Gérard Depardieu s'en va et écrit une lettre

Publié le 18 Février 2013

DepardieuCe que fait M. Depardieu est légal... mais ce n'est pas pour ça que c'est bien. Si M. Depardieu s'en va pour des raisons purement fiscales, effectivement, sa démarche peut être considérée comme minable.

Maintenant, il faut aussi savoir se poser les bonnes questions : la France, par son gouvernement, par ses habitants, par ses dirigeants de toutes sortes, n'ont-ils pas un problème avec les riches ? On ne peut pas dire que l'on considère particulièrement, dans notre pays, les gens riches. Si M. Depardieu s'en va pour des raisons de considération, la démarche peut être largement comprise. Quand on voit la 'Une' du Figaro montrant un cinglant 'Casse toi, riche con' à M. Arnault, cela ne plaide pas particulièrement pour une considération.

La France doit apprendre à considérer ses riches car ce sont eux qui font tourner la société. Elle ne le fait pas. Elle ne le fait pas pour un acteur, soit. Mais, plus grave, elle ne le fait pas non plus pour ses entrepreneurs et pour ses chefs d'industrie. M. Mittal n'a pas été particulièrement bien considéré non plus et emploie pas moins de 20000 employés en France : est-ce que cela non plus, ce n'est pas un peu 'minable' ?

Quand on voit les mesures de sur-imposition qui ont été faites aux commerçants, aux artisans, aux chefs d'entreprise dans le pays Voironnais, on ne peut pas dire que cela participe à une haut considération des riches, ou considérés comme tels. Quand Madame Nathalie Arthaud ose dire sur une chaîne nationale publique que la crise est causée par les patrons, n'est-ce pas un peu 'minable' ?

La France doit donc faire attention dans ses mesures fiscales mais aussi dans sa communication vis à vis des riches. Parallèlement à cela, elle doit mener un lobbying intense vis à vis de ses citoyens afin d'harmoniser à travers l'Europe, mais aussi à travers le Monde, les considérations fiscales appliquées à nos concitoyens.

Reste l'arme de la perte de Nationalité... Irréalisable car anti-constitutionnelle car pouvant mener à des cas d'apatrides.

Un sujet tout sauf simple qui doit être réfléchi et ne peut être discuté sur un coin de table...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 décembre 2012

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Gérard Depardieu répond à Jean-Marc Ayrault et rend son passeport français

L'acteur Gérard Depardieu dans le film "Mammuth" de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Le clash entre Gérard Depardieu et le gouvernement prend un nouveau tour, dimanche 16 décembre, avec la publication d'une lettre de l'acteur dans Le Journal du dimanche s'adressant à Jean-Marc Ayrault.

"Minable, vous avez dit "minable" ? Comme c'est minable !", commence la missive, reprenant les termes du premier ministre qui avait qualifié de la sorte le départ de Gérard Depardieu pour la ville de Néchin en Belgique, pour des raisons essentiellement fiscales (la ville est connue pour abriter de riches expatriés).

Gérard Depardieu, s'estimant "injurié" après les nombreuses critiques dont il a fait l'objet, réplique à Jean-Marc Ayrault en annonçant : "je vous rends mon passeport et ma Sécurité sociale dont je ne me suis jamais servi. Nous n'avons plus la même patrie, je suis un vrai Européen, un citoyen du monde, comme mon père me l'a toujours inculqué".

"Je ne demande pas à être approuvé, je pourrais au moins être respecté ! Tous ceux qui ont quitté la France n'ont pas été injuriés comme je le suis", continue l'acteur dans sa lettre. Il rappelle avoir "toujours payé (ses) taxes et impôts" et commencé à travailler en France "à 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique".

"Je pars après avoir payé en 2012 85 % d'impôt sur mes revenus. (...) Qui êtes-vous pour me juger ainsi, je vous le demande Monsieur Ayrault, premier ministre de Monsieur Hollande, je vous le demande, qui êtes-vous ? Je n'ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j'ai payé 145 millions d'euros d'impôts en 45 ans, je fais travailler 80 personnes (...) Je ne suis ni à plaindre ni à vanter, mais je refuse le mot "minable", insiste-t-il.

"Malgré mes excès, mon appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre, Monsieur, et je vais rester poli", conclut le texte.

L'annonce de son expatriation en Belgique avait fortement agacé à gauche, le député PS du Cher, Yann Galut, ayant notamment évoqué dans ce cadre la possibilité d'une loi pour déchoir les exilés fiscaux de la nationalité française. Dimanche, Yann Galut a qualifié l'acteur de "profondément égoïste", en réaction à cette lettre ouverte.

Le Monde.fr, avec AFP

Rédigé par Philippe NOVIANT

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