Quand la Gauche populaire fait du hors-sujet

Publié le 3 Janvier 2013

gauchepopulaire.pngCet article représente un hors-sujet total sur les besoins de la population et, in fine, de l'électorat. Le but d'un politique n'est pas de s'adresser à telle ou telle tranche, à telle ou telle partie de son électorat. Le but d'un politique doit, et doit toujours rester, le respect de l'intérêt général.

C'est à cette aune, et à celle seule, que l'action politique, ce que l'on appelle pouvoir, doit se mener.

S'adresser à telle ou telle tranche de la population ne peut que diviser et à force de s'intéresser qu'à une partie, on oublie forcément le tout.

Laissons les tactiques primaires aux partis qui ne gouverneront jamais. Le rôle d'un gouvernant est de prendre des mesures qui ne plairont à personne, ni ne déplairont totalement à quiconque. Une mesure politique doit être équilibrée : elle doit donner des avantages, et par la même fournir des inconvénients afin de fournir un équilibre global à l'ensemble de la population.

Cela mérite un travail de synthèse, un travail permanent de pesage du pour et du contre. Mais ce travail n'est-il déjà pas financé par les contribuables que nous sommes ?

Messieurs les politiques : au travail !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 14 Novembre 2012

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ENQUêTE
La bataille de la Gauche populaire pour éviter un " 21 avril bis "
Né de la volonté d'élus socialistes de reconquérir la " France des pavillons " négligée par le PS, le mouvement organise son premier séminaire à l'Assemblée nationale. Il sonne l'alarme après six mois de quinquennat

A peine commencé, le quinquennat serait déjà, selon eux, à un tournant : celui de la reconquête par la gauche du vote des classes populaires. Passés les six premiers mois de présidence, pendant lesquels François Hollande a chuté de 64 % à 34 % d'opinion favorable chez les ouvriers, les élus de la Gauche populaire ont décidé de sortir du bois socialiste. Mardi 13 novembre, ce mouvement regroupant intellectuels plus ou moins proches du PS et élus socialistes, organise son premier séminaire à l'Assemblée nationale. Thème de la soirée : " La gauche au pouvoir et son rapport aux classes populaires ". Près de 200 participants sont attendus, dont une trentaine de députés socialistes. Pas si mal pour une formation encore inexistante il y a quelques mois.

Ni courant au sein du PS ni écurie pour un de ses poids lourds - " même s'ils finiront bien un jour par rouler pour Manuel Valls, qui est la meilleure synthèse de leur programme ", persifle un de leurs contempteurs à la direction du parti -, ces défenseurs des couches populaires rejettent la malédiction de la gauche qui, aussitôt arrivée aux affaires, se couperait de sa base sociale. Pas question de laisser l'électorat populaire au Front national et de revivre le " coup de tonnerre " du 21 avril 2002.

Dans la bataille des idées à gauche, la " Gauche pop " s'est d'abord définie en contre après la publication, en mai 2011, d'une note du think thank proche du PS, Terra Nova. Dans " Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? ", le cercle de réflexion conseille aux socialistes de rompre avec les catégories populaires au profit des minorités sociales pour remporter la présidentielle. Au même moment, François Kalfon, conseiller régional d'Ile-de-France, spécialiste de l'opinion au PS, et Laurent Baumel, maire de Ballan-Miré et depuis député d'Indre-et-Loire, publient L'Equation gagnante (Le Bord de l'eau, 2011), base politique de la future Gauche populaire. Six mois plus tard, ces deux anciens strauss-kahniens, rejoints par le député du Val-d'Oise et maire d'Argenteuil Philippe Doucet, font paraître un nouvel essai, Plaidoyer pour une gauche populaire (Le Bord de l'eau, 2011), qui donne son titre au mouvement que rejoignent plusieurs intellectuels comme le politiste Laurent Bouvet, prochain patron du Cevipof, et Philippe Guibert, désormais chargé du service d'information du gouvernement.

Tous partagent la même obsession : répondre aux attentes des " classes populaires laborieuses ", dixit M. Kalfon, vaste panel de Français moyens habitant les nouveaux territoires périurbains, " qui travaillent mais vivent mal de leur travail ", poursuit M. Baumel. Pour M. Doucet, c'est " la France des invisibles qui ne se sentent pas considérés, mais qui votent quand même ", et plus souvent pour les extrêmes que la moyenne nationale. Un électorat que le PS, parti des grandes villes et des banlieues, connaît mal et à qui les hommes de la " Gauche pop " veulent redonner du pouvoir d'achat. Mais dans le projet de loi de finances 2013, regrette M. Baumel, " l'emploi et le pouvoir d'achat ont été subordonnés à l'objectif de réduction des déficits ". Eux prônent la réforme fiscale prévue dans les soixante engagements de François Hollande, pour voir l'impôt sur le revenu fusionner avec la contribution sociale généralisée pour une meilleure redistribution.

Un combat pour le social et l'emploi qui doit être, pour la Gauche pop, l'" agenda principal " du gouvernement, bien avant les réformes de société, comme le mariage pour tous. " Ce n'est pas l'heure de mener des débats d'avant-garde qui ne recréent pas de la confiance avec les couches populaires qui ont le sentiment que la gauche ne s'occupe pas d'elles ", estime le député d'Indre-et-Loire. Mais pour son collègue de Seine-et-Marne, Olivier Faure, proche de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande, qui fait lui aussi campagne pour " la France des pavillons " et pour " la gauche qui se lève tôt ", " cela n'a aucun sens de laisser croire que les classes populaires seraient des arriérés hostiles aux évolutions de la société ".

Au-delà des questions sociétales, la vraie fracture au PS avec la Gauche pop se fait autour de l'" insécurité culturelle " que ressentiraient les couches populaires " déstabilisées par la mondialisation ". Une expression qui rappelle trop à certains socialistes le débat sur l'identité nationale réactivé à l'UMP avec le " racisme anti-Blancs " de Jean-François Copé. François Kalfon assume la polémique et dit vouloir " lutter contre le dénigrement systématique d'une élite de gauche vis-à-vis du Français moyen, petit Blanc hétérosexuel, qui vit avec sa famille classique dans un pavillon avec voiture et télévision ". " Dénoncer le beauf, c'est la manière branchée de dénoncer le pauvre ", estime-t-il.

A l'UMP, le député de Haute-Loire Laurent Wauquiez, proche de François Fillon, prêche lui aussi pour la défense des travailleurs, au sein de son club La Droite sociale, quand le député écologiste François de Rugy prônait, dès 2000, un courant " écologie populaire " chez les Verts. Confrontée à cette inflation de discours pro-Français moyens, la Gauche populaire s'applique à préciser qu'elle n'a de commun avec la Droite populaire que l'adjectif. D'ailleurs, cette dernière, " pour défendre son attachement à la défense de la préférence patriotique ", tiendra elle aussi un séminaire mardi soir à l'Assemblée. A la même heure et à quelques mètres de ces concurrents de gauche.

Hélène Bekmezian et Bastien Bonnefous

Rédigé par Philippe NOVIANT

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