Publié le 31 Janvier 2014

Sarkozy-RolexJe suis assez bluffé par le faible niveau en logique de certains de nos magistrats. Comment peuvent-ils affirmer que M. Sarkozy a eu un comportement abusif ? Par des faits et des preuves récurrentes qui ont étayé ce comportement. Comment peut-on rendre un non lieu, dès lors pour absence de preuves ? Je ne comprends pas.

On savait que Sarko avait connaissance de l'état de vulnérabilité de la vieille, on sait qu'il l'a visitée par deux fois en 2007 et on sait qu'il voulait du fric.

Comment peut-ond dire : " Il n'est pas démontré, écrivent les juges, que ce soit la demande de Nicolas Sarkozy du 24 février 2007 (...) qui a conduit Liliane Bettencourt aux actes gravement préjudiciables auxquels elle a consenti de mise à disposition, notamment à celui de 400 000 euros du 26 avril 2007, puisque la responsabilité en incombe à Patrice de Maistre et que celui-ci avait déjà obtenu un premier acte de mise à disposition le 5 février 2007, avant la visite de Nicolas Sarkozy. " et dans le même temps affirmer que Sarko voulait du fric de la vieille ?

Les premiers dires des magistrats SONT des charges suffisantes qui auraient du envoyer M. Sarkozy devant un tribunal. Les juges ont donc failli dans leur mission, les juges ont rendu un jugement faux "Au nom du peuple Français", les juges ont donc failli à leur mission de servir l'intérêt général, les juges doivent donc être poursuivi pour entrave manifeste à la Démocratie.

Encore heureux que l'entrave manifeste à la Démocratie n'existe pas dans notre Code Pénal, hein, Messieurs les juges incompétents ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Octobre 2013

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Un non-lieu pour l'ex-chef de l'Etat, malgré son " comportement abusif "

C'EST AVEC DES MOTS très durs que les juges d'instruction bordelais chargés de l'affaire Bettencourt ont justifié le non-lieu accordé à Nicolas Sarkozy, dans leur ordonnance de renvoi signée lundi 7 octobre. Selon ce document, cité par l'AFP, il n'y avait pas de " charges suffisantes " pour renvoyer l'ex-chef de l'Etat en correctionnelle, même si ce dernier, selon les juges, aurait essayé par " un comportement abusif ", d'obtenir de l'argent de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal.

Les juges bordelais Jean-Michel Gentil et Valérie Noël ont bâti une démonstration en quatre points. Premier point, Nicolas Sarkozy " avait connaissance de l'état de vulnérabilité particulièrement apparent de Mme Bettencourt ", estiment-ils. Deuxièmement, " il s'est présenté au domicile d'André et Liliane Bettencourt deux fois " au début de l'année électorale 2007, les 10 et 24 février 2007, et non une seule comme il l'a prétendu. Troisièmement, " le rendez-vous du 24 février avait pour objet d'obtenir un soutien financier de Liliane Bettencourt ".

Le quatrième point vient à l'appui de la défense de M. Sarkozy : " Il n'existe pas de charges suffisantes établissant un lien direct entre le comportement abusif de Nicolas Sarkozy et les actes préjudiciables consentis par Liliane Bettencourt de mise à disposition d'espèces. "

Ces mises à disposition ont pris la forme de rapatriements d'argent liquide des Bettencourt depuis la Suisse par leur homme de confiance, Patrice de Maistre. Il y en a deux de 400 000 euros, le 5 février et le 26 avril 2007.

" Il n'est pas démontré, écrivent les juges, que ce soit la demande de Nicolas Sarkozy du 24 février 2007 (...) qui a conduit Liliane Bettencourt aux actes gravement préjudiciables auxquels elle a consenti de mise à disposition, notamment à celui de 400 000 euros du 26 avril 2007, puisque la responsabilité en incombe à Patrice de Maistre et que celui-ci avait déjà obtenu un premier acte de mise à disposition le 5 février 2007, avant la visite de Nicolas Sarkozy. " Les juges remarquent aussi qu'il " n'est pas établi que Patrice de Maistre ait entièrement redistribué " les espèces reçues le 26 avril 2007.

Manque de preuves

Si l'on suit le raisonnement des juges, il leur manquait simplement des preuves. Le 27 mars, six jours après la mise en examen de M. Sarkozy, ils avaient dressé un procès-verbal assassin, récapitulant l'enchaînement des faits qu'ils étaient parvenus à mettre au jour, et notamment la troublante concordance entre les remises de fonds et les rendez-vous entre les différents protagonistes. Nicolas Sarkozy apparaissait en effet dans ce procès-verbal d'analyse comme le véritable cerveau d'un système bien huilé.

Pour les magistrats, à ce moment-là, des indices graves et concordants laissaient penser que l'ancien président de la République avait pu profiter de la dégénérescence de la vieille dame. D'où le choix de le mettre en examen, alors que, dans un premier temps, ils l'avaient simplement placé sous le statut de témoin assisté. Une décision collégiale, confirmée par la cour d'appel. Mais en droit, comme l'a fort opportunément rappelé la cour d'appel de Bordeaux le 24 septembre, il existe une nette différence entre les " indices " et les " charges ", seules ces dernières permettant de renvoyer les mis en examen devant un tribunal.

La charge, indiquait la cour d'appel, " inclut l'existence d'éléments de preuve suffisants permettant d'envisager la culpabilité de quelqu'un, et donc son renvoi ". Or, comme Le Monde l'avait déjà indiqué le 11 avril, les éléments de preuves apparaissaient trop ténus pour envisager le renvoi d'un ancien président de la République devant un tribunal. Une relaxe aurait fait très mauvais effet, donné l'image d'une justice coupée en deux, voire politisée. Les juges ont donc suivi le code pénal à la lettre, n'en déplaise à leurs contempteurs.

G. Da. et F. Lh.

    Dix personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel

    Dix personnes sont renvoyées en correctionnelle dans le volet " abus de faiblesse " de l'affaire Bettencourt : François-Marie Banier, ami photographe de Liliane Bettencourt, et son compagnon Martin d'Orgeval, mais aussi Patrice de Maistre, ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire. Comparaîtront également sur le banc des prévenus Carlos Cassina Vejarano, ancien gestionnaire de l'île seychelloise de Mme Bettencourt, les notaires et l'ex-avocat de cette dernière, Jean-Michel Normand, Patrice Bonduelle et Me Pascal Wilhelm. L'infirmier de la vieille dame, Alain Thurin, et l'homme d'affaires Stéphane Courbit sont également renvoyés devant le tribunal, ainsi qu'Eric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Janvier 2014

sergedassault.jpgVu ces manières, si la France n'a jamais réussi à vendre un Rafale à l'étranger, ce n'est guère étonnant. M. Dassault ne réhausse pas l'image, bien médiocre, de nos politiques par ses agissements. Quand on pense, en plus, que ce Monsieur est propriétaire du Figaro, ça laisse songeur.

Ca laisse d'autant plus songeur que l'on n'arrosait pas la crème de l'intelligence, en l'occurrence ! Les grands frères, le mot politiquement correct pour caractériser des voyous notoires, ont bénéficié des largesses comme Sarko bénéficiait des largesses de la vieille de L'Oréal.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 Octobre 2013

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A Corbeil, ces " grands frères " dévoyés par l'argent de Dassault
Un nouveau témoignage accrédite l'existence d'un système d'achat de voix dans les cités de la ville dirigée par l'industriel de 1995 à 2009

A intervalles réguliers, les anciens " grands frères " des cités de Corbeil-Essonnes se rappellent au bon souvenir de Serge Dassault. Selon nos informations, le 24 juillet, Mamadou K., un jeune homme soupçonné d'avoir proféré des menaces sur la famille de l'avionneur, a commencé à se confier au juge parisien Renaud Halem lors d'une première audition. Mis en examen pour tentative d'extorsion, blanchiment et atteinte à la vie privée, il a expliqué avoir touché 100 000 euros en 2010 de la part de l'ancien maire (1995-2009) pour avoir convaincu des habitants de son quartier d'aller voter pour lui lors des élections municipales de 2008.

Le jeune homme a également mentionné la piste d'un financement passant par le Liban, évoquée par Serge Dassault lui-même en novembre 2012 dans une vidéo mise en ligne par Mediapart. Mamadou K. se serait rendu sur place en 2011 pour récupérer une somme d'argent supérieure à la précédente. Son audition a été versée à l'instruction des juges Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, qui enquêtent sur le volet financier de l'affaire à Paris. Contacté, l'avocat de Serge Dassault, Jean Veil, n'a pas souhaité réagir.

Ce témoignage s'ajoute à une liste déjà fournie de déclarations accréditant les soupçons d'achats de voix, dénoncés depuis plusieurs années par les opposants de M. Dassault et gravés dans le marbre judiciaire par la décision du Conseil d'Etat, en 2009, d'annuler l'élection de 2008. Surtout, il braque le projecteur sur ces " grands frères " des Tarterêts, au nord, ou de Montconseil, au sud, les deux cités de Corbeil qui ont profité des largesses du milliardaire contre la garantie d'y maintenir la paix sociale, voire de contribuer à son succès électoral.

Comment ces jeunes des cités aux casiers judiciaires parfois bien remplis ont-ils pu obtenir de l'un des plus puissants industriels français des sommes qui se chiffrent en centaines de milliers d'euros, voire plus ? A l'élection de M. Dassault, en 1995, la cité des Tarterêts et ses 8 500 âmes bouillonnent de violence. Au point que, quelques jours après son accession à la mairie, M. Dassault s'y fait caillasser et repart avec deux points de suture. L'édile décide alors de conquérir les quartiers.

Younès B. est l'un des " grands frères " qui ont servi de trait d'union entre la mairie et les Tarterêts. Au début des années 1990, il mêle encore ses idéaux de militant à ses rêves de politique. C'est lui qui, par exemple, organise des rassemblements contre le trafic de drogue. Il est à la fois décrit comme séducteur et charismatique, impulsif et opportuniste.

Le " gros lézard ", comme certains l'appellent, est respecté dans les quartiers, où il flirte avec la voyoucratie. Mais son influence lui offre une place à part dans l'entourage de Serge Dassault. C'est à Younès que, dans une vidéo pirate, l'avionneur reconnaît avoir donné 1,7 million d'euros. Selon une source policière locale, " il était le meneur de la bande des Tarterêts qui sévissait dans les années 1990. Il se targuait d'être le "maître" de Corbeil et citait à la cantonade le nom de ses relations ".

Comme lui, d'autres jeunes, parce qu'ils s'étaient imposés dans leur quartier, ont goûté à la politique façon Dassault. Rapidement, ils deviennent les relais de l'actuel sénateur UMP de l'Essonne. Certains ouvrent des entreprises dans le bâtiment ou la sécurité, d'autres des pizzerias. D'autres encore font carrière à la mairie.

Petit à petit, le système s'installe. Et chacun sent qu'il peut monnayer son rôle. Lorsque les jeunes veulent partir en vacances, c'est également à la mairie qu'ils vont toquer. Espagne, Thaïlande, Californie... On ne leur refuse rien. " Quand ils veulent faire du ski, la mairie leur loue deux Laguna et les envoie à Avoriaz, se souvient Jacques Picard, un élu EELV qui a longtemps ferraillé dans l'opposition. C'est un système en fontaine, où l'argent retombe dans les quartiers. "

En 2002, alors que Serge Dassault commence son second mandat, il est battu aux législatives par Manuel Valls, alors maire d'Evry. Le clientélisme s'amplifie. " J'ai compris qu'il y avait alors un système bis à celui que je dirigeais ", explique Joël Roret, ancien adjoint à la jeunesse qui a démissionné en 2006. Les jeunes défilent dans son bureau pour " réclamer leur dû ". L'ambiance change. " Parfois, ils me disaient : "Tu sers à rien, on est allés voir le vieux et on a eu ce qu'on voulait". "

Les sommes augmentent. La pression aussi. Les jeunes ne passent plus par les adjoints, ils s'adressent directement au " vieux ", dont ils ont le numéro de portable. En 2006, Serge Dassault " prête " 500 000 euros à Samba Diagouraga, un jeune des Tarterêts devenu conseiller municipal, rapporte le Canard enchaîné de l'époque. Il s'agit, affirme alors M. Dassault, de financer des " actions humanitaires " et des " projets industriels ".

" Cela a été un tournant. Les jeunes se sont dit que si lui pouvait toucher autant, pourquoi pas eux ", déplore l'élu Front de gauche Bruno Piriou, un des premiers à avoir critiqué le système. " Lors des élections, vous aviez des jeunes qui stationnaient dans leur voiture avec des centaines de cartes électorales sur le siège passager. Et plus on approchait de la fermeture, plus la voix coûtait cher. Surtout quand l'élection se jouait à quelques dizaines de voix ", lâche-t-il.

