Publié le 30 Septembre 2015

Il faut faire attention au niveau de notre dette !

Je ne comprends pas comment la Commission européenne a pu suspendre la procédure de déficit excessif à l'encontre de la France, alors même que notre taux d'endettement n'a jamais été aussi élevé !

La Commission a donc cru ce que lui racontait ses représentants. Ceci est surprenant quand on pense que la parole gouvernementale est sujette à caution depuis de nombreuses années !

En attendant, les chiffres sont médiocres puisque notre dette atteint 97,5 % du PIB ce qui est un record !

Je ne comprends donc pas comment on peut dire que notre pays est crû dans ses perspectives alors même ques les chiffres sont plus que médiocres. La Commission européenne serait-elle devenue aveugle ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 4 Juillet 2015

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L'hypothèque de la dette sur les finances publiques

La nouvelle est passée pratiquement inaperçue tant la Grèce focalise aujourd'hui tous les regards. Pourtant, mercredi 1er juillet, la Commission européenne a validé le programme de stabilité budgétaire transmis par la France et suspendu la procédure de déficit excessif à son encontre. Tout au long de l'automne 2014 et du premier trimestre 2015, les négociations tendues entre Bruxelles et Paris avaient défrayé la chronique économique. La Commission avait finalement accordé, en mars, un délai supplémentaire de deux ans à la France pour ramener son déficit public sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB), sous réserve qu'elle présente un plan de mesures supplémentaires, à hauteur de 4 milliards d'euros, pour atteindre l'objectif des 21 milliards d'économies prévu en 2015.

Au vu des informations transmises par le gouvernement, la Commission a estimé que la France serait en mesure de tenir sa trajectoire de réduction du déficit, soit 3,8 % en 2015, 3,4 % en 2016 et 2,7 % en 2017. Un déficit public, cependant, supérieur en 2015 à celui qui permettrait de stabiliser la dette publique, souligne la Cour des comptes dans son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, le 24 juin.

Objectif ambitieux

Selon la Cour, si cette prévision de déficit était tenue, la dette continuerait à augmenter en 2015 pour atteindre 96,9 % du PIB en fin d'année. Le programme de stabilité, lui, prévoit 96,3 %. La dette a atteint 95,6 % en 2014. L'objectif paraît ambitieux. Les résultats publiés par l'Insee le 30 juin indiquent une importante progression de celle-ci au premier trimestre. Elle a augmenté de 51,6 milliards d'euros par rapport au trimestre précédent pour s'établir à 2 089,4 milliards d'euros. Exprimée en pourcentage, elle augmente de 1,9 point et atteint 97,5 % du PIB.

Bercy relativise ce résultat. " Il est courant que le niveau des émissions au premier trimestre soit plus important qu'en fin d'année, parce que les recettes ne rentrent pas uniformément sur l'année, explique Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au budget. Pour que la trésorerie soit équilibrée, l'Etat engage plus d'émissions, d'autant plus qu'il profite actuellement du niveau des taux d'intérêt. Le gouvernement maintient son objectif de 96,3 % à la fin de l'année. Aucun signe ne nous permet de penser que nous nous éloignerions significativement de notre trajectoire. "

Il n'empêche que le niveau de la dette continue à hypothéquer la capacité de la France à réduire ses déficits. Grâce à la faiblesse des taux d'intérêt et à une inflation quasiment nulle, le programme de stabilité prévoit une réduction de 2 milliards de la charge des intérêts de la dette. Une hausse des taux de 1 point entraînerait, selon l'Agence France Trésor, une charge d'intérêts supplémentaire de 2,4 milliards d'euros en 2015. Le gouvernement serait alors contraint de revoir ses hypothèses et de dégager de nouvelles sources d'économie s'il veut tenir ses objectifs.

P. Rr

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Septembre 2015

Pôle emploi doit redevenir plus efficace !

Pôle emploi doit prendre ses problèmes à bras le corps et se remettre à travailler pour remplir les buts qu'on lui a fixés !

Il n'est pas normal que les chômeurs de longue durée ne soient pas les plus accompagnés pour leur retour à l'emploi car il est le plus difficile pour cette catégorie de population.

De plus, l'intensité de l'action de Pôle emploi devrait croitre avec l'ancienneté du chômage, au contraire de ce qui est fait actuellement. L'absentéisme pose très clairement problème, et l'établissement de journées de carence dans l'entreprise ne ferait pas de mal. Enfin, il faut faire un véritable travail de ciblage des candidats par rapport aux demandes réelles des entreprises.

Pôle emploi doit donc se remettre en cause car on a cruellement besoin de ses services actuellement. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir une agence fonctionnant dans l'"à peu près".

Un article du journal 'Le Monde' daté du 3 Juillet 2015

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Pôle emploi mis en cause pour son inefficacité
Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes dénonce le sort réservé aux chômeurs de longue durée

Ce n'est pas la stratégie de l'opérateur de l'Etat qui est en cause mais les modalités de ses interventions, soulignent les magistrats de la rue Cambon.

A sa décharge, Pôle emploi est confronté à de redoutables défis depuis sa création, fin 2008. Issu de la fusion de l'ANPE et du réseau des Assédic, ce service public, qui emploie quelque 53 000 agents pour un budget de 5 milliards d'euros, a dû digérer un big bang organisationnel. Et faire face à l'explosion du chômage de masse : entre janvier 2009 et janvier 2015, le nombre de personnes figurant sur les listes de Pôle emploi est passé de 3,9 millions à 6,2 millions, toutes catégories confondues, soit une hausse de 58 %.

Dans ce contexte, " les missions de Pôle emploi apparaissent particulièrement complexes ", reconnaît la Cour des comptes. Il lui faut, à la fois, assurer l'indemnisation de ses publics, de plus en plus nombreux, et " poursuivre un objectif de retour à l'emploi " alors que la croissance est faible.

Le versement des allocations se déroule dans des conditions " satisfaisantes ", aux yeux de la haute juridiction, même si le " processus de gestion " mériterait d'être modernisé, le traitement des demandes restant largement fondé sur le recours au " papier ". Autre point noir qui n'a pas encore été gommé : l'effrayante complexité des règles d'indemnisation, qui déroute les bénéficiaires et engendre parfois des erreurs – avec, par exemple, " des paiements indus qui doivent faire l'objet de remboursements ".

Mais c'est sur la réinsertion professionnelle que le bât blesse. " Estimer la performance de Pôle emploi " en la matière constitue un exercice " difficile ", admet la Cour, car les indicateurs disponibles ne permettent pas d'apprécier ce qui relève de l'action de l'opérateur de l'Etat et ce qui résulte d'autres facteurs sur lesquels il n'a pas prise (conjoncture économique, reprises d'activité favorisées par d'autres structures publiques ou privées, etc.). Cependant, les données relatives au chômage de longue durée montrent une aggravation du phénomène. Ainsi, la part des demandeurs d'emploi inscrits depuis au moins un an s'est accrue : 43,3 % en janvier contre 30,3 % début 2009.

Pourtant, Pôle emploi a redéfini sa stratégie, en 2012, en différenciant ses services suivant les besoins des personnes. Celles qui sont proches du marché du travail bénéficient d'un accompagnement " suivi " ; celles qui en sont éloignées ont un accompagnement " renforcé " ; enfin, celles se trouvant dans une situation intermédiaire sont " guidées ".

Tâches chronophages

La Cour approuve ces réorientations mais leur mise en œuvre, en revanche, pose question, selon elle. Le nombre de personnes fortement épaulées est relativement faible : un peu plus de 283 000, soit 5 % " seulement du total des demandeurs d'emploi ayant un conseiller référent ". Fait édifiant, les chômeurs de longue durée (au moins un an) se voient " essentiellement " accorder un accompagnement suivi ou guidé alors que la logique voudrait qu'ils soient surtout dans la catégorie renforcée. Autre constat saisissant : l'intensité de l'action de Pôle emploi " décroît avec l'ancienneté du chômage ". Ainsi, la part des demandeurs d'emploi " sans préconisation d'action " après 13 à 18 mois d'inactivité varie de 60 % à 85 % selon les modalités de suivi ; elle est deux fois moins élevée pour ceux qui sont au chômage depuis un à six mois…

Ces mauvais résultats tiennent, pour partie, à des problèmes d'organisation. Les conseillers sont accaparés par de multiples tâches chronophages (gestion, management, accueil…). Du coup, " l'accompagnement des chômeurs ne compte qu'entre 29 % et 37 % de - leur - emploi du temps ", déplore la Cour. Elle évoque aussi les difficultés induites par le niveau d'absentéisme, plutôt élevé : près de 25 " jours calendaires " par agent, en 2013, du fait, principalement d'arrêts maladie.

