Quand la Russie est schizophrène !

Publié le 27 Avril 2015

russie-moscou-cathedrale-basileIl faudrait savoir ! Officiellement, la Russie dit qu'elle n'intervient pas en Ukraine et qu'elle n'est pas en guerre, et pourtant, elle engage de poursuites de haute trahison et de révélation de secret d'Etat quand on affirme qu'elle envoie des soldats se battre en Ukraine !

Quoiqu'il en soit, ça fait longtemps que tout le monde sait que la Russie envoie des troupes et des armes en Ukraine pour soutenir les séparatistes !

Cet épisode montre, une fois de plus, que la Démocratie est une notion très relative en Russie et que le droit à la désinformation est utilisé pour faire taire les opinions divergentes !

Une honte pour ce pays !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31 Janvier 2015

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L'HISTOIRE DU JOUR

Accusée de " haute trahison " pour… un coup de fil à l'ambassade d'Ukraine

La Russie n'est pas en guerre. Mais on peut y être accusé de " haute trahison " pour avoir passé un coup de téléphone à l'ambassade d'Ukraine à Moscou. Et Svetlana Davidova en fait aujourd'hui la cruelle expérience. Cette mère de famille résidant à Smolensk, à 370  km au sud-ouest de Moscou, près de la frontière biélorusse, a été placée en détention provisoire pour avoir, en avril  2014, appelé l'ambassade d'Ukraine afin de prévenir que le centre militaire à côté de chez elle était " vide " et que ses occupants étaient " certainement partis dans le Donbass " rejoindre les séparatistes prorusses qui combattent l'armée ukrainienne. Il ne s'agit pas de n'importe quelle base : la 82e brigade du GRU, autrement dit le renseignement militaire russe. Accusée de " haute trahison " selon l'article  275 du code pénal russe, Svetlana Davidova, 36 ans, mère de sept enfants, encourt vingt ans de prison.

A 8 h 30 du matin, le 21  janvier, les services du FSB (service fédéral de sécurité russe) ont perquisitionné son domicile à Smolensk et emporté avec eux ordinateur et documents personnels, tandis que Svetlana Davidova était transférée à Moscou et placée en détention provisoire dans la prison de Lefortovo, après avoir été entendue par la justice. Saisi par la première section d'enquête du FSB, le tribunal a confirmé l'information sur son site Internet et enregistré l'affaire, jugée " très sérieuse " par les enquêteurs, sous le numéro  3/1-10/2015.

Selon plusieurs médias russes qui en font état jeudi 29  janvier, Svetlana n'aurait pas seulement été intriguée par l'absence de ses voisins militaires. Elle aurait aussi entendu, dans un bus, la discussion d'un gradé parlant fort dans son portable. Lors de la conversation, l'homme précisait que ses compagnons d'armes étaient " envoyés à Moscou par petits groupes, obligatoirement en civil, puis en voyage d'affaires ailleurs ". Svetlana a alors téléphoné pour informer la mission diplomatique ukrainienne. Mal lui en a pris.

Officiellement, la Russie a toujours nié la présence de militaires russes, et même la fourniture d'équipements, sur le sol ukrainien pour soutenir les séparatistes. Surtout depuis avril  2014, date à laquelle Svetlana a passé son coup de fil. C'est-à-dire un mois après le début des affrontements, l'annexion de la Crimée par la Russie et l'autoproclamation de la " République populaire de Donetsk " dans le Donbass. Depuis, la situation sur place a empiré. " Sveta était contre cette guerre, mais nous ne sommes pas des opposants. Je ne comprends pas comment le FSB a pu le savoir ", s'est désolé son mari, jeudi, par le quotidien Kommersant.

Isabelle Mandraud, (Moscou, correspondante)

Rédigé par Philippe NOVIANT

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