Pour remonter la croissance en berne, que fait-on ?

Publié le 31 Octobre 2014

2826be1dLa croissance continue a être atone en France. Ce qu'il y a de nouveau c'est que l'on apprend, dans le même temps, que les greffiers près les Tribunaux du Commerce gagnent très bien leur vie alors même qu'il n'y a pas de talent à exercer cette profession et que cette profession ne comporte pas de risque particulier justifiant un tel salaire. Pire : les responsabilités n'ont rien à voir avec le travail d'un Président de la République alors même que le Président est payé près de deux fois moins !

Rappelons qu'un greffier près un Tribunal de Commerce gagne près de 30 000 Euros par mois ! Pour faire quoi ?

La croissance montera à partir du moment où les entreprises gagneront des parts de marché et seront bien implantées sur le territoire Français. Las, on considère trop souvent nos entreprises comme des vaches à lait. Résultat, elles sont surtaxées et nos greffiers, en situation de monopole se gavent sur la bête ! Quand les entreprises en ont marre de se faire saigner, elles implantent leur siège ailleurs et le greffier continue à vivre largement de ses subsides.

Il est impératif et urgent d'inverser le paradigme : l'entreprise doit avoir confiance en l'Etat et l'Etat doit les taxer justement, ni trop, ni trop peu. C'est à ce prix que nos entreprises redeviendront compétitives, c'est à ce prix que l'on récupèrera de la croissance, c'est à ce prix que le chômage sera réduit.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Juillet 2014

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Croissance : même François Hollande ne croit plus à la reprise

LE MONDE | 25.07.2014 à 10h54 • Mis à jour le 25.07.2014 à 16h44 | Par Marie Charrel

Ce n'est pas bon. Semaine après semaine, tous les indicateurs économiques envoient le même signal : la France décroche. D'après les chiffres publiés jeudi par le cabinet Markit, le PMI composite, cet indice considéré comme un baromètre avancé de l'activité, s'est établi en juillet à 54 points dans la zone euro, l'un des meilleurs scores depuis trois ans, mais… il est tombé à 49,4 en France. Les nouveaux chiffres du chômage, que Pôle emploi devait publier vendredi, ne devraient guère éclaircir l'horizon conjoncturel.

François Hollande semble enfin l'admettre. Il n'est « pas impossible » que la croissance puisse « encore s'affaiblir », a-t-il lâché lors du dîner annuel de la presse présidentielle le 21 juillet. Une confidence aussitôt minimisée par son entourage.

Il n'empêche. Après des mois de méthode Coué et d'optimisme à marche forcée, ces mots sonnent comme un aveu d'échec. Quelques jours plus tôt, lors de l'interview télévisée du 14 juillet, le président de la République assurait encore : « La reprise est là. »

« AU POINT MORT »

« La France fait moins bien que tous ses voisins et c'est très inquiétant », résume Gabriel Sein, chez Oxford Economics. « La situation économique est catastrophique », s'est quant à lui emporté Pierre Gattaz, le président du Medef, dans une interview publiée par le Figaro le 21 juillet, quelques heures avant le dîner présidentiel.

« C'est simple, tous les moteurs de la croissance sont au point mort », résume Christophe Blot, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La consommation des ménages ? Malgré le léger rebond de mai (+ 1 %), elle reste atone et ne devrait croître que de 0,3 % sur 2014, selon l'Insee. L'investissement des entreprises ? Il est à plat et ce ne sera guère mieux ces prochains mois, car le taux de profit de nos PME est le plus faible de la zone euro. S'ajoute à cela un déficit commercial abyssal (61,2 milliards d'euros), une courbe du chômage (10,1 %) qui ne s'inverse toujours pas et une inflation dangereusement basse.