Enfin, les magistrats de la rue Cambon regrettent que la recherche d'offres d'emploi par l'opérateur ne soit plus " universelle " et se concentre sur les opportunités de postes pour les chômeurs " faisant l'objet d'un accompagnement, en particulier ceux qui sont le plus en difficulté ". Il y a là " un double risque " : " Ne plus apparaître comme un interlocuteur au contact des entreprises et (…) perdre sa crédibilité en présentant des candidats particulièrement éloignés des profils souhaités par les employeurs. "

Ces observations ulcèrent le directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères. " C'est un rapport exclusivement à charge ", qui contient plusieurs " erreurs d'appréciation " et véhicule une " vision dépassée du service public de l'emploi ",écrit-il dans la réponse cinglante qu'il a adressée à la Cour. Il conteste notamment le raisonnement consistant à ne regarder que l'action déployée pour les demandeurs d'emploi avec un suivi " renforcé " alors que ceux " “en guidé” (…) bénéficient eux aussi d'un accompagnement régulier ".

Il s'indigne que " soient passées sous silence " les évolutions impulsées par Pôle emploi : une partie significative des agents (2 000 équivalents temps plein travaillés) va être redéployée d'ici à 2018 vers " l'accompagnement personnalisé " des chômeurs, assure-t-il. Selon lui, l'opérateur a amélioré sa " performance en termes de retour à l'emploi ", entre 2011 et 2014. Enfin, M. Bassères réfute l'idée selon laquelle Pôle emploi s'éloigne de son rôle d'intermédiaire avec les entreprises et offre à celles-ci des services faibles : 4 000 conseillers leur sont affectés, martèle-t-il.

Bertrand Bissuel

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Publié le 28 Septembre 2015

Peut-on continuer à maintenir sous l'eau quelqu'un qui se noie, pour lui apprendre à nager ?

La Grèce doit rembourser ses dettes... mais il y a des limites...

Il ne faut pas entrer dans l'inacceptable et l'inacceptable est de tuer les espoirs du peuple Grec. Un peuple sans espoir est un peuple qui perd pied dans sa chair et dans sa tête et qui est capable de voter pour les pires pour se faire entendre...

Il faut donc entendre raison et ne pas aller trop loin dans la surenchère : oui à la prise de responsabilité, non pour tuer tout espoir à tout un peuple en le laissant sur le bord de la route.

Peut-être faudra-t-il en passer par un effacement partiel de la dette : la sécurité de l'Europe est sans doute en jeu dans ce choix...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Juillet 2015

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Les économistes jugent les exigences des créanciers déraisonnables
La Grèce apparaît en trop mauvais état pour supporter plus d'austérité, et une restructuration de la dette est jugée inéluctable

C'est peu dire que les dernières propositions des créanciers de la Grèce, mises en ligne dimanche 28 juin sur le site Internet de la Commission européenne, suscitent les critiques. Patrick Artus, le chef économiste de Natixis, qu'on ne peut soupçonner d'être proche de Syriza – le parti grec de la la gauche radicale, au pouvoir à Athènes – résume assez bien la pensée dominante : " Aucun économiste sérieux ne peut avaliser ce plan mal fichu et très déraisonnable ", a-t-il déclaré, lundi 29 juin, au Monde.

" Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, a des raisons d'appeler à voter “non” au référendum du 5 juillet. Le programme des créanciers n'est pas acceptable. Demander à une économie en récession de 3 % à 4 % d'afficher un excédent primaire - le solde budgétaire avant paiement des intérêts de la dette - de 1 %, c'est la condamner à ne pas se redresser ", ajoute M. Artus, un partisan en France d'une politique de l'offre.

Les néokeynésiens ne sont donc pas les seuls à dénoncer les exigences intenables des créanciers d'Athènes. Les économistes, quelle que soit leur famille de pensée, s'accordent pour déplorer que les bailleurs de fonds d'Athènes minimisent la gravité de la récession grecque, plus longue et plus profonde que la Grande Dépression aux Etats-Unis dans les années 1930.

L'économie hellène, ajoutent-ils, est aujourd'hui en bien trop mauvais état pour supporter le surcroît d'austérité – hausses d'impôt, TVA en tête, et de cotisations, réforme de la grille salariale et baisse de l'emploi de la fonction publique, réforme des retraites etc. – imaginé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) en échange d'" argent frais ".

L'ex-" Troïka " a " une responsabilité criminelle, celle d'avoir causé une récession majeure ", a asséné, lundi, dans le Time le prix Nobel d'économieJoseph Stiglitz. " Les créanciers d'Athènes devraient admettre que la politique qu'ils ont mise en place depuis cinq ans, l'austérité, n'a pas fonctionné ", analyse -t-il.

Sur son blog du New York Times, son collègue Paul Krugman écrit qu'il voterait " non " au référendum du 5 juillet " bien que la perspective d'une sortie de l'euro inquiète tout un chacun, moi compris ". " Ce que demande la “Troïka” c'est une poursuite indéfinie de la politique d'austérité menée depuis cinq ans. Mais où est l'espoir dans tout cela ? ", s'interroge-t-il en faisant observer qu'" une dévaluation - consécutive à un " Grexit " - ne créerait pas beaucoup plus de chaos que celui qui existe aujourd'hui ".

Perplexité

Moins polémique mais tout aussi affirmatif, le chef économiste de Coface, Julien Marcilly, rappelle que " les politiques macroéconomiques doivent être contracycliques ". " Demander à un pays en récession d'afficher un excédent budgétaire primaire, même réduit de 3,5 % à 1 %, n'a pas de sens. Les dépenses publiques ont diminué de 20 % en Grèce en termes réels depuis 2007. En Espagne, pendant ce temps, elles sont restées stables. Comment voulez-vous que l'économie puisse se redresser ? "

" A quoi sert de proposer une TVA à 23 % sur la restauration quand le tourisme est l'un des rares secteurs porteurs de l'économie de la Grèce ? La croissance potentielle du pays est négative. Ce dernier a surtout besoin de zones franches qui rendraient attractive son économie. Ce n'est pas le moment de décourager les investisseurs et les entreprises ", insiste de son côté M. Artus.

L'absence totale de toute référence à la question de la dette, jugée pourtant cruciale, est un autre sujet de perplexité et de critiques pour les économistes Sur son site Web, la Commission européenne assure avoir mis en ligne les dernières propositions des créanciers tenant compte de celles avancées par M. Tsipras entre le 8 et le 25 juin " par souci de transparence, et pour l'information du peuple grec ".

En présentant ces propositions, Bruxelles fait référence à la dette grecque. Celle-ci toutefois ne figure pas dans les neuf points qui ont été abordés par le FMI et les Européens.

Or de l'avis général, sa restructuration est " inéluctable ". " Il faudrait quatre points de produit intérieur brut - PIB - d'excédent budgétaire primaire pour stabiliser la dette. Les Grecs sont complètement insolvables. Il ne faut pas leur faire des prêts mais restructurer la dette. C'est d'ailleurs ce que pense le FMI. La Commission n'en veut pas, non pas pour éviter des pertes aux banques mais pour des raisons politiques : par égard pour l'Espagne, le Portugal, l'Irlande etc. qui ont fait des efforts et par peur de fâcher les contribuables européens ", analyse Patrick Artus.

