La Russie a du sang sur les mains dans ce crash

Publié le 21 Octobre 2014

russie-moscou-cathedrale-basileIl est évident que la Russie a une grosse part de responsabilité dans cet accident. Comme le dit cet article, la relative mansuétude des instances internationales vis à vis de la Russie se paie cash aujourd'hui.

On montre dans cette analyse que Moscou n'a eu de cesse de pourrir la situation. Elle se paie aujourd'hui cash par la mort de 300 personnes innocentes. Il est temps que le monde dise à la Russie en lui montrant que ces faits sont inacceptables.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Juillet 2014

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ANALYSE
Cette guerre que le monde voulait oublier

Le crash du Boeing de la Malaysia Airlines suscite un deuil international. Il représente aussi un terrible rappel à la réalité. Fini le déni pour ceux qui espéraient que la " crise ukrainienne ", selon l'euphémisme en vigueur, serait circonscrite à une région, le Donbass. Que l'est de l'Ukraine resterait un trou noir dans ce pays de 45 millions d'habitants entre l'UE et la Russie dont la souveraineté a été mise aux enchères, parfois par ses propres amis.

En finir avec l'Ukraine. Passer à autre chose. Enlever cette vilaine fièvre dans les rapports avec la Russie qui perdure depuis la chute du président Viktor Ianoukovitch, fin février. L'annexion de la Crimée, au mépris du droit international ? Vite acceptée. La déstabilisation préméditée, organisée, de l'est de l'Ukraine, par le truchement de séparatistes locaux ou importés de Russie ? Annoncée et réalisée, sous nos yeux. Aujourd'hui, il n'est plus question de revendications fédéralistes, mais d'une population civile prise en otage par des groupes de mercenaires et de combattants faisant la guerre pour la guerre.

Pendant ces cinq mois, Moscou n'a cessé de réclamer une solution politique. Pendant ces cinq mois, Moscou n'a cessé de contribuer au pourrissement sur le terrain. Sans que jamais ses mensonges soient stigmatisés. Sans que jamais les canons de la propagande télévisée baissent en intensité, instillant la haine de l'autre, du frère, de l'Ukrainien. Si la Russie avait voulu éteindre ce conflit, elle aurait bouclé sa frontière, fermant les voies d'acheminement en hommes et en matériels.

On ne sait qui précisément a abattu l'avion de Malaysia Airlines. Mais énonçons une évidence : les Ukrainiens ont des ennemis au sol, et pas dans les airs, tandis que les séparatistes se sont vantés à plusieurs reprises d'avoir abattu des hélicoptères et des avions de l'armée. Auraient-ils confondu un appareil civil et militaire ? L'enquête semble compromise en zone de guerre. D'autant qu'il est vain d'espérer l'aide de Moscou.

Ce drame ne peut servir qu'à une chose : placer enfin la Russie devant ses responsabilités. Le prétendu pompier est un pyromane. Mettre des mots sur la réalité est le début du courage. Un courage dont les dirigeants européens n'ont guère fait preuve, ces derniers mois. Des sanctions économiques, nominales et sectorielles, ont été prises, plus sévères à Washington qu'à Bruxelles. Enlisée dans ses divisions, l'UE a, comme souvent, renoncé à faire de la politique.

Sa tentation inavouable est apparue au cours du sommet de Deauville, le 6 juin, pour le 70e anniversaire du Débarquement. Elle consiste à revenir aux affaires courantes, commerciales. On préfère discourir sur les risques d'une nouvelle guerre froide, au lieu de nommer celle qui a lieu. Cette tentation est claire parmi les membres historiques de l'Union européenne, surtout la France et l'Allemagne. L'image d'Angela Merkel et de Vladimir Poutine assis côte-à-côte lors de la finale de la Coupe du monde de football se suffit à elle-même. L'obstination française à livrer le Mistral est aussi parlante. Les pays baltes ou la Pologne, eux, ont la mémoire dans la peau. Ils savent ce qu'il en coûte de sous-estimer la volonté de puissance russe.

Piotr Smolar

Rédigé par Philippe NOVIANT

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