Publié le 31 Juillet 2014

33469 8845"La maison brûle et nous regardons ailleurs". Chirac a prononcé ces mots le 2 Septembre 2002 à Johannesburg. Elle reste plus que jamais d'actualité. Il faut que l'Humanité prenne enfin conscience qu'il faut qu'elle change sa relation à sa planète pour pouvoir continuer à y vivre. Nous n'en prenons, très clairement, pas le chemin. A quand une véritable action pour remettre en cause notre comportement pouvant remettre en question notre survie sur Terre ?

Il faut donc défendre les défenseurs de la planète. Qu'il s'agisse de réchauffement climatique ou de sur-exploitation des océans, notre rapport à la Terre doit changer et l'on se doit de défendre ceux qui prônent la défense de notre environnement, quel qu'il soit.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Novembre 2013

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ENTRETIEN
Paul Watson : " Si l'océan meurt, nous mourrons. Voilà mon seul message "
Depuis les Etats-Unis, l'" eco-warrior ", poursuivi par Interpol, revient sur ses quinze mois de cavale

C'est la première fois qu'il revient sur ses quinze mois de cavale en mer depuis qu'il a retrouvé la terre ferme aux Etats-Unis, le 28 octobre. A bientôt 63 ans, Paul Watson, qui possède la double nationalité canadienne et américaine, reste un " eco-warrior ", un défenseur farouche des océans.

Adolescent, ce héros des défenseurs de l'environnement militait contre la chasse aux phoques. Il n'a jamais cessé depuis d'aller défier les baleiniers japonais pour les empêcher de capturer les mammifères marins. Plusieurs fois, les navires de Sea Shepherd, son organisation, forte d'un équipage international de 120 membres, ont été éperonnés. Son militantisme lui vaut d'être poursuivi par Interpol. Arrêté en Allemagne en mai 2012, il réussit à s'enfuir alors que ses deux passeports lui avaient été confisqués. Il affronte aujourd'hui la justice américaine et souhaite être accueilli par la France, avec laquelle il est en train de négocier.



Pourquoi vous êtes-vous enfui d'Allemagne ?

J'ai quitté Francfort le jeudi 26 juillet 2012 car quelqu'un du ministère allemand de la justice m'a prévenu qu'on allait m'extrader vers le Japon le lundi suivant sans passer devant un juge. Je n'avais guère le choix. Le dimanche, je suis parti pour les Pays-Bas et j'ai pris un bateau. J'ai traversé l'Atlantique, puis le Pacifique et, le 29 novembre, j'ai rejoint mon bateau, le Steve-Irwin, aux îles Samoa. De là, nous avons piqué vers le sud pour notre campagne contre les baleiniers japonais dans l'Antarctique. Je suis finalement retourné à Los Angeles par la mer, le 28 octobre 2013.



Comment êtes-vous entré sur le territoire américain ?

Sans aucun problème. Mon avocat avait négocié avec le gouvernement américain. La famille Kennedy m'a beaucoup soutenu.

J'ai hésité entre les Etats-Unis et la France. Ce sont, je crois, les deux seuls pays où je pouvais bénéficier d'une procédure équitable. Je ne dis pas : " Ne m'extradez pas au Japon ", je veux juste avoir le droit d'expliquer ma position avant qu'une décision soit prise à mon égard. Mon avocat William Bourdon est très optimiste sur la possibilité que la France m'accueille. Nous y avons beaucoup de soutiens, plus de 100 000 personnes ont signé une pétition pour que je puisse venir. Mais je vais devoir obtenir l'autorisation des Etats-Unis auparavant.



Que va-t-il se passer avec la justice américaine ?

Je ne sais pas exactement. J'ai vu un juge le 6 novembre, à Seattle. Je dois rester à la disposition des autorités. Mais l'affaire n'est pas finie. Je figure sur la liste rouge d'Interpol, initialement à la demande du Japon, du Costa Rica et de l'Allemagne. Mais ces deux derniers pays ont laissé tomber depuis. Je ne comprends pas pourquoi je me retrouve sur la même liste que des assassins, des terroristes, juste parce que je veux sauver quelques baleines. C'est une affaire politique, certainement pas criminelle.

Les défenseurs de l'environnement sont les nouveaux ennemis. Au Canada, ils sont considérés comme des terroristes potentiels. Aux Etats-Unis, la liste du FBI les place, avec Al-Qaida et les militants des droits des animaux, parmi les menaces terroristes intérieures les plus importantes.



Pourquoi être resté si longtemps en mer ?

Cela a été long avant de savoir si je pouvais rentrer. Entretemps, nous avons obtenu une déclaration sous serment du membre d'équipage de Sea Shepherd qui prétendait que je lui avais ordonné de monter sur un navire japonais. Il est désormais clair qu'un accord avait été passé entre lui et Tokyo. Les autorités japonaises le menaçaient de la prison s'il ne m'accusait pas. Il a fini par déclarer sous serment avoir menti.

Sea Shepherd n'a jamais fait le moindre mal à personne. Nos adversaires détruisent nos bateaux, blessent nos membres, nous poursuivent devant des tribunaux et nous ne pouvons rien faire...



Que savez-vous sur les liens entre le Japon et le Costa Rica vous concernant ?

Je sais que le Costa Rica a réclamé mon arrestation dix jours seulement après une rencontre entre son président et le premier ministre japonais. Ils ont alors remis sur la table des faits vieux de dix ans, à savoir une action de Sea Shepherd contre des braconniers costaricains pour laquelle un non-lieu avait été prononcé.

Le Costa Rica pratique le shark finning : ils envoient environ 30 tonnes d'ailerons de requins chaque année en Chine tout en rejetant le reste des carcasses par-dessus bord. Cela ne les réjouit pas que nous le fassions savoir.

Qui plus est, le Costa Rica est un pays très dangereux. En mai, Jairo Mora Sandoval y a été assassiné pour ses actions de protection des tortues de mer et ce n'est pas le seul meurtre de ce type ces dernières années.



Pourquoi les Japonais continuent-ils la chasse à la baleine ?

Leur industrie de la pêche veut continuer à tuer des baleines, même si la viande lui reste sur les bras et part dans la nourriture pour chiens. Car, si le Japon cède sur ce point, il devra également fléchir sur le thon rouge.

Tokyo veut aussi (comme tout le monde) mettre le pied dans la porte de l'exploitation économique de l'Antarctique. Le Japon est l'une des nations qui exploite le plus nos océans, sans penser au futur.

Considérez-vous toujours le sort des baleines comme le thème le plus mobilisateur pour sauver les océans ?

Elles captent toute l'attention mais il y a beaucoup d'autres problèmes. Nous nous battons contre la chasse massive des requins, des phoques ou des tortues... On essaie de travailler avec les gouvernements, avec l'Equateur par exemple, pour protéger les îles Galapagos, avec ceux d'Afrique de l'Ouest dans la lutte contre la pêche illégale. Sea Shepherd France est leader dans cette campagne au Sénégal, et au Liberia.

Si nous ne sauvons pas les océans, nous ne nous sauverons pas nous-mêmes. Si l'océan meurt, nous mourrons. Voilà mon seul message.

Je viens de passer du temps en Australie sur la Grande Barrière de corail. Plus de la moitié est déjà morte. C'est vraiment déprimant. Ces quatre derniers mois, j'ai contribué à collecter des ordures dans des régions isolées du Pacifique Sud. Nous en avons ramassé des tonnes. Sur n'importe quelle île déserte, vous retrouvez du plastique.



Comment réagissez-vous au sort des " 30 " de Greenpeace incarcérés en Russie ?

Pendant des années, j'ai mis en cause Greenpeace comme une organisation inutile. Je dois reconnaître que je les soutiens à fond maintenant. Là, ils ont vraiment pris position. Et c'est admirable.

De manière tout à fait surprenante, la justice russe s'est basée sur l'opinion d'un juge américain qui me qualifiait de pirate pour attaquer à son tour Greenpeace pour des faits de piraterie... Et tout cela, juste pour avoir brandi une banderole de protestation.

Malheureusement, l'accusation a changé. A mon avis, il aurait été plus facile pour les militants de Greenpeace de se défendre de ce chef d'inculpation-là plutôt que de celui de vandalisme.

Cette affaire peut réveiller l'opinion publique. Pour les compagnies pétrolières, c'est une façon de lancer un message fort, de prévenir qu'elles ne toléreront pas la protestation. Or ce sont elles qui dirigent le monde, des Etats-Unis à la Russie, en passant par la Chine.

Propos recueillis par Stéphane Foucart et Martine Valo

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Juillet 2014

Gerhard SchroderLes Eurosceptiques, toujours prompts à fustiger la présence en France de la monnaie Européenne, me fait bien marrer ! On bénéficie beaucoup plus des bienfaits de l'Euro que certains autres, parmi lesquels l'Allemagne ! En effet, l'Allemagne est le véritable moteur économique de l'Europe et l'on bénéficie, grâce à elle, de taux d'intérêt pour le moins avantageux. Si l'on ne faisait pas partie de l'Europe, on devrait emprunter à des taux bien plus importants et nous bénéficierions certainement pas d'une note AA sur les marchés financiers !

Bref, l'Allemagne doit être écoutée et nous nous devons de suivre ce modèle qui a engagé de grosses réformes (Hartz) qui a coûté les élections à M. Gerhard Schröder à son époque. Une réussite économique passera donc par un certain sacrifice politique. Qui sera l'homme providentiel pour engager ces réformes ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Novembre 2013

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L'Allemagne s'agace de la lenteur des réformes en France
Berlin craint que les atermoiements français ne portent préjudice à l'ensemble de l'économie de la zone euro
Berlin Correspondant

A priori, François Hollande et Angela Merkel n'ont pas prévu d'avoir un entretien en tête à tête en marge du sommet européen sur l'emploi des jeunes organisé, mardi 12 novembre, à Paris, même si, selon l'Elysée, " des apartés sont toujours possibles ". Les sujets de discussion, voire les contentieux, ne manquent pourtant pas.

Vu de Berlin, la principale préoccupation est la situation économique et sociale en France. La dégradation de la note de la France, le 8 novembre, par l'agence Standard & Poor's, est pour l'Allemagne une preuve supplémentaire que la France doit accélérer ses réformes. Pour ne pas avoir l'air de donner des leçons à Paris, alors que la presse et les économistes allemands se montrent, eux, très sévères, le gouvernement s'en tient à la déclaration du 30 mai élaborée à l'Elysée en vue du Conseil européen de juin. Dans ce texte ambitieux présenté par Mme Merkel et M. Hollande, il était question d'" arrangements contractuels " passés entre les Etats qui s'engageraient à améliorer leur compétitivité, et l'Union qui, en retour, pourrait les aider financièrement.

Pour les Allemands, la France doit encore plus que les autres Etats de la zone euro respecter cet engagement parce qu'en raison de son poids économique, la stagnation de sa croissance a des répercussions sur l'ensemble de la zone. On l'a encore vu le 8 novembre quand Standard & Poor's a dégradé la note du Fonds européen de stabilité financière quelques heures après avoir dégradé celle de la France, celle-ci étant l'un des principaux actionnaires de celui-là.

La discrétion dont a fait preuve l'Allemagne vis-à-vis de la France - malgré des commentaires peu amènes en privé, notamment après l'affaire Leonarda et l'apparition des " bonnets rouges " en Bretagne - s'explique aisément. Berlin craint que s'inquiéter ouvertement de la situation économique en France n'incite les marchés à se montrer encore plus circonspects sur le rétablissement de la conjoncture en Europe. Or, pour Berlin, la zone euro sort peu à peu de la crise. Mais cela fait des mois que l'on prédit des jours difficiles à la France qui ne se réforme pas aussi vite que les pays du sud de l'Europe.

Dans un discours prononcé à Berlin samedi 9 novembre, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, invité de fondations proches du gouvernement, a dit tout haut ce que nombre de dirigeants allemands pensent tout bas : " Les gens critiquent la mondialisation. Mais le plus souvent, les victimes de celle-ci sont en fait les victimes de réformes qui n'ont pas été réalisées. Cela ressemble à un cercle vicieux : pas de confiance politique signifie pas de mandat pour changer. Mais ne pas changer va éroder encore plus la confiance. " Sans être citée, la France est visée par ces propos. " Que les Français arrêtent de parler de réformes et les fassent. Le poids de l'Etat est bien trop grand ", affirmait, le 8 novembre, un dirigeant de la Banque centrale européenne qui ne cachait pas son inquiétude.

Entre la France et l'Allemagne, l'union bancaire est également un sujet de discorde. Vendredi, à Berlin, lors d'un colloque organisé par le centre de réflexion Bruegel, Ramon Fernandez, directeur français du Trésor, et Thomas Steffen, secrétaire d'Etat auprès du ministre allemand des finances, ont ainsi développé des points de vue très éloignés sur le mécanisme de résolution unique, qui, avec la supervision des banques, constitue le coeur de la future union bancaire. Comme l'a dit Pierre Wunsch, directeur de la Banque nationale de Belgique : " On n'est pas d'accord sur le degré de solidarité que l'on veut dans l'Union, c'est pour cela que la France et l'Allemagne sont en désaccord. "

Même l'attitude à adopter à l'égard des écoutes américaines semble diviser les deux capitales. Si François Hollande et Angela Merkel ont adopté une position commune le 25 octobre, l'Allemagne a envoyé, depuis, deux délégations à Washington alors que Paris ne semble entreprendre aucune démarche. " On ne sait même pas qui, à l'Elysée, coordonne le dossier ", constate un diplomate à Berlin.

Enfin, le gouvernement allemand a fait savoir qu'il n'approuvait pas la décision annoncée le 31 octobre par le ministère français de la défense de supprimer le 110e régiment d'infanterie, basé depuis 1964 à Donaueschingen (Bade-Wurtemberg) et rattaché depuis 1989 à la brigade franco-allemande. Cette décision entraîne le rapatriement de 850 militaires et 150 civils en France. Apparemment, François Hollande ne l'avait pas fait connaître à Angela Merkel lorsqu'il l'avait vue à Bruxelles une semaine auparavant.

Frédéric Lemaître

    Les négociations pour la grande coalition se poursuivent

    Les négociations se poursuivent entre la CDU, la CSU bavaroise et le Parti social-démocrate (SPD) pour la formation d'un gouvernement de coalition. Les négociations doivent se terminer entre le 26 et le 28 novembre. Les adhérents du SPD auront alors deux semaines pour approuver leur contenu.

    Le Bundestag pourrait, dans ce cas, se réunir le 16 ou le 17 décembre pour élire Angela Merkel à la chancellerie. Durant les deux semaines précédentes, les trois partis devraient s'être répartis les principaux ministères afin que le gouvernement soit opérationnel dès cette date. - (Corresp.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Juillet 2014

balkany.jpgDécidément, elle est belle la Sarkozie ! Entre les affaires Woerth, Tapie et maintenant Balkany, elle se rapproche réellement de la voyoucratie !

On savait que les Balkany étaient des ordures et des pourris. Je n'ai jamais compris les habitants de Levallois de continuer à voter pour ces bandits. Il est aussi là le problème de la France. Il réside aussi dans cette bêtise de quelques uns à adouber des voyous et des bandits.

Balkany est maintenant accusé d'enrichissement personnel après avoir été soupçonné d'utiliser le personnel de la Mairie pour ses besoins propres.

Après cela, rien d'étonnant que certains Français soient dégoutés par la politique ! Alors pourquoi continuer à voter pour ces gens là ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Novembre 2013

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La justice va passer au crible le patrimoine du couple Balkany
Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale contre le député et maire UMP de Levallois et sa femme

Le député et maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Patrick Balkany, et son épouse, l'ex-conseillère générale Isabelle Balkany, sont désormais l'objet d'une procédure judiciaire portant sur leur important patrimoine.

Le parquet de Paris a ordonné, mercredi 6 novembre, une enquête préliminaire pour " blanchiment de fraude fiscale " les visant directement. Ils sont suspectés d'avoir dissimulé, depuis de longues années, une partie de leurs avoirs au fisc. Le tout nouvel Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), créé le 25 octobre, a été chargé des investigations. Le couple Balkany n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde.