" Démagogie et mensonge "

" Les positions du gouvernement Tsipras et des créanciers s'étaient beaucoup rapprochées. Mais ce qui a manqué, c'est la discussion et l'engagement d'une renégociation de la dette grecque qui est insoutenable et qu'il faudra restructurer, surenchérit le président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Xavier Ragot. " L'histoire nous a pourtant appris, avec le Traité de Versailles et l'Allemagne, ce qu'il en coûte de poser à un pays des exigences intenables... "

" Les autorités grecques ont demandé que le Mécanisme européen de stabilité - MES - prenne la dette hellène à son compte, ce qui ouvrait la possibilité d'un reprofilage partiel de celle-ci. C'était l'idée du troisième plan d'aide. Elle n'a pas été acceptée probablement parce que les créanciers veulent pouvoir conserver un certain degré d'ingérence dans la vie de la Grèce ", relève aussi Paola Monperrus, économiste au Crédit agricole.

" Il y a eu beaucoup de démagogie et de mensonge et des deux côtés. Les propositions de créanciers sont technocratiques et elles sont peu accessibles à l'opinion publique. Les positions du FMI et des Européens n'étaient pas alignées. Le premier s'est focalisé sur la non-soutenabilité de la dette, les seconds voulaient des réformes pour pouvoir rendre acceptables de futurs sacrifices à leurs contribuables ", estime le chef économiste d'Euler Hermès, Ludovic Subran. En l'état, les propositions sont généralement jugées " trop technos " pour pouvoir faire l'objet d'un référendum.

Un référendum qui peut piéger non seulement M. Tsipras mais aussi les Européens.

Claire Guélaud

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Publié le 25 Septembre 2015

Où on laisse entendre que nos Régions ne sont pas assez bien dotées...

On laisse entendre, dans cet article, que les régions Françaises ne sont pas suffisamment bien dotées. C'est en partie vrai, mais en partie seulement car on oublie joyeusement de parler de notre fameux mille-feuille administratif où les multiples compétences des instances sont distribuées entre les communes, communautés de communes, départements et régions.

Bref, il est temps de rationaliser ce mille-feuille administratif pour faire en sorte qu'il ne demeure qu'une ou deux instances entre l'Etat et le citoyen et que ces compétences ne fassent pas doublon.

Il est aussi temps d'éliminer toutes ces agences, en particulier les agences à but uniquement consultatif, qui gangrènent notre pays en engendrant des dépenses que l'on ne peut plus se permettre d'avoir vu le niveau excécrable de nos dépenses publiques.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Mai 2015

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Les régions réclament les moyens de leurs ambitions économiques
Le président de l'ARF, Alain Rousset, revendique " entre 60 % et 70 % " du produit de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises
En pleine période de préparation du budget pour 2016, les collectivités territoriales fourbissent leurs armes. Affectées par la baisse des dotations de l'Etat – 11 milliards d'euros programmés sur trois ans, de 2015 à 2017 –, elles cherchent à préserver leurs capacités d'investissement sans sacrifier leurs moyens de fonctionnement. L'enjeu est au moins aussi politique que budgétaire. Les récentes élections départementales ont été marquées par le flou entourant les futures compétences des exécutifs départementaux.

Les prochaines élections régionales de décembre porteront sur les fonts baptismaux de nouvelles entités redessinées, dotées théoriquement de compétences accrues, mais aux contours encore incertains. Des régions " à taille européenne " mais qui, sur le plan du potentiel économique, restent des nains au regard de leurs homologues européennes. C'est ce qu'a voulu souligner Alain Rousset, le président (PS) de l'actuelle région Aquitaine, qui préside l'Association des régions de France (ARF), mercredi 27 mai, en présentant les " chiffres-clés des régions ".

Alors que le poids budgétaire des régions représente environ 1,5 % du PIB en France, il est de plus de 12 % en Allemagne, 9 % en Autriche ou 7,5 % en Suède. Les régions françaises emploient 1,21 agent pour 1 000 habitants (80 000 agents), contre 25,7 pour 1 000 en Suède (246 750 agents), 23,7 pour 1 000 en Allemagne (1 900 000 agents) ou 21,3 pour 1000 au Danemark (117 000 agents). M. Rousset envie ce " modèle européen décentralisé " alors que, regrette-t-il, " en France, on n'a pas choisi entre décentralisation et déconcentration ".

" Des sous-traitants "
" L'Etat a multiplié lui-même ses propres services sur le territoire, ce qui explique le coût de l'administration, déplore-t-il. On garde, pour des raisons tenant à notre addiction à l'emploi public et à la présence de l'Etat partout, considérant que les collectivités ne sont que des sous-traitants ".

Pour exercer leurs compétences économiques, les régions françaises disposent d'un budget de l'ordre de 2 milliards d'euros, quand les Länder allemands peuvent mettre 9,5 milliards d'euros. La PME allemande est cinq fois plus accompagnée que la PME française. " On ne place pas nos entreprises en situation d'être compétitives. Redonner des marges à l'entreprise ne suffit pas à relancer l'investissement industriel, défend M. Rousset. Le système français d'exemptions et de niches fiscales s'applique aussi bien à la clinique privée qu'à l'entreprise soumise à la compétition internationale. "

Les régions, estime-t-il, sont beaucoup plus à même – " c'est leur force " – de faire communiquer entre eux les mondes de l'entreprise, de la formation et de la recherche. " Le modèle étatique français conduit au contraire à disperser et à multiplier les intervenants. Résultat, le coût de l'ingénierie publique est plus cher et le temps de la décision plus long ", constate le président de l'ARF.

Il plaide donc pour des moyens accordés aux régions à la hauteur des ambitions économiques qu'elles vont devoir assumer, et pour qu'elles puissent disposer d'une fiscalité dynamique. En l'occurrence, M. Rousset réclame que revienne aux régions une part substantielle – " entre 60 % et 70 % " – de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), une des composantes de la contribution économique territoriale qui a remplacé en 2010 la taxe professionnelle. Actuellement, le produit de la CVAE va pour 48,5 % aux départements, pour 26,5 % au bloc communal et seulement pour 25 % aux régions, pourtant responsables du développement économique. " La CVAE, c'est le retour sur investissement du développement économique du territoire, défend M. Rousset. Si je double le budget, je double le nombre d'entreprises aidées. Il suffirait de ce geste pour inverser la courbe du chômage. "

La négociation budgétaire à venir promet d'être tendue, alors que la droite est redevenue majoritaire dans les autres grandes associations de collectivités territoriales, l'Association des maires de France et l'Assemblée des départements de France, présidées respectivement par François Baroin et Dominique Bussereau. " Des régions fortes, c'est un débat qui transcende la gauche et la droite ", assure M. Rousset.

P.Rr

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Publié le 24 Septembre 2015

L'ouverture le dimanche : encore une raison pour laquelle c'est une fausse bonne idée...

L'ouverture des commerces le dimanche a tenté d'être reprise avec un prétexte de réussite scolaire. Las, c'est encore raté et des études le montrent.

Plus généralement, il faudrait que nos politiques se rendent enfin compte que les mesures les plus efficaces ne sont pas les plus simples à mettre en place : je pense que s'il suffisait d'ouvrir les commerces le dimanche pour révolutionner l'économie, ça se saurait, et depuis longtemps !

Encore une preuve, donc, que M. Macron qui est affublé d'un QI hors du commun, n'est capable de prendre des mesures dignes d'un politique médiocre. Cela remet, bien entendu en question les dires de ceux qui ont vu en M. Macron quelqu'un d'exceptionnel...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 Juin 2015

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L'ouverture le dimanche nuit à l'assiduité scolaire

Mesure emblématique de la loi Macron, l'extension de l'ouverture des commerces le dimanche est présentée par le ministre de l'économie comme une mesure de modernisation qui devrait, notamment, profiter aux étudiants. Le raisonnement est simple. Les étudiants ayant besoin de travailler pour financer leurs études pourront le faire le week-end, et ainsi être plus assidus à leurs cours en semaine. Ainsi, non seulement cette ouverture stimulerait l'activité économique, mais elle favoriserait également l'éducation et la formation des jeunes.

