Quand la France fait peur aux investisseurs

Publié le 16 Avril 2013

mtgentreprise011Cette situation est grave car elle pousse les investisseurs étrangers à aller voir ailleurs. Les propos de M. Montebourg vis à vis de M. Mittal ne sont bien évidemment pas étrangers à cet état d'esprit. Pas plus que l'incompétence supposée ou non, de nos politiques. Il est vrai que la France a toujours pris ses patrons, petits ou gros, pour des vaches à lait, pour des nantis, tout juste bons à payer.

Cet état d'esprit vis à vis des patrons est un frein important à nos investissements car ils grèvent lourdement la richesse de notre pays par les manques de moyens et d'investissement qui y sont réalisés. La France est un pays où l'on travaille le moins au monde. Nous avons un bon taux de productivité (production / heure) mais nous travaillons tellement peu que l'on ne peut rattraper nos manques en la matière.

Il faut donc un choc dans le domaine du monde du travail qui soit capable de retenir les investisseurs de notre pays : tout le monde a à y gagner...

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Menace sur l'investissement étranger en France
Article paru dans l'édition du 20.12.12
Les mesures fiscales inquiètent. Depuis l'été, les groupes internationaux détruisent plus de postes qu'ils n'en créent
   
Oubliez l'accordéon, le béret et Amélie Poulain, place à l'innovation et aux entreprises dynamiques ! La campagne de promotion « Say oui to France » que vient de lancer le gouvernement ne sera pas de trop pour redorer le blason tricolore auprès des groupes internationaux. L'image de l'Hexagone auprès des investisseurs étrangers - américains particulièrement - s'est dégradée de façon spectaculaire ces derniers mois.

C'est ce que montre un sondage, effectué en octobre-novembre, auprès des dirigeants de 52 filiales d'entreprises américaines, cumulant plus de 39 000 employés., leur ont demandé la Chambre de commerce américaine en France et le cabinet de conseil Bain & Company. Comme une destination d'investissement, ont déclaré 40 % d'entre eux. Ils n'étaient que 15 % à donner la même réponse en 2011, et à peine 10 % les deux années précédentes. « Comment votre maison mère perçoit-elle la France ? »« mauvaise »

Seuls 22 % des responsables interrogés voient en la France une bonne ou une excellente terre d'accueil, soit deux à trois fois moins qu'auparavant. Une dégradation inquiétante, dans la mesure où les groupes américains comme General Electric, Amazon ou Coca-Cola restent les premiers investisseurs étrangers dans le pays.

« Il y a une nette baisse de confiance, liée à la fois à la crise de la zone euro et à l'alternance politique, commente Marc-André Kamel, associé chez Bain. Les responsables qui ont répondu à l'enquête sont très inquiets de l'impact des réformes annoncées, notamment celles qui alourdissent la fiscalité des entreprises et des particuliers. ». L'obligation d'accepter des offres de reprise en cas de fermeture de site leur fait également peur.

Signaux reçus cinq sur cinq

Mais le plan compétitivité et le projet d'accord sur le travail n'ont pas compensé l'accroissement des impôts.« En revanche, ils sont très favorables à toutes les mesures destinées à améliorer la compétitivité, et la flexibilité du marché du travail. »

Des signaux reçus cinq sur cinq. décrypte un spécialiste du sujet à Bercy.« Les Etats-Unis utilisent régulièrement ce sondage pour faire passer des messages sur la politique qu'ils souhaitent voir mener en France, On le prend en compte. »

D'autant que les investisseurs américains n'ont pas été seuls à réagir ainsi aux premiers gestes de François Hollande et de son équipe. En Inde, les déclarations d'Arnaud Montebourg disant qu'il ne voulait plus de Mittal en France ont eu un effet repoussoir pour les hommes d'affaires.

Ce désamour, conjugué à la récession en Europe, amènera-t-il les groupes étrangers à ne plus s'engager dans l'Hexagone ? Certains répondent toujours présent. 3M vient de lancer un projet de 12 millions d'euros sur son site de Tilloy-lez-Cambrai (Nord).

Mais quelques signes laissent présager un repli. Pour la première fois depuis sa création en 1989, la société de capital-risque Sofinnova, spécialisée dans les biotechnologies, vient de boucler un fonds sans investisseur américain. Il y a dix ans, 50 % des investisseurs venaient des Etats-Unis. Aujourd'hui, expliquait il y a peu le PDG, Denis Lucquin ( du 12 décembre). « ils se défient de la zone euro. Les fonds de pension ont décidé d'arrêter d'y investir »,Le Monde

David Cousquer, dont la société Trendeo scrute toutes les annonces de création ou de suppression d'emplois en France, relève un recul des investissements étrangers. Depuis cet été, les groupes internationaux détruisent plus de postes qu'ils n'en créent sur le territoire., note le gérant de Trendeo.« Au cours des trois derniers mois, les suppressions d'emplois par des investisseurs étrangers ont augmenté de 68 % par rapport à la même période de 2011, alors qu'elles n'ont crû que de 33 % pour les groupes français »

Depuis le début de la crise, en 2009, les investisseurs américains sont ceux qui ont supprimé le plus d'emplois en France, devant les Britanniques, selon Trendeo. A l'inverse, le Japon et la Chine ont globalement créé plus d'emplois qu'ils n'en ont détruits.
Denis Cosnard

Rédigé par Philippe NOVIANT

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