Publié le 31 Octobre 2013

legion d honneurC'est une honte que l'on attribue une telle distinction, à de tels individus. Cette distinction ne vaut donc plus rien si elle est galvaudée à ce point pour remercier des personnes qui n'ont jamais oeuvré dans l'intérêt général.

Filer la Légion d'honneur à un proche de Poutine, qui n'a jamais été reconnu par son sens démocratique, est une honte pour notre pays, une honte faite par nos dirigeants.

La Légion d'honneur ne doit pas être un cadeau politique, il doit être une reconnaissance de la Nation envers des grands hommes qui ont oeuvré pour le pays. Dans le cas présent, ce n'est pas le cas. La Légion d'honneur ne vaut donc pas le prix du métal qui a été dépensé pour la fondre.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Juillet 2013

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La France honore Guennadi Timtchenko, un milliardaire russe, pour ses services rendus au pétrolier Total
L'oligarque proche de Vladimir Poutine a été élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur

Les milliardaires russes sont les bienvenus en France, s'ils veulent soutenir son économie anémiée. C'est pourtant dans une grande discrétion que Guennadi Timtchenko vient d'être élevé au rang de chevalier de la Légion d'honneur, sur proposition de l'ambassadeur de France, Jean de Gliniasty, validée au Quai d'Orsay. L'annonce en a été faite le 4 juillet sur le site de la Chambre de commerce et d'industrie franco-russe (CCIFR). Le futur récipiendaire - la cérémonie n'a pas encore eu lieu - est en effet le président du conseil économique de la Chambre. Mais ce n'est pas à ce titre qu'il suscite la curiosité.

Guennadi Timtchenko, 60 ans, est l'un des hommes les plus puissants et discrets de Russie. Le magazine Forbes a estimé sa fortune, en mars, à 14,1 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros au cours actuel). " C'est un levier incroyable dans le secteur énergétique, justifie une source diplomatique française. Il a été déterminant dans la montée de Total dans l'actionnariat de Novatek. " Le groupe français détient 16 % des actions de la compagnie gazière russe, avec laquelle il est engagé dans l'exploitation d'un champ de gaz naturel liquéfié dans la péninsule de Iamal (région arctique).

Cofondateur avec son partenaire suédois Torbjörn Törnqvist du groupe Gunvor, l'un des plus grands traders pétroliers au monde, M. Timtchenko est aussi présent dans d'autres secteurs que l'énergie, comme la construction. "  Le trading, c'est là où je suis bon, a-t-il expliqué au magazine Forbes Russie, dans un rare entretien en novembre 2012. Ce n'est pas très modeste de ma part de la souligner, mais selon mes amis, je pourrais vendre une assurance-vie à un mort.  " Certes. Mais outre sa fortune, Guennadi Timtchenko doit sa renommée à une amitié. En Russie, il a été présenté comme un proche, voire un associé en affaires du président Vladimir Poutine. Une allégation qui l'a conduit à poursuivre des journaux en justice.

" Tout ce qui est lié à ses intérêts dans le domaine des affaires, ça le regarde, avait dit M. Poutine en septembre 2011. Je ne m'en suis jamais mêlé et n'ai pas l'intention de le faire. " M. Timtchenko, contrairement à d'autres oligarques comme Mikhaïl Khodorkovski, n'a jamais eu l'idée de défier le pouvoir.

L'ombre du KGB

"  Nous nous connaissons depuis des années, et nous nous voyons de temps à autre, a-t-il expliqué à Forbes Russie à propos de M. Poutine. Ces jours-ci, surtout lors d'événements sportifs ou bien pour discuter des travaux de la Société russe de géographie. (...) Je pense qu'il est le chef dont la Russie a besoin aujourd'hui.  "

M. Timtchenko a réfuté les suppositions de la presse russe, qui a évoqué leur appartenance commune au KGB. En février 2011, il a fait condamner pour diffamation les opposants Boris Nemtsov et Vladimir Milov, qui avaient qualifié le maître du Kremlin de "  bénéficiaire réel  " de Gunvor. L'homme d'affaires assure que sa fortune n'est pas liée à l'ascension de M. Poutine. "  Je vais vous donner un argument, a-t-il dit à Forbes. En 2000, quand il est devenu président, j'étais déjà millionnaire et le 28e plus riche contribuable de Finlande.  " M. Timtchenko possède en effet la double nationalité. Mais c'est en Suisse qu'il s'est implanté.

Son intérêt pour la France est récent. Il lui permet, avec la participation des autorités françaises, de réinventer son image publique. La CCIFR souligne sa contribution aux manifestations culturelles entre les deux pays. Grâce à M. Timtchenko, des galeries permanentes du Louvre présenteront des oeuvres d'art russes.

M. Timtchenko a été élu président du conseil économique de la Chambre en décembre 2011. Il a soutenu la création en mars 2012 d'un Observatoire franco-russe, sous la coupe de la CCIFR, qui a publié son premier rapport annuel il y a quelques mois. On y trouve de nombreux signataires français et russes de renom. Sa décoration n'est pas du tout un choix inédit. Avant lui, parmi bien d'autres, Mikhaïl Prokhorov, entré depuis en politique, ou bien Vladimir Iakounine, patron des chemins de fer russes, décoré par Nicolas Sarkozy, avaient connu cet honneur.

Piotr Smolar

    Sergueï Magnitski condamné quatre ans après sa mort

    Sergueï Magnitski, juriste russe du fonds occidental Hermitage Capital, mort en prison en 2009, a été reconnu coupable de fraude fiscale, jeudi 11 juillet, par un tribunal de Moscou. Le patron d'Hermitage, le Britannique William Browder, a été condamné à neuf ans de camp par contumace pour le même motif.

    Sergueï Magnitski avait été arrêté en 2008 après avoir dénoncé une machination financière de 5,4 milliards de roubles (130 millions d'euros) ourdie, selon lui, par des responsables de la police et du fisc au détriment de l'Etat et d'Hermitage. - (AFP.)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 30 Octobre 2013

18 Assemblee NationaleLa décentralisation coûte cher, trop cher, pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur des sommes engagées. Il y a trop de redondances, trop de redites, dans les missions des différentes composantes administratives.

C'est la Cour des comptes qui le dit. Ses dires doivent être prises en compte par les politiques afin de mieux dépenser l'argent du contribuable.

Les mesures qui sont décrites ci-dessous doivent donc être prises en compte de la façon la plus claire et la plus rapide qui soit afin de dépenser au mieux l'argent du contribuable.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 12 Juillet 2013

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Un rapport fustige la pesanteur de l'administration
La Cour des comptes établit un diagnostic sévère sur l'organisation de l'Etat dans les régions et les départements

Illisibles, redondants, décalés par rapport aux attentes des usagers... Le diagnostic de la Cour des comptes sur les services déconcentrés de l'Etat est éloquent, à la fois par sa précision chirurgicale et par l'ampleur des " dysfonctionnements " qu'il révèle. Dans un rapport extrêmement riche de près de 300 pages, rendu public jeudi 11 juillet, la haute juridiction considère qu'il faut repenser l'architecture et les missions de ces administrations.

Ses préconisations, formulées une semaine après un autre rapport sur la même thématique (Le Monde du 4 juillet), tombent à point nommé : le gouvernement réunit, le 17 juillet, un comité interministériel à la modernisation de l'action publique (Cimap) à l'issue duquel pourraient être annoncées des mesures sur l'organisation territoriale de l'Etat.

C'est la première fois que la Cour des comptes se livre à une analyse transversale des services départementaux et régionaux de l'Etat. De son enquête, conduite durant près d'une année en consultant environ un millier de personnes, il ressort que les pouvoirs publics n'ont pas " pleinement suivi " les mutations de l'économie et de la société. De nombreuses réformes ont certes été engagées (redécoupage de la carte judiciaire, création des agences régionales de santé...) mais sans vision d'ensemble.

L'intervention de l'Etat et celle des collectivités locales se télescopent sur plusieurs sujets : développement économique, aide à la création d'entreprise, culture, sport, action sociale... Dans certains domaines (commerce extérieur, tourisme), l'Etat joue un rôle " quasiment résiduel ", ce qui " devrait l'inciter  à renoncer à une présence qui accroît la complexité ". Mais il s'abstient de le faire.

Au sein même de l'appareil d'Etat se nichent des incohérences. Le nombre de services et d'opérateurs est " excessif ", par exemple sur la politique de la ville ou la formation professionnelle. Les circonscriptions administratives de taille différente s'enchevêtrent au point de compliquer la tâche des agents - notamment pour les missions concourant à la sécurité (police judiciaire, gendarmerie et douane).

Consignes sur les poulaillers Pas étonnant, dans ce contexte, que la gouvernance de ce mille-feuille soit " mal assurée ". Parfois, la chaîne de commandement est rompue, constate la Cour en citant - entre autres - le cas des fonctionnaires de la répression des fraudes, qui " ne sont plus en ligne hiérarchique " avec leur administration centrale. Les instructions, envoyées de Paris vers le terrain, sont beaucoup trop nombreuses : en 2012, chaque préfet " aurait reçu 80 000 pages de circulaires " ; le rapport en évoque une, de 27 pages, sur " les prescriptions relatives aux poulaillers "... Ce déluge d'injonctions ne permet pas de hiérarchiser les priorités, déplorent les magistrats de la rue Cambon.

Enfin, l'Etat s'avère un piètre directeur des ressources humaines. " Les effectifs ne sont connus avec précision ni au niveau national ni au niveau déconcentré ", dit le rapport. Dans une même région ou dans une même administration peuvent coexister des situations de sureffectifs et de sous-effectifs.

Certaines unités, touchées de plein fouet par les réductions de postes, emploient si peu d'agents que la question de leur " viabilité " se pose désormais. Et leurs difficultés risquent d'aller crescendo : le gouvernement a prévu de maintenir jusqu'en 2017 le nombre global de fonctionnaires tout en augmentant la main-d'oeuvre dans certains secteurs jugés prioritaires (éducation, justice, sécurité, etc.), ce qui obligera les autres administrations à réduire d'autant leurs équipes. Ces nouvelles coupes " amèneront (...) nécessairement à revoir certaines composantes du maillage territorial de l'Etat ", écrit pudiquement la Cour.

Pour améliorer l'" efficience " de ses services déconcentrés, l'Etat n'a pas d'autre choix que de " se moderniser, se simplifier, se resserrer ", martèle le rapport, en avançant une quarantaine de recommandations. Il convient notamment de mettre fin " aux chevauchements de compétences " avec les collectivités locales dans les domaines concernés par la décentralisation (dépendance, formation professionnelle, petite enfance...).

L'échelon régional doit être renforcé dans sa vocation de " pivot " ; à ce titre, il serait judicieux de " reconnaître un véritable pouvoir hiérarchique des préfets de région sur les préfets de département ".

Pour garantir " une répartition appropriée " des fonctionnaires sur l'Hexagone, la Cour des comptes explore plusieurs solutions dont certaines risquent de déplaire aux syndicats. Elle suggère de majorer les primes pour les agents qui acceptent d'être mobiles. " Des moyens plus radicaux peuvent être envisagés ", ajoute-t-elle : suspendre les ouvertures de postes " dans les zones en sureffectifs aussi longtemps que les postes n'ont pas été pourvus dans les zones en sous-effectifs ", ou recruter des contractuels au lieu de titulaires sur certains emplois.

Bertrand Bissuel

    Cinquante sous-préfectures menacées de fermeture

    Un rapport, commandé par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, à trois hauts fonctionnaires, propose de supprimer une cinquantaine de sous-préfectures. Révélé, mercredi 10 juillet, par la revue Acteurs publics sur son site Internet, ce document dresse la liste des villes concernées : elles sont situées en majorité dans " des zones urbaines et périurbaines ", et les petites structures dans le monde rural seraient " épargnées ". Le rapport, qui suggère de procéder à ces coupes en " deux temps ", estime à un demi-millier le nombre d'emplois susceptibles d'être supprimés.

    " Il ne s'agit que de propositions, souligne Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'intérieur. Aucune décision n'a été prise sur l'évolution du réseau, la réflexion est toujours en cours. " L'objectif, ajoute-t-il, est de conserver " un maillage territorial cohérent ".

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Octobre 2013

2826be1dLa réserve parlementaire, c'est, par pure définition, un système clientéliste et populiste puisqu'il permet, de manière indirecte, d'acheter des voix, tout cela avec l'argent du contribuable.

Ce système doit donc être réformé car c'est un système qui est mauvais pour l'intérêt général, même s'il peut être bénéfique à quelques chanceux qui ont un député aux poches bien pleines.

Pire, le conflit d'intérêt est clairement démontré pour les Sénateurs !

Le système doit donc être abandonné car il est un frein à la Démocratie.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juillet 2013

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La réserve parlementaire, un précieux archaïsme
La publication de documents portant sur l'année 2011 met au jour l'opacité d'un système en voie de réforme

Plus de mille pages de documents, des dizaines de tableaux, des centaines de communes, des milliers de projets... Pour la première fois, la valise de la réserve parlementaire est ouverte. Grâce à la ténacité d'un professeur de mathématiques, Hervé Lebreton, qui voulait " montrer que les citoyens peuvent agir en démocratie ", le ministère de l'intérieur a fini par dévoiler l'utilisation, pour l'année 2011, de cette enveloppe de 150 millions d'euros distribuée chaque année entre les parlementaires pour financer des projets " d'intérêt général ".

Une ligne budgétaire en hausse constante depuis 2008 (+ 29 % en cinq ans), orientée à 90 % sur les collectivités et à 10 % vers les associations et les fondations -, seules subventions sur lesquelles l'intérieur n'a pas transmis d'informations. Inscrit dans aucun texte, le système repose sur une coutume qui remonte, pour certains, aux années 1970, pour d'autres à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905. La réserve parlementaire se maintient et l'exploration des informations recueillies sur l'année 2011 donne des enseignements précieux sur cet archaïsme de la République.

Un système arbitraire Avant les premières réformes impulsées par la nouvelle majorité, l'arbitraire régnait en maître. Au début, même, " seuls les membres de la commission des finances étaient au courant de son existence. Ils se partageaient la cagnotte entre eux ", selon le député René Dosière (PS, Aisne). En 2011, encore, les mieux lotis étaient dans la majorité : quand un député UMP pouvait octroyer, en moyenne, 191 000 euros de subventions, un élu PS devait se contenter de 39 000 euros.

Au sein même de l'UMP, les écarts étaient flagrants entre le premier d'entre eux, le président de l'Assemblée de l'époque, Bernard Accoyer (11,9 millions) et le tout dernier, le député du Nord Sébastien Huyghe (1 319 euros). Dans le carré de tête, trois autres hommes, tous haut placés : Gilles Carrez, alors rapporteur du budget à l'Assemblée (3,85 millions), Gérard Larcher, à l'époque président du Sénat (3,13 millions) et Philippe Marini, ex-rapporteur du budget au Sénat (2,7 millions).

Une aide au financement pour les communes Parmi les 222 parlementaires également maires en 2011, plus de la moitié (112) ont utilisé une partie de leur réserve parlementaire pour financer un projet dans leur commune, et 78 d'entre eux y ont consacré plus de la moitié de leur enveloppe. Ainsi, M. Carrez a versé l'intégralité de sa réserve à sa ville du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne) pour aider à financer 51 projets, allant de l'aménagement urbain à l'acquisition de matériel informatique. Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et maire de Meaux, a quant à lui utilisé ses 200 000 euros pour subventionner une nouvelle salle des fêtes, dans sa ville de Meaux.

Noël Mamère, député écologiste de la Gironde et maire de Bègles, a utilisé sa réserve dans sa commune pour un montant total de 26 000 euros, auxquels s'ajoutent 3 000 euros perçus au titre de la réserve d'Yves Cochet, ancien député écologiste de Paris.

Des subventions externalisées Ils sont un petit pourcentage (4,8 %) à utiliser leur réserve en dehors de leur circonscription - ce qui représente tout de même 14 % du montant global de la réserve parlementaire. Ainsi, M. Accoyer a certes pu octroyer les subventions les plus généreuses, mais il en a fait bénéficier 44 départements, en portant des projets au nom d'autres députés.

Idem pour Gérard Larcher, qui a financé des projets dans 39 départements ou encore pour le sénateur socialiste David Assouline, vice-président de la commission de la culture, et dont l'importante réserve de 636 000 euros a été en partie distribuée au nom d'autres élus sur 12 départements. Laurent Fabius, à l'époque député de la Seine-Maritime, ou Xavier Bertrand (UMP, Aisne) ont externalisé leurs subventions vers leur lieu de vacances : Carla-Bayle en Ariège pour le premier et le village d'Aregno (Haute-Corse) pour M. Bertrand, d'où est originaire sa femme, et où il a participé à la rénovation des portes de l'église.

Des fonds à visée électoraliste L'utilisation de la réserve parlementaire soulève un véritable conflit d'intérêts en ce qui concerne les sénateurs, dont l'élection dépend des élus locaux. Selon un calcul de Mediapart, M. Larcher, l'ancien président du Sénat, a orienté 83 % de ses 3,13 millions de réserve vers des communes concernées par le renouvellement sénatorial de septembre 2011. Le président du groupe radical du Sénat, Yvon Collin, admettait à cette époque avoir fait bénéficier des collègues renouvelables d'une partie de sa réserve.

Côté Assemblée, M. Carrez, député du Val-de-Marne, a financé le renforcement d'une route dans la Vienne... où son attaché parlementaire entre 2004 et 2010, Enguerrand Delannoy, allait être candidat aux législatives de 2012. En Eure-et-Loir, le maire de Maillebois, Vincent Gajas, a bénéficié d'une part de la réserve de François Trucy, sénateur (UMP) du Var, dont il est l'attaché parlementaire.

Réformer sans supprimer Les réformes mises en place par la gauche, fin 2011 au Sénat puis en 2012 à l'Assemblée, ont changé la donne. Chaque parlementaire se voit désormais attribuer le même montant (environ 130 000 euros), avec double ration pour les responsables de groupe et bonus pour les élus à des postes à responsabilités. Claude Bartolone, président de l'Assemblée, a décidé de rendre publique, chaque année, l'utilisation de la réserve parlementaire.