Et si c'était juste le contraire ? En effet, l'ouverture des commerces le dimanche offre de nouvelles possibilités aux jeunes durant le week-end, qu'il s'agisse de travailler dans un magasin ou d'y musarder. Mais, dans les deux cas, il se pourrait que le travail scolaire en pâtisse. Les Etats-Unis fournissent, en la matière, un laboratoire intéressant. L'Amérique puritaine a en effet longtemps contrôlé de manière très stricte les activités dominicales.

effets non négligeables
Au XVIIe siècle, les Treize Colonies disposaient toutes de lois (les Blue Laws) imposant la fermeture des magasins le dimanche, qui ont perduré dans la plupart des Etats jusqu'au début du XXe siècle. Depuis, ces lois ont été progressivement supprimées ou assouplies dans de nombreux Etats. La diversité des législations dans le temps et dans l'espace qui en résulte fait des Etats-Unis l'endroit idéal pour en analyser les conséquences sociales.

Supposons que l'on veuille mesurer l'impact de l'autorisation du commerce le dimanche sur les résultats scolaires. Une méthode naïve consisterait à se pencher sur un Etat ayant supprimé les Blue Lawset à comparer le niveau scolaire des jeunes avant et après cette réforme. Mais le résultat risquerait d'être trompeur. En effet, le niveau scolaire a pu évoluer sous l'influence d'autres facteurs qui n'ont rien à voir avec l'ouverture dominicale des commerces. L'astuce consiste donc à comparer l'évolution du niveau scolaire des jeunes dans les Etats ayant réformé les Blue Laws, avec celle du niveau scolaire des jeunes appartenant aux mêmes générations, mais habitant dans des Etats n'ayant pas encore renoncé à ces lois.

C'est précisément la méthode adoptée par Dara Lee, professeure à l'université du Missouri. Dans un article récent, " The impact of repealing sunday closing laws on educational attainment " (" L'impact de l'abrogation des lois sur la fermeture du dimanche sur l'assiduité scolaire ", publié dans Journal of Human Resources en 2013), elle a montré que l'ouverture des magasins le dimanche avait entraîné une diminution de cinq semaines de la durée moyenne des études, et une augmentation de 1,2 point de pourcentage de la probabilité d'abandonner les études avant la fin du lycée.

L'ampleur des effets ainsi mis en évidence n'est pas négligeable. A titre de comparaison, ils sont du même ordre de grandeur (mais en sens inverse) que ceux de certaines réformes éducatives de grande ampleur, par exemple la construction d'une école supplémentaire pour 1 000 enfants en Indonésie.

Afin de mieux comprendre ces résultats, Dara Lee a analysé les conséquences de l'abrogation des Blue Laws sur l'activité des jeunes. Elle a ainsi établi que l'autorisation du travail dominical avait entraîné une augmentation du nombre d'étudiants ayant une activité salariée, mais n'avait pas affecté le nombre d'heures de travail des étudiants qui avaient déjà un emploi. En d'autres termes, il semble bien que la possibilité de travailler le dimanche ait essentiellement eu pour effet de distraire les élèves de leurs devoirs scolaires.

A la lumière de cette étude, on peut raisonnablement craindre que la loi Macron nuise à la qualité de l'éducation scolaire et universitaire des jeunes. Il est vrai qu'elle n'a pas précisément pour objectif le progrès des savoirs. Son véritable intitulé – " projet de loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques " – dit assez clairement ce qu'elle vise : une nation de boutiquiers.

Par Thibault Gajdos

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Publié le 23 Septembre 2015

Cette situation est indigne de notre pays

Autant pour l'Angleterre, je ne crois pas que les montants sociaux puissent être un frein à l'embauche, autant je ne partage pas le même avis pour la France.

Il m'est arrivé, à de multiples reprises, d'entendre la phrase "pourquoi j'irais bosser, alors que je gagne plus à rester à la maison ?". De plus, des reportages ont déjà montré des personnes licenciées faire le tour du monde en bateau en profitant d'allocations chômage à près de 5000 Euros par mois.

Bref, je pense que, souvent, on va trop loin dans le montant des prestations sociales et dans leurs natures : ne vaudrait-il pas mieux mettre l'argent dans la formation plutôt que dans les allocations ?

En attendant notre pays a des emplois non-pourvus car il existe des gens qui préfèrent rester chez eux à gagner plus, plutôt que d'aller travailler en gagnant moins.

Au contraire de ce que laisse entendre l'article, la faute ne réside pas uniquement sur une formation qui ne serait pas à la hauteur ou à un manque de communication de l'entreprise. Il va falloir aussi se dire que les prestations sociales peuvent être un frein à l'embauche.

Il va falloir que nos politiques s'attèlent à ce problème car il n'est pas viable sur le long terme.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 25 Juin 2015

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Patron cherche salarié, désespérément
La France connaît un chômage de masse, comme devaient le confirmer les chiffres publiés mercredi 24 juin. Et pourtant, près de 350 000 emplois ne sont pas pourvus
Pas évident de trouver des gens pour m'aider ! Pour les week-ends, je prends des extras, mais beaucoup ne reviennent pas une seconde fois… " Jeune patron d'un bar parisien, Matthieu ne pensait pas rencontrer tant de problèmes pour embaucher. Quelques mois après avoir repris son premier établissement, il découvre les difficultés de la vie de chef d'entreprise. " Aujourd'hui, je fais tout, de la comptabilité aux cocktails en passant par le ménage… ", déplore le quadragénaire, qui aurait pourtant les moyens de recruter un salarié à temps partiel.

C'est loin d'être un cas isolé. Les chiffres des demandeurs d'emploi pour mai, publiés mercredi 24 juin, devaient le confirmer. A l'heure du chômage de masse, où 5,6 millions de Français pointent chez Pôle emploi, dont plus de 3,5 millions sans aucune activité, de nombreuses entreprises ont du mal à pourvoir les postes vacants.

En septembre 2014, François Rebsamen, le ministre du travail, avait évoqué " 350 000 emplois non pourvus " – un chiffre proche des 368 262 offres présentes sur le site Internet de Pôle emploi. Mais cette déclaration, lancée dans le contexte d'une initiative pour durcir le contrôle des chômeurs, avait fait polémique. Peu après, Pôle emploi mettait en garde contre une " vision statique " des offres non pourvues, soulignant qu'il s'agit d'un flux constant de propositions déposées et retirées, selon que le recrutement se fait finalement en interne, que les contours du poste évoluent, ou que le candidat trouve un emploi par un autre canal…

Parcours du combattant
Le Medef, qui recense depuis trois ans les besoins des entreprises dans son enquête " Tendance emploi compétence " évalue, pour sa part, à 330 000 le nombre d'" abandons de recrutements " en 2014. L'organisation patronale a lancé, l'an passé, une campagne de publicité intitulée " Beau travail ", pour valoriser une centaine de métiers " en tension ", de l'expert en cybersécurité au plombier, en passant par l'infirmier.

" Il est très difficile d'obtenir une information statistique fiable. Les offres de Pôle emploi surévaluent sans doute la réalité, car certaines, déjà pourvues, restent quelque temps en ligne. Mais elles la sous-évaluent aussi : de nombreux employeurs passent par d'autres canaux ", estime l'économiste Marc Ferracci, chercheur au Crest-Ensae.

Au reste, " les chiffres évoluent avec la conjoncture ",indique-t-on au Medef. Les embauches jugées difficiles devraient être moins nombreuses cette année, selon l'enquête annuelle de Pôle emploi sur les besoins en main-d'œuvre. " Leur part s'établit à 32,4 % - des recrutements - , soit 10 points de moins qu'en 2012 ", lit-on dans l'étude.

Pour justifier ce parcours du combattant, les patrons pointent d'abord les lacunes de la formation à la française. " La grande majorité des chefs d'entreprise interrogés évoque l'inadéquation entre le poste proposé et les compétences des postulants ", précise-t-on au Medef. " En France, la formation professionnelle est complexe d'utilisation et pas assez financée ", abonde M. Ferracci.