Les investigations lancées par le parquet de Paris font suite aux déclarations de l'ancien conseiller général (RPR) des Hauts-de-Seine, Didier Schuller, interrogé le 24 octobre par les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire en marge du volet financier de l'affaire de Karachi. M. Schuller a notamment répété devant les magistrats ses accusations rapportées dans l'ouvrage French Corruption (Stock, 312 p., 19 euros).

S'agissant de son ancien ami, avec qui il est désormais brouillé, M. Schuller a assuré qu'il s'était enrichi de manière illicite en marge des importants marchés publics conclus dans les années 1980 et 1990 par l'office HLM des Hauts-de-Seine, dont les deux hommes furent les dirigeants.

Les malversations à l'OPDHLM avaient entraîné la condamnation de M. Schuller, en 2007, à trois ans de prison, tandis que M. Balkany avait bénéficié d'un non-lieu au terme de l'instruction. Amer, M. Schuller a confié aux juges que, si lui avait " payé sa dette ", le maire de Levallois s'en était " bien mieux sorti ".

" Je n'ai aucun patrimoine. Par contre, M. Balkany, comme semblent le confirmer les documents que je vous ai remis en copie et qui étaient à la disposition de la justice, aurait à sa disposition un palais à Marrakech, une résidence de luxe à Saint-Martin, et l'usufruit du Moulin de Giverny ", a assuré aux juges M. Schuller. " Je suis heureux de voir que ce que je pensais être du financement politique a pu profiter à d'autres fins, et sans doute personnelles ", a ironisé l'ex-conseiller général de Clichy-la-Garenne - candidat dans cette commune pour les municipales de 2014.

Parmi les documents remis par M. Schuller aux juges Van Ruymbeke et Le Loire (dont les juges de l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine avaient déjà eu connaissance sans, curieusement, leur donner suite) figure notamment un relevé bancaire attestant l'existence d'un compte ouvert en juillet 1994, au nom de M. Balkany, à la banque ABN Amro de Zurich, ou encore des rapports de la police judiciaire de l'époque évoquant des transactions suspectes. Par exemple la revente par M. Balkany à une holding suisse, entre 1989 et 1991, de ses parts dans la société créée par son père, Laine et soie Réty, pour un total de 31 millions de francs, alors que cette entreprise était très largement endettée.

" A ce stade de l'enquête, on peut remarquer que cette vente d'actions peut avoir servi à masquer le versement de fonds à M. Patrick Balkany, alors président de l'OPDHLM 92 ", soulignait déjà un rapport de la PJ, le 4 juin 1998. Elle fut effectuée sur instruction de la société Lecaya, une anstalt (établissement financier protégeant l'anonymat de son ayant droit), basée au Liechtenstein.

Or, d'après Didier Schuller, Lecaya appartenait à Patrick Balkany. Selon lui, une partie des fonds détournés en marge des importants marchés passés par l'office HLM des Hauts-de-Seine transitèrent précisément par Lecaya. Des faits que M. Schuller, longtemps désireux de protéger le maire de Levallois, s'était jusqu'ici gardé de révéler, notamment lors de l'enquête, puis des deux procès de l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine.

Les enquêteurs de l'OCLCIFF, munis de ces documents, vont maintenant se pencher sur le train de vie des Balkany, afin de vérifier s'il est en adéquation avec les revenus déclarés par le député. Les procureurs de Paris et des Hauts-de-Seine se sont également concertés, afin de coordonner leurs efforts.

En effet, la police judiciaire est déjà chargée par le parquet de Nanterre d'enquêter sur la provenance d'une somme de 11 000 euros en espèces, donnée au chauffeur de Patrick Balkany afin qu'il se rende sur l'île de Saint-Martin, où le couple possède une résidence. " Un policier municipal est en toute légalité (...) détaché au cabinet du maire pour assurer les fonctions de chauffeur de sécurité, avait réagi M. Balkany dans un communiqué le 7 octobre. Lors de ses vacances, je l'ai invité une fois, bien entendu sur mes deniers personnels, dans une maison louée à Saint-Martin ", avait-il ajouté. Patrick Balkany avait été condamné en 1996 à quinze mois de prison avec sursis pour avoir utilisé à son service trois employés municipaux.

Le couple Balkany pourrait aussi avoir à répondre de l'emploi du " mage " Jean Testanière, embauché de 2006 à 2010 à la mairie de Levallois-Perret. Une information judiciaire pour " détournement de fonds publics, complicité et recel contre X " a été ouverte fin 2012 par le parquet de Paris. Des écoutes téléphoniques laissent penser qu'il s'agissait d'un emploi fictif.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Juillet 2014

debout-condamnes-lump-L-pvltaZC'est une bonne initiative qui est donnée ici : un ministre se soucie plus de l'intérêt général que de l'étiquette. Cela lui vaut des inimitiés au niveau national mais il ne s'en préoccupe guère. Si je reprends cet article, c'est parce que cette manière de faire de la politique est mon fer de lance. Sauf que je voudrais que ce qu'il se passe au niveau local soit aussi la règle au niveau national.

On ne s'en approche guère, ce pour deux raisons :
- Les partis puissants en présence (PS et UMP) ne le veulent pas
- Les électeurs, la majorité des Français, n'y est pas favorable car à chaque élection le bipartisme est la règle.

Pour défendre l'intérêt général des politiques soutenus par une majorité de Français devront éclore. Quand ? Là est la question.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Novembre 2013

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Jean-Paul Delevoye signe son divorce avec l'UMP

Pour les municipales de 2014, l'ancien ministre soutient le candidat socialiste de Bapaume

Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Jean-Paul Delevoye, a suspendu ses cotisations à l'UMP et ne renouvellera pas son adhésion en janvier 2014. Une décision prise après une réunion du comité départemental UMP qui demandait au maire de Bapaume de clarifier sa position. " Il fallait mettre fin à l'ambiguïté, explique Daniel Fasquelle, président de la fédération départementale UMP du Pas-de-Calais. On ne peut pas être adhérent à l'UMP et soutenir un député socialiste. " Pour " faciliter la tâche " au parti qu'il avait rejoint en 2002, l'ancien RPR n'a pas attendu l'exclusion : il a quitté l'UMP la semaine dernière.

" J'assume mes choix ", explique l'ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin qui dénonce " l'hypocrisie de l'offre politique " et " l'excès de politique politicienne ". Voilà plus d'un mois qu'il a annoncé officiellement son soutien pour les prochaines municipales de Bapaume à Jean-Jacques Cottel, actuel député et maire socialiste de Beaulencourt. Les deux hommes travaillent ensemble depuis dix ans au sein de la communauté de communes du Sud Artois, regroupement de 58 communes de l'Arrageois, dont Bapaume est le bourg principal.

Jean-Paul Delevoye, gaulliste, avait déclaré dès 2008 qu'il s'agissait de son dernier mandat de maire après plus de trente ans consacrés à transformer sa ville. " Je souhaitais passer le relais, non pas à un appareil politique, mais à un homme capable de rassembler et de porter des projets. Ce qui m'intéresse, c'est de servir la France et mon territoire, explique le président du CESE. Les citoyens ne croient plus aux partis politiques. On est dans une époque où la société n'a plus de lecture d'espérance politique car les projets deviennent des projets de gestion. " En toile de fond, une conviction : le territoire n'appartient pas à un appareil politique.

" Même si chacun a des positions différentes au niveau national, on est capable de se retrouver localement ", confirme M. Cottel, le député socialiste de la plus grande circonscription de France en surface et en nombre de communes (295 réparties sur 11 cantons). Jean-Paul Delevoye raconte : " J'ai dit à François Hollande : "Je n'ai pas voté pour vous mais je veux que vous réussissiez car c'est la France qui est en cause." Mon obsession est de restaurer la politique, pas la stratégie politicienne. " Porte-parole de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, la conseillère régionale Cécile Bourdon lui reconnaît " une vue d'esprit toujours dans l'intérêt de l'humain et des égalités sociales ".

" Réaction politicienne "

A l'UMP, la déception se mêle à l'amertume. " Du point de vue des principes et des convictions, c'est incompréhensible ", déclare Jean-François Copé. " Il y a eu un double émoi car il soutient un député de la majorité qui cautionne la politique que l'on désapprouve, précise Daniel Fasquelle. Et puis, localement, Jean-Jacques Cottel a battu Michel Petit aux dernières législatives. En 2017, on l'aura en face de nous alors que la circonscription est gagnable. "

Face à cette " réaction politicienne à un événement politique ", Jean-Paul Delevoye joue l'intérêt général. " Plutôt que de voir deux partis se renvoyer la balle, vu les difficultés actuelles, il vaut mieux favoriser le développement du territoire en se retrouvant sur une politique commune ", assure le socialiste Jean-Jacques Cottel, professeur des écoles, fils et petit-fils d'agriculteurs. Un principe plus simple à mettre en place à l'échelon local que national. Le maire de Beaulencourt, 250 âmes, se souvient : " Quand j'ai été élu maire en 1995, mon premier adjoint était catholique pratiquant de droite et pourtant il faisait preuve d'une loyauté et d'une fidélité à toute épreuve. Dans un petit village, les idées politiques, il faut les mettre de côté, sinon on ne peut pas travailler. "

Les 4 300 habitants de Bapaume attendent la liste des 27 candidats emmenée par Jean-Jacques Cottel. " Il y aura des gens de gauche et pas forcément de gauche avec des proches de Jean-Paul Delevoye, encartés ou non ", précise l'élu socialiste. Jean-Paul Delevoye fera campagne à ses côtés à condition que M. Cottel " fasse preuve d'ouverture comme moi, de tolérance, et qu'il y ait sur sa liste des gens qui ne soient pas des intégristes politiques ". L'électorat sera-t-il déstabilisé ? " Ça peut être un danger mais il faut savoir rester soi-même et faire preuve de pédagogie ", rassure M. Cottel.

Laurie Moniez

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Juillet 2014

fn-dessin.jpgJe tombe des nus en voyant cette information : une candidate FN se retire parce que le parti serait raciste ! Nan ! Le FN serait raciste ? J'ai du mal à y croire !

En tout cas, j'ai beaucoup ri ;)

Un article du journal 'Le Monde' daté du 06 Novembre 2013

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Municipales
En Haute-Garonne, une candidate FN se retire en dénonçant le racisme au sein du parti

La candidate FN à la mairie de Saint-Alban, dans la banlieue de Toulouse, a annoncé son retrait dans une lettre adressée à Marine Le Pen, révélée lundi 4 novembre par l'hebdomadaire La Voix du Midi. D'origine algérienne, Nadia Portheault assure avoir constaté " un décalage entre le discours de Marine et celui de la base militante " et dénonce " une ambiguïté permanente entre la vitrine et une arrière-boutique spécialisée dans les blagues vaseuses sur les Arabes et les homos ". Mme Portheault dit avoir été témoin de propos racistes de la part de responsables du FN.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Juillet 2014

Sarkozy-RolexAllez, toujours plus fort chez Sarko ! On a maintenant de l'ultra-lourd, toujours donné par les maîtres de l'investigation Française, j'ai bien nommé Messieurs Davet et Lhomme qui justifient à eux seuls un abonnement au journal 'Le Monde' !

M. Sarkozy, donc, toujours lui, avait donc une taupe qui lui donnait les informations judiciaires qu'avait sur lui la Cour de cassation. En échange de ces informations, un petit voyage à Monaco pour le magistrat ! Y'aurait même des pourris chez les juges ? A la Cour de cassation ? Il semblerait bien que oui !

Tout cela plaide pour des choses que j'avais dites il y a bien longtemps : la Cour de cassation, le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel se doivent de servir le citoyen et non l'inverse ! Je doute que le citoyen soit bien servi à voir un juge passer ses dernières années de boulot à Monaco...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 Mars 2014

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Soupçon de trafic d'influence dans le camp Sarkozy
La justice a placé sur écoute l'ex-président. Les interceptions suggèrent des liens étroits entre son avocat et un magistrat

L'affaire est sans précédent. Un ex-président de la République et deux de ses anciens ministres de l'intérieur placés sur écoute téléphonique. Gilbert Azibert, l'un des plus hauts magistrats français, suspecté de renseigner discrètement Nicolas Sarkozy sur l'affaire Bettencourt, en échange d'une sinécure à Monaco. La Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire, accusée d'être sous influence, ses principaux membres susceptibles d'être interrogés par les policiers. Tous les ingrédients d'un scandale d'Etat sont réunis.

Le point de départ de l'affaire remonte au 19 avril 2013, lorsqu'une information judiciaire pour " corruption " est ouverte à Paris. Confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman, elle vise un éventuel soutien financier de la Libye à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Discrètement, les magistrats prennent une décision forte : ils font procéder à des interceptions téléphoniques sur Nicolas Sarkozy et plusieurs de ses proches, dont deux de ses anciens ministres de l'intérieur, Claude Guéant et Brice Hortefeux.

Pendant des mois, les enquêteurs sont aux aguets. M. Sarkozy se montre bavard, mais il a tout de même pris ses précautions. Il s'est doté, après son départ de l'Elysée, en plus de son téléphone habituel, d'un autre portable, réservé à ses conversations plus sensibles, notamment avec son conseil, Me Thierry Herzog. C'est ce dernier qui a recommandé ces précautions à son client.

En décembre 2013, plusieurs conversations enregistrées entre M. Hortefeux et l'ancien patron de la police judiciaire de Paris, Christian Flaesch, fuitent dans Le Monde. Elles révèlent une proximité gênante entre l'homme politique et l'enquêteur, entraînant la mise à l'écart du policier. L'épisode inquiète les sarkozystes. M. Sarkozy lui-même devient laconique sur son téléphone " officiel ". Les juges s'interrogent et finissent par découvrir que l'ex-chef de l'Etat dispose d'un second portable, enregistré sous un nom fictif. A son tour, cet appareil est placé sous surveillance. Les écoutes révèlent des échanges avec un autre téléphone mobile acquis avec une identité d'emprunt : il s'agit du portable acheté par Me Herzog pour échanger en toute confidentialité avec son client.

Les interceptions sur ces deux téléphones se révèlent fructueuses. Pas forcément pour éclairer l'affaire libyenne. A leur grand étonnement, les magistrats retombent en fait sur l'affaire… Bettencourt. En effet, un épisode crucial se joue au même moment à la Cour de cassation. Le 11 mars, la haute juridiction doit dire si la saisie des agendas privés et officiels de M. Sarkozy, au cours de l'enquête Bettencourt, était licite ou non. Une question de principe, certes. Mais aussi de survie judiciaire, et donc politique pour l'ancien chef de l'Etat. En effet, M. Sarkozy, qui a bénéficié d'un non-lieu dans l'affaire Bettencourt le 7 octobre 2013, ne pourra se lancer dans la campagne présidentielle de 2017 que si son horizon judiciaire est totalement débouché. Or, l'affaire Tapie-Crédit lyonnais l'empoisonne. Ses agendas ont été versés dans la procédure, ils révèlent sa proximité avec Bernard Tapie. Si la saisie initiale de ces agendas est invalidée, c'est tout un pan de la procédure qui s'écroule. D'où le pourvoi déposé en septembre 2013 par Me Herzog auprès de la Cour de cassation.

Or, les conversations téléphoniques entre M. Sarkozy et son avocat, Me Herzog, retranscrites par les enquêteurs, montrent que les deux hommes sont très bien renseignés sur la procédure en cours. Et pour cause. Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, affecté à une chambre civile, est un vieux routier de la droite judiciaire. Nicolas Sarkozy l'a reçu au moins une fois, lorsqu'il s'est agi de le nommer, en 2008, secrétaire général de la chancellerie. Et Me Thierry Herzog le connaît depuis longtemps. Son surnom dans les prétoires ? " Annulator ", pour sa propension à casser les procédures des juges d'instruction.

S'il n'est pas directement lié à la procédure Bettencourt, puisqu'il s'occupe de dossiers civils, M. Azibert a accès au service intranet de la haute juridiction. Tous les avis y sont consignés, notamment les travaux préparatoires aux débats. Il sait tout de ce monde feutré. Il renseigne le camp sarkozyste sur l'évolution des tendances au sein de la Cour de cassation, les écoutes en font foi.