Il est loin le temps où, en 1999, certains jeunes animaient Pixel, une association audiovisuelle de quartier. Ils avaient réalisé un documentaire, Les Tarterêts, banlieue sans haine, pour en montrer un visage positif. Aujourd'hui, ce sont les armes qui parlent. A deux reprises, en début d'année, des jeunes ont été pris pour cible. Younès, dont la proximité avec le milliardaire est connue de tous, est soupçonné d'être l'auteur de l'une des tentatives d'assassinat. Certains suspectent qu'il n'aurait pas redistribué comme convenu l'argent du milliardaire. Younès B. est aujourd'hui en cavale en Algérie. Un ancien cadre de la mairie qui l'a bien connu met en garde : " Il n'y a pas d'un côté le méchant Younès et de l'autre les gentils. Ça arrange tout le monde de dire qu'il a gardé l'argent. Mais nous sommes dans un théâtre d'ombres. "

Les centaines de milliers d'euros de Serge Dassault qui circulent ont-ils fait tourner les têtes ? C'est ce que la justice tente de déterminer. L'actuel maire, Jean-Pierre Bechter, a été placé en garde à vue en juin pour s'expliquer sur ces événements, avant de ressortir libre. Serge Dassault doit, lui, être convoqué prochainement par les juges d'Evry en qualité de témoin assisté pour " complicité de tentative d'assassinat ".

La rue et Serge Dassault. La rencontre de deux mondes, liés par l'argent, où s'entrechoquent des ambitions et le paternalisme de l'ancien édile. Comme ce jour où sept jeunes se rendent dans son bureau pour lui demander de " l'aide ". Une rencontre qu'ils avaient filmée discrètement et dont la vidéo avait été publiée par Canal+. " J'ai pas osé tout à l'heure, mais maintenant j'ose vous le dire. La somme idéale c'est de commencer avec 80 000 euros ", tente l'un d'eux, qui veut ouvrir son restaurant. " Et moi, c'est mon frère, il a l'ambition de créer une société de transport international. Et ça représente une somme de 100 000 euros ", surenchérit un second. " 100 000 euros ? Et vous voulez faire ça où ? ", demande benoîtement l'industriel. " On part du Havre... On les emmène au Cameroun ", répond l'un des visiteurs. " Oui, mais si vous disparaissez tous, après, moi j'ai plus personne ! ", s'inquiète alors le milliardaire.

Aujourd'hui, plusieurs vidéos pirates mettant en cause l'industriel se monnayent. Preuve que l'argent a perverti une partie de cette jeunesse tiraillée entre la volonté de dénoncer un système corrupteur et celle de faire pression sur le clan Dassault. A l'approche des municipales, un jeune des Tarterêts qui a connu le système de l'intérieur en est sûr : " Les équipes se reforment pour revenir prendre de l'argent une énième fois. "

Shahzad Abdul et Simon Piel

    Au " Figaro ", un traitement a minima

    Au Figaro, l'affaire embarrasse la direction. Sur ordre du propriétaire Serge Dassault, le quotidien n'avait dans un premier temps pas évoqué la situation à Corbeil-Essonnes. Pas un mot sur la vidéo révélée par Mediapart, où Serge Dassault admet des dons d'argent opaques via le Liban. Les railleries des confrères après la publication in extenso du communiqué des conseils du milliardaire, dénonçant les atteintes à la vie privée, ont achevé de convaincre la hiérarchie de réagir. Le 18 septembre, le directeur de la rédaction, Alexis Brézet, a expliqué à la société des journalistes du quotidien qu'il tenait à " un traitement factuel, sobre, neutre et objectif ". " A chaque étape, on doit dire les choses... sans pour autant reprendre tous les éléments de presse ", a-t-il précisé. Un journaliste s'est proposé pour suivre l'affaire. " Pas de scoop à venir ", sourit-on en interne, mais un traitement a minima, validé par le " Rond-Point ", siège du groupe, et Rudi Roussillon, le conseiller en communication de Serge Dassault.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Janvier 2014

tapieDécidément, les emmerdes volent en escadrille pour M. Tapie ! Après ses déboires avec l'Etat, il a affaire avec un ex-fan qui ne veut pas que l'on le traite comme un esclave ! Un comble ! Depuis quand le fan se rebelle-t-il quand on le traite comme un moins que rien ? Vraiment, ce petit personnel est une calamité, n'est-ce pas M. Tapie ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 Octobre 2013

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Ecoeuré par ses conditions de travail, l'ancien régisseur de " La Mandala " porte plainte

DÉJÀ POURSUIVI par les juges dans l'affaire de l'arbitrage avec le Crédit lyonnais, Bernard Tapie va devoir faire face à un nouveau front. Mais, cette fois, les sommes en jeu sont dérisoires. Dans les prochains jours, Eric Delhougne, l'ancien régisseur de sa somptueuse propriété varoise - " La Mandala " -, va en effet simultanément saisir le conseil des prud'hommes de Fréjus et déposer plainte auprès du parquet de Draguignan. La première procédure concerne le non-paiement d'heures supplémentaires, la seconde, pénale, vise le délit de " travail dissimulé ".

Le conseil de M. Delhougne, Me Laurent Latapie - ça ne s'invente pas -, assure que son client est " fermement décidé à obtenir réparation du préjudice subi. M. Delhougne a tout simplement été exploité, maltraité, et une grande partie des heures de travail qu'il a effectuées à La Mandala cet été ne lui ont pas été réglées ". Il ajoute : " Ma plainte pénale visera aussi la société-écran luxembourgeoise utilisée par M. Tapie pour gérer La Mandala. "

Râblé, le regard franc, Eric Delhougne n'a pas l'air du genre à transiger sur les principes. Cet ancien parachutiste de l'armée belge, qui veille sur des propriétés luxueuses dans la région depuis une quinzaine d'années, ne s'est toujours pas remis du mois qu'il a passé au service des époux Tapie dans leur résidence tropézienne, dont il a claqué la porte début septembre.

Pourtant, tout avait commencé comme un conte de fées. " Au mois de juillet, scandalisé par le traitement réservé par les médias à M. Tapie, je lui ai proposé, au bluff, mes services ", dit l'intéressé. Fin juillet, Eric Delhougne est reçu par le couple. L'affaire est conclue : moyennant un salaire de 1 300 euros chacun, M. Delhougne et sa femme sont embauchés le 1er août pour veiller sur les 2 hectares de La Mandala. Un contrat de travail est établi.

" Corvéables à merci "

La rémunération est modeste, mais l'homme d'affaires, selon le régisseur, aurait promis de se montrer " généreux ", s'engageant à accorder rapidement au couple " une augmentation substantielle ". Au total, ils sont sept employés, dont un jardinier, un cuisinier...

Les Delhougne vont vite déchanter. Logés dans une annexe " insalubre " (" On était trois dans une chambre, avec ma femme et ma fille "), les Delhougne découvrent l'ampleur de la tâche. " On était corvéables à merci, rapporte le régisseur. Il fallait entretenir la propriété, aller chercher le pain, amener la fille de M. Tapie à la gare, prendre soin du jardin : rien que pour couper le gazon, à deux personnes, il faut une journée entière ! C'était plus que du temps-plein, puisque nous travaillions seize heures par jour sept jours sur sept, alors que M. Tapie était la moitié du temps à Paris. "

Surtout, Eric Delhougne dit découvrir une facette de l'ancien patron de l'OM qu'il ne soupçonnait pas. " Moi qui l'admirais, je suis tombé de haut. Outre qu'il est d'une maniaquerie maladive, il est cyclothymique. Il vous tape dans le dos, et quelques minutes plus tard vous insulte. Il passait son temps à me dénigrer, et faisait de même avec les autres membres du personnel, comme cet employé philippin qu'il n'a pas déclaré. "

Fin août, M. Delhougne décide d'aller trouver son patron pour lui rappeler sa promesse d'augmentation. " Il était furieux, il m'a hurlé dessus, me disant que mes conditions salariales étaient parfaites. Il a ajouté : "De toute façon, c'est bien assez payé, vu que tu n'auras rien à foutre cet hiver." Cette fois, c'en était trop, j'ai décidé de partir et de porter plainte. " Et voilà comment cet admirateur inconditionnel de Bernard Tapie a rejoint la cohorte de ses plus farouches détracteurs.

Interrogé par Le Monde, M. Tapie s'est dit " consterné que la presse tombe si bas ". Sur le fond, M. Tapie explique : " M. Delhougne, au bout de trois mois, est venu me trouver pour réclamer une augmentation. Je lui ai répondu que c'était quand même un peu rapide, qu'il fallait au moins qu'il termine sa période d'essai ! Il m'a répondu qu'il ne resterait pas à ce tarif-là. Si je comprends bien, maintenant, il essaie de me faire chanter, c'est pitoyable. "

Le conflit pourrait dégénérer. Mercredi 2 octobre, les deux hommes se sont croisés par hasard à Saint-Tropez. Selon M. Delhougne, M. Tapie lui aurait lancé : " Je vais m'occuper de toi. " Le régisseur a décidé de déposer plainte pour " menaces ".

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G. Da. et F. Lh

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Janvier 2014

2826be1dC'est vraiment un chouette article que celui-là ! On y apprend que la dette n'est pas une facilité et qu'elle peut se rembourser facilement... pour peu que l'on maîtrise la planche à billets... Las, ce n'est plus le cas aujourd'hui pour la France. La planche à billet est gérée par l'Europe qui maîtrise ses taux d'intérêts en limitant l'inflation. Pendant ce temps, il nous faut être rigoureux dans la dépense budgétaire. On ne peut plus rembourser nos dettes avec de la monnaie de singe, c'est cela qui a changé par rapport à cette époque !

En attendant, bonne lecture avec cet article qui est un véritable cours d'économie condensé : un must !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 Octobre 2013

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Quand la France remboursait sa dette...
La hausse des prix entre 1945 et 1948 a permis à la France de sortir de son endettement accumulé depuis 1939. Mais les entreprises, privées de capitaux, en ont payé le prix fort

En 2013, l'Europe est engluée dans l'endettement. En France, la dette publique se monte aujourd'hui à 93,4 % du produit intérieur brut (PIB). Comme en 1939. Pourtant, dès 1950, le ratio est tombé à 30 % après avoir culminé à 250 % en 1944. Mais à quel prix ! Entre 1940 et 1944, le Trésor ne peut trouver dans l'impôt ou l'endettement à long terme de quoi couvrir les dépenses entraînées par la guerre puis par la défaite : la convention d'armistice de 1940 impose à la France 400 puis 500 millions de francs par jour pour l'entretien des troupes d'occupation.

La solution consiste à créer des francs supplémentaires, par l'intermédiaire des avances de la Banque de France, en violation de la politique monétaire traditionnelle qui interdit toute création de monnaie sans contrepartie productive. Or, à production inchangée, ces francs supplémentaires devraient faire monter les prix des biens et services. Pour l'éviter, le Trésor met en place la " politique du circuit " : forcer le retour des francs émis en incitant les Français à acheter de la dette publique pour empêcher que ce pouvoir d'achat supplémentaire ne tire les prix à la hausse. De plus, un appareil de contrôle rigoureux interdit augmentations de prix, importations de biens et exportations de capitaux.

Si la liberté n'a pas besoin de texte, la contrainte en exige beaucoup : pendant la guerre, une puissante administration de police économique constate deux millions d'infractions. Les sanctions les plus lourdes vont jusqu'à dix années de prison. Une part accrue de la production est acquise par l'Etat et l'occupant, obligeant les autres acteurs à diminuer leur consommation : c'est le rationnement. Les francs nouvellement créés finissent bien dans les poches des Français mais, pour les dépenser, il faut obligatoirement utiliser des tickets de rationnement qui restreignent la quantité " utile " de monnaie pour les consommateurs. Les Français sont ainsi " forcés " d'épargner en plaçant ces liquidités inutiles dans la dette publique que l'Etat émet en abondance. Le circuit est ainsi, en théorie, bouclé.

Fuyant ce jeu de dupes, les Français s'efforcent de préserver leur épargne en achetant des actifs réels. Pendant la guerre, le cours des actions est multiplié par quatre, celui des oeuvres d'art par sept et celui du napoléon par dix-neuf. Rapidement, c'est donc l'ensemble de l'économie qui doit être strictement administré. En émule de la politique allemande, Pétain explique dès 1940 que " la faillite universelle de l'économie libérale " nécessite une économie " organisée et administrée " dans laquelle " la monnaie doit être au service de l'économie ". De plus, les prix maintenus artificiellement bas dissuadent la production alors que les consommateurs disposent d'argent pour payer plus cher : le marché noir prospère.

