Quand l'Europe se moque de ses citoyens

Publié le 2 Décembre 2014

ParlementEuropeenCe sont très clairement des décisions qui posent problème que celles-ci. La Commission européenne n'a-t-elle que ça à faire que de filer des textes aussi abscon à voter par le Parlement de Strasbourg ? N'a-t-on pas d'autres priorités à traiter que la puissance des aspirateurs ?

On aurait compris ce genre d'initiative au niveau Français, et encore, mais au niveau Européen, c'est à se demander pourquoi on paie des gens à pondre ce genre de mesures...

Il est temps que l'Europe s'occupe des véritables problèmes au lieu de donner des Lois inutiles à voter aux Etats.

En continuant comme cela, bientôt le FN deviendra premier parti de France en matière Européenne... Dieu merci, ce n'est pas encore le cas ! Ah bon ? C'est déjà le cas ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 Septembre 2014

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Bruxelles fait le ménage dans...les aspirateurs

C'est typiquement le genre d'information qui va donner du grain à moudre aux déçus de l'Europe. A partir du 1er septembre, en vertu d'une réglementation imposée par la Commission européenne et votée par le Parlement de Strasbourg, les aspirateurs d'une puissance supérieure à 1 600 watts ne doivent plus être importés sur le Vieux Continent. Au motif qu'ils sont trop gourmands en énergie.

La mesure, à en croire Bernard Bugelay, directeur marketing du groupe Seb (propriétaire de la marque Rowenta), cité par l'AFP, " concernera 80 % de l'offre actuelle, qui est au-dessus de ce seuil ".

Les aspirateurs devront désormais, tout comme les réfrigérateurs ou les machines à laver avant eux, être dotés d'une signalétique spécifique, une étiquette énergie, allant de A à G, en fonction de leur consommation. Les fabricants vont devoir trouver des solutions techniques pour, avec moins d'énergie, rendre leurs machines tout aussi capables qu'avant d'aspirer les moutons.

D'ici à 2017, la réglementation européenne ira encore plus loin, puisque les constructeurs d'aspirateurs auront l'obligation de se limiter à une puissance de 900 watts et à 80 décibels maximum de bruit émis… Cela fera peut-être les affaires des marques haut de gamme, comme Dyson, qui misent sur ces critères " green " pour vendre. Mais moins celles des autres, dont les coûts de conception devraient grimper.

Les 788 eurodéputés et les 30 000 fonctionnaires de la Commission européenne n'ont-ils rien de mieux à faire que de s'occuper des aspirateurs des 500 millions de citoyens de l'Union ? Quand le chômage atteint 11,5 % de la population active dans la zone euro. Quand une guerre ouverte entre l'Ukraine et la Russie menace à l'Est. Cette critique d'une Europe qui délaisserait les vrais problèmes des gens au profit de la production d'une réglementation obèse, au pire, inutile et intrusive, a beaucoup monté durant la campagne pour les élections européennes de mai.

" Un peu de toilettage "

" C'est un peu exagéré de dire que Bruxelles produit désormais 80 % des lois appliquées dans les pays de l'Union. Beaucoup de ses textes ne sont finalement pas votés par les Parlements nationaux. Mais il est vrai que l'Europe produit énormément de règles phytosanitaires ou environnementales, visant à protéger les consommateurs ou à faciliter les échanges. Trop sans doute maintenant, reconnaît Yves Bertoncini, directeur de l'institut Notre Europe. Le coût politique de cette inflation de textes est devenu supérieur à l'avantage que ces dispositions pouvaient introduire dans la vie des gens. Ces règles alimentent trop l'euroscepticisme, voire la raillerie. "

Conscient du problème, Jean-Claude Juncker, le président désigné de la nouvelle Commission européenne – il prendra ses fonctions le 1er novembre –, pourrait décider la création d'un commissariat européen chargé de l'efficacité réglementaire. " Quelqu'un qui ferait un peu de toilettage ", précise M. Bertoncini. " Ce type de travail a déjà été effectué dans le passé par d'autres Commissions. On a bien vécu pendant près de quarante ans avec un texte bruxellois réglementant la courbure des concombres, qui a fini par être supprimé ! ", rappelle ce spécialiste des affaires européennes.

Cécile Ducourtieux (Bruxelles, Bureau européen)

Rédigé par Philippe NOVIANT

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