Il aurait ainsi assuré à Me Herzog que la Cour de justice de la République, saisie d'une partie de l'affaire Tapie, a fait pression, par l'intermédiaire de sa présidente, pour que la saisie des agendas soit validée. Cette initiative supposée n'a guère trouvé d'écho, puisque l'avocat général, Claude Mathon, a estimé, lors des débats, que la justice a eu tort de refuser d'annuler la saisie des agendas de Nicolas Sarkozy. Un avis qui satisfait pleinement le camp Sarkozy en vue de l'échéance du 11 mars.

Me Herzog s'en ouvre au téléphone à M. Sarkozy. Et lui confie au passage que M. Azibert serait ravi de bénéficier d'un coup de pouce professionnel. En effet, proche de la retraite, celui-ci postule pour un poste de conseiller d'Etat à Monaco. Il aimerait bien, aurait-il glissé à l'avocat, que l'ex-chef de l'Etat, doté d'un fort pouvoir d'influence, intervienne en sa faveur…

Informés de ces conversations en février, les juges rédigent une ordonnance de soit-communiqué adressée au tout nouveau parquet national financier. Celui-ci, le 26 février, ouvre une information judiciaire pour " violation du secret de l'instruction " et " trafic d'influence ". Deux juges, Patricia Simon et Claire Thépaut, sont saisies. La première incrimination signifie que les magistrats souhaitent savoir si et comment M. Sarkozy a eu vent des écoutes téléphoniques le visant. La seconde, plus embarrassante, vise à déterminer s'il a vraimenttenté de favoriser la carrière de M. Azibert. Le trafic d'influence vise le fait d'" abuser de son influence réelle ou supposée en vue de faire obtenir d'une autorité ou d'une administration publique des distinctions, des emplois, des marchés ou toute autre décision favorable ". L'expression " en vue de " est essentielle : on peut être poursuivi de ce chef même si l'on n'a pas obtenu le service espéré, il suffit d'avoir effectué une démarche active…

Or, les magistrats s'interrogent sur une drôle de coïncidence. M. Sarkozy passe la dernière semaine de ses vacances de février en famille, à Monaco, à l'Hôtel de Paris, où il suit une cure thermale. Il y est rejoint durant la semaine par son avocat, Me Herzog, Niçois d'adoption. Les juges suspectent les deux hommes d'avoir à cette occasion pu solliciter les autorités monégasques afin de récompenser M. Azibert – ce que conteste vivement Me Herzog.

Le 4 mars, comme l'a révélé L'Express, les magistrats passent à l'offensive. Une spectaculaire série de perquisitions sont menées, dès l'aube. Plusieurs juges sont mobilisés, dont Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, qui enquêtent en parallèle sur l'affaire Tapie. Les policiers débarquent aux domiciles de MM. Azibert et Herzog, mais aussi dans leurs bureaux, notamment celui du magistrat à la Cour de cassation. Ils saisissent chez Me Herzog ses deux téléphones portables, trois courriels, des billets d'avion pour Nice… Ils examinent aussi ses échanges de courrier avec M. Sarkozy. A la Cour de cassation, c'est l'effervescence. Plusieurs hauts magistrats pourraient être entendus par les enquêteurs de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, qui examinent depuis le 4 mars les éléments saisis lors des perquisitions. L'affaire ne fait que débuter.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

    Un avocat peut être écouté et perquisitionné

    Un juge d'instruction a toute latitude pour placer sur écoute ou perquisitionner un cabinet d'avocat. L'article 100-5 du code de procédure pénale prévient " qu'à peine de nullité ", les correspondances avec un avocat ne peuvent être transcrites – mais peuvent être écoutées si le client est écouté. Et si l'avocat est à son tour suspecté d'une infraction, une simple lettre à son bâtonnier suffit à le placer sur écoute. Les perquisitions, elles, sont régies par l'article 56-1, et ne peuvent avoir lieu qu'en présence d'un délégué du bâtonnier, qui ne sait presque rien de ce que recherchent les enquêteurs. Il peut seulement s'opposer à la saisie d'un document ou d'un objet – il le fait systématiquement –, qui est alors placé sous scellés et sera discuté devant un juge des libertés et de la détention.
    L'enquête sur l'élection de 2007 à l'origine des écoutes

    Depuis le 19 avril 2013, les juges Serge Tournaire et René Grouman conduisent une information judiciaire portant sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de 2007 de M. Sarkozy par la Libye. Des soupçons émis initialement en 2011 par le fils du " Guide " libyen, Saïf Al-Islam Kadhafi : " Il faut que Sarkozy rende l'argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale ", avait-il clamé. Ces accusations avaient été renforcées en 2012 par l'intermédiaire Ziad Takieddine. Par ailleurs, les juges René Cros et Emmanuelle Legrand enquêtent, à la suite d'une plainte déposée par M. Sarkozy pour " faux et usage de faux ", sur un document publié par Mediapart en avril 2012 et dont l'authenticité est contestée. Cette note, attribuée à un ex-dignitaire libyen, affirmait que Tripoli était prêt à financer pour " 50 millions d'euros " la campagne de M. Sarkozy.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Juillet 2014

guillaumePepyVoici une lettre que j'ai écrite à M. le Ministre des transports pour lui demander de mettre fin aux fonctions de M. Guillaume Pépy, PDG de la SNCF.

Une pétition est associée.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/m-fr%C3%A9d%C3%A9ric-cuvillier-ministre-d%C3%A9l%C3%A9gu%C3%A9-aux-transports-mettre-fin-aux-fonctions-de-m-guillaume-p%C3%A9py-pdg-de-la-sncf-dans-son-int%C3%A9r%C3%AAt-ainsi-que-dans-l-int%C3%A9r%C3%AAt-des-clients-de-la-sncf?recruiter=78366884&utm_campaign=mailto_link&utm_medium=email&utm_source=share_petition

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Expéditeur
Philippe NOVIANT

Destinataire
M. Frédéric Cuvillier
Ministre délégué aux transports
Grande Arche
Tour Pascal A et B
92055 La Défense CEDEX

    Moirans le 20 Juillet 2014


    Monsieur le Ministre délégué aux transports,

    Suite aux doubles drames de Brétigny l'année dernière et Pau cette année, vous conviendrez aisément que l'on ne peut pas conserver un Président directeur de la SNCF avec un tel sinistre palmarès.

    Monsieur Guillaume Pépy, car c'est de lui dont il s'agit, a montré et démontré qu'il n'était pas homme de la situation pour gérer la sécurité de son entreprise. La SNCF a besoin de moyens pour assurer la sécurité de son personnel et de ses clients. Las, la faible charge de travail du personnel de la SNCF (160 jours de travail effectif par an), le fait que ce personnel parte en retraite à 57 voire 52 ans, ne peut se combiner à une augmentation de recrutement du personnel en sachant que la SNCF est déficitaire tous les ans et doive bénéficier des subsides publics pour vivre.

    La SNCF doit donc travailler à moyens constants mais substantiellement augmenter ses résultats en matière de sécurité. Ce travail en matière sécuritaire n'a pas été fait par M. Guillaume Pépy ces dernières années. Il n'y a aucune raison pour que ce travail puisse être réalisé en toute sérénité ces prochaines années par un même dirigeant.

    Au-delà même des mises en examen de M. Guillaume Pépy dans les dossiers sus-cités, je pense qu'il est préférable de mettre immédiatement fin à ses fonctions dans son intérêt (afin qu'il puisse préparer sa défense) et dans l'intérêt de l'entreprise à défendre l'intégrité physique de son personnel et de ses clients.

    Je vous saurais donc gré de bien vouloir mettre fin aux fonctions de M. Guillaume Pépy, ce le plus vite possible, dans l'intérêt de tous.

    Veuillez agréer, Monsieur le Ministre délégué aux transports, l'expression de mes salutations distinguées.


Philippe NOVIANT

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Parti Renouveau Politique

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Publié le 22 Juillet 2014

tapieOn n'arrête décidément pas les révélations dans l'affaire Tapie. On est de plus en plus sûr qu'il y a bien eu escroquerie, ce, au détriment du contribuable, puisque c'est lui qui a payé la note à l'arrivée. Sarkozy et Lagarde trempent dans cette affaire. Donc, même si l'on se focalise sur les juges, il ne faudra pas oublier ces sombres individus dans l'avenir.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 Novembre 2013

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Les juges et le " simulacre " de l'arbitrage Tapie
Les enquêteurs détiennent de nouveaux éléments contre l'ex-arbitre Pierre Estoup, auditionné lundi 4 novembre

L'ancien magistrat Pierre Estoup, cheville ouvrière de l'arbitrage Tapie, déjà poursuivi pour " escroquerie en bande organisée ", était à nouveau convoqué, lundi 4 novembre, pour être mis en examen pour " faux en écriture privée ", par les juges Serge Tournaire, Guillaume Daïeff et Claire Thépaut. Ces magistrats enquêtent sur l'arbitrage - qu'ils qualifient de " simulacre " - ayant permis à Bernard Tapie de percevoir 405 millions d'euros, en juillet 2008, dans le cadre de son litige avec le Crédit lyonnais. Les magistrats disposent de nouveaux éléments, qu'ils estiment de nature à remettre en cause l'arbitrage.

Ces éléments sont synthétisés dans un procès-verbal de la brigade financière du 4 octobre qui récapitule les honoraires perçus en qualité de consultant par Pierre Estoup de 1992 à 2013. Un tableau qu'ils ont pu établir après avoir perquisitionné le domicile de l'ancien magistrat, à Thionville (Moselle). Les policiers ont constaté que M. Estoup avait touché, " sur la période 1997-2006(...), 808 987 euros d'honoraires relatifs à des dossiers liés à Mes Maurice Lantourne et Francis Chouraqui ", avocats ayant oeuvré ou étant toujours au service de Bernard Tapie. La brigade financière conclut que " ce montant représente 42,38 % du chiffre d'affaires de Pierre Estoup " sur cette période.

Or, pour être désigné juge arbitral, Pierre Estoup avait dû signer le 16 novembre 2007 une déclaration d'indépendance, comportant une " obligation de révélation étendue " certifiant qu'il n'était pas lié aux parties en présence. Les magistrats estiment que M. Estoup a donc sciemment menti, au moins par omission, lors de sa désignation. C'est ce qui fonde notamment le réquisitoire supplétif accordé aux juges par le parquet de Paris, le 21 octobre, leur permettant d'enquêter sur des faits de " faux et usage de faux ". Ce procès-verbal pourrait aussi permettre à l'Etat de conforter sa démarche d'annulation de l'arbitrage.

Pourtant, dans un entretien accordé aux Echos du 4 novembre, M. Tapie assure : " Pierre Estoup, je ne l'avais jamais vu avant l'arbitrage. " Les magistrats en doutent fortement. Comment expliquer dans ce cas les 808 987 euros perçus par le juge arbitre en neuf ans, auprès des avocats de Bernard Tapie ? Il y a aussi cette mention, dans son agenda 2006, évoquant à la date du 30 août, à 15 heures, un rendez-vous " Tapie ". M. Estoup assure aujourd'hui qu'il n'était pas en France ce 30 août. " J'affirme ne pas avoir rencontré Bernard Tapie ", dit-il aux juges, le 22 octobre.

Dès le lendemain, pourtant, le 31 août 2006, un collaborateur de Me Lantourne (conseil de M. Tapie) adressera une note à l'homme d'affaires indiquant que " l'arbitrage est la seule procédure " à mettre en oeuvre. " Il ne faut pas attendre pour mettre en place, confidentiellement, la procédure ", poursuit la note. De fait, le 8 septembre 2006, l'agenda de Me Lantourne mentionne une rencontre avec M. Estoup. Les 5 et 12 septembre 2006, plusieurs documents ayant trait à la procédure Tapie sont adressés à M. Estoup, qui dit ne pas les avoir reçus. " Vous les avez fait disparaître ", interrogent les juges ? " C'est votre hypothèse ", répond M. Estoup.

Mais il y a surtout cette dédicace troublante, rédigée par Bernard Tapie en juin 1998, et trouvée en perquisition dans la bibliothèque de M. Estoup : " Votre soutien a changé le cours de mon destin. " Aux juges, M. Estoup explique avoir simplement donné son avis sur une éventuelle " confusion de peine " qui aurait pu être accordée à M. Tapie, alors visé par de nombreuses poursuites judiciaires. Sauf que cette confusion de peine est intervenue le 10 mars 1999. Et la dédicace personnalisée de M. Tapie est datée du 10 juin 1998, soit neuf mois plus tôt...

Les enquêteurs formulent une autre hypothèse. Ils relient cette dédicace à une décision rendue le 4 juin 1998 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dans l'affaire des comptes de l'OM. La 5e chambre était alors présidée par Franck Lapeyrère, et, selon les juges, " cette décision a pu être qualifiée de clémente " dans la mesure où Bernard Tapie échappait à la peine de prison ferme prononcée en première instance.

Les magistrats se sont donc penchés sur le passé de M. Lapeyrère. Ils ont découvert un courrier, adressé par M. Estoup le 5 décembre 1983 à la direction des services judiciaires et recommandant chaudement la nomination comme vice-président au tribunal de Nancy de M. Lapeyrère. M. Estoup était alors président du même tribunal, et il parlait de M. Lapeyrère comme de l'un des " éléments les plus brillants " de sa promotion. Donc, c'est avéré, Pierre Estoup et Franck Lapeyrère se connaissaient très bien. M. Estoup, qui travaillait alors pour Me Chouraqui, avocat de M. Tapie, a-t-il tenté d'utiliser cette proximité avec son collègue pour influer sur le sort judiciaire de l'homme d'affaires ?

Entendu une première fois par les policiers en juin, M. Lapeyrère s'était déjà souvenu de deux visites de M. Estoup à Aix-en-Provence. " M. Estoup a essayé de me voir avant que l'affaire ne vienne à l'audience ", s'était-il rappelé. Il disait ne pas avoir donné suite. Interrogé cette fois par les juges le 18 octobre, M. Lapeyrère a été plus précis : il pense que le premier déplacement de M. Estoup à Aix-en-Provence se situait " quinze jours avant le début de l'audience ". M. Estoup dément avoir voulu influencer son collègue : " C'est une coïncidence (...). Je ne savais pas que Franck Lapeyrère allait présider l'audience des comptes de l'OM ", a-t-il indiqué aux juges.

Les enquêteurs demeurent circonspects. D'autant que M. Lapeyrère leur a confié avoir reçu une autre visite, avant l'audience cruciale, celle de deux hommes, dont un avocat parisien, venus évoquer le cas de M. Tapie : " Au vu des photographies de Me Chouraqui, cette personne pourrait être celle qui s'est présentée comme l'avocat parisien de Bernard Tapie... (...). Je lui ai dit que cette démarche n'était pas opportune. "

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

    La " troublante " démarche de M. Estoup auprès de Total

    Dans le cadre de leurs investigations sur Pierre Estoup, les enquêteurs s'intéressent à un litige commercial ayant opposé Total à l'entreprise Lutin - défendue par Me Francis Chouraqui, ex-avocat de Bernard Tapie. La société, immatriculée aux îles Vierges, prétendait avoir contribué au développement de champs pétrolifères au Nigeria et réclamait à Total 20 millions de dollars... par l'intermédiaire de M. Estoup.

    Directeur juridique de Total, Peter Herbel a expliqué aux policiers qu'" en 2004, il y a - eu - une intervention de M. Estoup auprès de nous pour soi-disant trouver une transaction (...). Il a dit qu'il allait régler le litige si on suivait ses préconisations. M. Estoup a dit un certain nombre de choses que nous avons prises pour du chantage. Il nous a fait comprendre que si nous n'acceptions - pas - ses propositions, nous n'aurions plus de concessions au Nigeria. "

    Juriste chez Total, Séverine Bréjon a confirmé ces faits. Elle a ajouté, à propos de M. Estoup, que l'affaire Tapie lui rappelait " le dossier Lutin et le caractère troublant de sa démarche dans ce dossier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Juillet 2014

2826be1dL'équité entre salariés impose que l'on ait un régime unique d'indemnisation concernant le chômage. D'autant plus que le régime de l'intermittence crée lui même de la précarité : en échange du statut, l'employeur impose de la précarité à son personnel, indemnisé avec l'argent du contribuable.