Comment sortir de ce système, une fois la paix revenue ? En Allemagne, la solution est radicale. Le 21 juin 1948, les billets, comptes bancaires et dettes privées sont amputés de 93 % de leur valeur tandis que la dette publique est quasiment annulée. Mais les salaires sont maintenus. Du jour au lendemain, les Allemands, qui consacraient leur temps à chercher de rares produits pour dépenser l'argent dont ils disposaient en abondance, se mettent à produire afin de gagner l'argent nécessaire à leur consommation. Les mécanismes de l'offre et de la demande se rétablissent très vite. Alors que l'Allemagne végétait dans la misère, elle connaît une croissance de 40 % entre juin 1948 et 1950. La renaissance fulgurante de l'Allemagne se fonde sur ce nouveau deutschemark, convainquant durablement les Allemands des vertus d'une monnaie saine.

Cette politique brutale a pu être mise en oeuvre dans un pays vaincu et occupé par des militaires étrangers, sans comptes politiques à rendre. Mais dans la France de la Libération, comment concilier victoire et rigueur ? Les gouvernants français choisissent de poursuivre la " politique du circuit ", tout en réduisant l'appareil répressif de l'Occupation : les prix quadruplent entre 1945 et 1948, réduisant de 90 % la valeur réelle des dettes. L'Etat a donc " remboursé " sa dette avec des francs dévalués par l'inflation.

Il n'y a pas de miracle : les Français - comme les Allemands - ont payé. Jusque-là, les Français de tous milieux épargnaient, notamment pour leurs vieux jours. Ils achetaient actions et obligations d'entreprises et surtout la dette de l'Etat, la fameuse " rente ". Qu'ils soient propriétaires de ces rentes ou cotisants aux retraites ouvrières et paysannes créées en 1910, les épargnants français perdent donc très exactement ce que l'Etat gagne. Cette faillite des retraites par capitalisation impose la création du système actuel de retraite par répartition, qui remplace l'épargne par un prélèvement social, immédiatement redistribué et consommé.

De plus, l'inflation dissuade l'épargne productive : les capitaux désertent le marché financier pour s'investir dans des actifs tangibles ou à l'étranger. Le marché français, acteur majeur avant guerre, ne retrouvera jamais son rang international et peine à financer les entreprises. En 1952, le caractère vicieux du système se cristallise. Pour rassurer épargnants et consommateurs, l'Etat indexe sa dette sur l'or (emprunt Pinay) et le SMIG (salaire minimum, créé en 1950) sur les prix. Pour attirer l'épargne, la créativité financière multiplie ces indexations : sur les prix (billet de train ou du charbon), sur la production d'électricité (EDF), sur la production industrielle (bons d'équipement) ou sur le cours des actions (Emprunt 1956). Mieux, les emprunts EDF sont libellés en kilowattheures et ceux de la SNCF en kilomètres-voyageur. L'obligation SNCF 1954 offre un intérêt de 65 km et est remboursée 1 600 km en bons-voyage ou en espèces !

C'est même toute la société qui est bouleversée par l'inflation. Chacun s'efforce d'obtenir de l'Etat une hausse de ses prix ou de son salaire, ce qui justifie de nouveau l'appareil de contrôle et de subvention né sous Vichy. Il faudra attendre le 1er janvier 1987 pour rompre définitivement avec le contrôle des prix.

Les liquidations brutales de l'après-guerre, par l'annulation comme par l'hyperinflation, ont eu le mérite de libérer l'avenir. Mais la poursuite de la " politique du circuit ", avec son mélange de financement inflationniste et de contrôle administratif des prix, a créé une situation où l'inflation devenait à la fois solution et problème. Aujourd'hui, au lieu de laisser des défauts annuler certaines dettes, les banques centrales créent de nouveau de la monnaie sans richesse réelle en contrepartie. L'avertissement de l'économiste Jacques Rueff demeure : " Une monnaie efficace est la condition de la liberté humaine. Croyez-moi, aujourd'hui comme hier, le sort de l'homme se joue sur la monnaie. "

Patrice Baubeau et David Le Bris

Patrice Baubeau

est maître de conférences en histoire à Nanterre et

David Le Bris

enseignant-chercheur à Kedge Business School.

    Quatre dévaluations

    25 juin 1940 La France règle une indemnité d'occupation à l'Allemagne de 400 millions de francs par jour (puis 300 millions de francs en mai 1941 et 500 en novembre 1942), l'équivalent du budget de l'Etat.

    8 mai 1945 Capitulation de l'Allemagne.

    26 décembre 1945 Première des trois dévaluations du franc de la IVe République (puis 1948 et 1949).

    Mai 1946 Accords financiers franco-américains Blum-Byrnes qui octroient à la France un crédit de 1 370 millions de dollars.

    1947 Plan Marshall.

    22 novembre 1947 Grandes grèves face à la mauvaise situation économique.

    1952 et 1958 Emprunts Pinay.

    Décembre 1958 La France adopte un plan avec une dévaluation de 15 %.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Janvier 2014

tapieJ'ai beaucoup ri en lisant ce papier et je ris encore ! C'est une bonne chose que de voir que les filouteries de M. Sarkozy et de Mme Lagarde pour refiler 400 Millions d'Euros à M. Tapie sont en passe d'échouer !

Il ne reste plus qu'à ce que M. Sarkozy et Mme Lagarde subissent le même sort que ce Monsieur en étant réduits à faire la quête auprès d'amis pour aller chercher les croissants à la boulangerien du coin...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Octobre 2013

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Les vacances de Monsieur Tapie
L'homme d'affaires a passé un été pénible dans sa somptueuse villa du Var, sans carte bancaire ni liquidités
Saint-Tropez (Var) Envoyés spéciaux

Sale été pour Bernard Tapie. Il pensait pourtant, après de longs travaux, profiter enfin des charmes de sa luxueuse villa, baptisée " La Mandala ", achetée 48 millions d'euros le 29 septembre 2011. Il avait même réussi à calmer le courroux de ses riches voisins, inquiets de voir l'homme d'affaires créer une aire d'atterrissage pour hélicoptère. Finalement, l'héliport, un temps envisagé, n'a jamais vu le jour.

Perché sur une colline de Saint-Tropez, au pied du versant sud de la citadelle, le domaine appartenait à la famille Schneider. Plus précisément à la riche héritière Catherine Schneider, cinquième épouse du réalisateur Roger Vadim. Un lieu paradisiaque, entre nantis et initiés, dont l'avocat Bernard Lagarde.

Une villa de 500 m2, sise sur un terrain arboré de plus de 2 hectares, avec accès direct et privatif à la plage des Graniers, le tout à quelques encablures des lieux les plus prisés de Saint-Tropez, tel le palace Le Byblos. Un ponton a même été aménagé, pour permettre aux invités de venir en hors-bord. Pour se déplacer, M. Tapie a le choix : une Mercedes, une Range Rover, une Smart et deux voiturettes de golf.

Bref, après sa garde à vue, en juin, longue de 96 heures, puis sa mise en examen pour " escroquerie en bande organisée " dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage qui lui a octroyé 405 millions d'euros en juillet 2008, Bernard Tapie pensait bien avoir gagné le droit de passer un bel été. Tranquille, au bord de la piscine, à l'ombre des cyprès. Protégé par ses trois portails, de hauts murs, son gardien, son petit personnel le doigt sur la couture du pantalon.

Tapie, dans le coin, c'est une star. Son régisseur a même le numéro de portable du colonel des gendarmes, au cas où. Bref, il se voyait déjà débarquer à l'aéroport de La Môle, en jet privé, histoire d'embarquer ses trois molosses, puis bronzer. Vitupérer les journalistes et le gouvernement, mais se reposer.

Las. A 70 ans, l'homme d'affaires a redécouvert les soucis d'argent. Les juges ont saisi ses avoirs. Ses cartes bancaires ne fonctionnent plus. " Je ne vous en dirai rien, c'est ma vie privée ", répond-il au Monde. Il ajoute toutefois : " J'ai en effet conservé des amis, fidèles, je n'ai même pas eu à demander ! " Tout l'été, il a dû ruser pour entretenir sa tribu, enfants, petits-enfants. Rogner sur les dépenses au supermarché. Préférer les Flanby aux soirées langoustes, même si, de temps à autre, il fallait bien lâcher la bride.

Pour se procurer des espèces, il a pu compter sur ses amis, quand bien même il devait les contacter discrètement. Tapie sait bien que ses conversations téléphoniques sont interceptées par la justice. Son personnel l'a entendu râler avec une parfaite constance contre les banquiers. Quand l'homme d'affaires est agacé, on l'entend de loin, son gardien, qui loge en contrebas de la propriété, peut en témoigner.

Tapie s'est consolé comme il a pu. Avec, par exemple, les lettres d'admirateurs le soutenant dans son combat contre le Crédit lyonnais. Tous les jours, elles arrivaient par sacs entiers. Tout un petit monde de fans de la première heure, contribuables en guerre contre les impôts, mamies nostalgiques de l'époque Véronique et Davina, supporters de l'OM... Il y avait même des espèces, et parfois un beau chèque. De quoi remettre un peu de bonheur dans la vie du millionnaire, pour un temps. Après, les lettres finissaient invariablement à la poubelle.

Et puis, il y a les courriers du fisc. Ou ceux du tribunal administratif de Paris. Il faut dire que les mauvaises nouvelles abondent. Le 9 août, par exemple, c'est le juge des référés qui adresse une fin de non-recevoir aux époux Tapie, étranglés par le fisc. Bercy leur réclame la somme de 15 709 864,71 euros, au titre des impôts dont ils sont redevables pour les années 1989 à 1991. Le même jour, excipant de leurs soucis judiciaires, les époux Tapie ont donc réclamé l'annulation des actes de poursuite. Leur requête est sèchement rejetée. Quand rien ne va...

Heureusement, il reste les amis. Comme l'animateur Arthur, qui passe parfois une tête. Et les politiques. Et puis, l'été finissant, il a fallu dénicher un nouveau régisseur. Eric Delhougne avait eu le tort de réclamer le paiement de ses heures supplémentaires. Sans parler de ces commerçants, tels un dépanneur en électroménager ou un installateur de luminaires, qui veulent être payés, maintenant. Sale été, décidément.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

    Brice Hortefeux, entre la poire et le fromage

    Fidèle ami de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux est venu déjeuner cet été chez les Tapie, accompagné du lobbyiste Jean-Noël Tassez et de sa compagne, Charlotte Rampling. La visite a coïncidé avec l'annulation de la dernière carte bancaire du milliardaire. Eclats de voix garantis. L'ancien ministre de l'intérieur sait pertinemment que les juges suspectent une intervention de l'Elysée dans la décision de recourir à l'arbitrage, en 2007. Ont-ils abordé, entre la poire et le fromage, les soucis judiciaires ?

    " Si vous connaissez Tapie, vous savez qu'il est impossible de le canaliser, relativise M. Hortefeux. Oui, il m'a parlé de ses ennuis. Ça s'est arrêté là. Et c'est lui qui m'avait invité, j'étais en vacances dans le coin. " M. Tapie, lui, préfère ironiser : " Bien entendu, j'ai invité M. Hortefeux pour lui remettre une valise de billets afin de le remercier ! " Plus sérieusement, il assure " qu'il n'a pas été question de l'arbitrage. Vous savez, il n'y a que vous, les médias, que ce sujet obsède... ".

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Janvier 2014

debout-condamnes-lump-L-pvltaZFillon continue son petit jeu de débordement sur sa droite. Comme je l'ai déjà dit, ce jeu ne sert à rien car on ne peut voler à droite un électorat qui préfèrera toujours l'original à la copie et dont la copie n'apporte rien par rapport à l'original. Si le Vuiton original est au même prix que la copie, pourquoi prendre des risques à acheter une copie ?

Fillon fait effectivement partir la République en lambeaux à côtoyer des responsables ouvertement anti-démocratiques.

Notre classe politique y perd, notre pays y perd.

Ce n'est pas comme cela que M. Fillon parviendra aux plus hautes fonctions de l'Etat.

Pauvre France gangrénée par la médiocrité de ses politiques...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Septembre 2013

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En déplacement en Russie, François Fillon crée à nouveau la polémique
L'ex-premier ministre a critiqué la position française sur la Syrie devant Vladimir Poutine

D'une polémique à une autre. Après la tempête provoquée par ses propos sur le FN, François Fillon se voit accusé de mener une diplomatie parallèle, contraire à celle de la France. L'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a critiqué la position de Paris dans le conflit syrien, jeudi 19 septembre, lors d'un déplacement en Russie.

Devant le président russe, Vladimir Poutine, qui reste un allié indéfectible de Damas, M. Fillon a déclaré : " Nous avons, vous et nous, Russes et Européens, une influence déterminante sur les deux camps qui s'opposent " en Syrie. " Je souhaite à cet égard que la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d'action qui, seules, lui confèrent une autorité dans cette crise ", a ajouté celui qui est fermement opposé, comme la Russie, à des frappes en Syrie.

