Publié le 27 Février 2015

ElHachimi.JPGM. Mohamed El-Hachimi est un tricheur ! Le fait qu'il dise de ne pas avoir participé à la course ne change rien : ses analyses ne sont pas bonnes donc, il doit être sanctionné ! Il ne faudrait pas prendre les gens pour des imbéciles à dire que ce Monsieur est innocent car il n'a pas participé à la course. Le fait qu'il participe ou non ne change rien : il s'est dopé, il doit être puni.

Il n'y a pas de relaxe à avoir dans cette affaire.

M. Mohamed El-Hachimi est un tricheur : A ce titre, il doit être suspendu à vie, point à la ligne.

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Comment un athlète dopé récidiviste a finalement été relaxé

Le Monde.fr | 02.12.2014 à 08h46 | Par Yann Bouchez

La nouvelle est passée quasiment inaperçue. L'histoire, rocambolesque, éclaire pourtant d'une lumière crue les difficultés que rencontrent parfois les acteurs de la lutte antidopage. Ou comment un athlète, contrôlé positif à un produit dopant en 2012 et à l'époque suspendu six mois, a pu être relaxé à l'issue d'un deuxième contrôle positif, en janvier dernier.

Mardi 25 novembre, la Fédération française d'athlétisme (FFA) publie, sur l'une des rubriques de son site, une décision de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) « relative à M. X, non licencié à la FFA » et datée du 22 octobre. Le texte, consultable intégralement, est anonymisé. Ce choix se comprend en lisant la sanction finale de l'autorité publique indépendante : « M. X » est relaxé.

Si la FFA figure parmi les fédérations sportives les plus transparentes sur les décisions concernant la lutte contre le dopage – il est possible de consulter sur son site les sanctions concernant les athlètes, comme dernièrement le lanceur de marteau Quentin Bigot, positif au stanozolol, ou le triple sauteur Teddy Tamgho, auteur de trois « no show » –, elle ne publie pas les noms des athlètes relaxés.

L'histoire de « M. X », Le Monde avait commencé à la raconter en début d'année. Le 19 janvier, lors du Cross Ouest France pays de la Loire, l'une des plus importantes courses de cross-country en France, 19 coureurs, 14 hommes et 5 femmes – dont Laïla Traby, médaillée de bronze à Zurich et récemment rattrapée par la patrouille – sont contrôlés dans le cadre d'une opération d'une envergure inhabituelle menée par l'AFLD. Le 14 avril, Le Monde annonce que le prélèvement effectué sur le coureur marocain Mohamed El-Hachimi, âgé de 33 ans, est positif à l'érythropoïétine (EPO).

Ce n'était pas la première fois que M. El-Hachimi se retrouvait pris dans les mailles du filet de l'antidopage. Déjà, en 2012, après une course à Ottawa, au Canada, il avait été contrôlé positif à la méthylhexanamine, un stimulant. Le 14 avril, avec l'annonce de son deuxième contrôle positif en moins de deux ans, nous écrivions : « Le vaste coup de filet de l'AFLD n'aura pas été vain », ajoutant : « Le spécialiste du cross, qui, début janvier, n'était pas encore licencié dans un club français, risque une sanction plus lourde. »

Il n'en fut rien. Car le « M. X » relaxé par la décision de l'AFLD du 22 octobre et Mohamed El-Hachimi ne sont qu'une seule et même personne. Mais comment Mohamed El-Hachimi a-t-il pu être relaxé ? La lecture détaillée du document de l'AFLD permet de comprendre, en partie, comment un dopé récidiviste, au terme de nombreux rebondissements, a pu se sortir d'une situation qui semblait pourtant bien compliquée de prime abord.

AU CROSS « EN SPECTATEUR »

Dans un rapport daté du 5 février 2014, le département des analyses de l'AFLD établit que « l'analyse effectuée sur l'échantillon du sang de ce sportif a donné lieu à un résultat atypique, le profil “d'érythropoïétine nécessitant une analyse complémentaire par SDS-PAGE” ». Autrement dit : des analyses supplémentaires sont nécessaires pour vérifier la présence d'EPO. Le 27 mars, l'analyse d'un autre échantillon fait ressortir « la présence de méthoxy polyéthylène glycol-époétine bêta (CERA), agent stimulant de l'érythropoïèse ». Quèsaco ? En fait, le sang de M. El-Hachimi présente des traces d'EPO de troisième génération.

L'affaire aurait pu être pliée, elle ne fait que commencer. Car, nous apprend le document de l'AFLD daté du 22 octobre, Mohamed El-Hachimi conteste « la régularité de la procédure disciplinaire » à son encontre. Il soutient s'être rendu au Cross Ouest France « en tant que spectateur ». Où il a « été contraint » par l'organisateur de la course et le médecin préleveur de l'AFLD chargé du contrôle de se soumettre à des prélèvements, « sous peine de sanction ». Le contrôle serait « entaché de nullité », puisque l'athlète n'a pas participé à la course.

UN CERTIFICAT MÉDICAL ET UNE NOTE DE FRAIS

En outre, pour sa défense, M. El-Hachimi fait valoir un certificat médical daté du 14 janvier, « attestant que son état de santé était alors incompatible avec sa participation » au Cross Ouest France. Or l'ordre de mission délivré par le directeur du département des contrôles de l'AFLD prescrivait le contrôle de sportifs ayant participé à la compétition. Ce qui n'était pas le cas de M. El-Hachimi, présent sur les lieux de la compétition, mais qui n'a pas pris le départ.

Dans sa décision du 22 octobre, l'AFLD écrit en outre qu'« il ne ressort pas des pièces du dossier que M. X ait été engagé ou ait pris part à cette course ». Contacté par Le Monde, Max Fougery, l'organisateur de la course, s'en étranglerait presque : « Je suis sidéré qu'il puisse soutenir qu'il n'était pas engagé sur cette course ! »

Si l'organisateur convient sans problème que M. El-Hachimi n'a pas pris le départ de la course, il est catégorique : celui-ci est venu prendre lui-même son dossard le 19 janvier, jour de la course. « J'avais remis personnellement son dossard à Mohamed El-Hachimi le jour de la compétition, explique M. Fougery. Mais à l'époque nous n'avions pas mis en place de feuille d'enregistrement à faire signer par les athlètes qui viennent les retirer. C'est une procédure que nous mettrons d'ailleurs en place pour les prochaines éditions. »

« LA PROCÉDURE DOIT ÊTRE IRRÉPROCHABLE »

En l'absence de véritable preuve matérielle que l'athlète était bien engagé sur la course le 19 janvier, M. El-Hachimi n'a pas été sanctionné. « Je fais un parallèle : c'est un peu comme si on avait un mandat de perquisition qui autorise la fouille du domicile de quelqu'un, on ne trouve rien au domicile et on va chercher à son travail », explique Bruno Lancestremère, le secrétaire général de l'AFLD.

« Nous sommes face à une vraie difficulté, poursuit M. Lancestremère. La crédibilité de la lutte antidopage repose sur deux piliers. Le premier : les analyses doivent être irréprochables et respecter les règles imposées par l'Agence mondiale antidopage. Le deuxième pilier, c'est que la procédure doit être irréprochable. Sinon, le sportif est un justiciable comme les autres, et si on ne respecte pas la procédure, on s'expose au fait qu'elle soit cassée. »

Pour un athlète s'étant fait fournir un certificat médical daté du 14 janvier, M. El-Hachimi a tout de même eu un drôle de comportement. Il a envoyé une note de frais, pour « remboursement des frais de déplacement », d'un montant de 193,99 euros aux organisateurs du Cross Ouest France. Le document, que Le Monde a pu consulter, précise que cette somme correspond à un vol Casablanca-Montpellier, le samedi 18 janvier.

Pourquoi M. El-Hachimi voulait-il se faire rembourser un voyage en avion effectué le 18 janvier par les organisateurs d'une compétition dont il était censé savoir depuis le 14 janvier – son certificat médical étant daté de ce jour-là – qu'il n'était pas en mesure de la disputer ? Pourquoi venir retirer son dossard le jour même de la course, alors qu'il venait « en spectateur » ? Etait-ce parce qu'il était au courant des contrôles réalisées sur les athlètes féminines, quelques minutes avant de la course élite des hommes, une nouvelle qui s'est rapidement répandue parmi certains concurrents masculins ?

Face à ces troublantes questions, nous avons essayé de joindre M. El-Hachimi par téléphone. Sans réponse pour l'instant.

Yann Bouchez
Journaliste au service Sport

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Février 2015

ThierryLePaon.jpgLa CGT a toujours donné des leçons à tout le monde. Aujourd'hui, le constat est amer : son dirigeant est un pourri. Au lieu de donner de belles leçons, la CGT aurait été beaucoup mieux inspirée de faire le ménage chez elle.

On perd toute légitimité quand on est incapable de mettre à sa tête des gens au service de l'intérêt général. La CGT devra donc y penser à l'avenir.

Une honte.

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Thierry Lepaon a touché des indemnités en quittant la CGT de Basse-Normandie

Le Monde.fr | 01.12.2014 à 19h42 • Mis à jour le 01.12.2014 à 20h43

Après les révélations sur le coût des travaux de son appartement, puis celles sur le montant de la rénovation de son bureau, le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), Thierry Lepaon, est sous le feu des critiques. Dans un article daté du lundi 1er novembre, L'Expansion enfonce le clou, en dévoilant que Thierry Lepaon a bénéficié d'une rupture conventionnelle lorsqu'il a quitté en 2013 la CGT de Basse-Normandie pour prendre la tête du syndicat au niveau national.

Une telle rupture conventionnelle n'a rien d'illégal, les bureaux régionaux de la CGT étant des entités distinctes et autonomes du bureau national. « Je changeais d'employeur », s'est ainsi justifié Thierry Lepaon dans L'Expansion. Mais savoir que le secrétaire général de la CGT a ainsi bénéficié d'indemnités de départ alors qu'il restait dans le monde de la CGT – lequel déclare ne pas se souvenir du montant d'après L'Expansion – n'est pas pour redorer l'image d'un homme actuellement affaibli.

LA THÈSE D'UN CORBEAU

Fin octobre, Le Canard enchaîné révélait que la CGT avait déboursé 105 000 euros pour des travaux de rénovation dans l'appartement de fonction de Thierry Lepaon. Un mois plus tard, l'hebdomadaire satirique dévoilait que le bureau du numéro un du syndicat avait lui été rénové pour plus de 62 000 euros.

Thierry Lepaon a succédé à Bernard Thibault en 2013 au terme d'une longue guerre de succession qui a laissé ouvertes de profondes plaies. Après les révélations sur les travaux onéreux du numéro 1 de la CGT, plusieurs responsables du syndicat avaient dit s'attendre à la sortie prochaine d'autres affaires.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Février 2015

mtgentreprise011Il faut réformer notre marché du travail : tout le monde nous le dit. Effectivement, il n'est pas suffisamment compétitif et coûte extrêmement cher. Il est très généreux avec les actifs en laissant de nombreux chômeurs sur le bas côté, chômeurs que l'on indemnise aussi, pour certains d'entre eux, plus que grassement. En effet, trop souvent, les chômeurs bien indemnisés considèrent leurs allocations chômage comme un salaire de substitution.

Las, il ne faudrait pas oublier le service public, dans son ensemble, dans le cadre de cette réforme. Nous avons trop de fonctionnaires et la productivité n'est clairement pas au rendez-vous de nos 5 Millions d'individus travaillant dans la fonction publique.

Une réforme est aussi indispensable de ce côté-là, il s'agirait de ne pas l'oublier, pour des questions d'égalité mais aussi de sauvegardes des dépenses publiques.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Novembre 2014

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Paris appelé à réformer le marché du travail
Le rapport Pisani-Ferry - Enderlein épingle la démographie allemande

Il y avait foule des grands jours, jeudi 27  novembre, à l'Hôtel des ministres de Bercy. Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein, les deux économistes, accompagnés des ministres de l'économie français et allemand, Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, ont été accueillis tels des " rock stars " sous une nuée de flashes et de caméras. Tous les ingrédients étaient réunis pour un grand show. La veille, le cabinet de M. Macron avait convoqué la presse pour une présentation du rapport sur " les réformes, l'investissement et la croissance pour la France, l'Allemagne et l'Europe "… pour n'en rien dévoiler du contenu. Mais trop d'attente tue l'attente. Car, si les deux économistes ont bien joué leur rôle de sentinelles distillant des conseils avisés et appelant à l'" audace ", les ministres se sont empressés de calmer les ardeurs.

Premier duo : les économistes. M.  Pisani-Ferry, commissaire général à la stratégie et à la prospective, présente les réformes qu'il juge nécessaires pour que la France ne reste pas " à mi-chemin d'une transformation qu'elle a entreprise mais pas terminée ". Ce qu'il appelle des " réformes catalytiques ", susceptibles de " faire en sorte que les comportements changent ", et qu'il regroupe en trois " packs ".

Un : achever la construction d'un modèle de flexisécurité, en accordant plus d'autonomie aux branches et aux entreprises et en assouplissant les conditions de négociation d'accords de flexibilité du temps de travail et des rémunérations en fonction des situations économiques.

Deux : améliorer la compétitivité. " Ce problème a beaucoup été traité par la voie fiscale. On a atteint les limites ", estime M.  Pisani-Ferry, pour qui il existe un " risque " que les gains du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) soient en partie gommés par l'évolution salariale. Pour l'éviter, il propose de passer d'une obligation légale annuelle de négociation salariale – " ce n'est pas la bonne méthode " – à une obligation triennale. Il suggère en outre de changer la règle d'indexation du smic en le faisant dépendre de la progression de la productivité dans l'économie.

Trois : effectuer une revue de la dépense publique pour la ramener à 50  % du produit intérieur brut dans les années à venir.

Son homologue allemand, quant à lui, insiste sur le problème démographique auquel est confrontée l'Allemagne, qui nécessite " des ajustements de grande envergure ". Mais c'est surtout sur le déficit d'investissement qu'il met l'accent, évaluant à 75  milliards d'euros par an le retard d'investissement outre-Rhin. Cela nécessite à ses yeux d'établir " une règle minimum d'investissement " et, pour commencer, il estime que " l'Allemagne devrait investir chaque année 8  milliards d'euros de plus qu'elle ne le fait actuellement, soit 24  milliards sur trois ans ". Se prononçant en faveur d'un " pacte " franco-allemand pour l'investissement au niveau européen, il appuie la création d'un cadre réglementaire commun. " Il faut passer des déclarations aux actes ", conclut M. Enderlein.
" Nous devons faire mieux "

Pas sûr que les actes suivent, si l'on se fie aux déclarations des ministres. Certes, a indiqué M.  Macron, " beaucoup de propositions qui sont faites pour la libéralisation des services seront reprises " dans le projet de loi en préparation qui sera présenté en conseil des ministres le 10  décembre. Mais, en ce qui concerne la négociation salariale et le smic, il s'est montré prudent. " Il n'est pas prévu de passer d'une négociation annuelle à une négociation triennale ", a-t-il tenu à préciser, pas plus qu'il n'est prévu de modifier la règle de calcul du smic.

En matière d'investissement, le ministre de l'économie, tout en saluant l'annonce du plan Juncker, a estimé que " nous devons l'améliorer, nous devons faire mieux ". Il suggère d'ailleurs que les sommes consacrées à l'investissement puissent être sorties des calculs du déficit et de la dette ou de doter d'une capacité d'endettement le fonds européen qui va être créé pour investir. " Nous devons prendre des risques collectivement ", a insisté M. Macron.

Le ministre allemand s'est, quant à lui, montré plus réservé, notamment sur l'effort d'investissement réclamé à son pays. " Je ne sais pas si nous arriverons à faire trois fois 8  milliards d'euros mais je ne doute pas que M.  Enderlein saura revenir à la charge pour nous en convaincre, et surtout en convaincre Wolfgang Schäuble, ce qui ne sera pas le plus facile ", a glissé M. Macron, soulignant ainsi que, au sein de la coalition allemande, cette question se heurte à de fortes résistances. L'entourage de Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, a largement relativisé la portée d'" un rapport fait par deux économistes universitaires ". Une façon de contester le présupposé selon lequel l'Allemagne souffrirait d'un manque d'investissement et, en clair, une fin de non-recevoir.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 24 Février 2015

fn-dessinDans le Var, ça commence à puer sévère ! Le Front National, avec ses flots de mensonges, de racisme, de pratiques nauséabondes, est en train de s'acheter une nouvelle image. Mais il ne suffit pas de mettre un coup de peinture sur un taudis pour en faire une villa de luxe !

Le Front National, rappelons-le, est un parti d'extrême droite raciste et xénophobe ! Marine Le Pen, sous couvert de respectabilité, est en train de se lancer dans la plus grosse campagne de mensonge politique sous la Ve République.

En voulant faire croire que l'immigration est la cause de tous nos problèmes, en voulant faire croire que la sortie de l'Euro nous sortirait de l'ornière économique dans laquelle nous sommes engagés, en voulant nous faire croire que le Front conduirait une politique économique fiable et responsable, le Front National nous ment effrontément et le pire, c'est qu'il y a des gens suffisamment stupides pour y croire !