Une difficulté flagrante dans les métiers techniques. Anne-Charlotte Fredenucci dirige Anjou Electronique, une PME familiale qui fabrique des ensembles câblés, comme les commandes de vol du Rafale. " Il n'y a pas de formation au câblage en France. En 2014, nous avons embauché huit personnes après que Pôle emploi leur a payé une formation de trois mois, à laquelle nous avons ajouté six mois chez nous ", indique-t-elle.

Les métiers du social sont aussi particulièrement touchés. " La moitié de mon personnel doit avoir un diplôme d'auxiliaire de puériculture ou (pour l'encadrement) d'éducateur de jeunes enfants. Or, la région Ile-de-France a bloqué l'ouverture de nouvelles écoles au motif que trop de gens formés à Paris repartent ensuite exercer en province ", dit Sylvain Forestier, patron de La Maison bleue, qui gère des crèches pour les entreprises et les mairies.

Les professionnels de métiers qui ont le vent en poupe, comme les commerciaux ou les informaticiens, sont aussi très courtisés. " Quand nous voulons recruter des développeurs, nous devons les “draguer” rien que pour qu'ils acceptent de nous rencontrer, témoigne Frédéric Durand, patron de Diabolocom, un petit éditeur d'applications logicielles. Jusqu'à récemment, les carrières techniques étaient moins valorisées que le marketing ou la gestion de projet. Alors qu'aux Etats-Unis, les stars, ce sont les développeurs. "

C'est le grand défaut du système de formation hexagonal. " En France, on a tout misé sur l'intellectuel. L'apprentissage et le travail manuel ne sont pas reconnus ", regrette un baron de la métallurgie. Un décalage résumé par M. Ferracci avec cet exemple : lors de l'épreuve de français de l'examen du CAP, on demande aux élèves de… commenter un poème en vers. " Certes, il ne faut pas négliger les matières générales. Mais il faudrait les adapter au cursus ", déplore le chercheur, qui rappelle que l'inadéquation de la formation des apprentis aux besoins de leur métier est la cause de près de la moitié des ruptures de contrat d'apprentissage en Ile-de-France.

" Ce n'est pas que les gens ne veulent pas prendre le boulot. C'est que nous n'arrivons pas à les attirer dans la bonne formation. Il faut pouvoir évaluer celles-ci à l'aune de l'employabilité de ceux qui en sortent ", souligne un patron. " En France, on croit encore que quand on travaille avec ses mains, c'est qu'on n'a pas assez de tête pour faire autre chose ", peste Mme Fredenucci.

Autres freins au recrutement : le défaut de mobilité géographique, en lien avec les rigidités du marché du logement, et le manque d'attractivité de certains métiers. " Quand les postes ne demandent pas beaucoup de technicité ou de formation, comme la restauration, ce sont les conditions de travail qui rebutent ", observe Pierre Cogniaux-Cagnon, patron d'Aceos, société spécialisée dans les achats groupés pour les PME.

Les petites entreprises, elles, rencontrent des difficultés spécifiques de visibilité et d'attractivité. " Beaucoup d'ingénieurs ont en tête l'image de la PME à papa, peu dynamique, où l'international est un gros mot. Quand on leur montre la réalité, ils apprécient l'absence de hiérarchie et la vitalité de ces sociétés. Elles correspondent parfois plus à leurs valeurs que les multinationales qui font bien sur la carte de visite ", raconte Séverine Toussaint, qui a animé durant trois ans le club PME de l'Ecole centrale, avant de fonder ZIA, un cabinet de conseil d'accompagnement des PME à l'export. C'est tout le défi des Petits Poucets de l'économie : " Il faut faire du sur-mesure, avoir une politique de recrutement attirante, se démarquer ", conseille Mme Toussaint.

Car les emplois non pourvus ne sont pas uniquement un problème de candidats. " Les difficultés à recruter viennent aussi de défauts de communication. Les patrons de PME sont souvent trop introvertis ; ils ont du mal à aller voir à l'extérieur. Surtout, ils n'ont pas assez de temps à y consacrer ",constate Christian Janson, patron de Sedepa, un petit équipementier automobile des Yvelines.

" Décalage entre offre et demande "
Le facteur humain joue aussi. " Une petite société comme la nôtre - trente salariés - a besoin de gens polyvalents, qui mettent les mains dans le cambouis. C'est de plus en plus difficile à trouver, notamment chez les cadres. Nous passons donc par un cabinet de recrutement spécialisé dans les PME, qui comprend mieux nos problématiques ", explique Pierre Kuchly, à la tête d'ERA-SIB, une entreprise de robinetterie industrielle du Val-d'Oise. Du côté de Pôle emploi, les choses s'organisent : 4 000 conseillers vont se consacrer d'ici à cet été à l'accompagnement des entreprises dans leur recrutement, notamment les TPE-PME.

Cependant, à en croire les économistes, un certain volant de postes non pourvus est inévitable. " On retrouve ce décalage dans tous les pays. Il est lié au fait que le marché ne s'ajuste pas parfaitement entre l'offre et la demande ", explique M. Ferracci. " Même avec une croissance quasi nulle ces trois dernières années, on a eu 23 millions de contrats signés - dont 86 % à durée déterminée - chaque année. Il y a donc des emplois qui se créent ", indique Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Selon Pôle emploi, seules 6 % des offres n'aboutiraient pas faute de candidat adéquat. Un chiffre qui tombe à 3 % si on y ajoute les entreprises ayant trouvé un salarié en moins de deux mois. " On ne réduira pas ce chiffre à zéro, mais on peut le faire baisser en jouant sur les incitations à la mobilité, en améliorant la formation professionnelle et en allouant davantage de moyens à l'accompagnement des chômeurs ", selon M. Ferracci.

Audrey Tonnelier

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 22 Septembre 2015

Quand la Grande Bretagne préfère ses banques à sa population

Très clairement, la Grande Bretagne souffre d'un problème de taille : elle se concentre sur la paille présente dans l'oeil de sa population en oubliant joyeusement la poutre dans l'oeil de ses institutions financières !

L'ultra-libéralisme de ce pays est donc un problème dans le sens où il tente de faire croire que le problème vient du peuple qui abuse des prestations sociales, alors que ce sont les créateurs de richesse principaux qui ne participent pas suffisamment à la vie de l'Etat ! Pire : ces banques s'engraissent à tout va sur de la spéculation faite sur le dos des plus défavorisés !

Je n'ai pas dans l'idée que la Grande Bretagne soit particulièrement généreuse par ses prestations sociales ! Par contre, elle l'est largement vis à vis de la city qui oublie joyeusement de rétribuer le pays à hauteur de l'argent qu'il lui apporte en fermant les yeux à tout va sur un système ultra-libéral, totalement débridé par une spéculation allant à l'encontre de sa population.

La Grande Bretagne n'est donc pas une Démocratie car elle privilégie ses banques et ses institutions financières par rapport à ses habitants.

En France, nous avons nos problèmes mais d'autres pays ont aussi les leurs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Juin 2015

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Londres ignore les manifestations anti-austérité
Le ministre des finances britannique a annoncé qu'il ne céderait pas sur les coupes budgétaires prévues
La réponse, cinglante, n'a pas tardé. Au lendemain des manifestations anti-austérité qui, samedi 20 juin, ont réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes à Londres, à Glasgow, à Liverpool et à Bristol, le ministre des finances britannique, George Osborne, a exprimé sa détermination à procéder à 12 milliards de livres sterling (16,8 milliards d'euros) de coupes annuelles dans les dépenses sociales, avec pour objectif de réduire le déficit budgétaire tout en incitant les bénéficiaires des prestations à reprendre un travail.

" Combattre la culture néfaste de la dépendance aux allocations et faire en sorte que le travail paie est au centre de notre mission ", écrit le ministre dans une tribune publiée par le Sunday Times, où il qualifie certaines prestations sociales de " largesses financées par la dette ".

