Quand Israël se moque du monde

Publié le 10 Décembre 2013

israel-palestineIl faut savoir le dire une fois pour toutes : Israël se moque du monde (et le mot est faible !) ! C'est un fait ! Où, ailleurs dans le monde, a-t-on un pays qui se permet d'aller construire chez le voisin ? A-t-on des Allemands qui viennent annexer des terres en France pour y construire maisons et villas, tout cela sous le principe fallacieux que le terrain est libre ?

Israël dit qu'elle veut faire la paix, mais continue, perpétuellement, à aller implanter des colonies chez son voisin !

Le droit fondamental de son voisin est baffoué et tout cela se fait avec l'assentiment des autres pays. C'est une honte !

Maintenant, quand on voit comment les autres pays agissent, Israël aurait tort de ne pas le faire : quand on prend les gens pour des imbéciles et qu'ils sont d'accord, pourquoi ne pas continuer ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Août 2013

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Israël relance la colonisation malgré les négociations
Les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens s'ouvrent, mercredi 14 août, dans un climat très tendu
Jérusalem Correspondance

Ce n'est que le début. La mélodie - de la colonisation - ne peut s'arrêter ", a averti, dimanche 11 août, Uri Ariel, le ministre israélien du logement, alors qu'il posait la première pierre d'une nouvelle colonie, au sud de Jérusalem, près du village palestinien de Jabal Mukaber. Les projets de construction s'enchaînent en effet. Mardi 13 août, la municipalité de Jérusalem a approuvé un plan de 942 nouveaux logements dans la colonie de Gilo, à Jérusalem-Est. La veille, les autorités israéliennes avaient lancé un appel d'offres de plus d'un millier de logements au-delà de la " ligne verte " qui sépare Israël de la Cisjordanie. Cette série d'annonces met fin à un ralentissement relatif des constructions israéliennes observé ces derniers mois, en Cisjordanie.

Le coup d'accélérateur des autorités israéliennes sur la colonisation est un premier coup dur pour la diplomatie américaine du secrétaire d'Etat, John Kerry, qui a exprimé ses " graves inquiétudes ", ajoutant que les Etats-Unis " considèrent comme illégitimes toutes les implantations ". Le nouveau médiateur du Proche-Orient était pourtant parvenu à arracher, fin juillet, une relance " historique " du dialogue, au terme de trois années de silence. Les rencontres prévues, à Jérusalem, puis à Jéricho le 14 août, constituent la première étape de neuf mois de discussions bilatérales sous patronage américain.

Mais, en réalité, le véritable coup d'envoi est prévu dans la soirée du 13 août, avec la libération de 26 détenus palestiniens, issus d'une liste de 104 prisonniers de la période pré-Oslo (avant 1993) approuvée par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou le 28 juillet. Ce " geste de bonne volonté " a été consenti en échange de l'abandon par le président palestinien, Mahmoud Abbas, de ses " préconditions " à la reprise effective des négociations : le gel total de la colonisation israélienne, ou encore le respect strict des frontières de 1967.

Le gouvernement israélien n'a pas attendu longtemps avant d'annoncer un nouveau train de mesures soutenant la colonisation. Début août, il a dressé une nouvelle carte de zones déclarées " priorité nationale ", incluant près de 90 localités juives de Cisjordanie, dont certaines étaient encore considérées comme illégales il y a seulement quelques mois. En parallèle, les autorités israéliennes ont décidé d'approuver rétroactivement une série de constructions illégales constatées dans des colonies isolées, au coeur de la Cisjordanie.

A la veille de la reprise des pourparlers, ces annonces portent l'empreinte de la droite nationaliste israélienne, menée par Naftali Bennett, partenaire de coalition - " nuisible ", selon le quotidien de gauche Haaretz -, qui n'a jamais fait mystère de son opposition à un Etat palestinien. Mais à qui le premier ministre Nétanyahou a dû donner des gages : " Bennett était opposé à la libération des prisonniers palestiniens. Pour ne pas faire éclater la coalition, Nétanyahou a dû faire preuve de bonne volonté concernant les colonies ", analyse le politologue israélien Gershon Baskin, fondateur du Centre de recherche et d'information Israël/Palestine (Criip).

Il est clair que le mauvais " timing " de ces annonces en série ne peut qu'affaiblir la position de Benyamin Nétanyahou face aux Etats-Unis. Dans l'entourage du premier ministre, on tente de minimiser la portée des dernières annonces de construction : " Nous n'en sommes qu'aux appels d'offres. L'ensemble du processus s'étale sur un an, voire plus. Il n'y aura donc pas de constructions effectives durant toute la durée des négociations ", plaide Michel Ben Ami, le représentant du Likoud à Jérusalem.

Autre argument pour ne pas être perçu comme le " fossoyeur " du processus de paix : faire valoir que les récentes annonces de construction concernent surtout les grands blocs de colonies - comme Maalé Adoumim ou Goush Etzion - quasiment acquis à Israël, dans le cadre d'un futur accord avec les Palestiniens.

A Ramallah, l'atmosphère s'est tendue, comme le prouvent les propos du négociateur palestinien Mohammed Chtayyeh, qui a dénoncé le " sabotage " israélien des efforts de paix. Pour autant, Mahmoud Abbas ne semble pas vouloir encore enterrer les pourparlers de mercredi. Un changement de stratégie notable, si l'on se réfère aux derniers pourparlers de septembre 2010, qui virent le président palestinien claquer la porte en raison, justement, de la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Une " souplesse " nouvelle qui pourrait s'expliquer par la volonté de l'Autorité palestinienne d'assurer, coûte que coûte, la libération des prisonniers palestiniens. Par ailleurs, selon des sources proches de M. Abbas, le président aurait reçu des " garanties officieuses solides " de la part des Etats-Unis, assurant que " quoi qu'il se passe actuellement dans les colonies ", la Cisjordanie dans les frontières de 1967 - excepté les grands blocs de colonies juives - et Jérusalem-Est reviendront au futur Etat palestinien.

Reste que la colère monte en Cisjordanie, où l'on fait état d'" intenses discussions " au sein même du Fatah et de l'OLP pour exiger l'officialisation de ces fameuses garanties américaines. Et à défaut d'obtenir une telle assurance, se rabattre sur un " boycottage de protestation " de la rencontre du 14 août. Pour Gershon Baskin, la reprise des négociations ne tient ainsi qu'à un fil : " Si les Palestiniens quittent la table des négociations dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures, c'est que les promesses américaines auront fait long feu. " - (Intérim.)

    104 libérations tributaires des progrès des négociations

    Le 28 juillet, le gouvernement israélien a donné son feu vert à la libération de 104 prisonniers palestiniens qui, à l'exception d'un seul, avaient été interpellés avant les accords d'Oslo de 1993 pour le meurtre d'Israéliens ou de Palestiniens soupçonnés de collusion avec Israël. Parmi eux se trouvent 55 résidents de Cisjordanie, 25 de la bande de Gaza, 10 Palestiniens de Jérusalem-Est et 14 Palestiniens citoyens d'Israël, qui devraient être libérés en quatre contingents.

    La décision du gouvernement Nétanyahou d'étaler ces libérations sur neuf mois, selon les progrès des négociations, a suscité les critiques des familles et associations palestiniennes. La crainte existe que certains détenus soient empêchés, au nom de considérations de sécurité, de s'installer en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est. En Israël, la libération inédite des 14 détenus citoyens fait ainsi débat.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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