Où sont les mesures d'accès à l'emploi ? (1/2)

Publié le 5 Août 2013

dicteeJe suis subjugué par le manque d'ambition et de portée de ce texte que l'on ose appeler une Loi. Notre enseignement supérieur est malade, et gravement. Plus de la moitié de nos étudiants n'arrivent pas au niveau licence, et on a 25% de chômage chez les jeunes. Las, ce texte n'ambitionne en rien de régler cette situation, alors à quoi sert-elle ?

On nous a dit que la Loi sur l'autonomie des Universités avait été une réussite. Une réussite aurait été de former des étudiants à même d'avoir un diplôme et un emploi. Le résultat c'est que cette Loi n'a fourni ni l'un, ni l'autre.

Le seul point positif aurait été d'améliorer le niveau d'Anglais des étudiants afin qu'ils puissent obtenir une formation pouvant être à même de déboucher sur un emploi où cette compétence est plus qu'appréciée : las, de nouveau, la mesure a soulevé une bronqua en lui opposant notre fameuse exception culturelle.

La plus fameuse exception culturelle étant, je le rappelle, nos 3 Millions de chômeurs, notre taux de 25% de chômage chez les jeunes et un budget largement déficitaire, voire faillitaire.

Car ce projet oublie l'accès à l'emploi de nos jeunes, il ne fait que révéler l'incompétence généralisée de nos politiques.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Mai 2013

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Réforme de l'université : divisions tous azimuts pour une loi modeste
L'Assemblée débat à marche forcée, à partir de mercredi, sur la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche

Trente heures de débat pour accroître les chances de réussite de tous les étudiants, améliorer le rayonnement de la recherche et corriger la gouvernance des universités. L'examen des 69 articles du projet de loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, dont certains points divisent la majorité, démarre mercredi 22 mai, en temps programmé pour cause d'embouteillage de lois. Le vote solennel est prévu le 28 mai.

Le texte que défendra Geneviève Fioraso, la ministre de l'enseignement supérieur, ne revient pas sur l'autonomie des universités entérinée par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités de l'ex-ministre Valérie Pécresse, votée en 2007. " Ce n'est pas une loi de rupture ", a assumé le rapporteur de la loi, Vincent Feltesse (PS, Gironde).

" L'autonomie des universités, c'est bien. Notre gouvernement tout comme le PS y sont favorables, a régulièrement martelé la ministre. Mais pas l'autonomie qui a été mise en place sous Nicolas Sarkozy. Nous, nous sommes pour une autonomie avec le retour d'un Etat stratège responsable, qui ne laisse pas les choses dériver. "

Si l'autonomie est donc conservée, le projet de loi vise à modifier la gouvernance et notamment à remettre de la collégialité et de la démocratie au sein des universités. Objectif : en finir avec l'hyperprésidentialisation. Aux côtés du conseil d'administration, le projet de loi prévoit la création d'un conseil académique qui aura ses propres prérogatives. Il réunira le conseil scientifique, qui définit les axes de formation et de recherche, et le conseil des études et de la vie universitaire.

Pour les députés UMP, cette mesure va rendre l'université ingouvernable. " Cette loi donne trop de pouvoirs aux syndicats et aux étudiants et affaiblit le président. Au nom de la transparence et de la démocratie, tout sera alourdi ", dénonce Rudy Salles (UDI, Alpes-Maritimes).

Hormis quelques points de focalisation, les 628 amendements déposés ne devraient pas mobiliser les foules. " Il n'y a eu que trois lois sur ce sujet depuis 1984 donc peu de parlementaires se sont spécialisés ", explique Benoist Apparu (UMP, Marne).

L'animation la plus importante devrait intervenir dès mercredi dans l'Hémicycle avec l'article 2, qui prévoit d'assouplir la loi du 4 août 1994 (dite " loi Toubon ") pour faciliter le développement de cours en langue étrangère - en anglais essentiellement. L'objectif étant d'attirer des étudiants étrangers de grandes puissances comme la Corée, l'Inde, le Brésil et bien évidemment la Chine.