Les citoyens du Var ne doivent pas se laisser embobiner par un discours haineux et mensonger. Le Front National n'a rien à faire dans notre paysage politique. L'ère politique doit appartenir à la société civile, pas à une bande de malfrats racistes, incompétents et xénophobes !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Novembre 2014

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Le Var, élève modèle du " nouveau FN "
A la veille du congrès du parti d'extrême droite, sa première fédération nourrit de grandes ambitions

Ala soirée " beaujolais nouveau " du Front national du Var, le 20  novembre, le sujet brûle toutes les lèvres. Dans cette salle des quartiers est de Toulon, au-dessus du buffet campagnard, les militants ne cachent pas leurs espoirs pour les départementales de mars  2015. " Etant le seul conseiller général sortant, j'ai été assailli de questions, raconte Laurent Lopez, élu de Brignoles. Les nôtres sont impatients d'aller au charbon. "

" Il y a quelques semaines, même David Rachline - maire FN de Fréjus et sénateur du Var - en doutait. Mais aujourd'hui, il est d'accord : on peut taper dix cantons, et pourquoi pas, créer une grande surprise ! ", assure l'ambitieux secrétaire départemental, Frédéric Boccaletti. Lui-même devrait s'aligner à Six-Fours, où, en  2011, 500 voix (sur 11 455 suffrages exprimés) le séparaient du vainqueur UMP.

Dans le Var, les derniers scrutins ont apporté au FN un conseiller général (lors de la partielle de Brignoles), trois maires, 175 conseillers municipaux, et, conséquence directe, un sénateur en septembre, David Rachline. En mars  2015, le parti de Marine Le Pen sera présent dans les 23 cantons redécoupés du département. " Cela a été beaucoup plus simple de trouver des candidats que pour les élections précédentes, poursuit M. Boccaletti. Et pourtant, il en fallait le double : 46  titulaires et 46  suppléants. J'ai eu une centaine de candidatures, dont beaucoup de femmes. Cela a permis à la commission d'investiture nationale de faire des choix. Et certains ont été difficiles. "
" Nouveau vivier "

Avant les municipales, le FN varois avait déjà écarté certains de ses représentants habituels pour de nouveaux venus. " A l'époque, il y a eu un vrai casting, reconnaît M. Boccaletti. Ce n'était pas une question d'âge, mais d'attitude, de discours et de valeurs. J'avais peur qu'on réédite les errements du passé, qu'un candidat pas à la hauteur gagne et soit mis sous tutelle six mois après… J'ai des comptes à rendre à la présidente. "

Les binômes des cantonales seront officiels le 20  décembre. " 90  % d'entre eux sortent du nouveau vivier des conseillers municipaux FN. " Moyenne d'âge ? " Autour de 40 ans. " A la veille du congrès, le secrétaire fédéral refuse d'en dire plus. " Certaines candidatures vont surprendre, savoure-t-il. Des gens, dont même l'entourage ne connaît pas l'attachement au FN. Et d'autres nouveaux seront mis en avant aux régionales. "

En mars, le Front n'alignera pas toutes ses têtes d'affiche locales. Le sénateur et maire de Fréjus, David Rachline, presque 27 ans, a d'autres fonctions. Marc-Etienne Lansade, maire de Cogolin, préférerait se concentrer sur sa ville et sa vice-présidence de la communauté de communes du Golfe de Saint-Tropez. Restent Philippe de La Grange, maire du Luc, et, bien sûr, Laurent Lopez, conseiller général très médiatisé lors de sa victoire d'octobre  2013. " Je suis candidat à l'investiture, précise ce dernier. Mais je ne vois pas la commission désigner quelqu'un d'autre. " En  2012, le FN lui avait demandé de quitter la circonscription de Six-Fours où il militait, pour se présenter dans le Centre-Var. " Cette fois, promet le secrétaire fédéral, je n'ai pas eu à faire partir un candidat sur un canton où il n'est pas déjà implanté politiquement. "
" Un flot continu " d'adhérents

Avec 4 196  adhérents au recensement interne de novembre, le FN du Var se revendique première fédération du pays. " Dans mon canton, c'est un flot continu, affirme M.  Lopez. Des couples, des familles, des chefs d'entreprise, beaucoup d'artisans et de commerçants étranglés par la situation économique. Il y a de nouvelles têtes à côté des vieux militants. " " Voir un sénateur de 26 ans et une députée comme Marion Maréchal-Le Pen, forcément, ça attire les jeunes vers le FN ", jauge M.  Boccaletti.

" Il y a une poussée de professions libérales, complète la fédération. Médecins, avocats, huissiers… Des personnes qu'on touchait dans les années 1990 quand le Front a pris Toulon, et qui reviennent. " " J'ai eu ce sentiment lors des municipales, témoigne Marc Desgorces, conseiller municipal et communautaire toulonnais. Mais j'en attendrais la confirmation lors des départementales. " Candidat à l'investiture dans la capitale du Var, où le contre-amiral Waquet ne s'aligne pas, cet ancien DRH dans la presse nationale tempère l'emballement de ses cadets : " Le parti doit encore se positionner en termes de structure et de maillage. Aux départementales, la composante locale est importante, avec une prime aux sortants. "

La montée des cotisations offre des moyens à la fédération du Var, qui récupère une partie des 50  euros annuels. Depuis un an et demi, elle s'est installée, bien en vue, sur le principal boulevard de Toulon, à deux pas du Théâtre Liberté des frères Berling et des anciens bureaux de Mourad Boudjellal, le président du Rugby club toulonnais, pourfendeurs réguliers de l'extrême droite. Elle a lancé un journal bimestriel, la chaîne Internet FNV-TV, ouvert des permanences à Brignoles, Fréjus, Six-Fours et bientôt Hyères. " Je récompense les dynamiques locales, note M. Boccaletti. C'est important que les gens se sentent reconnus, car, chez nous, il n'y a que des bénévoles. "

Le Front sait toutefois professionnaliser certains de ses cadres. Comme Damien Guttierez, 33 ans, probable candidat à La Seyne-sur-Mer  -  Nord, qui dirige le cabinet du maire du Luc. Ancien de l'UMP et du MoDem, ce trentenaire symbolise ces transfuges de droite rabattus vers le Rassemblement Bleu Marine varois par son secrétaire fédéral, au grand dam des figures historiques. Lui, y voit " une reconstitution du RPR des années 1990 ".M.  Guttierez recevra le " kit départemental " préparé par la fédération. Une série de tracts mélangeant thèmes nationaux et locaux. " Avant, les cantonales étaient des élections de notable. En  2015, elles seront extrêmement politisées ", prédit M.  Boccaletti.

Gilles Rof

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Publié le 23 Février 2015

PauSncfJe prends souvent le train et le moins que l'on puisse dire c'est que je ne suis pas souvent contrôlé... loin s'en faut...

On dit et on affirme que la fraude coûte près de 400 Millions d'Euros à la SNCF, mais en attendant, les contrôleurs ne font que trop rarement ce que l'on attend d'eux : lutter contre la fraude justement...

J'ai vu des dizaines de fois, des agents de contrôle regarder le paysage dans leur local de service. Plus fort : il leur arrive de privatiser des parties de wagon voyageurs pour pouvoir voyager en paix.

Après cela, ils disent qu'ils sont utiles et indispensables ? Le problème est plus prosaïque : si on met en place des groupes de contrôles, certains agents seront obligés de travailler, d'où une grogne compréhensible quand certains d'entre eux n'en ont pas l'habitude...

D'où la grève, et d'où le fait que ça sera encore une fois au voyageur (y'a-t-il une notion de clients à la SNCF ?) de payer les pots cassés...

A quand une mise en concurrence à la SNCF ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 Novembre 2014

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SNCF : les contrôleurs appelés à la grève début décembre

Le Monde.fr avec AFP | 26.11.2014 à 18h06 • Mis à jour le 26.11.2014 à 20h19

Les syndicats CGT et SUD-Rail ont appelé à la grève nationale des contrôleurs SNCF du jeudi 4 décembre, 19 heures, au dimanche 7 décembre, 7 heures. La mobilisation vise notamment à protester contre la réorganisation des contrôles.

D'ici là, la CGT-Cheminots demande à la direction « une réelle négociation », après déjà deux réunions qu'elle juge infructueuses. « Nous sommes dans l'attente d'une réunion de conciliation. La direction a les leviers pour répondre aux cheminots », estime son porte-parole Thierry Nier.

Parmi les motifs de grogne, l'emploi. Se défendant de « toute surenchère », la CGT estime qu'il manque au niveau national 436 contrôleurs « pour assurer la charge de travail conformément aux cadres d'organisation définis par la direction elle-même », explique M. Nier.

« DÉSHUMANISATION DES GARES »

Les deux syndicats, respectivement la première et la troisième organisation de la société de chemin de fer, estiment également que le dispositif « agent seul » – laissant à certaines heures le conducteur seul agent à bord – met en danger la sécurité des conducteurs et bouleverse le métier des contrôleurs.

Ce dispositif, déjà en place dans près d'un train sur deux, a mis fin à la présence systématique du contrôleur à bord, au profit de contrôles ciblés par des brigades de plusieurs contrôleurs.

Sur la ligne Paris-Beauvais, où il est expérimenté depuis juillet, il rencontre l'hostilité d'une partie des conducteurs, qui ont exercé de manière répétée leur droit de retrait avec le soutien de tous les syndicats du réseau nord. « Là où c'est déjà en place, notamment sur les lignes régionales en Ile-de-France, personne n'est satisfait », affirme Nathalie Bonnet (SUD-Rail).

Pour son collègue de la CGT-Cheminots, ce mode d'exploitation « ne convient pas sur un certain nombre de lignes ». « Conduire un train est un métier. Informer les passagers et accompagner le train en veillant à la sécurité de tous en est un autre ».

« Nous considérons que la présence humaine dans les gares et dans les trains a un effet dissuasif », ajoute le porte-parole de la CGT-Cheminots, pour qui la SNCF « cherche à faire des économies pour financer la réforme ferroviaire », qui au 1er janvier réunira la SNCF et Réseau ferré de France, le gestionnaire du réseau.

D'autres motifs justifient également cette mobilisation, d'après les syndicats, comme la défense des déroulements de carrière et la contestation plus générale d'une politique qui conduit à la « déshumanisation des gares ».

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Publié le 20 Février 2015

GrisbyM. Sarkozy traîne tant de casseroles derrière lui qu'il pourrait ouvrir une quincaillerie.

On en a encore la preuve aujourd'hui avec de nouveaux éléments dans l'affaire Pérol.

Quand se décidera-t-on a montrer à M. Sarkozy le chemin de la sortie politique ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Novembre 2014

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Affaire Pérol : l'Elysée s'était " affranchi des règles "
Le réquisitoire du parquet financier accable l'ex-conseiller de M. Sarkozy, nommé en  2009 à la tête de la BPCE

L'affaire Pérol, avec ses manœuvres, ses intrigues, son non-respect des règles déontologiques est emblématique des années Sarkozy. Elle est aussi typique de ces affaires dans lesquelles les proches de l'ancien président sont rattrapés par les juges, quand l'ancien chef de l'Etat, protégé par son immunité, échappe à toute poursuite.

Le 7  novembre, le parquet national financier demandait le renvoi de François Pérol, président du groupe bancaire BPCE et ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée, devant le tribunal correctionnel pour "  prise illégale d'intérêts  ". Dans le réquisitoire définitif – un document de 69  pages – dont Le Monde a pu prendre connaissance, Nicolas Sarkozy n'est jamais directement mis en cause. Il y est toutefois omniprésent.

En cet hiver 2009, où la planète traverse la plus grave crise financière depuis 1929, où les Bourses menacent de plonger chaque matin, la décision de M.  Sarkozy de nommer son conseiller économique à la tête du nouveau groupe Banque populaire Caisses d'épargne est sans appel. Bernard Comolet et Philippe Dupont, les patrons des deux banques ainsi fusionnées, le comprennent, ce 21  février 2009, lorsque le président leur expose son plan.

L'information fuite, aussitôt l'affaire Pérol éclate. La loi en France interdit à un fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée ou conseillée dans les trois ans précédant son passage du public au privé. Or, le secrétaire général adjoint de l'Elysée n'a t-il pas œuvré à la création du puissant groupe dont il prendra la présidence  ?
Bénéfice personnel

"  Il ne m'était pas venu à l'idée d'être candidat à ce poste, s'est défendu François Pérol tout au long de la procédure. Mais il fallait dans cette affaire un homme neutre, qui incarne aussi de quelque façon la puissance publique.  " M.  Sarkozy lui propose la "  mission  ". "  Il était (…) de mon devoir d'accepter.  "

Le bras droit du président, Claude Guéant, a également joué un rôle capital dans l'affaire. L'ex-secrétaire général de l'Elysée – supérieur direct de François Pérol – n'a respecté "  aucune des dispositions légales et réglementaires  ", relève le parquet financier. Le "  chef de l'administration de la présidence de la République  " s'est "  affranchi des règles  " et, "  de concert  " avec François Pérol, a "  procédé à un habillage déontologique  " en décidant de ne pas saisir la commission de déontologie au sujet de cette nomination.

Les magistrats n'ont d'ailleurs pas cru la présidence qui justifiait l'intervention de l'Etat par le contexte de l'époque. La "  très forte implication  " de l'Elysée dans ce dossier remonte à "  bien avant la crise financière  " de septembre  2008, estime le parquet. La crise ne fut qu'un "  prétexte  ", "  un paravent  ", un "  élément  " qui a servi à "  justifi(er) l'intervention de certains acteurs (…), en particulier de François Pérol, en vue d'accélérer le processus  " de rapprochement des groupes mutualistes, programmé de longue date.

Si Nicolas Sarkozy impose son choix, François Pérol n'est toutefois pas le simple conseiller qu'il prétend avoir été dans cette affaire. Et c'est parce qu'il retire un bénéfice personnel de sa nouvelle "  mission  " que la loi le rattrape, contrairement à Claude Guéant, exempt de toute incrimination.

Le code pénal – article  432-13 – punit la prise illégale d'intérêts de deux ans de prison et 30  000  euros d'amende. Trois conditions doivent être réunies pour caractériser l'infraction. La personne concernée doit tout d'abord avoir été fonctionnaire ou agent de l'administration publique. Or M.  Pérol fut rattaché à l'inspection des finances jusqu'au 13  mars 2009.

La personne doit ensuite avoir assuré la surveillance de l'entreprise privée qu'elle rejoint, conclu des contrats avec elle, ou formulé des avis sur ses opérations. Or M.  Pérol a bel et bien "  formulé des avis sur des contrats  " conclus entre les Caisses d'épargne et les Banques populaires. Et notamment "  sur le montant des fonds publics versés par l'Etat aux banques – 5  milliards d'euros – pour renforcer leurs fonds propres ainsi que sur les modalités de versement et de remboursement de ces fonds  ". Le contrat qu'il présente à M.  Sarkozy le 21  février 2009 pour validation est précisément l'acte de naissance de la BPCE signé trois semaines plus tard par les deux banques.
"  Un petit sujet  "

François Pérol a juré s'être contenté d'informer le président de la République des avancées du dossier et "  s'être borné à écouter  " les patrons des banques sur l'évolution de la situation. Ce dossier n'était d'ailleurs qu'"  un petit sujet dans son emploi du temps  ". Tout au plus a-t-il rencontré "  trois ou quatre fois les dirigeants des deux groupes  ". Mais la loge d'honneur de l'Elysée et les agendas ont parlé. Les enquêteurs ont recensé douze rendez-vous entre le président des Banques populaires et le conseiller économique. Cinq tête-à-tête avec le président des Caisses d'épargne, Charles Milhaud. Près du double avec son successeur, et au moins quatre rencontres avec l'avocat des Caisses d'épargne.

Pour que la prise illégale d'intérêts soit effective, une dernière condition est nécessaire  : François Pérol doit avoir "  reçu une participation par travail, conseil ou capitaux (…) de la BPCE avant l'expiration d'un délai de trois ans  " suivant son départ de l'Elysée. Le conseiller quitte la présidence de la République le 26  février 2009. La veille, il était désigné directeur général de la Banque fédérale des Banques populaires. Le jour même, il est nommé président du directoire des Caisses d'épargne. Cinq mois plus tard, il prenait la tête du directoire de la BPCE, qu'il préside toujours.

Le dossier est à présent entre les mains du juge Roger Le Loire qui, d'ici quelques semaines, rendra son ordonnance. Il devrait, selon toute logique, renvoyer l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy devant le tribunal.

Emeline Cazi

prise illégale d'intérêts

L'article  432-13 du code pénal définit la prise illégale d'intérêts comme le fait pour une personne dépositaire de l'autorité publique, " dans le cadre des fonctions qu'elle a effectivement exercées, soit d'assurer la surveillance ou le contrôle d'une entreprise privée, soit de conclure des contrats de toute nature avec une entreprise privée ou de formuler un avis sur de tels contrats, soit de proposer directement à l'autorité compétente des décisions relatives à des opérations réalisées par une entreprise privée ou de formuler un avis sur de telles décisions, de prendre ou de recevoir une participation par travail, conseil ou capitaux dans l'une de ces entreprises avant l'expiration d'un délai de trois ans suivant la cessation de ses fonctions ".

