Et l'intérêt général, il est où ?

Publié le 15 Novembre 2013

debout-condamnes-lump-L-pvltaZPas de débat, pas de programme, mais une belle lutte d'empoigne pour le pouvoir et les avantages qui vont avec : c'est le spectacle peu glorieux qui est proposé à Boulogne-Billancourt. Après, on peut déplorer que le petit peuple se désinteresse de la politique et en appelle au "tous-pourris" !

Que les hommes politiques, Nationaux comme locaux n'oublient pas l'intérêt général et on pourra se passer de ces épisodes peu glorieux !

Une honte ? Assurément !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 24 Juillet 2013

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A Boulogne-Billancourt, la droite se déchire sur fond de batailles d'ego et de renversements d'alliances
Le maire UMP sortant affronte son prédécesseur, issu du même camp, pour les municipales

Il est une tradition bien ancrée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) : lorsque pointe une échéance électorale, la droite locale se déchire et les alliés d'hier se muent en ennemis jurés. La campagne 2014 des élections municipales ne fera pas exception. Sur le ring électoral boulonnais, à droite, Pierre-Christophe Baguet, maire sortant UMP de Boulogne-Billancourt. Face à lui, à droite également, Pierre-Mathieu Duhamel, ancien maire UMP, en 2007 et 2008, a bien l'intention de reprendre son siège.

" Les Boulonnais m'apprécient et saluent mon action pour la ville ", affirme Pierre-Christophe Baguet. Le maire de Boulogne s'affiche sûr de lui : de sa main droite, il agite la lettre d'investiture signée par Jean-François Copé, président de l'UMP ; de la gauche, il pousse le résultat d'un sondage commandé à Ipsos, réalisé en mai sur 611 électeurs, et montrant qu'il devance, dès le premier tour, de plus de 25 points tous ses adversaires. " Il n'y aura pas de match ! ", promet M. Baguet.

Pas de match, voire une humiliation politique, c'est également ce que le maire de Boulogne-Billancourt assurait à son ancien premier adjoint et rival, Thierry Solère, candidat dissident à la législative de Boulogne en 2012. Pour sortir son ancien bras droit de la vie politique boulonnaise, Pierre-Christophe Baguet, encore député, décide d'offrir sa circonscription à Claude Guéant, alors ministre de l'intérieur.

L'opération tourne au fiasco : Thierry Solère, soutenu par Pierre-Mathieu Duhamel et Jean-Pierre Fourcade, 83 ans, ancien maire de Boulogne-Billancourt, arrache le siège de député promis au ministre sarkoziste. Mauvais perdant, Pierre-Christophe Baguet bougonne : " Ce n'est pas Solère qui a gagné, c'est Guéant qui a été battu ", allusion au positionnement droitier sur un territoire de tradition centre droit. Fort de cette victoire, la troïka Duhamel-Solère-Fourcade veut refaire le match lors des municipales de 2014, et cette fois pour sortir du jeu Pierre-Christophe Baguet en personne.

Les campagnes boulonnaises sont, depuis vingt ans, fratricides. " Lors des périodes de marée basse politique, la droite fait 70 % sur ce territoire. Il n'y a pas de risque de basculement ; cela suscite les appétits dans notre famille politique et les contentieux s'accumulent ", analyse Roger Karoutchi, ancien élu de la ville et vice-président de l'UMP.

C'est en effet Pierre-Christophe Baguet qui, en 1994, va chercher l'UDF Jean-Pierre Fourcade, alors sénateur et ancien ministre, pour conduire une liste contre le maire RPR Paul Graziani... dont il est l'adjoint. " Le deal avec Fourcade, c'était que je l'aide à prendre Boulogne-Billancourt, qu'il me forme puis me laisse les prochaines législatives contre le député gaulliste Georges Gorse ", raconte M. Baguet. Jean-Pierre Fourcade est élu maire mais refuse de faire campagne contre M. Gorse, figure tutélaire de la ville et ancien compagnon de la Libération.

Pierre-Christophe Baguet enrage mais l'emporte néanmoins. Le nouveau député ne prévoit pas d'en rester là : après avoir mis un terme à la vie politique de Paul Graziani et Georges Gorse, c'est au tour de Jean-Pierre Fourcade d'être dans sa ligne de mire. En 2001, M. Fourcade reconstitue une équipe municipale avec deux nouveaux adjoints, Pierre-Mathieu Duhamel et Thierry Solère. En 2007, à une année de la fin de son mandat, l'ancien ministre giscardien décide de passer la main. C'est Pierre-Mathieu Duhamel qu'il désigne pour lui succéder.

Mais à l'approche des municipales de 2008, revient le temps des trahisons et des coups bas. Thierry Solère et Pierre-Christophe Baguet ont rejoint depuis deux ans la fusée politique sarkoziste.

Le ralliement de M. Baguet lui vaut l'investiture de l'UMP contre le maire sortant Pierre-Mathieu Duhamel. Ce dernier jette l'éponge : " Je ne me voyais pas me présenter contre l'UMP dans la foulée de la victoire de Nicolas Sarkozy et diriger cette ville contre l'Etat et le département UMP des Hauts-de-Seine. " Pierre-Christophe Baguet, secondé par Thierry Solère, sont élus maire et premier adjoint. Mais le trop ambitieux binôme sarkoziste fait long feu et explose sur l'aménagement de l'île Séguin.

Elus UMP contre élus UMP, anciens maires contre anciens adjoints, " C'est le bazar à tous les niveaux. Trop de haines qui scindent l'UMP en trop de clans ", reconnaît un cadre départemental de l'UMP. La gauche regarde passer les missiles, mais s'affiche également divisé, trois candidats socialistes se disputeront la tête de liste lors d'une primaire à l'automne.

Eric Nunès

Rédigé par Philippe NOVIANT

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