Même si Mme Fioraso a martelé que cela ne concernerait que 1 % des cours à l'université, que rien ne sera obligatoire et que des décrets d'application encadreront ces dispositions, à droite comme à gauche, des députés ont crié au " scandale " et à " la mort programmée du français ". " Le français est en perte de vitesse. Il est en danger ", souligne ainsi Rudy Salles.

Plusieurs députés devraient faire le " show ", comme lorsque Jacques Myard (UMP) a interrogé, lors de la dernière séance des questions au gouvernement, Mme Fioraso en anglais, en allemand et en français pour dénoncer " le globish ". Les irréductibles, comme Daniel Fasquelle (UMP, Pas-de-Calais) et Pouria Amirshahi (PS, Français établis hors de France), devraient demander à nouveau la suppression de cet article 2. Deux amendements acceptés en commission devraient rassurer les opposants : les étudiants étrangers concernés par cet enseignement devront suivre en parallèle une formation en français. Et leur maîtrise de la langue française sera prise en compte dans l'obtention de leur diplôme.

Sur le volet " réussite des étudiants ", le débat pourrait se focaliser sur l'instauration de quotas favorisant l'accès des bacheliers technologiques en IUT (institut universitaire technologique) et des bacheliers professionnels en STS (la filière qui délivre un BTS). Mme Fioraso, qui n'était pas, elle-même, favorable à l'instauration de quotas mais à une priorité d'accès, a suivi sur ce point l'avis du Conseil d'Etat.

Au PS, tous les députés n'y sont pas favorables, à l'instar d'Yves Durand (PS, Nord), sauf " si c'est le seul moyen pour permettre à ces bacheliers de trouver une place dans des filières qui ont été créées pour eux ". A l'UMP, Benoist Apparu se dit " favorable " à des quotas, " même s'il faudra faire attention à ne pas casser un système qui marche bien ". Plus sceptique, Rudy Salles estime que " ce système ne sera pas assez efficace, il aurait mieux valu instaurer des cours de soutien afin de mener ces étudiants à la réussite ". Un amendement du gouvernement adopté en commission prévoit que les quotas seront fixés en accord avec les présidents d'université, d'IUT et les proviseurs des établissements ayant des BTS. Ce qui pourrait amoindrir la portée de la réforme.

Comme Marie-George Buffet (Front de gauche, Seine-Saint-Denis) ou encore Yves Durand (PS, Nord), le rapporteur Vincent Feltesse regrette qu'il n'y ait rien dans la loi sur les moyens budgétaires des universités et sur la vie étudiante. " Alors qu'on sait qu'elle est intimement liée à la réussite ", souligne Marie-George Buffet.

M. Feltesse entend d'ailleurs faire émerger le débat à l'Assemblée. " Même si c'est une loi d'orientation et non de programmation, c'est un débat que l'on doit avoir ", insiste-t-il. Le rapporteur de la loi est favorable à un Livre blanc, à l'image de celui de la défense, qui allie stratégie et loi de programmation avec moyens budgétaires.

De son côté, Isabelle Attard (EELV, Calvados) regrette qu'il n'y ait rien non plus dans le projet de loi sur la précarité des jeunes chercheurs. La députée écologiste se dit en total désaccord avec ce texte et maintient pour l'instant son intention de voter contre. " Il est beaucoup trop question de compétitivité et de performance demandées aux chercheurs. Il faut donner la liberté aux chercheurs de chercher ", défend-elle.

En marge de ces sujets, Patrick Hetzel (UMP, Bas-Rhin) devrait rouvrir le débat sur les droits d'inscription des étudiants étrangers hors Union européenne. " Pourquoi le contribuable français paierait les études d'un étudiant chinois ? ", s'interroge-t-il. Le député propose de leur faire payer au maximum vingt fois les droits en licence (181 euros), master (250 euros) et doctorat (380 euros).

N. Bn

Rédigé par Philippe NOVIANT

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