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 19 Février 2015

350px-La-justiceLa justice a tranché et les parents adoptifs peuvent conserver l'enfant... au moins pour le moment...

En effet, il est fort à parier qu'un pourvoi en Cassation sera initié. On n'en a donc pas fini avec ce dossier...

Mais il faut que l'intérêt de l'enfant et de lui seul soit pris en compte.

Ce Monsieur était en prison pendant que son enfant était en passe d'être adopté. Loin de moi l'idée de sous-entendre que le père n'a pas les droits les plus forts sur l'enfant, mais ce principe souffre d'exceptions. Quand on est en taule, on ne peut pas s'occuper de son enfant. L'enfant a donc grandi, a été aimé et choyé dans une nouvelle famille, et ce n'est pas parce que le père biologique le réclame qu'il a le droit de disposer de l'enfant comme on disposerait d'une voiture.

Il aurait été catastrophique que cet enfant soit séparé de sa famille. C'est ce que la Cour d'Appel a affirmé et espérons que c'est ce que la Cour de cassation décidera.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Novembre 2014

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Jugement cornélien pour un enfant né sous X
Le bébé a été confié à un couple, bien que le père l'ait reconnu. La cour d'appel de Rennes doit trancher mardi

Sur le bras gauche de Yoan Delorme est tatoué un prénom  : Wendy. C'est celui de sa fille de 7  ans. Sur son bras droit, il y a simplement  : "  A mon fils  ". Son fils, né sous X il y a 18  mois, qui vit avec un couple qu'il appelle papa et maman. Corentin (le prénom a été modifié à la demande de la famille adoptive) est le nom choisi par les services du conseil général de Loire-Atlantique pour cet enfant qu'ils croyaient sans filiation.

Yoan Delorme ne se fera pas tatouer ce prénom sur le bras. Il veut appeler son fils Brendon Patrice Dominique. Il attend de récupérer le petit pour le faire. "  Les papiers sont prêts  ", affirme-t-il. Son avocate lui a pourtant expliqué que ce n'était pas possible. "  C'est mon fils, mon sang, j'ai tout l'amour d'un père pour lui  ", poursuit le jeune homme de 29 ans. Il n'a jamais vu l'enfant, mais il l'attend avec impatience et se dit prêt à le prendre avec lui du jour au lendemain. Sa nouvelle amie, elle, "  a peur  ".
" Il faut qu'on me le rende "

Yoan Delorme n'a pas envie de connaître la famille adoptive, mais il ne leur en veut pas. "  L'erreur c'est pas eux, c'est le conseil général, dit-il. Au procès ils ont pleuré. C'est pas de ma faute. Moi, c'est mon fils, il faut qu'on me le rende.  "

Il est forain, mais travaille en ce moment comme déménageur à Nantes et vit dans une caravane sur le terrain de ses parents, des gens du voyage sédentarisés. Yoan Delorme n'est pas allé à l'école. Mais son fils ira, dit-il  : "  Je veux son bonheur.  "

Mardi 25  novembre, la cour d'appel de Rennes dira où doit vivre l'enfant. Dans tous les cas, ce sera un drame  : pour le couple candidat à l'adoption si la cour d'appel confirme la décision rendue en première instance en avril à Nantes, qui ordonnait la restitution de l'enfant au père – dans un courriel transmis par leur avocat, ils disent vivre "  un enfer  " en attendant la "  terrifiante échéance  " –  ; pour le père biologique si elle l'infirme.

Comment en est-on arrivé là  ? "  C'est une accumulation de petites choses qui a abouti à une catastrophe  ", résume Guillaume Le Maignan, l'avocat du couple adoptif. Passés les trois premiers mois d'une grossesse souhaitée, la compagne depuis quatre ans de Yoan Delorme ne lui donne plus signe de vie. Dès ce moment, il souhaite reconnaître l'enfant. L'acte sera enregistré à la mairie de Nantes trois jours après la naissance de Corentin, qui a lieu le 30  avril 2013. A l'époque, M.  Delorme est en prison.

Le conseil général, de son côté, recueille un bébé né sous X et sans filiation paternelle. La mère est protégée par l'anonymat et ne dit pas qui est le père. L'institution n'a pas connaissance de la reconnaissance effectuée en mairie par M. Delorme. C'est au père de se manifester, soit auprès du conseil général, soit en saisissant le procureur de la République qui a le pouvoir de faire rechercher l'enfant, dans un délai de deux mois après la naissance.

Mais M. Delorme ne donne pas signe de vie pendant que l'enfant est en pouponnière. Il ne sait pas que sa compagne a accouché sous X. Son avocate Pauline Loirat tente de le localiser en vain. Au bout de deux mois, le conseil général lance la procédure d'adoption.

Les candidats sont légion. Le 12  juillet 2013 à 9  heures, après une période d'adaptation, Corentin est confié à un couple d'une quarantaine d'années. Cela fait trois ans qu'ils attendent un enfant.

La coïncidence est dramatique  : le même jour, 12  juillet, à 11  h  30, un fax de l'avocate de M. Delorme arrive au conseil général. Il affirme que ce dernier a reconnu l'enfant et demande que le petit ne soit pas placé en vue d'une adoption. Mais le père ne réclame pas son fils. C'est le nœud de l'affaire.
" Devions-nous tout arrêter ? "

"  A ce moment-là, nous ne savons pas qui est M.  Delorme, où il est, ni quelles sont ses intentions, affirme Jean-Christophe Boyer, l'avocat du conseil général. Reconnaître un enfant ne veut pas dire qu'on va s'en occuper. S'il voulait l'enfant, il fallait le réclamer. Devions-nous tout arrêter en attendant qu'il dise ses intentions  ?  "

Mais la demande de restitution ne sera faite qu'en octobre, et l'action en justice pour faire annuler la qualité de pupille de l'Etat en janvier  2014. Pour M.  Delorme, le conseil général est allé trop vite. "  Ils ne sont pas posés les bonnes questions  ", affirme Me Loirat. Selon le conseil général, c'est M. Delorme qui est allé trop lentement. "  Dans un premier temps la famille biologique est prioritaire, renchérit Me Le Maignan. Ensuite la procédure d'adoption est lancée, et dans l'intérêt de l'enfant il ne faut pas revenir en arrière.  "

L'arrêt de la cour d'appel de Rennes pourrait avoir des conséquences au-delà de cette affaire. "  Si elle ordonne la restitution, qu'est-ce qui empêchera tous les pères qui apprennent tardivement qu'ils ont un enfant né sous X de venir le réclamer à leur famille adoptive  ?  ", interroge Me Boyer.

Et Corentin  ? Vaut-il mieux pour lui vivre avec son père, mais être arraché au milieu familial où il s'épanouit depuis 16 mois, en perdant au passage – à nouveau – une mère  ? Ou rester dans la famille d'adoption, au risque d'avoir plus tard le sentiment d'avoir été enlevé à son père biologique, qui le réclamait  ?

Le couple adoptif a consulté le meilleur de la pédopsychiatrie française. "  Tous disent qu'un changement d'environnement serait dramatique pour l'enfant  ", affirme Me Le Maignan. Yoan Delorme, lui, est soutenu par les associations de défense des pères et les opposants à l'accouchement sous X.

Gaëlle Dupont

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Février 2015

russie-moscou-cathedrale-basileEncore une fois, la Russie montre qu'elle est un grand état démocratique. En muselant une presse qui n'est ni libre ni indépendante, elle peut s'enfermer dans un mensonge d'état à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières.

Aujourd'hui, le pays lance en grandes pompes un nouveau service international multimédia basé sur une propagande effrénée.

Tout est donc bon pour imposer ses vues au monde, même le fait de travestir la vérité, en d'autres termes, de mentir effrontément...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Novembre 2014

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Les médias, machine de guerre du Kremlin
Le service international d'information Spoutnik entend contrer la " propagande agressive " de l'Occident

Vitali Katsenelson a fait le test. Cet investisseur américain, qui a grandi dans l'ex-URSS, a passé une semaine à regarder la télévision russe et voici, en résumé, ce qu'il en a retenu : si la Russie n'avait pas repris la Crimée, la marine américaine aurait pris la place de la flotte russe ; il n'y a pas de troupes militaires russes en Ukraine, pas plus que nulle part ailleurs ; le vol de la Malaysian Airlines a été abattu par un missile tiré par l'Ukraine ou par un avion de l'OTAN lors d'un exercice en vol ; l'Ukraine est un pays profondément corrompu et submergé par les antirusses et les néonazis. " Je dois le confesser, concluait Vitali Katsenelson dans un long compte rendu publié le 18  novembre sur le site Business Insider,il est difficile de ne pas douter après cela. " En Russie, l'information devient plus que jamais un enjeu stratégique et la confrontation avec les médias occidentaux un terrain de bataille.

Quasi simultanément, tandis que la chaîne américaine CNN annonçait qu'elle suspendait sa diffusion en Russie à la suite " des récents changements dans la législation russe sur les médias ", qui imposent notamment aux étrangers de réduire leur participation, Moscou lançait Spoutnik. Inauguré le 10  novembre, ce nouveau service international multimédia financé par l'Etat vise ni plus ni moins qu'à lutter contre " la propagande agressive " de l'Occident en fournissant une " interprétation alternative " des événements dans le monde. La chaîne est conçue comme une machine de guerre avec des moyens conséquents : 2 300 salariés ont rejoint le nouvel outil médiatique du Kremlin.
" Point de vue unipolaire "

Créé en l'espace de quelques mois à partir des réseaux de l'agence de presse Ria-Novosti et de la radio La Voix de la Russie, réunies au sein de l'agence Rossia Segodnia – propriétaire de la chaîne de télévision Russia Today, 3 000 salariés –, Spoutnik sera diffusé en 30 langues. " Nous sommes contre la propagande agressive qui nourrit le monde et impose un point de vue unipolaire ", affirmait alors son directeur, Dmitri Kisseliov, un présentateur de télévision connu pour ses commentaires au vitriol contre l'opposition ou les homosexuels, et désormais interdit d'entrée en Union européenne depuis l'annexion de la Crimée par la Russie.

Au siège de Rossia Segodnia, à Moscou, la méfiance est de mise envers le journaliste étranger, scruté dès l'entrée par une webcam et prié d'envoyer ses questions au préalable. Il aura ainsi fallu échanger dix courriels pour obtenir rendez-vous avec Margarita Simonian, rédactrice en chef de la chaîne de télévision Russia Today et de Spoutnik. " Nous ne donnons pas le point de vue du Kremlin mais celui de la Russie, comme France 24 ou la BBC, qui montrent les valeurs de la France et de la Grande-Bretagne, ou Al-Jazira pour le monde arabe, assure cette jeune femme de 34 ans en désignant du menton un mur d'écrans devant elle. On regarde les médias, on voit ce qu'ils ignorent, ce qu'ils laissent de côté, et nous, on fait l'inverse. "

L'autocritique sur les outrances de la télévision russe liées au conflit en Ukraine n'est ici pas de mise. Et les récentes mises en garde de l'Ofcom, l'autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, qui menace de retirer son agrément à la chaîne Russia Today, diffusée dans le pays depuis 2005, en raison de son traitement " partial ", n'émeuvent pas. " Nous avons déjà eu ce problème, il y a deux ans avec la Libye, balaie Margarita Simonian. Il ne faudrait montrer que le point de vue de l'OTAN. Mais si les Occidentaux avaient entendu plus de voix différentes, il n'y aurait pas eu toutes ces erreurs, en Irak, en Syrie ou en Libye, qui coûtent cher à tout le monde. "

Quatre étages plus bas, des dizaines de jeunes, le regard rivé à leurs écrans, mettent en ligne en russe, en anglais, en français, en espagnol ou en arabe, les dernières informations, souvent factuelles, avant qu'elles ne soient reprises et commentées à la télévision. Au-dessus de leurs têtes, dans cet espace qui ressemble à une salle de marché, un immense panneau numérique circulaire affiche en rouge le nouveau soutien financier apporté ce jour-là par les Etats-Unis à l'Ukraine.

La guerre de l'information entre l'Est et l'Ouest ne fait sans doute que commencer. Car le Kremlin a d'autres projets pour faire valoir son point de vue sur la scène internationale, comme celui d'ouvrir prochainement la chaîne de télévision Russia Today en France et en Allemagne. " Nous devons gagner les esprits ", expliquait le 5  novembre Vladimir Poutine à des historiens, après avoir vanté l'" efficacité " des affiches soviétiques. " Quand nous convaincrons la majorité des gens que notre position est correcte, objective, et qu'elle joue pour le bien du peuple, nous aurons des millions et des millions de partisans. " Le chef du Kremlin ne pensait sans doute pas alors seulement aux livres d'histoire, mais bien à contrer les médias occidentaux accusés de donner une " mauvaise image " de la Russie.

" Vous allez voir, en France, ils vont embaucher des stars de la télévision à prix d'or, avance Sergueï Parkhomenko, un journaliste indépendant. La Russie est gouvernée par un groupe qui pense foncièrement que tout peut s'acheter, absolument tout, comme ils ont acheté les Jeux olympiques, le Mondial de foot 2018, les Mistral ou même un chancelier allemand. Aujourd'hui, on mobilise les médias, comme on mobilise l'armée, les finances, la diplomatie. C'est une nouvelle étape qui se développe très vite. "
" Il faut résister "

En parallèle, le pouvoir russe, qui contrôle les grands médias directement ou par le biais d'entreprises alliées, réduit de jour en jour l'espace occupé par les organes indépendants. Ceux-ci sont pourtant cités par Margarita Simonian, patronne de Russia Today et de Spoutnik, pour illustrer la pluralité des points de vue en Russie.

La télévision Dojd, suspendue de diffusion nationale, n'est plus que l'ombre d'elle-même, et la radio Echo de Moscou, symbole de la liberté de ton en Russie, vient de réchapper de peu au même sort. Détenue à 66  % par Gazprom Media, filiale du géant gazier Gazprom, cette station risquait de perdre son rédacteur en chef et fondateur emblématique, Alexeï Venediktov. Ce dernier s'est farouchement opposé au licenciement d'un journaliste, réclamé par l'actionnaire suite à un tweet de mauvais goût sur la mort du fils de Sergueï Ivanov, chef de l'administration présidentielle, et à un reportage en Ukraine.

Le différend, finalement, s'est résolu, mais la célèbre radio reste sous surveillance, avec la nomination, il y a peu, d'une nouvelle direction administrative. " Nous ne sommes pas l'opposition, nous sommes des professionnels et cela est très mal vu, il faut résister ", martèle dans son bureau Sergueï Bountman, cofondateur et adjoint d'Alexeï Venediktov depuis 1998.

Face au rouleau compresseur de la télévision, le match s'annonce cependant inégal. Rossia Segodnia et ses versions délocalisées touchent un potentiel de 700  millions d'auditeurs et de téléspectateurs. " La propagande russe fonctionne en forçant votre cerveau droit, la partie émotionnelle, à prendre le pas sur votre cerveau gauche, la partie logique ", constatait Vitali Katsenelson après avoir regardé la télévision russe pendant une semaine.

Isabelle Mandraud

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Février 2015

leclercLeclerc abuse du système et doit être condamné à ce titre ! On ne peut cautionner de pareilles agissements où Pôle Emploi paie des similis formations pour que des gens mettent en place le magasin lors de son ouverture et que ces personnes soient virées au moment où l'on n'a plus besoin d'elles !

Pôle-Emploi doit donc prendre ses responsabilités en assigner devant la justice ces bandits afin qu'ils remboursent ce que Pôle-Emploi a payé car l'argent de Pôle-Emploi est de l'argent public !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Novembre 2014

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Comment Leclerc abuse des aides de Pôle emploi
Onze chômeuses ont porté plainte pour escroquerie. Elles estiment avoir servi de " main-d'œuvre gratuite "
A chaque fois le même schéma, à chaque fois des victimes. Avant l'inauguration d'un supermarché Leclerc, des chômeurs se voient proposer une formation, effectuée dans le magasin, avec promesse d'embauche à la clé. Durant cette période, ils sont indemnisés par Pôle emploi.

Mais, en lieu et place d'une formation, les chômeurs sont préposés au ménage et à l'installation des rayons du futur commerce. Quand celui-ci est inauguré et l'heure de signer le CDI venue, la grande partie des chômeurs sont renvoyés pour des motifs aussi variés que futiles. Et les supermarchés franchisés – qui sont la règle chez Leclerc – ont profité d'une main-d'œuvre gratuite. Ce mode opératoire, d'après l'enquête du Monde, a cours dans plusieurs départements. Sollicitée, la direction de Leclerc n'a pas donné suite.