M. Fillon a ainsi reproché à François Hollande d'être aligné sur la position de Barack Obama, à la plus grande jubilation de l'élite russe rassemblée à Valdaï (région de Novgorod). L'ancien chef de gouvernement français était l'un des invités de marque du Club de discussion de Valdaï, un forum d'intellectuels organisé chaque année par l'administration présidentielle russe. Trônant sur la scène du forum aux côtés de l'ex-président de la Commission européenne Romano Prodi, M. Fillon a même donné du " cher Vladimir " à son hôte, dont il est un admirateur inconditionnel.

En France, la prise de position de M. Fillon a été vivement dénoncée dans la majorité. C'est " grave sur le fond ", a jugé sur Twitter le coprésident des députés écologistes, François de Rugy. " L'habit de républicain de F. Fillon part en lambeaux. En ce jour, le bien coiffé devient laquais de la Volga ", a renchéri le socialiste Arnaud Leroy.

Le porte-parole du PS, David Assouline, a fait un lien entre les deux polémiques qui ont concerné le responsable UMP en moins d'une semaine : " En France, M. Fillon peut voter FN contre le PS, et, de Russie, pour Poutine contre la France. " " Fillon joue avec la République en France et critique la France en Russie. Ce n'est plus simplement des fautes, c'est une dérive ", a abondé le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux.

Le député UMP Eric Ciotti, proche du député de Paris, minimise la portée de ses propos : " Il n'y a rien de nouveau. François Fillon a toujours exprimé une position constante sur ce sujet. Dès l'été 2012, il avait lancé un appel pour dire que la Russie détenait la clé de la solution dans le conflit syrien. Les faits lui ont donné raison. "

A l'époque, l'ex-premier ministre avait exhorté M. Hollande à discuter avec M. Poutine pour " chercher à débloquer " la position de Moscou, considérée comme " le véritable verrou de ce conflit ". " Ce serait grave si François Fillon changeait d'avis. Or, ce n'est pas le cas, fait valoir M. Ciotti. Depuis le début du conflit syrien, il considère que la Russie doit être écoutée et respectée. Il porte une vision gaullienne de la politique étrangère, avec une Europe de l'Atlantique à l'Oural. "

Intentions respectives

En Russie, le coup de poignard de M. Fillon dans le dos de M. Hollande n'a guère passionné la presse. En revanche, l'échange survenu entre MM. Fillon et Poutine sur leurs intentions respectives de briguer un mandat présidentiel a été largement repris. La scène semblait avoir été répétée à l'avance. A un moment, le Français s'est refusé à dire s'il comptait se présenter à la prochaine élection présidentielle tant que le Russe gardait le secret sur ses propres intentions. " Et si je vous réponds, vous le direz ? ", a suggéré M. Poutine. " Peut-être ", a minaudé M. Fillon. Le suspense était total. Face à l'assistance qui retenait son souffle, le président russe a alors déclaré qu'il " n'excluait pas " de se représenter en 2018 pour un quatrième mandat. " Moi non plus ", a lâché M. Fillon, candidat déclaré à la primaire UMP pour la présidentielle.

Marie Jégo (à Moscou) et Alexandre Lemarié

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Janvier 2014

Arnaud-Montebourg"L'arroseur arrosé", tel pourrait être la maxime de cette petite histoire. Notre gouvernement, représenté par M. Montebourg et Mme Bricq, voulait nous faire croire à notre compétitivité, en invitant un Japonais champion de l'investissement ? C'est raté ! Ledit Japonais en a profité pour fustiger bon nombre de défauts économiques de notre pays ! Par là même, il n'a fait que révéler ce que tous savent : notre économie est en panne car nos gouvernements successifs ont été incompétents à réformer notre économie qui n'est pas encore entrée dans la mondialisation !

En espérant que nos responsables écouteront ce que M. Okamoto a à dire car lui sait ce qu'il nous reste à faire pour retrouver notre compétitivité. Pour mémoire, nous sommes classés en la matière 23e pendant que l'Allemagne est 4e.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Septembre 2013

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Amada, le japonais qui croit (presque) au made in France

Tout était prêt pour une brillante opération de communication à la gloire du made in France.

Les investisseurs étrangers se détournent de l'Hexagone ? Mais non, regardez : ce vendredi 20 septembre, Mitsuo Okamoto, le PDG du groupe japonais Amada, champion de la découpe des tôles au laser, vient à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, avec 40 millions d'euros dans sa besace. De quoi rénover ses trois usines françaises et accroître leur production de moitié. A la clé, la création de 50 emplois d'ici à 2015.

Un japonais décidé à investir en France, qui plus est dans la machine-outil, symbole entre tous des déroutes passées de l'industrie nationale ! L'occasion était trop belle. L'Etat a donc déroulé le tapis rouge, et dépêché sur place l'infatigable ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, et sa collègue du commerce extérieur, Nicole Bricq, prêts à célébrer le réveil d'une filière.

Deux ministres pour 40 millions d'euros répartis entre trois sites préexistants : le ratio peut paraître élevé. Mais il reflète bien les difficultés que rencontre la France dans sa chasse aux investissements étrangers. Ils sont tombés en 2012 à leur plus bas niveau depuis dix ans en nombre d'emplois créés ou maintenus. Rien ne doit donc être négligé.

Ce qui trouble la belle image, ce sont les propos tenus par M. Okamoto. " A dire vrai, aujourd'hui, s'il s'agissait d'investir pour la première fois en France, nous y réfléchirions à deux fois... ", lâche le patron d'Amada dans un entretien au Parisien du 20 septembre.

Et d'établir la liste de tout ce qui ne lui va pas dans le pays : " Entre les 35 heures, les salaires et les prélèvements sociaux particulièrement élevés, l'environnement de travail n'est pas favorable à l'investissement alors que la main-d'oeuvre représente une part significative de nos coûts. "

L'" excellence en production "

Dans ces conditions, pourquoi le samouraï de la machine-outil mise-t-il sur l'Hexagone ? Tout bonnement parce qu'Amada y est déjà, explique M. Okamoto. Son groupe a repris en 1986 une PME française en difficulté. Depuis, il a modernisé les usines et formé le personnel aux méthodes japonaises comme le monozukuri, l'" excellence en production ".

Pas question d'abandonner tout cela, alors que le marché est porteur. Amada veut accroître ses ventes mondiales de 60 % en quelques années, notamment en gagnant du terrain en Europe face à l'allemand Trumpf. Puisque les usines françaises sont là, autant les muscler.

" Fabriquer localement plutôt qu'importer permet de garantir à nos clients une stabilité des prix, alors que nous avons parfois eu de gros soucis avec les devises ", ajoute Gilles Bajolet, le directeur d'Amada en France. Mais pour la suite, si elle veut attirer de nouvelles usines, " la France doit réfléchir à la question de la durée hebdomadaire du travail ", affirme M. Okamoto. A bon entendeur...

Denis Cosnard

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Publié le 22 Janvier 2014

Fillon.jpgCa ne sert à rien d'être populaire à l'UMP. Les militants de l'UMP ne sont pas les personnes qui feront les élections car ils sont déjà convaincus. Les élections se gagnent parmi les indécis, les pragmatiques, les abstentionnistes convertis, les centristes. Les élections ne se gagnent pas non plus à essayer de siphonner l'électorat d'extrême droite. Ce que Sarkozy avait réussi à faire en 2007 ne se refera pas car Marine n'est pas son père. On savait que Jean-Marie n'avait pas le niveau pour prendre les responsabilités, mais bien que sa fille ne soit pas plus capable, elle laisse penser le contraire et ses mensonges éhontés sont crus par les déçus du PS et de l'UMP.

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La popularité de Fillon recule, mais pas chez les sympathisants de l'UMP

Le Monde.fr avec AFP | 22.09.2013 à 02h09

François Fillon lors d'un meeting de l'UMP le 13 septembre.

Près de la moitié (48 %) des Français ont une bonne opinion de François Fillon. Un chiffre en recul, puisqu'en juillet, la cote de popularité de l'ancien chef du gouvernement s'affichait à 56 %.  Il reste donc loin derrière Nicolas Sarkozy, candidat UMP préféré pour la présidentielle de 2017, selon un sondage BVA réalisé pour Le Parisien-Aujourd'hui en France les 19 et 20 septembre auprès de 1 054 Français majeurs, à paraître dimanche.

Selon Eric Bonnet, directeur d'études BVA Opinion, l'image de M. Fillon "s'est très nettement droitisée" après ses déclarations début septembre sur le Front national – lorsqu'il a conseillé, en cas de duel PS-FN au second tour d'une élection, de voter pour "le moins sectaire", n'excluant pas nécessairement le candidat frontiste.

IMAGE PLUS POSITIVE POUR LES SYMPATISANTS DE L'UMP

Dans cette étude, 30 % des sondés jugent François Fillon "trop à droite", 51 % "juste comme il faut", et 13 % "pas assez à droite". En octobre 2012, rappelle BVA, ces trois propositions recueillaient respectivement 14, 68 et 12 %. Mais pour 64 % des sympathisants UMP, l'image de François Fillon n'a pas changé depuis ses propos controversés. Tandis que pour 24 % d'entre eux, elle a changé en bien, et pour 12 %, en mal.

Chez ces mêmes sympathisants, Nicolas Sarkozy reste plébiscité pour représenter l'UMP à l'élection présidentielle de 2017. 56 % placent l'ex-chef de l'Etat en tête de leurs préférences, 19 % Alain Juppé, et 12 % François Fillon.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Janvier 2014

carte-chine1Ah qu'il est beau ce pays qu'est la Chine ! Cette belle Démocratie qui n'est absolument pas gangréné par l'idéologie communiste ! Ce pays où il fait bon vivre et où le peuple a, dans son ensemble, accès à une information libre et indépendante ! Ce pays ouvert et généreux où l'on peut surfer sur Internet en tout anonymat et où on peut y glaner toutes les informations voulues ! Ce pays sans censure et aux mille libertés !

...Nan, je déconne...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Septembre 2013

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TéMOIGNAGE
Tencent, la censure au quotidien
Un développeur du géant chinois de l'Internet raconte son " sale boulot "
Shenzhen (Chine) Envoyé spécial

Au début, Wang y a cru. Son diplôme d'ingénierie en poche, le jeune homme était fier de décrocher un emploi chez Tencent, fleuron du Net chinois, connu pour son service de messagerie en ligne, QQ. Il s'installe à Shenzhen, emblème de la Chine ouverte, et devient développeur de produits. Le job allie la créativité aux nouvelles technologies. " Bosser pour une grande entreprise de la high-tech, je trouvais cela gratifiant ", se souvient-il, assis dans le restaurant qu'il a rejoint pour sa pause de midi et situé près du siège de Tencent.

Mais ce brillant geek déchante vite. " Je me suis senti mal à l'aise à faire le sale boulot. " C'est que les équipes de Tencent doivent consacrer une partie de leur énergie à intégrer les mécanismes de censure aux applications ou aux forums de discussion sur lesquels ils travaillent ; au moins autant, en tout cas, qu'à l'innovation.

C'est la condition pour profiter d'un marché de 591 millions d'internautes. Et les géants du Web chinois doivent faire preuve de zèle : pas question d'attendre qu'un scandale éclate pour faire disparaître les posts de blogs de ceux qui osent critiquer le Parti communiste chinois (PCC), son histoire tourmentée ou ses dirigeants.

Alors que le gouvernement a récemment annoncé un renforcement des sanctions à l'encontre des blogueurs - ils seront poursuivis s'ils lancent des " rumeurs " vues plus de 5 000 fois ou partagées plus de 500 fois -, des groupes comme Tencent et ses concurrents s'assurent depuis longtemps que les sujets tabous ne se répandent pas sur la Toile.

Cette tâche passe par l'installation de filtres dans les produits, afin d'empêcher, en amont, la diffusion de certains propos. Et c'est ce que fait Wang. Cela passe également par la constitution d'équipes chargées du " ménage " des contenus sensibles, une fois que ceux-ci sont publiés.

Wang accepte d'en parler, car il a ses convictions. Il pense que la Chine progresse mais qu'elle se porterait mieux si ses citoyens n'étaient pas muselés : " Mon opinion est que rien ne justifie cette censure. "

Et, dès le début, la tâche ne lui est pas apparue aisée. Certes, techniquement, il suffit d'intégrer des fonctions déjà définies par les programmeurs d'autres services, mais il n'y a pas de mode d'emploi précis sur la censure.

" Des collègues m'ont conseillé de demander à un type de l'équipe de sécurité. "Il t'expliquera un truc", m'a-t-on dit. Il n'y a pas de documentation interne sur le sujet ", relate le jeune homme. Cette discrétion permet d'éviter les fuites.