Rares sont ceux qui plaident pour sa suppression, à l'instar de René Dosière. Les partisans de son maintien la jugent nécessaire pour compenser les inégalités entre Paris et les régions, d'autant plus en période de restriction des dotations publiques. Personne ne veut être le premier à baisser la garde, car les élus locaux connaissent le système et attendent à la caisse.

Hélène Bekmezian et Alexandre Léchenet

    Toutes les données sur Lemonde.fr

    Sur Lemonde.fr, retrouvez l'intégralité des informations sur la réserve parlementaire de 2011 concernant les territoires, et explorez-les grâce à un moteur de recherche détaillé (par type de projet, montant des subventions, etc.). Un formulaire vous permet également de nous signaler les curiosités que vous auriez notées. Retrouvez enfin, pour l'année 2011, la répartition des subventions aux associations.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Octobre 2013

tapieCa commmence à sentir bon cette histoire : Tapie est en train de passer à la caisse et c'est une bonne chose !

On soupçonne maintenant, et il n'est jamais trop tard, qu'il a perçu des sommes, sur l'argent du contribuable, qu'il ne méritait peut être pas.

En attendant, on saisit ses biens pour éviter qu'ils ne soient dilapidés ou redistribués : c'est une bonne chose pour la démocratie et pour le peuple Français.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juillet 2013

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La justice ordonne la saisie des biens de M. Tapie
Les juges considèrent qu'il est le bénéficiaire d'une " escroquerie dont il apparaît comme l'un des organisateurs "

Les juges Serge Tournaire et Guillaume Daïeff, au vu des progrès de leur enquête sur l'arbitrage litigieux ayant accordé en juillet 2008 la somme de 405 millions d'euros à Bernard Tapie, ont choisi de frapper l'homme d'affaires au portefeuille. Le 28 juin, d'après des pièces du dossier auxquelles Le Monde a eu accès, ils ont délivré des ordonnances de saisies pénales des biens de l'homme d'affaires, après avoir obtenu l'accord du parquet de Paris. Ils postulent, pour justifier leurs actes, que " Bernard Tapie apparaît comme le principal bénéficiaire des sommes versées par le CDR - l'organisme chargé de solder le passif du Crédit lyonnais - au terme d'une escroquerie dont il apparaît comme l'un des organisateurs ".

Les magistrats se sont appuyés sur un inventaire précis des biens du couple Tapie, dressé en avril et mai 2013 par la brigade financière. Bernard et Dominique Tapie disposent de quinze comptes bancaires, en France, mais aussi à Monaco. L'acteur assure vivre de ses dividendes, à hauteur de 25 000 euros mensuels, et pense avoir payé 2 millions d'euros au titre de l'ISF en 2012. Les juges estiment que, à la suite de l'arbitrage, l'homme d'affaires a reçu au total 278 millions d'euros. Les juges ont d'abord fait saisir deux assurances-vie, souscrites par les Tapie en novembre 2008, grâce au montant faramineux du préjudice moral qui leur a été accordé en juillet 2008, soit 45 millions d'euros. Leur valeur de rachat est estimée par les enquêteurs à 20 780 272,66 euros.

Les magistrats ont également saisi les parts sociales détenues par Bernard Tapie dans son hôtel particulier de la rue des Saints-Pères, à Paris, à hauteur de 69 300 000 euros. Ils ont aussi confisqué la villa " la Mandala " achetée par l'homme d'affaires à Saint-Tropez, le 29 septembre 2011, pour un montant de 48 millions d'euros. C'est l'agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC), alertée le 28 juin, qui va procéder aux actes.

Les juges ont également demandé l'avis du parquet pour saisir 6 comptes bancaires, un contrat d'assurance-vie de 180 millions d'euros détenu par la holding Groupe Bernard Tapie domiciliée à Bruxelles, et même les parts de l'homme d'affaires sur la SA Groupe Hersant Media, les journaux La Provence et Nice-Matin, rachetés par M. Tapie.

Les magistrats disposent donc d'un inventaire complet des biens de la famille Tapie. Grâce à l'arbitrage, Mme Tapie a offert le 20 octobre 2008 à Stéphane Tapie, leur fils, un bien immobilier de 320 m2 à Asnières-sur-Seine, payé 1 335 000 euros. Un autre appartement est acquis à Marseille, le 5 mars 2009, pour 270 000 euros. Puis elle a acheté le 29 octobre 2010 un appartement à Neuilly-sur-Seine, avec sauna et jardin privé, 213 m2 pour 2 650 000 euros. C'est sa fille, Sophie Tapie, qui l'occupe. Deux ans plus tard, le 1er octobre 2012, elle acquiert un hôtel particulier, toujours à Neuilly-sur-Seine, pour 15 200 000 euros.

Bernard Tapie, lui, possède une résidence secondaire à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), la villa de Saint-Tropez, un yacht, le Reborn, payé 40 millions d'euros et amarré à Marseille, 426 tonnes pour 74 mètres de long, qu'il loue 500 000 euros la semaine. Il utilise aussi pour ses déplacements une Range Rover, une Smart, et son avion privé, un Bombardier, qu'il veut revendre pour 15 millions d'euros.

Si les juges ont décidé de saisir les biens de M. Tapie, c'est qu'ils estiment désormais disposer de preuves suffisantes pour accréditer l'escroquerie. Ils ont en particulier établi que l'avocat de M. Tapie, Me Maurice Lantourne, avait commercé à neuf reprises avec l'arbitre Pierre Estoup, principal rédacteur de la sentence. Un lien susceptible de faire annuler la sentence arbitrale. Maintenant, c'est au tour de l'entourage de Nicolas Sarkozy à l'Elysée d'être clairement ciblé par les magistrats.

Selon les procès-verbaux de la garde à vue de M. Tapie, les juges reprochent d'abord à l'homme d'affaires d'avoir " trompé l'Etat, en employant des manoeuvres frauduleuses ". M. Tapie, pour les magistrats, " en manoeuvrant en concertation avec son conseil Maurice Lantourne, pour obtenir la désignation en qualité d'arbitre de Pierre Estoup, qu'il savait déjà acquis à sa cause ", a pu parvenir à ses fins, ce qui lui a valu, le 28 juin, une mise en examen pour " escroquerie en bande organisée ".

Les enquêteurs s'attaquent maintenant à la prise de décision politique. Au vu des derniers éléments recueillis par les policiers, Christine Lagarde, patronne du Fonds monétaire international et ex-ministre de l'économie de 2007 à 2011, devrait être reconvoquée par la Cour de justice de la République et son statut actuel de témoin assisté pourrait évoluer, estiment les enquêteurs. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée de 2007 à 2011, est lui suspecté d'avoir décidé de l'arbitrage mais aussi d'avoir mis en place les hommes clefs du dossier.

Il va devoir répondre aux questions des enquêteurs. Ceux-ci s'intéressent notamment à un réveillon de fin d'année, en 2006, organisé dans un palace d'Agadir, au Maroc. S'y retrouvent Brice Hortefeux, alors ministre délégué à la décentralisation, proche conseiller de M. Sarkozy, ainsi que Jean-François Copé, ministre délégué au budget. Et Bernard Tapie. " Cette rencontre était fortuite ", explique M. Tapie, assurant qu'elle " n'a pas été l'occasion de parler du sujet d'Adidas ". Les enquêteurs sont dubitatifs, ils connaissent la propension de M. Tapie à parler constamment de ses démêlés judiciaires. D'autant qu'au retour d'Agadir, " avec M. Hortefeux, nous avons pris l'avion privé de M. Guelfi - André Guelfi, un homme d'affaires condamné dans l'affaire Elf - ", relate M. Tapie.

M. Tapie n'a eu de cesse d'agiter son réseau relationnel. Vingt-deux visites à l'Elysée entre 2007 et 2009. " Ces réunions n'ont jamais été cachées, argue M. Tapie. Jamais une seule fois je n'ai parlé de l'arbitrage personnellement à M. Sarkozy. " Il admet cependant : " Croire que l'arbitrage peut se faire dans son dos ou sans son accord est idiot... " L'homme d'affaires soutient n'avoir " jamais eu aucun rapport privé avec le président Sarkozy ". Les enquêteurs lui rappellent qu'il a rendu visite à deux reprises à M. Guéant, les 28 juin et 16 juillet 2007. Dans quel but ? " Je pourrais m'en souvenir mais je ne m'en souviens pas ", rétorque M. Tapie.

Comme il a curieusement gommé tout souvenir de cette réunion de juillet 2007 à l'Elysée où il a plaidé sa cause devant François Pérol, Patrick Ouart ou Stéphane Richard. " Je ne m'en souviens pas ", jure-t-il. Il a oublié, aussi, ce déjeuner organisé à Bercy à sa demande, au printemps 2008, avec Mme Lagarde. " Je n'ai jamais eu aucun rendez-vous avec elle sur ce dossier ou tout autre dossier ", assure-t-il, contre l'évidence.

Les policiers s'étonnent, il s'énerve : " Vous croyez ce que vous voulez, on n'a pas la même vie et le même agenda ! " Il se contredit tout de même, quelques minutes plus tard, à propos de cette réunion à l'Elysée dont il ne se souvient pas : " Ils ont attendu que je parte pour en discuter entre eux... " A propos de M. Guéant, il confesse : " C'est un homme que j'aime beaucoup ". Au final, après 96 heures de garde à vue et de temps à autre un sandwich à 1,85 euro, il a cette conclusion philosophique : " Tous les fous ne sont pas enfermés... "

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 25 Octobre 2013

Dupont-Aignan 1Suite à la réponse de M. Dupont-Aignan, que j'ai reçue le 30 Juin 2013, j'ai refait une réponse.

 

Pour mémoire, la lettre d'origine est située ICI.

 

Sa réponse est située ICI.

 

La voici.

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Monsieur Dupont-Aignan,

Je vous remercie de la réponse que vous avez faite à mon courrier du 30 juin.

Permettez-moi, d'y apporter, moi aussi, une réponse.

Cette réponse sera dans le texte.

Nicolas Dupont-Aignan :

Monsieur,

[...]

> Tout d’abord permettez-moi de saluer l’intérêt que vous nous portez et
> l’attention dont vous semblez animée quant à la place accablante de notre
> cher pays rongé par tant de maux. Je crois, nous croyons que l’Union
> Européenne telle qu’elle est actuellement configurée en est un des plus
> nocifs.

Je serais plus mesuré pour ma part. Je ne le juge pas nocif, car l'Europe a apporté énormément à notre économie. Par contre, je considère, comme vous, que l'Europe sait faire montre d'ingérence et que cette ingérence ne sert pas continuellement les Français.

> Reconsidérer la place de la France en cette période de
> mondialisation à outrance ne peut incontestablement se réaliser sans prendre
> en compte l’Europe : coopérer avec nos voisins européens traduit un atout
> incontestable pour notre Etat-Nation et son rang auprès des géants de ce
> monde. Cependant l’avis que vous me transmettez quant aux conséquences d’une
> sortie de l’euro traduit un acharnement ne retraçant que de simples
> généralités qui peuvent aisément être réfutées.

Je suis d'accord qu'il faut continuer à coopérer très fortement avec nos voisins Européens
Quand aux "généralités qui peuvent être aisément réfutées" ? Je demande à voir...

> Nous nous retrouvons dans une situation éminemment complexe : dépossédés de
> l’un de nos mécanismes d’action économique majeur, à savoir notre politique
> monétaire, nous sommes contraints de n’avoir à répondre aux problématiques
> actuelles que par une politique budgétaire ou des réformes structurelles.

Il est pour le moins frappant que vous vous acharniez sur notre politique monétaire alors que c'est elle qui nous a maintes fois sauvés et qui nous sauve encore !
Votre discours est politique, mais est-il réaliste ? Assurément non ! Non car vous n'avez jamais été salarié d'une entreprise, vous n'avez été dirigeant, ni artisan ni exercé de profession libérale.
Vous vous êtes contentés d'être dans la fonction publique à assister des personnes dans les arcanes du pouvoir. Vous avez une notion plus que limite, voire médiocre, de l'économie.
Car vous ne vous êtes pas posé la question centrale qui doit diriger toute pensée sur le sujet : comment se fait-il que l'Allemagne veuille sortir de l'Euro avec sa conjoncture économique florissante ?
Pour répondre à cette question, il faut en revenir aux bases. La monnaie unique, c'est un peu comme des étudiants décidant de louer un bien immobilier en se mettant en collocation.
Chaque étudiant devra gérer son budget afin de faire vivre l'ensemble de la copropriété. La collocation devra aussi promouvoir un échange économique poussé afin qu'ils puissent faire des économies sur son fonctionnement. Ils pourront donc acheter en gros des produits afin de faire baisser le prix unitaire ou aller voir des commerçants extérieurs pour prendre une carte de fidélité globale à la collocation. Les bons de réduction pourraient être mis en commun, etc. Bref, la collocation apporte un plus économique indéniable à ses représentants, mais il faut que tout le monde joue le jeu : les finances personnelles de chacun doivent être saines pour qu'elles puissent assurer la cohésion de tous. La comparaison collocation-Europe a ses limites, car, dans une collocation classique, on n'imprime pas sa propre monnaie. Mais les enjeux économiques sont les mêmes : l'ensemble doit être sain économiquement pour le bien-être de tous.
Pour en revenir à l'Europe, la situation est saine en Allemagne. Mais l'est-elle en France ? Assurément pas quand on pense qu'avec 240 Milliards d'Euros de recettes par an, on en dépense 320, et que l'intérêt à rembourser sur les emprunts passés (car, bien évidemment, vivre à crédit suppose des emprunts) représente à eux seuls près de 40 Milliards !
En clair, notre situation économique n'est pas bonne et si on ne vivait pas dans une collocation, on serait obligé d'emprunter à des taux bien supérieurs et nous aurions déjà du employer l'arme de la dévaluation à de multiples reprises. La dévaluation est une arme à double tranchant : elle nous permet d'affaiblir la valeur de notre argent. Si on est auto-suffisant, avec de bonnes industries, avec une bonne agriculture, avec de bons services intérieurs, avec une production énergétique forte, la dévaluation est une arme fantastique puisqu'elle permet d'être compétitif sur nos exportations et de limiter les dégâts sur nos importations. Par contre, si on importe beaucoup, dans un cadre de balance commerciale largement déficitaire, la dévaluation peut nous mener à une crise, voire à une faillite.
La dévaluation ne peut donc s'effectuer que lorsque l'on est dans une passe économique difficile mais que l'on a une vision économique forte motivée par des investissements pérennes qui vont pouvoir nous sortir de la dévaluation.
La dévaluation n'a pas d'affinité avec l'idéologie, car elle doit être pragmatique et équilibrée, tout ce que l'idéologie, in fine votre programme, ne permet pas.
Donc, même si vous avez raison de vouloir redonner une souveraineté à la France, vous n'en avez plus les moyens. On dépend de l'Europe car nos politiques ont été incapables de gérer le pays économiquement de façon pérenne, ces trente dernières années. On n'a pas les moyens actuellement de sortir de l'Euro car on serait obligé de dévaluer sans avoir des politiques suffisamment compétents pour réorienter de manière efficace notre pays.
Car il faut être clair : l'immense majorité de nos politiques sont des juristes alors qu'il faudrait avoir des chefs d'entreprise à sa tête. Il nous faudrait des personnes sorties d'écoles de commerce pour diriger un pays comme on dirigerait une entreprise. On en est loin car si l'on avait une entreprise qui avait le bilan de notre pays, elle aurait été mise en faillite depuis bien longtemps !

> Elles sont les vestiges d’un semblant de conservation de notre souveraineté,
> si lâchement confisquée par nos élites au profit de Bruxelles comme vous le
> savez. Or, les contraintes budgétaires qui étranglent nos moyens d’action
> nous dépossèdent de l’usage intégral de notre politique budgétaire : je ne
> nie pas qu’il faille réduire nos dépenses publiques, nos gaspillages,
> diminuer nos dettes et déficits. Bien au contraire. Je demande à ce que nous
> soyons exemplaires. Mais dans la limite du raisonnable, que nous nous
> limitions nous-mêmes.

Notre politique budgétaire ont été dépossédés à cause de l'incompétence de nos politiques ces 30 dernières années dans la gestion économique de notre pays. N'accusons pas l'Europe en cela. Elle a été bien plus une bouée qu'un poids pour nous.
Vous demandez à ce que nous nous limitions nous même, soit. Mais on souffre d'un double problème :
- L'incompétence généralisée de nos politiques-juristes en matière économique
- La démagogie de ces mêmes politiques qui préfèreront toujours faire plaisir aux Français par des cadeaux de toute sorte, ce, au mépris d'une saine gestion.

> La crise actuelle étant majoritairement une crise de
> l’offre et notre pays arborant un imposant déficit commercial, il va de soi
> que la seule politique budgétaire ne répond en rien aux solutions de sortie
> de crise. Il faudrait coupler politiques monétaire et budgétaire, renforcées
> par un protectionnisme qui permettrait à la France de bénéficier du fruit de
> ses propres relances ;

Le protectionnisme ne peut être pérenne que si l'on possède des atouts de production internes divers et variés. Ce n'est pas le cas. Vous avez donc tort sur ce problème.
Notre industrie se meurt, notre production énergétique est proche du zéro. Le protectionnisme ne nous sauvera pas, il nous coulera. En cela vous avez, indéniablement tort sur toute la ligne.

> contrairement aux erreurs causées par Mauroy,
> confronté aux séquelles de l’irresponsable ouverture totale de notre
> économie. Mais voilà, la politique monétaire est nationalement impossible,
> et inefficace au niveau européen : j’en veux pour preuve les taux de la BCE
> frôlant narquoisement les 0% sans pour autant provoquer la moindre relance.

Mauroy n'a pas inventé la mondialisation : soyons sérieux M. Dupont-Aignan !
C'est vrai que les taux de la BCE ne relancent pas la croissance... en France...
Votre discours est assez déconcertant : vous dites, dans un premier temps que nous n'avons pas besoin de l'Europe, mais dans un second que l'Europe ne va pas assez loin dans sa logique budgétaire ?
Nous sommes un poids en Europe, dans le sens ou nous plombons ses comptes. Actuellement, on en a besoin. Le pays qui en a le moins besoin est l'Allemagne, et, pour eux, ne vous inquiétez pas, les taux de la BCE leur conviennent tout à fait !