Lundi 17  novembre, deux avocats agissant pour le compte de onze victimes et de l'union locale CGT ont déposé plainte contre X au parquet d'Evry pour " escroquerie, offre d'emploi fausse, travail dissimulé, soumission de personnes vulnérables à des conditions incompatibles avec la dignité humaine et violences ". En cause, l'ouverture d'un supermarché Leclerc à Fleury-Mérogis (Essonne) le 15  janvier. Pour ce faire, le franchisé prend en stage 91 chômeurs du 17  décembre  2013 au 4  février  2014. Entre deux cours théoriques, ils sont surtout préposés au nettoyage, au rangement des rayons, à l'étiquetage des codes-barres…

" C'est vraiment n'importe quoi "
Une quarantaine d'entre eux, essentiellement des femmes, ont vu leur stage interrompu dans la même semaine, fin janvier, une fois le magasin ouvert. Les motifs invoqués sont aussi variés que contradictoires. On reproche à l'une d'être trop jeune, à l'autre d'être trop expérimentée, à une troisième d'être trop souriante, à une quatrième pas assez. Les avocats des plaignantes, Me Sofiane Hakiki et Eddy Arneton, dénoncent " un dossier emblématique dans lequel un fond public destiné à la formation est détourné à son profit par une personne privée. L'objectif de la prétendue formation était simplement d'obtenir une main-d'œuvre gratuite, financée par Pôle emploi. "

D'après l'enquête du Monde, le schéma de Fleury-Mérogis se reproduit dans plusieurs départements. Des cas similaires ont été recensés à Auxerre, Montpellier ou Narbonne (Aude).A Nîmes, 27 des 30 personnes embauchées par l'intermédiaire de Pôle emploi ont été licenciées en janvier pendant leur période d'essai selon Me Eve Soulier, l'avocate qui, au nom de cinq d'entre elles, a assigné la franchise Leclerc devant les prud'hommes. La décision est attendue le 5  mars  2015.

En octobre  2013, le site d'information Rue 89 avait publié le témoignage d'un chômeur recruté au Leclerc Drive à Auxerre. Comme à Fleury-Mérogis, seuls 16 des 25 chômeurs avaient été, selon nos informations, recrutés à l'issue de leur formation. " Une formation de six semaines pour un poste de préparateur de commandes, c'est vraiment n'importe quoi. On se fiche de la tête des demandeurs d'emploi ", avait tonné Fabienne Germain, une déléguée syndicale CGT dans l'agence Pôle emploi d'Auxerre, interrogée alors par Le Monde.

Leclerc semble avoir développé son système pour accompagner la vague d'ouvertures de " Drive ", ces services qui permettent de retirer des courses commandées sur Internet.Les campagnes de recrutement de l'enseigne passent par des " actions de formation préalables au recrutement " (AFPR) ou des " préparations opérationnelles à l'embauche " (PŒ). Ces formations, d'une durée maximale de 400  heures, doivent officiellement permettre de " combler l'écart entre les compétences - détenues - et celles que requiert l'emploi - visé - ". Les chômeurs qui souhaitent travailler chez Leclerc sont contraints d'accepter ces formations s'ils veulent être recrutés.

Leclerc n'est pas la seule enseigne à profiter des aides de Pôle emploi, mais enregistre, dans ce domaine, une longueur d'avance sur ses concurrents. La plupart des conventions signées pour les ouvertures de supermarchés prévoient entre quatre et six semaines de formation. " La formation a clairement servi à lancer les machines, nous avons fait toute la mise en place du Drive, la mise en rayon, le ménage, le montage des étagères ", confie un salarié d'un Drive qui a réussi à obtenir un CDI. " La direction a utilisé des prétextes pour faire partir ceux dont elle n'avait plus besoin, juste avant la fin de la formation ", estime-t-il.

Elément étonnant, les organismes de formation en contrat avec Pôle emploi sont parfois directement contrôlés par l'enseigne Leclerc. C'est notamment le cas de FM Formadif, qui a formé les chômeuses de Fleury-Mérogis, et qui appartient aux deux centrales d'achat franciliennes du Mouvement Leclerc. Dans le cas de Fleury-Mérogis, FM Formadif a perçu, selon les calculs du Monde, près de 190 000  euros de la part de Pôle emploi et du Forco, le financeur paritaire des formations dans la grande distribution, même si, finalement, moins d'un chômeur sur deux a été embauché. Un chiffre contesté par l'organisme de formation, qui refuse par ailleurs de communiquer la somme perçue.

En Languedoc-Roussillon, l'organisme IFCL, qui a assuré depuis 2012 la formation de chômeurs pour une quinzaine de Drive, appartient en partie à la famille Parnot, propriétaire d'un Leclerc dans l'agglomération de Montpellier. Ce cabinet, qui vante sur son site sa spécialisation dans " l'optimisation des contraintes réglementaires ", a vu son chiffre d'affaires augmenter de 30  % grâce à la vague d'ouvertures des Drive. Rien que l'ouverture de celui de Narbonne lui a permis d'empocher 45 000  euros de fonds publics, toujours selon les calculs du Monde.

" Il a pu y avoir des problèmes "
Comme Pôle emploi se contente de vérifier que le numéro de Siren de l'organisme est différent de celui du supermarché, cela ne permet pas d'identifier ces organismes " maison ". " Nos formations sont contrôlées, nous prenons le risque de prendre des gens qui ne connaissent rien au métier pour qu'ils soient opérationnels le jour de l'ouverture du Drive ", se défend Lilian Pitault, le gérant d'IFCL. Pour lui, " les déçus sont ceux qui ont piqué de l'argent dans la caisse ou qui rendent un service de merde ".

A Pôle emploi, on estime que les dérives identifiées par Le Monde sont isolées. " Il y a pu avoir des problèmes localement avec des franchisés, mais ils se corrigent ", assure la direction, qui précise que l'expérience n'est désormais plus renouvelée avec des supermarchés de l'enseigne dans plusieurs régions comme la Bourgogne, Provence-Alpes-Côte d'Azur ou dans le département des Hauts-de Seine. Pour autant, pas question de sanctionner Leclerc ou de couper les ponts avec une enseigne qui recrute des chômeurs sans qualification. Il suffit d'aller sur le site de Pôle emploi pour constater que le Leclerc Drive de Clermont-Ferrand recherche actuellement des chômeurs prêts à travailler pour son ouverture en janvier  2015. " Une action de formation se déroulera en amont de votre contrat de travail ", prévient l'annonce.

Jean-Baptiste Chastand, et Matthieu SuC

" On nous parlait comme à des chiens "

Le mardi 28  janvier, Ouarda Mansouri est arrivée, comme tous les matins depuis les cinq semaines précédentes, au supermarché Leclerc qui venait d'ouvrir ses portes à Fleury-Mérogis (Essonne). Comme tous les matins, cette mère de famille de 47 ans a fait le voyage depuis Etampes. Au chômage depuis plus d'un an, cette assistante de direction compte sur son stage pour devenir caissière.

Au vestiaire, elle croise Laura Guitton, une jeune maman elle aussi en recherche d'emploi. Leclerc vient de signifier à cette dernière que son stage s'arrête là. Lors de son entretien, Mme Guitton a vu un trombinoscope. En face du nom de Mme Mansouri, une croix rouge et une date, le 28  janvier. " J'ai dit à Ouarda : “Ce n'est pas la peine de te changer, toi aussi tu es virée…” ", raconte-t-elle. La prédiction de la jeune femme est exacte. Une semaine plus tard, le 4  février, Ouarda Mansouri devait pourtant signer un CDI.

Les deux femmes font partie des onze chômeuses qui viennent de porter plainte contre le magasin franchisé Leclerc, qui leur avait promis une embauche dans la foulée de leur formation financée par Pôle emploi au moment de l'inauguration de son magasin. Durant la formation qu'elles sont censées suivre, ces femmes ont le droit à des débats incongrus – pour ou contre l'homosexualité, par exemple. Elles sont surtout préposées au ménage, au rayonnage, à l'étiquetage des sous-vêtements…

Les cours sont assortis de commentaires peu amènes. A Isabelle Wattiaux, ex-chef caissière chez Lidl à qui on reproche de ne pas être assez souriante, le responsable du magasin, licencié lui aussi depuis, lance : " Si j'avais voulu des top models, vous ne seriez pas là ! " Elle sera congédiée deux jours avant Mme Guitton et Mme Mansouri.

" Le bus est juste en face "
Lorsqu'une stagiaire ose faire un aparté sur la tenue d'une formatrice, un autre formateur reprend l'ensemble des équipes : " C'est nous les patrons ! Je n'en ai rien à branler - sic - de vous. Vous pouvez partir d'ici. Le bus est juste en face et Pôle emploi à cinq minutes ! "

Contactés, le franchisé Leclerc et le centre de formation renvoient tous les deux vers la maison-mère, qui a refusé de répondre aux questions du Monde. Interrogée par Rue89, la directrice de la formation avait répondu, le 18  février, que les raisons du renvoi de la moitié des effectifs de stagiaires étaient " légitimes " : " Après, elles l'entendent ou elles ne l'entendent pas… "

Un peu honteuse, Ouarda Mansouri résume le sentiment de beaucoup des chômeuses : " On nous parlait comme - à - des chiens, mais on se taisait parce qu'il y avait le CDI au bout… Alors on a fait ce qu'on nous demandait. On a nettoyé, on a dépoussiéré. " Le 28  janvier, après s'être vu signifier la fin abrupte de son stage, Mme Mansouri est raccompagnée jusqu'au vestiaire par sa tutrice. On la fait partir par la sortie de secours, sans qu'elle puisse dire au revoir à ses collègues. Elle rend son haut aux couleurs de Leclerc. Et comme elle n'a pas de change, elle rentre à Etampes en soutien-gorge sous son manteau.

J.-B. C.  et M. Su.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Février 2015

2826be1dLa culture des banquiers pose problème, on le voit par cette fascinante étude.

Il est donc temps d'engager des vraies réformes sur cette profession en changeant la formation de ces personnels afin de redonner plus de liberté au consommateur.

Edifiant.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 21 Novembre 2014

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Les banquiers, tricheurs par culture
Publiée dans " Nature ", une enquête incrimine les " règles informelles " de la finance
Les banquiers n'inspirent pas confiance, c'est là un euphémisme. Chaque nouvelle enquête le rappelle : aucun secteur professionnel ne suscite autant de rejet dans l'opinion, " si ce n'est les hommes politiques, les criminels emprisonnés… et les vendeurs de voitures ", précise Michel Maréchal, professeur d'économie expérimentale à l'université de Zurich. Le chercheur ne va rien arranger à l'affaire. Avec son collègue de Zurich, Ernst Fehr, et Alain Cohn, de l'université de Chicago, il publie dans la revue scientifique Nature, jeudi 20  novembre, un article qui met en évidence la " culture de la triche " en vigueur dans le secteur bancaire.

Les trois chercheurs s'intéressent depuis des années aux identités professionnelles et à la façon dont celles-ci peuvent contribuer à construire des comportements plus ou moins éthiques. " Les récents scandales financiers, du dossier Kerviel à l'affaire du Libor, et la conviction des experts que les normes en vigueur dans le monde de la banque pouvaient expliquer ces dérives nous ont convaincus de la nécessité d'élaborer un protocole ", explique M. Maréchal. Un dispositif assis sur le plus célèbre des jeux de hasard : pile ou face.

Une grande banque internationale a mis à la disposition des universitaires 128 de ses employés, issus de tous les secteurs – banque privée, gestion du risque, traders, ressources humaines – et de tous les niveaux. A une condition : conserver l'anonymat (la suite lui donnera raison). La cohorte, en moyenne onze ans et demi d'expérience dans le secteur, a été scindée en deux. A tous a été posée une série de questions portant sur leur bien-être, suivie de sept questions distinctes.

Le premier groupe s'est vu interroger sur son identité professionnelle (dans quelle banque travaillez-vous ? quelle est votre fonction ?…) ; le second, sur d'autres sujets (quel est votre loisir favori ? combien d'heures regardez-vous la télévision chaque jour ?…).

Pas malhonnêtes par nature
Les affaires sérieuses ont ensuite commencé. Les cobayes ont été invités à lancer dix fois une pièce et à noter le résultat. Ennuyeux et banal ? Pas tant que ça, car le jeu était intéressé : chaque lancer retombant côté " face " rapportait 20  dollars ; " pile ", au contraire, ne rapportait rien.

Tricher ? La tentation était grande. Les joueurs n'étaient pas observés. Un résultat hors de la norme pouvait aisément être attribué au facteur chance. Un, peut-être deux, mais pas dix ou vingt… Que pensez-vous qu'il advint ? L'échantillon de contrôle rapporta un taux de 51,6  % de lancer " gagnant ", " ce qui n'est pas significativement différent de 50  % ", indiquent les chercheurs. Qui concluent que les banquiers ne sont pas malhonnêtes par nature.

En revanche, dans l'échantillon placé dans des conditions professionnelles, la pièce tomba du bon côté dans 58,2  % des cas. Ce qui n'a plus rien de normal. En considérant que personne ne triche contre son intérêt, le calcul de probabilité estime à 26  % le taux de tricheurs dans le groupe étudié.

Le même exercice a été reproduit avec des employés d'autres secteurs. Aucune différence statistique n'a été observée entre les joueurs placés en situation professionnelle et le groupe de contrôle. Et avec des étudiants : même résultat. En revanche, un autre groupe de 80  employés du secteur bancaire venus d'autres établissements se sont avérés très… chanceux. Ce n'est donc pas la banque d'origine mais bien le conditionnement professionnel qu'il faut incriminer. " Les normes et règles informelles en vigueur dans le monde de la banque privilégient les valeurs matérielles et poussent à une attitude malhonnête ", concluent les chercheurs.

Marie-Claire Villeval, professeur d'économie (CNRS, université de Lyon), invite à poursuivre les recherches sur la " prise de risques " et à reproduire une telle étude avec des hommes politiques confrontés à de possibles gains électoraux. " Il n'y a aucune raison de penser que seul le secteur financier soit concerné ", juge-t-elle.

Les chercheurs suisses insistent, eux, sur la nécessité de " modifier la culture professionnelle des banquiers ". Mettre en place un " serment ", à l'image de celui d'Hippocrate prononcé par les médecins ; écarter les bonus qui favorisent un comportement en conflit avec l'intérêt du client ou de la société ; introduire des primes qui récompensent une attitude " citoyenne ". Le rêve appartient-il à la culture professionnelle du chercheur ?

Nathaniel Herzberg

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 13 Février 2015

2826be1dL'Allemagne va avoir son SMIC mais ce n'est pas ça qui va lui couper sa croissance. Elle n'a pas mis la charrue avant les boeufs : c'est bien parce qu'elle est en bonne santé qu'elle peut se permettre cette mesure et cette mesure ne va pas entraver sa bonne santé.

En France, les syndicats ont mis le SMIC sur un pied d'estale. Ce n'est pas une mauvaise chose en soi, mais si on ajoute cette mesure avec des indemnités chômage record, avec un coût du travail bien supérieur à l'Allemagne par des cotisations sociales bien trop hautes, notre compétitivité s'en trouve plombée et notre croissance en berne...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Novembre 2014

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Le " smic allemand ", une leçon pour la France ?
La création d'un salaire minimun outre-Rhin ne justifie pas que l'on nie les problèmes qu'il continue à poser dans notre pays
Rompant avec la sacro-sainte autonomie des partenaires sociaux en matière de négociation salariale, l'Allemagne va donc se doter d'un salaire minimum interprofessionnel à partir du 1er  janvier  2015. D'un montant de 8,50  euros l'heure, il sera à un niveau relativement élevé en comparaison européenne. Il s'agit sans aucun doute d'une mesure choc, puisqu'elle pourrait relever la rémunération de quelque 3,7  millions de salariés dès 2015.

Cette décision historique vient percuter le débat sur les salaires en France : puisque la vertueuse Allemagne prend le chemin de l'augmentation des bas salaires, pourquoi continuer à entretenir des polémiques sur le smic, à un moment où le pouvoir d'achat des ménages diminue dans notre pays ? Un examen croisé de la situation des marchés du travail allemand et français permet de répondre à cette question.

Contrairement à la France, l'Allemagne connaît le plein-emploi : dans un contexte démographique inquiétant, la première préoccupation des employeurs est de trouver de la main-d'œuvre, et non de pressurer les coûts salariaux. La tendance à la diminution de la couverture conventionnelle des salariés (seuls 60  % sont couverts par des conventions de branche en raison de l'absence d'extension automatique des accords de branche, au contraire de la France) fait que les salaires ont déjà subi de fortes pressions à la baisse ces dernières années.

Ce mouvement, inconnu en France, a été accentué par la flexibilisation accrue du marché du travail au niveau des emplois peu qualifiés. D'un point de vue aussi bien social qu'économique, cette situation facilite et justifie un coup de pouce général aux bas salaires, afin de rééquilibrer la relation salariale. Et si, comme il est possible, cette mesure détruit à terme quelques centaines de milliers d'emplois, le chômage allemand devrait rester encore quelques années bien en dessous du chômage français.

De plus, certaines catégories n'auront pas droit à ce salaire minimum : les stagiaires, certains chômeurs de longue durée, les moins de 18 ans. L'exception la plus notable concerne l'apprentissage, voie beaucoup plus développée qu'en France, dans laquelle s'engagent près de 60  % des jeunes Allemands. Pour les 1,5  million d'apprentis, la rémunération restera en moyenne de 730  euros mensuels, soit à peine 4,50  euros l'heure. En France, quelque 1  million de jeunes ne sont ni en emploi, ni en scolarité, ni en formation. Pour eux, le smic est bien souvent une barrière à l'embauche infranchissable.