Début 2013, un manager chez le concurrent Sina se justifiait ainsi sur un compte anonyme de la messagerie Weibo : " Si nous n'effaçons pas vos messages, l'alternative est d'interdire votre compte. Cette plate-forme appartient au public. Elle a changé nos vies et peut exercer une influence sur la société et le gouvernement par la transmission des opinions. "

Wang pense pour sa part qu'il y a une autre logique à cette absence d'explications : " Ils ne vont jamais te dire, pour que tu fasses au mieux. " Et cela fonctionne, dit-il : " Si tu as une idée, que tu parviennes à convaincre de la développer, que tu travailles des mois sur un produit, alors tu inclus le meilleur filtrage toi-même. "

Concrètement, tous les services de Tencent accessibles au public renvoient à un même point, un serveur où s'effectue le filtrage : " Quel que soit le produit utilisé, un site Web, une application, dès lors qu'un message est posté, il passe par notre serveur. Idem sur WeChat - application de messagerie rapide, utilisée principalement sur les smartphones - ".

Cette centralisation permet de mettre à jour la base de données des termes interdits, dont la seule évocation suffit à voir s'afficher le message " connexion interrompue ". Car il n'est pas question de dire qu'un mot est censuré pour son contenu politique : " On dira qu'il y a une erreur de serveur ou quelque chose du genre. "

Pendant qu'il déjeune, Wang fait la liste des subtilités qui permettent d'assurer que la police politique identifie les critiques du régime tout en dissimulant la complicité de Tencent.

Lorsqu'un forum de discussion ouvert par des internautes est fermé pour avoir abordé un thème tabou, le créateur d'un post ne peut plus s'en défaire. Et s'il efface ses messages ? " Ils gardent une copie de l'historique sur le serveur ", pendant trois à six mois, dit Wang. Et il poursuit : " Les autorités ont le privilège d'accéder aux historiques, donc elles savent tout sur vous dès lors que vous utilisez nos services. "

Si un forum de discussion rassemble plusieurs internautes, Tencent donne à celui qui écrit sur les sujets interdits l'impression que ses messages sont parvenus à ses amis mais ceux-ci ne les verront jamais. Résultat escompté : que l'auteur, qui a franchi les limites du politiquement correct, pense qu'il n'a obtenu aucune réponse par manque d'intérêt.

" Le système s'adapte plus vite qu'il y a quelques années ", juge Wang. Les entreprises craignent que Pékin débranche leurs serveurs. Ce qui s'est produit le temps d'un week-end pour Sina Weibo, un équivalent de Twitter, au printemps 2012. " Les sociétés font de plus en plus d'efforts simplement pour s'assurer que leurs produits pourront atteindre le marché ", note-t-il.

Chez Tencent, une difficulté consiste à gérer les requêtes des officiels soucieux d'effacer des contenus embarrassants. Elles sont quotidiennes et arrivent par toutes les voies possibles. C'est le travail du kefu, le service clients de Tencent, de centraliser ces demandes : " Il gère l'effacement, les pertes de mots de passe, les demandes du gouvernement ", résume Wang.

Un autre développeur, ami du jeune développeur, raconte comment il a été contacté par un ancien camarade de classe de son épouse. Devenu employé municipal dans le nord de la Chine, celui-ci voulait faire effacer des posts de blog médisants sur le maire. La requête a été transférée au service de Tencent chargé de faire le ménage et les messages ont disparu miraculeusement.

" C'est l'idée, conclut cette personne. Si Pékin veut que quelque chose disparaisse, tu t'exécutes sans délai. " La déférence a aussi sa géographie. Il faut être particulièrement attentif à ne pas froisser les autorités de Shenzhen, puisque l'entreprise est implantée sur leur territoire.

Autant que Wang, son ami a contribué à développer plusieurs produits chez Tencent. " La combinaison de sujets sensibles et de spams nous a forcés à ajouter une liste noire de termes. Ils ne peuvent pas faire l'objet de recherches et n'apparaissent jamais dans la liste de sujets populaires. J'ai mis en oeuvre le mécanisme mais je n'étais pas très fier ; mes collègues non plus ", se remémore ce jeune homme.

Tencent veut se développer à l'international et dit déjà disposer de cent millions de comptes créés à l'étranger, notamment dans la diaspora. Pour autant, la censure ne disparaît pas. Test : deux usagers situés chacun à Paris tentent de s'envoyer un message évoquant, en caractères chinois, le " falungong ", ce mouvement spirituel durement réprimé en Chine. Résultat : ça ne passe pas et le texte suivant s'affiche : " Votre message n'a pas pu être envoyé du fait des lois, réglementations et politiques locales ", quand bien même ces deux personnes relèvent du droit français.

Pour un pays qui se rêve un jour à la pointe de l'innovation, combien d'énergie est consacrée à maintenir le contrôle du parti unique ? Combien de jeunes têtes brillantes comme Wang, déçues d'observer et de censurer leurs concitoyens ? Sollicitée, la direction de Tencent n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet.

Chez un autre géant du Web chinois, un haut responsable confie que ce contrôle pèse sur l'emploi du temps des dirigeants, convoqués à de multiples réunions où ils doivent réaffirmer leur loyauté à l'Etat-parti et leur soumission à ses censeurs. " Cela a aussi un coût, difficile à chiffrer mais très pesant, car il affecte les plus hauts dirigeants, dont le temps est d'une grande valeur ", juge cette personne.

Wang, lui, s'est résigné : " Je ne pense pas que je puisse faire quoi que ce soit, c'est une machine énorme. " Ses collègues semblent avoir la même opinion, même s'ils n'évoquent pas vraiment le sujet entre eux. " Ils m'ont juste dit : "Tu n'as qu'à t'habituer" ", précise Wang.

Harold Thibault

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 20 Janvier 2014

editorialAh qu'il est beau et doux cet éditorial ! L'éditorialiste, qui a sa carte de Presse, n'informe pas mais se contente d'émettre un avis, forcément éclairé, sur la société. Il n'informe pas mais il juge. Il juge que l'on ne peut se faire justice soi-même et que le numérique c'est pas bien car ça permet que le peuple prenne trop de libertés avec leur droit à l'expression.

Se faire justice, c'est mal et Facebook est méchant de donner l'expression à ceux qui voudraient le faire.

Est-ce si simple que cela ? Oui, se faire justice soi-même est intolérable dans une société Démocratique et Républicaine. Seule la justice est à même de rendre la justice. Soit.

Dans le dossier présent on voit quoi ? Un individu perdre la vie à cause d'un braquage alors qu'il avait déjà eu 14 condamnations ! Où est la justice quand elle se permet de faire se balader dans les rues des voyous au casier long comme le bras ? Oui le bijoutier doit être condamné pour ses actes, mais la justice ne doit-elle pas l'être aussi ? Ne doit-elle pas l'être d'abord ? Ce voyou est mort non à cause du bijoutier mais d'abord à cause de la justice qui n'a pas fait son travail et qui en a incité d'autres à le faire à sa place !

C'est cela la vérité ! Aucun Français n'accepte qu'on puisse avoir 14 condamnations et recommencer, la justice a donc fait preuve, en plus d'un laxisme absolu, d'un sens ouvertement anti-démocratique ! Une Démocratie est un mode d'exercice du pouvoir du peuple par le peuple. Quand la justice oublie d'écouter le peuple, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même si d'autres se font justice eux-mêmes !

Petit rappel sur le rôle de la condamnation dans la justice pénale. Elle doit :

- Eduquer. Le rôle n'est pas rempli. Dans nos prisons on éduque plus les voyous à la filouterie plutôt qu'à des matières permettant à l'individu de se réinsérer convenablement dans la société.
- Punir. Le rôle n'est pas rempli. La moyenne des années passées derrière les barreaux d'un condamné à perpétuité est de 23 ans. Peut-on me rappeler la définition de perpétuité ?
- Protéger la société. Par un laxisme exacerbé et car la punition n'est pas au rendez-vous, la protection n'est plus assurée. Il ne faut donc pas s'étonner que d'autres se protègent.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Septembre 2013

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ÉDITORIAL
Le bijoutier de Nice, ou la loi du talion numérique

Sous la loupe grossissante d'Internet et des réseaux sociaux, l'affaire du " bijoutier de Nice " est devenue, en peu de jours, l'implacable révélateur de l'état inquiétant de la société française.

Nul n'en ignore plus le scénario. Le 11 septembre, Stephan Turk ouvre sa bijouterie. Il est immédiatement menacé par deux hommes armés d'un fusil à pompe, tabassé et dévalisé. Au moment où ses agresseurs montent sur un scooter pour s'enfuir, le bijoutier saisit un pistolet qu'il détient illégalement et fait feu à trois reprises. L'un des braqueurs est touché mortellement. Le bijoutier a été mis en examen pour homicide volontaire et placé sous contrôle judiciaire. Mais, simultanément, une page " Soutien au bijoutier de Nice " est créée sur Facebook ; elle a reçu, à ce jour, plus de 1,6 million de clics d'approbation, ces fameux " like ", emblème du réseau.

Un cas clinique, où tout se conjugue. Un petit bijoutier, exaspéré par l'insécurité, aussi réelle que ressentie par les commerçants, victimes d'agressions à répétition. Un petit braqueur, 19 ans, quatorze sanctions ou condamnations à son actif, sorti de prison deux mois plus tôt. Des petits calculs politiques qui, à six mois des municipales, conduisent les élus UMP - Christian Estrosi, député et maire de la ville, Eric Ciotti, député et président du conseil général - à participer à une manifestation de soutien au bijoutier, aux côtés de leur concurrente du Front national. Enfin, les petits réflexes des internautes, qui, d'un clic, disent " aimer " le geste meurtrier du bijoutier.

Il serait aveugle et absurde d'ignorer ce que cette affaire révèle des tensions, des exaspérations, de la colère ressenties par les commerçants. Et, au-delà, par des Français qui constatent, depuis des années, l'augmentation de l'insécurité, notamment des agressions sur les personnes, et enragent devant l'impuissance des pouvoirs publics à juguler efficacement ce fléau. Après le président de la République, le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a dit comprendre cette colère, mais ajouté qu'il n'avait pas de " baguette magique ".

Mais il serait tout aussi aveugle et absurde d'occulter les dérapages dangereux que révèle ce fait divers tragique. Pour les réseaux sociaux, tout d'abord. Sans même parler des risques de manipulation ou d'instrumentalisation, les internautes seraient bien inspirés de mesurer qu'ils participent d'une sorte de justice d'opinion, comme on parle d'une démocratie du même nom : une " justice " émotionnelle qui conduit tout bonnement à la vengeance irrationnelle. Ce faisant, ils instaurent, en quelque sorte, une loi du talion numérique. Au détriment des tribunaux, seuls légitimes pour rendre la justice au nom du peuple français. En l'occurrence devant une cour d'assises et des jurés populaires.

Quant aux responsables politiques qui se sont emparés de cette affaire, ils sont coupables d'une redoutable démagogie. On n'en est pas surpris quand il s'agit d'un Jean-Marie Le Pen, assurant qu'il aurait fait la même chose que le bijoutier de Nice. Mais quand des parlementaires - et ceux-ci se veulent les plus vigoureux défenseurs de la loi et de l'ordre - s'affichent comme les premiers avocats d'une justice expéditive, la République a du souci à se faire.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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Publié le 17 Janvier 2014

Philou.jpgDécidément, c'est une habitude ! Deux articles en moins d'une semaine ! Merci le "Dauphiné Libéré" et surtout un grand merci à M. Dudonné.

 

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Le « citoyen lambda » qui peine à être utile

En dépit de ce que pourrait faire croire son « score pitoyable » aux législatives en 2012 (0,53 %), Philippe Noviant est bien représentatif d’une partie de l’électorat. Celle qui n’a pas encore baissé les bras, qui n’a pas cédé aux sirènes d’un populisme ou de l’abstention, celle qui croit que les citoyens peuvent faire bouger les choses. Mais où qu’il tourne les yeux, il ne trouve pas de réponse satisfaisante…

« J’ai toujours été de centre droit, J’ai voté autant à gauche qu’à droite. Je me sens un peu orphelin politiquement. » Après les législatives, dans lesquelles il s’était engagé sous la bannière de Cap 21, M. Noviant a décidé de s’investir à Moirans. Il a rejoint les amis de Jean-Claude Putoud. Là, des prises de position l’ont « choqué » car non conformes selon lui à la défense de l’intérêt général. « Le groupe a voté contre la baisse du nombre de conseillers au Pays voironnais [en juin], il s’est opposé sur des dossiers parce qu’il n’avait pas été consulté ou par idéologie… » M. Noviant a quitté l’équipe avant la fusion des deux groupes d’opposition de gauche en septembre.
Il part une seconde fois

Il a intégré l’équipe de Gilles Zanier, président de l’association Moirans Enjeux régionaux. « Il a des projets très bien ficelés, mais les historiques de l’association constituent une sorte de bureau et prennent les décisions sans le reste du groupe. » M. Zanier et lui se seraient aussi disputés pour un motif futile et… M. Noviant a quitté le groupe.