Résultat : plus grand monde, à part le gouvernement, n'ose croire que la croissance sera de 1 % cette année. Dans ses prévisions pour 2014 publiées jeudi, le Fonds monétaire international (FMI) table sur 0,7 %, comme l'Insee. Et le consensus des économistes mise sur une croissance de 1,3 % au mieux en 2015, quand Bercy prévoit 1,7 %. « Irréaliste », juge M. Sein. « La France décroche et cela fait des mois que tous les chiffres le confirment. »

« IL VOULAIT VRAIMENT CROIRE AU REBOND »

Pourquoi le président a-t-il attendu si longtemps avant de l'admettre – même du bout des lèvres ? Peut-être l'aveu du 21 juillet vise-t-il d'abord à préparer les esprits avant le 14 août. Ce jour-là, le chiffre de la croissance du deuxième trimestre sera publié. Et il s'annonce décevant : 0,3 %, selon l'Insee. Au mieux. Peut-être M. Hollande modère-t-il aussi son optimisme en vue du délai que la France devra probablement négocier avec Bruxelles, comme en 2013, sur la trajectoire de ses finances publiques. Car il est peu probable que le déficit public, attendu à 3,9 % du PIB cette année, repasse sous les 3 % en 2015, comme promis. Le FMI table plutôt sur 3,4 %.

Le changement de ton présidentiel n'est pas seulement tactique, jugent certains. « Il voulait vraiment croire au rebond », assure un élu de la majorité. Il est vrai qu'il y a un an l'espoir restait permis. Au deuxième trimestre 2013, le PIB bondissait de 0,6 %, deux fois plus que celui de la zone euro (0,3 %), et presque aussi bien qu'en Allemagne (0,7 %). « Bercy pariait sur le redémarrage », commente Jean-Christophe Caffet, chez Natixis.

Dans le scénario idéal, la reprise du commerce mondial allait soutenir l'activité française et atténuer l'impact récessif des mesures d'économie (50 milliards d'euros sur trois ans). Mais le commerce mondial s'est révélé décevant. « C'était surtout sous-estimer à quel point la crise que nous venons de traverser n'est pas de même nature que les précédentes », explique M. Caffet.

« LONG ET DOULOUREUX »

Le délitement du tissu industriel français n'a en effet pas commencé avec le choc des subprimes. Il a débuté en 2000 et s'est accéléré depuis. En mai, la production industrielle a encore chuté de 1,7 %, la plus forte baisse depuis vingt mois.

Depuis quinze ans, la France est le pays de l'Union européenne dont les parts de marché dans le commerce mondial ont le plus reculé (avec la Finlande et l'Irlande), tombant de 4,7 % à 3,2 %, selon Natixis, tandis qu'elles se sont maintenues à 7,7 % en Allemagne. Nos entreprises n'enregistrent plus de gains de productivité et investissent trop peu dans la recherche : 1,38 % du PIB par an en moyenne, selon l'OCDE, contre 2,34 % en Suède ou 2 % en Allemagne. Et cela, alors que le coût unitaire du travail a augmenté de 23 % en France entre 2000 et 2012, selon l'OCDE, contre 19 % dans le reste de la zone euro et 4 % en Allemagne.

« Remonter la pente sera long et douloureux », juge M. Sein. « Sans les mesures de rigueur et les pressions déflationnistes, nous irions beaucoup mieux », estime quant à lui M. Blot, en insistant sur les réformes lancées par M. Hollande.

Le pacte de responsabilité, qui allégera le coût du travail, l'Accord national interprofessionnel (ANI), qui offre plus de flexibilité aux entreprises ou encore les trente-quatre plans pour l'industrie devraient contribuer à regonfler la croissance potentielle du pays. « L'ennui, c'est que ces mesures ne feront pas effet avant plusieurs années »,précise M. Caffet. En rappelant que les réformes entreprises de 2001 à 2006 par Gerhard Schröder pour redresser la compétitivité allemande n'ont porté leurs fruits qu'à partir de 2005…

    Marie Charrel
    Journaliste macroéconomie / politique monétaire

Rédigé par Philippe NOVIANT

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