Plus faible que le smic
La troisième et dernière différence a trait au calibrage du salaire minimum. Le coût du travail au niveau du salaire minimum chez nos voisins sera de 10,30  euros, contre 11  euros en France (malgré les allégements de charges), soit un écart non négligeable de 7  %, sans doute de l'ordre de 10  % en  2017 compte tenu de la dynamique du smic. Mais surtout, le niveau retenu correspond à la moitié du salaire médian, tandis que notre smic atteint près des deux tiers du salaire médian. Le salaire minimum allemand sera donc plus faible que le smic, alors même que les salaires outre-Rhin sont globalement plus élevés qu'en France. Et l'on sait pourquoi : la main-d'œuvre y est globalement mieux formée, les entreprises sont plus rentables et les jeunes mieux préparés au marché du travail.

Si, en outre, on considère que la loi allemande ne prévoit aucune revalorisation automatique du salaire minimum et que le gouvernement n'aura pas la possibilité de pratiquer des coups de pouce post-électoraux, comme ce fut le cas en France après chaque élection de 1970 (création du smic) à 2007, on peut penser que l'Allemagne n'a pas pris un risque déraisonnable.

Tirer de l'expérience allemande des conclusions sur nos propres marges de manœuvre en matière salariale serait hasardeux. Que l'introduction d'un salaire minimum en Allemagne tel qu'il est conçu soit absorbable par l'économie allemande dans l'état où elle est, ne signifie pas que le niveau du coût du travail au niveau du smic en France ne pose plus de problème.

par Bertrand Martinot


Bertrand Martinot est économiste, et auteur de " Chômage  : inverser la courbe ", publié par l'Institut Montaigne aux Belles Lettres (192 p., 19 euros)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Février 2015

mtgentreprise011Comment se fait-il que l'apprentissage ne marche pas en France alors qu'il marche en Allemagne et que là-bas, le chômage est bien moins important qu'en France ? De plus, on perd sur tous les tableaux car on subventionne plus la mesure !

Je pense que l'on est dans un problème de culture éducative en France : on cherche à former des citoyens avant de former des personnes adaptées au marché du travail. A force d'inciter à avoir 80% de personnes au niveau Bac, on a baissé le niveau de ce diplôme et on s'est éloigné de l'objectif de fournir une main d'oeuvre adaptée à notre marché du travail. En clair, on fait de l'idéologie avant de faire de l'éducation en pensant que notre système éducatif doit former des citoyens complets alors qu'il n'est même pas capable de former des travailleurs.

Or, sans travail, le citoyen n'est rien... Il faut savoir redonner des priorités à notre modèle éducatif en visant moins haut et en se disant que la priorité est la formation nécessaire à avoir un emploi, pas d'avoir un pseudo-statut de citoyen... chômeur...

Il faut savoir se dire que tout le monde n'a pas à aller jusqu'au Bac pour réussir mais que le but est d'avoir un métier qui valorisera l'employé comme la société dans son ensemble.

Dans ce cadre, il faut aussi former des professeurs à leur inculquer les bases à enseigner à leur classe pour que le jeune trouve pleinement sa place au sein de l'entreprise. Ces bases devront être techniques mais aussi humaines en inculquant les valeurs de base à avoir avant d'entrer en entreprise.

Un bien gros chantier...

Deux articles daté du 18 Novembre 2014

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PERSPECTIVE

Le paradoxe de l'apprenti

Curieux paradoxe tout de même. L'apprentissage en France, ça marche, et pourtant, ça ne marche pas ! Plus ancienne forme au monde de transmission des savoirs, il garde aujourd'hui toutes ses vertus. Les jeunes de 16 à 25  ans qui choisissent cette voie connaissent un chômage deux fois plus faible que leurs copains qui optent pour la filière du diplôme seul, sans l'alternance dans une entreprise. Mieux, les contrats de travail sont moins précaires et ils sont mieux payés. Cerise sur le gâteau, les entreprises en cherchent par milliers… et n'en trouvent pas assez.

Car l'apprentissage, ça ne marche pas. Depuis 2008, les entrées dans cette filière, déjà bien peu élevées, sont en baisse constante : - 8  % en  2013, - 12  % en  2014.

" Cette fois, c'est du sérieux " : chaque ministre du travail y va de sa promesse, et puis s'en va. Dernier en date, François Rebsamen a lancé en avril l'objectif de 500 000  alternants d'ici à 2017. Un beau chiffre rond, qui représente 80 000 de plus qu'en  2013, mais trois fois moins que le nombre d'apprentis en Allemagne. Alors même que le système est largement plus subventionné de ce côté du Rhin.

Pourquoi cet échec quand les rapports et les recommandations en tout genre fleurissent à chaque changement de gouvernement ? Parce que le sujet est enkysté dans un autre, bien plus complexe, celui des rapports qu'entretient le pays en général, et le monde de l'éducation nationale en particulier avec ses entreprises. L'enseignement, tel qu'il est conçu, ne doit pas apprendre un métier mais ouvrir les esprits et former des citoyens cultivés et indépendants. Résultat, la filière n'est pas privilégiée, son contenu reste souvent scolaire et les entreprises ne sont pas suffisamment impliquées. Le cas de l'Alsace, dont le droit local fait dépendre les inspecteurs d'apprentissage des chambres de commerce et non de l'éducation nationale, montre pourtant son efficacité.

Abandons en masse
Mais une délégation plus franche du système en direction des entreprises, en les autorisant notamment, cela paraît une évidence, à mettre les formations en adéquation avec leurs besoins réels ne suffira pas. Car le paradoxe de l'apprentissage réside aussi dans le fait que, en dépit de ses qualités et de son efficacité, il fait l'objet d'abandons en masse. Un tiers des jeunes en CAP et BEP jettent l'éponge avant la fin. La fragmentation de la société laisse sur le bord de la route des bataillons entiers de jeunes sans boussole.

L'éducation nationale n'est pas seule fautive, c'est la société tout entière qui peine à s'occuper de ses générations futures et à les intégrer dans le monde du travail. Ou le fait trop tard, obnubilée par le mythe d'un savoir unique pour tous et qui, à la fin, ne réussit plus qu'à reproduire sans cesse les mêmes élites et laisser les autres en chemin. Un paradoxe de plus que l'apprentissage pourrait justement résoudre.

Philippe Escande

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Apprentissage : l'éternel retour
Comment réconcilier les entreprises avec ces formations ? Des expériences de terrain, notamment en Alsace, montrent la voie
Jusqu'à la fin de novembre, un semi-remorque de la Fédération de la plasturgie parcourt la France à la recherche d'apprentis. Il n'est pas le seul à chercher des candidats. Des milliers de contrats d'apprentissage attendent aussi dans les transports, la logistique et ailleurs. En face, curieusement, ce n'est pas la ruée. Depuis 2008, les entrées en apprentissage sont à la baisse  : – 8  % en  2013, – 12  % sur le premier semestre, indique le ministère du travail. Résultat, depuis six ans, le nombre d'apprentis oscille autour de 425  000. Le total de 421  000 en  2013 est encore loin de l'objectif gouvernemental, rappelé le 19  septembre à l'Elysée, lors de la réunion avec les partenaires sociaux pour relancer l'apprentissage. "  L'objectif de 500  000 alternants d'ici à 2017 est maintenu  ", scandait dans son discours du 28  avril le ministre du travail et de la formation professionnelle, François Rebsamen.

De la demande d'un côté, pas assez d'offres de l'autre, il devient urgent de réconcilier apprentis et entreprises si l'on veut enfin donner sa chance à ce dispositif essentiel pour réduire le chômage des jeunes. Car le jeu en vaut la chandelle. Les jeunes issus de la filière d'apprentissage au niveau CAP ont un taux de chômage plus de deux fois inférieur à celui des jeunes diplômés issus des filières générales  : 11  % pour les apprentis contre 26  % pour les autres. Et une fois diplômés, ces jeunes occupent des emplois "  plus souvent en CDI, à temps plein et leurs salaires sont légèrement supérieurs  " à ceux des non-apprentis, indique le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq), qui a suivi l'évolution de ces jeunes durant plusieurs années après leur entrée sur le marché du travail.

Le développement de l'apprentissage est donc très favorable à l'emploi stable. Les jeunes en sont conscients, puisque 63  % d'entre eux estiment que l'apprentissage leur donne de meilleures chances de trouver un travail. C'est ce qu'ils ont exprimé dans un sondage réalisé fin octobre par Prism'emploi. Serait-ce donc les entreprises qui sont trop frileuses à l'égard de ce dispositif de formation complexe, car organisé à la fois par l'Etat, les régions et les organismes paritaires  ? Pas vraiment, puisque dans les statistiques, les ruptures de contrat d'apprentissage sont le plus souvent à l'initiative de l'apprenti.Au niveau CAP, la catégorie la plus importante de la formation en apprentissage, plus de 34  % des jeunes abandonnent en chemin.

Le phénomène n'est pas nouveau. Le cuisinier étoilé Thierry Marx se souvient de ses années de jeunesse. Il vivait alors dans la cité du 140, rue de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris  : "  Nous étions quatre copains à être entrés en apprentissage, maiscela n'a pas marché.  " Le chef du Mandarin oriental Paris, qui est aujourd'hui passé du côté employeur, s'explique  : "  Ce qui nous avait manqué dans nos quartiers, c'était des modèles d'excellence et un cadre pédagogique. C'est chez les Compagnons du devoir puis chez les parachutistes que je suis rentré dans le moule. C'était une première relation d'homme à homme. Quand il y a une vraie lisibilité des règles pour le candidat, ça marche.  "

Multiples sources de désaccord
Quant à la pédagogie nécessaire, il est plus concret  : "  Il faut mettre le doigt sur les métiers, sur l'environnement, expliquer le pourquoi et non pas seulement s'en tenir au comment. Le diplôme doit être la conséquence d'un projet. C'est la dramaturgie de l'échec qui a beaucoup pénalisé les jeunes  ", analyse-t-il.

"  Le jeune n'est pas préparé à ce que l'entreprise attend de lui  ", renchérit Valéry Auchère, chef de projet du centre des Apprentis d'Auteuil, chargé des nouveaux dispositifs pour lutter contre les ruptures anticipées. "  Je me suis orientée vers un CAP de restauration. Malheureusement, je ne suis pas allée au bout, témoigne Sadet Durdu, 18 ans, en CAP agent polyvalent de restauration au centre de formation des Apprentis d'Auteuil. Passer de la vie scolaire à la vie active est un grand changement pour un jeune. Au début, ce n'est pas forcément évident. On débute au bas de l'échelle. Les patrons ne nous laissent pas toujours le temps d'apprendre. Ils veulent qu'on soit opérationnel tout de suite. Et il peut y avoir des désaccords sur les termes du contrat.  "

Les sources de désaccord entre apprentis et entreprises sont multiples  : l'impréparation des jeunes aux rythmes et codes de la vie en entreprise, le non-respect de l'apprenti et du code du travail par les entreprises. "  Les patrons nous emploient à des missions qui ne correspondent pas à notre projet professionnel. Moi, j'étais censée devenir serveuse et mon employeur m'utilisait pour faire la plonge. Comme il n'y avait personne au CFA pour faire tampon, j'ai jeté l'éponge. Le 1er  août, j'ai intégré le CFA Apprentis d'Auteuil de Schiltigheim - Bas-Rhin - , où je suis un CAP agent polyvalent de restauration. Et ça se passe beaucoup mieux  ", ajoute Sadet Durdu.

Ces problèmes s'ajoutent à d'importants freins au développement de l'apprentissage  : le coût de l'apprentissage, le logement et le fossé culturel entre deux mondes, celui de l'éducation nationale et celui de l'entreprise. "  L'apprentissage est procyclique. Quand l'économie va bien, il va bien. Mais dès qu'on approche des zones de stagnation, il ralentit. Pourquoi  ? Parce qu'en plus d'être un mode pédagogique, il est aussi un contrat de travail. Et la priorité des entreprises n'est pas d'embaucher des apprentis, mais plutôt de pérenniser des emplois  ", indique Pierre-Antoine Gailly, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Paris-Ile-de-France.

Réduire le coût de l'apprentissage pour les entreprises est donc le levier qui paraît de prime abord le plus immédiatement efficace, même dans un contexte économique peu favorable à la dépense publique. C'était le cas en  1993 lorsque fut promulguée la loi quinquennale, qui, en augmentant les incitations financières et en abrogeant l'agrément du maître d'apprentissage, a provoqué un quasi-doublement des effectifs d'apprentis, passés progressivement entre 1993 et 2001 de 210  000  à 360  000. Le taux de chômage des moins de 25 ans était alors autour de 20  % et la France était en récession. Ce qui confirme "  le caractère incitatif des subventions à l'embauche d'apprentis  ", commentent le sociologue Maël Dif-Pradalier et le philosophe Samuel Zarka, coauteurs de l'étude "  Redonner ses chances à l'apprentissage  " (CFTC, septembre  2014).

Effet de vases communicants
Pendant des années, les entreprises qui prenaient des apprentis ont bénéficié de systèmes d'allégements de charges et de cotisations. Mais, depuis 2013, le système des compensations financières a été revu. Les aides aux entreprises ont fait l'objet d'un amendement à la loi de finances pour accorder, à partir de janvier  2015, une prime de 1  000  euros à celles qui se convertiraient à l'apprentissage ou recruteraient de nouveaux apprentis.

Mais l'efficacité de cette initiative est contestée par les entrepreneurs qui estiment, au mieux, que c'est insuffisant, au pire, qu'on leur donne d'une main ce qu'on vient de leur prendre de l'autre. "  Dans le système précédent, l'Etat donnait 1  000  euros à toute entreprise qui prenait un apprenti, les conseils généraux ajoutaient 1  000 à 1  500  euros, et un crédit d'impôt complétait le tout en octroyant de 2  400 à 3  600  euros supplémentaires. La redéfinition de la prime, attribuée sous conditions, a été perçue par les entreprises comme une perte financière, explique François Moutot, directeur général de l'Assemblée permanente des métiers et de l'artisanat (APCMA). L'entreprise perçoit au mieux 2  000  à 3  000 euros, soit deux fois moins qu'auparavant, et, au pire, plus rien du tout. Quand la situation économique est difficile, prendre un apprenti qui ne vous coûte rien la première année, c'est faisable, dans le cas contraire, c'est compliqué.  "

"  Psy de l'artisanat  "
Pour l'économiste Marc Ferracci, professeur à l'université de Nantes et membre du Centre de recherche en économie et statistique, "  il faut évidemment raisonner à ressources constantes, compte tenu des contraintes budgétaires  ", mais il voit dans la baisse des entrées en formation plus qu'une question de coût, un effet de vases communicants avec la mise en place des emplois d'avenir. "  La concordance temporelle est troublante  ", souligne-t-il.

Il reconnaît que "  la demande de travail est d'autant plus sensible au coût que le personnel est peu qualifié  ", mais estime que les pistes à suivre sont ailleurs. "  Pour réconcilier les entreprises avec l'apprentissage, il faut modifier la gouvernance, simplifier le parcours en limitant le contrôle de l'éducation nationale pour tenir compte de façon plus étroite des besoins des entreprises. Un des enjeux est que les branches professionnelles reprennent la main sur le contenu des formations, comme en Allemagne, où ils ont créé un marché de la certification.  "

Les contenus trop académiques des formations, en décalage avec les besoins des apprentis en entreprise, sont critiqués à la fois par les apprentis, les entrepreneurs et les médiateurs d'apprentissage. Ces derniers font, avec les inspecteurs d'apprentissage, un travail de terrain qui a marqué des points ces dernières années contre les ruptures de contrat et les abandons de formation.

Le cas de l'Alsace est exemplaire de ces pratiques vertueuses. Agnès Fes est inspectrice d'apprentissage dans cette région, où le droit local fait dépendre l'inspecteur des chambres consulaires et non du rectorat comme dans le reste du pays. "  Je me sens un peu la psy de l'artisanat. Appelée par les entreprises, les centres de formation ou les familles, mon rôle est celui d'un traducteur à tous les niveaux, pour expliquer la vie d'un jeune, la situation familiale, le contexte. D'un côté, les jeunes n'ont souvent pas conscience qu'ils signent un contrat de travail, ils croient qu'ils entrent en formation  ; d'un autre, les employeurs ne respectent pas toujours le code du travail  ", dit-elle.

"  Pour nous, inspecteurs, le fait d'être assermentés assoit l'autorité à l'égard de toutes les parties, et les artisans nous écoutent facilement car on ne dépend pas de l'éducation nationale, dont ils gardent souvent de mauvais souvenirs. On s'autorise alors à dire en face ce qui ne va pas, et le franc-parler, ça marche  ", souligne-t-elle. Pour l'inspectrice, Il faut du temps pour comprendre les codes de l'entreprise. Mais le résultat est là  : "  Quand il y a rupture de contrat, les jeunes rebondissent dans une autre entreprise. Il y a un gros flux d'appels, mais très peu de ruptures sèches, sauf quand l'apprenti n'est vraiment pas mature.  "

De leur côté, les médiateurs qui interviennent dans le cadre d'une expérimentation menée en Alsace sont éducateurs spécialisés. Leur accompagnement est différent et complémentaire de celui des inspecteurs. "  Ce qui est important, c'est d'intervenir tout de suite. Quand un jeune n'est pas en cours le matin, à partir de cinq minutes de retard on l'appelle, et si c'est compliqué on va le chercher à la maison. Pour l'absentéisme et pour les ruptures, l'impact est très fort. Alors que dans l'hôtellerie et la restauration le taux de rupture peut atteindre 40  %, on est en dessous des 15  %  ", explique Michael Nachon, responsable des médiateurs au sein du pôle insertion des Apprentis d'Auteuil.