On ne peut pas susciter de l'intérêt à quelqu'un pour rester au chômage ! C'est honteux pour l'ouvrier qui se lève tôt et qui aurait pu choisir de faire le beau sur les planches pour bénéficier d'un régime chômage sur le dos de la collectivité ! On peut avoir des artistes sans avoir ce régime. Si la culture participe à ce point au PIB, elle doit être viable. On peut lui accorder des prêts à 0% pour qu'elle puisse vivre, mais il ne faut pas la verser dans l'assistanat, car on n'en a plus les moyens !

Je préfère voir 320 Millions à financer la construction de deux hôpitaux qu'à payer des gus à danser sur une scène : a bon entendeur !

Cette situation ne peut pas durée car elle brise l'obligation d'équité entre les salariés et elle accroit de facto le déficit de l'Etat qui n'a pas besoin de cela pour être abyssal !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Mars 2014

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CULTURE | CHRONIQUE
Les intermittents et l'eau du bain

C'est reparti pour un tour. On veut parler de la bataille des intermittents du spectacle. Dix ans qu'elle dure… D'un côté, des techniciens ou artistes qui répètent que leur emploi est précaire, flexible, spécifique, ce qui justifie des indemnisations-chômage plus avantageuses que celles du salarié classique. De l'autre, le Medef qui n'entend rien à ces " privilèges ". Au point que, le 12 février, il a demandé la suppression pure et simple du régime spécial des intermittents au motif qu'il coûte trop cher à la collectivité et que les comptes de l'Unedic, donc de l'Etat, sont en péril.

Quand on se souvient de 2003, on se dit que 2014 sera chaude. Cette année-là, un accord a fait perdre quelques plumes aux intermittents, ce qui provoqua de leur part un sacré bazar : grèves, longues AG, spectacles annulés, locaux occupés, débats passionnés, insultes, festivals perturbés dont celui d'Avignon. Le ministre de la culture d'alors, Jean-Jacques Aillagon, fit les frais de ce tourbillon. Qui servit au moins à une chose : les Français ont découvert ce qu'était un intermittent du spectacle, son statut, ses liens complexes entre travail et chômage.

On découvrit le profil utile de l'intermittent, mais aussi sa face un peu agaçante. Par son intransigeance, son comportement de citadelle assiégée, le refus de voir les abus commis par une petite partie, l'intérêt qu'il a parfois à rester au chômage. A écouter certains aussi, un pays sans intermittents ne pourrait offrir une culture digne de ce nom. Faux. Un rapport du Sénat vient justement de montrer que l'Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni ou l'Italie, n'ont pas d'intermittents, ce qui ne les empêche pas de bénéficier d'artistes et de spectacles dynamiques (Etude de législation comparée n° 241, décembre 2013).

Certains intermittents vont même jusqu'à nier que leur régime chômage pèse sur les caisses de l'Etat. Bien sûr qu'il pèse. Un milliard d'euros, a-t-on dit. Sans doute le bon chiffre est celui de 320 millions. Si les intermittents rejoignent le régime général, comme le rêve le Medef, on arrive à cette somme. Qu'il faut également nuancer. Car si tous les intermittents entraient dans le " droit chemin ", on peut parier qu'un paquet n'arriveraient plus à vivre de leur métier du spectacle, et devraient en trouver un autre.

Il se dit que le Medef est prêt à lâcher du lest. Qu'il souhaite en tout cas discuter avec l'Etat. Ce qui n'est pas vraiment un cadeau pour le ministre de la culture. On l'a vu avec Jean-Jacques Aillagon. Avant de quitter ce même poste, en mai 2012, Frédéric Mitterrand, avait eu cette formule sur France Inter  à propos d'un dossier sur lequel il était resté transparent : " Je laisse le bébé à mon successeur, qui sera très heureux de s'en occuper. " Aurélie Filippetti, au contraire, se démène beaucoup sur ce dossier. Il est vrai qu'après avoir dû accepter un budget en baisse – inédit pour une ministre de gauche – elle ne peut abandonner les intermittents. Elle n'a du reste pas fait dans la nuance dans un entretien au Parisien, le 16 février, accusant le Medef de vouloir " tuer la culture " et de présenter les intermittents " comme des parasites ".

" Dérive massive "

C'est à se demander qui aura la formule la plus assassine. Dans les deux camps. Ainsi la Cour des comptes, dans son rapport 2012, épinglait une " dérive massive " des intermittents. Et maintenant c'est Jean-François Pilliard, du Medef, qui déclarait le 17 janvier, qu'" un régime d'assurance chômage n'a pas vocation à financer la politique culturelle de la France ". Sur ces bases-là, il n'y a en effet plus que deux solutions : tirer un trait sur le système, ou demander au ministère de la culture de payer le " surcoût de ce traitement plus favorable ".

Ce qui frappe, au-delà des effets de manche, c'est que la question des intermittents du spectacle semble désormais analysée uniquement en fonction des chiffres, des coûts, des courbes. Par exemple, Mme Filippetti salue des travailleurs qui " contribuent à un secteur représentant 3,2 % du produit intérieur brut ". Approche louable mais fragile. D'abord parce que les économistes divergent fortement sur l'apport réel de la culture au PIB. Et puis les millions de touristes viennent à Paris plus pour le Louvre, Versailles ou Chambord, où il n'y a pas d'intermittents, que pour une adaptation du Soulier de Satin, de Claudel à Avignon.

Et comme l'époque est dure, il est légitime de se demander pourquoi, alors qu'il n'y a jamais eu autant de chômeurs en France, un musicien bénéficierait-il d'un chômage plus avantageux que le salarié lambda. La meilleure réponse est venue de Laurence Parisot, dans Les Echos, le 24 février. L'ancienne patronne du Medef est allée sur un terrain où on ne l'attendait pas : " La question des intermittents du spectacle est loin d'être un simple problème comptable (…). Parce qu'elle est mystérieuse, imprévisible, fragile et puissante à la fois, l'offre culturelle n'est pas une offre économique comme les autres. Elle a cela de spécifique qu'elle est notre bien commun. Elle parle de nous. "

Le débat est bien là. Nous pouvons très bien nous détourner des intermittents. A condition de savoir quel modèle de société nous voulons, avec quelle place pour la culture. On sait par exemple que l'offre en concerts, pièces ou ballets a été multipliée par quinze en France depuis trente ans, ce qui explique aussi la croissance exponentielle des intermittents. lls étaient 9 060 allocataires en 1984, 41 038 en 1991, ils sont aujourd'hui 106 000. On peut estimer qu'il y a trop de spectacles, donc trop d'intermittents et trop de déficits. On peut penser le contraire et qu'une société comme la nôtre doit faire cet effort. A chacun de se déterminer.

par Michel Guerrin

guerrin@lemonde.fr

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Juillet 2014

ArbreIl faut arrêter de considérer notre planète comme une poubelle ! Cette politique d'enfouissement des déchets est intolérable car elle est polluante ! Le risque zéro n'existe pas en effet pour que tous ces poisons ne s'échappent de leur gangue à terme !

Il faut donc arrêter de prendre notre Terre pour une poubelle et sortir ces déchets pour les traiter afin qu'ils ne polluent plus. Les nappes phréatiques, si elles sont touchées, engendreront une pollution massive inacceptable pour les populations. Les promesses économiques ne peuvent jamais compenser des pertes irrémédiables sur la nature. Il faut donc agir et vite !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Mars 2014

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Casse-tête toxique
Quelque 44 000 tonnes de déchets dangereux sont enfouies dans une ancienne mine du Haut-Rhin, qui se révèle instable. Déstockage ou confinement : que faire de cette bombe à retardement ?
Wittelsheim (Haut-Rhin) Envoyée spéciale

En une minute et demie, la cage d'ascenseur du puits Joseph avale les 550 mètres de profondeur dans un grincement de ferraille et de bois. Lampe frontale sur le casque, autosauveteur à oxygène en bandoulière, les mineurs parcourent les 100 km de galeries de l'ancienne mine de potasse Joseph-Else, creusée dans le sous-sol de Wittelsheim (Haut-Rhin). Direction non pas la taille de sel mais les cavités où dorment du mercure, de l'arsenic, du cyanure et de l'amiante. Là, 44 000 tonnes de déchets industriels ultimes, non recyclables et hautement toxiques, gisent dans un centre de stockage unique en France, StocaMine.

Autant dire un casse-tête environnemental. Après onze ans d'inactivité, le site doit aujourd'hui être définitivement fermé. A partir du 1er avril, une partie de ces déchets sera remontée à la surface tandis que le reste sera confiné. Alors on s'active sous terre : une immense machine racle les sols, soulevant une épaisse poussière salée, tandis qu'un tractochargeur transporte les minerais et déblais. " Il faut agrandir les galeries, aplanir les sols, renforcer les soutènements, installer des lampes et des téléphones de secours avant de commencer à déstocker, énumère Alain Rollet, PDG de StocaMine. Ces opérations sont dangereuses : le risque minier se cumule au risque toxique, sans oublier que la mine est classée comme épisodiquement grisouteuse. "

D'autant qu'il y a urgence : les galeries commencent à s'affaisser, sous l'effet de la pression due au creusage. A certains endroits, les toits (" plafonds " dans le jargon minier) se sont effondrés, rendant quasi impossible l'accès aux colis de déchets, dont certains sont probablement percés ou éventrés. D'autres se corrodent sous l'effet de la chaleur.

" Plus on attend, et plus il sera difficile de récupérer les colis, s'inquiète Yann Flory, porte-parole du collectif Déstocamine, qui fédère ONG et syndicats en faveur du déstockage total. Les experts sont certains que la nappe phréatique la plus grande d'Europe sera bientôt touchée, car l'eau s'infiltre et ruisselle vers les déchets. Le temps presse. "

Une fébrilité souterraine à laquelle fait écho, en surface, une grande perplexité. Car StocaMine est une bombe à retardement dont la population locale craint à tout moment l'explosion. En décembre 2012, la ministre de l'écologie de l'époque, Delphine Batho, a ordonné le retrait de 11 % des déchets, dont 56 % des éléments mercuriels, et le confinement du reste du site. Mais, sous la pression des élus alsaciens, tous bords politiques confondus, ainsi que des ONG, la ministre a relancé le débat, six mois plus tard, en organisant une procédure de concertation publique.

Les habitants ont eu jusqu'au 15 février pour se prononcer. En jeu : cinq options de fermeture s'échelonnant de la sortie des 11 % de déchets – l'opération en cours – à l'extraction de la quasi-totalité du rebut. Selon les scénarios, le coût du déstockage varie de 84 à 150 millions d'euros, et sa durée de sept à onze ans. " Une large majorité de la population demande à sortir la totalité des déchets ", révèle Henri Watissée, le garant de la concertation. D'ici à la fin de l'année, lorsque toutes les enquêtes seront achevées, les ministres chargés du dossier, Philippe Martin à l'écologie et Arnaud Montebourg au redressement productif, devront arbitrer et sceller le sort de StocaMine.

A la fin des années 1980, pourtant, quand l'idée d'un centre d'enfouissement souterrain des déchets est avancée, rares sont ceux qui s'y opposent. A cette époque, la production de potasse, fleuron industriel de la région, commence à battre de l'aile. Le chlorure de potassium, utilisé pour fabriquer des engrais, devient trop cher à extraire en Alsace et le bassin minier n'emploie plus que 2 000 personnes contre plus de 12 000 durant son âge d'or des années 1960.

" Le projet offrait aux gars une reconversion et permettait d'éviter qu'ils ne pointent tous au chômage ", raconte Etienne Chamik, ancien mineur et délégué CFDT. L'homme, dont les yeux vifs ne trahissent pas ses trente-deux années passées " au fond ", égrène les promesses de StocaMine : 250 postes créés, la rénovation de la salle des fêtes et même l'ouverture d'un pôle de recherche sur l'environnement. " Le centre de stockage s'est implanté sans difficulté, lâche-t-il, fataliste. Les gens étaient redevables à la mine. "

Et puis l'Allemagne offrait un exemple rassurant. Depuis deux décennies, les voisins d'outre-Rhin stockaient leurs déchets ultimes dans leurs mines de potasse. Ce minerai imperméable a horreur du vide : sous l'effet de la pression, il se referme sur les cavités creusées, offrant ainsi un confinement naturel. Pour emporter définitivement l'adhésion de la population, l'arrêté préfectoral de 1997, qui autorise le stockage pour une durée maximale de trente ans, introduit la notion de réversibilité. En cas de non-conformité ou d'incident grave, les déchets devront être retirés.

StocaMine ouvre finalement ses portes en février 1999, sous la forme d'une filiale de l'entreprise publique des Mines de potasse d'Alsace (MDPA). En trois ans, 19 500 tonnes de déchets de classe 0, les plus dangereux (mercure, arsenic, cyanure, etc.), sont entreposés au fond de la mine, conditionnés en fûts métalliques de 250 kg et big bags (" gros sacs ") d'une tonne. Pour éviter toute réaction chimique non contrôlée, 24 500 tonnes de résidus d'incinération et d'amiante, de classe 1, sont également descendus dans les alvéoles.

Mais le rêve de stockage propre tourne court très vite. En septembre 2002, un incendie survient dans le bloc 15. " 472 big bags contenant des engrais et du soufre, hautement inflammables, ont été entreposés sans autorisation ", raconte Yann Flory. Il faudra trois jours pour maîtriser le feu et trois mois pour évacuer les émanations toxiques. Alors que 74 mineurs sont intoxiqués, le PDG de l'époque est condamné à quatre mois de prison avec sursis, et StocaMine à 50 000 euros d'amende. Elle ne s'en relèvera pas : le centre, qui n'a jamais été rentable, ferme ses portes en 2003, emportant avec lui les MDPA. Il n'aura embauché que 24 personnes.

La confiance de la population est brisée. " On ne peut plus les croire ", déplore Raoul Schmitt, qui vit depuis toujours dans la cité ouvrière Graffenwald, à deux pas de StocaMine. Dans ce quartier, tout le monde ou presque a un parent mineur. L'accident, les habitants l'ont ressenti jusque dans leurs chairs. " J'avais des maux de tête, puis j'ai vu une colonne de fumée verte et bleue qui sortait des puits. Quand j'ai demandé ce qu'il se passait, on m'a répondu qu'il n'y avait pas de danger, que des palettes brûlaient, dit-il avec amertume. Au même moment, mon beau-frère était au fond. " Depuis, ce mécanicien plaide en faveur du déstockage total des déchets, à l'instar de ses voisins.

" Je serais rassuré si on enlevait tous les déchets et qu'on dépolluait le site ", confirme François Elsaesser, l'un des plus anciens habitants du quartier, en pointant les chevalements de la mine à travers ses baies vitrées. Tandis que son dernier enfant, âgé de 4 ans, s'amuse dans le salon, il dit craindre des " émanations toxiques " mais surtout " le risque de pollution de la nappe phréatique ".

En 2010, après des années de statu quo, le ministère de l'écologie relance finalement le dossier, en commandant des rapports sur la fermeture et en mettant sur pied un comité de pilotage (Copil) composé de treize experts. Les scientifiques mettent au jour les dangers du stockage. " On a mesuré que 100 000 m3 d'eau rentrent chaque année par les parois extérieures des quinze puits, explique Jean-Claude Pinte, chef de projet StocaMine pour l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). D'ici trois cents ans, l'eau noiera la mine, avant de parvenir à la nappe phréatique, chargée en éléments toxiques. " Dans le même temps, les parois, le plafond et le sol des galeries se referment à raison de 2 cm par an.

En dépit de ces certitudes, la bataille fait rage entre les experts sur les modalités de fermeture. L'Ineris se prononce en faveur du confinement illimité des déchets. Pierre Toulhoat, son directeur scientifique, explique : " En posant des bouchons de bentonite - mélange d'argile et de sable - devant les puits, on retarde de sept cents ans la sortie de la saumure contaminée. Les éléments les plus dangereux, notamment le mercure, atteindront la nappe à un débit très faible, ce qui permettra d'avoir des concentrations inférieures aux normes réglementaires. "

Selon l'institut, le déstockage total présente à l'inverse des risques importants : intoxication des travailleurs, contamination atmosphérique, accident pendant le transport et pollution autour du centre de stockage allemand – les déchets de StocaMine doivent rejoindre le site de Sondershausen, dans l'est du pays.