Ne pouvant se tourner vers le Front de gauche (« Il y a des choses qui me donnent des boutons dans leur idéologie ! »), il a fait un appel du pied au maire. Or la liste de celui-ci était apparemment complète. Il n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Alors, malgré ses inquiétudes concernant la dette de la commune, M. Noviant a réitéré son appel via une longue lettre ouverte élogieuse en début d’année (lire notre édition du 7 janvier). « J’avais juste l’ambition d’être sur une liste pour travailler à l’intérêt général », dit-il. Ce n’est pas si simple…
par Sébastien DUDONNÉ le 13/01/2014 à 06:00

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Et pendant ce temps à Moirans

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Publié le 16 Janvier 2014

philippeJ'ai été publié dans le "Dauphiné Libéré" du 07/01/2014 ;)

 

Bonne lecture.

 

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Philippe Noviant fait un appel du pied (voire des deux) à Gérard Simonet

Moirans

Dans une belle lettre ouverte de quatre pages en couleur, Philippe Noviant (Photo Archives DL), qui se présente comme « un citoyen lambda » mais ne l’est pas vraiment (il était candidat pour Cap 21 aux législatives de 2012 sur la 9e circonscription et avait obtenu 0,53 % des voix), dresse un bilan de la situation de Moirans : urbanisme, incivilités, vie associative, économie, dette… Il dit aussi son désir de « servir l’intérêt général ». Il examine les listes ou groupes qui se préparent pour les élections municipales (en oubliant le Front de gauche) et en arrive à cette conclusion : « J’ai quitté la liste unifiée à gauche car ni les ambitions personnelles de certains à une époque, ni l’idéologie du groupe ne me semblent requérir le niveau qui doit être le nôtre pour gérer efficacement notre ville. Comme je me suis fait virer de la liste de M. Zanier [président de l’association Moirans Enjeux Régionaux, NDLR], la question ne se pose plus vis-à-vis de ce monsieur. Je rejoindrai donc la liste de M. Simonet s’il le désire. » Gérard Simonet, maire sortant, dont il dit par exemple que « ce monsieur est très intelligent et sait très fréquemment prendre soin de ses administrés. Il a fait de très bonnes choses à Moirans. » De quoi lui ouvrir les portes de sa liste ?
le 07/01/2014 à 06:00

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Et pendant ce temps à Moirans

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Publié le 15 Janvier 2014

Moirans-La-mairieJ'ai adressé ma candidature pour faire partie de la liste de M. Simonet, Maire de Moirans, pour les prochaines municipales de Mars 2014.Sa liste s'intitule "Moirans à Coeur".

 

Les liens concernant ma lettre ouverte sont définis ci-dessous :

- Le recto

- Le verso

 

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Votre lettre de candidature
1 message
Philippe Noviant
À : moiransacoeur
Bonjour,

C'est avec un très grand intérêt que j'ai lu votre lettre de
candidature à l'élection municipale de mars 2014, s'intitulant
'Moirans à Coeur'.

Cela fait plusieurs années que l'on se connaît. On n'a pas toujours
été d'accord sur tout, mais force est de constater que nos points
d'accord sont bien plus nombreux que nos points de désaccord.

Comme nous en avons discuté récemment, je continue à vous proposer ce
que je vous ai proposé alors : vous rejoindre sur votre liste, ce,
dans l'intérêt de tous les Moirannais.

Seuls l'intérêt général et le service que l'on se doit de proposer aux
habitants me motivent. Je connais vos concurrents directs. Ils sont
motivés pour certains par une idéologie non-pragmatique, pour
d'autres, pour de purs intérêts personnels.

Je vous joins une lettre ouverte que je suis en train de distribuer à
l'ensemble des habitants de notre commune. Vous constaterez que vous
comme moi avons tout intérêt à travailler ensemble.

Je me tiens à votre disposition pour le bien être de tous.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes salutations distinguées.

  Philippe NOVIANT

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Et pendant ce temps à Moirans

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Publié le 14 Janvier 2014

18 Assemblee NationaleJ'ai envoyé un message à M. Guénaire qui a milité pour une plus large place démocratique dans notre pays. Il voulait que le peuple réinvestisse la place qui est la sienne dans notre pays.

J'abonde et vais plus loin en donnant des éléments très concrets.

**************

Votre article dans Le Monde
1 message
Philippe Noviant 11 janvier 2014 16:46
À : GUENAIRE Michel

Bonjour,

J'ai lu avec intérêt votre article récent dans le journal 'Le Monde'.
Je l'ai trouvé très bien mais manquant quelque peu de concret.

Pour ma part, je pense à 100% comme vous, mais je pense qu'il faut
être concret pour être crédible dans ce sens.

D'abord, trop souvent le pouvoir est enlevé de sa base. Les députés
sont trop soumis aux lois des lobbyistes. En matière de production des
lois, le Conseil constitutionnel dit le Droit sans que le citoyen soit
mis dans la boucle.

La justice n'est pas en reste : la Cour de Cassation et le Conseil
d'Etat parlent au nom des Français sans leur demander leur avis.

Il faut un sursaut démocratique. Avec l'avènement des nouvelles
technologies, jamais, il n'a été aussi facile de poser des questions
aux Français. Las, la France continue à entendre la voix des
organismes sus-cités pour diriger le pays, envoyant la Démocratie à
des voeux pieux.

Pourtant la technologie nous permettrait d'être efficace :
- Tout d'abord, il faudrait modifier notre constitution afin d'alléger
les obligations nécessaires à la tenue d'un référendum.
- Ceci fait, il suffirait, d'adjoindre à la carte d'électeur un numéro
d'électeur permettant au citoyen de voter par Internet. Le lien
"numéro d'électeur"-"identité" serait gardé par un organisme
indépendant, typiquement la CNIL. La base de données, à la CNIL
serait, bien entendu, protégée comme il se doit en sécurisant au
maximum ses communications par des clés chiffrées de très haut niveau.
- Quand un référendum serait décidé sur des faits de société, des
décisions de justice de grande ampleur, ou des réformes économiques
massives, un référendum sous la forme de vote électronique  pourrait
être organisé.
- Le ministère de l'intérieur disposerait d'un serveur informatique
récupérant les résultats de tous les votes. Ce vote serait constitué
d'un doublon "clé de vote"-"résultat du vote". La clé de vote serait
un identifiant unique généré par le système informatique hébergé à la
CNIL. Ainsi, au ministère de l'intérieur on aurait une information de
vote anonyme, alors qu'à la CNIL, on aurait la notion d'identité sans
avoir le résultat du vote. Pour violer la confidentialité du vote, il
faudrait donc pirater le serveur de la CNIL ET  du ministère de
l'intérieur. C'est pas impossible, mais pour le moins extrêmement
compliqué.

Par la mise en place de ces moyens, on libère la voix du citoyen en
lui demandant son avis et en prenant les décisions de la manière la
plus simple et la plus efficace possible.

Car même les pigeons, les poussins, les bonnets rouges, ne sont
l'expression que de voix concordantes, certes, mais non nécessairement
soutenus par le peuple Français.

Ma méthode permettrait de redonner le pouvoir aux Français, pouvoir
qui n'aurait jamais du être abandonné par un Etat comme le nôtre, dit
Démocratique.

Je me tiens à votre disposition pour en parler plus avant.

Vous pouvez me suivre sur philippenoviant.com

Très cordialement,

  Philippe NOVIANT

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Parti Renouveau Politique

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Publié le 13 Janvier 2014

18 Assemblee NationaleVoici un article intéressant qui a comme mérite de jeter les bases. J'ai répondu à l'auteur de l'article en donnant des pistes concrètes.

Aujourd'hui, je publie donc le texte originel, demain, je publierai la réponse idoine.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Janvier 2014

**************

La société civile doit prendre la parole
Elle est déçue par la classe politique

Qu'avaient-ils en commun ? Des manifestants contre le mariage pour tous aux mouvements baptisés les " pigeons " et les " plumés " qui dénonçaient la multiplication des impôts et des contrôles Urssaf, des " bonnets rouges " aux sages-femmes jusqu'à des initiatives comme " Bleu blanc zèbre " d'Alexandre Jardin, qui propose de nouvelles formes d'engagement civique, l'année 2013 aura sonné l'heure de la dissidence civile.

Des pans entiers de notre société se sont détachés du corps politique de la nation, en cherchant à s'exprimer par eux-mêmes et non plus par leurs représentants. La classe politique était dépassée. Cette situation ne remonterait-elle pas à plusieurs années ? L'année 2013 aura précipité la rupture de la société civile.

Définir un projet politique

On sait par avance les critiques qui s'élèveront du milieu politique. La société ne peut pas gouverner parce qu'elle n'a pas la connaissance des rouages de l'Etat. On voit pourtant que ceux qui savaient gouverner n'ont pu le faire avec succès. Si la France depuis trente ans creuse ses déficits alors même que durant la même période elle aurait dû profiter de la mondialisation, ce sont les mêmes qui étaient aux responsabilités et n'ont pas su gérer la grande mutation que devait connaître notre pays. Il n'y a plus de savoir ou de compétence indiscutable de la classe politique.

Les Français sont perdus et, plus que jamais, appellent un projet politique qui réorganise la nation, classe les priorités de celle-ci, redonne un sens à la vie de la collectivité. Quand la classe politique n'est plus capable de définir ce projet politique, il faut repartir de la société civile. Elle seule a la connaissance des besoins, l'expérience du terrain, l'intuition des solutions.

Si les hommes politiques relisaient leurs classiques, ils sauraient enfin que la société civile est la première société politique. C'est d'elle en effet que procède, par le détachement de l'état de nature, le premier gouvernement civil.

C'est pourquoi aussi cette société civile qui s'éveille, qui tâtonne, qui s'exprime ne peut pas se résumer à une seule dénonciation de la classe politique. Il est trop tôt pour oser croire qu'elle ferait mieux que celle-ci. Elle doit se nourrir d'une conscience politique, avoir une vision du monde en préalable à son propre projet, travailler sur les thèmes du gouvernement civil de demain : la croissance de la nation, le progrès de l'individu, le contrat de l'Etat avec la société française, la place de la France dans le monde.

La marche sera longue. Mais il reste encore trois ans avant le prochain grand débat politique de la nation pour réussir un nouveau départ du pays grâce à sa société civile.

Michel Guénaire

Avocat et essayiste


    Michel Guénaire vient

    de publier " Le Retour des Etats " (Grasset, 2013).

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Janvier 2014

35hQuand on considère, en France, l'employeur comme un salaud exploitant les salariés et quand on n'hésite pas à les taxer avant même qu'ils ne gagnent leur premier Euro, on ne peut pas s'étonner de cet état de fait.

La précarité est installée en France car nos politiques ne savent pas sur quel pied danser en matière d'emploi.

Car ils se disent qu'il faut absolument taxer les méchants patrons, les patrons ne peuvent répondre que par la précarité.

Les chiffres sont éloquents car nos politiques sont incompétents et ils sont incompétents car, d'après eux, l'emploi ce sont les grands groupes, les grandes entreprises du CAC 40. Ils oublient trop souvent que la majorité de l'emploi en France est représentée par les PME, l'artisanat, les petits commerçants et tant d'autres.

A quand des politiques connaissant la situation de la France et agissant en conséquence ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 Septembre 2013

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Social
Huit embauches sur dix en CDD au premier trimestre en France

La part des contrats à durée déterminée (CDD) dans les embauches a atteint 82,4 % au premier trimestre dans les entreprises de 10 salariés ou plus, un niveau record, selon des données publiées, mercredi 4 septembre, par le ministère du travail. - (AFP.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Janvier 2014

mtgentreprise011Dans un univers mondialisé, notre pays n'est pas assez compétitif. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les études. Ce qui est réellement préoccupant c'est que nous perdons toujours du terrain sur l'Allemagne. Notre pays a un coût du travail trop important dû au fait que nous ne travaillons pas assez, avec nos 35h, et que nos entreprises sont beaucoup trop imposées car prises pour des vaches à lait.

Il faut cesser cette situation. Ce n'est pas en partageant le temps du travail que l'on réduira le travail mais c'est en favorisant la croissance par la compétitivité de nos entreprises.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 Septembre 2013

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Compétitivité : l'Allemagne distance toujours plus la France
L'Hexagone arrive au 23e rang du classement 2013 du Forum économique mondial de Davos

Nouvel argument pour les adeptes du " déclinisme ", la France a perdu en 2013 deux places dans le classement mondial de la compétitivité et de l'innovation publié, mercredi 4 septembre par le Forum économique mondial de Davos. Cet organisateur de la grand-messe annuelle du capitalisme qui se tient chaque hiver dans la petite station de ski suisse.