"  Passent à travers les mailles du filet des jeunes qui ont un déficit de codes sociaux, autrement dit des postures inadaptées en entreprise. Si on veut se recentrer sur les publics les plus fragiles, il faut investir, comme en Allemagne, dans le préapprentissage et réallouer les moyens sur les bas niveaux de qualification, en modulant les subventions en fonction des diplômes  ", propose Marc Ferracci. En attendant le retour de l'emploi, l'expérience de terrain menée en Alsace, loin de la politique nationale, marque des points pour réconcilier apprentis et entrepreneurs.

élodie Chermann et Anne Rodier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 11 Février 2015

dicteeC'est un fait : quand on est démotivé, on travaille moins et quand on est hyper-démotivé, on ne travaille plus du tout... Tous les enseignants savent cela et pourtant, trop souvent, en France, le système de notation démotive car il déclasse, car il humilie...

Dans bon nombres de cas, j'ai été témoin de notations posant problèmes où on se demandait si le professeur n'avait pas une prime inversement proportionnelle à la moyenne des notes de ses élèves !

Heureusement, il y a des pratiques qui tentent de sortir de cette logique suicidaire ! Suicidaire, car en démotivant nos élèves, on ne les fait pas progresser, et sans progression, la compétitivité globale de nos forces vives est remise en question...

Ainsi, dans certains collèges, on remet en cause le sacro-saint pouvoir de la note pour rejoindre un autre mode de notation bien plus respectueux et bien plus motivant pour les élèves, et le pire c'est que ça marche !

Ne reste plus qu'à le généraliser afin de faire monter en compétence l'ensemble des élèves de notre pays, sortir l'éducation nationale de la médiocrité dans laquelle elle est engluée, et redonner à notre pays, par les forces vives de notre jeunesse, une compétitivité économique qui le fera sortir de l'ornière !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 Novembre 2014

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Un collège métamorphosé par l'abandon des notes
Najat Vallaud-Belkacem lance dans le Gers le chantier de l'" évaluation bienveillante " des élèves
Le vendredi est jour du marché à Vic-Fezensac. Une aubaine pour la ministre de l'éducation nationale, qui a choisi le gros bourg gersois pour commencer à faire ses provisions de bonnes pratiques pédagogiques. Najat Vallaud-Belkacem, qui va multiplier les visites d'écoles et de collèges adeptes de l'évaluation bienveillante, commence, le 14  novembre, par ce collège fer de lance de l'évaluation sans notes. Ce choix surprend le monde de l'éducation  : si la réflexion sur des systèmes d'évaluation qui ne "  cassent  " pas les élèves est assez partagée, l'abolition pure et simple des notes est loin de faire consensus.

Il a beau s'appeler Gabriel-Séailles, à Vic-Fezensac on l'appelle "  le collège  ". L'ambiance y est familiale entre les 270 élèves et leurs 24 enseignants. Ici, l'anonymat n'existe pas, ce qui rend difficiles les carrières de cancre. "  Tu vas pas y croire  ", lance Christel Thiriet, enseignante d'histoire-géographie, à l'attention de Lara Massartic, sa collègue de français  : "  Kevin a réussi deux évaluations successives…  " Du haut de ses 11 ans, le gamin (son prénom a été modifié) a décroché des études dès son arrivée en 6e, en septembre. Mme  Massartic lui a proposé d'oublier ce premier mois catastrophique et de repartir de zéro. "  Avec la cadence des évaluations, les efforts paient très vite. De quoi remotiver.  "

C'est pour des enfants comme Kevin que des enseignants, arrivés là au hasard des mutations, a décidé, un jour de 2008, de changer de mode d'évaluation. "  On en avait assez des élèves perdus pour les études dès le premier trimestre de 6e, désespérés de leurs notes. On a décidé, il y a six ans, de noter par compétences une classe de 6e tirée au sort  ", raconte le conseille principal d'éducation, Francis Fantoni. "  L'année suivante, l'expérimentation a été reconduite avec la même classe, mais en 5ecette fois. Aujourd'hui, tout le collège est sans notes  ", ajoute-t-il.

"  Au début, on évaluait les compétences en rouge ou en vert et on gardait une note globale chiffrée. Et puis, comme pour le passage du franc à l'euro, il faut à un moment supprimer l'un pour laisser vivre l'autre  ", résume Lara Massartic. Les notes ne font donc leur retour que sur les bulletins trimestriels de 3e, pour l'orientation. Elles sont alors générées par un logiciel, comme la résultante du pourcentage de rouge et de vert de l'élève. Mille fois les détracteurs de l'expérience vicoise ont assimilé le "  sans notes  " à du laxisme  ; mille fois les profs de Gabriel-Séailles ont prouvé l'inverse.

Sur les copies s'alignent donc des points rouges ou verts qui évaluent les compétences listées en haut de page. "  Deux verts, c'est 20 ou quasi  ; deux rouges, c'est zéro ou pas loin  ", ajoute Marie Boudier, professeur de mathématiques. Les résultats sont là : au brevet, c'est désormais 70  % de mentions et un taux de réussite de 93  %.

Mais là n'est pas l'essentiel aux yeux des enseignants. "  Je me réjouis surtout que notre système ait fait monter le niveau d'ambition. On a tous connu les bons élèves qui se fixaient pour horizon le 12 sur 20. Avec les couleurs, ils ne peuvent pas mettre cette logique à l'œuvre. Nos très bons sont encore meilleurs et nos plus faibles perdent moins courage  ", rappelle Mme Boudier.

" On n'est plus le censeur "
Dans sa classe de 3e, Alexandre, profil premier de la classe, estime que les points colorés l'aident plus finement que les notes. "  Quand j'ai un point rouge, je regarde la compétence que je ne maîtrise pas bien et la retravaille  ", ajoute le garçon. "  C'est pour cette raison que nous évaluons des compétences très fines  ", enchérit Mme Thiriet. "  Ainsi, en français j'ai ajouté l'item “j'ai écrit un texte particulièrement réussi” qui permet de distinguer une bonne copie d'une excellente  ", ajoute-t-elle. Au fil des ans, la liste des compétences évolue. Le rapport aux résultats aussi.

Alors que la méthode était en rodage, Marie Boudier a débarqué un jour, inquiète, en salle des profs. "  J'avais autorisé une 5e, qui avait raté son évaluation et maîtrisait parfaitement les attendus, à en refaire une…  " Le débat sur le sens de l'évaluation qui a émergé ce jour-là s'est conclu très simplement  : "  On n'évalue pas pour piéger, mais pour que les élèves maîtrisent un savoir-faire. Avec cette définition, on pouvait les faire recomposer sereinement  ", se rassure Mme Boudier.

Le dispositif oblige les élèves à travailler beaucoup plus. "  Quand ils n'ont pas réussi, ils viennent en soutien pour s'entraîner et être réévalués. Il n'est pas rare d'avoir toute une classe à ce moment facultatif. Quant aux cours, ils ne peuvent plus y dormir tranquilles parce qu'on contrôle tout le temps  ", ajoute Mme Thiriet.

Si la formule a métamorphosé les élèves, elle a aussi transformé la pédagogie. "  On n'est plus le juge, le censeur  ; on les accompagne et ils le savent  ", ajoute Mme Boudier. D'ailleurs, Catherine Lasserre, la principale, juste arrivée, observe comment la méthode permet désormais d'amener tout le monde à son projet d'orientation. "  On ne trie plus. On emmène chacun au maximum de ses possibilités avec un vrai bien-être  ", ajoute la chef d'établissement.

Côté parents, la confiance règne, même si les repères classiques sont bousculés. Claudine Ducos, mère d'élève, apprécie "  l'autonomie que cela donne aux élèves pour se prendre en main et retravailler seuls leurs lacunes  ". Pour elle, l'autoévaluation demandée à chacun en fin de devoir est "  essentielle  ". "  Les adolescents doivent savoir où ils en sont pour prendre confiance en eux et en leurs compétences.  " En revanche, la méthode n'apporte pas de solution au manque de travail à la maison, qui reste un point noir à Vic-Fezansac comme ailleurs.

Maryline Baumard

lexique

confiance

L'élève bénéficie d'un entraînement en cours. L'enseignant propose à la classe de faire ensemble un test de même niveau que celui auquel chaque élève sera soumis individuellement.

A, B, C, D, E

L'enseignant divise son évaluation en deux temps. Durant le trimestre, il ne met que des lettres (A, B, C, D, E). L'élève peut refaire chez lui toutes les évaluations. En fin de trimestre, arrive l'évaluation bilan, qui est notée.

compétences

Surtout utilisées en primaire, les ceintures de compétence sont calquées sur celles du judo. Lorsqu'un élève se sent prêt, il demande à passer une ceinture dans une discipline.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Février 2015

mtgentreprise011C'est un bon article que celui-ci car il pose de bonnes questions : notre manque de compétitivité n'est-il pas dû aussi à la compétence des managers ?

A lire et à se servir pour se faire une opinion...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Novembre 2014

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Les entreprises françaises sont peu compétitives parce que mal gérées

Une étude américaine classe au sixième rang sur 20 la qualité du management des sociétés hexagonales, loin derrière les firmes américaines, japonaises et allemandes
Pas un jour ne passe sans que l'on déplore le déficit de compétitivité des entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes étrangères, en invoquant le coût du travail, le manque d'innovation. Mais la (mauvaise) qualité de leur management ne serait-elle pas aussi un facteur explicatif de ce décrochage ?

Depuis plus d'une dizaine d'années, une équipe de chercheurs réunie autour de Nicholas Bloom (professeur à Stanford) et John Van Reenen (professeur à la London School of Economics) étudie l'influence des techniques de management sur la performance des entreprises. Leurs recherches initiales portaient sur quelques centaines de firmes dans quatre pays. Les plus récentes se fondent sur plus de 10 000 entreprises dans vingt pays. Elles sont riches d'enseignements pour les sociétés françaises.

Avec l'aide d'un cabinet de conseil réputé, Bloom, Van Reenen et leurs collègues ont commencé par développer une batterie de dix-huit indicateurs mesurant l'utilisation de trois techniques " de base " dans le domaine du management. D'abord, la mise en place d'objectifs (" targets "). L'entreprise se fixe-t-elle des objectifs ? Evalue-t-elle si ces objectifs sont atteints ? Prend-elle les mesures qui s'imposent lorsque ce n'est pas le cas ?

Ensuite, la mise en place d'incitations (" incentives "). Les employés sont-ils rétribués et promus sur la base de leurs performances ? L'entreprise cherche-t-elle à attirer et fidéliser les employés les plus performants ? Sait-elle gérer ses " talents " ? Enfin, la mise en place de mécanismes de suivi de la performance(" monitoring "). La société évalue-t-elle en permanence sa performance ? Utilise-t-elle ces informations pour améliorer son fonctionnement ?

Lorsqu'on les interroge, près de 80  % des dirigeants répondent que leur firme est bien gérée. Pourtant, c'est loin d'être le cas… Seules 15  % des entreprises américaines et moins de 5  % des entreprises dans le reste du monde obtiennent une note supérieure à 4 (sur une échelle de 1 à 5) pour l'utilisation de ces trois techniques de management. C'est dommage, car un bon management améliore très sensiblement la performance des entreprises. Pour chaque point gagné sur l'échelle de 1 à 5, la productivité augmente de 23  %, la capitalisation boursière de 14  % et la croissance annuelle du chiffre d'affaires de 1,4  % (Bloom, Sadun et Van Reenen, Harvard Business Review, novembre  2012).

Performances moyennes
Les résultats les plus récents portent sur un peu plus de 9 000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) industrielles (Bloom, Genakos, Sadun et Van Reenen, Academy of Management Perspectives, février  2012). Ils montrent qu'il existe des différences très importantes d'un pays à l'autre. La performance des entreprises françaises est moyenne. Avec une note de 3,02 sur 5, elles arrivent à la sixième place sur vingt (ex aequo avec les australiennes, italiennes et anglaises), loin derrière les firmes américaines, japonaises et allemandes… et juste devant les sociétés néo-zélandaises et mexicaines. Notons également qu'elles évitent le pire grâce à leur bonne note en matière de suivi de la performance (3,41 sur 5). La note sur les incitations, cruciales pour la performance des entreprises, est particulièrement décevante (2,73 sur 5). Idem pour les objectifs (2,95 sur 5).

Pourquoi certaines sont-elles mieux gérées que d'autres ? Bloom, Van Reenen et leurs collègues proposent plusieurs pistes pour répondre à cette question. Certaines explications sont structurelles. Par exemple, la faiblesse des sociétés françaises dans la gestion des " talents " doit beaucoup à la rigidité de la législation sur le travail. Certaines caractéristiques des entreprises influencent également la qualité de leur management. Les entreprises publiques obtiennent les moins bonnes notes, alors que les filiales de multinationales obtiennent les notes les plus élevées. Toutefois, la décision d'utiliser (ou de ne pas utiliser) une technique de management reste largement la prérogative du dirigeant. Ainsi, les entreprises familiales obtiennent de meilleures notes lorsqu'elles sont dirigées par un PDG qui n'est pas issu de la famille que lorsqu'il l'est.

On reproche souvent aux entreprises françaises d'être moins compétitives que leurs concurrentes étrangères (et notamment allemandes). Si de nombreux éléments ont été avancés pour expliquer ce déficit de compétitivité, la question du management a rarement été évoquée. Paradoxalement, le retard français dans le domaine du management est plutôt une bonne nouvelle. Car il est plus facile (et moins coûteux) de mettre en œuvre des techniques de management que d'améliorer la capacité d'innovation ou de remettre à plat la stratégie… Les entreprises françaises ont donc la possibilité d'améliorer rapidement leur compétitivité, à condition qu'elles prennent conscience de leur retard dans le domaine du management. Ce n'est pas gagné ! Comme on l'a vu, la plupart des dirigeants sont persuadés que leur société est bien gérée…

Pour conclure, on peut noter que le management ne se résume pas uniquement à la mise en place d'objectifs, d'incitations et de mécanismes de suivi de la performance. Il existe bien d'autres techniques. On pourra également objecter que la mise en œuvre de ces trois techniques a pour objectif d'enrichir les actionnaires au détriment des employés. Ce n'est pas forcément le cas. Les entreprises qui utilisent le plus les trois techniques de management sont également celles qui traitent le mieux leurs employés. Elles sont notamment beaucoup plus susceptibles de leur proposer des pratiques de travail compatibles avec leur vie de famille, constate l'équipe des chercheurs américains (Bloom, Kretschmer et Van Reenen, Strategic Management Journal, vol. 32, n°  2, 2011).

Par Jérôme Barthélemy


Jérôme Barthélemy est professeur à l'Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Février 2015

coffret-de-secours---medecine-du-travail---farmor-913054Pour moi, il n'est pas forcément absurde d'avoir un peu plus de flexibilité dans les dépenses publiques.

Entre les chambres d'hôpital qui sont très chères (1500 Euros par jour) et l'ambulatoire, où aucun suivi n'est proposé, cette nouvelle solution pourrait permettre d'apporter un peu de flexibilité dans les choix d'hébergement.

Tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir. Il serait temps de ne pas faire passer une idéologie avant l'intérêt des patients qui pourraient trouver dans cette solution un bienfait dans leurs prises en charge.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Novembre 2014

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L'installation d'hôtels à l'hôpital divise les médecins
L'expérimentation de ces chambres non médicalisées à moindre coût a été adoptée dans le budget de la Sécu
Les hôpitaux proposeront-ils demain à certains de leurs patients de séjourner dans une chambre d'hôtel payée par l'Assurance-maladie plutôt que dans une chambre médicalisée ? L'Assemblée nationale a donné son feu vert, le 24  octobre, en première lecture, à l'expérimentation de cette mesure pendant trois ans avant une éventuelle généralisation.

Ces " hôtels hospitaliers ", conçus comme des " sas " entre l'hôpital et le domicile, devraient à la fois permettre un plus grand confort du malade et des économies substantielles. Mais pour certains chirurgiens, le recours à ces hôtels pourrait " couper l'élan de la médecine ambulatoire " –qui se limite à une hospitalisation de jour.

" Ça rassure tout le monde "
" Il ne s'agit pas de remplacer l'hôpital par l'hôtel mais de démédicaliser ce qui peut l'être ", explique Olivier Véran, député PS de l'Isère et porteur de l'amendement déposé dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale. Ces établissements, situés dans l'enceinte des hôpitaux ou à proximité, pourraient être délégués à des gestionnaires privés à travers des appels d'offres. Ils auront vocation à accueillir sur prescription médicale les patients habitant loin ou dans l'impossibilité d'être accompagnés avant ou après une opération. Objectif selon le député : " Réduire la durée des hospitalisations lorsque cela est possible et judicieux pour les malades. "

" Dans certains cas, pouvoir garder les patients une nuit de plus, ça rassure tout le monde ", confirme Gérard Vincent, le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), pour qui " l'hôpital ne se justifie que s'il apporte une plus-value par rapport aux autres structures ". Rien ne distinguera a priori ces chambres de celles d'un hôtel " classique ", si ce n'est un accès 24  heures sur 24 à des professionnels de santé. La présence d'une infirmière ou d'un dispositif d'alerte n'est pas encore décidée et pourrait être laissée au libre choix des hôpitaux.