> Que faire alors ! Comment lutter sans le moindre mécanisme d’action ?
> Comment répondre à la spécificité de chacun des pays avec une politique
> centralisée à Francfort qui n’a même pas pour objectif premier d’éradiquer
> le mal s’élevant honteusement en zone euro : le chômage !

Commencer à balayer devant notre porte à rétablir une cohérence budgétaire efficace. Il faut réduire notre déficit en accroissant nos recettes et en diminuant nos dépenses. Cela ne passera que par la croissance. Cela ne passera que par le travail. Il faut remettre notre pays oisif au boulot. Il faut en finir avec des allocations chômages qui sont considérées comme des salaires. Il faut en finir avec les politiques de retraite anticipée. Il faut investir dans des entreprises exportatrices à réinvestir le champ de la recherche au niveau international. Il faut en finir avec ces 35h qui font la France la championne du monde des fainéants ! Il faut investir dans les crèches qui vont faire en sorte que les mères pourront travailler aisément sans se soucier de leurs enfants (j'aimerais pouvoir dire que ce sont les papas et les mamans qui le font, malheureusement les chiffres dont je dispose montre une vérité implacable en la matière). C'est le travail qui fait baisser le chômage car c'est le travail qui pousse la croissance.
Le travail n'est pas un gâteau immuable que les forces vives de notre pays se partagerait ! Le travail ne se partage pas, il se crée ! C'est en remettant les Français au boulot que l'on se sortira de l'ornière économique dans laquelle nous somme enfermés actuellement. L'Euro n'a rien à voir avec ces problèmes.

> Si l’UE nous refuse un euro au service de la croissance et de l’emploi,
> alors la France devra organiser un référendum pour demander aux Français
> s’ils ne préfèrent pas revenir au franc. Prenons-nous en main, ne dit-on pas
> que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ? La France n’a pas
> grand-chose à craindre mais a bien au contraire tout à espérer d’un tel
> sursaut monétaire. Comme le dit Jean-Jacques Rosa, la sortie de l’euro n’est
> pas la solution à tous nos problèmes et ne nous dispensera pas de mesures
> complémentaires parfois douloureuses, mais c’est un préalable à la
> résolution de nos difficultés.

Vous avez raison de demander une sortie de l'Euro pour redonne une aura à notre pays. Mais si on le fait maintenant, avec l'économie que l'on a, on court à notre perte ! L'Euro n'est pas la cause à notre problème, mais la crise financière est une conséquence de notre incapacité à gérer convenablement un budget.
L'UE n'a pas vocation à nous assister dans notre croissance et notre emploi, et la sortie de l'Euro ne sera un préalable à la résolution de nos difficultés qu'avec des politiques qui engageront des mesures où on fera en sorte de remettre les Français au travail. Il ne nous suffira pas de le souhaiter. Car le travail, dans un contexte de mondialisation, supposera de très grandes compétences, grandes compétences qui seront forcément bâties par une politique de formation et d'éducation de très haut niveau. Notre classement mondial, en recherche et développement, en enseignement et enseignement supérieur, ne plaide pas pour ce haut niveau. Un investissement de grande ampleur devra aussi être fourni en la matière.

> Sortir de l’euro serait une délivrance pour bien des peuples, mais à vrai
> dire, je propose plus que la substitution de cette monnaie inefficace.

Une délivrance pour l'Allemagne qui n'aurait plus à supporter la médiocrité des autres, assurément...
Une délivrance pour la France ? Certainement pas, en tout cas pas avec notre politique actuelle !

> Le beau pays que nous aimons tant réincarnerait son rôle déjà bien connu : il
> rendrait la liberté à des peuples entiers, réattribuerait aux Etats-Nations
> les capacités de s’autodéterminer et de maitriser leur destinée, rétablirait
> la démocratie en Europe.

Vous avez tout à fait raison, mais dans un cadre de compétence économique de nos politiques qui abandonneraient, pour une large part, qui leur idéologie, qui leur démagogie légendaire, qui leur ambition personnelle.

> La sortie de l’euro - monnaie unique et la chute de
> l’illégitime pouvoir omniprésent de la Troïka, l’un n’allant pas sans
> l’autre, sous l’impulsion de la France démontreraient qu’il existe un pacte
> vingt-et-une fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du
> Monde. Il s’agit-là d’un enjeu de taille, à la hauteur de notre histoire,
> nullement utopique mais plutôt raisonné.

Merkel est d'accord avec vous et applaudit des deux mains votre discours.

> Ce discours est effectivement étayé par des experts dont les compétences ne
> sont plus à prouver, bien qu’ils ne jouissent malheureusement pas de
> l’intérêt des médias.

Des experts en matière économique ? Pffff ! Les experts économiques sont très forts pour expliquer les crises après coup, beaucoup moins pour les prévoir. C'est normal d'ailleurs : l'économie étant un phénomène hyper-chaotique, l'éternuement d'un golden boy à Londres pouvant provoquer le crash de la bourse à Tokyo, l'économie est imprévisible. C'est une raison pour ne pas écouter ces similis-experts qui n'ont eu droit à leur Nobel que grâce à un Lobby acharné...

> Je ne me permets pas de remettre vos connaissances
> économiques en question, cependant permettez-moi de citer des références
> dont je ne peux que me réjouir de la maturité, de la réflexion, et de la
> connaissance économique quant à une réelle alternative sensée.
> Combien de prix Nobel d’Economie sont-ils favorables à la sortie de l’euro ?
> Maurice Allais, Milton Friedman, Amartya Sen, Paul Krugman, Joseph Stiglitz
>(etc.) : le parti « immature » et dépourvu de « réflexion » que nous
> constituons, comme vous l’affirmez, propose une alternative soutenue par des
> experts de qualité mondiale et INDEPENDANTS.

Je ne crois pas aux Nobel en économie. J'ai une formation scientifique, pas en science-humaine toujours très prompte à démontrer ces dires après coup et à expliquer les raisons de ses erreurs.
Comme je vous l'ai dit, le Nobel en économie a été inventé plus tard par un lobbying acharné des milieux économiques. Je ne prends donc pas en compte les dires de ces experts auto-proclamés dont l'indépendance, surtout en matière de Nobel, peut être largement remise en question.
Tout ce que je sais, c'est que je gère mes comptes d'un point de vue personnel, et que si je gagne 2400Euros par mois, j'évite d'emprunter pour en dépenser 3200. J'évite d'avoir ce genre de situation économique sur 30 ans. En clair, ce que j'évite de faire, la France l'a fait et cela me suffit pour dire que l'Euro est une force pour nous pour compenser notre incompétence budgétaire, car, tout seul, nous serions bien moins bien considérés par les marchés financiers.
Est-ce que je suis fier de notre situation financière ? Absolument pas. J'aimerais, tout comme vous, sortir de l'Euro pour redonner de l'aura à notre pays. Mais, et je le déplore, la France n'a pas les moyens de sortir de l'Euro car elle n'en a pas les compétences.
Tous vos économistes vous disent qu'il faut sortir de l'Euro, ils ont raison, c'est Merkel qui le dit...
Pour la sortie de l'Euro, il faut dé-corréler les prix Nobel reçus par les économistes que vous citez, de leur conviction. Seul un seul, Maurice Allais, est Français. Il a reçu son Nobel en 1988, époque où la France venait juste de laisser son déficit structurel filer vers des sommets.

> L’idiotie n’est pas de croire
> en une alternative possible et soutenue par de vrais professionnels,
> Monsieur, mais bien de ne vouloir remettre en question et en cause un
> imposant pilier de l’Union Européenne prétendument intouchable.

L'idiotie est de vouloir mettre la charrue avant les boeufs : on pourra sortir de l'Euro quand on aura fait des réformes économiques fortes en France. En aucun cas l'Euro est la cause de nos malheurs.
Pour en revenir à Monsieur Allais, non seulement, Maurice Allais n'a pas eu son Nobel pour son opposition à l'Euro, mais il n'est pas contre l'Euro ! Il a juste dit qu'il fallait construire une Europe politique avant de réaliser une Europe économique. Bref, il ne voulait pas que l'on mette la charrue avant les boeufs : tiens, tiens...

> Au contraire combien de prix Nobels d'envergure égale soutienne l'Euro ?
> Aucun. Seuls des économistes de seconde zone européens, tous payés par les
> banques qui jouissent de l'euro, sans aucun exception, défendent leur gagne-
> pain.

Je suis d'accord avec vous sur ce point : je ne suis pas enchanté de l'Euro mais je considère que la situation de la France serait pire sans qu'avec car nous n'avons pas de dirigeants qui seraient à même de gérer la France avec l'obligation de gérer sa monnaie.

> Les Prix Nobel précédemment cités ne sont qu’une infime partie d’économistes
> sortis de l’ombre parmi une multitude certaine. Ils voient dans la sortie de
> l’euro la voie de salut pour les pays européens.

Ces économistes sont anti-mondialistes mais les échanges et la situation mondiale est ce qu'elle est. Seuls les plus forts seront à même d'imposer leur modèle basé sur un mondialisme, ou non... Le problème de la France, c'est qu'elle n'est pas forte et que le modèle de société qu'elle a imposé vis à vis de ses habitants repose sur l'oisiveté et sur son extraordinaire modèle social. Le modèle social, il faut savoir le financer. La France, depuis 30 ans, a échoué à le faire. Elle s'est fait emprisonner par l'Euro. Je le regrette, tout comme vous.

> L’amitié des pays européens
> demeurerait évidemment scellée par nos nécessaires partenariats et
> coopérations économiques, diplomatiques, en termes de recherches, de
> progrès…
> Et si le discours le plus simple était justement de laisser aller le cours
> des choses, de substituer ce qui a été trop rapidement acquis, de manière
> trop irréfléchie. Avouez que si notre volonté d’en finir avec l’euro est
> irréfléchie, la rapidité de l’acquisition de l’euro ne peut que l’avoir été
> davantage ; sans quoi nous ne connaitrions pas, Monsieur, la crise sans
> précédent que nous traversons.

Parce que vous pensez que nous avons le niveau pour relancer la recherche et le progrès en France ?
"Laisser aller le cours des choses" ? Dans un pays champion du monde des jours de congés ? Mais vous allez vous faire bouffer par le monde entier avec ce genre de phrases mon bon Monsieur !
L'Euro n'est pas la cause de nos problèmes, je le répète. On s'est peut être trop investi dans une logique de mondialisation sans prendre en compte nos obligations en la matière. On ne peut pas être dans une logique mondialisée en étant les champions du monde des faignasses, c'est ça notre problème.
Effectivement, on s'est dit que notre modèle de collocation pouvait compenser nos manques et que nous pouvions nous abstenir de bosser autant que les autres pays, l'Allemagne en tête.
Nous avons eu tort et nous avons acquis la monnaie unique trop tôt, avant d'avoir acquis une rigueur de gestion nécessaire : là dessus nous sommes d'accord.

> Les immatures sont les défenseurs du projet
> de monnaie unique qui se sont précipités dans la mise en œuvre de leur
> utopie sans en mesurer les enjeux et malheureuses conséquences. Ce sont eux,
> Monsieur, les immatures. Ce sont eux, Monsieur, qui signent l’euro de leur
> méconnaissance économique atterrante.

L'immaturité économique a été de laisser filer notre déficit à faire des cadeaux au Français dont le premier d'entre eux a été les 35h.
Je suis d'accord avec vous.

> Si anticipations, connaissances
> économiques et réflexions avaient été au cœur des processus d’accès à
> l’euro, croyez-vous, Monsieur, que nous en serions dans la situation
> actuelle ?

Non, c'est vrai, vous avez raison.

> Notre parti prend acte de la crise de l’euro et propose sa
> solution. L’erreur est humaine, on n’apprend justement que par ses erreurs.
> Il ne faut pas avoir honte de revenir dessus, mais bien au contraire en
> ressortir grandis. Et non persévérer en s’enfonçant toujours plus dans
> l’abîme de la faillite du système.

La crise de l'Euro n'existe pas. C'est la crise de notre financement qui existe. C'est la crise de la mondialisation où nous avons été incapables de s'y positionner qui existe.
C'est le laxisme budgétaire de nos politiques qui est la cause de tout cela, pas l'Euro.
L'Euro est une aide comme le médecin vis à vis de la personne malade l'est.
Vous accusez l'Euro comme le malade accuserait son médecin.
Mais le cancer du poumon n'a pas été acquis à cause du médecin, mais bel et bien par les 3 paquets de clopes que l'on fumait quotidiennement !
Ne nous trompons pas sur les véritables causes de nos difficultés !

> Revoyons nos ambitions à la hausse, ré-enchantons ce rêve français qui tout
> au long de notre histoire n’a fait qu’outrepasser notre modeste présence en
> ce monde. Car la mondialisation, bien qu’exacerbée aujourd’hui, existe
> depuis bien des siècles et que les pays il fut un temps s’en protégeaient
> intelligemment pour qu’elle leur permette de s’accomplir plus
> majestueusement. Nous pouvons en tirer les fruits.

La mondialisation s'est exacerbée avec les échanges matériels et immatériels.
Il y a bien des siècles, on ne pouvait pas commander une chaise en Tek en Asie par Internet, ou, il y a bien des siècles, on ne pouvait pas faire des affaires en faisant le Paris-Grenoble aller-retour dans la journée !
S'opposer à la mondialisation c'est un peu comme si vous vouliez empêcher le TGV Lyon-Paris d'arriver à destination par la seule force de vos petits bras, bonne chance !

> Oser parler « d’immaturité » à notre égard est insultant. Nous avons le
> mérite d’avoir dénoncé les traités nous ayant conduit à la perte actuelle
> que nous connaissons.

Mettre la charrue avant les boeufs est une preuve d'immaturité, maintenant, si vous voulez le prendre comme une insulte, libre à vous. Je ne fais que révéler des faits.

> Les événements qui succédèrent nous ont donnés raison.
> Nous ne sommes pas immatures, nous avions réfléchi, et les conséquences
> anticipées se sont réalisées. Il va de soi que le laxisme qui découle de
> l’immaturité dont font preuve nos politiques se répercute sur bien d’autres
> thématiques empreintes au sein de notre patrie : les événements récents en
> banlieues parisienne en ont été une preuve supplémentaire.

Raison en quoi ? Que l'Euro est la raison première de nos problèmes ? Certainement pas ! Vous avez prévu des difficultés pour des raisons, elles arrivent pour d'autres raisons. Cela ne fait pas de vous des visionnaires !

> Une action
> radicale mais juste est légitime, est nécessaire quant au renouveau
> politique que nous devons instaurer et que vous souhaitez.

Oui. L'action radicale que je prône n'est pas la même que la vôtre.

> Propager la bien-pensance est démagogique. Le populisme, consiste à dénoncer
> une élite tout en prônant un recours au peuple. Je ne renonce pas au
> référendum, Monsieur, je le privilégie et je dénonce le laxisme,
> l’incompétence de nos élites. Je suis pour la démocratie. Hors, vous aussi
> croyez en la trahison de ceux que nous appelons si grossièrement « élites »,
> votre lettre me l’a prouvé. Vous avez foi, Monsieur, autant que moi en cette
> réalité et tenez donc vous-même un discours populiste. J’exclue en
> l’occurrence toute signification de discours « simpliste », « mensonger » à
> ce terme.

Je privilégie, tout comme vous, le référendum. Mais la sortie de l'Euro doit être expliquée et surtout suffisamment décrite pour dire que l'Euro n'est pas la cause de nos problèmes.
Un discours populiste ? Oui car je veux remettre le peuple au coeur de la prise de décision. Non si on amalgame le populisme à la démagogie car la suppression des 35h, remettre les gens au travail, diminuer fortement les allocations chômage n'est pas très porteur...

> L’idée d’une sortie de l’euro aux conséquences désastreuses n’est que le
> résultat d’un dogme rigide qui rend plus immature encore l’individu ne
> constatant pas que de réels spécialistes de la question économique ont un
> avis fondé : mûri, réfléchi, scientifiquement valable et raisonné. Je ne
> vous permets donc pas d’insulter mon parti à vocation Nationale d’immature,
> encore moins d’illégitime à pouvoir incarner l’exercice de l’Etat.

C'est sur cette phrase que vous comptez pour démonter mon discours ? A part votre croyance, elle est dirigée par quel principe économique ?
Vous dites que votre discours est mûri, réfléchi et scientifiquement valable et raisonné, mais où sont les démonstrations de vos dires ?
Il ne suffit pas de dire à l'examinateur du BAC que l'on sait sa leçon pour obtenir le diplôme ! Il faut le démontrer ! Ce que vous ne faites pas...
Je maintiens donc mes propos : vouloir sortir de l'Euro, actuellement est un discours fortement immature et irraisonné.
Tant que vous n'aurez pas démontré le contraire, je ne changerai pas d'avis.
Toute votre réponse est basée sur vos convictions et pensées sans que vous n'ayez, en rien, démontré vos propos.
Ce n'est pas parce que quelques Nobel sont anti-mondialistes que l'Euro a causé notre perte !
Votre discours doit donc continuer à être démontré pour qu'il soit valable. En attendant, il ne l'est pas encore et est loin de l'être.

> Car notre
> légitimité vient de notre croyance –devenue rare au sein du personnel
> politique - en la France, de notre volonté à lui retrouver sa grandeur et
> son intégrité. Notre volonté est de la reconstituer, de rendre à sa Nation
> la souveraineté qui lui a été dérobée.

La croyance ne doit pas être le seul principe à l'action. Il faut d'abord démontrer que ses croyances sont vraies avant de le faire.
Croire que la France peut s'en sortir seule, est noble, mais engager les actions pour que la France soit réellement forte est une toute autre affaire.
La sortie de l'Euro ne pourra être conduite qu'à partir du moment où ces actions auront été entreprises.
Considérer l'Euro comme étant à l'origine de nos problèmes est, en plus d'être profondément immature, une faute majeure car d'autres fautes ont été faites conduisant à la situation actuelle de notre pays, qui nous empêche cette sortie...

