Un problème de timing ?

Publié le 20 Novembre 2013

2826be1dEtait-ce bien le moment de faire un tel cadeau aux fonctionnaires ? Le gouvernement n'a-t-il pas autre chose à faire que de plomber encore un peu plus les caisses de l'Etat à montrer aux fonctionnaires (qui sont 5 millions par rapport aux 60 millions de Français) qu'il s'occupe de lui ? N'est-ce pas carrément une mesure démagogique pour s'assurer un vote en sa faveur lors des futures élections ?

Très clairement, ce gouvernement est dans l'immobilisme. Il n'a pris aucune mesure courageuse ces derniers temps. Qu'on ne me dise pas qu'il a fait des efforts budgétaires : ces efforts sont des mesurettes qui ne sortiront pas notre pays de l'ornière.

Bref, on est dans un mouvement attentiste.

Pendant ce temps, le chômage augmente, notre économie ne décolle pas et le gouvernement ne bouge pas... Ah si ! On file des mesures démago pour s'assurer les prochaines élections : cool !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Février 2013

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Fonctionnaires : le geste symbolique du gouvernement
Mme Lebranchu a annoncé l'abrogation du jour de carence sur les congés maladie
   
Marylise Lebranchu s'efforce d'apaiser la colère des fonctionnaires. Mercredi 20 février, la ministre de la réforme de l'Etat a annoncé l'abrogation du jour de carence sur les congés maladie, que les syndicats réclamaient depuis plusieurs mois. Cette décision compense, en partie, la déception des agents après la récente confirmation du gel du point d'indice, qui sert de référence pour calculer les salaires dans la fonction publique.

Depuis début 2012, un fonctionnaire n'est plus payé le premier jour lorsqu'il prend un congé maladie. Cette mesure, instaurée par le gouvernement de François Fillon, visait à lutter contre l'absentéisme, contenir la progression des indemnités journalières (versées en cas d'arrêt-maladie) et réduire les disparités avec le secteur privé - où il y a trois jours de carence.

Ce changement de règles avait été ressenti comme une vexation par les syndicats de fonctionnaires. A leurs yeux, l'argument d'une plus grande équité avec le privé ne tenait pas la route puisque les trois jours de carence sont pris en charge par les employeurs pour environ 60 % des salariés du secteur marchand.

Le 31 janvier, la CGT, la FSU et Solidaires avaient appelé à faire grève pour obtenir - entre autres - la suppression du dispositif. De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF), qui défend les intérêts des hôpitaux publics, avait plaidé pour le statu quo. Dans une lettre adressée, le 19 février, à Mme Lebranchu, le président de la FHF, Frédéric Valletoux, indiquait que le jour de carence « a amélioré la prise en charge des patients grâce à un «présentéisme» renforcé ». D'après une enquête de la FHF réalisée en février, l'absentéisme a diminué de 7 % dans dix-neuf établissements, représentant environ 20 % de la fonction publique hospitalière, depuis l'entrée en vigueur du jour de carence. Montant des économies réalisées : de l'ordre de 65 à 75 millions d'euros selon la FHF. « Ceci ne peut être évacué d'un seul «trait de plume» », avait conclu M. Valletoux.

Le gouvernement en a décidé autrement. Dans un entretien au quotidien Les Echos du jeudi 21 février, Mme Lebranchu explique que la mise en place d'un jour de carence « est injuste, inutile et inefficace ». Selon elle, « les effets sur l'absentéisme ne sont pas démontrés » : entre 2011 et 2012, la proportion d'agents en arrêt court est passée de 1,2 % à 1 % dans la fonction publique d'Etat ; dans les hôpitaux, ce taux a reculé de 0,8 % à 0,7 % tandis qu'il reste stable dans les collectivités locales (1,1 %).

La ministre met aussi en avant les résultats d'une étude du ministère du travail, publiée le 12 février, qui constate que « les taux d'absentéisme des salariés en CDI de plus d'un an et des fonctionnaires ne diffèrent pas significativement ». Enfin, elle souligne que « l'impact budgétaire du jour de carence est très limité, de l'ordre de 60 millions d'euros pour l'Etat ».

Mme Lebranchu fait donc un geste significatif, qui sera mis en musique dans la prochaine loi de finances soumise au Parlement, mais elle ne veut pas non plus donner l'impression qu'elle offre un cadeau aux fonctionnaires sans contrepartie. « Nous allons renforcer le contrôle des arrêts de courte durée et des arrêts répétitifs, déclare-t-elle aux Echos. L'objectif est d'arriver à un niveau de contrôle équivalent à celui du privé. »

Sans surprise, les syndicats de fonctionnaires ont réagi positivement, jeudi matin, tout en martelant la nécessité d'aller plus loin. « Reste la question du pouvoir d'achat et du gel du traitement des agents publics pour la troisième année consécutive », insiste l'UNSA. Force ouvrière, elle, réclame « l'augmentation immédiate de la valeur du point d'indice de 5 % ». Mais cette revendication n'a aucune chance d'aboutir, à court terme, car elle n'est pas « compatible » avec l'objectif de réduire les déficits publics, comme l'a redit Mme Lebranchu, le 7 février, en recevant les syndicats.
Bertrand Bissuel

Rédigé par Philippe NOVIANT

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