" Il est possible d'assainir un site sans mettre en danger les travailleurs ", rétorque Marcos Buser, géologue suisse et spécialiste reconnu des déchets spéciaux et nucléaires. Cette voix dissidente du Copil assure l'avoir fait à Saint-Ursanne, dans le Jura helvétique, et se targue d'être le seul expert sur le dossier StocaMine à jouir de cette expérience. " Mais il est impossible d'établir des modèles crédibles sur l'ampleur de la pollution de la nappe phréatique à long terme, dit-il. La sécurité n'est pas garantie pour les générations futures. "

Ces convictions, qui résonnent positivement à l'oreille des populations, élus et ONG, suscitent l'agacement et un brin de condescendance des autres experts. " Les déchets étaient moins dangereux et la mine, du calcaire, et non du sel. Cela n'a aucun rapport ", lâche un ingénieur. " C'est dangereux, idiot et surtout cher de vouloir tout sortir, renchérit Alain Rollet, le PDG de StocaMine, polytechnicien et ancien directeur des Charbonnages de France, que l'Etat a tiré de sa retraite pour liquider le centre de stockage. Je propose à l'Etat le scénario le moins cher. Car, au final, c'est vous, contribuables, qui allez payer. "

Audrey Garric

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Juillet 2014

Cope-PourriM. Copé est, sans conteste, une pourriture née ! Après ses tricheries sur le vote à l'UMP, M. Copé remet donc le couvert et privilégie ses amis au détriment même de son camp ! C'est ce que l'on appelle de la traitrise car elle se fait aux détriments du militant UMP, suffisamment crétin pour ne pas s'offusquer de ces frasques honteuses ! En ne s'offusquant pas, les militants valident l'attitude 'tous pourris' !

En plus, M. Copé se permet de revendre des biens de l'Etat en graissant ses amis au passage !

'Tous pourris' ? Je ne sais, mais je sais que Copé l'est !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Mars 2014

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Copé fragilisé, l'UMP en proie à ses démons
Mis en cause par l'hebdomadaire " Le Point ", le patron du parti de droite dénonce " un coup tordu "

Un coup tordu ", " un tissu d'amalgames et de mensonges ". Toute la journée de jeudi 27 février, Jean-François Copé a contre-attaqué, se posant en victime " d'une manipulation " ourdie par Franz-Olivier Giesbert, patron du Point qui serait " parti en croisade " contre lui. La voix blanche, le patron de l'UMP décortique la longue enquête de l'hebdomadaire qui met en cause Bygmalion, la société de communication fondée par deux de ses anciens collaborateurs, Bastien Millot et Guy Alves.

Selon l'hebdomadaire, l'agence aurait surfacturé l'organisation des meetings de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 pour monter " une machine de guerre " électorale à son profit. Huit millions d'euros auraient été récoltés.

Les soupçons ne sont pas nouveaux. En 2012, LeCanard enchaîné avait relevé les importants contrats consentis par l'UMP à cette société. En interne, François Fillon avait tenté en vain, à l'été 2013, d'obtenir la transparence sur les comptes. Au plus fort de la guerre Copé-Fillon, le trésorier de l'UMP, Dominique Dord, avait démissionné en dénonçant un " mélange des genres effarant ".

" On est sur un truc malsain ", riposte Jean-François Copé, joint par LeMonde, qui souligne dans l'enquête du Point des " mélanges ", des " confusions, par exemple sur le montant de la dette de l'UMP ". Suit un vif démenti sur la partie la plus nouvelle de l'enquête : la vente à des Qataris, en 2007, de l'Hôtel Kinski et du centre Kléber, deux biens qui appartenaient à l'Etat, du temps où M. Copé était à Bercy.

" Jamais de ma vie je ne me suis intéressé à aucun secteur immobilier. Cela relevait de la compétence exclusive de France Domaine ", rétorque-t-il. Selon Le Point, la vente du centre Kléber se serait faite par l'intermédiaire de l'homme d'affaires Emmanuel Limido, aujourd'hui " investisseur fantôme " de Bygmalion.

L'affaire cueille le président de l'UMP en pleine campagne des élections municipales. Elle le touche mais ne le coule pas. Démentant tout en bloc, Jean-François Copé veut continuer son tour de France, " travaille " à la plainte pour diffamation qu'il assure vouloir déposer contre l'hebdomadaire, et écrit aux militants pour les chauffer contre " l'acharnement d'une certaine presse sans déontologie " qui les viserait, lui et Nicolas Sarkozy.

Avant d'envoyer jeudi soir sa missive, Jean-François Copé s'est assuré de la neutralité des ténors du parti. " La droite fait bloc, c'est l'union sacrée, se réjouit-il. A trois semaines du premier tour - des municipales - , personne, à l'UMP, n'a intérêt à déterrer la hache de guerre. " Les militants ne le comprendraient pas, assure un proche de François Fillon. " Le FN en a suffisamment pour son compte ", complète un juppéiste qui craint l'exacerbation du " tous pourris ".

Lundi soir, lorsqu'il a su que Le Point allait publier l'enquête, Jean-François Copé a réservé son premier coup de téléphone à Nicolas Sarkozy qui, peu disposé à descendre dans l'arène, se serait contenté de lui répondre : " Qu'est ce que tu veux, il - Franz-Olivier Giesbert - fait pareil avec moi. "

Le lendemain matin, le patron de l'UMP a joint son grand rival François Fillon pour qu'il fasse preuve de solidarité. En visite au Salon de l'agriculture, l'ancien premier ministre joue le jeu. " Pour moi, ce n'est pas un sujet, répond-il aux journalistes. Jean-François m'a dit qu'il démentait, je n'ai pas de raison de ne pas le croire. " Sur RTL, l'autre ancien premier ministre Alain Juppé se montre encore plus direct. " Je lui fais confiance pour faire valoir sa bonne foi ", affirme le maire UMP de Bordeaux, avant d'ajouter que " si c'est faux ", cela ne déstabilisera pas le parti.

Tout est dans le " si " car, au même moment, le filloniste Lionel Tardy alimente les soupçons. Dans un tweet, le député de Haute-Savoie assure qu'à l'UMP " tout le monde savait ". Et de dénoncer " les coûts stratosphériques de meetings de la campagne présidentielle ". Cette fois, c'est au tour de Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet du président de l'UMP, d'annoncer qu'il porte plainte, à titre personnel, contre le député.

Mais Lionel Tardy est intarissable. Rappelant le " Sarkothon " de l'été 2013, l'élu déplore qu'il ait " fallu demander une participation financière aux militants " pour combler le trou de 11 millions d'euros creusé par le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. Dans la foulée, Laurent Wauquiez, vice-président de l'UMP, réclame la transparence. " On la doit aux militants ", insistent il.

De nouveau, les couteaux s'aiguisent. Si aucun des concurrents de Jean-François Copé ne préjuge des suites judiciaires de l'affaire Bygmalion, tous soulignent le ternissement de son image : " Copé soupçonné d'avoir volé Sarko, c'est lourd ", souligne un filloniste. " Il avait l'image d'un tricheur, le voilà sulfureux ", appuie un proche de Nicolas Sarkozy. Le patron de l'UMP espérait pouvoir se refaire une santé à l'occasion des municipales. Il risque désormais sa peau en cas d'échec aux européennes. " L'affaiblissement du parti est un vrai sujet ", estime un candidat à la primaire. Dès juin, la guerre devrait repartir de plus belle.

Françoise Fressoz

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Juillet 2014

mathias.jpgC'est un véritable drame que cette histoire ! Sous de simples prétextes futiles administratifs, un homme a perdu la vie... Perdu la vie car on ne savait pas le mettre dans la bonne case. Le temps que l'administration avec sa lourdeur s'en saisisse, le mal était fait et l'homme en est mort...

Il est inadmissible que dans un pays comme le nôtre on puisse mourir pour de motifs aussi futiles !

Je relaie donc cet appel.

Par contre, je ne suis pas d'accord avec le souhait que le message ne puisse être repris politiquement. Le rôle de la politique se doit d'être au service de l'intérêt général. Le politique doit donc reprendre ce fait pour améliorer la société car c'est son travail !

Ceci dit, quand on voit l'image désastreuse qu'offre le politique actuellement, on ne peut en vouloir à cette dame d'être méfiante envers certains politiques. Ce n'est cependant pas une raison pour mettre tout le monde dans le même sac...

Un article du site internet du NouvelObs daté du 05 Juillet 2014

Le blog de Mathias est situé sur ce site : http://pourmathiasunecarteetaitvitale.com/

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Plus de Sécu, pas assez l'insuline... J'avais un fils. Pour lui, la carte était vitale
Publié le 05-07-2014 à 15h57 - Modifié à 16h09

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Temps de lecture Temps de lecture : 6 minutes

Avatar de Véronique Picard
Par Véronique Picard
Mère de Mathias
LE PLUS. Mathias est décédé en février à l'âge de 27 ans. Diabétique insulinodépendant, il n'a pas pu bénéficier d'un suivi nécessaire suite à de nombreux dysfonctionnements administratifs. C'est ce que dénonce sa mère, Véronique Picard, qui a lancé un appel à témoignages pour les étudiants en fin de droits de sécurité sociale. Témoignage.

Édité et parrainé par Rozenn Le Carboulec

Mathias Picard, diabétique insulinodépendant, est décédé à 27 ans (DR)

Mon fils Mathias a intégré la fac sur le tard, il avait un don pour l’écriture mais il se cherchait encore. C’est après un long séjour au Danemark pour perfectionner son anglais qu’à son retour, il s’est inscrit à l’université de Rennes. Il ne voulait pas entendre parler de Paris où j’habite, préférant vivre dans une ville à taille plus humaine.

Il avait gardé du Danemark le souvenir d’un pays où tout coule de source, où les démarches administratives sont simplifiées, bref où les gens ne cherchent pas midi à quatorze heures et cela lui convenait, il privilégiait les relations humaines fiables et sincères, sa parole donnée faisait office de signature et sa confiance accordée était indéfectible. Il me disait souvent qu’éventuellement, il ne lui déplairait pas de retourner au Danemark pour y vivre.

À l'été 2012, il a choisi d’arrêter ses études, Mathias avait l’âme d’un autodidacte et il voulait devenir journaliste. Il s’est alors installé en Normandie où réside notre famille. Mais avant de trouver un emploi dans la presse, il voulait travailler, financièrement il en avait besoin... Il s’est donc inscrit à Pôle Emploi.

N'étant plus à la fac, sa Sécurité sociale étudiante s'est arrêtée en janvier 2013. Et c'est là que tout a basculé...

Mon fils était complètement sorti du système

Depuis l’âge de 4 ans et demi, Mathias était diabétique insulinodépendant. En France, quand on a une maladie dont la vie dépend, on est pris en charge à 100%. C'était le cas pour lui depuis toujours, nous n’avions jamais eu à nous soucier de quoi que ce soit pour ses soins quotidiens et pour le suivi de sa maladie qui n'est pas handicapante quand elle est traitée et bien surveillée.

Mathias a donc immédiatement déposé un dossier à la Sécurité sociale, il a attendu deux mois, pas de réponse. Je les ai moi-même appelés, la situation devenant inquiétante pour son suivi médical. Après quoi, mon fils a demandé à voir un conseiller qui lui a dit qu’il était sorti de leur fichier et donc qu’il n’était plus considéré comme diabétique !

Un nouveau formulaire à remplir lui a été remis. Il était complètement sorti du système... Pas de couverture sociale, donc pas de possibilité de trouver un travail.

Pour compliquer encore plus la situation, pendant ses études il avait fait des petits jobs ponctuels pour la mairie de Paris et ça les embrouillait encore plus... La mairie de Paris a un statut à part qui ne dépend pas de la CPAM. Même les petites indemnités chômage auxquelles il avait droit pour ce job d'étudiant, Pôle Emploi ne pouvait pas les prendre en charge, c'était à la mairie de Paris de le faire. Il les a obtenues, mais après quoi, il n’a pas pu récupérer le RSA, solution qui aurait pu être provisoire puisqu’il souhaitait avant tout travailler.

Mais tout fait boule de neige quand vous êtes pris dans les méandres de l'administration qui vous adresse des fins de non-recevoir : vous ne rentrez pas dans les cases, c'est pas moi c'est l'autre… Cependant nous restions confiants, on est en France et il demandait juste la carte verte, celle que l'on dit vitale...!

Et pour un diabétique elle l’est vraiment, sa vie en dépendait…

Il ne pouvait pas bénéficier du suivi nécessaire

Les mois passaient, il re-déposait des dossiers à la CPAM, mais toujours pas de réponse. Mon fils était complètement sorti des circuits. Il s’occupait en écrivant durant des journées entières ou en aidant mes parents dans l’entretien de leur jardin mais il tournait en rond, se sentait usé, le stress le gagnait chaque jour, et le stress ce n'est pas bon du tout pour le diabète.

Pendant ce temps, nous payions nous-même le médecin et l’insuline. Mais faute de Sécu, il n'avait plus le suivi nécessaire que tout diabétique doit avoir au moins une fois par an en hospitalisation de jour durant une semaine pour surveiller ses yeux, ses artères, son cœur... tout ce que le diabète peut abîmer.

Sa dernière hospitalisation datait de février 2012 au CHU de Rennes et nous étions déjà en août 2013.

Nous étions ensemble lorsque les JT ont parlé d’un homme qui s’était immolé devant sa CAF faute d’obtention du RSA pour des raisons administratives. Nous nous sommes regardés, c’est à ce moment-là que nous avons perdu confiance face au broyeur des dysfonctionnements de l’administration, avec l’impression d’essayer d’obtenir le laissez-passer A-38 dans la maison qui rend fou des "12 travaux d’Astérix"…

Plus de Sécu étudiante, pas de carte vitale...

Mon fils s’est donc rendu dans un centre d'action sociale, pour faire avancer ses démarches, mais là encore, son "cas" était trop complexe, plus de Sécu étudiante, pas de carte vitale, le statut de la mairie de Paris... Il leur demandait la lune !

Pour toute solution, ils lui ont remis un pass santé pour qu’il soit reçu gratuitement à l'hôpital. Nous pensions qu’il avait enfin une garantie de secours en attendant mieux, mais il n’a pas été reçu par un diabétologue, juste un médecin qui lui a prescrit de l'insuline, le minimum... Et toujours pas d'hospitalisation de jour.

En janvier 2014, ce médecin s'est enfin décidé à lui donner un rendez-vous pour le 26 février avec un diabétologue du CHU. Entre temps, début décembre, nous avions fait le point ensemble sur cette année terrible. Je lui ai proposé de garder son studio en Normandie pour son indépendance le week-end et de revenir sur Paris durant la semaine, où je lui avais trouvé des pistes de travail.

Mais avant de me rejoindre, Mathias voulais régler cette histoire de Sécu, il ne voulait pas rater un job faute d'une réouverture de ses droits à la santé...

Heureusement, pour une fois, il est tombé sur quelqu'un qui a tout compris : l'assistante sociale du CHU. Elle a réussi à débloquer l'imbroglio administratif de son dossier et à lui avoir un rendez-vous avec un responsable de la Sécurité sociale.

Mon fils s'y est rendu le vendredi 14 février, tous ses droits allaient être rouverts après plus d'un an de galère, il fallait juste attendre trois semaines pour que la carte soit validée, la vie s'ouvrait à nouveau devant lui et il avait immédiatement pris un rendez-vous en diabétologie dans un hôpital parisien pour le mois de mars.

"Pour avoir enfin une bonne reprise en main !", m’a t-il dit tout heureux.

Ce même jour, il s’est rendu au CHU via le pass santé pour que le médecin lui fournisse son insuline, mais celui-ci était en vacances... Aucune autre solution ne lui a été proposée avant une semaine.

L'absence d'examens a fait insidieusement son œuvre

En contrôlant son alimentation et en faisant de l'exercice pour économiser l'insuline qui lui restait, il a pensé qu’il pouvait tenir le week-end et se rendre aux urgences si jamais ça n'allait pas.

Le dimanche 16 en fin d’après-midi, il était en pleine forme, il était chez mes parents comme chaque dimanche et s’apprêtait à rentrer chez lui avec un steak salade pour tout repas, il plaisantait au téléphone, me rassurant en me disant qu’il irait aux urgences au cas où, et que mes parents lui avaient donné de l’argent si besoin. Je ne me suis pas inquiétée, mon fils avait toujours su gérer son diabète et c’était un jeune adulte responsable.

