde des sceaux.

La lutte contre la récidive doit, effectivement, être une priorité. Malheureusement, contre les plus dangereux, contre les criminels auteurs de crimes les plus graves, je doute plus de cette politique car, dans ce sens, la sauvegarde des citoyens doit passer avant la lutte contre la récidive.

Mais rien de tel dans cet article : on y parle de lutte contre les délits.

Bref, pourquoi pas et allons-y : nous jugerons sur pièce pour savoir si la probation peut être une alternative crédible à l'enfermement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Août 2012

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La révolution Taubira contre la récidive
Le ministère de la justice veut généraliser les peines de probation pour la petite délinquance, une alternative à l'incarcération assortie d'un suivi intense

C'est une révolution qui peut faire grincer quelques dents. Le ministère de la justice travaille discrètement sur un projet qui devrait bouleverser en profondeur le système pénal et vider les prisons d'une grande partie des courtes peines. Christiane Taubira s'attend à une sérieuse tempête, après le tollé qu'elle a soulevé le 7 août pour avoir émis un simple doute sur la généralisation des centres éducatifs fermés. Pour l'éviter, la ministre doit installer, le 18 septembre, une " conférence de consensus " sur les questions de récidive et de dangerosité rassemblant experts, spécialistes institutionnels et intervenants de terrain.

La prochaine polémique risque néanmoins de s'appeler la probation, ou " contrainte pénale communautaire ". Il s'agit, conformément à une recommandation adoptée par le Conseil de l'Europe le 11 janvier 2006, de ne placer en détention les délinquants - il ne s'agit évidemment pas des criminels - " qu'en dernier recours ", et de leur infliger une peine " dans la communauté ", c'est-à-dire dans la société, et non pas en prison. Le condamné aura des devoirs et des obligations, mais aussi un suivi intense pour permettre sa réinsertion et s'attaquer à la récidive.

Le chantier est immense, et la France accumule un retard considérable, mais la garde des sceaux y est décidée : " Les politiques pénales de ces cinq dernières années ont aggravé la récidive, expliquait en juin Christiane Taubira. Notre but n'est pas tant de lutter contre la surpopulation en prison, parce que c'est la politique pénale qui régule la population carcérale, mais bien de lutter contre la récidive. "

Le constat, il est vrai, est accablant. " Depuis dix ans, le système pénal est engagé dans une course folle, qui est aussi une course à l'abîme, notent une soixantaine de magistrats et chercheurs dans un manifeste, publié le 12 juin par Libération. Les résultats de cette politique doivent être pris pour ce qu'ils sont, le témoignage d'un échec et la promesse d'une faillite. " Les gouvernements ont adopté 55 textes depuis 2002 qui ont tous poussé à l'incarcération ou alourdi le quantum des peines. En 2001, 20 837 personnes ont été écrouées, et 88 058 en 2011 ; la durée moyenne de détention a augmenté (8,1 mois en 1999 contre 9,8 mois en 2011) ; les peines de plus de vingt ans sont passées de 1 252 en 2000 à 2 291 en 2011, ce qui en dit assez sur le prétendu laxisme des juges.

Pour éviter l'explosion, l'Etat, tout en affichant une fermeté de principe, a discrètement doublé le nombre des aménagements de peine, multipliant par cinq le nombre de bracelets électroniques depuis 2005. Un vaste programme de construction de prisons a par ailleurs été lancé, 57 000 places à ce jour, 80 000 prévues. A un coût faramineux : 95 millions d'euros de loyer en 2010, mais 567 en 2017, a prévenu la Cour des comptes, et sans réussir pour autant à contenir la surpopulation carcérale.