Six semaines après la victoire électorale du premier ministre conservateur, David Cameron, le peuple de gauche s'est rappelé à son bon souvenir en défilant nombreux – entre 70 000 et 150 000 personnes, selon les estimations – à Londres. Reliant la Banque d'Angleterre, en pleine City, au Parlement de Westminster, via Downing Street, le cortège, plutôt jeune et très énergique, s'est déployé aux cris de " Non à la guerre contre les pauvres ! ", " Non aux coupes budgétaires ! ", " Stoppons l'austérité maintenant ! " et " Dehors les tories ! ".

Aucun des principaux leaders du Labour, groggy après sa déroute, empêtré dans ses querelles de succession et soucieux d'afficher sa responsabilité en matière budgétaire, n'est apparu dans le défilé organisé par les syndicats et le collectif People's Assembly.

Dans la foule mêlant jeunes, militants syndicalistes et familles avec poussettes, des enseignants et des infirmières témoignaient des conséquences concrètes des coupes dans les budgets sociaux : enfants mal nourris, parents désarmés. Sans la moindre référence à la situation de la Grèce ou d'autres pays européens. " Ce ne sont pas les demandeurs d'emploi indemnisés qui ont coulé les banques ! ", s'est exclamé Caroline Lucas, l'unique députée Verts du pays. " Payez vos impôts ! ", hurlaient les manifestants en passant devant les cafés Starbucks. Selon les organisateurs, le défilé marque " le début d'une campagne de protestations, de grèves, d'actions directes et de désobéissance civile ".

Réduire le déficit de 5 % du PIB
Pas question d'écouter la rue, a répondu en substance George Osborne dans sa tribune du Sunday Times. Cosigné par le ministre du travail et des retraites, Iain Duncan Smith, l'article confirme la volonté de réduire les dépenses de 12 milliards de livres dans le budget annuel d'aide sociale de 220 milliards. Ces mesures d'austérité faisaient partie du programme électoral du parti conservateur destiné à réduire un déficit qui frôle 5 % du PIB. Mais de multiples voix s'étaient exprimées, ces dernières semaines, y compris au sein du parti conservateur, pour s'inquiéter du risque de compromettre le rapprochement avec les classes populaires souhaité par M. Cameron.

Intitulé " Le système social britannique n'est pas un sanctuaire pour les chômeurs ", un éditorial du Financial Times du 7 juin mettait en garde le gouvernement. Des allocations peu généreuses et de fortes incitations à la reprise d'emploi, même mal payé et précaire, permettent au Royaume-Uni d'afficher un taux d'activité record de 73,5 %, rapportait le quotidien. Le nombre d'enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté, qui avait fortement baissé du temps du gouvernement Labour, est passé de 2,3 à 2,6 millions entre 2013 et 2014, selon une étude du très respecté Institut d'études fiscales.

Dans le Sunday Times, George Osborne ne précise pas à quelles allocations il va s'attaquer. David Cameron ayant promis de ne pas toucher aux retraites, ce sont les aides au logement et les réductions d'impôts liées au nombre d'enfants qui devraient être touchées, ciblant de fait les familles à bas revenu. Afin d'inciter à la reprise d'emploi, le chancelier de l'Echiquier veut abaisser le plafond annuel de 26 000 livres (36 300 euros) de prestations de toutes natures que peut percevoir un foyer et supprimer toute aide au logement pour les moins de 25 ans.

" Une décennie " d'austérité au moins sera nécessaire pour parvenir à un budget social " sain ", prévient-il, se réclamant du mandat donné par les électeurs. Le tout-puissant ministre des finances, qui rêve de succéder à --M. Cameron en 2020, se paie même le luxe de faire la leçon aux travaillistes. Il leur demande d'en finir avec ce qu'il considère comme du laxisme, en soutenant les coupes budgétaires qu'il doit annoncer le 8 juillet. L'irresponsabilité prêtée au Labour par les électeurs en matière budgétaire est l'une des explications le plus souvent avancées de leur défaite.

Philippe Bernard

66 %
des Britanniques favorables au maintien dans l'UE

Deux Britanniques sur trois sont favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE), soit le niveau le plus élevé sur les vingt-quatre dernières années, selon un sondage Ipsos MORI publié le 19 juin. 22 % sont d'un avis contraire et 12 % restent indécis. " Le camp du maintien dans l'UE grossit et est aujourd'hui à son plus haut en vingt-quatre ans, même si certains préféreraient aussi une union moins politique ", résume Gideon Skinner, directeur des études politiques chez Ipsos MORI.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 21 Septembre 2015

Y'a-t-il de la lumière à tous les étages dans la tête de Mme Taubira ?

Et pourquoi pas 28h ? Et pourquoi pas 24h ? Franchement : Mme Taubira a-t-elle réellement toute sa tête pour sortir des bêtises pareilles ?

Depuis la mise en place des 35h, notre pays continue à s'enfoncer dans le chômage de masse, tous les pays nous taillent des croupières en terme de compétitivité (parmi lesquels l'Allemagne) et on continue dans notre erreur ?

Quand se rendra-t-on compte de la mondialisation dans laquelle est inscrite notre pays, qui nous oblige à avoir une productivité qui tienne la route ?

Depuis la mise en place des 35h, la France n'a cessé de décroitre sur l'échelon mondial de la compétitivité. En 2007, on était 15e, aujourd'hui, on est 23e.

C'est un classement indigne du rang de la France, et ce classement n'aurait pas été celui-ci si on n'avait pas été dirigé par des politiques qui ont essayé de nous faire croire que nous allions devenir toujours plus riches en travaillant de moins en moins.

Madame Taubira est incompétente et c'est aussi un mal profond causé à la France que cette personne soit ministre.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Juin 2015

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Taubira « rêve d’un monde » avec 32 heures de travail par semaine
Le Monde.fr | 20.06.2015 à 04h14

Christiane Taubira rêve « d'un monde où l'on pourrait travailler 32 heures par semaine » afin de préserver « la vie personnelle et la vie familiale », des propos en rupture avec le discours gouvernemental en plein débat sur la loi Macron.

Le projet de loi pour la croissance et l'activité, qui prévoit notamment l'extension du travail dominical, a été adopté jeudi en nouvelle lecture à l'Assemblée à la suite du rejet d'une motion de censure contre le gouvernement. « J'ai signé lorsque j'étais dans l'opposition une déclaration commune qui indiquait que le dimanche est un jour particulier et je continue à le penser », a témoigné la ministre de la justice, vendredi 19 juin sur BFM TV et RMC.

« Eléments de progrès d’une société »

« Nous devons faire en sorte que dans les éléments de progrès d'une société, pour la vie personnelle et la vie familiale, il y ait des espaces préservés », a-t-elle poursuivi. Avant d'ajouter : « Je rêve d'un monde où le samedi et le dimanche on ne travaille pas ».

« L'idéal, c'est que les gens puissent travailler 32 heures dans une semaine pour avoir du temps pour se consacrer aux autres dans les associations, pour avoir le temps d'aller au musée, sur la plage, de déambuler, de marcher de parler à ses voisins d'aller en librairie, au cinéma, au théâtre etc.. Voilà la société dont on peut rêver ».

La loi Macron prévoit notamment d'autoriser jusqu'à douze ouvertures dominicales des commerces par an sur décision du maire. Des compensations sont prévues, qui seront arrêtées par accord de branche, d'entreprise ou territorial. L'extension du travail dominical est l'un des points de contentieux au sein de la majorité de gauche.

« Je ne suis pas d'accord avec tout », a justifié Christiane Taubira, répétant qu'à ses yeux le dimanche n'était pas un jour ordinaire. « Cependant, a-t-elle tempéré, dans la société il y a des lieux et des moments où il peut être intéressant que l'activité commerciale soit possible, en contrepartie il faut encadrer et c'est ce que fait ce texte-là ».

Valls veut sortir des « dogmes »

Prié de dire si le scénario « rêvé » de Christiane Taubira était à l'étude, Manuel Valls a répondu par la négative. « Non, les Français veulent travailler aujourd'hui », a dit le premier ministre lors d'une visite au Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, en Seine-Saint-Denis.

