Quand M. Nicolas Sarkozy n'apprend en rien de ses erreurs

Publié le 23 Janvier 2015

Sarkozy-RolexTout le monde sait que c'est l'éléctorat centriste qui fait les "Rois" en France. L'électorat centriste "bouge" ainsi de la gauche vers la droite en fonction des valeurs des différents candidats.

Parmi les électeurs, il y a l'électorat captif et l'électorat qui ne l'est pas. Ainsi, il y a toute une classe de la population qui va voter pour un dirigeant en fonction de ses valeurs et non en fonction de l'étiquette. L'électorat centriste fait partie de cet électorat "mobile" qui fait les "Rois".

Sarkozy a perdu car il s'était trop déporté sur sa droite. Cela lui a valu une étiquette Lepeniste qui ne lui a pas servi puisque l'électorat du Front National, parti raciste et antisémite, a préféré voter pour sa candidate que pour M. Nicolas Sarkozy.

En effet, M. Sarkozy n'a pas compris que les recettes qu'il avait utilisées en 2007 étaient éculées en 2012. Le Pen fille a remplacé Le Pen père et lui a apporté une respectabilité, même si elle n'est que sur le papier car les idées ne changent pas. Marine Le Pen a apporté un discours où sont éliminées les idées les plus racistes mais celles-ci n'ont pas été jetées à la benne, elles ont juste été soigneusement rangées et l'électorat FN ne s'y trompe d'ailleurs pas.

M. Sarkozy renoue donc avec les erreurs qui ont causé sa perte en 2012 et ça le reconduira à sa perte. C'est une bonne chose.

Il y a des gens intelligents qui, lorsqu'ils se brûlent ne remettent pas leur main dans le feu... et il y a les autres qui ont besoin de plus de temps car ils n'ont pas les bases intellectuelles nécessaires à leur métier...

Ceci dit, ne sur-estimons non plus pas trop les bases intellectuelles de certains de nos concitoyens qui peuvent continuer à voter pour M. Nicolas Sarkozy alors même qu'il a montré et démontré que l'intérêt général n'était pas dans ses priorités...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Octobre 2014

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Sarkozy renoue avec le discours de Buisson
A Nice, l'ex-président a retrouvé les accents de sa campagne de 2012
Quand il a effectué son retour en politique, Nicolas Sarkozy s'efforçait d'afficher un profil rassembleur. Ne voulant pas être réduit au candidat d'un seul camp, il affirmait vouloir fédérer l'ensemble des Français sur un projet de nature à " transcender le clivage droite-gauche ". Un mois plus tard, la stratégie a changé. Plus question de tenter de ratisser large dans la perspective de la présidentielle de 2017. Pour sa campagne à l'élection à la présidence de l'UMP, l'ex-chef de l'Etat a décidé de donner avant tout des gages au noyau dur des quelque 260 000 adhérents du parti. C'est le retour de la stratégie du clivage. Le rassemblementattendra.

Ce positionnement est apparu de manière spectaculaire mardi 21  octobre, lors de son meeting à Nice, dans les Alpes-Maritimes, le département où il a réalisé son meilleur score à la dernière présidentielle. Devant près de trois mille personnes réunies dans la salle des Muses, à l'Acropolis, l'ancien président de la République a repris l'axe de sa campagne de 2012 : à droite toute. Sur cette terre du Sud-Est, où l'extrême droite exerce une forte pression sur l'électorat de l'UMP, il a affiché des propositions très fermes en matière d'immigration. Ce thème a largement dominé son discours puisqu'il en a parlé pendant près d'une heure sur une intervention d'une heure et demie. Au risque de tomber dans la surenchère.

" Nos valeurs doivent être défendues face à un islamisme fanatisé qui rêve de semer la terreur en Occident (…). Ceux qui professent ses idées de haine et d'intolérance n'ont rien à faire sur le territoire de la République ", a tonné M. Sarkozy sous les vivats de ses supporteurs. Et de prévenir : " Ceux qui sont en situation illégale sur notre territoire ont vocation à être expulsés. "

Répondre aux " inquiétudes "
Pour " maîtriser les flux migratoires ", il a affiché sa volonté de supprimer des aides accordées aux immigrés. La remise en question de l'aide médicale d'Etat, accordée aux étrangers en situation irrégulière, constitue à ses yeux une priorité car elle donnerait lieu, selon lui, à un " tourisme médical sous prétexte d'urgence ". Le même ne souhaitait pourtant pas " remettre en question cette générosité française " en mars  2012. Au niveau européen, la lutte contre l'immigration illégale passe, selon lui, par une réforme de l'espace Schengen, qui doit mieux protéger les frontières.

Se posant comme le meilleur rempart face à la montée du Front national, M.  Sarkozy a justifié ses prises de position par sa volonté de répondre aux " inquiétudes " des Français. " L'immigration ne doit pas être un sujet tabou mais un sujet majeur ", a-t-il tranché. S'il a reconnu avoir péché " sur la forme " lorsqu'il avait lancé le débat sur l'identité nationale lors de son précédent quinquennat, il a estimé avoir eu raison sur le fond. " Les Français veulent rester en France. Nous voulons bien accueillir les autres, mais nous ne voulons pas changer profondément notre façon de vivre ", a-t-il insisté. Avant d'opposer le respect de la laïcité au port du voile intégral et de se dire contre " les repas à la carte " dans les cantines scolaires en réponse à une question sur le halal.

En fermant les yeux, on pouvait se croire revenu deux ans en arrière, quand le candidat Sarkozy enfourchait sans retenue des thématiques chères au FN, sous l'inspiration de Patrick Buisson, son conseiller d'alors, venu de l'extrême droite. Depuis, il a subi un échec à la présidentielle. Mais son discours reste quasiment le même. Le camp Sarkozy a acté la droitisation de la société française et en a tiré une conclusion : la ligne Buisson est la meilleure stratégie pour séduire un électorat UMP de plus en plus radical et les Français tentés par le FN.

M.  Sarkozy mise sur ce positionnement très à droite pour asseoir sa popularité sur la base militante du parti. C'est sa priorité dans l'optique du scrutin pour la tête de l'UMP. Il ne faut pas oublier que le soutien des adhérents représente son principal atout face à ses rivaux de l'UMP. C'est son assurance-vie. Lui-même en a bien conscience. " Ma force, c'est la vôtre ", a-t-il résumé à la tribune.

" Il est méthodique et veut procéder étape par étape, en élargissant les cercles au fur et à mesure. Il veut d'abord rassembler l'UMP en travaillant le noyau dur, puis l'opposition et enfin les Français ", explique un de ses proches.

Une fois reprise la tête du parti, M.  Sarkozy espère s'imposer comme le chef incontesté de l'opposition et apparaître, in fine, comme le candidat naturel de son camp en  2017. Avec le secret espoir de réduire la primaire à droite pour la présidentielle à un processus de confirmation de sa candidature. " Comme les Français ne veulent plus de lui, il veut forcer le destin en kidnappant l'UMP ", analyse froidement un de ses concurrents. Pour réussir son pari, l'ex-président a demandé à ses partisans de lui offrir un plébiscite le 29  novembre : " Si vous vous mobilisez pour cette élection et que le score est sans conteste possible, vous donnerez alors à votre président la force d'aller jusqu'au bout dans le projet qui redressera la France. "

Alexandre Lemarié

Rédigé par Philippe NOVIANT

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