Cette simple gestion des flux n'a en rien réduit la récidive, au contraire. La principale étude française (des démographes Annie Kensey et Abdelmalik Benaouda, du bureau des études et de la prospective de l'administration pénitentiaire, Le Monde du 15 octobre 2011) a prouvé que 63 % des sortants de prison sans aménagement de peine étaient à nouveau condamnés dans les cinq ans, contre 39 % pour les sortants en libération conditionnelle. Les différentes études internationales confirment ces résultats, une étude canadienne de référence (Smith, Goggin et Gendreau en 2002), conclut franchement à " l'inefficacité des stratégies punitives pour réduire la récidive ".

Il est souvent objecté que les détenus qui bénéficient des alternatives à la prison sont justement choisis parmi ceux qui risquent le moins de récidiver. L'argument est solide, et une équipe néerlandaise s'y est attelée en constituant deux échantillons comparables de délinquants condamnés pour la première fois, mais les uns à de courtes peines d'emprisonnement et les autres à des peines d'intérêt général. Le taux de récidive est toujours supérieur lorsque le condamné a été incarcéré (Wermink, Blokland, Niewbeerta, Nagin et Tollenaar en 2010).

Il existe bien entendu un suivi des condamnés en France, confié à 4 000 conseillers d'insertion et de probation débordés, qui gèrent chacun jusqu'à 180 dossiers (contre 25 en Suède). Mais il s'agit surtout de contrôler les obligations des anciens détenus, qu'ils pointent bien au commissariat, qu'ils dédommagent les victimes ou qu'ils ne déménagent pas sans prévenir. Il n'existe pas en France de véritable outil d'évaluation des risques de récidive, et les travaux internationaux ne sont ni connus ni enseignés. Pour sortir de ce " bricolage méthodologique ", insiste le manifeste, il faut parvenir à une véritable peine de probation qui, au Canada, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Suède a permis de réduire la récidive de 50 % en moyenne.

La probation se définit comme " une série d'activités et d'interventions qui impliquent suivi, conseil et assistance dans le but de réintégrer socialement l'auteur d'infraction dans la société et de contribuer à la sécurité collective ", selon une recommandation du Conseil de l'Europe de 2010. Il ne s'agit pas seulement de contrôler la dangerosité du condamné, mais aussi ses ressources propres, ses besoins et ses carences. Elles sont, statistiquement, criantes : 25 % des entrants en prison sont sans ressources, 25 % sans domicile, avec un niveau de qualification faible, un état de santé dégradé, des problèmes psychiatriques lourds et souvent une histoire familiale heurtée.

Les chercheurs proposent ainsi que soit créée une peine de probation, prononcée par un tribunal, qui en fixerait la durée et l'emprisonnement encouru en cas de non-respect, et qui se substituerait aux actuelles alternatives à la prison. Après une phase d'évaluation, un juge d'application des peines déciderait des conditions d'un suivi " sur mesure ". C'est aussi une idée de bon sens : est-il plus utile d'envoyer un chauffard en prison ou de le condamner à travailler un an dans une association contre la violence routière ? Des programmes ont été expérimentés depuis des années dans le monde anglo-saxon pour mesurer " la désistance ", c'est-à-dire la sortie de la délinquance. En renforçant le " capital humain " (maîtrise des émotions et des capacités de communication) et le " capital social " (intégration dans la société).

Les résistances promettent d'être nombreuses, mais la peine de probation pourrait bien être un tournant dans l'histoire des prisons. Deux magistrates, qui ont longuement travaillé sur la question, Pascale Bruston et Valérie Sagant, sont aujourd'hui conseillères de la garde des sceaux. " On ne les a pas fait venir par hasard ", sourit Christiane Taubira.

Franck Johannès

    Six fois moins de conseillers d'insertion que de surveillants

    78 262 personnes écrouées au 1er juillet (6,7 % de plus qu'en 2011), c'est-à-dire prises en charge par l'administration pénitentiaire mais pas nécessairement incarcérées.

    67 373 détenus, dont un bon quart (17 138) de prévenus, en attente d'un jugement définitif.

    57 408 places opérationnelles de prison.

