A quand des syndicalistes connaissant la réalité du terrain ?

Publié le 16 Janvier 2013

article_WEB-TPE-SYNDICATS.jpgLe monde de l'entreprise va mal. Il faut plus de flexibilité dans le monde du travail en entreprise, tous les économistes en conviennent.

Le problème c'est que les syndicalistes négociateurs sont des privilégiés : ça fait belle lurette, pour la plupart, qu'ils sont permanents de leur organisation. Autrement dit, ils ne connaissent plus la réalité du terrain depuis longtemps. Ainsi, à des problématiques concrêtes, les syndicalistes opposent des dogmes mêlés d'idéologie.

Ce n'est pas de cette façon qu'on sortira la France des problèmes économiques qu'elle rencontre actuellement.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Novembre 2012

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Des négociateurs sans grande expérience de l'entreprise

LA PLUPART des négociateurs syndicaux sont des permanents depuis de longues années, tous âgés de plus de 40 ans. Une fragilité dont la plupart convient. " Autour de la table, je suis le seul à avoir vécu un plan social dur. Les autres ne savent pas ce que c'est de perdre son emploi ", se vante Maurad Rabhi, de la CGT, ancien de la filature ardennaise Cellatex, fermée en 2000, où les salariés avaient menacé de faire sauter leur usine pour obtenir de meilleures conditions de licenciement.

Des critiques qui piquent Patrick Pierron, de la CFDT, détaché de chez GDF et permanent syndical depuis vingt ans. " Il ferait mieux de se vanter d'avoir sauvé des emplois, moi, j'ai été dans les entreprises en difficulté ", plaide-t-il. Agnès Le Bot, la chef de file de la CGT, n'a travaillé que deux ans dans un cinéma, mais elle rappelle qu'elle " s'est battue dans son entreprise pour y bâtir une délégation syndicale ". De son côté, Stéphane Lardy, de Force ouvrière, est un juriste qui a fait toute sa carrière au syndicat, dont il a progressivement gravi les échelons. De quoi faire de lui " un pur apparatchik ", de son propre aveu.

Les syndicats se justifient en rappelant qu'il faut plusieurs années d'expérience avant de pouvoir négocier sur l'emploi et que les entreprises privées acceptent rarement de détacher dans des centrales leurs délégués syndicaux.

Côté patronal, les négociateurs sont bénévoles et gardent leur entreprise, même s'ils avouent y consacrer bien moins de temps. " La négociation sur l'emploi occupe plus de trois quarts de mon temps. Heureusement, j'ai une bonne équipe dans mes sociétés ", explique Patrick Bernasconi, du Medef. A la CGPME, Geneviève Roy compte sur son mari pour tenir son hôtel en semaine, " mais j'y suis tous les week-ends ", assure-t-elle.

J.-B. C.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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