Encore une preuve que M. Nicolas Sarkozy est mouillé dans l'affaire Bygmalion

Publié le 7 Avril 2015

Sarkozy-RolexOn ne voit pas comment, à l'aune de cet article, M. Nicolas Sarkozy pourrait ne pas être au courant du financement illicite de sa campagne de 2012.

Encore une preuve de plus que M. Nicolas Sarkozy est une pourriture qui a placé l'intérêt général après ses intérêts propres.

Lamentable.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 7 Octobre 2014

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Bygmalion : M. Sarkozy directement visé
Les enquêteurs évoquent, dans une synthèse du 1er octobre, un " financement illicite de la campagne " de 2012

L'affaire Bygmalion est bien une affaire Sarkozy. Les policiers qui enquêtent sur un soupçon de financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 par des fausses factures imputées à l'UMP,  évoquent désormais l'infraction de "  financement illégal de la campagne électorale " et plus seulement celle d'" abus de confiance  ".

Or, l'article 113-1 du code électoral dispose que " sera puni d'une amende de 3  750  euros et d'un emprisonnement d'un an, tout candidat en cas de scrutin uninominal qui aura dépassé le plafond des dépenses électorales, n'aura pas respecté les formalités d'établissement du compte de campagne, (…) aura fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d'éléments comptables sciemment minorés ".

Après avoir mis en examen les cadres de la société de communication Bygmalion et de sa filiale Event & Cie, soupçonnés d'avoir émis ces fausses factures, puis ceux de l'UMP, les juges Serge Tournaire, Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke  vont donc maintenant s'intéresser à l'échelon politique, et plus particulièrement à Nicolas Sarkozy.

Les conclusions du procès-verbal de synthèse, rédigé le 1er octobre par la chef de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), Christine Dufau, lèvent le voile sur les intentions des enquêteurs : " Les investigations confirment les constatations faites au cours de l'enquête préliminaire selon lesquelles la société Event & Cie, à la demande de l'UMP, a adressé au parti des fausses factures à hauteur de 18 556 175,95 euros TTC courant 2012, faisant référence à des prestations liées notamment à des conventions, alors que les prestations réelles correspondaient à l'organisation de meetings pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ", commence la commissaire Dufau.

Outre le délit d'" abus de confiance ", retenu contre les cadres de l'UMP, " ces fausses factures adressées par Event & Cie à l'UMP constituent également l'infraction de financement illégal de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy puisque, sciemment, les deux parties ont établi de fausses factures pour éviter de devoir comptabiliser dans le compte de campagne des factures de prestations liées à cette campagne ", affirme la patronne de l'OCLCIFF.
" Surprenant  "

Evoquant les divers protagonistes poursuivis dans cette affaire, Mme Dufau va jusqu'à évoquer " leur participation au financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy et la présentation de comptes de campagne inexacts à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques et - au -  Conseil constitutionnel ". Elle précise, comme pour répondre à Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé – patron de l'UMP au moment des faits –  qui ont démenti avoir eu connaissance du système frauduleux : "  Etant donné le nombre de meetings, l'enjeu financier qu'ils représentaient, il peut paraître très surprenant que personne ne se soit préoccupé de leur financement, et que les responsables du groupe Bygmalion n'aient pas pris contact avec ceux de l'UMP. "

Si l'enquête devait être étendue à des faits de " financement illégal de campagne électorale ", voire de " fraude électorale ", la menace se préciserait donc encore un peu plus pour M. Sarkozy. Les juges vont maintenant s'attacher à évaluer son degré de connaissance du " système " délictueux mis en place.

De ce point de vue, la mise en examen de l'un de ses proches, Eric Cesari, ex-directeur général de l'UMP – où il était surnommé " l'œil de Sarkozy "  – n'est pas de nature à le rassurer… D'autant que les magistrats devraient prochainement convoquer Guillaume Lambert, directeur de la campagne présidentielle de l'ex-chef de l'Etat, et Jérôme Lavrilleux, son adjoint, qui a reconnu, publiquement puis devant les policiers, lors de l'enquête préliminaire, la mise en place d'une double facturation.
" Candidat idéal  "

Ce n'est pas tout : les enquêteurs ont découvert que  non seulement Bygmalion (et sa filiale Event & Cie) travaillait de longue date pour l'UMP, mais aussi que le système de fausse facturation avait été institué bien avant la campagne présidentielle de 2012. Le rapport de l'OCLCIFF souligne que " la société Event & Cie a établi à la demande de l'UMP des fausses factures en 2012 pour inclure le coût de prestations faites en 2011. Durant les auditions, les prestations concernées faites en 2011 n'ont pas pu être clairement précisées  ".

Cette découverte, évoquée par Le Journal du dimanche du 5 octobre, a conduit, selon nos informations, le parquet de Paris à accorder aux juges, le 1er octobre, un réquisitoire supplétif afin d'élargir leur enquête à ces faits nouveaux, qualifiés de " faux et usage de faux ". Elle signifie surtout, pour les enquêteurs, que le procédé illégal mis en place pour masquer l'explosion des dépenses de campagne de M. Sarkozy n'a pas été élaboré par hasard avec la société Bygmalion.

Les policiers l'ont d'ailleurs fait observer au patron d'Event & Cie, Franck Attal, au cours de sa garde à vue, le 30 septembre : " Début janvier 2012, vous avez accepté, avec Sébastien Borivent et Matthieu Fay - respectivement directeur général d'Event & Cie et comptable de Bygmalion - , de faire des fausses factures à la demande de l'UMP. Event & Cie a été choisie par l'équipe de campagne du candidat UMP début février 2012 pour organiser les meetings du candidat. Cela donne l'impression qu'Event & Cie était le candidat idéal pour un montage de sous-évaluation des dépenses de campagne "…

Dans les locaux de l'OCLCIFF, M. Attal, le 30 septembre, a dédouané – en termes prudents – MM. Sarkozy et Copé.  " Je n'ai aucun élément factuel qui me permet de dire qu'il était au courant ", a-t-il dit à propos de l'ex-secréatire général de l'UMP. S'agissant de l'ancien chef de l'Etat, il s'est borné à déclarer : " J'ai tendance à croire qu'il n'était pas au courant. "

Mais, pour Guy Alvès, cofondateur de Bygmalion, c'est moins sûr. " Est-il envisageable que les plus hautes autorités de l'UMP, donc M. Copé lui-même, et de la campagne, donc M. Lambert, voire M. Sarkozy, n'aient pas été associés à cette décision   - de faire des fausses factures -  ou tout au moins que leur accord n'ait pas été obtenu ? ", ont ainsi demandé les policiers à M. Alvès. " Je suis incapable de répondre. (…) Pour moi, les deux scénarios sont techniquement possibles ", a-t-il répondu.

Estimant avoir été " pris au piège par l'UMP et la campagne ", M. Alvès s'est posé en "  victime de l'UMP et de ses agissements ". Et de conclure, à propos de la décision de recourir aux fausses factures : " Elle n'a pu être prise que par des dirigeants à l'UMP et/ou de la campagne. Je ne peux pas imaginer qu'une telle décision ait été prise que par M.  Lavrilleux.  "

Gérard Davet, et  Fabrice Lhomme

Rédigé par Philippe NOVIANT

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