    12 609 personnes en aménagement de peine (20,6 %), dont 9 627 sous bracelet électronique, 1 993 en semi-liberté, 989 en placement à l'extérieur.

    250 000 personnes étaient prises en charge par l'administration pénitentiaire au 1er janvier (77 000 sous écrou, 173 000 en milieu ouvert).

    26 094 surveillants de prison soit un pour 2,6 détenus.

    4 080 personnels des services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP) ont la charge de 173 000 personnes (soit un conseiller pour 42,4 personnes).

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Septembre 2012

gaz de schisteIl fallait bien s'en douter à un moment : à force d'utiliser toujours plus de flotte et de ne pas la recycler, elle risque de ne plus être disponible. Et le beau mirage du gaz de schiste de s'évaporer comme neige au soleil...

Rien n'est donc simple au pays de la production de l'énergie : au moment où les Etats-Unis pouvaient se targuer de leur indépendance énergétique, voici que des problèmes surgissent. Et si l'on se dirigeait plutôt vers des énergies renouvelables ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Août 2012

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Aux Etats-Unis, l'eau manque pour permettre la fracturation hydraulique

New York Correspondant

La sécheresse qui sévit dans plus de la moitié des Etats-Unis a singulièrement compliqué l'exploitation du pétrole et du gaz de schiste. Les sociétés de forage recherchent désespérément les milliers de mètres cubes d'eau nécessaires à la fracturation de la roche, ce qui les oppose maintenant aux fermiers qui essaient de conserver leurs précieuses ressources hydrauliques.

Au Kansas, les entreprises qui ont vu leur approvisionnement en eau limité par l'Etat ont proposé aux agriculteurs de pomper l'eau de leurs étangs ou d'accéder à leurs puits, monnayant des sommes parfois considérables : jusqu'à 85 000 dollars (68 000 euros) par an d'après Select Energy, l'une des entreprises qui se consacrent à ce genre de prospection.

Mais les fermiers sont inquiets car ils ne voient pas la fin de leurs soucis. " Ils ont peur de rester sans eau ", déclarait à la chaîne CNN Jeff Gordon, directeur d'exploitation de la compagnie pétrolière Texas Coastal Energy, qui fore au Kansas depuis un an. Ils pensent d'abord à leur bétail et à leurs récoltes. "

Ce qui crée des tensions. Au Colorado, les agriculteurs se sont vus devancés par les sociétés de forage lors des ventes aux enchères des ressources hydrauliques, une pratique courante dans beaucoup d'Etats. " Elles ont beaucoup plus d'argent et nous concurrencent sur le marché ", se plaint Bill Midcap, du syndicat agricole des Rocheuses (Rocky Mountain Farmers Union), qui inclut aussi le Wyoming et le Nouveau-Mexique.

Au Texas, qui souffre de la sécheresse depuis un an, certaines municipalités assises sur le gisement de Barnett Shale, comme celle de Grand Prairie, ont interdit l'utilisation de l'eau dans l'exploitation du pétrole de schiste. D'autres villes ont prohibé son transport.

Le boom pétrolier menacé

Car les foreurs ont dû parfois recourir à des solutions extrêmes : acheminer l'eau d'autres Etats par camion (d'aussi loin que la Pennsylvanie), ou creuser leurs propres puits. Dans le cas du pétrole de schiste, c'est une opération encore rentable - le prix du baril dépasse les 90 dollars (72 euros) -, mais ce n'est pas le cas du gaz dont les cours ont chuté de 70 % en quatre ans. Si la sécheresse persiste, elle pourrait menacer le boom pétrolier, en particulier pour les petites entreprises qui ne peuvent faire face à ces coûts supplémentaires.

Il faut donc chercher des solutions. " Ces dernières années, la fracturation hydraulique est devenue un vrai sujet de débat ", affirme Brian Werner, porte-parole du Northern Colorado Water Conservancy District. Le groupe écologiste Environment Texas a demandé à ses juristes d'obliger les foreurs à recycler l'eau de la fracturation, normalement inutilisable car mélangée à du sable et à des produits chimiques.

