Quand la Grèce cède aux sirènes du crédit renouvelable...

Publié le 6 Mai 2015

2826be1dOn connaît les effets du crédit renouvelable sur les ménages endettés : celui de l'endettement permanent qui s'auto-entretient et qui mène à des situations inextricables...

La Grèce, elle, veut utiliser ce moyen pour sortir de l'ornière ! C'est un non-sens et une erreur absolus !

Comment peut-on penser que des solutions qui mènent à la ruine des ménages va être la solution globale au niveau d'un pays ?

Une dette est une dette et doit être remboursée ! Ne l'oublions pas !

Alors, oui, ils sont beaux tous nos petits responsables d'extrème-gauche incompétents (pléonasme) que de dire et d'affirmer qu'il faut renoncer à la dette Grecque ! Il n'empêche que le peuple Français dans son ensemble à été mis à contribution pour prêter au peuple Grec ! La France a prêté pour près de 31 Milliards d'Euros et, à ce titre, a le droit d'exiger que la Grèce engage tous les moyens nécessaires pour rembourser l'argent qu'elle a emprunté !

31 Milliards d'Euros, ça fait près de 500 Euros par Français, soit 2000 Euros pour un ménage moyen. Si M. Mélanchon est prêt à se mettre assis sur son prêt, ça le regarde. Il n'empêche que c'est au peuple Français dans son ensemble de décider si on fait un trait sur 31 Milliards d'Euros ou non. A titre personnel, je considère que lorsque l'on emprunte de l'argent, on doit le rembourser : je suis donc absolument contre le fait que l'on raye la dette Grecque. Par contre, si la majorité des Français est prête à faire un chèque de 2000 Euros, je m'y plierai mais demande donc un référendum en la matière si on pense à cette solution.

Quoiqu'il en soit, la solution de remplacer un crédit classique par un crédit renouvelable me paraît être un non-sens et une erreur absolue ! On voudrait que la Grèce ne s'en sorte jamais, que l'on n'agirait pas autrement...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 Février 2015

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La Grèce propose un aménagement de sa dette
Athènes ne demande plus l'effacement de ses créances, mais leur remplacement par de nouvelles obligations

S'agit-il d'un pas de plus vers un accord entre la Grèce et ses créanciers  ? Le changement de ton est en tout cas remarquable. Selon le Financial Times du 3  février, le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a présenté une nouvelle offre à la "  troïka  " - Commission européenne, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI). Selon le quotidien, il ne proposerait plus d'effacer une partie de l'énorme dette publique grecque, mais de… l'échanger contre des obligations d'un nouveau genre, qui permettraient d'en alléger le fardeau.

Dans le détail, l'idée serait de remplacer les prêts accordés par les partenaires européens par des obligations indexées sur la croissance, et les obligations détenues par la BCE par des obligations "  perpétuelles  ". Ces dernières ne sont jamais remboursées, mais continuent de produire des intérêts indéfiniment - la BCE pourrait donc les revendre facilement à des investisseurs cherchant des placements de long terme, comme les fonds de pension.

Les obligations indexées sur la croissance sont, quant à elles, saluées comme "  une bonne solution qui permettrait de sortir de l'impasse  " par Marcel Fratzscher, l'influent économiste allemand de l'institut DIW. Selon lui, elles permettraient de stabiliser la dette publique grecque, qui atteint 175  % du PIB, tout en incitant le pays à poursuivre les réformes susceptibles de favoriser la croissance.
Une revendication forte

Certains économistes restent néanmoins sceptiques quant à l'accueil que les partenaires européens d'Athènes réserveront à cette offre. Ces derniers jours, ceux-ci semblent néanmoins avoir fait un pas en direction de la Grèce. Le quotidien allemand Handelsblatt assurait ainsi, dimanche 1er  février, que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, serait partisan de "  supprimer la “troïka”  ", honnie par l'opinion publique grecque. Il s'agit d'une revendication forte du nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras, le leader du parti de gauche radicale Syriza. Lundi 2  février, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission, a confirmé qu'"  à terme  " la "  troïka  " devrait évoluer, mais a nié que l'institution envisageait déjà "  de nouvelles structures  ".  Mais que la "  troïka  " soit amenée à disparaître ou à fortement évoluer dans les mois qui viennent n'est en réalité ni une nouveauté ni une surprise.

En effet, M.  Juncker a déjà dénoncé à plusieurs reprises les dérives de cet organe mis en place en  2010 en Grèce pour surveiller les deux programmes d'ajustement successifs dont a bénéficié le pays (un premier plan d'aide, assorti d'exigences de réformes, entre 2010 et 2012, puis un deuxième, à partir de 2012). "  A l'avenir, nous devrions être en mesure de remplacer la “troïka” par une structure plus légitimement démocratique et plus comptable de ses actes, basée autour des institutions européennes, avec un contrôle parlementaire renforcé, tant au niveau européen que national  ", peut-on ainsi lire dans le programme de campagne que M. Juncker a présenté devant le Parlement européen le 15  juillet 2014, juste avant d'être élu président de la Commission.

Le Parlement européen s'est lui aussi montré très critique, en adoptant en mars  2013 un rapport d'enquête sur la "  troïka  ", qui concluait qu'elle avait privilégié les coupes budgétaires aux réformes de structure en Grèce.
Une énorme humiliation

Il pointait également le fait qu'elle ne soit constituée que de "  technocrates de second rang  ", et que cela aboutissait à un manque d'efficacité  : comment le pouvoir politique grec pouvait-il, sans ressentir une énorme humiliation, accepter des diktats de fonctionnaires de Bruxelles  ?

Dans tous les cas, une chose est sûre  : la "  troïka  " étant liée aux plans d'aide à la Grèce, elle n'aura plus lieu d'exister dès lors que ces derniers seront achevés. Le gouvernement d'Alexis Tsipras souhaite en sortir au plus vite, rejetant en théorie l'idée d'un troisième plan d'aide, ou encore d'une "  ligne de précaution  " qui aiderait le pays pendant la transition.

Si l'issue des négociations est encore inconnue, il semble donc presque acquis que la "  troïka  " disparaîtra d'ici peu. Mais il faudra tout de même composer avec les Allemands, qui restent très attachés à la supervision des mesures et réformes mises en œuvre par Athènes. Si la Grèce continue à bénéficier d'une aide européenne, il est donc probable que sa forme soit modifiée. Et renommée. Ce sera un "  trio  ", une "  task force  ", représentant les intérêts des créanciers. La BCE n'y participera peut-être plus. Le FMI s'y fera peut-être plus discret, il sera peut-être incarné par un "  politique  ".

De fait, les Européens savent qu'au moins en termes d'affichage il est important d'offrir ce gage aux Grecs  : la "  troïka  " a trop été le symbole, ces dernières années, de l'humiliation de tout un peuple.

Marie Charrel, et Cécile Ducourtieux

    les dates

    Mars  2010
    Création de la " troïka " des principaux créanciers de la Grèce, composée de représentants de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international. Elle est chargée de surveiller la mise en place du " protocole d'accord " – des prêts de 110  milliards d'euros contre des réformes et des coupes budgétaires. Un deuxième plan d'aide de 130  milliards d'euros est accordé en  2012 pour deux ans.

    Fin 2010
    La troïka intervient en Irlande. En mai  2011, ce sera au Portugal, et au printemps 2013, à  Chypre.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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