Et si le gouvernement regardait là où il marchait au lieu regarder dans 10 ans ?

Publié le 13 Décembre 2013

18 Assemblee NationaleRegarder dans 10 ans, en matière économique est une hérésie. Le monde économique est fortement chaotique et est soumis à l'effet papillon : un détail, un petit rien peut changer la face du monde en quelques mois... alors quand il s'agit de faire une prospective à 10 ans, autant appeler Madame Soleil à la rescousse ! De plus, toutes ces projections se sont faites sans aucune justification, sans aucune motivation des propos et sans aucune démonstration : on a connu mieux comme travail d'expertise et d'analyse !

Le problème c'est que notre gouvernement n'est pas au niveau : il n'a, bien entendu, pas été capable de voter un budget à l'équilibre cette année. On a l'habitude, car c'est la même chose depuis 30 ans. Mais il n'a pas été capable de limiter les dépenses d'un Etat toujours plus dépensier, en particulier vis à vis des dotations aux collectivités locales. Le seul moyen utilisé pour éviter le trou budgétaire a été, une fois de plus concernant un gouvernement ouvertement incompétent, l'appel à l'impôt.

De plus, la réforme de l'emploi est un ensemble de mesurettes qui ne permettront nullement d'inverser les problématiques de chômage que nous connaissons. Nous continuons à être un pays qui travaillons bien trop peu avec notre record mondial de journées de congés.

Comment voudrait-on nous faire croire que notre gouvernement puisse être capable de faire des projections à 10 ans alors qu'il n'a pas été capable de prendre en compte le rapport de l'équipe Jospin de l'année dernière ?

M. Hollande : soyez plus au service des Français actuellement et gardez pour vous vos belles idées une fois que vous aurez rempli vos missions. Vous en êtes loin, alors ayez un peu plus la tête aux missions actuelles et cessez de faire des prospectives alors que vous n'en n'avez pas les capacités.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Août 2013

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Hollande lance son " projet 2025 " pour rompre avec le déclinisme

Trois défis pour la France : la capacité d'influence, l'innovation et le " vivre-ensemble "

En organisant à l'Elysée, lundi 19 août, un séminaire, réunissant le gouvernement au grand complet, sur le thème de " La France de 2025 ", François Hollande entend mettre en oeuvre l'élaboration d'un " projet stratégique pour la France " à l'horizon d'une décennie.

Pour le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui devait conclure les travaux, ce rendez-vous est " un outil de mobilisation pour avoir une France qui retrouve sa place et son rang dans les dix ans qui viennent ". Il marque le point de départ d'un travail de réflexion, associant les acteurs économiques et sociaux, conduit par Jean Pisani-Ferry. A la fin de l'année, le commissaire général à la stratégie et à la prospective remettra au chef de l'Etat un rapport final. Puis viendra le temps des décisions d'investissement pour l'avenir dans les secteurs où il va falloir " mettre le paquet ". Pour le chef de l'Etat, fixer un horizon long peut et doit contribuer à redonner la confiance et à retrouver une croissance durable.

Avant le premier conseil des ministres de la rentrée, mercredi, l'exécutif a choisi de se projeter dans un avenir de moyen terme. La droite n'a pas manqué de railler l'exercice, le jugeant déconnecté des réalités et estimant que le gouvernement ferait mieux de se préoccuper des problèmes de l'heure. Le vice-président de l'UMP, Laurent Wauquiez, a jugé ce séminaire " surréaliste au vu des difficultés actuelles ". L'Elysée, comme Matignon, balaie ces critiques : " On ne fuit pas la réalité, on l'affronte. " Quant aux dossiers chauds de la rentrée - retraites, budget et réforme pénale -, le chef de l'Etat assure qu'ils seront tranchés " avant la fin du mois d'août ".