« Il y a un temps de travail qui existe : il y a les 35 heures, le temps effectif est de 39 heures. Les Français aujourd'hui, ce qu'ils veulent, c'est du boulot. Et le travail, c'est une valeur. » « Soyons pragmatiques, sortons des dogmes et engageons-nous pour la croissance et le travail pour notre pays », a-t-il ajouté.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 18 Septembre 2015

Un voyage honteux !

Le rôle d'un ministre est-il d'utiliser les moyens de l'Etat mis à sa disposition pour aller voir un match de foot de son équipe favorite ? Franchement, je ne le crois pas.

L'avion de la République est fourni pour remplir les missions du ministre, pas de l'homme fan de foot qui en porte le costume.

La faute de M. Valls en était bien une et les tentatives de M. Platini de dire qu'il avait été invité ne tiennent pas ! En effet, ce n'est pas parce que l'on est invité à un évènement que l'on doit utiliser les moyens de l'Etat pour ce faire !

Le contexte professionnel ne tient pas non plus ! Si M. Valls veut parler à M. Platini, M. Platini peut faire le déplacement à Matignon.

Il est encore malheureux de constater cette constance qu'ont nos politiques à considérer la République comme une royauté où tous les avantages sont dus.

Il est temps de penser à l'intérêt général, ce que M. Valls n'a pas fait en l'occurrence.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Juin 2015

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Manuel Valls tente d'éteindre la polémique sur son voyage à Berlin
En marge de sa visite sur l'île, le premier ministre a reconnu avoir pu " se tromper ", tout en refusant de battre sa coulpe

Manuel Valls ne peut pas s'en empêcher : même à propos de la polémique après son déplacement, samedi 6 juin, à Berlin en Falcon gouvernemental pour assister avec ses fils à la finale de la Ligue des champions, il fait du Valls.

Jeudi 11 juin dans la soirée, en marge de son déplacement à La Réunion, il est revenu sur cette affaire devant la presse lors d'une rencontre à la préfecture de Saint-Denis. S'il reconnaît avoir pu " se tromper ", le premier ministre refuse de battre sa coulpe et considère même qu'il ne ressortira pas affaibli de cette séquence.

Il en a vu d'autres, confie-t-il, faisant référence à l'affaire Leonarda en octobre 2013. " Quand on a connu Leonarda, onpeut affronter tranquillement le reste ", relativise-t-il, distinguant cette crise de l'automne 2013, qui le visait lui directement, de la polémique de ces derniers jours, où " on - le - vise par opportunité ". Face à ces événements, M. Valls fait même preuve d'un certain fatalisme. " Je ne refais pas l'histoire, c'est fait. Et quand c'estfait, c'est fait ! ", explique-t-il, avant d'ajouter : " Je sais où je vais, il n'y a pas d'affaiblissement au sens politique du terme. "

Pourtant, le matin, le chef du gouvernement avait jugé bon d'organiser une prise de parole avant même le début officiel de son déplacement. Une allocution quasi solennelle, sur fond de drapeaux tricolore et européen, pour expliquer que " si c'était à refaire, - il - ne le referai - t - pas ", et annoncer le remboursement du prix du transport pour ses deux enfants. La petite phrase, en forme de mea culpa minimal, était destinée à " mettre un point final à cette polémique " afin d'entamer sereinement sa visite réunionnaise, durant laquelle il a annoncé la création de 4 400 emplois aidés supplémentaires en 2015 pour soutenir un territoire miné par le chômage de masse, et une prime pour les planteurs de canne à sucre, confrontés à une baisse des prix.

Revenant le soir sur la polémique, le premier ministre s'est fait plus offensif, dénonçant un emballement médiatique. " Je connaisbien les médias et la politique, le buzz, la manière dont on se jette sur des sujets, ce sont les règles du jeu, je les accepte ", explique-t-il. Mais M. Valls n'est pas du genre à faire pénitence publique. " Je ne suis pas dans la morale ou la contrition ", prévient-il.
" Une confusion "

S'il a décidé mercredi après-midi, alors qu'il était encore à Paris, de réagir dès son arrivée à La Réunion, c'est uniquement parce qu'il avait senti " un trouble " et " une confusion " dans l'esprit des Français. Lui qui se veut " impeccable " dans son rapport à l'opinion, a mesuré tardivement le risque d'une interprétation négative de son comportement par les citoyens.

M. Valls pense néanmoins que l'affaire aura peu d'incidence sur son image. D'abord parce qu'elle n'a en rien entamé ses rapports avec François Hollande. " Le président de la Républiquem'a soutenu du début à la fin, en public comme en privé. Le reste n'est que littérature ", dit-il, répondant aux échos de certains proches de M. Hollande faisant état de son mécontentement. Surtout parce qu'il estime avoir une relation forte avec les Français : "J'ai la même détermination à gouverner, à agir, àréformer. J'ai les mêmes soutiens et la même confiance. Les Français sont un peuple très intelligent, ils savent distinguer ce qui est important de ce qui est accessoire. " Quand on l'interroge sur la trace que laissera cet épisode, le fan du Barça, répond, en souriant : la victoire de son club de cœur. " Quel match ! Ça, ça restera ! "

Bastien Bonnefous

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 17 Septembre 2015

On ne peut pas être bon dans un domaine qui ne nous intéresse pas !

Cet article est affligeant car il est totalement illogique : non, on ne peut pas être bon et performant dans un domaine qui ne nous intéresse pas, in fine, qui nous ennuie !

Le problème de la France et de son éducation se résume à un mauvais postulat : il faut souffrir pour réussir. C'est faux et il n'y a rien de plus faux !

Au contraire, c'est en prenant du plaisir à apprendre et à réfléchir que l'on s'améliore.

Les maux, en matière d'éducation, de la France sont connus :
- Un système inégalitaire qui promeut les classes sociales déjà favorisées. Une exception : les fils et filles de profs qui sont aussi largement favorisés car ils ont un soutien en temps de leurs parents que les autres n'ont pas.
- Un système qui coûte très cher avec de lourdes disparités (les classes prépas et écoles d'ingénieurs sont largement favorisées)
- Un système où les résultats sont très loin d'être à la hauteur à l'échelon international

Les problèmes de la France peuvent être résolus si de véritables réformes, touchant spécifiquement à ces problématiques sont engagées. Parmi lesquelles, redonner du plaisir à apprendre, à être éduqué afin de rentrer sur le marché du travail avec les meilleures armes, ce que à quoi sert véritablement l'Education Nationale.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13 Juin 2015

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Faut-il s'ennuyer pour apprendre ?
C'est une spécificité française : les élèves de l'Hexagone s'ennuient plus en classe que leurs camarades à l'étranger. Mal nécessaire ou anomalie à combattre ?

Enfin les vacances ! De l'année scolaire qui s'achève, nombre d'élèves ne garderont que le souvenir d'un profond ennui. Le phénomène n'a rien de nouveau. En 1879, Jules Vallès dédiait son -livre L'Enfant" à tous ceux qui crèvent d'ennui au collège ". En 1882, dans le Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire coordonné par le philosophe et éducateur Ferdinand Buisson, on pouvait lire : " Qui n'a été frappé, en pénétrant dans la cour d'un de nos grands établissements d'enseignement secondaire, de la mine maussade, éteinte et ennuyée d'un grand nombre de jeunes garçons ? " Plus près de nous, en 2003, lors d'un colloque sur " la culture scolaire et l'ennui ", le sociologue François Dubet avait fait état de " l'ennui épais " qui régnait quand il était au lycée. Dans les colonnes du Monde, le philosophe Luc Ferry, alors ministre de l'éducation, avait même reconnu qu'il s'était " énormément -ennuyé " pendant sa scolarité. " De mon temps, nous étions 80 % à nous -ennuyer comme des rats morts ", précisait-il. Comme si ennui et école allaient inéluctablement de pair.