Une fois seul chez lui, il a vomi, c'était la semaine des gastros, il a annulé une soirée prévue avec son cousin, s’est allongé le temps que ça passe et s’est endormi. Mais ce n’était pas une gastro, le temps écoulé depuis les derniers examens approfondis effectués à l’hôpital de Rennes en 2012 avait fait insidieusement leur œuvre, sans que rien ne le laisse présager…

Ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés... trop tard

J’avais un fils, il s’appelait Mathias.

Le 28 mars 2014, il aurait eu 28 ans, il avait la tête sur les épaules, des rêves plein la tête et la vie devant lui. Il était un garçon merveilleux, c’était quelqu’un de bien. Mais il ne s’est pas réveillé ce soir-là, il est mort faute d’avoir eu assez d’insuline sur le long terme, faute d’avoir eu un suivi approprié à son diabète depuis plus d'un an… faute de carte vitale, vitale…

Tous ses papiers de Sécurité sociale sont arrivés deux semaines plus tard...

En mars, j’ai saisi le pôle santé du Défenseur des droits afin qu’ils enquêtent et que je connaisse la vérité, cette enquête devrait aboutir fin juillet. Nous avons aussi décidé de créer un blog dédié à Mathias pour raconter le parcours du combattant qu’il a mené afin de récupérer ses droits fondamentaux à la santé.

Nous sommes aujourd’hui dans la douleur et je suis inconsolable. Nous souhaitons monter un dossier pour pointer les dysfonctionnements administratifs récurrents car nous nous sommes aperçus, avec les témoignages spontanés reçus après son décès, que les difficultés à obtenir la réouverture des droits à la Sécurité sociale après un changement de statut étaient fréquentes (étudiants, indépendants, etc…).

Pour mon fils et moi il est trop tard, mais vos témoignages peuvent nous aider à faire bouger les choses dans le bon sens puisque ce dossier sera remis au Défenseur des droits. Ce combat que nous menons est bien entendu aussi destiné à faire vivre la mémoire de Mathias dans l’esprit de tous.

Si vous aussi, ou vos enfants n'ont pas récupéré immédiatement leur carte vitale après leur statut d'étudiant, ou après tout autre changement de statut, merci de m'en faire part soit directement sur notre blog soit à l’adresse mail : pourmathias.appelatemoinvital@outlook.fr. Tous les témoignages sont publiés anonymement.

Afin de respecter notre douleur, nous demandons qu’aucune récupération politique ne soit faite autour de ce drame.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 15 Juillet 2014

2826be1dLe contribuable n'a pas à financer le surcoût des intermittents du spectacle, d'autant plus quand ce régime est plus favorable que le sien ! L'égalité doit s'appliquer à tous et il n'est pas normal que les uns bénéficient d'un régime favorable d'indemnisation chômage quand les autres n'en bénéficient pas, exception culturelle Française ou pas !

L'ouvrier qui se fait mettre à la porte de l'usine de Florange n'a-t-il pas droit, lui aussi, à la même indemnisation que les intermittents du spectacle ? D'autant plus que l'ouvrier de Florange s'est bien plus tué à la tâche que l'intermittent !

Il est donc temps de remettre les choses à plat : on n'a plus les moyens de financer l'inégalité concernant l'indemnisation chômage et si les intermittents ne trouvent pas de boulot, ils peuvent faire un autre boulot et ne pas bénéficier de la générosité du système pour ne pas travailler.

Aurélie Filippetti, qui soutient le régime de l'intermittence, oublie un peu vite qu'elle vient d'une région où les ouvriers ont payé un lourd tribu à la mondialisation. Si Mme Filippetti soutient les intermittents, elle peut leur refiler une partie de son salaire de ministre, mais je ne suis pas d'accord que l'argent du contribuable continue à payer une exception culturelle alors que notre pays a déjà du mal à financer des hôpitaux !

D'autant plus que ces particularités créent un effet d'aubaine et génèrent de l'abus dans les métiers du spectacle : on n'hésite pas à faire payer les suppléments de salaire par le régime d'assurance chômage en offrant le statut d'intermittent. En terme d'avantages, donc, on se retrouve à ce qu'un régime alimente lui même de la précarité : un comble, ce, sur le dos du contribuable !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Février 2014

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Intermittents : le Medef campe sur ses positions
Le patronat entend toujours supprimer le régime des artistes et techniciens. Les syndicats appellent à manifester

Ça va faire du monde dans la rue " : ainsi réagissait un négociateur de la CGT Spectacle, mercredi 26 février, en découvrant la dernière proposition du Medef relative à l'assurance-chômage des intermittents du spectacle : l'organisation patronale maintient le bras de fer et confirme sa volonté de mettre fin au régime spécifique des artistes (annexe 10) et des techniciens du spectacle (annexe 8), alors qu'une nouvelle séance de négociations doit avoir lieu au Medef, jeudi 27 février. Le même jour, divers syndicats et organisations appellent à une manifestation, à Paris, à 14 heures, qui partira du Palais-Royal pour rejoindre le siège du Medef, avenue Bosquet.

" Les règles spécifiques relatives à l'indemnisation des travailleurs relevant des annexes 8 et 10 sont désormais alignées sur celles du régime général. Les parties signataires engageront une concertation avec l'Etat sur les conditions de mise en œuvre de règles spécifiques d'indemnisation des salariés concernés et de la participation financière de l'Etat à ce titre ", lit-on dans le " Projet d'accord interprofessionnel relatif à l'indemnisation du chômage ", transmis par le Medef aux partenaires sociaux. Pour le Medef, les annexes 8 et 10 coûtent trop cher à l'assurance-chômage : le rapport entre les cotisations versées et les prestations reçues par les intermittents est un solde négatif, soit un " déficit " d'environ 1 milliard d'euros (- 1,083 milliard d'euros en 2012, selon les derniers chiffres disponibles de l'Unedic). Selon un autre calcul, réalisé par l'Unedic, et rendu public par le député Jean-Patrick Gille, auteur d'un rapport sur l'emploi dans les métiers artistiques, le basculement des intermittents dans le régime général générerait un " surcoût " de 320 millions d'euros.

D'une certaine manière, le Medef renvoie la balle dans le camp du gouvernement : c'est à l'Etat de payer le " surplus " lié à l'indemnisation plus avantageuse accordée aux intermittents – visant à compenser la précarité du travail. Peine perdue : mercredi 26 février, sur la chaîne i-Télé, la ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filippetti, a déclaré que " ce n'est pas à l'Etat de financer l'assurance-chômage des intermittents, ni de quiconque d'ailleurs ".

L'attitude du Medef met toutefois le gouvernement dans l'embarras, à quelques semaines des élections municipales, les 23 et 30 mars. Depuis son arrivée au pouvoir, en 2012, la gauche a toujours rappelé son attachement aux annexes 8 et 10. Auditionnés par l'Assemblée nationale, le 26 février 2013, il y a un an presque jour pour jour, Aurélie Filippetti et le ministre du travail, Michel Sapin, avaient exprimé leur plus vif " soutien " à ce régime spécifique. Michel Sapin avait même dit qu'il n'y avait " pas lieu de dramatiser " la situation financière du régime. " L'assurance-chômage, dans son ensemble, est l'amortisseur social le plus efficace en cas de crise. Il serait absolument dommageable de vouloir redresser brutalement les comptes de l'Unedic quand on a plus de trois millions de chômeurs ", avait déclaré M. Sapin.

Certes, le coup de poing sur la table du Medef n'engage que lui, et son contenu n'est pas nouveau. Dès le 12 février, en ouverture de négociations, le Medef avait déjà abattu cette carte : " L'équité entre les cotisants est pour le régime d'assurance-chômage une condition de son acceptation ", avait plaidé dans un texte le camp patronal. Depuis quarante-huit heures, pourtant, le bruit courait que le Medef pourrait battre en retraite, aucune autre organisation n'étant prête à le suivre et à signer la suppression des annexes 8 et 10, pas même la CFDT. " La question peut se poser, mais ce n'est pas le sujet de cette négociation ", explique Véronique Descacq, numéro 2 du syndicat. " Il faut se donner le temps d'en parler avec tous les acteurs concernés, y compris l'Etat ", défend-elle, en évoquant un travail " échéancé dans le temps ".

La position du Medef pourrait évoluer au fil des négociations, lesquelles doivent s'achever à la mi-mars. " L'essentiel est d'avancer un petit peu, personne n'a jamais pensé qu'il fallait supprimer complètement le régime des intermittents ", minore désormais un proche de Pierre Gattaz, le patron des patrons. " Il faut qu'il y ait une décision, même si cela consiste à dire qu'on peut se retrouver plus tard pour en discuter ", explique la même source.

Mais pour quelle réforme ? Personne, parmi les négociateurs autour de la table, n'est favorable à un statu quo. La CGT Spectacle et la Coordination des intermittents et précaires veulent un retour au dispositif antérieur à la réforme de 2003, moyennant quelques retouches visant à diminuer les dépenses, et à réduire le fossé entre les intermittents les plus fortunés et les plus modestes – entre autres est proposé un plafond du cumul salaires/indemnités. De son côté, quelle nouvelle carte pourrait sortir le Medef, s'il renonce à la suppression des annexes 8 et 10 ? Restreindre encore les conditions d'accès au régime ? Faire " sortir " du régime spécifique les techniciens seulement, jugés moins fragiles que les artistes ?

Après avoir agité la question des intermittents pour électriser la négociation, le Medef en fait donc désormais un point négociable, d'autant plus qu'il est engagé dans une discussion parallèle sensible sur le pacte de responsabilité, avec les mêmes syndicats. Le patronat demande ainsi la suppression du régime spécifique des intérimaires (annexe 4), également " plus généreux " que le régime général.

Par ailleurs, le Medef compte toujours faire varier les droits en fonction du taux de chômage. Il demande que la durée d'indemnisation soit réduite si la conjoncture s'améliore. Si l'attention s'est focalisée sur les intermittents, le million de précaires qui cumulent chômage et petits jobs devraient donc bien voir les règles qui leur sont appliquées changer dans les prochaines semaines.

Jean-Baptiste Chastand et Clarisse Fabre

    Un régime d'assurance-chômage spécifique

    Depuis la réforme de 2003, qui visait à durcir les conditions d'accès au régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle, les techniciens doivent réaliser 507 heures en 10 mois, et les artistes 507 heures en 10,5 mois, pour pouvoir bénéficier d'une indemnisation. Celle-ci est prévue sur une durée de 243 jours, soit 8 mois.

    Auparavant, les intermittents devaient effectuer les 507 heures en 12 mois. L'examen des dossiers se faisait à " date fixe " et générait moins de précarité. C'est le retour à ce système, moyennant quelques ajustements, comme le plafonnement du cumul entre indemnités et salaires, que prônent la CGT-spectacle ou encore la Coordination des intermittents et précaires. Dans une étude publiée sur le site du Syndeac, le plus gros syndicat des entrepreneurs du spectacle, deux chercheurs, Mathieu Grégoire et Olivier

    Pilmis, estiment qu'un tel dispositif ne serait pas plus coûteux que le système actuel.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Juillet 2014

Cope-Pourri.jpgAh, là, je crois qu'on tient notre tête de liste des pourritures de notre pays ! Après avoir triché à l'UMP, après avoir copiné avec Ziad Takieddine, dans la vente d'équipements militaires, on a donc notre pourriture préférée, M. Jean-François Copé qui surfacture son camp pour payer ses amis !

Il est fort, vraiment très fort ! Il est fort car une bonne partie des militants UMP sont suffisamment idiots pour ne pas le dégager. Mais je pense qu'il est dans la nature du militant UMP d'être idiot : il a quand même remboursé les frais de la campagne présidentielle de 2012 de M. Sarkozy, alors qu'ils n'avaient pas été jugés conformes ! Bon, son idiotie est toute relative car il a bien su faire payer aussi l'ensemble des Français : on rappellera que les Français ont participé à ce renflouement honteux puisque ce remboursement a lui même été remboursé à hauteur de 66% avec l'argent du contribuable.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Février 2014

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Jean-François Copé contraint de s'expliquer sur les affaires de Bygmalion
Selon " Le Point ", le patron de l'UMP aurait favorisé cette société dirigée par des proches

Jean-François Copé, le président de l'UMP, a-t-il fait profiter à ses proches de juteux contrats de communication sur les fonds de son parti ? C'est en tout cas ce qu'affirme Le Point, dans son édition du 27 février, pointant la société de communication Bygmalion, et sa filiale Events & Cie, fondées par Bastien Millot et Guy Alves, deux intimes de M. Copé. Ces derniers ont travaillé avec lui à la mairie de Meaux puis dans son cabinet lorsqu'il était ministre.

Selon l'hebdomadaire, " universités d'été, journées parlementaires, conseils nationaux, campus et séminaires de réflexion : Bygmalion est à la manœuvre sur tous les grands événements du parti " à partir de 2010, date à laquelle Jean-François Copé devient secrétaire général de l'UMP. Auparavant, Bygmalion aurait bénéficié " de juteuses commandes sans appels d'offres et payées rubis sur l'ongle ", par le groupe UMP de l'Assemblée nationale, lorsque M. Copé en était le président.

Lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, la filiale de Bygmalion Events & Cie " aurait empoché au moins 8 millions d'euros " pour organiser des meetings. " Les prestataires auxquels nous avons présenté les bordereaux d'Events trouvent la note salée, estimant le surcoût à environ 20 % ", écrit Le Point. Le magazine écrit avoir eu connaissance de " documents " montrant que " lors de certains meetings, les frais de traiteur, de retransmission vidéo et d'éclairage ont atteint le double des tarifs habituellement pratiqués ".

Les comptes de cette société ne sont pas publics, mais Le Point assure qu'elle a connu " une croissance fulgurante " depuis sa création en 2008. Dans le même temps, " entre 2010 et 2012, les finances de l'UMP sombrent dans le rouge, passant d'un solde positif de 4,5 millions, à un déficit abyssal de 40 millions ".

Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy ont par ailleurs été invalidés par la commission chargée de les vérifier, qui avait notamment estimé que le parti avait pris trop de factures à sa charge. Le Point affirme ainsi que le parti a pris à sa charge 5 millions d'euros sur les 8 millions facturés en tout par Events. A la suite de cette invalidation, M. Copé avait lancé un " Sarkothon " pour renflouer les comptes du parti. " Tout le mondesavait pour Jean-François Copé : c'est la raison pour laquelle je n'ai pas participé au Sarkothon ", a twitté jeudi matin le député UMP de Haute-Savoie Lionel Tardy, proche de François Fillon, en réaction aux révélations du Point.

Par ailleurs, selon l'hebdomadaire, un troisième investisseur se cache derrière Bygmalion, Emmanuel Limido, à la tête de Centuria " un fonds d'investissement de plus de 4 milliards d'euros largement abondé par les Qatariens ". Ce fonds aurait notamment servi d'intermédiaire lors de " la vente de deux joyaux appartenant à l'Etat ", quand Jean-François Copé était ministre du budget. Centuria aurait embauché en 2006 Guy Alves, qui était alors " chef de cabinet de Copé au budget, et depuis peu trésorier du microparti de ce dernier ", écrit Le Point. Un microparti alors domicilié à la même adresse que l'association qui le finançait et Bygmalion, dans le 15e arrondissement de Paris.

Suite à ces révélations, M. Copé a " chargé Me Hervé Temime de porter plainte pour diffamation contre Le Point et les deux auteurs de l'article, compte tenu des graves accusations portées à son encontre et qui ne reposent sur rien ", a affirmé jeudi à l'AFP Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet du président de l'UMP. Interrogé par i-Tele jeudi matin, M. Copé a lancé : " C'est absolument immonde. "" C'est un coup monté totalement, de manière absolument ignoble. Il n'y a qu'une manière d'y répondre, c'est par la voie des tribunaux ", a-t-il dit. Il a mis en cause l'ancien directeur du Point Franz-Olivier Giesbert " qui depuis des mois et des mois nous attaque, Nicolas Sarkozy comme moi-même, pour nous détruire ".

Jean-Baptiste Chastand (avec AFP)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Juillet 2014

Angela-MerkelTrès franchement, là, il y a un truc qui ne va pas... Quel est l'intérêt de dépenser à ce point l'argent du contribuable à organiser un procès d'envergure pour un préjudice de 700 Euros ? Vingt-deux jours d'audience et 45 témoins ne se font pas sans coût et il sera nécessairement beaucoup plus élevé que le préjudice reproché !