Pour Jean-Pierre Bethoux, chirurgien et consultant des hôpitaux à Cochin (Paris), ce système, qu'il qualifie de " révolution totale ", présente " tous les avantages ", notamment pour le confort du patient. Et d'un point de vue économique, " il pourrait générer à terme plusieurs milliards d'économie ". A l'appui de leurs calculs, les promoteurs de l'hôtel hospitalier opposent les 60 à 100  euros que coûterait une nuit dans une telle structure à la facture quotidienne d'un lit d'hôpital : 1 500  euros. Dans le cadre de l'expérimentation, le coût des nuitées serait pris en charge par l'Assurance-maladie et le fonds d'intervention régional (FIR).

Avocat intarissable du concept, Jean-Pierre Bethoux en est aussi un précurseur. En  2009, alors chef du service de chirurgie de l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité à Paris, il développe un circuit original pour les patients en s'appuyant sur les 14 chambres de la structure privée installée depuis le début des années 1990 au sein de l'hôpital et qui permettent déjà d'héberger à moindre coût des personnes opérées de la cataracte. Pour 200 bénéficiaires en chirurgie, le Pr Bethoux assure avoir ramené en moyenne de 3,4 à 0,4 le nombre de nuits d'hospitalisation.

" Usine à gaz "
A l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, un groupe de travail se réunit régulièrement depuis plusieurs mois pour définir les modalités d'une expérimentation qui pourrait débuter début 2015. Une enquête a été menée l'hiver dernier dans vingt-cinq services de quatre hôpitaux volontaires de la région pour évaluer le pourcentage de patients éligibles à ce dispositif. " Les potentiels sont tellement variables d'un site à l'autre qu'il est impossible d'établir un pourcentage moyen et donc d'extrapoler ", explique-t-on à l'ARS.

Ces hôtels hospitaliers ne font cependant pas l'unanimité. Dominique Tian, député UMP, a voté contre cette expérimentation qu'il juge " absurde et coûteuse " car elle va " renchérir le coût de l'ambulatoire ". " Soit c'est une intervention grave et on vous garde à l'hôpital, soit c'est une opération légère et vous pouvez rentrer chez vous ", dit-il.

" C'est un non-sens ", dénonce aussi Corinne Vons, la présidente de l'Association française de chirurgie ambulatoire. " Cela va participer à une forme d'infantilisation du patient ", assure-t-elle. " On a appris à gérer les risques. Est-il vraiment nécessaire de garder les patients sous la main ? ", demande-t-elle. Quant à Jean-Luc Baron, qui représente les praticiens exerçant en établissement privé à but lucratif, il confesse sa " crainte " de voir " ce séjour à l'hôtel se substituer à la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire au retour à domicile ".

Philippe Cuq, le président de l'Union des chirurgiens de France, reconnaît que le système peut permettre " d'augmenter le périmètre d'activité de la chirurgie ambulatoire ", mais met en garde contre la création d'une " usine à gaz ".

François Béguin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 6 Février 2015

6a00d83452232169e2015438c0abfb970c-800wiIl faut rendre transparentes toutes les dépenses venant de la poche des citoyens ! Quand on s'amuse, à ce point, avec l'argent public, on ne mérite pas son mandat et on mérite le fait d'être traité de pourris !

Car oui, ces gens qui se servent dans la caisse, fruit du travail des Français, SONT des pourris ! Oui, ils doivent être punis et de façon exemplaire car c'est l'argent du contribuable dont il est question ici !

La politique va suffisamment mal à cause de son incompétence. Il serait temps, aussi, qu'elle soit honnête !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Novembre 2014

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Au Sénat, la droite rattrapée par des retraits suspects
Un témoin raconte comment, pendant douze ans, il a remis au groupe UMP de l'argent liquide des centristes
Pour la première fois, un témoignage vient éclairer les étranges arrangements financiers qui ont eu cours pendant des années entre les centristes et l'UMP au Sénat, sur lesquels deux juges parisiens enquêtent depuis plus d'un an. Ces révélations proviennent d'un homme, méconnu du grand public, mais qui occupe depuis trente ans un poste de choix au Sénat.

Historien de formation, François Thual travaille pour le groupe centriste dont il fut conseiller, puis secrétaire général adjoint. En  2002, lorsque la droite fonde une grande famille, il devient conseiller du groupe UMP. Ces fonctions de l'ombre offrent à ceux qui les occupent un observatoire privilégié sur le fonctionnement interne des groupes politiques.

Cette petite cuisine est au cœur de l'enquête judiciaire. Il y est question de détournements de fonds, d'abus de confiance, de retraits en espèces. Auditionné par les enquêteurs en mars  2013, M. Thual revient en exclusivité pour Le Monde sur les pratiques dont il a été témoin.

L'une des questions qui taraudent les juges est de savoir pourquoi, entre les mois de décembre  2009 et mars  2012, l'Union républicaine du Sénat (URS), l'une des composantes de la famille centriste, a versé quelque 210 000  euros en chèques à une trentaine de ses sénateurs. Une autre, plus troublante, concerne des sommes d'argent liquide – quelque 113 000  euros selon Le Parisien – retirées d'un des comptes de l'URS, le compte des sénateurs centristes. L'enquête des juges porte sur trois années. Mais, selon François Thual, ces agissements sont bien plus anciens.

L'association des élus centristes est financée par le groupe UMP du Sénat. Mais les circuits financiers ne sont visiblement pas à sens unique. Pendant douze ans, " jusqu'à cet été, confie François Thual, j'allais tous les mois, ou presque, retirer entre 5 000  et 6 000  euros en liquide de l'un des comptes de l'URS, et je les remettais au trésorier du groupe UMP du Sénat, Jean-Claude Carle " – lequel n'a jamais répondu aux sollicitations du Monde.

A quoi servait cet argent ?
" J'agissais sur demande, poursuit M. Thual. On m'indiquait le montant à débiter. Je me rendais à l'agence Private Banking de la Société générale, boulevard Haussmann, je récupérais les espèces, glissais les billets dans ma poche et je rentrais en taxi au Sénat. " Pourquoi lui ? " J'étais secrétaire général de l'URS. Les autres refusaient par peur d'être attaqués dans la rue. "

Ces mouvements bancaires ont fini par intriguer la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin. Elle les signale au procureur de la République, qui ouvre une information judiciaire. A quoi servait cet argent ? Pourquoi un tel financement en cascade ? Le groupe UMP, qui subventionne l'URS, laquelle reverse des espèces au groupe UMP, qui signe des chèques aux élus ? " Ils avaient besoin de liquide pour les frais des sénateurs, m'expliquait-on ", poursuit M. Thual.

Ce dernier assure avoir demandé maintes fois la transparence sur les dépenses de l'URS. " On m'a répondu : “Tu nous emm… avec tes histoires de fonctionnaire.” " Comment cet argent était-il réparti ? Sur quels critères ? " Vous voulez qu'on vous donne des règles qui n'existent pas ! ", s'agace auprès du Monde Henri de Raincourt, sénateur de l'Yonne, et président de l'URS. Il rappelle " l'article  4 de la Constitution " selon lequel " les groupes s'administrent librement ". " Les partis politiques ont quand même le droit d'aider aux campagnes électorales de leurs élus ! Il faut payer la location des salles, la sono… " Sans compter " le papier toilette "… Mais des 4 000  euros par mois qu'il a reçus pendant des années, il ne dira rien.

" Nous n'avions pas à le déclarer "
Avec lui, une trentaine de sénateurs centristes sont visés par l'enquête. Aucun ne livre la même version sur la provenance et l'utilisation de ces fonds. Ainsi, Gérard Longuet (Meuse), considère-t-il son chèque de 2 000  euros comme une compensation des " 7 500  euros de cotisation versés tous les ans à l'UMP ". Les 12 000  euros touchés par Hubert Falco (Var) entre 2010 et 2012 ? " Un complément d'indemnité ", explique très simplement le sénateur.

Jean-Jacques Hyest (Seine-et-Marne), n'a pas souvenir de virement récent, mais fut un temps où il touchait " 4 000  euros chaque année avant l'été ". " J'aidais des collègues conseillers généraux à financer leur campagne ". " Comme cet argent provenait des formations politiques, ça n'était pas imposable, précise-t-il. Nous n'avions donc pas à le déclarer. "

Jean-Pierre Raffarin a touché 2 000  euros, " pour rembourser les frais d'un déplacement au Québec ", explique son entourage. D'autres sénateurs sont moins diserts pour justifier les largesses dont ils auraient pu bénéficier. Ladislas Poniatowski (Eure) aurait, selon Mediapart, reçu 4 000  euros mais, sollicité par Le Monde, le sénateur a refusé toute discussion.

Cet argent, assure François Thual, n'a pas uniquement servi à payer les gerbes de fleurs et les pleins d'essence des sénateurs. " Un jour, André Dulait, le sénateur des Deux-Sèvres, m'a demandé de retirer 3 000  euros pour les assistantes de Ségolène Royal qui engageaient un procès contre elle " (pour des histoires de journées travaillées non rémunérées). " Si ça c'est fait, ça ne me dit plus rien aujourd'hui, estime M. Dulait. Mais ça ne me semble pas aberrant ni incohérent avec les statuts de notre association. C'était un dossier politique comme un autre. "

La somme n'est visiblement pas parvenue aux intéressées. L'une de ces ex-assistantes, Evelyne Pathouot, assure " avoir payé l'intégralité des frais de justice " et qu'" aucun politique n'est rentré dans ce dossier ". M. Thual jure avoir retiré cet argent. Le but de l'opération était clair : freiner la députée des Deux-Sèvres dans sa course à l'Elysée.

Emeline Cazi

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 5 Février 2015

350px-La-justiceDans cette affaire, l'immunité de l'Agence spatiale européenne doit être remise en cause. Il ne faut pas que l'Agence puisse exercer son propre pouvoir de sanction, car elle est juge et partie dans cette affaire, et que la justice se doit d'être indépendante.

Ses statuts prévoient que l'immunité peut être remise en question. Il est donc urgent que nos politiques pèsent de tout leur poids pour que l'immunité, dans ce dossier, soit levée et que la justice puisse faire son travail.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 Novembre 2014

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L'enquête qui secoue l'Agence spatiale européenne
Après le suicide d'un salarié, la justice se heurte à l'immunité juridique de l'organisation
Dans leur maison de Sète (Hérault), Daniel et Denise Kieffer étalent sur la table du salon des photos de leur fils Philippe, souriant en haut du mont Blanc ou dans d'autres décors hors du commun. Les parents dressent le portrait d'un " garçon sans problème " et même regorgeant de vie, sportif accompli, musicien émérite, grand voyageur, polyglotte qui avait appris, en sus de l'indispensable anglais qu'exigeait son métier d'ingénieur, le russe, le néerlandais et le japonais.

C'est un autre Philippe Kieffer, un total étranger, que dépeint son employeur. Le Français travaillait depuis 2003 à l'Agence spatiale européenne, plus précisément à l'Estec, son centre technique basé à Noordwijk, aux Pays-Bas. Les rapports, les évaluations annuelles et les échanges de mails décrivent un individu  profondément asocial. Ils évoquent un ingénieur brillant mais incapable de travailler en équipe, un salarié s'affranchissant sans cesse de sa hiérarchie, irritant ses collègues par son refus du compromis, au point que certains ont publiquement demandé son départ.

Apparaît aussi  une personnalité fragile, souffrant d'un " manque significatif de communication ", et même atteint de " désordres autistiques ", selon un  diagnostic de  la psychologue de l'entreprise qui lui conseilla de suivre une thérapie.

Alors qui était exactement l'homme âgé de 38 ans retrouvé, le 20  décembre  2011, pendu dans l'escalier de sa maison de Leiden, aux Pays-Bas ? Pourquoi s'est-il suicidé ? " Voilà trois ans que je souffre le martyre sur mon lieu de travail. Il fallait y mettre un terme ", écrit-il dans une lettre d'adieu à ses parents, retrouvée sur les lieux. " Il a craqué ", assure Daniel Kieffer, qui évoque une méthodique entreprise de destruction professionnelle.

Le fils consignait au quotidien cette pression dans un journal intime que la famille a lu avec effroi après sa mort. Y sont décrites de multiples vexations comme ce jour de novembre  2009 où un supérieur lui retira publiquement un dossier et le renvoya de la réunion, en lui criant : " Je ne veux plus te voir. "

" Une chaîne d'omissions "
Les parents ont déposé une plainte pénale devant la justice française pour harcèlement. Ils accusent la hiérarchie directe de l'avoir poursuivi de son hostilité et la direction, notamment des  ressources humaines, d'avoir été  sourde aux alertes. " Le suicide de Philippe Kieffer a pour cause des problèmes de travail ", ne disconvient pas un rapport d'audit interne commandé juste après le drame.

Son geste est " dû à une chaîne d'omissions non intentionnelles mais fatidiques à de nombreux échelons ", poursuit le document. Il conclut cependant que " le harcèlement ne peut être démontré ". La direction réfute également toute mise au placard de son employé et dément qu'il avait été décidé de ne pas renouveler son contrat.

Après une enquête préliminaire, une juge d'instruction parisienne a été saisie en  2013. La magistrate a délivré une commission rogatoire internationale afin d'entendre les protagonistes français mais aussi italiens, néerlandais ou britanniques. Elle a aussi demandé l'accès à des documents internes. Mais ses investigations se heurtent à un écueil : le  statut juridique de l'Agence spatiale européenne, dont le siège social est à Paris. La convention de 1975 qui crée l'ESA, selon son acronyme anglais, prévoit l'immunité de l'agence et de ses employés.

L'Agence spatiale européenne n'a donc accepté de laisser témoigner que les employés qui le souhaitaient. Aucune mise en examen n'est possible. Le service juridique de l'Estec a par ailleurs refusé de remettre les pièces demandées. La juge a réitéré ses demandes au directeur général, le Français Jean-Jacques Dordain, qui lui a répondu par une fin de non-recevoir aussi courtoise que ferme.

L'ESA refuse de parler du fond de l'affaire Kieffer, invoquant la procédure. Mais elle fait valoir que l'immunité accordée en  1975 se justifie par le  caractère international de l'entreprise. Les 2 200  salariés sont de vingt nationalités et travaillent dans dix pays d'Europe. Il aurait été  impensable de multiplier les droits des Etats membres applicables. Mais " immunité ne veut pas dire impunité ", poursuit-on à l'ESA.

Une enquête  interne  est en cours au sein de l'entreprise  et  le dossier est aujourd'hui devant une commission de recours interne qui doit se prononcer le 7  novembre. Cette dernière est  formée de trois juges internationaux nommés par le conseil de l'agence. Cette commission a été jugée impartiale par la Cour européenne des droits de l'homme, fait-on valoir  à l'ESA.

Verrou juridique
" L'agence est juge et partie ", conteste Me Frémaux. " Ils veulent  laver leur  linge sale en famille ", estime Daniel Kieffer.  La juge française, elle, essaye toujours de lever le verrou juridique. Elle  a saisi le ministère de la justice du blocage de droit. En cas d'échec, le dossier pourrait être définitivement clos.

C'est ce que redoute la famille Kieffer dont le fils est enterré dans le cimetière de Py, celui  de Georges Brassens. Denise Kieffer montre la lettre de condoléances reçue de l'ESA après la mort de leur fils. " Toute la transparence sera donnée de notre part aux enquêtes qui seront faites sur la disparition de Philippe. Toute l'aide que vous pourriez solliciter vous sera fournie ", y est-il écrit. " De belles paroles ", murmure la mère.

Benoît Hopquin

Immunité

Le fonctionnement de l'Agence spatiale européenne et de ses 2 200 membres est régi par une convention de 1975. Elle prévoit à son annexe 1 : " L'agence bénéficie de l'immunité de juridiction et d'exécution. (...) Le conseil a le devoir de lever cette immunité dans tous les cas où son maintien est susceptible d'entraver l'action de la justice et où elle peut être levée sans porter atteinte aux intérêts de l'agence. "

Une formulation ambiguë qui peut donner lieu à toutes les interprétations juridiques.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Février 2015

Marianne par PlantuLa République est laïque et la religion ne doit pas entraver le travail des élus ! Si les élus veulent faire passer leur religion avant leur devoir, ils doivent démissionner.

Ainsi, il est particulièrement honteux et intolérable que Mme Sabrina Hout fasse passer ses convictions religieuses avant ses responsabilités d'élue ! A ce titre, un rappel à la Loi ne saurait être suffisant : on doit lui supprimer son statut d'élue car son action a entravé le critère laïc lié à la République Française.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Novembre 2014

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A Marseille, imbroglio autour d'un mariage gay
Une élue musulmane qui devait marier deux femmes s'est fait remplacer par un collègue non habilité

C'est bien en raison de sa religion qu'une élue marseillaise musulmane a refusé de marier deux femmes, le 16  août, à la mairie des 15e et 16e arrondissements de Marseille, déléguant cette mission à un conseiller d'arrondissement qui n'était en réalité pas habilité à procéder à cet acte d'état civil. C'est ce qui ressort de l'enquête diligentée par le procureur de Marseille, alors que les deux femmes sont convoquées dans quelques jours par une chambre civile du tribunal de grande instance qui prononcera l'annulation du mariage.