L'Hexagone se range désormais à la 23e place sur 148 (le Tchad), derrière... la Suisse (n° 1), Singapour (n° 2), la Finlande (n° 3), l'Allemagne (n° 4) et les Etats-Unis (n° 5). Quitte à froisser l'orgueil national, notre pays est aussi jugé moins compétitif que le Qatar (n° 13) ou l'Arabie Saoudite (n° 20).

Réalisé à partir de l'analyse d'une centaine d'indicateurs mesurant la qualité des infrastructures, de l'environnement, des institutions politiques, de l'enseignement, du système de santé ou encore le niveau de la productivité et de l'innovation, mais aussi à partir d'éléments subjectifs - le jugement des milieux d'affaires -, ce baromètre est très suivi par la communauté internationale.

Il peut être perçu comme un nouveau rappel à l'ordre, pour la France. Le pays poursuit, de fait, une glissade entamée il y quelques années. A la quinzième place en 2010, il est passé à la dix-huitième en 2011, à la 21e en 2012 avant de tomber, cette année au n° 23.

Si, à long terme, le pays progresse un peu, il n'en reste pas moins qu'il s'est laissé largement distancé par son voisin allemand. Il y a dix ans, en effet, le France était classée n° 26 quand l'Allemagne, aujourd'hui dans le " Top 5 ", arrivait à la 13e place.

Interrogé mercredi, le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, a confié au Monde prendre ce type de classement " avec précaution ". Le rapport, qui mêle critères objectifs et subjectifs, est souvent considéré comme un outil incitant les dirigeants politiques à engager des réformes structurelles.

M. Moscovici affirme toutefois la nécessité pour la France de gagner en compétitivité. " C'est un sujet de mobilisation majeur, dit-il. Le signe le plus évident de dégradation de notre compétitivité est l'augmentation, depuis dix ans, du déficit extérieur et la désindustrialisation. "

" Nous sommes tout à fait conscients du problème, poursuit M. Moscovici, C'est la raison pour laquelle nous avons commandé le rapport Gallois et mis au point le Pacte pour la compétitivité et l'emploi. Cet effort sera poursuivi et une concertation sur le coût du travail va s'ouvrir avec les partenaires sociaux. "

De plus, " nous nous sommes engagés à ne plus augmenter puis à baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises. Nous allons même, finalement, respecter dès 2014 notre engagement de stabilité fiscale ", insiste-t-il.

Davos n'est pas la seule organisation à mettre en garde Paris sur la dégradation de son climat des affaires. Le classement Ernst & Young, qui mesure l'attractivité des grands pays auprès des investisseurs, alertait également, en juin, le pays sur le risque de " décrochage. "

Aux yeux des experts de Davos, l'origine du nouveau recul de 2013 viendrait en partie des préoccupations des hommes d'affaires concernant la santé du secteur bancaire, qui ne s'est toujours pas totalement remis de la crise financière.

La qualité des infrastructures (n° 4 mondial) du système de communication, de la main-d'oeuvre, du système éducatif et de la santé (n° 24 pour l'éducation primaire et la santé, 15e pour l'enseignement supérieur en mathématiques et en sciences et 5e pour les écoles de gestion) restent vantés comme des atouts.

Le pays est aussi considéré comme innovant (n° 19) et dispose d'une économie diversifiée qui plaît aux entrepreneurs.

Mais ces atouts ne permettent pas de faire oublier les faiblesses françaises. Une fois encore, le fonctionnement du marché du travail, dit trop rigide, est dénoncé. " La compétitivité française serait améliorée en injectant plus de flexibilité dans son marché du travail, classé n° 116 ", conseille le rapport.

En cause : des règles trop strictes qui freinent les licenciements et les embauches ainsi que les relations entre employeurs et travailleurs hantées par le " conflit ". L'" ambiance " est même jugée exécrable si l'on en croit la note attribuée (n° 135). A rebours des relations réputées plus apaisées dans les pays nordiques ou en Allemagne.

A l'heure où le ministre de l'économie, M. Moscovici suspecte un " ras-le-bol fiscal " chez les citoyens, le rapport pointe aussi un régime fiscal (classé n° 127) " distordu ", défavorable au travail.

Le rapport fustige d'ailleurs la lourdeur de l'imposition comme un handicap à la compétitivité du pays. Enfin, les normes et la lourdeur des réglementations qui agacent tant les patrons de PME sont dénoncées.

Reste un encouragement : " Les efforts engagés par la France pour corriger ces travers, s'ils sont menés avec rigueur pourraient lui fournir un levier important pour doper ses performances économiques à venir ", conclut le rapport.

Claire Gatinois et Claire Guélaud

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Janvier 2014

2826be1dNotre pays n'est pas assez compétitif vis à vis de ses voisins Européens. Le poids de la fiscalité est beaucoup trop important et limite grandement notre compétitivité. Je vais d'ailleurs poster, dans les jours qui viennent un article qui le prouve.

Le problème est profond car non seulement les entreprises sont prises pour des porte-monnaie sur pattes, mais la législation fait qu'elles ont beaucoup de mal à entrer en concurrence avec l'international à cause du manque de compétitivité instaurée par un temps de travail beaucoup trop court et qui revient trop cher.

Il faut donc vite revenir sur ces 35h qui nous coûtent une fortune et débrider largement l'emprise fiscale sur nos entreprises afin de les rendre plus compétitives !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Septembre 2013

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Pluie d'impôts sur la France
Depuis 2011, M. Sarkozy et M. Hollande ont rivalisé de créativité en matière fiscale. Bilan détaillé à l'heure où les Français reçoivent leur avis d'imposition

Pression fiscale, " ras-le-bol fiscal ", " enfer fiscal "... De quoi parle-t-on ? Après une baisse - de 44,1 % du produit intérieur brut (PIB) en 2006 à 42 % en 2009 -, les prélèvements obligatoires sont repartis à la hausse à partir de 2010 pour atteindre 46,3 % en 2013, soit un record absolu en France. Le taux de prélèvements obligatoires, qui était de 34 % au milieu des années 1970, s'est établi durablement au-dessus de 42 % à partir de 1993.

En quoi consistent les prélèvements obligatoires ?

C'est l'ensemble des impôts et cotisations sociales prélevés sur les ménages et les entreprises au profit des administrations publiques. La notion de prélèvements obligatoires ne recouvre donc pas l'ensemble des recettes fiscales et sociales votées dans les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale. En loi de finances initiale, leur montant prévisionnel en 2013 était estimé à 967 milliards d'euros.

Les destinataires des prélèvements sont la Sécurité sociale, pour environ 55 % du total ; l'Etat et les organismes d'administration centrale, pour un peu moins d'un tiers ; les collectivités territoriales, pour près de 15 % ; l'Union européenne, moins de 1 %. Les impôts directs et indirects représentent un peu plus de 60 % des prélèvements, le reste étant constitué par les cotisations sociales.

Les ressources de l'Etat reposent presque exclusivement sur la fiscalité, directe ou indirecte. Les plus forts rendements proviennent de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA, 130 milliards d'euros en 2013), l'impôt sur le revenu (50 milliards), l'impôt sur les sociétés (38 milliards) et la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, 13 milliards).

Les organismes de Sécurité sociale sont en majeure partie financés par les cotisations sociales, pour près de 70 %. Néanmoins, la part des impôts, qui ne représentaient que 2 % du financement de la Sécu en 1980, a connu une spectaculaire montée en charge à partir de 1995, pour dépasser 30 % aujourd'hui. Les principales ressources fiscales sont la contribution sociale généralisée (CSG, 88 milliards), la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS, 6,3 milliards), la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S, 5,2 milliards) et la taxe sur les salaires pour 11,6 milliards d'euros.

Pour les collectivités territoriales, l'essentiel des ressources provient de la taxe foncière (26,7 milliards), de la taxe d'habitation (16 milliards), de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui s'est substituée à la taxe professionnelle (11,8 milliards) et des droits de mutation (10,8 milliards).

A ces grands pourvoyeurs de prélèvements s'ajoute une myriade de taxes et de contributions diverses.

L'exception française ?

En comparaison des autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou de l'Union européenne, la France a un niveau de prélèvements élevé : plus de 10 points d'écart avec la moyenne des pays de l'OCDE. Néanmoins, l'évolution des prélèvements obligatoires dans ces pays est à peu près comparable à celle de la France. En outre, les prélèvements obligatoires ne sauraient suffire à caractériser les politiques de finances publiques. Leur niveau doit être mis en regard du niveau de la dépense publique, des services publics et des prestations sociales dans l'économie. Au cours des dix dernières années, la dépense publique en France a crû de 2,1 % en moyenne (+170 milliards d'euros entre 2007 et 2012).

A partir de 2010, sous l'effet des plans de redressement mis en oeuvre dans les pays de l'Union européenne pour réduire les déficits publics, les prélèvements obligatoires sont repartis à la hausse. En France, en trois vagues successives, ils ont augmenté de 63 milliards d'euros : 20 milliards en 2011, 17,3 milliards en 2012, 25,7 milliards en 2013. Depuis l'élection de François Hollande et le changement de majorité parlementaire, 33 milliards d'euros de mesures nouvelles ont été décidés.

La question des prélèvements obligatoires ne se pose pas uniquement en termes d'accroissement de leur niveau global mais aussi de leur progressivité et de leur rôle redistributif. Du fait des réformes des barèmes et de la multiplication des niches fiscales, l'impôt, au cours des vingt dernières années, est devenu moins progressif et plus inégalitaire. Au-delà de la " pause fiscale ", c'est aussi le chantier de la justice fiscale qui doit être poursuivi.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Janvier 2014

arton78On se dit, à la lecture de cet article, qu'il y a des méchants malgré-nous et des gentils d'Oradour. En fait, la vérité est beaucoup plus compliquée. Quand l'Allemagne ré-annexe L'Alsace-Moselle le 27 novembre 1940, en plus de l'occuper, elle le ré-intègre complètement à son territoire. Pour fuir l'incorporation de force dans l'armée Allemande, de nombreuses familles sont parties, ailleurs, en France. Et la surprise du chef, c'est que des familles sont parties... à Oradour ! Il y a d'ailleurs une plaque de commémoration en mémoire des Mosellans tués lors du massacre Allemand ! Donc, non seulement il n'y avait qu'une infime partie des malgré-nous qui était présente avec l'armée Allemande ce jour là, mais il y avait aussi des victimes provenant des territoires annexés à Oradour ! Ceci rend les choses d'autant plus compliquées ! Ainsi, de nombreuses personnes, en Alsace-Moselle n'acceptent pas l'amnistie qui a été faite au profit des malgré-nous car elles sont victimes elles-même !

De cela, on n'en parle pas, c'est dommage. Personnellement, je le sais car mes grands-parents sont partis pour Saillat-Sur-Vienne, à 20km d'Oradour.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 03 Septembre 2013

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Oradour, mémoires vive
C'est une première  : le 4 septembre, François Hollande et son homologue allemand, Joachim Gauck, seront côte à côte dans ce bourg de Haute-Vienne où, le 10 juin 1944, les SS massacrèrent 642 personnes

Cela s'est décidé le 23 mai, à Leipzig, juste avant le début des cérémonies du 150e anniversaire du Parti social-démocrate, lors d'un tête-à-tête entre François Hollande et Joachim Gauck. Ce matin-là, le président français invita son homologue allemand à venir en France en septembre. Joachim Gauck répondit favorablement, mais expliqua qu'il souhaitait marquer cette visite d'Etat - la première d'un président allemand en France depuis celle de Roman Herzog, en octobre 1996 - d'une halte dans un lieu symbolique. " Pourquoi n'irions-nous pas ensemble à Oradour-sur-Glane ? ", lui proposa François Hollande. Joachim Gauck accepta dans la minute. Mercredi 4 septembre, pour la première fois, un président allemand ira donc à Oradour.

Etablir le programme d'une visite d'Etat d'un dirigeant étranger est parfois un casse-tête, a fortiori quand il s'agit d'y ménager une place pour les blessures du passé. Pour celle-ci, une fois n'est pas coutume, l'histoire retiendra que les choses se sont décidées simplement, ce qui tient certainement au fait que François Hollande et Joachim Gauck ont chacun de vraies raisons de se rendre à Oradour-sur-Glane.