Parfois, le mieux est l'ennemi du bien. L'Allemagne serait bien avisé de réviser ce vieil adage avant d'engager des actions idéologiques...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Novembre 2013

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Un ex-président allemand au tribunal pour 700 euros

Pour la première fois dans l'histoire de la République fédérale, un ancien président de la République fédérale d'Allemagne comparaît devant un tribunal, jeudi 14 novembre. Christian Wulff, élu président en juin 2010, avait dû démissionner en février 2012 de ce poste largement honorifique.

A la suite de soupçons de corruption révélés par la presse, le parquet avait en effet demandé la levée de son immunité. Au total, pas moins de 21 charges pesaient contre ce responsable de la CDU, proche d'Angela Merkel, soupçonné d'avoir bénéficié de la générosité intéressée d'hommes d'affaires lorsqu'il était ministre-président de la Basse-Saxe de 2003 à 2010. Problème : au fur et à mesure de l'avancement de l'enquête, les charges retenues contre lui se sont toutes révélées infondées à l'exception d'une seule.

En 2008, un ami, le producteur de cinéma David Gronewold lui aurait payé une chambre d'hôtel et une note de restaurant lors de la Fête de la bière à Munich. Montant de la facture : un peu plus de 700 euros. En échange, Christian Wulff aurait intercédé en faveur de cet ami auprès de Siemens. De corruption, il n'est plus question.

Devant le tribunal de Hanovre, Christian Wulff doit désormais simplement répondre de " trafic d'influence ". Le procureur a bien proposé à l'ancien président une transaction financière (20 000 euros contre l'abandon des charges à son encontre) mais celui-ci a refusé et se pose désormais en victime d'un acharnement judiciaire. " Ce n'est pas un jour facile. J'espère balayer la toute dernière accusation qui reste - contre lui - , car je me suis toujours comporté convenablement ", a-t-il dit en arrivant à son procès. Celui-ci promet d'être très médiatisé. Malgré la relative modestie du délit présumé, pas moins de 45 témoins sont appelés à la barre et vingt-deux jours d'audience sont prévus.

Malaise dans la presse

Un certain malaise était perceptible dans la presse à l'ouverture du procès. Christian Wulff et sa jeune épouse Bettina ont dans un premier temps été portés aux nues par la " presse people " et par le quotidien Bild. Tout a changé lorsque celui-ci a révélé en décembre 2011 que le président avait, jadis, obtenu un prêt (déclaré devant notaire) d'un de ses amis pour acquérir sa résidence principale et qu'il avait menacé de représailles le rédacteur en chef de Bild si celui-ci publiait son " scoop " sur ce fameux prêt. Ensuite, la presse s'était déchaînée sur les faveurs que Christian Wulff était supposé avoir reçues de ses riches amis. On avait d'ailleurs appris à cette occasion que les journalistes allemands bénéficiaient également d'un certain nombre d'avantages non négligeables. Fallait-il vraiment provoquer une crise politique et personnelle – le couple Wulff s'est entre-temps séparé – pour moins de 800 euros ? Le jugement apportera peut-être un élément de réponse.

F. Le. (Berlin, correspondant)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Juillet 2014

350px-La-justiceLe président du Conseil Constitutionnel s'insurge quand des députés essaient de passer en force sur des Lois ? Je m'insurge, pour ma part, sur ledit Conseil Constitutionnel ! Je rappelle que notre pays est une Démocratie. En ce sens, ce pays doit avoir un pouvoir exercé par et pour le peuple.

Qui sont ces gus au Conseil Constitutionnel pour décider ce qui est bon pour les Français et ce qui ne l'est pas ? Si une réforme doit être avalisée en tant que constitutionnelle, c'est au Français et à lui seul de décider.

L'arme du référendum est bien trop peu utilisé dans notre pays pour qu'il puisse être véritablement appelé démocratique.

Je ne manquerai pas d'écrire, très prochainement, une tribune qui expliquera que le Conseil Constitutionnel doit avoir un rôle cantonné à donner un simple avis. Le pouvoir doit être donné au peuple qui a toutes les armes pour pouvoir donner son avis en tout temps et en tout lieu.

Le Conseil Constitutionnel est donc bien mal placé pour s'insurger car il ne respecte pas, comme elle devrait l'être, la vie démocratique de notre pays.

Le Conseil Constitutionnel fait passer le respect des Lois avant le principe de Démocratie. Las, la Démocratie doit être servie par la Loi, non l'inverse !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 8 Janvier 2014

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Le président du Conseil Constitutionnel fait part de son agacement
A l'occasion des vœux, Jean-Louis Debré a adressé un sévère rappel à l'ordre sur les " malfaçons législatives "

Lors des vœux du président de la République au Conseil constitutionnel, lundi 6 janvier à l'Elysée, Jean-Louis Debré a adressé un sévère rappel à l'ordre sur les travers de la production législative. " Le Conseil constitutionnel a aujourd'hui à connaître de lois aussi longues qu'imparfaitement travaillées ", a-t-il déploré. Le président du Conseil constitutionnel fustige l'abondance de " dispositions incohérentes et mal coordonnées ", de " textes gonflés d'amendements non soumis à l'analyse du Conseil d'Etat ", de " modifications récurrentes des mêmes règles ".

La critique des " lois bavardes ", des lois " mal faites ", n'est pas nouvelle. D'autres gouvernements et d'autres majorités avant ceux-ci s'y sont exposés. Mais le président du Conseil constitutionnel s'alarme, en outre, de devoir " subir des bégaiements et des malfaçons législatives ". Cible de son propos : un mouvement qu'il juge " préoccupant " qui consiste à réintroduire, d'une année sur l'autre, des dispositions qui ont déjà été censurées. M. Debré y voit " une remise en cause de l'autorité de la chose jugée ".

" Il est bien sûr naturel et conforme à l'esprit de la Ve République qu'à la suite d'une censure le gouvernement et le Parlement puissent chercher à atteindre l'objectif qu'ils s'étaient fixé par d'autres voies, désormais conformes à la Constitution, admet le président du Conseil. C'est ce que le gouvernement a fait, par exemple, pour la taxation dite à 75 % des hauts revenus. " Qui, dans sa nouvelle version, a cette fois été validée.

En revanche, M. Debré s'agace des dispositions législatives adoptées " alors qu'elles contrevenaient directement à l'autorité de la chose jugée par le Conseil ". Il en est allé ainsi de la nouvelle mouture des " clauses de désignation " pour les complémentaires santé, rebaptisées " clauses de recommandation " dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, une nouvelle fois censurée par le Conseil constitutionnel.

" Situation préoccupante "

De même, sont revenus dans la loi de finances pour 2014 des articles qui avaient déjà été annulés l'année précédente sur les droits de succession en Corse, sur le plafonnement de l'impôt de solidarité sur la fortune ou sur la cotisation foncière sur les bénéfices commerciaux. Le Conseil " n'a alors pu que les censurer une deuxième, ou plutôt, j'espère, une dernière fois ", regrette M. Debré, qui fait également état de l'instruction donnée en juin par le ministre du budget, Bernard Cazeneuve, sur les contrats d'assurance-vie, qui reprenait une disposition retoquée six mois plus tôt par le Conseil.

" Cette situation est préoccupante, insiste M. Debré dans ses vœux au président de la République. L'Etat de droit est fondé sur le respect de la règle de droit et des décisions de justice. " Il rappelle que, au titre de la Constitution, l'autorité des décisions du Conseil " s'impose aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ".

" Le respect de la Constitution n'est pas un risque, c'est un devoir ", avertit M. Debré, s'adressant à celui qui, par ses fonctions, est chargé d'y veiller. Le président du Conseil constitutionnel presse François Hollande d'agir en ce sens. Il espère voir se concrétiser la volonté exprimée par le chef de l'Etat, à l'occasion du 55e anniversaire de la Constitution, de " dispositions législatives mieux préparées, plus cohérentes et désormais stables ".

Dans son discours, M. Hollande a indiqué avoir " demandé au gouvernement que la confection des projets de loi respecte " les recommandations du Conseil. " La simplification est un devoir qui s'impose au législateur ", a-t-il poursuivi, soulignant que " la loi doit veiller à être claire et intelligible ". Il n'y a plus qu'à…

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Juillet 2014

Encore un super article de Messieurs Gérard Davet et Fabrice Lhomme, décidément bien coutumiers des révélations fracassantes au sommet de l'Etat.

Je ne peux en vouloir à Hollande de mettre les bâtons dans les roues à Sarkozy. En effet, les actions de Sarkozy n'ont pas été dans le sens de l'intérêt général, bien au contraire. Entre l'affaire Pérol, Tapie, Liliane Bettencourt et autres, Sarkozy a toujours mis sa petite personne et ses amis au dessus du bien être des Français.

Ainsi, on prête à Hollande le fait d'enquêter sur ces affaires où les Français ont été des victimes : pour moi, c'est normal.

Ce qui me fait le plus marrer dans cette histoire, c'est que Copé s'insurge en disant que la pratique est immorale, alors même qu'il y a tout lieu de penser qu'il a traîné dans l'affaire Pérol ! Décidément, il ne manque pas d'air ce M. Copé !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Novembre 2013

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La justice a légalement exigé de l'Elysée des archives de M. Sarkozy
L'hebdomadaire " Valeurs actuelles " accuse M. Hollande d'avoir constitué un " cabinet noir "

Le magazine Valeurs actuelles a déclenché, mercredi 30 octobre, une vive polémique en assurant que la présidence de la République avait effectué des recherches illégales dans les archives électroniques de l'ancien président Nicolas Sarkozy. L'hebdomadaire de la " droite décomplexée " va jusqu'à affirmer qu'" une cellule officieuse ", animée par des proches de François Hollande, veillerait " à orchestrer les affaires judiciaires contre Nicolas Sarkozy ".

A l'appui de sa thèse, Valeurs actuelles publie le témoignage de l'ex-chef du service des télécommunications et de l'informatique de l'Elysée, Bernard Muenkel, qui assure avoir été déchargé de ses fonctions, au mois de mai, pour avoir " refusé de se plier à une demande illicite de la part du "cabinet noir" de l'Elysée ", en l'occurrence faire une recherche dans les archives de l'ex-chef de l'Etat.

Dans un communiqué, la présidence de la République a rétorqué avoir été saisie, au printemps dernier, de trois réquisitions " auxquelles il a été répondu dans le strict respect du droit ". Ces réquisitions sont liées à deux instructions judiciaires concernant, pour la première, le litige opposant Bernard Tapie au Consortium de réalisation (CDR, chargé de solder le passif du Crédit lyonnais) et, pour la seconde, une éventuelle " prise illégale d'intérêts " impliquant François Pérol, alors secrétaire général adjoint de l'Elysée, à l'occasion de la fusion, en 2009, des Caisses d'épargne et des Banques populaires. La troisième demande émanait du Conseil constitutionnel, qui a réclamé des éléments sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. " La présidence de la République n'a fait qu'exécuter les réquisitions adressées par les juges d'instruction ", insiste le communiqué.

De fait, dès le 26 avril, Le Monde révélait que les juges de l'affaire Tapie avaient adressé des réquisitions, notamment à l'Elysée, afin d'obtenir tous les documents relatifs à l'arbitrage controversé. " L'Elysée, écrivions-nous, a pu donner suite au moins pour partie aux demandes des magistrats ", qui n'avaient toutefois pu obtenir les courriels échangés par les collaborateurs de M. Sarkozy, détruits peu avant l'alternance...

Surtout, l'examen de ces réquisitions, auxquelles Le Monde a eu accès, atteste que l'Elysée n'a fait qu'obéir aux injonctions de la justice. L'article 99-3 du code de procédure pénale dispose en effet qu'un juge " peut requérir (...) de toute administration publique susceptible de détenir des documents intéressant l'instruction, y compris ceux issus d'un système informatique (...), de lui remettre ces documents, sans que puisse lui être opposée, sans motif légitime, l'obligation au secret professionnel ".

Adressée au secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, la première réquisition, datée du 18 mars, émane du cabinet du juge Serge Tournaire. Elle enjoint la présidence de transmettre " tous documents, courriers, rapports, notes, fichiers, sous tous formats, conservés dans les locaux de la présidence de la République, se rapportant au contentieux entre le CDR et M. Bernard Tapie et à la procédure d'arbitrage ". Pour faciliter les recherches informatiques, le juge fournit 42 mots-clés incluant les collaborateurs de l'ex-chef de l'Etat (" Guéant ", " Pérol ", " Ouart "...).

Allégations

La seconde réquisition, envoyée par le juge Roger Le Loire, le 2 mai, vise les archives " susceptibles de se rapporter aux fonctions de MM. Guéant et Pérol et de tout autre collaborateur, relati(ves) à leur implication dans le dossier visant au rapprochement des Caisses d'épargne et Banques populaires ". Parmi les personnes visées nommément par le juge figure aussi Jean-François Copé, alors patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale et... membre du cabinet d'avocats des Caisses d'épargne.

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? En tout cas, alors que l'opposition s'est emparée des allégations de Valeurs actuelles pour attaquer M. Hollande, M. Copé s'est montré l'un des plus virulents. " Cette pratique est extrêmement grave, elle est totalement illégale ", a affirmé, lors du bureau politique de son parti, le président de l'UMP, dénonçant les " pratiques d'un gouvernement et d'un président de la République qui nous a expliqué qu'il incarnait la morale ".

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Juillet 2014

bricorama-gambsheim-28Où est passée la notion d'Egalité dans cette justice qui rend un jugement défavorable pour l'un (Bricorama) et un arrêt favorable pour d'autres (Leroy Merlin et Castorama) ? Car il est aussi du rôle de la justice que les décisions soient justes, c'est à dire des décisions qui soient les mêmes pour tous, pas des passe-droit d'un côté et des respectueux de l'autre !

Bref, notre droit marche sur la tête car l'individualisation de la peine, poussée à son paroxysme, induit une injustice quand les deux entreprises sont concurrentes : un comble pour un Tribunal garant de rendre la Justice !

La justice est non seulement aveugle, mais elle devient franchement imbécile quand elle oublie le principal de ses fondements !

Il est marrant de constater, dans cette histoire, que Leroy Merlin et Castorama se félicitent de cette décision car les salariés étaient pour le travail dominical. C'est marrant car à Bricorama aussi, ils étaient d'accord mais que Bricorama avait du fermer à cause de la saisine de la justice par un syndicat, FO, non représenté à Bricorama. C'est une constitution de partie civile abusive, mais l'idéologie de notre justice a fait simplement oublier cet état de fait.

Vive la justice !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Octobre 2013

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DIMANCHE
La confusion règne autour de l'ouverture dominicale
Leroy Merlin et Castorama ont obtenu de rouvrir le dimanche, alors qu'une première décision de justice, en septembre, le leur interdisait

Illisible et confus. A un mois d'intervalle, la justice a rendu deux décisions contradictoires concernant l'ouverture du dimanche. Mardi 29 octobre, la cour d'appel de Paris a invalidé une décision prise le 26 septembre en faveur du repos dominical.

Les enseignes Castorama et Leroy Merlin, attaquées par leur concurrent Bricorama, avaient été condamnées en référé par le tribunal de commerce de Bobigny à fermer six Castorama et neuf Leroy Merlin d'Ile-de-France le dimanche, avec une astreinte provisoire de 120 000 euros par magasin et par dimanche en cas de non-respect de cette décision. Sauf dans le cas où les enseignes pouvaient démontrer qu'elles avaient les autorisations nécessaires pour pouvoir ouvrir.

Les deux groupes avaient fait appel et s'étaient démenés pour obtenir les autorisations, même temporaires, de continuer à ouvrir le dimanche. " Le temps d'obtenir des autorisations pérennes, on étudie toutes les voies de recours pour avoir les autorisations pour que les magasins ouvrent leurs portes : demande de classement en zone PUCE - périmètre d'usage de consommation exceptionnel - , autorisation préfectorale, dérogation municipale, utilisation des cinq dimanches par an que le maire peut accorder ", expliquait-on alors chez Castorama.