A l'époque engagée dans une campagne difficile pour les sénatoriales, la maire (PS) de ces deux arrondissements des quartiers nord, Samia Ghali, avait elle-même alerté, début septembre, les deux mariées et le procureur de l'existence d'une difficulté.
" Elle a subi des pressions "

Les épouses devront repasser devant le maire. Elles ont, par ailleurs, fait part au Monde, jeudi 30  octobre, de leur intention de citer devant le tribunal correctionnel de Marseille l'élue qui ne les a pas mariées.

C'est Sabrina Hout, un agent hospitalier de 38  ans, onzième adjointe et déléguée à la famille, qui devait célébrer l'union. A la dernière minute, Christian Lancien, conseiller d'arrondissement, avait dû se substituer à sa collègue pour unir les deux Marseillaises, sans en avoir l'autorité.

" Mme  Ghali m'a informé que Mme  Hout s'était expliquée en disant qu'elle avait subi des pressions ", a rapporté une des deux mariées. Le 12  septembre, recevant le couple, l'élue précisait même que " Mme  Hout avait été contrainte par ses frères de ne pas célébrer ce mariage contraire à leur religion ".

Cette union était la première de l'après-midi et Sabrina Hout, selon les deux fonctionnaires de service ce samedi, s'était rendue dans une pièce attenante à la salle des mariages pour préparer son remplacement avec M. Lancien. Mme  Hout avait auparavant signé les copies de l'acte de mariage et le livret de famille, ce qui constitue l'infraction de faux dans un document administratif.
Les mariées " écœurées "

" Elle m'a dit qu'elle était désolée et, parce qu'elle était pratiquante, elle ne se sentait pas de faire un mariage homo par rapport à sa religion qui est l'islam ", a expliqué l'une des deux employées municipales. Sa collègue, officier d'état civil, évoque cette même motivation : " Elle est entrée dans la salle des mariages en déclarant qu'elle ne voulait pas faire ce mariage, que c'était contre ses convictions religieuses et qu'elle irait en enfer si elle le faisait. Elle était très excitée, elle tapait des pieds. "

Sabrina Hout s'est défendue de toute discrimination, justifiant son retrait par " des problèmes personnels assez importants ". Elle avait néanmoins assuré les quatre autres mariages de la journée et savait depuis dix jours qu'elle aurait à procéder à l'union de deux femmes. " Je ne suis homophobe. Je suis pratiquante de l'islam et en aucun cas, j'ai fait cela par rapport à ma religion. En prenant ma fonction, je savais que j'allais marier des homosexuels et cela ne posait pas de problème. "

Samia Ghali a signé, le 20  octobre, un arrêté de retrait de la délégation à la famille confiée, en avril, à son adjointe. Cette sanction satisfait le procureur de la République de Marseille, Brice Robin, qui convoquera Mme  Hout pour un rappel à la loi afin de " lui rappeler la gravité de ces faits inadmissibles ". Le magistrat estime qu'" elle n'a pas eu l'intention de commettre ces faux. Elle a eu peur de se mettre en porte à faux par rapport à son environnement ".

Cette issue " écœure " les deux mariées, âgées d'une cinquantaine d'années, pour lesquelles " un simple rappel à la loi, ça ne passe pas ". " Un élu qui n'a pas son libre arbitre, cela me choque ", dit l'une d'elles, regrettant que Mme Hout n'ait pas " fait cela proprement ". " Elle serait venue nous le dire, on aurait trouvé une solution, retardé le mariage d'une heure pour trouver un autre élu. Il ne faut plus que ça arrive. " Pour leur avocate, Me Catherine Martini, " ce qui est dérangeant, c'est qu'au-delà de leur propre préjudice, celui que subit la société ne peut être balayé ainsi ".

En réparation, Mme Ghali a proposé de procéder elle-même à la nouvelle union et d'offrir le cocktail aux invités parmi lesquels de nombreux policiers, l'une des mariées étant fonctionnaire de police. En revanche, l'argent du voyage de noces prévu en octobre passera dans les frais de procédure.

Luc Leroux

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Février 2015

MichelSapin.jpgJusqu'ici, tout va bien, donc Sapin est content. Il en faut peu pour être heureux quand on est ministre et quand on est un ministre incompétent. Le budget est en berne, le déficit de la France est au plus haut, le chômage aussi, la croissance est aux abonnées absentes, mais Sapin est content car Bruxelles ne lui tape pas encore sur les doigts.

Là où il se trompe, c'est qu'il croit qu'il a remplit le job. En fait, les bureaucrates Européens ne savent pas comment sanctionner un pays qui a l'aura de la France car elle a participé à la construction Européenne.

On est un peu dans la situation où le professeur doit sanctionner un cancre alors même que son Papa a été un grand ministre de l'éducation Nationale : on ne sait pas comment faire pour faire comprendre au cancre qu'il va falloir qu'il se mette à bosser et qu'il ne pourra pas toujours compter sur l'image de papa...

En attendant, la France s'enfonce toujours plus dans ses problèmes économiques et l'exécutif ne sait trouver que des mesurettes à présenter à Bruxelles : ça ne suffira pas, tout le monde le sait, sauf peut être ces incompétents de Hollande et Sapin...

Ils prennent la non-sanction comme une victoire. En fait, elle n'en est pas une car Bruxelles n'a pas lâché les armes et frappera à un moment donné si la situation du pays n'est pas redressée.

Sapin continue donc à chuter mais il ne le sait pas : "jusqu'ici tout va bien !"...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Novembre 2014

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Sapin ? Il est content !

Budget : Sapin repeint l'histoire en rose
Le ministre des finances assure que tout était sous contrôle dans les négociations avec Bruxelles

Dans l'avion qui l'amène à Berlin, mercredi 29  octobre, pour la signature d'un accord international sur l'échange automatique d'informations fiscales, Michel Sapin est tout sourire.La veille, le commissaire européen Jyrki Katainen a annoncé n'avoir pas relevé de " cas sérieux de non-conformité " parmi les budgets examinés par la Commission et que, en conséquence, aucun avis négatif ne sera émis. Le budget français a franchi le premier obstacle bruxellois. " Ce qui m'amuse, c'est que personne ne puisse imaginer que les choses puissent être à peu près maîtrisées, se rengorge le ministre des finances. Il faut forcément que tout ne soit que convulsions. "

A l'encontre de ceux qui, depuis des semaines, relataient le " bras de fer " entre la Commission et Paris et prédisaient un sort contraire au plan budgétaire établi par la France, M.  Sapin raconte un film dont le scénario, à l'image de ses chaussettes, est teinté de rose et dont le dénouement aurait été quasiment écrit d'avance. " La Commission avait besoin d'une mise en scène. Nous avions besoin d'une mise en scène. Tout le monde savait à peu près sur quoi se jouerait l'acte final. On est exactement dans le timing prévu ", estime-t-il.

Premier épisode de ce feuilleton, la tribune publiée dans Le Monde daté du 15  août par le ministre des finances, qui s'ouvre par ces mots : " Mieux vaut assumer ce qui est plutôt que d'espérer ce qui ne sera pas. " M.  Sapin y annonce qu'en  2014 la croissance en France devrait être de l'ordre de 0,5  % et qu'elle ne devrait pas excéder 1  % en  2015. Elle marque, de fait, le renoncement de la France à un objectif de réduction du déficit public jugé désormais inatteignable. En même temps, il appelle à une " réorientation " des politiques économiques européennes.
Diète " insoutenable "

Cette tribune, qu'il a rédigée depuis sa villégiature de l'île d'Yeu, a été soumise au président de la République et au premier ministre, et validée. Le ministre a aussi prévenu de sa parution le président de la Commission. Au-delà de l'enjeu budgétaire, la France veut alerter sur la fragilité de la zone euro, en proie à une croissance trop faible et une inflation trop basse, et faire progresser un diagnostic commun. Ce sera la ligne défendue par l'exécutif français.

Le projet de loi de finances est bâti sur les mêmes bases. Tout en affichant un objectif de réduction des dépenses publiques de 21  milliards d'euros, il ne prévoit qu'une diminution de 0,2  % du déficit structurel. " Insuffisant " aux yeux de Bruxelles tandis qu'en France une partie de la gauche juge " insoutenable " la diète à laquelle sont soumis l'Etat, les collectivités territoriales et la Sécurité sociale.

Comme à la veille de la parution de sa tribune, le ministre a pris soin de prévenir le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, Jerœn Dijsselblœm, le commissaire à l'économie, Jyrki Katainen, et le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, des chiffres qu'il va annoncer en conférence de presse. " Je savais qu'il y aurait des difficultés, assume le ministre, mais nous savions aussi qu'il allait falloir gérer la phase d'atterrissage. "

Mais alors, pourquoi ne pas avoir, dès le départ, présenté un budget qui, au moins en apparence, présente un caractère plus " acceptable " par la Commission ? " Si j'avais posé dès le début les éléments de fin, je m'exposais à deux risques, analyse M. Sapin. Sur le front interne - comprendre : la gauche du PS - , qu'on nous dise “puisqu'il y a de l'argent, on peut dépenser plus” ; sur le front externe - européen - , qu'on nous en demande plus. Mais nous savions très bien, partant de là où nous étions, qu'en discutant avec la Commission nous devions trouver entre 3 et 4  milliards pour être dans les clous. J'ai préféré faire en sorte qu'on amasse des noisettes pour qu'on aboutisse à la fin de la discussion. "

Il va falloir, pendant deux mois, naviguer entre ces deux écueils. Avec parfois des moments d'irritation ou des coups de chaleur, notamment lorsque apparaît un " bug " de 2  milliards d'euros sur les économies en matière de protection sociale à cause de la faible inflation. " A ce moment-là, il y a eu quelques réunions sportives ", convient le ministre. Le dialogue est rythmé de coups de menton. Ainsi lorsque, de Washington, où est réuni le Fonds monétaire international (FMI), le président de l'Eurogroupe envoie une rafale de critiques à l'encontre de la France, accusée de ne pas avoir mis à profit les délais dont elle a déjà bénéficié et sommée de revoir son budget. " Là, ce n'est pas acceptable et nous le disons. La souveraineté budgétaire, elle existe, et elle s'exerce ", rappelle M. Sapin. A aucun moment, cependant, affirme-t-il, la discussion n'a menacé d'être rompue. " C'est un peu comme de la conduite sur glace. Quand vous voyez que ça risque de déraper, il faut corriger doucement la trajectoire, sans brusquer. "

A partir de l'envoi de la lettre de M. Katainen, le 21  octobre, demandant des clarifications à la France sur son projet de budget, les choses s'accélèrent. " Pendant le dernier week-end, il y a eu pas mal d'allers-retours entre les services - de Bercy et de la Commission - , pour être sûrs que, tout ce que nous mettions, eux l'acceptaient ", confirme le ministre. Jusqu'au lundi après-midi 27  octobre où M. Sapin passe par les agences de presse AFP et Reuters pour divulguer le contenu de la réponse française à la Commission.
Alertes sur les portables

Les éléments de la réduction supplémentaire du déficit de 3,6  milliards d'euros, pour arriver à l'ajustement structurel de 0,5 point comme le réclame la Commission, sont fournis. Cette réduction supplémentaire ne passe pas par des économies. Or, dans la précipitation, c'est ce qu'annoncent plusieurs médias. A Bercy, on est sens dessus dessous. François Hollande lui-même appelle M. Sapin pour lui demander de quoi il retourne. Il faut rattraper le coup. D'autant plus que les parlementaires ont déjà reçu les alertes sur leurs portables et que tombent les premières réactions accusant le gouvernement de s'être soumis aux injonctions de Bruxelles.

Passé cet ultime coup de chaud, la pression retombe et, dès le lendemain, au prix de ce bricolage de dernière minute qui permet à tous les acteurs de sauver la face, M.  Katainen valide le budget français. " Tout le monde attendait la sanction de la France, l'humiliation, Canossa… Rien de tout cela n'est arrivé ", ironise le premier ministre, Manuel Valls, sur RTL.

A Bruxelles, la lecture de la séquence est toute différente. On s'étonne de la stratégie de la France. Pourquoi ne pas avoir accepté tout de suite le 0,5 point d'effort structurel ? " A cause de cela, la France s'est rétrogradée elle-même dans la catégorie des pays risquant d'être sanctionnés a priori sur leur budget, avant même qu'on parle du fond. C'est humiliant ", estime une source européenne.

Personne ne considère en tout cas que la France a marqué un point décisif contre la Commission européenne ; on juge au contraire qu'elle n'a franchi qu'une haie. " Et vu le ressentiment de certains à la Commission, qui estiment que l'institution a été, sur ce coup, trop laxiste, la partie s'annonce très difficile ", assure un bon connaisseur de Bruxelles. De fait, la négociation avec Paris va se poursuivre encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Prochain rendez-vous : la publication, avant la fin novembre, d'un avis circonstancié pour chaque pays de la zone euro. " Pour rédiger l'avis sur la France, on va aborder les sujets qui fâchent vraiment ", poursuit cette source.

Un calendrier serré, qui risque de cogner avec celui de la réflexion économique et politique sur la situation de la zone euro que la France, elle, voudrait voir aborder au plus vite.  L'histoire n'est pas finie.

Cécile Ducourtieux (à Bruxelles) et Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 2 Février 2015

Arnaud-MontebourgC'est hallucinant ! On assiste à un gars qui va faire des études d'économie alors même qu'il a été ministre... de l'économie ! On marche sur la tête !

Comment a-t-on pu filer le poste de ministre de l'économie à un type qui va avouer lui même son incompétence économique en s'inscrivant à une école spécialisée au moment où il a été viré de son marocain ?

Car, qu'on ne s'y méprenne : son poste était un poste de "haut dirigeant" ! Dès lors, pourquoi retourner à l'école et passer les diplômes pour en être un ? C'est hallucinant ! C'est comme si un professeur de Maths à Polytechnique s'inscrivait au Lycée pour y passer son Bac !

Quand on dit que nos politiques sont des nuls, on a là la preuve de nos dires ! Ce qui est grave c'est d'avoir nommé ce Monsieur Ministre avant qu'il en ait les compétences !

Pauvre France...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Novembre 2014

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l'histoire du jour
Arnaud Montebourg retourne à l'école pour devenir " haut dirigeant "

Je retourne à l'école ! " Excité comme un enfant une veille de rentrée, Arnaud Montebourg, 52 ans, ne tient plus en place. Lundi 3  novembre, l'ex-ministre de l'économie va emménager pour quatre semaines à Fontainebleau (Seine-et-Marne), où il va suivre une formation à l'Insead, une école de commerce réputée. Appelé " Advanced Management Programme ", le cursus choisi par M. Montebourg, où se côtoient cadres sup' et dirigeants du public, alterne cours théoriques et mises en situation. Objectif : faire de vous un " haut dirigeant ".

" J'ai décidé de reprendre des cours parce que diriger une boîte est un vrai métier, je m'en suis rendu compte ces deux dernières années ", explique le ministre, mis à la porte de Bercy le 25  août après avoir contesté la politique économique du gouvernement. S'il refuse d'en parler publiquement, Arnaud  Montebourg ne cache plus en privé son intention de créer sa propre entreprise, même s'il n'entend pas quitter la politique. " Il a déjà trouvé des associés et réuni l'argent, il devrait se lancer en janvier ", assure un proche.

L'élu socialiste a décidé de faire les choses sérieusement. Les cours se déroulent en anglais ? Il travaille deux heures par jour la langue de Shakespeare, avec un professeur particulier. La formation privilégie la vie de groupe ? M.  Montebourg a accepté de dormir sur place. " Nous avons été contactés directement par Arnaud, et nous sommes très heureux qu'il se joigne à nous, explique l'Insead. Son expérience en tant qu'ancien ministre apportera clairement beaucoup à ce programme. Mais il sera traité exactement comme n'importe quel autre participant. "

Détail amusant : l'ancien avocat, qui avait échoué au concours d'entrée de l'ENA, a dû se soumettre à un " 360 degrés " avant de rejoindre l'école. Cette méthode appréciée des DRH consiste à évaluer quelqu'un en interrogeant ses supérieurs, ses collaborateurs ou ses clients. " Quand il a expliqué que ses patrons s'appelaient François Hollande et Manuel Valls, on lui a répondu que ça ne rentrait pas dans les cases ", sourit un familier. Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi Louis Schweitzer, Jean-Louis Beffa ou Thierry Breton ont finalement été sollicités.

L'apôtre de la démondialisation et de la " nationalisation temporaire " devrait en tout cas trouver à qui parler lors de ses cours : les 58 autres " étudiants " de sa promotion, venus des quatre coins du monde, travaillent pour la plupart dans de grandes entreprises privées. Pour payer son inscription, facturée 34 500  euros hors taxes, M.  Montebourg assure d'ailleurs avoir sollicité une bourse.

Cédric Pietralunga

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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