La France n'engage pas suffisamment de réformes : c'est l'Allemagne qui le dit !

Publié le 30 Juillet 2014

Gerhard SchroderLes Eurosceptiques, toujours prompts à fustiger la présence en France de la monnaie Européenne, me fait bien marrer ! On bénéficie beaucoup plus des bienfaits de l'Euro que certains autres, parmi lesquels l'Allemagne ! En effet, l'Allemagne est le véritable moteur économique de l'Europe et l'on bénéficie, grâce à elle, de taux d'intérêt pour le moins avantageux. Si l'on ne faisait pas partie de l'Europe, on devrait emprunter à des taux bien plus importants et nous bénéficierions certainement pas d'une note AA sur les marchés financiers !

Bref, l'Allemagne doit être écoutée et nous nous devons de suivre ce modèle qui a engagé de grosses réformes (Hartz) qui a coûté les élections à M. Gerhard Schröder à son époque. Une réussite économique passera donc par un certain sacrifice politique. Qui sera l'homme providentiel pour engager ces réformes ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Novembre 2013

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L'Allemagne s'agace de la lenteur des réformes en France
Berlin craint que les atermoiements français ne portent préjudice à l'ensemble de l'économie de la zone euro
Berlin Correspondant

A priori, François Hollande et Angela Merkel n'ont pas prévu d'avoir un entretien en tête à tête en marge du sommet européen sur l'emploi des jeunes organisé, mardi 12 novembre, à Paris, même si, selon l'Elysée, " des apartés sont toujours possibles ". Les sujets de discussion, voire les contentieux, ne manquent pourtant pas.

Vu de Berlin, la principale préoccupation est la situation économique et sociale en France. La dégradation de la note de la France, le 8 novembre, par l'agence Standard & Poor's, est pour l'Allemagne une preuve supplémentaire que la France doit accélérer ses réformes. Pour ne pas avoir l'air de donner des leçons à Paris, alors que la presse et les économistes allemands se montrent, eux, très sévères, le gouvernement s'en tient à la déclaration du 30 mai élaborée à l'Elysée en vue du Conseil européen de juin. Dans ce texte ambitieux présenté par Mme Merkel et M. Hollande, il était question d'" arrangements contractuels " passés entre les Etats qui s'engageraient à améliorer leur compétitivité, et l'Union qui, en retour, pourrait les aider financièrement.

Pour les Allemands, la France doit encore plus que les autres Etats de la zone euro respecter cet engagement parce qu'en raison de son poids économique, la stagnation de sa croissance a des répercussions sur l'ensemble de la zone. On l'a encore vu le 8 novembre quand Standard & Poor's a dégradé la note du Fonds européen de stabilité financière quelques heures après avoir dégradé celle de la France, celle-ci étant l'un des principaux actionnaires de celui-là.

La discrétion dont a fait preuve l'Allemagne vis-à-vis de la France - malgré des commentaires peu amènes en privé, notamment après l'affaire Leonarda et l'apparition des " bonnets rouges " en Bretagne - s'explique aisément. Berlin craint que s'inquiéter ouvertement de la situation économique en France n'incite les marchés à se montrer encore plus circonspects sur le rétablissement de la conjoncture en Europe. Or, pour Berlin, la zone euro sort peu à peu de la crise. Mais cela fait des mois que l'on prédit des jours difficiles à la France qui ne se réforme pas aussi vite que les pays du sud de l'Europe.

Dans un discours prononcé à Berlin samedi 9 novembre, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, invité de fondations proches du gouvernement, a dit tout haut ce que nombre de dirigeants allemands pensent tout bas : " Les gens critiquent la mondialisation. Mais le plus souvent, les victimes de celle-ci sont en fait les victimes de réformes qui n'ont pas été réalisées. Cela ressemble à un cercle vicieux : pas de confiance politique signifie pas de mandat pour changer. Mais ne pas changer va éroder encore plus la confiance. " Sans être citée, la France est visée par ces propos. " Que les Français arrêtent de parler de réformes et les fassent. Le poids de l'Etat est bien trop grand ", affirmait, le 8 novembre, un dirigeant de la Banque centrale européenne qui ne cachait pas son inquiétude.

Entre la France et l'Allemagne, l'union bancaire est également un sujet de discorde. Vendredi, à Berlin, lors d'un colloque organisé par le centre de réflexion Bruegel, Ramon Fernandez, directeur français du Trésor, et Thomas Steffen, secrétaire d'Etat auprès du ministre allemand des finances, ont ainsi développé des points de vue très éloignés sur le mécanisme de résolution unique, qui, avec la supervision des banques, constitue le coeur de la future union bancaire. Comme l'a dit Pierre Wunsch, directeur de la Banque nationale de Belgique : " On n'est pas d'accord sur le degré de solidarité que l'on veut dans l'Union, c'est pour cela que la France et l'Allemagne sont en désaccord. "

Même l'attitude à adopter à l'égard des écoutes américaines semble diviser les deux capitales. Si François Hollande et Angela Merkel ont adopté une position commune le 25 octobre, l'Allemagne a envoyé, depuis, deux délégations à Washington alors que Paris ne semble entreprendre aucune démarche. " On ne sait même pas qui, à l'Elysée, coordonne le dossier ", constate un diplomate à Berlin.

Enfin, le gouvernement allemand a fait savoir qu'il n'approuvait pas la décision annoncée le 31 octobre par le ministère français de la défense de supprimer le 110e régiment d'infanterie, basé depuis 1964 à Donaueschingen (Bade-Wurtemberg) et rattaché depuis 1989 à la brigade franco-allemande. Cette décision entraîne le rapatriement de 850 militaires et 150 civils en France. Apparemment, François Hollande ne l'avait pas fait connaître à Angela Merkel lorsqu'il l'avait vue à Bruxelles une semaine auparavant.

Frédéric Lemaître

    Les négociations pour la grande coalition se poursuivent

    Les négociations se poursuivent entre la CDU, la CSU bavaroise et le Parti social-démocrate (SPD) pour la formation d'un gouvernement de coalition. Les négociations doivent se terminer entre le 26 et le 28 novembre. Les adhérents du SPD auront alors deux semaines pour approuver leur contenu.

    Le Bundestag pourrait, dans ce cas, se réunir le 16 ou le 17 décembre pour élire Angela Merkel à la chancellerie. Durant les deux semaines précédentes, les trois partis devraient s'être répartis les principaux ministères afin que le gouvernement soit opérationnel dès cette date. - (Corresp.)

Rédigé par Philippe NOVIANT

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