" La décision du 29 octobre annule la procédure en référé du 26 septembre et, donc, les astreintes ", se félicite-t-on chez Leroy Merlin.

Un répit qui pourrait être de courte durée. Le 22 novembre, le tribunal doit juger sur le fond l'affaire opposant Bricorama à Castorama et Leroy Merlin. Bricorama avait été condamné en 2012 à fermer ses 24 magasins d'Ile-de-France le dimanche après une plainte du syndicat Force ouvrière. Aujourd'hui, il accuse ses rivaux de distorsion de concurrence.

" Une respiration "

" Je ne crie pas victoire car ce n'est pas la fin de l'histoire, indique Richard Renaudier, l'avocat de Castorama. Nous allons plaider le 22 novembre. Une décision sera rendue à la mi-décembre et, quelle qu'elle soit, il y aura appel d'un côté ou de l'autre, à moins que la loi change d'ici là. Mais je suis très satisfait de l'arrêt de la cour d'appel, qui donne une respiration aux salariés qui veulent travailler le dimanche. Quand, le 26 septembre, on leur a dit vous ne travaillez plus le dimanche, cela a été le branle-bas de combat. Et on les comprend parce qu'ils allaient perdre 25 % de leur rémunération mensuelle. Aujourd'hui, ils sont tranquilles au moins jusqu'à la mi-décembre. Et nous sommes confiants pour la suite. "

La CGT a rappelé, mardi, " sa ferme opposition à toute déréglementation sur le repos dominical ".

En tout cas, chez Leroy Merlin, on espérait beaucoup que le rapport commandé par le gouvernement à l'ancien président de La Poste, Jean-Paul Bailly, pour clarifier le cadre juridique du travail dominical et faire des propositions de réforme soit publié un peu avant le 22 novembre, de manière à fournir un cadre réglementaire plus lisible.

Car, d'une manière générale, les autorisations d'ouverture le dimanche sont accordées selon des critères qui ne sont pas toujours objectifs et rationnels.

Dernièrement, un opérateur de centre commercial témoignait au Monde de l'absurdité de sa situation lorsqu'il avait voulu obtenir le classement en zone PUCE de l'un de ses centres commerciaux. Ce centre n'avait pas le droit d'ouvrir de manière continue le dimanche alors qu'à quelques centaines de mètres un autre complexe commercial était ouvert. " Le préfet nous a dit je peux vous accorder une PUCE si c'est déjà ouvert de manière usuelle. Ouvrez le dimanche et je constaterai que vous êtes ouvert le dimanche de manière régulière depuis longtemps, explique-t-on au sein du groupe. C'est un pousse-au-crime. On lui a dit que l'on ne voulait pas jouer la carte de l'illégalité. "

Cécile Prudhomme (avec Francine Aizicovici)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Juillet 2014

En ce temps là, M. Hollande était courageux et savait prendre des décisions. Depuis, tout à changé. Quand le Ministre de l'économie a été au courant de la controverse entre Bricorama et ses concurrents... il a demandé un rapport... Un rapport ? Pour quoi faire ? Il faut un rapport pour constater que quand un magasin a le droit d'ouvrir et l'autre non, c'est une injustice ?

En attendant, la Justice elle même se perd en donnant des arrêts et jugements contradictoires dans cette affaire, oubliant que le rôle de la Justice était de rendre des décisions justes.

Quant au fait que les syndicats puissent se porter partie civile contre la volonté des salariés, c'est une pure aberration qui devrait être condamnée en constitution de partie civile abusive.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Octobre 2013

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DIMANCHE
M. Hollande, client du dimanche en 2010

Jean Cremer, le responsable de l'entreprise familiale qui détient la grande droguerie Zola Color située dans le 15e arrondissement de Paris, se souvient encore de cette pétition signée par ses clients en 2010 pour que son magasin puisse continuer à ouvrir le dimanche. Mille cinq cents signatures en une semaine dont celle de... François Hollande, habitant du 15e et client régulier de cette institution du quartier Charles-Michels depuis les années 1950. Il y avait mis à côté de sa signature un " en accord avec les salariés ". " Il s'arrêtait régulièrement en voiture chez nous pour acheter beaucoup de journaux ", se souvient M. Cremer.

Il a d'ailleurs conservé la photo où celui qui était alors premier secrétaire du PS posait avec ses employés pour défendre le travail du dimanche. D'autres personnalités ont signé, la totalité de ses employés aussi, mais il a dû quand même fermer rideau le dimanche.

M. Cremer ne sait pas par où l'affaire a commencé, et s'il a été dénoncé par un concurrent, mais il se souvient qu'un beau jour, et alors que le commerce était ouvert, depuis des années, trois heures le dimanche matin, et ses employés tous volontaires, une jeune femme de l'inspection du travail a débarqué dans son magasin. " Et elle nous a dit "vous n'avez pas le droit d'ouvrir le dimanche" ", raconte-t-il. Assignation en justice, pétitions, puis condamnation en 2011. " C'était très désagréable, on a l'impression d'être des voleurs ou des assassins ", explique M. Cremer.

Son magasin employait alors entre huit et treize personnes le dimanche, contre près de 40 en semaine. Des gens qui ont perdu en niveau de vie, souligne-t-il, car " ils étaient payés triple ce jour-là ". Lui aussi a beaucoup perdu : le magasin faisait à l'époque 8 millions d'euros de chiffre d'affaires par an dont 700 000 euros les dimanches. Surtout, il dénonce l'absurdité du système qui autorise le travail dominical pour certains seulement, et le militantisme de ceux " qui se pensent représentants des personnels de vente sans considération de ceux qui veulent travailler le week-end ".

" On a été condamnés à verser à l'administration 150 euros d'amende par employé, se souvient M. Cremer. Les syndicats CFDT, FO et CGT se sont portés partie civile pour en remettre une couche en nous demandant des dédommagements de 200 000 euros par syndicat, alors qu'aucun de nos employés n'est syndiqué. " L'affaire, en appel, n'a toujours pas été tranchée.

C. Pme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Juillet 2014

Sarkozy-RolexSarkozy veut revenir. Las, je ne pense pas que notre pays y gagnerait. Son passage a, en effet, été marqué par le sceau de l'infamie.

M. Sarkozy s'est servi de son pouvoir pour arroser ses copains et sa famille : après l'affaire de l'EPAD et de son fiston, après l'affaire Tapie où Lagarde a fait un chèque de 400 Millions d'Euros avec l'argent du contribuable, voici l'affaire Pérol où Sarkozy voulait mettre qui il voulait à la tête des entreprises d'Etat.

Une honte ? Assurément ! Pour ces raisons, les portes de l'Elysée doivent rester closes à ce Monsieur !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Février 2014

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L'affaire Pérol, une plongée dans le système Sarkozy à l'Elysée
L'enquête du juge Roger Le Loire révèle l'ampleur des manœuvres dans la fusion, en 2009, des Caisses d'épargne et des Banques populaires

La décision de Nicolas Sarkozy est sans appel. L'Etat est prêt à renflouer les Caisses d'épargne et les Banques populaires à hauteur de cinq milliards d'euros, à une condition : c'est son conseiller économique, François Pérol, qui dirigera le groupe issu de la fusion des deux banques. En cet hiver 2009 sévit dans le monde la plus grande crise financière depuis 1929. A la manœuvre pour éviter un effondrement du secteur bancaire, l'Etat pousse au rapprochement des deux groupes mutualistes. L'opération est sur le point d'aboutir. Mais bute sur le nom du futur dirigeant.

Convoqués ce samedi 21 février 2009 à l'Elysée, Bernard Comolet et Philippe Dupont, les patrons des deux groupes mutualistes, écoutent le président de la République dicter ses exigences. Ils accusent le coup. S'ils veulent mener à bien leur projet de fusion et échapper à la spirale initiée par la chute de Lehman Brothers, les deux hommes doivent renoncer à toute ambition personnelle et accepter le plan qu'on leur soumet sans ciller.

La suite se déroule à Paris, dans un petit restaurant de la rue Gay-Lussac, près du jardin du Luxembourg, à deux pas du domicile de François Pérol. Le conseiller du président est tout sourire. L'entretien avec Nicolas Sarkozy s'est déroulé conformément à la note qu'il avait préalablement passée au chef de l'Etat : " Il y a urgence à réaliser ce rapprochement (…). Je vous propose de leur faire part de la position définitive de l'Etat (…) sans laisser trop de place à la discussion. "

Déjà dans ses habits de patron de banque, François Pérol dispense des conseils. Bernard Comolet a-t-il un " conseil en communication " ? Lui travaille avec Anne Méaux, patronne d'Image 7, égérie des patrons du CAC 40. Philippe Dupont vante pour sa part Euro RSCG et l'entregent de Stéphane Fouks, intime de Dominique Strauss-Kahn.

De cet improbable déjeuner comme de toute la période qui suit l'annonce du choix de François Pérol, Bernard Comolet a tout gardé en mémoire. Et par écrit. Des notes, son agenda personnel, jusqu'à la liste des rendez-vous pris par sa secrétaire. Sitôt rendue publique, la " contestation de la nomination de François Pérol " a été telle, que " je me suis dit (…) - que - je pouvais être amené à témoigner " un jour, confiera-t-il plus tard.

De fait, à peine les trois convives ont-ils terminé leur déjeuner que les fuites sur le scénario bien huilé de l'Elysée indignent déjà. La loi en France interdit à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée ou conseillée sur ses opérations, dans les trois ans précédant son passage du public au privé. Le collaborateur de Nicolas Sarkozy n'a-t-il justement pas œuvré à la création du puissant groupe dont il a pris la présidence  ?

Mis en examen pour " prise illégale d'intérêts " par le juge Roger Le Loire le 6 février, l'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy s'est toujours défendu de s'être taillé un poste à sa mesure. D'ailleurs, il n'était " pas candidat à ces fonctions ", assure t-il. Le président lui a soumis l'idée, il a " pris cela comme une mission ".

L'enquête  du magistrat, dont Le Monde a pu prendre connaissance, révèle le rôle joué par M. Pérol dans toute cette affaire. Elle apporte aussi un nouvel éclairage sur le fonctionnement de la "  Sarkozie  ", dont elle exhume les manœuvres et les intrigues, et raconte les petits arrangements entre puissants.

Comme souvent pendant cette période, l'histoire commence par une éviction en forme d'exécution publique. Lors d'un déplacement à Québec, à l'automne 2008, Nicolas Sarkozy réagit à la perte considérable – 800 millions d'euros – que vient de subir la Caisse d'épargne. Un trader a pris d'énormes positions sur les marchés. Le président fulmine. Il réclame la démission de Charles Milhaud, le patron historique de la banque du Livret A. " Tu ne pouvais pas faire autrement que démissionner mais je sais que tu n'y es pour rien ", concède le chef de l'Etat au banquier lorsqu'il le reçoit dans son bureau.

L'épisode n'est que le premier acte de la mainmise de la présidence de la République sur les Caisses d'épargne. Sous le nom de code " Sequana ", le projet de fusion avec les Banques populaires est piloté depuis l'Elysée. Conséquence de la crise financière qui oblige l'Etat à mettre les banques sous surveillance ? " Il faut bien se dire que depuis que l'on est passé sous le quinquennat et plus particulièrement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, c'est l'Elysée qui commande ", précise Charles Milhaud au juge.

Toutes les réunions Sequana se tiennent rue du Faubourg-Saint-Honoré, et quand Nicolas Sarkozy convoque le directeur du Trésor, le gouverneur de la Banque de France, le cabinet de la ministre des finances et l'autorité de tutelle des banques, François Pérol est toujours à la manœuvre.

Il faut dire que les Caisses d'épargne, il connaît. Conseiller économique de Francis Mer à Bercy en 2003, il aide Charles Milhaud à mettre la main sur la banque de marché de la Caisse des dépôts, cette institution publique dont il n'a jamais admis l'utilité. En 2006, devenu banquier d'affaires chez Rothschild & Cie, il travaille à la création de la banque Natixis, commune aux Caisses d'épargne et aux Banques populaires.

Avec l'éviction de Charles Milhaud, remplacé par Bernard Comolet, un nouvel épisode s'ouvre : l'Etat a la possibilité d'accélérer la fusion avec les Banques populaires. François Pérol va s'y employer.

Au juge, le collaborateur de Nicolas Sarkozy assure n'avoir joué qu'un rôle d'" information " auprès du président. S'il a " rencontré " les dirigeants des deux banques, c'était " pour les écouter  sur l'évolution de la situation ".

En réalité, de nombreux témoignages montrent un homme qui pilote, coordonne, anime les réunions. " La fusion des deux banques était, pour ce que j'en ai vu, traitée par François Pérol  qui étaitseul compétent en matière d'affaires économiques et financières ", déclare l'avocat François Sureau, alors conseil du patron des Caisses d'épargne. " C'est Pérol qui menait les débats, confirme Alain Lemaire, le numéro deux de l'Ecureuil. Je me souviens d'échanges houleux, et notamment d'un où Pérol nous a mis la pression (…). Nous n'aurions jamais l'accord des pouvoirs publics si nous n'acceptions d'intégrer les filiales au futur organe central. "

Dans le dossier du juge figurent aussi de nombreuses notes écrites par l'ancien conseiller. " J'ai parlé du projet avec Christian Noyer - le gouverneur de la Banque de France - , qui pense que ce rapprochement serait une bonne chose ", écrit-il le 6 octobre 2008. " Les messages passés pourraient être les suivants. (…) La fusion doit être l'occasion de renforcer les deux banques (…) ; il faut renforcer le management ", ajoute-t-il le 14 octobre. Le 28 octobre : " Le rapprochement avec les Banques populaires doit être la priorité. Il faut aller aussi vite que possible. " Le " rapprochement (…) passe par une disposition législative, nous devrons définir avec eux les nouvelles règles de gouvernance ".

La décision prise de propulser le conseiller de l'Elysée à la tête de la nouvelle banque, il reste une " petite " formalité à accomplir : obtenir l'aval de la Commission de déontologie. L'instance encadre le passage des fonctionnaires vers le privé. Olivier Fouquet, son  président, reçoit un premier appel du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le soir du 20 février. François Pérol va être nommé dans la semaine, combien de temps faut-il pour que la commission rende un avis ? La consultation est-elle obligatoire ?

Olivier Fouquet reste sans voix. " M. Guéant ignorait tout du fonctionnement de la commission (…), du délai d'instruction des affaires ", se souvient-il. Le conseiller d'Etat propose de préciser par écrit les conditions de saisine de la commission en fonction du rôle joué par M. Pérol tel qu'il lui est présenté. Le lundi, Claude Guéant rappelle, impatient : la nomination officielle a lieu dans deux jours. Olivier Fouquet fait porter sa note le mardi matin à l'Elysée.

C'est cette lettre, arrachée au conseiller d'Etat, que l'Elysée brandit à la presse comme un feu vert des sages. " La Commission de déontologie a donné son point de vue (…). Il sera rendu public et vous verrez qu'une fois de plus, c'est la différence entre une polémique et un problème, de problème il n'y en a pas ", plastronne Nicolas Sarkozy depuis Rome où il assiste à un sommet franco-italien. Olivier Fouquet appelle M. Guéant, furieux. " Vous savez bien que ce n'est pas un avis favorable "  ! Ce dernier admet " un raccourci " du président.

" Avez-vous eu des contacts avec MM. Guéant et Pérol " ensuite , demande le juge à Olivier Fouquet. " Aucun. La seule retombée que j'ai eue est celle d'Emmanuelle Mignon ", " ma collègue du Conseil d'Etat ". L'ancienne directrice de cabinet de Sarkozy est allée " protester contre la façon honteuse dont M. Guéant " l'avait " traitée ".

Emeline Cazi et Anne Michel

    A l'origine, une plainte de l'association Anticor

    26 février 2009 François Pérol, le secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy chargé des questions économiques et financières, est nommé à la tête de la BPCE, née de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires.

    18 mars 2009 L'association de lutte contre la corruption Anticor

    dépose plainte pour " prise illégale d'intérêt ". Elle sera suivie d'une plainte de l'association des contribuables associés et du syndicat SUD des Caisses d'épargne.

    25 mars 2009 François Pérol est entendu devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.

    6 février 2014  François Pérol est mis en examen pour prise illégale d'intérêt par le juge Roger Le Loire.

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