Dans l'Oklahoma, la fracturation hydraulique n'a pas encore posé de problèmes mais l'Etat prévoit une augmentation de la demande en eau de 33 % d'ici à 2050. " C'est une question très sensible sur laquelle nous commençons à nous pencher ", assure Brian Vance, de l'Oklahoma Water Ressources Board.

Le Grand Ouest américain n'est pas seul concerné. En Pennsylvanie, où se trouve le gisement de Marcellus, l'un des plus vastes des Etats-Unis (il s'étend de New York à la Virginie), la Susquehanna River Basin Commission a suspendu, le 16 juillet, les permis de prélèvement d'eau dans les rivières, ce qui affecte directement plus de soixante sociétés de forage.

" Les prospecteurs vont devoir apprendre à mieux gérer les ressources hydrauliques, affirme David Brown, directeur de programme à l'Agence américaine océanique et atmosphérique, car l'eau va devenir de plus en plus rare au fur et à mesure que le climat se réchauffe. " - (Intérim.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Septembre 2012

piscineJ'ai reçu une réponse de la Mairie de Moirans concernant ma lettre aux services départementaux.

 

J'ai apporté la réponse suivante :

 

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M. Le Maire de Moirans,

 

Je vous remercie de la réponse détaillée et motivée que vous m'avez fait parvenir en date du 28 Août 2012 concernant les questions légitimes que je posais à propos de notre piscine communale.

 

Je suis heureux de constater que vous partagez les mêmes préoccupations que moi, concernant la sûreté de cet équipement. Je suis aussi heureux de vous entendre confirmer près de 70% des dires que mes interlocuteurs ont eu à ce sujet.

 

Néanmoins, vous me demandez de vous permettre de manifester votre étonnement quant à ma démarche de sollicitation des services départementaux. Je vous ne le permets pas. Vous n'avez aucune légitimité à manifester vis à vis de moi quelque étonnement que ce soit. Très clairement, j'ai eu vent de certaines interrogations émanant de citoyens qui ont remis en cause les actions de la Mairie. Dès lors, en plus de poser ces questions à la Mairie, il est évident que je vais m'enquérir d'un avis indépendant que représente celui délivré par les services départementaux. J'écoute votre avis, le prend en compte, mais il est hors de question que je m'en contente, d'où ma saisie des services sus-cités. J'en ai le droit le plus strict et je ne vous permets pas de me donner quelques leçons en la matière.

 

Car si vous vous permettez de manifester votre étonnement sur la saisine de services que je finance par mes impôts, je peux, moi aussi manifester mon étonnement sur la rémunération de certains de vos collaborateurs, que, là aussi, je participe à financer.

 

Vous n'êtes pas sans savoir que le salaire de votre responsable de cabinet choque au plus haut point une bonne partie de la population Moirannaise. Beaucoup jugent scandaleux ce salaire se montant à 4000Euros bruts surtout quand on sait que ce Monsieur a passé plus de temps ces derniers mois à battre la région dans le cadre de sa campagne aux législatives, plutôt que de réaliser un travail remarquable pour la commune. Pour reprendre un de vos mots, je juge aussi ces pratiques 'excessives' mais n'en ai touché mot, car tel n'était pas le sujet. Tel ne l'est toujours pas. J'arrêterai donc là le rappel de ces faits. Sachez juste que si voulez manifester votre étonnement en relatant des actions excessives, je saurais vous rappeler ces faits et demanderai les explications idoines.

 

J'ose espérer que vous saurez respecter mes actions dans le futur : je juge dès lors l'incident clos.

 

Quoiqu'il en soit, je vous remercie à nouveau pour votre réponse et vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes salutations les plus cordiales.

 

  Philippe NOVIANT

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Et pendant ce temps à Moirans

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