> Défendre l’euro aujourd’hui, c’est se vouloir complice du honteux assassinat
> de la Nation grecque actuellement perpétré et d'un affaiblissement
> historique des économies européennes au seul profit de l'Allemagne (l'euro
> n'est que l'autre nom du Mark=
> Votre discours défend ceux que vous dénoncez, ceux qui sont illégitimes à
> gouverner. Vous vous rendez donc, et j’en suis navré, complice d’eux, à vos
> dépens.

Comme d'habitude, vos propos sont construits sur votre propre croyance, ce, sans aucune démonstration.
Vous êtes aveuglé par votre émotion et vos sentiments en confondant, largement, causes et conséquences.

> Le renouveau politique ne s’accomplit pas en poursuivant les erreurs de ceux
> que l’on dénonce.
> Ne pas revendiquer ses opinions uniquement pour accéder à ses ambitions,
> n’est- ce pas justement le jeu que mènent ces politiciens que vous critiquez
> tant ? Nous nous assumons et ne cèderons pas à ce que nous ne croyons pas
> juste. C’est un devoir qui, même s’il ne nous permettait pas d’accéder à nos
> ambitions comme vous le dites, traduit non pas la « facilité », notre «
> radicalisme », mais bien notre honnêteté. Nous privilégions l’action, car il
> est grand temps que nous ne nous laissions plus faire.

Je ne compte pas poursuivre les erreurs de ceux que je dénonce, je compte poursuivre d'autres erreurs que ceux que vous évoquez.
Vous privilégiez une mauvaise action basée sur une mauvaise analyse. Cette mauvaise analyse ne pourra conduire qu'à notre perte.

> Nous porterons ce que nous jugeons bon, raisonnable et raisonné pour notre
> Nation. Quelles qu’en soient les normes brisées, les rigidités assouplies,
> l’excès de « limites » dont on ne connait la légitimité mais qui sont
> l’argument irrationnel premier permettant de n’avoir à tenir aucun discours
> construit : c’est la meilleure solution pour servir le pays que nous aimons
> tant, pour que vive la France et pour que vive la République.

Vous jugez sans démontrer.
Nous sommes d'accord sur le but, pas sur l'analyse préalable nécessaire à l'action pour atteindre ce but.
Sortir de l'Euro est louable. Vouloir s'affranchir de la mondialisation est louable.
Mais ces éléments louables devront être précédées d'actions économiques fortes qui ne plairont pas à bon nombre de Français.
Nous devons retrousser nos manches pour redonner à la France l'image qu'elle mérite.
Sur ces points, les plus importants incontestablement, nous sommes d'accord.
Que l'on ne s'y trompe pas : nos accords sont plus importants que nos désaccords.
Réfléchissez bien sur la situation actuelle : n'est-elle pas plus due au laxisme économique de ces trente dernières années que par l'Euro ? Ne met-on pas un peu facilement la charrue avant les boeufs ?
Je suis d'accord sur une sortie de l'Euro, mais pas maintenant. La meilleure des preuves est que l'Allemagne veut la même chose que nous alors qu'elle est dans une situation économique opposée à la nôtre : cela doit nous alerter !
Il est évident que l'Euro nous impose des freins mais il a plus d'avantages que d'inconvénients car il amoindrit les conséquences de notre incompétence économique.
Je le déplore, tout comme vous. Mais soyons réaliste et engageons des actions réalistes.

> Je vous prie de croire, Monsieur, que je poursuivrai en ce sens mon action,
> et que je vous transmets mes salutations compatriotes.

Nous sommes sur la même ligne de pensée, donc, pour ma part aussi, je vous transmets mes plus sincères salutations.

Très cordialement,

  Philippe NOVIANT

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Rédigé par Philippe NOVIANT

Publié dans #Parti Renouveau Politique

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Publié le 24 Octobre 2013

Lance ArmstrongOn essaie de nous faire croire, année après année, que nos champions ne se dopent plus et qu'ils préservent tous l'équité sportive. Las, les chiffres sont là pour prouver le contraire : un dopage est avéré à partir de 410 W de puissance déployée dans un col.

M. Froome n'a déployé que 2 Watts de moins que lors des dopés Armstrong et Ullrich, projetant sa puissance à près de 446 Watts. M. Froome est donc dopé : on le sait, c'est sûr.

Sachant cela, pourquoi le peloton, qui connaît ces chiffres par coeur, ne se révolte-t-il pas ?

La seule réponse crédible à cette question est qu'ils sont autant dopés que le premier.

Alors le Tour de France est-il propre ? Absolument pas, et il n'est pas prêt de l'être.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Juillet 2013

****************

RADAR
" Aussi puissant qu'Armstrong et Ullrich dans la montée d'Ax 3 Domaines "
Antoine Vayer, ex-entraîneur de Festina, décrypte les performances des coureurs dans les Pyrénées

YImpossible de gagner le Tour sans dopage ? " Le bilan chiffré de ce début de course contredit-il la réponse affirmative formulée dans ces colonnes par Lance Armstrong ? Négligeons les vitesses moyennes, même si un contre-la-montre par équipes à 57,84 km/h et une moyenne générale qui frise les 41 km/h laissent dubitatif. Ce qui compte, pour mieux appréhender l'état sanitaire du peloton, ce sont les puissances en montagne. Deux radars étaient placés dans les Pyrénées : la montée d'Ax 3 Domaines samedi 6 juillet et celle d'Hourquette dimanche. Qu'indique leur relevé ? En deçà de 410 watts, c'est sans garantie mais humain, entre 410 et 430, c'est suspect, jusqu'à 450 miraculeux, et au-delà mutant.

Dans le premier grand col (Pailhères, niché à plus de 2 000 m) qui précédait la montée d'Ax, derrière le Colombien Quintana à 390 watts, certains des 27 coureurs, avec 372 watts, n'ont pas fait que s'échauffer pendant 47'58'' avant d'aborder Ax. Ils ont enfin fatigué ! Des coureurs comme l'Irlandais Daniel Martin et le Français Jean-Christophe Péraud ont ainsi fini placés avec 401 watts dans ce premier radar d'Ax qui concluait l'étape, en 25'47'', après cinq heures d'efforts. Combiné au fait que le rendement de bon nombre de leurs adversaires, y compris français, est étonnamment inférieur de 10 % voire 20 % (pourcentage de gain estimé grâce aux produits dopants) par rapport aux années précédentes, cela a permis, dimanche, grâce à une course de mouvement initiée par son équipe Garmin, au grimpeur irlandais de remporter l'étape sans être " flashé ", dans la montée d'Hourquette, au-dessus de 380 watts. Peut-on briller sur le Tour 2013 sans se doper ? La réponse est oui.

Mais Chris Froome, lui, est là pour gagner. Il a donc relégué Dan Martin à Ax à 2'34'', sur la seule montée finale en développant 446 watts. D'autant plus inquiétant que cette performance quasi mutante le place à seulement deux petits watts de la prestation effarante du duo Armstrong-Ullrich en 2003, alors " chargés comme des mules ".

Deuxième coureur flashé dans la montée d'Ax : son coéquipier Richie Porte avec 435 watts miraculeux. La Sky n'a pas touché terre samedi. Derrière eux, quatre coureurs ont été pris à des puissances suspectes entre 411 et 420 watts : Mollema, Ten Dam, Nieve et Valverde. Deux Hollandais de la défunte et sulfureuse équipe Rabobank et deux Espagnols. Lors du Tour d'Espagne 2012, les Ibériques Valverde, Contador et Rodriguez avec plus de 420 watts moyens et suspects sur les cinq ascensions cibles avaient laissé Froome et ses 410 watts prendre la 4e place. Ils visent encore le triplé sur le Tour. Mais Froome veut gagner. " Impossible de gagner le Tour sans dopage ? " Vous avez la réponse. "

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 23 Octobre 2013

Dupont-Aignan 1J'ai reçu une réponse à ma lettre envoyée à M. Dupont-Aignan.

 

Pour mémoire, elle figure sur ce blog et est disponible ICI.

 

Elle est datée du 27 Août 2013.

La voici.

****************

Nicolas Dupont-Aignan :

Monsieur,

Je vous remercie pour votre courriel en date du 30 juin.

Tout d’abord permettez-moi de saluer l’intérêt que vous nous portez et
l’attention dont vous semblez animée quant à la place accablante de notre
cher pays rongé par tant de maux. Je crois, nous croyons que l’Union
Européenne telle qu’elle est actuellement configurée en est un des plus
nocifs. Reconsidérer la place de la France en cette période de
mondialisation à outrance ne peut incontestablement se réaliser sans prendre
en compte l’Europe : coopérer avec nos voisins européens traduit un atout
incontestable pour notre Etat-Nation et son rang auprès des géants de ce
monde. Cependant l’avis que vous me transmettez quant aux conséquences d’une
sortie de l’euro traduit un acharnement ne retraçant que de simples
généralités qui peuvent aisément être réfutées.

Nous nous retrouvons dans une situation éminemment complexe : dépossédés de
l’un de nos mécanismes d’action économique majeur, à savoir notre politique
monétaire, nous sommes contraints de n’avoir à répondre aux problématiques
actuelles que par une politique budgétaire ou des réformes structurelles.
Elles sont les vestiges d’un semblant de conservation de notre souveraineté,
si lâchement confisquée par nos élites au profit de Bruxelles comme vous le
savez. Or, les contraintes budgétaires qui étranglent nos moyens d’action
nous dépossèdent de l’usage intégral de notre politique budgétaire : je ne
nie pas qu’il faille réduire nos dépenses publiques, nos gaspillages,
diminuer nos dettes et déficits. Bien au contraire. Je demande à ce que nous
soyons exemplaires. Mais dans la limite du raisonnable, que nous nous
limitions nous-mêmes. La crise actuelle étant majoritairement une crise de
l’offre et notre pays arborant un imposant déficit commercial, il va de soi
que la seule politique budgétaire ne répond en rien aux solutions de sortie
de crise. Il faudrait coupler politiques monétaire et budgétaire, renforcées
par un protectionnisme qui permettrait à la France de bénéficier du fruit de
ses propres relances ; contrairement aux erreurs causées par Mauroy,
confronté aux séquelles de l’irresponsable ouverture totale de notre
économie. Mais voilà, la politique monétaire est nationalement impossible,
et inefficace au niveau européen : j’en veux pour preuve les taux de la BCE
frôlant narquoisement les 0% sans pour autant provoquer la moindre relance.
Que faire alors ! Comment lutter sans le moindre mécanisme d’action ?
Comment répondre à la spécificité de chacun des pays avec une politique
centralisée à Francfort qui n’a même pas pour objectif premier d’éradiquer
le mal s’élevant honteusement en zone euro : le chômage !

Si l’UE nous refuse un euro au service de la croissance et de l’emploi,
alors la France devra organiser un référendum pour demander aux Français
s’ils ne préfèrent pas revenir au franc. Prenons-nous en main, ne dit-on pas
que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même ? La France n’a pas
grand-chose à craindre mais a bien au contraire tout à espérer d’un tel
sursaut monétaire. Comme le dit Jean-Jacques Rosa, la sortie de l’euro n’est
pas la solution à tous nos problèmes et ne nous dispensera pas de mesures
complémentaires parfois douloureuses, mais c’est un préalable à la
résolution de nos difficultés.
Sortir de l’euro serait une délivrance pour bien des peuples, mais à vrai
dire, je propose plus que la substitution de cette monnaie inefficace. Le
beau pays que nous aimons tant réincarnerait son rôle déjà bien connu : il
rendrait la liberté à des peuples entiers, réattribuerait aux Etats-Nations
les capacités de s’autodéterminer et de maitriser leur destinée, rétablirait
la démocratie en Europe. La sortie de l’euro - monnaie unique et la chute de
l’illégitime pouvoir omniprésent de la Troïka, l’un n’allant pas sans
l’autre, sous l’impulsion de la France démontreraient qu’il existe un pacte
vingt-et-une fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du
Monde. Il s’agit-là d’un enjeu de taille, à la hauteur de notre histoire,
nullement utopique mais plutôt raisonné.

Ce discours est effectivement étayé par des experts dont les compétences ne
sont plus à prouver, bien qu’ils ne jouissent malheureusement pas de
l’intérêt des médias. Je ne me permets pas de remettre vos connaissances
économiques en question, cependant permettez-moi de citer des références
dont je ne peux que me réjouir de la maturité, de la réflexion, et de la
connaissance économique quant à une réelle alternative sensée.

Combien de prix Nobel d’Economie sont-ils favorables à la sortie de l’euro ?
Maurice Allais, Milton Friedman, Amartya Sen, Paul Krugman, Joseph Stiglitz
(etc.) : le parti « immature » et dépourvu de « réflexion » que nous
constituons, comme vous l’affirmez, propose une alternative soutenue par des
experts de qualité mondiale et INDEPENDANTS. L’idiotie n’est pas de croire
en une alternative possible et soutenue par de vrais professionnels,
Monsieur, mais bien de ne vouloir remettre en question et en cause un
imposant pilier de l’Union Européenne prétendument intouchable.

Au contraire combien de prix Nobels d'envergure égale soutienne l'Euro ?
Aucun. Seuls des économistes de seconde zone européens, tous payés par les
banques qui jouissent de l'euro, sans aucun exception, défendent leur gagne-
pain.
Les Prix Nobel précédemment cités ne sont qu’une infime partie d’économistes
sortis de l’ombre parmi une multitude certaine. Ils voient dans la sortie de
l’euro la voie de salut pour les pays européens. L’amitié des pays européens
demeurerait évidemment scellée par nos nécessaires partenariats et
coopérations économiques, diplomatiques, en termes de recherches, de
progrès…
Et si le discours le plus simple était justement de laisser aller le cours
des choses, de substituer ce qui a été trop rapidement acquis, de manière
trop irréfléchie. Avouez que si notre volonté d’en finir avec l’euro est
irréfléchie, la rapidité de l’acquisition de l’euro ne peut que l’avoir été
davantage ; sans quoi nous ne connaitrions pas, Monsieur, la crise sans
précédent que nous traversons. Les immatures sont les défenseurs du projet
de monnaie unique qui se sont précipités dans la mise en œuvre de leur
utopie sans en mesurer les enjeux et malheureuses conséquences. Ce sont eux,
Monsieur, les immatures. Ce sont eux, Monsieur, qui signent l’euro de leur
méconnaissance économique atterrante. Si anticipations, connaissances
économiques et réflexions avaient été au cœur des processus d’accès à
l’euro, croyez-vous, Monsieur, que nous en serions dans la situation
actuelle ? Notre parti prend acte de la crise de l’euro et propose sa
solution. L’erreur est humaine, on n’apprend justement que par ses erreurs.
Il ne faut pas avoir honte de revenir dessus, mais bien au contraire en
ressortir grandis. Et non persévérer en s’enfonçant toujours plus dans
l’abîme de la faillite du système.
Revoyons nos ambitions à la hausse, ré-enchantons ce rêve français qui tout
au long de notre histoire n’a fait qu’outrepasser notre modeste présence en
ce monde. Car la mondialisation, bien qu’exacerbée aujourd’hui, existe
depuis bien des siècles et que les pays il fut un temps s’en protégeaient
intelligemment pour qu’elle leur permette de s’accomplir plus
majestueusement. Nous pouvons en tirer les fruits.

Oser parler « d’immaturité » à notre égard est insultant. Nous avons le
mérite d’avoir dénoncé les traités nous ayant conduit à la perte actuelle
que nous connaissons. Les événements qui succédèrent nous ont donnés raison.
Nous ne sommes pas immatures, nous avions réfléchi, et les conséquences
anticipées se sont réalisées. Il va de soi que le laxisme qui découle de
l’immaturité dont font preuve nos politiques se répercute sur bien d’autres
thématiques empreintes au sein de notre patrie : les événements récents en
banlieues parisienne en ont été une preuve supplémentaire. Une action
radicale mais juste est légitime, est nécessaire quant au renouveau
politique que nous devons instaurer et que vous souhaitez.

Propager la bien-pensance est démagogique. Le populisme, consiste à dénoncer
une élite tout en prônant un recours au peuple. Je ne renonce pas au
référendum, Monsieur, je le privilégie et je dénonce le laxisme,
l’incompétence de nos élites. Je suis pour la démocratie. Hors, vous aussi
croyez en la trahison de ceux que nous appelons si grossièrement « élites »,
votre lettre me l’a prouvé. Vous avez foi, Monsieur, autant que moi en cette
réalité et tenez donc vous-même un discours populiste. J’exclue en
l’occurrence toute signification de discours « simpliste », « mensonger » à
ce terme.
L’idée d’une sortie de l’euro aux conséquences désastreuses n’est que le
résultat d’un dogme rigide qui rend plus immature encore l’individu ne
constatant pas que de réels spécialistes de la question économique ont un
avis fondé : mûri, réfléchi, scientifiquement valable et raisonné. Je ne
vous permets donc pas d’insulter mon parti à vocation Nationale d’immature,
encore moins d’illégitime à pouvoir incarner l’exercice de l’Etat. Car notre
légitimité vient de notre croyance –devenue rare au sein du personnel
politique - en la France, de notre volonté à lui retrouver sa grandeur et
son intégrité. Notre volonté est de la reconstituer, de rendre à sa Nation
la souveraineté qui lui a été dérobée.

Défendre l’euro aujourd’hui, c’est se vouloir complice du honteux assassinat
de la Nation grecque actuellement perpétré et d'un affaiblissement
historique des économies européennes au seul profit de l'Allemagne (l'euro
n'est que l'autre nom du Mark=
Votre discours défend ceux que vous dénoncez, ceux qui sont illégitimes à
gouverner. Vous vous rendez donc, et j’en suis navré, complice d’eux, à vos
dépens.

Le renouveau politique ne s’accomplit pas en poursuivant les erreurs de ceux
que l’on dénonce.
Ne pas revendiquer ses opinions uniquement pour accéder à ses ambitions,
n’est- ce pas justement le jeu que mènent ces politiciens que vous critiquez
tant ? Nous nous assumons et ne cèderons pas à ce que nous ne croyons pas
juste. C’est un devoir qui, même s’il ne nous permettait pas d’accéder à nos
ambitions comme vous le dites, traduit non pas la « facilité », notre «
radicalisme », mais bien notre honnêteté. Nous privilégions l’action, car il
est grand temps que nous ne nous laissions plus faire.

