Un éditorial médiocre

Publié le 14 Novembre 2012

editorial.pngJe suis fan du journal 'Le Monde', mais force est de constater que, parfois, ses éditoriaux laissent franchement à désirer. L'éditorial est une malformation journalistique typiquement Française. Elle consiste à ce que le journaliste, dont le rôle est d'informer, se laisse à exprimer ses désirs et opinions, ce dont tout le monde se fout et ce qu'on lui demande pas...

Ainsi, le journaliste se complait dans une forme d'auto-satisfaction liée à sa pensée qui, il faut bien le reconnaître, est souvent émise à contre-à-propos, tant, je le répète, il est à l'opposé du but d'un journal de grande qualité comme 'Le Monde'.

Ainsi, pour qui se prend l'éditorialiste pour demander la tête de certains ministres sous couvert qu'ils ne sont pas dans le formatage d'un mode de pensée gouvernemental ?

Je n'aime pas beaucoup EELV, ni ses ministres, mais il ne me viendrait jamais à l'idée de demander la démission de ministres sous le prétexte qu'ils ne pensent pas exactement comme leurs semblables. Ils n'ont commis aucune faute nuisant à l'intérêt général. Foutons donc leur la paix. L'électeur seul, pourra juger en temps et en heure de l'utilité de ces ministres dans le gouvernement. Ce n'est pas et ne sera jamais le rôle du journal 'Le Monde' de le faire.

Je reste, quoiqu'il en soit, fidèle lecteur du journal car, pour un article médiocre, il y en a 79 autres dans un journal qui sont d'une qualité sans égale : n'est-ce pas le Figaro ?!

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Septembre 2012

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Editorial
Mettre fin au jeu de dupes des ministres verts

La question de confiance était posée aux écologistes français. Ils ont répondu non en votant, samedi 22 septembre, à 70 % contre le traité budgétaire européen lors du conseil fédéral d'Europe Ecologie - Les Verts (EELV). La question n'est pas anodine : elle concerne l'axe fondamental de la politique de François Hollande. Le chef de l'Etat a décidé de respecter les engagements européens de la France et de faire redescendre les déficits publics sous la barre des 3 % du PIB, au prix d'un tour de vis fiscal sans précédent. Surtout, il a fait du sauvetage de l'euro son horizon. Le non des écologistes est incompatible avec cette politique. Jean-Marc Ayrault a bien résumé l'attitude des partisans du non : " La conséquence logique de leur démarche, c'est la sortie de l'euro ", a déclaré le premier ministre.

Les écologistes peuvent argumenter que le sujet du traité budgétaire européen ne figure pas dans le contrat de gouvernement signé avec les socialistes, prétendre que le candidat Hollande avait promis de le renégocier. C'est vrai... et faux. Si le texte n'a pas été retouché, le président français a obtenu des compensations, comme l'union bancaire. Surtout, le contexte a changé avec la décision de la BCE de sauver l'euro et le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande aux mécanismes européens de solidarité.

M. Ayrault assure ne pas vouloir avancer des arguments d'autorité mais de responsabilité. Là réside le problème : les écologistes demandent à être traités en partenaire de coalition, ils se comportent en groupuscule irresponsable. Incapables d'avoir une éthique de responsabilité et incohérents, puisqu'ils comptent soutenir le budget 2013.

Cette attitude est d'autant plus inacceptable que le Parti socialiste ne cesse de compenser les handicaps de la Ve République en traitant les écologistes comme si la France se trouvait en démocratie parlementaire : il leur réserve soixante circonscriptions, négocie un contrat de gouvernement, attribue des portefeuilles de ministre et leur fait des concessions substantielles en renonçant à toute recherche sur le gaz de schiste. Il s'agit d'un jeu de dupes. Les Verts formulent des exigences comme s'ils étaient une force de progrès soutenue par 10 % des électeurs. Ils ne réalisent de tels scores que lorsqu'ils sont emmenés par le Vert pro-européen Daniel Cohn-Bendit. On l'a vu avec le score d'Eva Joly à la présidentielle : ils retombent à 2 % lorsque leurs tendances dogmatiques reprennent le dessus.

Les écologistes font mine de croire que leur attitude ne portera pas à conséquence, à l'instar de Cécile Dufflot, qui a séché la réunion de samedi mais vantait, dans la soirée, sur Twitter et photo à l'appui, sa méthode " antistress " : cuisiner un chili con carne.

Les communistes avaient quitté le gouvernement en 1984, après le virage de la rigueur. Au nom de la cohérence de son action et du respect des électeurs, c'est à François Hollande d'en tirer les conséquences : il doit mettre fin aux fonctions des deux ministres d'EELV, Cécile Duflot et Pascal Canfin. Ils reviendront si leur formation se transforme en parti de gouvernement. Un jour, peut-être.

Rédigé par Philippe NOVIANT

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