Quand la Ministre préfère le populisme à la défense de l'intégrité humaine

Publié le 31 Juillet 2015

Quand la Ministre préfère le populisme à la défense de l'intégrité humaine

N'est-il pas honteux qu'un ministre préfère le populisme à l'intégrité physique de ses concitoyens ?

Quand cette ministre dit : " Empêcher quelqu'un de prendre sa voiture, c'est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger ", n'oublie-t-elle pas, comme il est dit dans l'article, que le droit de respirer est un droit encore plus fondamental ?

Mme Ségolène Royal prouve et démontre sa plus parfaite incompétence, par ses propos, non seulement dans les affaires écologiques, mais aussi démocratiques.

Les droits et devoirs doivent être et rester hiérarchiques : une mesure restrictive de liberté en matière d'automobile ne peut être comparée à une mesure en matière de santé. Le droit à respirer et vivre dans un environnement sain doit donc primer en tous temps et tous lieux.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Avril 2015

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Pollution : nouvel affrontement entre Ségolène Royal et Anne Hidalgo
La ministre de l'écologie refuse des mesures de restriction du trafic

Nouveau pic de pollution, nouvelle polémique. Alors que Airparif, l'observatoire de la qualité de l'air en Ile-de-France, prévoyait jeudi 9 avril une deuxième journée de dépassement du " seuil d'information ", le conflit entre -Ségolène Royal et les élus locaux sur l'application de mesures de -restriction de la circulation continue.

Comme lors du précédent épisode de pollution, en mars, la ministre de l'écologie refuse toute précipitation pour mettre en place la circulation alternée. " Empêcher quelqu'un de prendre sa voiture, c'est une mesure privative de liberté (…). Personne ne peut ni imposer, ni vociférer, ni exiger ", a t-elle prévenu mercredi matin sur France Inter.

" Spéculer sur la santé des gens "

" La circulation alternée, ce n'est pas rien : cela se prépare et se maîtrise. Cela ne se fait pas par des déclarations sur la place publique exigeant telle ou telle décision ", se justifie-t-elle encore dans Le Parisien jeudi, tout en affirmant n'avoir " pas de réticences " à une telle mesure " si c'est justifié et bien préparé ".

Dès mardi, " dans la perspective d'un risque avéré de persistance de l'épisode de pollution cette semaine, et au regard des incompréhensions apparues dans la gestion du précédent épisode de pollution ", la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (tous deux socialistes), avaient pressé l'Etat de " planifier des mesures à prendre pour faire diminuer les niveaux de pollution ".

Si les élus ont obtenu de la ministre qu'une réunion de crise – avec les collectivités locales – se tienne dès mercredi, premier jour du pic, la décision prise par le préfet de police d'abaisser jeudi de 20 km/h la vitesse maximale autorisée sur les routes franciliennes est jugée insuffisante. " Pour permettre une baisse significative du niveau de pollution, cette mesure doit s'accompagner de restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants ", estiment Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon, qui souhaitaient que soit aussi mis en place le " contournement de l'Ile-de-France par les poids lourds de transit ". Leur demande n'a pas été entendue.

" Je ne pense pas que la ministre puisse imaginer que nous fassions de la gesticulation ou des vociférations. On ne peut pas spéculer sur la santé des gens, et c'est de la responsabilité de l'Etat. C'est une question éminemment étatique ", estime Jean-Paul Huchon, soulignant que le dernier pic de mars n'avait pas été " géré de manière irréprochable ". ll avait fallu attendre sept jours consécutifs de pollution de l'air en Ile-de-France pour que le gouvernement accepte de mettre en place la circulation alternée.
Particules cancérigènes

" L'Etat associe la circulation alternée à une mesure de restriction de liberté. Mais c'est la pollution qui est punitive avec l'impact qu'elle a sur la santé des gens ", relève Adrien Brunetti de l'ONG France nature environnement, rappelant que les particules fines ont été classées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme cancérigènes certains.

Face à l'attentisme du gouvernement, le chef de fil des écologistes au Sénat, Jean-Vincent Placé, demande que le pouvoir de décision soit confié à la région et que la circulation alternée soit automatique dès le seuil d'information atteint.

Anne Hidalgo – pour qui le bon niveau décisionnel est celui de la métropole – avait déjà écrit au premier ministre Manuel Valls, lors de l'épisode de pollution de mars, pour lui demander l'automaticité de cette mesure et son application préventive. En vain.

Laetitia Van Eeckhout

Rédigé par Philippe NOVIANT

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