Nous porterons ce que nous jugeons bon, raisonnable et raisonné pour notre
Nation. Quelles qu’en soient les normes brisées, les rigidités assouplies,
l’excès de « limites » dont on ne connait la légitimité mais qui sont
l’argument irrationnel premier permettant de n’avoir à tenir aucun discours
construit : c’est la meilleure solution pour servir le pays que nous aimons
tant, pour que vive la France et pour que vive la République.

Je vous prie de croire, Monsieur, que je poursuivrai en ce sens mon action,
et que je vous transmets mes salutations compatriotes.

Nicolas Dupont-Aignan
Président de Debout la République

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 22 Octobre 2013

Delphine-Batho.jpgComme je l'ai déjà dit, il est intolérable de virer un ministre à cause de ses convictions.

Par contre, il y a un fait nouveau : il y aurait eu des pressions.

Concrêtement, Philippe Crouzet, président du directoire du groupe Vallourec, est l'époux de Sylvie Hubac, directrice du cabinet de François Hollande.

Cela pose très clairement la question d'un conflit d'intérêt mis au détriment de l'intérêt général. M. Crouzet travaille dans l'exploitation des gaz de schiste et Madame Batho était contre cette exploitation.

Il reviendra à M. Hollande à démontrer que ces faits sont pur hasard.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 Juillet 2013

*****************

L'ancienne ministre de l'écologie se dit victime du travail de sape des lobbies économiques

LES LOBBIES économiques ont-ils été à la manoeuvre pour évincer Delphine Batho du ministère de l'écologie ? C'est ce que l'ex-membre du gouvernement a déclaré, jeudi 4 juillet, lors d'une conférence de presse aux allures de règlement de comptes.

Mme Batho procède par allusions, ne donnant aucun exemple précis d'intervention de " ces forces économiques " qui, selon elle, " n'ont pas accepté le niveau d'ambition qu'elle avait fixé pour la transition énergétique ". Ajoutant que " ce combat s'est cristallisé sur la question des gaz de schiste et plus discrètement sur la réduction de la part du nucléaire en France ".

Mme Batho ne cite qu'un seul nom : celui de Philippe Crouzet, président du directoire du groupe Vallourec, leader mondial des tubes sans soudure utilisés pour l'exploitation des huiles et gaz de schiste. Elle s'étonne " qu'il ait pu annoncer - sa - marginalisation des semaines à l'avance devant des responsables de son entreprise aux Etats-Unis ".

La ministre limogée fait allusion à un dîner informel organisé, le 11 juin, entre des cadres de Vallourec et quelques journalistes au cours d'un voyage de presse aux Etats-Unis. A cette occasion, comme l'a constaté un journaliste du Monde, M. Crouzet s'était livré à une attaque en règle de la ministre de l'écologie, la qualifiant d'" incompétente ". A demi-mot, il avait laissé entendre qu'il souhaitait que le débat sur la transition énergétique fût conduit autrement, voire par quelqu'un d'autre. Mais il n'a pas indiqué clairement, selon nos informations, que son sort était scellé.

Mme Batho savait ce qu'elle faisait en mentionnant le nom de M. Crouzet : ce patron est l'époux de Sylvie Hubac, directrice du cabinet de François Hollande, avec qui elle était à l'ENA. L'ex-ministre suggère ainsi un possible conflit d'intérêts dans l'entourage proche du chef de l'Etat.

Rapports de force

Si elle n'a pas prononcé le nom d'Henri Proglio, le PDG d'EDF, elle s'est inquiétée à plusieurs reprises de la réalité de la fermeture de la centrale de Fessenheim d'ici à la fin 2016, comme François Hollande s'y est engagé. Impossible de savoir, en effet, si l'entreprise publique a bien lancé le dossier administratif de fermeture du site alsacien, indispensable pour tenir les délais. A la question : " Pourquoi l'Etat actionnaire de 85 % d'EDF ne tape-t-il pas du poing sur la table pour rappeler M. Proglio à l'ordre ? ", Mme Batho a expliqué, jeudi : " C'est un point important auquel je ne veux pas répondre maintenant... "

Il est certain que plusieurs industriels ont fait du " Batho-bashing ". " Elle a très mal géré le débat sur la transition énergétique qui est devenu un piège à cons pour le gouvernement. Le faible prix de l'électricité est un atout majeur de notre compétitivité. L'exécutif le sait, raconte l'un des participants, côté patronat. Elle a voulu, malgré de nombreux avis, prendre la tête du comité de pilotage au lieu de déléguer. Nous l'avons prévenue au moins une dizaine de fois que ce débat marchait sur la tête. Elle n'a pas voulu entendre. Nos plaintes sont remontées à Matignon, mais on visait le débat, pas Batho... "

Concernant le gaz de schiste, l'ex-ministre a conforté, dans une circulaire du 21 septembre 2012, la loi du 13 juillet 2011 qui interdit la fracturation hydraulique en France. Un texte qui a déplu. Là encore, comme le confirme un haut fonctionnaire, les plaintes des industriels seraient remontées jusqu'à Matignon. De sévères critiques ? Assurément. Mais un complot ? Il faudra que Mme Batho en dise plus.

Le poids des lobbies industriels a toujours pesé sur les ministres de l'écologie. La tête de Nicole Bricq, prédécesseure de Mme Batho, a été obtenue par le Medef et l'Union française des industries pétrolières après qu'elle eut décidé, le 13 juin 2012, de suspendre des permis de forage en Guyane accordés au groupe Shell.

Autant de rapports de forces que confirme volontiers Chantal Jouanno, ex-secrétaire d'Etat chargée de l'écologie du gouvernement Fillon II : " C'est permanent et violent. Sur les OGM, par exemple, les gens de Monsanto n'avaient pas manqué de me rappeler qu'ils avaient un accès direct au président des Etats-Unis... "

Marie-Béatrice Baudet(avec Gilles Paris)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Octobre 2013

Edward-snowden.jpgQuand l'intérêt d'Etat dépasse l'intérêt du citoyen, il faut se poser des questions. Le lanceur d'alerte Snowden a révélé que les Etats-Unis se comportaient comme des Big Brother. Ce Monsieur doit donc être protégé car il a défendu, par les informations qu'il a rendues publique, la liberté qu'a tout à chacun de savoir et connaître la vérité.

Cela s'apparente au journalisme et le journalisme est la pierre angulaire de toute démocratie. M. Snowden doit donc être considéré comme un héros, non comme un paria.

La France en serait ressortie grandie d'avoir accordé le droit d'asile à ce Monsieur. Elle en a décidé autrement, c'est dire le peu de cas qu'inspire la défense des intérêts individuels dans notre pays. On peut aussi parler de lâcheté : la France ne serait-elle pas un peu lâche vis à vis des Etats-Unis. C'est vrai qu'on ne peut pas être ferme tout le temps : être ferme pour défendre l'intérêt de M. Snowden et ferme pour virer une ministre de l'écologie à la langue bien pendue...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 Juillet 2013

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Edward Snowden, le " geek " assiégé
Après ses révélations sur la NSA, le jeune informaticien est en quête d'une terre d'asile

Son sage visage d'étudiant américain à lunettes et son passé d'engagé dans les forces spéciales n'annonçaient pas forcément le destin d'Edward Snowden : fêter son trentième anniversaire dans un lieu secret d'Hongkong, traqué par les services secrets après avoir copié sur une clé USB et divulgué des documents ultraconfidentiels qui ébranlent la première puissance mondiale, son propre pays.

Même George Orwell, l'auteur de l'effrayant 1984, n'aurait pu imaginer la réalité décrite par le jeune informaticien. Pour pénétrer dans les vies privées, l'Agence nationale de sécurité (NSA) n'a nul besoin de poser micros et caméras dans chaque foyer comme Big Brother. Elle met en mémoire des milliards de relevés téléphoniques, de courriers électroniques et de données personnelles consignées sur les réseaux sociaux du monde entier.

" Edward Snowden versus Barack Obama ", le thriller planétaire apparaît d'autant plus haletant que le président américain peine à relever le défi d'un nouveau type que lui a lancé le jeune homme devant l'opinion internationale. Lui qui pose l'Amérique en défenseuse des libertés sur l'Internet et appelait récemment à la mobilisation contre les ravages des cyberattaques chinoises, le voilà en situation d'arroseur arrosé.

Le défi au président Obama apparaît d'autant plus cinglant que, détourné, le slogan de sa campagne présidentielle de 2008 a déjà donné son nom au scandale dénoncé par Edward Snowden : " Yes, we scan. " Assiégé, le " geek " continue de distiller ses secrets d'Etat selon une programmation soigneusement établie : après l'espionnage américain au détriment de la Chine et de la Russie, pays où il a trouvé refuge, ses révélations sur les écoutes visant des citoyens allemands, français et les institutions européennes ressemblent à un magistral " plan média ".

Même sa quête désespérée d'un pays d'asile souligne la réalité des rapports de force mondiaux : rares sont les Etats, Russie et Chine compris, prêts à contrarier durablement le puissant Oncle Sam. Le fugitif ne se fait d'ailleurs guère d'illusions : " Vous ne pouvez pas vous dresser contre l'agence de renseignement la plus puissante du monde sans accepter le risque, a-t-il admis dans le Guardian. S'ils veulent t'attraper, avec le temps, ils y parviendront. "

Intrusif

Résultat : Edward Snowden, qui prétend agir pour sauver la démocratie américaine et ses libertés constitutionnelles, et dénonce l'immixtion de l'Etat dans la vie privée, fait la promotion des régimes les plus autoritaires, ceux précisément où l'Etat se montre le plus intrusif.

Pourtant, en réussissant à prolonger sa liberté et à continuer de s'exprimer tout en demeurant invisible, le jeune Américain, très sûr de lui, a déjà remporté une victoire : engager les Américains à exiger plus de transparence de leurs gouvernants et des géants du Web et les citoyens du monde à exercer leur vigilance, afin d'éviter que l'Internet, prodigieux moyen de partage des connaissances, ne se transforme, sous couvert de lutte contre le terrorisme, en un vecteur de tyrannie.

Philippe Bernard

PAGE COORDONNÉE PAR PLANTU ET CARTOONING FOR PEACE

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Octobre 2013

polytech_0.jpgEst-il bien normal et bien sain que les futures élites de notre pays se comportent avec une telle immaturité ? La tradition ne peut tout pardonner. En tout cas, absolument pas le droit de baffouer, par son comportement honteux, son propre guide des valeurs !

Les élèves de Polytechnique doivent donc travailler sur leur maturité : c'est bien beau d'être bon en maths, mais il faut savoir aussi avoir des valeurs sociales élémentaires. L'épisode sur cette association étudiante montre qu'il y a encore beaucoup de travail à faire en la matière.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 6 Juillet 2013

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Polytechnique dissout son association étudiante
La Khômiss, vieille de 200 ans, avait organisé une expédition punitive contre un élève

Le chahutage potache, oui. Les expéditions punitives, non. La direction de Polytechnique a décidé de frapper un grand coup en dissolvant, vendredi 28 juin, la Khômiss. A sa tête, un chef, baptisé le GénéK, élu par sa promotion, et 12 " missaires " choisis par lui et qui, coiffés d'une cagoule de bourreau, gardent l'anonymat toute l'année.

L'organisation étudiante historique - elle a fêté ses 200 ans récemment -, garante des traditions du prestigieux établissement, a manifestement été trop loin. En cause, le rappel à l'ordre un peu trop ferme d'un élève de deuxième année. Chargé d'organiser avec d'autres les soirées du jeudi, il aurait fait l'objet de reproches de ses camarades de promotion. " Ils se sont plaints auprès de la Khômiss de son comportement ", indique Jean-Marie Gontier, directeur de la formation humaine et militaire.

Il est environ minuit lorsque le jeune homme reçoit un appel du GénéK sur son portable : " On t'attend à telle heure et à tel endroit. " Il s'exécute, pensant qu'il s'agit de parler de la future cérémonie de remise du bicorne. Pas vraiment.

On l'embarque dans une voiture, un sac sur la tête. La troupe s'arrête à côté de l'étang du campus. La litanie des reproches commence. Le remontage de bretelles aurait pu s'arrêter là. Mais pour être sûr que l'étudiant a bien compris, retour dans la voiture, le sac sur la tête. Et voilà l'étudiant lâché dans la ville d'Orsay, à 1,2 km du campus. Moyennement drôle comme punition, mais sans doute moins grave que l'élève qui avait dû, en 2009, plonger dans le lac avec lui aussi un sac sur la tête.

" Le GénéK lui a donné un plan, s'est assuré qu'il avait un portable, mais honnêtement c'était exagéré de le laisser tout seul à 1 heure du matin ", souligne M. Gontier. C'est un copain, à qui l'élève a envoyé un SMS, qui est venu le chercher.

L'histoire est remontée à l'administration malgré la décision des élèves de garder le silence. Le 21 juin, l'élève et le GénéK sont convoqués. La sanction tombe : quinze jours d'arrêt ferme pour ce dernier. Sur le papier, cela paraît effectivement sévère. En réalité, lui sont juste interdits les lieux de convivialité ainsi que le foyer des élèves (le Bôbar) après 19 heures. Par ailleurs, il est consigné sur le campus deux week-ends de suite et doit signer un registre toutes les quatre heures.

Pour Helen, élève en troisième année, " il est indéniable que la Khômiss a outrepassé sa fonction de garant des bonnes traditions et de l'esprit de cohésion. Personne ne le nie. Cependant, les promotions y sont très attachées et la comparer au Ku Klux Klan, comme certains l'ont fait, c'est injustifié ". " On voudrait faire croire que l'extrême droite a infiltré l'école qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Or, cette organisation n'a aucun contenu philosophique, ni religieux, ni politique ", dit un ancien élève et ancien de la Khômiss.

Farouchement attachée au statut militaire, la Khômiss organise les cérémonies de remise du Grand U (l'uniforme) en début d'année, du bicorne et de la tangente (l'épée) en fin d'année et du Code X, le guide des valeurs : attachement à l'école, humilité, camaraderie, manière de porter le Grand U... C'est à cette occasion que les élèves découvrent qui sont les " missaires ". La Khômiss fait aussi le lien entre l'administration et les élèves. Surtout, elle joue le rôle de poil à gratter et entretient un certain folklore dans l'école.

Chaque jour depuis sa dissolution, ses membres tiennent une permanence au bar de l'école pour évoquer son héritière. " On a besoin d'une organisation qui transmette les valeurs et qui organise l'incorporation des premières années. Mais dans un contexte de mondialisation, il faut qu'elle soit à l'image de tous les élèves ", indique Mathilde Cohen, du bureau des élèves. Une chose est sûre. La cagoule des bourreaux devrait être remisée au placard.

Nathalie Brafman

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Publié le 17 Octobre 2013

Delphine-BathoOn en apprend un peu plus sur le limogeage de Mme Batho dans cet article. On y apprend que Mme Batho s'est exprimée et a réfusé que le budget de l'Ademe soit baissé. Pour moi, chacun a le droit d'avoir des convictions et se faire limoger pour elles, relève d'un mode ouvertement autoritaire et autocratique de mener le pays.

J'aurais apprécié que la lutte contre le chômage ait été mené avec un mode autoritaire et autocratique, bref, utiliser ce mode dans l'intérêt général. Las, il n'en est rien : on préfère user d'autorité vers les plus faibles, ce qui révèle bien la faiblesse de notre exécutif.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Juillet 2013

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RéCIT
La menace de Delphine Batho : " Je dirai tout sur les circonstances de ce... limogeage "

Il y a d'abord eu la surprise, suivie très vite par la colère. Ce mardi 2 juillet au matin, Jean-Marc Ayrault participe au petit-déjeuner de la majorité à Matignon, quand tombe la dépêche AFP qui relate les propos de sa ministre. Quelques minutes auparavant, sur RTL, Delphine Batho vient de qualifier de " mauvais " son budget pour 2014. " L'écologie est-elle bien une priorité  ? ", ajoute, provocatrice, la ministre.

La colère de Matignon La veille déjà, dans Le Monde, Mme Batho avait allumé la mèche en dénonçant un " mauvais budget ". " Il est indispensable que le président de la République et le premier ministre renouvellent leurs engagements sur l'écologie, sinon il y aura un problème, vous pouvez me citer ", prévenait-elle dès dimanche 30 juin. " Vous pourriez démissionner ? " " Nous n'en sommes pas encore là ", avait évacué Mme Batho.

Mardi matin, Matignon tombe des nues. " On comprend d'autant moins qu'elle n'est jamais remontée à l'arbitrage sur son budget ! ", s'étrangle un collaborateur du premier ministre. Contrairement à d'autres ministres, comme Michel Sapin (Emploi), Victorin Lurel (Outre-mer) ou Vincent Peillon (Education), Mme Batho n'est pas venue rue de Varennes négocier une rallonge alors que son ministère connaît la plus forte baisse (- 7 %), compensée selon Matignon par les rentrées sur la future écotaxe poids lourds et les investissements d'avenir du plan Gallois.

Le SMS de Jean-Marc Ayrault Agacé, M. Ayrault tente de joindre sa ministre par téléphone. En vain. Il lui envoie un SMS pour lui demander de revenir sur ses déclarations. " Soit tu fais un communiqué, soit tu démissionnes ", lui écrit-il. La ministre ne fera ni l'un ni l'autre. Au contraire, elle tentera toute la journée de plaider sa cause en sachant que c'est peine perdue. " Delphine savait qu'elle prenait un risque énorme, mais elle n'a pas cédé, explique un de ses proches. Hollande et Ayrault pensaient peut-être avoir affaire à une jeune blonde idiote, ils ont trouvé une femme politique à la nuque raide. " " Elle s'est toujours comportée comme un bon petit soldat mais le coup du budget, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ", ajoute un député qui la connaît bien. Ces dernières semaines, la ministre était ulcérée par le " Batho bashing " directement orchestré par l'exécutif, selon son entourage.

Ironie du calendrier, à 10 heures, Delphine Batho a rendez-vous à Matignon pour une réunion de travail sur la fiscalité écologique avec le premier ministre, Cécile Duflot (Logement), Bernard Cazeneuve (Budget) et Pascal Canfin (Développement). Nouvelle demande du chef du gouvernement. Nouveau refus de la ministre.

