Une position d'équilibre sur le loup

Publié le 11 Octobre 2012

Image-des-cils-du-loup.jpgIl faut protéger le loup car il n'est pas tolérable que l'on chasse cet animal qui est à sa place dans son élément naturel. Cependant, il est normal que les éleveurs puissent protéger leurs troupeaux lors des attaques, alors ?

 

Alors, il faut adopter une position d'équilibre... Il faut continuer à rendre interdite la chasse au loup, mais il faut donner le droit aux agriculteurs d'envoyer quelques bastos, y compris létales, à certains individus qui prendraient le troupeau comme un supermarché à ciel ouvert.

 

J'ai entendu parler du fait que les loups étaient si peu craintifs de l'homme actuellement, que certains tournaient autour des habitations. Quand la sécurité des citoyens est en jeu, il faut savoir montrer les crocs de temps en temps, d'un côté comme de l'autre.

 

Je suis donc pour un permis de tuer le loup lorsqu'il représente un danger pour le troupeau. C'est une espèce intelligente qui comprendra très vite que s'attaquer au troupeau représente un danger pour lui. C'est le seul moyen de montrer au loup qu'il a plus à gagner à continuer à chasser ailleurs que les troupeaux.

 

D'un autre côté, il faut offrir des territoires au loup dans lesquels on ne pourra pas élever les troupeaux : une sorte de réserves dans lesquelles le loup pourra s'épanouir, se reproduire et se nourir sans avoir à craindre l'homme.

 

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Août 2012

 

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Quand José Bové crie haro sur le loup

Oui, on peut tirer le loup ! " José Bové persiste et signe. Il confirme au Monde et accentue sa position exprimée sur Radio Totem, une radio lozérienne, le 17 juillet. Ce pavé dans la mare écologiste a suscité une plainte pour " incitation à la destruction d'espèce protégée ", déposée le 1er août auprès du tribunal de Mende par l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).

La déclaration du député européen EE-LV (Europe Ecologie-Les Verts) intervient alors qu'un vif débat agite la Lozère depuis que des photos de loups y ont été prises en juin. Les éleveurs de moutons craignent que le canidé s'installe durablement dans le département. Une centaine d'entre eux ont manifesté le 22 juillet à Florac sous la banderole " Non au loup ".

Le prédateur a une tendance à manger les brebis, une proie plus facile à saisir que les chevreuils ou les sangliers. Le 1er août, la préfecture des Alpes-de-Haute-Provence a ainsi annoncé que les loups présents dans ce département avaient mené dans l'année écoulée 63 attaques de troupeaux, tuant 305 ovins (des chiffres respectivement en baisse de 22 % et 32 % sur l'année précédente).

Comme le loup est une espèce protégée par la convention de Berne, des mesures doivent être prises dans les départements où il est présent : clôtures électriques, chiens patous, éclairage nocturne, mise à l'étable des troupeaux. Par ailleurs, l'indemnisation des ovins dévorés nécessite un dossier administratif fastidieux. Et les tirs d'effarouchement, éventuellement léthaux, autorisés par les préfets, sont une complication supplémentaire.

Les éleveurs lozériens craignent que l'installation de loups dans leur département entraîne la mise en place de ces mesures, qui compliquent leur travail. Pour André Baret, éleveur et maire de Hure-la-Parade, " nos exploitations sont fragiles. Le loup n'est pas responsable de la crise, mais il est la goutte qui fait déborder le vase ". M. Baret qui, comme de nombreux éleveurs du causse Méjean, s'est investi contre l'exploitation des gaz de schiste ou des projets immobiliers, souligne que la situation est différente de celles des Alpes : " Ici, les troupeaux sont plus petits - de 100 à 200 têtes contre plus d'un millier -, et ils mangent la nuit, dehors, quand il fait moins chaud. C'est plutôt la nuit que le loup attaque. "

La Lozère abrite pourtant le Parc des loups du Gévaudan, une attraction touristique populaire. Pour son responsable zootechnique, Sylvain Macchi, " la présence du loup est indéniablement une difficulté pour les éleveurs. Mais on ne peut pas dire que la cohabitation est impossible ". Et d'observer que si l'on recense 200 loups en France, il y en a plus de 2 000 en Espagne, et 1 000 en Italie.

Arrêter la " langue de bois "

Mais pour José Bové, " il faut que nous, les écolos, on arrête la langue de bois : on ne peut être à la fois contre la désertification des campagnes et l'extension urbaine à l'infini, et en même temps créer à la campagne des espaces où les agriculteurs ne peuvent pas vivre ". Et d'insister : " On peut tirer le loup, parce que la priorité est de maintenir les paysans dans les zones de montagne. "

Cette position indigne Pierre Athanase, président de l'Aspas : " Dans l'écologie, il y a la biodiversité. Si M. Bové n'est pas d'accord, il faut qu'il quitte EELV. " L'Aspas incrimine aussi les nombreux arrêtés préfectoraux permettant les tirs au loup. L'association a engagé des recours contre l'Etat français auprès de la Commission européenne et du Conseil de l'Europe. De son côté, la ministre de l'écologie, Delphine Batho, a annoncé, le 26 juillet, une prochaine concertation sur le loup.

Hervé kempf

Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Informations

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