" Le temps long ne joue pas contre le temps court, explique l'entourage du président de la République. Il s'agit de réfléchir aux défis qui se posent à la France de 2013 afin de ne pas louper le train du progrès, de mettre en chantier dès maintenant les choix stratégiques qui permettent de redonner un élan à notre nation et de redonner confiance aux Français dans leur destin. "

Retrouver la confiance : c'est le maître mot de cet été, où le chef de l'Etat s'est consciencieusement appliqué à faire passer le message que la page de la " décennie noire " est en train de se tourner, que la France a les moyens - et le devoir - de se mobiliser autour de l'avenir qu'elle veut se construire. M. Hollande se dit convaincu qu'un discours positif, fixant un horizon à moyen terme, est aujourd'hui plus audible. Il en fait même une condition pour rendre acceptables les efforts demandés et les réformes entreprises.

" Ce qui manque à la France, c'est la capacité à se projeter, estime M. Ayrault. Notre rôle est double : il faut agir dans l'urgence, traiter les souffrances les plus grandes et aussi engager les réformes de fond, celles qui feront la France de dans dix ans. " Le premier ministre résume cette ligne de conduite en une formule qui lui est chère : " Agir près et voir loin. "

Pour M. Pisani-Ferry, " la société française n'a plus confiance en l'avenir parce qu'elle n'a plus confiance en elle-même ". Or, estime le commissaire, " si la France dans dix ans pèsera sensiblement moins dans le monde, elle dispose de réserves de croissance ". " Il nous faut fixer notre mode d'insertion dans un processus de mondialisation que nous ne pilotons pas ", ajoute-t-il.

Pour cela, l'Etat a un rôle majeur à jouer. Fixer des perspectives de moyen terme en rompant avec un discours de déclinisme, tel est l'objet de ce séminaire. Tous les ministres avaient été invités, pendant leur brève période de repos estival, à rédiger une note dans laquelle ils exposaient leur vision de la France dans dix ans dans leurs domaines d'intervention respectifs.

A partir de cet exercice, le chef de l'Etat entend établir un diagnostic précis et déterminer les faiblesses, les forces et les atouts de la France. Dans son esprit, trois défis sont à relever. Celui de la souveraineté : le pays sera-t-il encore influent sur la scène mondiale dans dix ans, à quelles conditions, avec quels moyens ? Autre enjeu : la capacité à produire, à être innovant et, donc, dès à présent, à investir dans ces secteurs d'avenir qu'Anne Lauvergeon, présidente de la commission " Innovation 2030 ", devait présenter dans un rapport introductif.

Enfin, une des trois tables rondes de ce séminaire devait porter sur le " vivre ensemble " : comment maintenir et renforcer l'unité du pays, en dépit de ses disparités et de ses fractures. Selon l'Elysée, " ces trois défis et le sentiment, depuis des années, qu'ils ne sont pas relevés sont au coeur du malaise français ". On sort de la crise, s'évertue à répéter le chef de l'Etat, refusant le scénario d'un inexorable déclin tout comme celui d'une France " cabotant au jour le jour, de crise en crise, en essayant d'éviter les écueils ".

Renouant avec un exercice de planification stratégique que la France avait déjà pratiqué après-guerre avec la reconstruction, dans les années 1960 avec la modernisation et dans les années 1980 avec le dessein européen de François Mitterrand, il souhaite engager des réformes structurantes pour les dix ou vingt ans à venir. En clair, selon M. Hollande, " l'avenir, c'est maintenant ".

Le séminaire de l'Elysée ne devrait pas, dans l'esprit de ses promoteurs, rester un exercice de style sans lendemain. A partir de la base de travail élaborée par M. Pisani-Ferry, l'ensemble du gouvernement va être appelé à apporter des réponses concrètes dans les domaines productif, éducatif et écologique. Dans l'esprit du chef de l'Etat, " dix ans, c'est un horizon assez lointain pour construire des politiques d'avenir mais assez proche pour que chacun puisse s'y projeter ". M. Hollande entend ainsi répondre à ceux qui l'accusent de ne pas avoir de vision stratégique à long terme.

Gérard Courtois et Patrick Roger

Rédigé par Philippe NOVIANT

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