A 13 heures, M. Ayrault retrouve le chef de l'Etat pour leur traditionnel déjeuner hebdomadaire. Pour François Hollande, pas question qu'un ministre soit " en rupture avec la solidarité gouvernementale ", a fortiori sur le budget, " pilier central de la politique nationale ". En début d'après-midi, le président de la République appelle lui-même la frondeuse, espérant encore que les choses peuvent s'arranger. En vain.

Delphine Batho : " Ça chauffe " A 15 h 30, Matignon invente la convocation par tweet. Delphine Batho est à l'Assemblée nationale lorsqu'elle apprend la nouvelle. Elle se tourne vers Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable, assis à sa droite, et lui dit : " Ça chauffe. Mais je ne pouvais pas accepter la baisse prévue du budget de l'Ademe - Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie - .  Impossible. "

La ministre arrive rue de Varennes vers 16 h 30 pour en ressortir, sans un mot, une demi-heure plus tard. Face au premier ministre, l'échange tourne au dialogue de sourds. Devant " la persistance du désaccord ", Matignon décide de " mettre fin à ses fonctions ". Mme Batho ne démissionne pas, elle est débarquée. M. Ayrault se sent d'autant plus trahi, expliquent ses proches, que " c'est lui qui l'a fait entrer au gouvernement en mai 2012 - comme ministre déléguée à la justice - , puis qui l'a déplacée au ministère de l'écologie alors que ça se passait mal avec Christiane Taubira ".

Il en informe aussitôt François Hollande et lui propose le nom du député Philippe Martin comme nouveau ministre de l'écologie. L'affaire est scellée en quelques minutes. Peu après, le premier ministre joint M. Martin. " Philippe, tu connais la situation, lui annonce d'emblée le premier ministre. Je souhaiterais que tu entres au gouvernement pour remplacer Delphine. " " Je lui ai dit oui immédiatement ", explique au Monde le député du Gers. Le communiqué de la présidence est publié à 18 h 12, alors que M. Hollande remet la légion d'honneur au chanteur Hugues Aufray dans les salons de l'Elysée.

" C'est une décision débile "

A l'Assemblée, où quelques heures auparavant encore la plupart des socialistes prenaient la défense de la ministre qui " se bat pour son budget ", c'est la stupeur. " C'est une décision débile, réagit un poids lourd. On ne fait pas acte d'autorité en flinguant la plus faible. " " Delphine est trop maligne pour ne pas savoir ce qu'elle faisait. Elle a préféré mettre les voiles avec fracas maintenant plutôt que partir dans l'anonymat lors d'un prochain remaniement ", tacle un élu proche de l'Elysée.

Informé en plein bureau national du parti, rue de Solférino, le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, ancien de SOS-Racisme comme Mme Batho, encaisse le coup. L'ex-ministre, elle, ne réagit pas publiquement. " Elle va bien, ne pleurniche pas et se tient debout ", assure un proche.

Mercredi 3 juillet, lors de la passation de pouvoir à l'Hôtel de Roquelaure, elle a souhaité " bonne chance " à son successeur et remercié ses collaborateurs. Mais elle n'a pas rendu les armes pour autant : Mme Batho a annoncé également qu'elle dira " tout " sur " les circonstances de ce limogeage et ses conséquences " lors d'une conférence de presse jeudi, à 15 heures. En butant sur le mot " limogeage ". Comme s'il ne passait pas.

Marie-Béatrice Baudet et Bastien Bonnefous

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Publié le 16 Octobre 2013

76650 raffarin uneVoici une lettre envoyée à M. Raffarin, le 13 Octobre 2013

 

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M. Raffarin,

 

L'UMP va mal et se meurt. Ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, tant les indices sont nombreux. Entre la pitoyable guerre des chefs de l'année dernière, entre le discours de droitisation extrême qui coupe le parti de ses bases modérées, entre les propos honteux de M. Fillon de ces dernières semaines, entre l'action même de ce même M. Fillon en Russie, l'UMP subit un déficit d'image qui lui est grandement délétère.

Car, que l'on ne s'y trompe pas : tous ces faits, toutes ces actions creusent la tombe de l'UMP ! L'UMP se contente de copier le discours de l'extrême droite comme le Chinois copie les voitures Européennes ! La copie, pure et simple, se fait sans aucune plus-value ! Au moins pour les voitures, les Chinois revendent leur produit moins cher, mais pour l'UMP ? Quel est l'intérêt, pour un électeur extrémiste de privilégier l'UMP par rapport au FN quand les deux partis ont le même discours ? Cet électeur préfèrera toujours l'original à la copie ! Même en matière économique le renoncement à l'Euro est plus sexy que la position de l'UMP ! Pour l'UMP, son virage droitisant le conduira à sa perte ! L'UMP ne peut pas fustiger l'extrémisme économique d'un parti qui voudrait se passer de l'Euro et, dans le même temps, avaliser tout le discours raciste et xénophobe de son rival !

Il ne faut pas et ne jamais oublier que les élections, quelles qu'elles soient, se gagnent au centre ou parmi les abstentionnistes. C'est l'électorat pragmatique, équilibré, celui qui vote en fonction des individus, non des partis, qui donne les victoires. Aux Etats-Unis, on appelle les états modérés les "swing-states". Ce sont ceux-là que l'on essaie de séduire, que l'on essaie de faire changer d'avis. De la même manière, l'UMP doit draguer le centre, les indécis et l'électorat de la gauche-droitière, dont Valls représente le courant le plus évident. Aller chercher l'électorat d'extrême droite ne sert à rien, car, comme je l'ai dit, il ne changera pas d'avis ! L'UMP n'a pas de plus value par rapport à la représentante FN, pire, cet électorat se verra conforter dans son opinion en voyant que le discours de Marine est repris par les Copé-Fillon.

Le siphonnage des voix FN en 2007 ne vous a pas rendu service. Il vous a fait croire que l'on pouvait faire changer d'avis le vote Frontiste. Las, l'électorat FN voyait bien que son candidat avait une cote de respectabilité proche du néant absolu par ses insultes et ses provocations incessantes. Sarkozy avait une plus value par rapport à Le Pen père dans le sens où, lui, avait une respectabilité et avait exercé des fonctions dans l'exécutif. Le rapport de force s'est inversé car Marine a acquis cette respectabilité et a engagé un discours, horriblement menteur mais efficace, de prise en compte de besoins sociaux en servant des boniments à la frange prolétaire de la population. Quand Jean-Marie s'est décrédibilisé par des discours honteux et provocateurs, Marine a su privilégier la forme en ne niant pas le fond. Le FN a toujours été ouvertement anti-républicain et Marine ne fait pas exception en la matière. L'UMP ne doit pas poursuivre dans cette voie mais doit essayer de rattraper ses électeurs centristes pour renouer avec les victoires.

Quand bien même l'UMP réaliserait ces tâches actuellement, qu'il serait trop tard. Quittez le navire M. Raffarin avant que votre image de modéré Républicain et démocrate ne soit éclaboussée. Rejoignez un autre parti ou fondez-en un. Vous avez les compétences en la matière, avec d'autres pour refonder un parti de centre-droit, voire de droite Républicaine, pour remplacer un parti qui n'est plus que l'ombre de feu le RPR.

Votre place n'est plus à l'UMP mais ailleurs, au service de la France.

Très cordialement,

  Philippe NOVIANT
  www.philippenoviant.com

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Publié dans #Parti Renouveau Politique

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Publié le 15 Octobre 2013

18 Assemblee NationaleVoici le plus parfait exemple de l'abus caractérisé. M. Poncelet est une honte pour notre République et la plus parfaite preuve que le cumul nuit à l'intérêt général. M. Poncelet dispose de 147 ans de mandats électifs, mais, posez la question à tout à chacun pour savoir ce que ce Monsieur a fait au sein de la France ? Vous aurez une réponse vague... quand vous aurez une réponse...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 3 Juillet 2013

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Christian Poncelet, 147 ans de mandats électifs

En septembre 2014, Christian Poncelet, sénateur (UMP) des Vosges, aura 86 ans. Il est raisonnable d'imaginer qu'il ne briguera pas de nouveau mandat. Quoique... Quand on a, comme lui, goûté depuis cinquante ans à tous les honneurs ou presque que réserve la vie politique, difficile de se résoudre à tirer sa révérence.

Cinquante ans de vie politique, et le triple de mandats électifs cumulés. Incontestablement, Christian Poncelet est le prototype du " cumulard " comme on n'en fait plus, à la fois pour les mandats détenus et pour la durée de détention.

Tout commence en 1962, lorsqu'il obtient son premier mandat de député des Vosges, renouvelé en 1967 et en 1968, qu'il conservera jusqu'en 1972. Député : dix ans. Dans le même temps, il pose les fondations de ce qui deviendra son fief électoral. Elu conseiller général en 1963, il est systématiquement réélu depuis. Il devient président du conseil général en 1976, fonction qu'il occupe toujours depuis onze mandats consécutifs. Conseiller général : cinquante ans.

En 1965, il devient conseiller municipal de Remiremont. Il est ensuite premier adjoint et, enfin, maire en 1983, poste que la loi anti-cumul l'obligera à quitter en 2001. Elu municipal : trente-six ans. Il siège aussi au conseil régional de la Lorraine de 1978 à 1992. Conseiller régional : quatorze ans.

Au passage, il s'offre même une éphémère présence au Parlement européen de 1979 à 1980. Député européen : un an. Après avoir exercé différentes fonctions ministérielles dans les gouvernements successifs de Pierre Messmer, Jacques Chirac et Raymond Barre, de 1972 à 1977, c'est vers le Sénat qu'il se tourne. Elu sénateur en 1977, il achève actuellement son quatrième mandat de neuf ans, ayant même obtenu un petit rab d'un an en raison de la modification du calendrier électoral. Sénateur : trente-six ans.

Record absolu

En cinquante ans de vie politique, Christian Poncelet se targue de n'avoir perdu aucune élection. Une domination locale ininterrompue, à laquelle son accès privilégié à la réserve parlementaire, pendant ses douze années de présidence de la commission des finances du Sénat, de 1986 à 1998, puis en tant que président du Sénat, de 1998 à 2008, n'est certainement pas étranger. Impossible, hélas, de reconstituer les montants dont il a pu disposer à sa guise durant cette période.

Christian Poncelet est bien le dernier spécimen d'une espèce en voie de disparition. A lui seul, il cumule cent quarante-sept années de mandats électifs. C'est un record absolu, mais la fin de règne du monarque des Vosges approche.

P. Rr

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Publié le 14 Octobre 2013

GiolittoLors d'un reportage dans l'émission "Zone Interdite" diffusée sur M6 le 13 Octobre 2013, on y apprend qu'un certain Docteur Giolitto cumule les erreurs. Il a été à l'origine de la mort d'un garçon de 18 ans. Il a aussi retiré un rein sain à une femme.

L'article cité ici n'est pas le dernier en date, puisque l'ordre national des médecins est revenu sur cette décision en l'interdisant d'exercice pour deux ans seulement.

Il faut mettre fin aux agissements de ce Monsieur une fois pour toutes en le radiant à vie de l'ordre des médecins et radier, pour le même coup, ces juges complices de l'ordre national des médecins.

L'intérêt général commande, en effet, que ce Monsieur n'exerce plus et commande que l'ordre national soit implacable et indépendant vis à vis des actes honteux de ses praticiens.

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Le Dr Giolitto désormais radié de l'ordre des médecins

Publié le vendredi 04 mai 2012 à 07H41 - Vu 1082 fois

REGION. Deux fois condamné par la cour d'appel de Reims, l'ex-chirurgien de la clinique des Bleuets est désormais exclu par ses pairs après une nouvelle grave erreur.

C'EST la sanction la plus lourde qu'il pouvait imposer. Le conseil régional de l'ordre des médecins d'Alsace vient en effet de radier le Dr Jean-Pierre Giolitto, ancien urologue à la clinique des Bleuets, pour avoir retiré par erreur un rein sain à une patiente lors d'une opération à la clinique Sainte-Anne, à Strasbourg, au mois de mars.

Marathon chirurgical
L'Agence régionale de santé l'avait dans un premier temps suspendu pour cinq mois, estimant que le praticien exposait ses patients à « un danger grave ». Le conseil de l'ordre a désormais tranché, même s'il reste encore 30 jours au médecin pour faire appel de cette décision. Il faut dire que de graves faits s'accumulent dans le sillage du Dr Giolitto, déjà condamné pour deux affaires d'erreurs médicales dramatiques à Reims.
Le 17 avril dernier, la cour d'appel de Reims est même allée au-delà des réquisitions de l'avocat général et condamné le praticien à 18 mois de prison avec sursis, 20 000 euros d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer la profession de chirurgien, se montrant ainsi plus sévère que les magistrats de première instance. Le Dr Giolitto, urologue à la clinique des Bleuets, ainsi qu'un chirurgien ardennais condamné à ses côtés, avait opéré une patiente sedanaise à quatorze reprises entre 1994 et 2003. L'homme se jugeait alors tout juste « responsable de simples imprudences » quand l'avocat général fustigeait une « incompétence inadmissible qui a abouti à la mutilation sexuelle d'une femme ».
Le 16 décembre 2011, le même chirurgien avait également été condamné en appel à 18 mois de prison avec sursis ainsi qu'à une interdiction d'exercer pendant un an, pour « homicide involontaire » cette fois. On lui reprochait d'avoir involontairement causé la mort du jeune Romain Gommenne, à Reims, le 22 août 2006, alors qu'il l'opérait d'une dilatation veineuse au testicule, une intervention jugée bénigne. Le Dr Giolitto a décidé de se pourvoir en cassation.
Âgé de 55 ans, le praticien était arrivé dans cette clinique strasbourgeoise en 2010. Le 13 mars dernier, il devait pratiquer une néphrectomie sur une patiente septuagénaire admise pour une tumeur.

J.G.-A. (avec AFP)

L'union l'Ardennais

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Publié le 11 Octobre 2013

Minc-AlainM. Minc a donc été condamné pour contrefaçon. Pour mémoire, c'est un ami proche de Sarkozy et il était chargé de lui apporter des idées. De là à imaginer que les idées avaient elles mêmes été repompées ailleurs, il a un pas, que je prends le parti de franchir et d'assumer.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Juillet 2013

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Justice
Alain Minc condamné pour contrefaçon d'une biographie de René Bousquet

Le tribunal de grande instance de Paris a estimé, mardi 2 juillet, que 47 passages de l'ouvrage d'Alain Minc consacré aux itinéraires croisés de Jean Moulin et René Bousquet - L'Homme aux deux visages (Grasset) - sont une contrefaçon de la biographie René Bousquet (Fayard) de Pascale Froment. L'universitaire avait relevé plus de 300 emprunts. L'ordonnance souligne que M. Minc, " s'il n'a pas servilement copié les extraits de la biographie, a manifestement reproduit, en cherchant à modifier a minima les phrases, le plus souvent en résumant des passages et en changeant quelques mots ou expressions ". Alain Minc a été condamné à l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire du livre et au versement de 5 000 euros de dommages et intérêts provisionnels à Pascale Froment.

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Publié le 10 Octobre 2013

Delphine-BathoUne ministre a été limogée à cause de ces convictions, c'est déjà une honte pour un gouvernement très ouvertement immobiliste. De plus, elle a été limogée alors même qu'elle avait raison ! Une honte encore plus grande ! En effet, l'écologie devait être au coeur de l'action gouvernementale car elle devait être à la base du retour à l'emploi de nos jeunes et de la compétitivité de la France ! Les emplois d'avenir devaient prendre leurs ressources dans de nouveaux débouchés, dont les normes de constructions dans des normes écologiques.

En baissant, de manière drastique, le budget de l'écologie, il est évident que l'on limite nos actions en la matière, ce que Mme Batho a dit, et qui a causé sa perte.

J'aurais aimé que notre Président et son Premier Ministre fassent preuve de leur autorité face à la lutte contre le chômage plutôt qu'envers une de ses ministres. Seuls les faibles savent se montrer fort par rapport à plus faibles qu'eux. L'intérêt général n'en sort pas grandi.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 04 Juillet 2013

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Les coulisses de l'éviction de Mme Batho
La ministre de l'écologie a été sanctionnée par le président pour son inexpérience et son insubordination Pour affronter la ligne Hollande et défendre la cause de l'écologie, elle convoque une conférence de presse

Où passe la frontière, dans le gouvernement, entre une grogne admissible et un affront impardonnable ? Pourquoi tel ministre turbulent n'est-il passible que de recadrage quand tel autre s'expose au limogeage ? Ces questions restaient sans réponse depuis un an. Après l'éviction de Delphine Batho du ministère de l'écologie, mardi 2 juillet, l'on y voit plus clair : tout dépend de l'identité du frondeur et du motif de l'indocilité.

François Hollande avait prévenu. " Je l'ai dit aux ministres : vous ne pouvez pas, quand les temps sont durs pour les Français, commettre la moindre erreur. Je le répète comme un avertissement ", avait-il dit sur France 2 le 28 mars. " Aucun ministre ne peut remettre en cause la politique qui est conduite ", avait-il assuré le 10 avril. " Au-delà des personnes et au-delà du nombre, ce qui m'importe, c'est la ligne. Il ne doit y avoir qu'une seule ligne. Tous les ministres sont liés les uns aux autres par un pacte qui va de soi : faire réussir la politique que j'ai décidée pour le pays ", avait-il une nouvelle fois précisé, le 16 mai, lors de sa conférence de presse à l'Elysée.

La menace, donc, était dans l'air. Restait à savoir quand, sur qui et pourquoi la foudre présidentielle allait s'abattre. Depuis le printemps, les occasions n'ont pas manqué. Il y eut les sorties groupées de Cécile Duflot, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg contre la coupable dérive du gouvernement vers l'" austérité ".