Pour le président français, c'est l'évidence : l'histoire d'Oradour est intimement liée à celle de Tulle, la ville dont il fut maire de 2001 à 2008. En 1944, c'est la même division SS " Das Reich " qui, le 9 juin, exécuta 99 hommes par pendaison dans les rues de Tulle, et, le lendemain, massacra 642 personnes à Oradour. Aujourd'hui, il est de tradition qu'une délégation venue d'Oradour assiste aux cérémonies annuelles organisées à Tulle, et vice-versa. Cent dix kilomètres séparent la préfecture de la Corrèze du petit bourg de Haute-Vienne.

Que Joachim Gauck ait accepté d'aller à Oradour n'est pas plus surprenant. Peu connu des Français, compte tenu du rôle secondaire qui est le sien dans un pays où le vrai pouvoir appartient au chancelier, le président allemand est très investi sur le terrain mémoriel. Ancien pasteur, figure de l'opposition qui précipita la fin de la République démocratique allemande, c'est lui qui présida, après la réunification, la commission fédérale chargée des archives de la Stasi, l'ancienne police politique de RDA.

Depuis son élection à la présidence de la République, en mars 2012, il a pris l'habitude de jalonner ses déplacements à l'étranger d'une étape dans un lieu marqué par le souvenir de la barbarie nazie. En République Tchèque, ce fut Lidice, un bourg vidé de sa population puis rayé de la carte par les Allemands en 1942. En Italie, ce fut Sant'Anna di Stazzema, une commune de Toscane où 560 civils furent massacrés lors du passage des SS, le 12 août 1944. En France, ce sera donc Oradour.

François Hollande, qui connaît l'endroit, et Joachim Gauck, familier de ce type de lieux de mémoire, adopteront-ils le ton adéquat, mercredi 4 septembre, quand ils prendront l'un et l'autre la parole après avoir arpenté les ruines d'Oradour, cheminé côte à côte à travers ce squelette de maisons sans toit et de murs sans fenêtres, et s'être recueillis dans l'église qu'incendièrent les SS après y avoir entassé plus de 300 femmes et enfants ?

En réalité, le défi est tout autant celui de François Hollande que de Joachim Gauck. Cela tient à la nature particulière du massacre du 10 juin 1944, qui n'est pas qu'une histoire franco-allemande, mais aussi une affaire franco-française en raison de la présence d'Alsaciens, autrement dit de ressortissants français, dans l'unité qui extermina les habitants. Une présence qui, pendant des années, a empoisonné les relations d'Oradour avec l'Etat.

L'origine du contentieux remonte au 12 janvier 1953, date de l'ouverture, devant le tribunal militaire de Bordeaux, du procès des bourreaux d'Oradour. Sur les vingt et un accusés, tous de grade inférieur, quatorze sont alsaciens. Les débats divisent le pays. En Alsace, on s'indigne contre le fait que soient jugés ensemble des Allemands et des " malgré-nous ", ces Français originaires des départements annexés d'Alsace et de Moselle, contraints pendant la guerre de porter l'uniforme allemand. Dans le Limousin, à l'inverse, on réclame un châtiment impitoyable pour tous les inculpés.

Dans un premier temps, les partisans de la sévérité ont gain de cause. Dans le jugement rendu à Bordeaux le 13 février 1953, les Alsaciens sont reconnus coupables et, même s'ils bénéficient des circonstances atténuantes, leurs peines sont lourdes : la mort pour l'un, les travaux forcés pour neuf d'entre eux, la prison pour les autres. Quatre jours plus tard, pourtant, tout est remis en question avec le dépôt, à l'initiative de députés alsaciens, d'une proposition de loi d'amnistie. Le 19 février, le texte est adopté par 319 voix pour, 211 contre, et 83 abstentions. A l'exception du groupe communiste, hostile à l'amnistie, toutes les familles politiques sont divisées.

Les habitants du Limousin ne pardonneront pas à l'Etat cette loi présentée par ses partisans comme un texte d'" apaisement " mais synonyme, pour eux, de " trahison ". Au lendemain du vote, une vingtaine de communes de Haute-Vienne décident de faire une " grève administrative ". A Tulle, le conseil municipal refuse la croix de guerre. A Oradour, le maire rend au préfet cette même croix de guerre qui lui a été décernée en 1948, tandis que la liste des députés ayant voté l'amnistie est placardée près des ruines. L'affaire fait grand bruit. Les élus concernés s'indignent, demandent au gouvernement de faire retirer la liste, mais celui-ci refuse d'intervenir. " Une telle mesure soulèverait l'indignation de la population ", prévient le préfet de Haute-Vienne dans une lettre adressée au directeur de cabinet de René Coty, alors président de la République, le 1er août 1955. Les noms resteront affichés jusqu'au milieu des années 1960.

Longtemps, les représentants de l'Etat ne seront pas les bienvenus à Oradour. Le 21 mai 1962, le général de Gaulle s'y arrête. L'accueil est " sympathique et bruyant ", note l'envoyé spécial du Monde. Mais le chef de l'Etat laisse les habitants sur leur faim. Ceux-ci attendent un engagement fort en faveur de l'extradition du général Lammerding, l'ancien commandant de la division Das Reich, condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1953, et qui mène alors une vie tranquille d'ingénieur à Düsseldorf. " L'affaire se poursuit ", se contente de répondre de Gaulle, qui invoque les " barrières internationales " empêchant l'extradition. Lammerding mourra en 1971, sans avoir été inquiété.

Ni Georges Pompidou ni Valéry Giscard d'Estaing n'iront à Oradour durant leur mandat. Vingt ans après de Gaulle, François Mitterrand est le premier président à y retourner, le 3 mai 1982. Mais il reste silencieux, conscient peut-être de son intérêt à faire profil bas : pendant la campagne présidentielle de 1965, des affiches avaient été placardées dans le village pour rappeler son vote de 1953 en faveur de l'amnistie... Mitterrand attendra la fin de son second septennat, le 10 juin 1994, pour revenir à Oradour. Il y prononce cette fois un discours, où il explique qu'" il appartient aux générations prochaines de bâtir un monde où les Oradour ne seront plus possibles ". L'accueil est poli, même si la presse relève que, dans le bourg reconstruit après-guerre face aux ruines laissées intactes, des volets sont délibérément restés clos pour la venue du président.

A Oradour, l'apaisement des mémoires ne viendra qu'avec la venue de Jacques Chirac, le 16 juillet 1999. Le prétexte est l'inauguration du Centre de la mémoire, mais le sens politique de l'événement n'échappe à personne. D'abord parce qu'il a lieu quatre ans jour pour jour après le discours du Vel'd'Hiv, dans lequel Jacques Chirac a pour la première fois reconnu la responsabilité de la France dans la Shoah. Ensuite parce que le chef de l'Etat est venu avec la ministre de la culture, Catherine Trautmann, et le successeur de celle-ci à la mairie de Strasbourg, Roland Ries. Autant que les mots du président, qui s'appuie sur l'exemple d'Oradour pour justifier sa récente décision de faire intervenir la France au Kosovo, un geste marque les esprits ce jour-là : la main tendue de Catherine Trautmann au maire d'Oradour, signe de réconciliation entre l'Alsace et le Limousin mais aussi entre l'Etat et Oradour.

Quatorze ans plus tard, c'est cette réconciliation-là que François Hollande doit parachever. Une réconciliation contrariée le 8 mai 2010 quand Nicolas Sarkozy, à Colmar, déclara que " les "malgré-nous" ne furent pas des traîtres mais, au contraire, les victimes d'un véritable crime de guerre ". A Oradour, où l'ancien président n'est pas venu, la phrase a heurté. C'est aussi pour cela que François Hollande y est attendu. Pour poser les mots qui refermeront enfin cette plaie de la mémoire nationale. En somme, pour définitivement réconcilier Oradour avec l'Allemagne, et aussi avec la France.

Thomas Wieder

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Janvier 2014

Belgique-capital-de-leuropeL'Europe, qu'on le veuille ou non, n'est pas (encore) une nation.

En effet, une nation est définie par :
- Une culture commune
- Une religion commune
- Une langue commune
- Une histoire commune
- Un territoire déterminé

En dehors du territoire, nous n'avons rien de commun entre Européens. Je pense donc que l'on va légèrement trop vite dans l'intégration Européenne, en particulier juridique. En clair, on veut mettre la charrue avant les boeufs.

L'épisode présent est encore plus rocambolesque : on remarque que dans de nombreux cas, les décisions ne sont même pas démocratiques ! Il suffit que quelques experts se réunissent, pour qu'ils essaient d'imposer leurs vues, en particulier sur les aspects agricoles.

Il veut cesser cette fuite en avant Européenne en se recentrant sur les fondamentaux : le partenariat économique et l'harmonisation fiscale.

Quand on aura fait ces travaux, il sera temps de légiférer sur le mode de production du vin rosé ou sur les cachets des fioles à huile d'olive.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juin 2013

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LETTRE DE BRUXELLES
troublante novlangue bruxelloise

Le fonctionnement quotidien de l'Union européenne a de quoi démoraliser ceux qui aspirent à le rendre convaincant et réjouir ceux qui le dénigrent. Dans le quartier européen de Bruxelles, où l'homme de la rue se sent indésirable, on feint de s'inquiéter que l'élection de 2014 entraîne une déflagration. Mais on s'évertue à ne rien changer, en attendant, qui sait, que l'orage passe. Deux événements viennent d'illustrer jusqu'à la caricature certaines pratiques quotidiennes des institutions.

Dans un rapport récent, mi-drôle, mi-orwellien, un inspecteur-traducteur de la Cour des comptes européenne met en évidence le mauvais usage du vocabulaire " normal " par les institutions et la Commission en particulier. Jeremy Garden affirme que les anglophones sont de plus en plus déroutés par la novlangue bruxelloise. Une " sorte " d'anglais, une adaptation moderne de la langue de Shakespeare censée être compréhensible par les 27 membres - 28 le 1er juillet avec l'entrée de la Croatie - de l'ensemble communautaire.

Dans une liste non exhaustive, entre actor et visa, informatics et sickness insurance, M. Gardner montre que la terminologie bruxelloise a, parfois, très peu à voir avec la première langue mondiale, en vigueur dans 88 pays.

Cela pourrait amuser - surtout les Français - ; c'est un peu plus inquiétant quand la Commission réplique que, dès lors qu'elle utilise un terme, il doit s'imposer à tous, même s'il est incorrect... " Raisonnement dangereux ", objecte l'auteur du rapport, surtout que les textes concernent aussi le grand public et devraient, en principe, être intelligibles pour lui.

" Dérive antidémocratique "

Objection balayée : le rapport n'engagerait que son auteur, pas la Cour des comptes, et il serait loin d'être le premier du genre. C'est aussi ce qui a été dit du récent rapport dévastateur du Fonds monétaire international (FMI) à propos de la gestion de la crise grecque : " Il n'a pas été approuvé par le conseil d'administration du FMI, donc il n'a pas de réelle valeur. " Un peu court, sans doute, alors qu'il s'agissait de répondre à des accusations d'" inexpérience " et d'" erreur " des hauts-fonctionnaires bruxellois.

Un autre épisode peut faire rire, ou pleurer. Il a concerné... l'huile d'olive servie dans les restaurants. La Commission européenne ambitionnait d'interdire les petits flacons et carafes trônant sur les tables pour les remplacer par un conditionnement standardisé, doté d'un bouchon inviolable. Question d'hygiène et de prévention de la fraude, paraît-il. Face au tollé, le commissaire à l'agriculture, Dacian Ciolos, a reculé. En 2009, Bruxelles avait fait de même après avoir tenté d'autoriser l'appellation " vin rosé " pour des mélanges de vins blanc et rouge...

Ces affaires médiatisées en cachent beaucoup d'autres mais ont au moins le mérite de mettre en évidence la pratique douteuse de la " législation secondaire ", que l'on appelait avant 2006 et le traité de Lisbonne la " comitologie ". Mais encore ? Un moyen, pour la bureaucratie de la Commission, de régler désormais 95 % de l'activité réglementaire de l'Union ! Sujet évidemment déterminant pour tous les pays membres, dont les trois quarts des lois sont d'origine communautaire.

Maîtresse des procédures et dotée seule de la capacité législative, la Commission peut, grâce à la pratique des " comités " d'experts, imposer, diriger, légiférer en court-circuitant le Parlement et le Conseil. Une véritable " dérive antidémocratique ", déplore Daniel Guéguen, un lobbyiste qui se meut depuis trente-cinq ans dans le labyrinthe européen et dénonce " une glissade du politique vers le bureaucratique ". Dans son livre Le Pouvoir européen confisqué (Pact European affairs, 12 euros), il prône une réforme urgente de la législation secondaire afin d'éviter qu'" un seul fonctionnaire, quand il n'est pas encadré par sa hiérarchie, puisse imposer une décision à 27 Etats membres ".

par Jean-Pierre Stroobants

stroobants@lemonde.fr

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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