Il y eut, début mai, la énième bisbille entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, les deux hommes forts de Bercy, qui cette fois trouvèrent à s'affronter sur l'avenir du site de partage de vidéo Dailymotion. Il y eut, enfin, le 28 juin, la charge de Nicole Bricq contre José Manuel Barroso, accusé de n'avoir " rien fait de son mandat ". Prononcée au moment même où François Hollande, en plein conseil européen à Bruxelles, jouait l'apaisement vis-à-vis du président de la Commission, la sentence de la ministre du commerce extérieur pouvait passer pour un acte d'insubordination caractérisée. François Hollande ne fut pas de cet avis. Aucun de ces ministres, jugea-t-il, ne méritait la porte. Ce n'était là que " couacs ", regrettables peut-être, mais l'on n'en était pas encore, à ses yeux, au casus belli.

Delphine Batho, elle, n'aura pas bénéficié de cette indulgence. Quand bien même l'Elysée et Matignon assurent le contraire, l'on ne peut s'empêcher de penser qu'elle a payé pour ce qu'elle est autant que pour ce qu'elle a dit. Ce n'est un secret pour personne : Delphine Batho n'avait pas que des amis au gouvernement, où nombre de ses collègues supportaient de moins en moins son air altier, et où elle avait la réputation de tyranniser les membres de son cabinet. Au Parti socialiste, elle n'a jamais eu de troupes derrière elle, et elle est encore plus seule depuis que la guerre est déclarée avec Ségolène Royal, qui lui avait légué en 2007 sa circonscription des Deux-Sèvres.

Ne sachant pas se faire aimer des siens et de plus en plus isolée dans son propre parti, Delphine Batho avait tout de la cible facile. En la débarquant, François Hollande et Jean-Marc Ayrault font coup double : ils montrent - enfin - qu'ils ont de l'autorité sur leur équipe, mais le font en mesurant le risque. Avec Arnaud Montebourg, Benoît Hamon ou Cécile Duflot, c'était plus compliqué. Le premier peut se prévaloir des 17 % qu'il a obtenus à la primaire socialiste d'octobre 2011 ; le deuxième des 18,5 % de la motion qu'il avait défendue au congrès du PS à Reims en novembre 2008 ; la troisième de ses six années passées à la tête des Verts. La révélation de la primaire, l'ex-leader de l'aile gauche du PS et l'ancienne dirigeante du deuxième parti de la majorité étaient beaucoup plus difficiles à évincer qu'une franc-tireuse.

A s'être crue davantage que ce qu'elle est, Delphine Batho a pris un risque politique considérable. Mais l'orgueil n'explique pas tout dans cette affaire. Si l'ancienne ministre a été limogée, c'est aussi, et peut-être avant tout, parce qu'elle s'en est prise à ce qui constitue le coeur du contrat de confiance gouvernemental : le budget.

Là aussi le chef de l'Etat et son premier ministre avaient prévenu. A l'automne 2012, quand certains parlementaires de la majorité, chez les écologistes et à la gauche du PS, faisaient entendre leurs désaccords sur certains choix du gouvernement, la loi d'airain de la Ve République leur fut rappelée : s'il y a une ligne rouge à ne pas franchir, c'est bien celle du budget. Ceux qui le votent sont dans la majorité, ceux qui ne le votent pas n'en font pas partie. Ce qui est vrai pour les parlementaires l'est encore plus pour les ministres. Pour l'avoir oublié, ou avoir feint de le faire, Delphine Batho a payé.

Qu'aux yeux de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, cette sanction soit un rappel à l'ordre, cela va de soi. Mais c'est surtout un avertissement, à l'orée d'une période politiquement cruciale. Dans l'agenda politique, le début de l'été marque l'orée de la grande saison budgétaire.

Après sa lettre de cadrage du 8 mars, Matignon a signé, le 25 juin, les lettres plafonds fixant, pour chaque ministère, l'évolution des crédits et des emplois pour 2014. La baisse, si elle est obtenue, serait inédite. L'économie de 1,5 milliard d'euros, demandée pour moitié à l'Etat et à ses opérateurs et pour l'autre moitié aux collectivités territoriales, est inédite.

Or la douche froide ne fait que commencer : les prochaines semaines, qui seront dominées par les arbitrages sur le volet " recettes " du budget 2014, seront tumultueuses ; la rentrée, avec la présentation du projet de loi de finances en conseil des ministres en septembre puis son examen au Parlement durant tout l'automne, sera houleuse. Si l'on ajoute à cela l'hostilité que ne manquera pas de provoquer la réforme des retraites quand les intentions précises du gouvernement seront enfin connues, en septembre, l'on comprend que l'exécutif soit soucieux de serrer la vis. Mieux vaut souder les rangs avant que pendant la bataille : en bons stratèges politiques, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont rappelé cette évidence, et avec d'autant plus de force qu'il y avait urgence.

Voilà plusieurs semaines que des signes avant-coureurs d'une fronde de plus grande ampleur se multiplient. En mai, le fait qu'une quarantaine de députés de la majorité ne votent pas pour le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi sonnait déjà comme un avertissement pour le gouvernement. Mardi, l'appel commun lancé par quatre " sensibilités " du PS pour la " mise en oeuvre d'une grande réforme fiscale ", condition à leurs yeux de la " réussite de l'acte II du quinquennat Hollande " montre que l'impatience gronde au sein de la majorité. Le fait que ces quatre sensibilités pèsent environ un tiers du groupe PS à l'Assemblée nationale et qu'elles correspondent peu ou prou au socle politique sur lequel s'est appuyée Martine Aubry face à François Hollande lors de la primaire de 2011, n'est pas anodin.

En limogeant Delphine Batho, l'exécutif espère que l'ordre régnera désormais dans les troupes et que sa ligne, douloureuse, ne sera plus contestée. Mais en la " fusillant pour l'exemple ", il prend aussi un risque : que Mme Batho ne devienne une victime, le symbole d'un sacrifice sur l'autel du réalisme. Son éviction est censée mettre tout le monde au garde-à-vous. François Hollande n'espère qu'une chose : qu'elle n'augmentera pas les velléités de mutinerie.

Thomas Wieder

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Publié le 9 Octobre 2013

complexeLorsque l'on a, pour certains, une déclassification de l'emploi par rapport aux études, les études sont-elles bonnes et préparent-elles correctement au marché du travail ? La question mérite d'être posée.

Par ces faits, on montre une déclassification patente du diplôme par rapport à l'emploi. Cela influe sur toute la chaîne : si le bac +5 sert à faire un travail bac +2, qui va faire le travail du bac +5 ?

De plus, comme on le dit dans l'article, le jeune, dans un cas sur deux, ne travaille pas dans le domaine où il a été formé : n'y a-t-il donc pas un problème sur la formation ?

Bref, cette étude pose des questions sur la compétitivité même de notre formation, donc, de nos entreprises, sur le marché international. Il y a bien évidemment un lien entre cette compétitivité, le taux de chômage des jeunes, et leur inadéquation à leur poste.

Il faut donc une réforme global dans le monde éducatif, une réforme de grande ampleur, pour changer cet état de fait. Il y a urgence.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 3 Juillet 2013

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Le marché du travail déclasse ses jeunes diplômés
Le Céreq montre que de plus en plus de bac + 5 ne décrochent pas un emploi correspondant à leur qualification

Les jeunes qui font cinq années d'études après le baccalauréat en font-ils trois de trop ? Provocation, bien sûr. Pourtant, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) le montre : à bac + 5, les jeunes sont de plus en plus nombreux, depuis quelques années, à ne plus pouvoir obtenir un emploi correspondant à leur niveau de diplôme. Ce " déclassement ", pointé par des sociologues comme Eric Maurin ou Camille Peugny, frappe un peu moins les bac + 2.

C'est l'une des grandes tendances qui se dégagent de vingt années d'études du Céreq sur l'insertion des jeunes en France. Le centre, qui publie le dernier opus de ses travaux le 4 juillet, a suivi, depuis 1992, six générations de jeunes entrant sur le marché du travail : ceux sortis du système éducatif en 1992 ; puis 1998, 2001, 2004, 2007 et 2010. Les cohortes ont été interrogées trois ans après leur entrée dans la vie active, parfois également cinq et sept, voire dix ans.

La fresque ainsi tracée montre qu'il existe une manière française d'intégrer les jeunes au monde du travail. Notamment, donc, en déclassant les plus diplômés. " Il y a vingt ou trente ans, constate Isabelle Recotillet, responsable de ces enquêtes au Céreq, le titulaire d'une licence pouvait exercer un poste de cadre. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai. C'est en tout cas ce que nous constatons chez les générations 2004 et 2007. Avec une licence, on occupe de moins en moins souvent un poste de cadre. "

Paradoxe : les déclassés n'en ont pas conscience. A côté de l'enquête objective, le Céreq a en effet mené une autre enquête sur le ressenti des jeunes. Comment expliquer le décalage entre la réalité et la perception qu'ils en ont ? " Nous n'avons pas de réponse à ce stade, explique Mme Recotillet. Plusieurs hypothèses sont possibles. Les jeunes peuvent avoir intégré le fait que l'employeur demande aujourd'hui davantage de compétences pour un poste donné. Il peut également s'agir d'un effet de la crise : ceux qui occupent un emploi, même s'il ne correspond pas à ce qu'ils pouvaient espérer, s'estiment heureux de ne pas être au chômage. "

Deuxième leçon : il y a un vrai problème d'ajustement entre la formation et l'emploi en France. Seul un jeune sur deux travaille dans un domaine pour lequel il a été formé. Et ce taux ne varie pas selon que la conjoncture est bonne ou pas. Il ne s'améliore pas non plus sur les sept premières années de la vie professionnelle. C'est-à-dire qu'un jeune qui s'insère dans un secteur étranger à sa formation a peu de chance d'y revenir par la suite. Et, paradoxalement, c'est aussi vrai pour les cursus professionnels (CAP, BEP, bac pro...), bref ceux dont on attend qu'ils préparent le mieux à l'emploi... Aucune évolution n'a été constatée par le Céreq depuis vingt ans sur ce défaut d'ajustement entre spécialité du diplôme et emploi. " Cela peut être considéré comme un constat sévère pour le système éducatif ", reconnaît Mme Recotillet.

Troisième tendance, jamais démentie, bien au contraire : oui, les études payent. Plus le niveau de formation est élevé, plus le risque de chômage est faible, et meilleures sont les conditions d'insertion. D'ailleurs, le taux de chômage des jeunes (de l'ordre de 24 %) en est l'illustration. Les jeunes concernés sont, par définition, ceux qui, entre 15 ans et 24 ans, sont sur le marché du travail. Ils ont terminé tôt, voire très tôt, leurs études, et sont donc souvent les moins préparés à y entrer. Et le phénomène, très français, à tendance à s'aggraver. Ceux qui, en 2007, sont sortis sans diplôme du système éducatif étaient à 41 % au chômage en 2010. C'est dix points de plus que la génération précédente (celle de 2004 interrogée en 2007).

Quatrième constat : l'insertion professionnelle prend du temps en France, mais elle aboutit presque toujours. Depuis la génération 1998, le modèle le plus fréquent, c'est l'insertion en contrat à durée déterminée (CDD), puis l'obtention d'un contrat à durée indéterminée (CDI) après deux ou trois ans, et ce, en changeant d'entreprise. Dix ans après avoir achevé ses études, 90 % de la génération 1998 était en CDI. " C'est structurel, note le Céreq. C'est comme cela que la France gère la main-d'oeuvre non expérimentée. "

Cinquième tendance : le temps partiel reste stable (autour de 15 % depuis vingt ans). Mais il est de plus en plus contraint, et ce, pour deux tiers des jeunes. " L'évolution est peut-être liée à la conjoncture ", avance Mme Recotillet.

Dernier point : en France, le salaire est depuis toujours indexé sur le diplôme. Mais il y a un plancher : pour un diplôme jusqu'à bac + 2, le salaire le plus fréquemment proposé est le smic. Au-delà, les rémunérations décollent, tout en étant contraintes par la conjoncture.

Benoît Floc'h

    La crise frappe les nouvelles générations

    Les derniers travaux du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq) montrent combien l'entrée sur le marché du travail se durcit avec la crise. En euros constants, les jeunes de la cohorte 2004 ont, sept ans plus tard, un salaire plus bas que celui perçu en 2005 par celle de 1998 : 1 240 euros (salaire médian pour un temps plein) contre 1 280 euros. Entre la troisième et la septième année après l'entrée sur le marché du travail, le salaire de la génération 2004 a augmenté de 3 %, contre 15 % pour celle de 1998... Par ailleurs, les jeunes de la génération 2004 occupent plus souvent un emploi en CDD que leurs prédécesseurs. Certes, c'est le lot de la plupart des jeunes qui entrent dans la vie active. Mais avant, le passage du CDD au CDI était continu. Or, dans la génération 2004, la part de l'emploi à durée déterminée ne baisse plus au bout de cinq ans. Un signe, sans doute, que le marché du travail devient de plus en plus flexible, estime le Céreq. Enfin, la crise a un effet négatif sur le chômage. Surtout au début du parcours. Il est en effet intéressant de noter qu'au bout de sept ans, les taux de chômage des générations 1998 et 2004 se rapprochent.

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Publié le 8 Octobre 2013

18 Assemblee NationaleL'Assemblée nationale se met à travailler à la limitation des cumuls des mandats et c'est une très bonne chose. On ne peut travailler sur des dossiers essentiels quand on est à mi-temps, c'est une simple question de logique. Pourtant, la logique n'a pas l'air d'être assimilée par tout le monde.

L'intérêt général doit primer et il est évident que le cumul va à son encontre, car, comme le dit l'article, les Lois n'arrivent pas à être élaborées correctement quand le député n'y consacre que 2.5 jours par semaine, mais avec un salaire pleinement reçu lui...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 3 Juillet 2013

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ANALYSE
La maladie française du cumul des mandats
L'Assemblée examine le texte interdisant aux parlementaires d'exercer des fonctions exécutives locales

Cumul des mandats, acte III. S'attaquer à cette spécificité française gravée dans le marbre des institutions, bousculer cette tradition qui imprègne les moeurs politiques du pays réclame, en effet, une patiente volonté. En discussion à l'Assemblée nationale à partir de mercredi 3 juillet, la loi organique, qui vise à interdire strictement le cumul des mandats, constitue la troisième tentative de remédier à cette maladie française. Avec une mise en oeuvre d'ores et déjà repoussée à 2017.

Les deux limitations précédentes sous la gauche Jusqu'en 1985, il n'existait aucune limite au cumul des mandats et des fonctions. Le gouvernement de Laurent Fabius, en cohérence avec la mise en oeuvre des lois de décentralisation, impose une première série de restrictions, mettant ainsi fin aux cumuls les plus notoires.

Treize ans plus tard, la gauche au pouvoir, sous le gouvernement de Lionel Jospin, tente de limiter plus strictement les cumuls. Il se heurte à une vive résistance de la majorité sénatoriale de droite et, à l'arrivée, la loi du 5 avril 2000 est sérieusement revue à la baisse. Les députés et les sénateurs peuvent continuer à exercer une fonction exécutive locale, la limitation ne concerne pas le mandat exercé dans une commune de moins de 3 500 habitants, les fonctions exercées dans une intercommunalité n'entrant pas non plus dans ce champ.

A peine 19 % de députés non cumulant Telle est la situation actuelle. Paradoxalement, les deux lois précédentes, si elles ont permis de limiter le nombre de mandats exercés par un parlementaire, n'ont pas fait baisser le nombre de députés et sénateurs cumulant plusieurs mandats. A peine un cinquième des parlementaires sont titulaires de ce seul mandat : soit 109 députés sur 577 (19 %) et 84 sénateurs sur 348 (24 %). Nulle part ailleurs, le cumul de mandats atteint un si haut niveau, quand il n'est pas purement et simplement interdit, comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.

L'accumulation de capital politique Le scrutin majoritaire favorise la logique du cumul : la notoriété que procure l'exercice d'un mandat constitue une sorte de prime de départ au candidat. Considérant que le cumul constituait un atout électoral, le constitutionnaliste Guy Carcassonne, récemment décédé, farouche adversaire du cumul, jugeait celui-ci " politiquement obligatoire tant qu'il n'est pas juridiquement interdit ". Le " père " de la Constitution de la Ve République, Michel Debré, lui-même, n'estimait-il pas que, " dans la politique française, le cumul des mandats est la règle, c'est pour un parlementaire une infériorité presque insupportable que de ne pas être en même temps chargé d'un mandat local, telle est la vraie loi " ?

Un facteur d'inégalités Les partis eux-mêmes, qui délivrent les investitures, contribuent à alimenter cette autoreproduction des élus. Or le cumul est à la fois source d'inégalités et de conflits d'intérêts. Source d'inégalités, pas seulement en terme de cumul des indemnités, qui sont plafonnées depuis la loi de 1992 : le député détenant des fonctions électives locales ne peut percevoir, en sus de son indemnité parlementaire de base (5514 euros), plus de la moitié de celle-ci, soit 2 757 euros par mois. Cet écrêtement ne concerne pas, toutefois, les fonctions exercées dans une intercommunalité ou un syndicat mixte.

Entre un parlementaire ne disposant que de ce seul mandat et ne pouvant donc s'appuyer que sur les moyens mis à sa disposition - dont le crédit lui permettant de s'entourer, en principe, de trois collaborateurs - et le parlementaire régnant à la tête d'un exécutif local, avec toute l'infrastructure dont il dispose, les conditions de travail ne sont pas équivalentes.

Le problème des conflits d'intérêts La présence en nombre d'élus cumulant des fonctions locales donne lieu à un véritable " lobbying législatif ". Certains y voient le bienfait d'un " ancrage local ". En réalité, ce foisonnement de " doubles casquettes " pèse lourdement sur l'élaboration de la loi, à la merci des luttes d'influence, quand ce n'est pas, tout simplement, de la défense d'intérêts locaux. L'histoire des lois de décentralisation est là pour en témoigner.

L'impact sur la qualité du travail parlementaire Enfin, la stricte limitation du cumul est une condition de la revalorisation du travail parlementaire. Impossible de se consacrer pleinement à ses missions d'élaboration de la loi et de contrôle de son application en n'y passant que deux jours et demi par semaine, en moyenne, ce que l'institution parlementaire a intégré dans son rythme de fonctionnement. Ou plutôt de dysfonctionnement quand on voit l'engorgement de l'activité parlementaire. Si la loi organique s'applique dans toute sa rigueur à l'issue des différentes " navettes " parlementaires - ce qui est loin d'être acquis -, pas moins de 328 députés et 208 sénateurs seraient concernés par l'abandon d'une de leurs fonctions électives. C'est dire si cet acte III de la limitation des cumuls modifiera en profondeur le système politique.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Octobre 2013

Lance ArmstrongA chaque fois, c'est la même histoire : le dopage, d'après le peloton, est l'oeuvre d'une minorité et il faut arrêter de jeter l'opprobe sur des coureurs qui sont, pour la plupart intègre.

Las, cette affirmation est largement fausse.

L'espérance de vie d'un vainqueur du Tour de France était, au début du XXe siècle de 80 ans quand celui de la population était de 60. Aujourd'hui, elle est de 60 quand celui de la population est de 80. On le voit donc aujourd'hui : le dopage, dans ce sport, est et a été institutionnalisé. Le tour du renouveau de 1999, celui qui a eu lieu après l'affaire Festina, a vu la montée en puissance de Lance Armstrong, considéré comme le plus grand tricheur de tous les temps.

Bon nombre d'équipes sont dirigées par d'anciens dopés. Bernard Hinault est-il si propre qu'il le dit ? En tout cas, Jalabert et Voeckler le sont indéniablement.

Il faut donc continuer à parler et à parler sans cesse du dopage car le silence n'a jamais résolu les choses. La parole dérange et elle est là pour cela. Raison de plus pour en parler.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 02 Juillet 2013

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Le peloton du Tour 2013 veut échapper à son passé
Coureurs et manageurs craignent les révélations du rapport sur le dopage que doit publier le Sénat, le 18 juillet
Ajaccio (Corse-du-Sud) Envoyés spéciaux

Qu'on nous fiche la paix avec ces vieilles histoires. Les temps de 1998 sont révolus. " Au nom de l'Association internationale des coureurs (CPA), le Français Jérôme Pineau a exprimé l'exaspération du peloton en cette entame de 100e édition du Tour de France. Avant même de s'élancer, samedi 29 mai, sur les routes de Corse, les 198 participants ont affiché une parfaite unité à la suite de l'entretien exclusif de Lance Armstrong au Monde. " Le Tour ? Impossible de gagner sans dopage ", avait estimé l'Américain évoquant les années noires (1999-2005) de son règne.

A Porto-Vecchio, la CPA avait délégué cinq émissaires pour traduire son " ras-le-bol " à Valérie Fourneyron, la ministre des sports : " Si la culture du dopage avait lieu dans les années 1990, depuis quinze ans notre sport combat seul ce fléau du dopage. "

Les coureurs ont demandé à la ministre de convaincre la commission d'enquête sénatoriale sur l'efficacité de la lutte contre le dopage de ne pas " dévoiler " le 18 juillet, comme elle l'a annoncée, les patronymes correspondant aux 44 échantillons d'urine positifs à l'érythropoïétine (EPO) lors du Tour 1998.

Le peloton veut préserver du scandale l'étape charnière de la double ascension de l'Alpe-d'Huez, acmé de cette édition 2013. " Le 18 juillet, ce sera encore le Tour et ça occultera le cyclisme actuel pour un cyclisme révolu, de retraités ", estime le coureur Jérémy Roy. Invitant les parlementaires à " réfléchir " à leur calendrier, Valérie Fourneyron a semblé aller dans son sens. " Qu'on nous laisse tranquilles ", a riposté Jean-Jacques Lozach, sénateur PS et rapporteur de la commission, tout en défendant son " calendrier propre, indépendant des événements sportifs, nationaux ou internationaux ".

Laurent Jalabert est le premier coureur du Tour 1998, celui de l'affaire Festina, à avoir appris, le 24 juin, que son nom figurait sur la " liste " que la commission doit publier le 18 juillet en annexe de son rapport. Eventée par Lequipe.fr, l'information a contraint le consultant de France Télévisions et de RTL à renoncer à commenter le Tour cette année. Il n'a donc pas pu croiser les deux vétérans du peloton, l'Allemand Jens Voigt (41 ans), qui faisait partie de la délégation qui a rencontré Valérie Fourneyron, et l'Australien Stuart O'Grady (39 ans), respectivement seize et dix-sept Tours au compteur, qui étaient déjà de l'édition 1998.

Assis cette année à l'intérieur des véhicules des équipes, une dizaine de directeurs sportifs engagés sur le Tour pédalaient également au sein du peloton il y a quinze ans. Parmi eux, le vainqueur du Tour 1996 Bjarne Riis (Saxo-Bank), Viatcheslav Ekimov et Erik Zabel (Katusha), Servais Knaven (Sky), Neil Stephens (Orica Green Edge) et Didier Rous (Cofidis), deux anciens pensionnaires de Festina, le Hollandais Jeroen Bliklevens (Belkin), exclu du Tour 1998 avec la formation TVM, ou encore le Français Stéphane Heulot (Sojasun). " Ceux qui couraient dans les années 1990 sont ceux qui managent les équipes actuellement, résume un fin observateur du Tour. Certains qui étaient présents sur le Tour 1998 ont de quoi s'inquiéter. "

Remplaçant de Laurent Jalabert au micro de France Télévisions, Cédric Vasseur faisait à l'époque également partie du peloton. Respectivement président et vice-président de l'Union nationale des cyclistes professionnels (UNCP), Pascal Chanteur et Christophe Agnolutto ont aussi participé à la Grande Boucle 1998. Ils ont milité auprès des coureurs pour qu'ils interpellent Valérie Fourneyron.

" 95 % du peloton était chargé à l'EPO cette année-là, témoigne Christophe Bassons, forcé de quitter le peloton en 1999 à cause de ses prises de position courageuses contre le dopage. Quand on voit la liste de directeurs sportifs du Tour 2013, comment peut-on faire changer les choses ? La plupart n'ont pas leur place ici. On doit faire le ménage. Ils n'assument même pas leur passé. " De fait, près d'un tiers des manageurs engagés lors de cette 100e édition ont eu maille à partir avec le dopage. Entre aveux tardifs, contrôles avérés et enquêtes judiciaires, plusieurs patronymes sont à rattacher à cette liste non exhaustive : Alvaro et Igor Gonzalez de Galdeano (Euskaltel), Alberto Volpi (Cannondale), Rudi Kemna (Argos), Neil Stephens (Orica), Viatcheslav Ekimov et Erik Zabel (Katusha), Marc Sergeant (Lotto), Patrick Lefevere (Omega), Jonathan Vaughters (Garmin) ou encore les Français Marc Madiot (Fdj.fr) et Jean-René Bernaudeau (Europcar).

Le Danois Bjarn Riis a reconnu s'être dopé à l'EPO en 2007 et Kim Andersen (Radioshack) a été contrôlé positif à sept reprises durant sa carrière. Mais dans ce sombre tableau, c'est la formation kazakhe Astana qui se distingue. Dirigée par quatre anciens coureurs convaincus de dopage, elle est incarnée par son manageur Alexandre Vinokourov, positif pour transfusion sanguine et exclu du Tour 2007.

" Comment peut-on dire que Cadel Evans est pur comme de l'eau de roche quand il a comme directeur sportif John Lelangue, ex-patron de Phonak, l'équipe de Floyd Landis, déchu de son titre sur le Tour 2006 pour dopage ? ", s'interroge Jean-Pierre de Mondenard, ancien médecin du Tour et spécialiste reconnu du dopage.

Lauréat en 2011, l'Australien porte les couleurs de l'équipe BMC, dirigée par Jim Ochowicz, celui qui a lancé la carrière de Lance Armstrong avec l'équipe Motorola et Yvon Ledanois, ex-coureur poursuivi dans l'affaire Bernard Sainz dit " Docteur Mabuse ". Favorite du Tour, l'équipe anglaise Sky a, elle, dû congédier, à l'automne 2012, trois de ses directeurs sportifs qui avaient admis s'être dopés. L'un deux, Bobby Julich, s'était hissé à la 3e place du Tour 1998 et officie désormais au sein de l'encadrement de la formation... BMC.

En juillet 2011, l'Union cycliste internationale (UCI) a introduit un règlement visant à empêcher tout ex-coureur condamné à une suspension supérieure ou égale à deux ans d'incorporer l'encadrement d'une équipe. Nullement rétroactive, cette disposition s'applique aux sportifs ayant " fauté " après sa mise en place. " Il n'y a pas de double peine, on n'est pas là pour couper des têtes ", considère Vincent Lavenu, manageur d'AG2R, invité à commenter la présence de ses homologues controversés Bjarne Riis ou Alexandre Vinokourov. " On ne leur interdit pas réglementairement d'être là, soupire Stéphane Heulot. Ils ont la capacité d'avoir les meilleurs coureurs et font vendre du papier. Je me pose quand même des questions. " " Même si certaines choses ont évolué depuis quinze ans dans le cyclisme, il reste du ménage à faire au niveau de l'encadrement des équipes ", confirme un connaisseur avisé du Tour.

" Les sénateurs ne doivent surtout pas céder, estime Jean-Pierre de Mondenard. Les coureurs se serrent les coudes. Ils ont peur que tout tombe. Pour avancer, la commission d'enquête ne doit pas épargner le passé. Anquetil, lui, avait avoué. Poulidor devrait faire la même chose. Et Hinault doit dire à quoi il carburait. " ujourd'hui, Hinault - quintuple et dernier vainqueur du Tour - joue au censeur. On rêve ! Le 18 juillet, ce sera le jour de la finale du Tour, là où tout se joue. C'est à ce moment qu'il y aura le plus de téléspectateurs. A vouloir trop protéger, on n'avance pas. Je pense que si l'info Jalabert est sortie avant le Tour, c'est qu'on ne voulait pas que cela explose pendant. "

Pour Christophe Bassons, correspondant en Aquitaine de l'Agence française de lutte contre le dopage, le " corporatisme " du peloton s'explique par " l'égoïsme des coureurs ". " Ils n'en ont rien à foutre de sauver le vélo et de savoir si, dans vingt ans, leurs gamins évolueront dans un cyclisme plus propre. Ils ne veulent pas mettre en péril leur carrière et préfèrent conserver leurs sponsors, développe l'ancien coureur qui a sacrifié sa carrière à la lutte antidopage. Les coureurs disent que tout a changé depuis quinze ans mais ils sont dans le même sac que leurs aînés. "

" "Celui qui ne se dope pas est un pauvre type voué par avance à la défaite", disait en 1965 Félix Lévitan, le patron du Tour, rappelle Jean-Pierre de Mondenard. En 1956, on parlait déjà du "Tour de la cure de désintoxication". Puis on a parlé du "Tour du renouveau" après Festina, puis de celui de "la rédemption". On invente toujours des mots C'est du vent. Les mêmes sont toujours aux mêmes fonctions. Rien n'a changé depuis cinquante ans. "

Rémi Dupré et Henri Seckel

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Publié le 4 Octobre 2013

debout-condamnes-lump-L-pvltaZOn le voit actuellement : à force de fomenter des manoeuvres politiciennes à court-terme, le FN monte sans s'arrêter. La situation politique de notre pays devient problématique : entre une UMP en panne d'idées qui court sur les plate-bande du FN et une gauche tétanisée par l'UMP à cause de ces manoeuvres, ce sont toutes les cartes politiques qui sont redistribuées... avec comme gagnant un FN qui n'en demandait pas tant...

Il faudrait, de toutes urgences, refonder un parti de droite qui prendrait ses distances par rapport au FN. Las, pour le moment, on n'en prend pas le chemin tant la médiocrité politique est de mise dans notre pays.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 2 Juillet 2013

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Face au FN, l'indifférence des électeurs de gauche
Une étude inédite, réalisée par " Le Monde " et l'IFOP à Villeneuve-sur-Lot, montre l'usure du " front républicain "
Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) Envoyés spéciaux

A peine un électeur de gauche sur quatre a suivi l'appel au " front républicain " en votant pour le candidat UMP contre le Front national, dimanche 23 juin, lors du second tour de l'élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Tel est le principal enseignement d'une étude inédite réalisée par Le Monde et l'IFOP à partir de l'analyse systématique des résultats de 149 bureaux de vote, représentant 37 143 votants au second tour. Selon cette estimation, qui ne constitue pas un sondage mais un calcul statistique de report des votes, 62 % des électeurs de gauche auraient préféré s'abstenir ou voter blanc, 15 % auraient voté FN et 23 % pour le candidat de l'UMP Jean-Louis Costes, élu député à la place de Jérôme Cahuzac, démissionnaire.

En nous appuyant sur le droit électoral français, nous avons parcouru l'ensemble des listes d'émargement disponibles (149 sur 167) afin de comptabiliser le nombre d'électeurs ayant voté aux deux tours, seulement au premier ou seulement au second. Ajoutées aux scores de chaque candidat dans chacun de ces bureaux, ces données, transmises à l'IFOP, permettent de réduire la marge d'erreur et de procéder à une analyse statistique qui lève une partie du voile sur les comportements des votants.

Une arrivée importante de nouveaux électeurs au second tour Le collège d'électeurs s'est énormément renouvelé entre les deux tours. Un quart des personnes qui sont allées aux urnes pour le second tour n'avaient pas voté au premier (9 275 " nouveaux électeurs "). Au contraire, 14 % des électeurs du premier tour ont préféré s'abstenir (4 553 " abandonnistes "). Cette mobilisation de " nouveaux électeurs " a profité aux deux candidats, avec un léger avantage pour celui du FN, Etienne Bousquet-Cassagne, face à celui de l'UMP.

La situation est donc plus mesurée que dans l'Oise, où la partielle de mars a vu la victoire au second tour pour quelques centaines de voix du candidat de l'UMP, Jean-François Mancel, face à Florence Italiani, du FN. La candidate frontiste " avait beaucoup plus bénéficié de l'apport de nouveaux électeurs de second tour que M. Mancel ", selon Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion de l'IFOP. Dans le Lot-et-Garonne, la répartition équilibrée parmi les nouveaux votants implique qu'une part importante de la progression de M. Bousquet-Cassagne, qui a gagné plus de 7 000 voix d'un tour à l'autre, provient d'autres électeurs.

L'usure du " front républicain " Le principal enseignement de ce scrutin réside dans le comportement des électeurs de gauche au second tour. La situation est très éloignée du 21 avril 2002, où les sympathisants de gauche avaient voté massivement en faveur de Jacques Chirac. Selon l'analyse de l'IFOP, dans le Lot-et-Garonne " la très grande majorité des électeurs de gauche - 62 % - préfère s'abstenir ou voter blanc ", et ne fait donc plus barrage au FN. " Nous sommes ici en présence de la seconde manifestation de l'usure de la stratégie du front républicain ", remarque-t-on à l'institut, après la partielle de l'Oise où un pourcentage similaire d'électeurs de gauche (63 %) s'étaient abstenus ou avaient voté blanc ou nul.

La gauche locale n'a donc pas écouté les appels nationaux au front républicain. " Je ne pouvais pas voter pour Jean-Louis Costes, explique Barbara Bellanger, la secrétaire de section PS de Villeneuve-sur-Lot. Un autre candidat de l'UMP, ça ne m'aurait pas posé de problème, je l'avais fait en 2002 pour Jacques Chirac. Mais pas pour Costes, il a été membre du MIL - Mouvement initiative et liberté, dernier bastion du gaullisme dur - . C'est pareil que le FN. "

Dans la section PS locale, secouée par l'affaire Cahuzac, beaucoup n'ont pas donné leurs suffrages au candidat UMP. " Le front républicain, c'est du pipeau, on n'est plus aux ordres ", explique un militant souhaitant rester anonyme, qui avoue à demi-mots avoir voté pour le candidat FN, " pour donner un coup de semonce. Mais si Jérôme s'était présenté, il aurait été élu, ici tout le monde le porte au ciel ". Plusieurs bulletins nuls avaient d'ailleurs été barrés du nom de Jérôme Cahuzac.

Le report de la gauche sur le Front national La progression du FN entre les deux tours ne peut s'expliquer que par le report d'une partie non négligeable des électeurs de gauche vers le candidat frontiste. Selon les calculs du Monde et de l'IFOP, environ 15 % d'entre eux ont donné leur vote à M. Bousquet-Cassagne, contre 23 % pour M. Costes. En volume de voix, l'écart n'est pas si flagrant puisque l'UMP attire 2 370 voix, tandis que le FN en grappille 1 560, entre les deux tours.

Les chiffres rappellent ceux observés dans l'Oise, lors de la dernière législative partielle où le report de la gauche vers le FN était estimé à 14 %, ce qui, selon M. Fourquet, " semble indiquer que nous soyons en présence - mais il faudra le confirmer ultérieurement - d'une tendance assez lourde ".

La victoire de l'ancrage local Pour faire la différence avec le candidat du Front national, M. Costes a pu compter sur une forte mobilisation dans la ville de Fumel, dont il est maire, et dans le canton où il est conseiller général. " Sur son seul canton de Fumel, M. Costes a en effet engrangé 1 650 voix d'avance sur son rival. Son canton, qui ne pèse que 11 % de la circonscription, lui a fourni 65 % de son avance ", analyse M. Fourquet.

Le candidat UMP a su mobiliser les électeurs tentés par l'abstention dans son fief, où le taux d'" abandonnistes " entre les deux tours est moins élevé qu'ailleurs - 8 %, contre 14 % en moyenne sur la circonscription. Face aux nouvelles dynamiques du FN, l'ultime opposition ne vient donc pas du " front républicain " mais d'abord de la résistance d'un notable local qui a ainsi capitalisé au maximum sur son ancrage territorial.

Nicolas Chapuis et Alexandre Léchenet

    La méthode du " Monde " pour analyser le vote

    Pour décrypter les résultats du second tour dans la 3e circonscription du Lot-et-Garonne, Le Monde a analysé les 149 listes d'émargements disponibles sur 167 bureaux de vote, comptabilisant les électeurs s'étant déplacés aux deux tours, uniquement au premier ou uniquement au second. Selon l'article L. 68 du code électoral, ces listes sont accessibles en préfecture dans les dix jours suivant l'élection. Les chiffres relevés par nos journalistes ont permis à l'IFOP et à la société ADN d'affiner les modèles statistiques de report de voix. Ils ne constituent pas un sondage mais un indicateur des comportements électoraux.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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