Est-ce si vrai ? " Chez les tout-petits, l'ennui n'existe pas, rappelle François Dubet. A chaque étape de l'école, l'enfant a l'impression de grandir. En revanche, l'intérêt pour les apprentis-sages scolaires est beaucoup plus relatif chez les adolescents, car ils n'y trouvent pas d'avantage immédiat. " C'est donc vers 13-14 ans que, souvent, tout se gâte.Faut-il s'ennuyer pour bien apprendre ? " On a tendance à considérer que l'ennui fait partie du bagage scolaire, c'est le -tatouage tribal de ceux qui ont fait des -études, remarque Gilbert Longhi, ancien proviseur et président de l'Observatoire déontologique de l'enseignement. Et certains professeurs estiment qu'ils ne font pas classe pour distraire, qu'ils ne sont pas des animateurs du Club Med. Or, on peut rendre le savoir attrayant. "

Si l'on compare la France avec ses voisins européens, on constate en tout cas que l'ennui est un mal bien français – ce qui laisse penser qu'on peut s'en passer. Les études PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) sur le niveau scolaire des élèves de 15 ans, menées dans 65 pays ou économies de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), confortent cette analyse – même si les questionnaires utilisés pour ces enquêtes ne -comportent pas le mot " ennui ".

" Dans certains pays, notamment en Asie, ce mot est beaucoup trop négatif. Nous avons voulu être plus positifs et avons opté pour le mot “plaisir” ", explique Sophie Vayssettes, analyste à la direction de l'éducation et des compétences de l'OCDE. Ainsi, l'étude sur la lecture et le plaisir de lire menée en 2009 montrait que 38,8 % des élèves français ne -lisaient pas pour leur plaisir. Un chiffre pas vraiment catastrophique puisque légèrement au-dessus de la moyenne internationale (37,4 %), mais très mauvais comparé à ceux d'autres pays comme la Grèce, Singapour ou encore le Mexique (de 18 % à 24 %).

En mathématiques, en revanche, la France a de quoi se féliciter : selon une autre étude, réalisée en 2012, 65 % des élèves s'intéressent à ce qu'ils apprennent, contre 53 % en moyenne pour les pays de l'OCDE, et 42 % ont répondu " oui " à la question : " Faites-vous des mathématiques par plaisir ? ", contre 38 % en moyenne. Ces deux bonnes nouvelles étaient toutefois atténuées par la réponse à la question suivante : " Attendez-vous votre cours de maths avec impatience ? " Car ils n'étaient que 24 % à répondre " oui ", contre 36 % en moyenne pour l'OCDE. Ce qui indique, selon Sophie Vayssettes, que " les cours sont moins porteurs que la matière elle-même ". Qu'il s'agisse de la lecture ou des mathématiques, ces deux études ont également mis en relief une corrélation positive entre le plaisir et les résultats scolaires. Autrement dit : plus on s'ennuie, moins on est bon.

Dernier signe donné par PISA de ce sentiment très français d'ennui : nos élèves ne -seraient que 47 % à dire qu'ils se sentent " à l'école comme chez eux ", contre 81 % en moyenne (la Finlande, championne toute -catégorie, atteignant le score de 84 %). Journées trop longues, cours magistraux, élèves écoutant en silence… Les causes de la maladie sont connues. A commencer par la pédagogie très verticale de notre système scolaire, qui induit la passivité dans la classe. " Dans certains pays, comme la Finlande, précise François Dubet, on considère que la motivation scolaire n'est pas acquise : la pédagogie vise à mettre les élèves dans l'activité. Beaucoup le font aussi en France, mais cette démarche s'oppose à notre tradition scolaire qui repose sur l'autorité. " Pour lutter contre le manque d'intérêt de ses élèves, l'école a introduit les nouvelles technologies, réinventé les programmes et parfois les pédagogies. Il n'empêche : les jeunes s'ennuient toujours. Pour légitimer sa réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'éducation nationale, a dû ressortir une enquête de 2010 montrant que 25 % des élèves de l'école primaire s'ennuient souvent, voire tout le temps. Et ils seraient 71 % à être dans ce cas au collège.

Mais, au fond, est-ce si grave ? L'ennui semblerait propice au développement de l'imaginaire de nos enfants. Il est source de créativité, répètent à l'envi psychologues et psychothérapeutes, qui nous vantent les bienfaits de l'ennui à la maison. En 1984, une publicité mettait en scène le petit Guy Degrenne, -devenu plus tard un industriel de renom. " Ce n'est pas comme ça que vous réussirez dans la vie ! ", lançait le proviseur à l'enfant, lequel passait son temps en cours à dessiner des couverts dans les marges de ses cahiers. " Guy Degrenne, aujourd'hui, il est premier ", -concluait la publicité… omettant de préciser qu'il était diplômé de l'Essec !

Plus sérieusement, on peut méditer les propos de l'historienne Mona Ozouf, qui écrivait, dans un numéro de la Revue internationale d'éducation de Sèvres consacré au plaisir et à l'ennui à l'école (n° 57, septembre 2011) : " Au moins peut-on suggérer aux parents et aux maîtres de ne pas craindre l'ennui ; de cesser d'en faire l'emblème de l'échec : celui de leur éducation, pour les premiers ; de leur enseignement, pour les seconds ; d'abandonner la tâche écrasante et chimérique de faire advenir un monde sans ennui. Au lieu de rêver de chasser tout ennui de l'école, mieux vaudrait se mettre à l'école de l'ennui. " Si ce n'est que derrière les portes de cette école-là se cache la démotivation, qui fait elle-même le lit du décrochage scolaire.

" L'ennui fait partie de l'expérience de la vie. Mais il pose un problème lorsqu'il crée un dégoût de l'école ", affirme Gilbert Longhi. Le -pédagogue Philippe Meirieu ne dit pas autre chose, qui souligne que l'ennui est " consubstantiel à la formation du sujet ". " Il faut des moments d'attention flottante, des passages à vide, qui peuvent parfois permettre des associations d'idées et suggérer de la créativité, précise-t-il. Mais attention ! Cela n'est vrai que pour les élèves qui ont un bagage culturel et sont capables de reconstituer la trame du cours à partir de quelques éléments. Les autres vont inévitablement décrocher et cet ennui va se transformer en agitation et en échec. "

L'écueil est encore plus dangereux lorsque l'enfant est précoce ou, au contraire, en difficulté scolaire. Les premiers comprennent trop vite, doivent attendre que leurs camarades aient terminé leurs exercices et finissent par s'ennuyer parce qu'ils ne sont pas assez " nourris intellectuellement ", pour reprendre le mot de Philippe Meirieu. " Cet ennui-là peut être une véritable souffrance pour certains élèves ", insiste Gilbert Longhi. Pour les seconds, ceux qui sont à la traîne, les apprentissages apparaissent trop difficiles. L'ennui s'installe, ils finissent par décrocher.

La réponse est donc claire : l'ennui scolaire est plus néfaste que bénéfique. La mise en place, à la rentrée scolaire 2016, des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) et la plus grande autonomie pédagogique donnée aux établissements qu'instaure la réforme du collège permettront-elles d'atténuer le mal ? On peut l'espérer… ou pas du tout. " Ce sera peut-être pire qu'avant, s'inquiète Philippe Meirieu, car on aura institutionnalisé les cours assommants et les cours sympathiques. Mais si les EPI permettent de ne plus s'ennuyer durant le cours de maths ou d'histoire, alors cette réforme sera une vraie réussite. "

Nathalie Brafman

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Septembre 2015

Nous nous sommes comportés comme des lâches en Afghanistan

On a bénéficié d'une aide par la population et nous avons abandonné les gens qui nous l'ont apportée... C'est honteux ce qu'il s'est passé. La moindre des choses aurait été d'assurer la sécurité à des gens qui nous avaient aidés.

Il n'est cependant pas trop tard : il faut savoir renvoyer l'ascenseur et accueillir ces gens qui nous ont aidés car leurs choix les met en danger.

C'est un choix politique que nous nous devons d'assumer...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Juin 2015

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" La France nous a déjà abandonnés une fois… "
A Kaboul, des anciens interprètes de l'armée française survivent dans l'attente d'un visa

Adil Abdulraziq a un épais dossier sous le bras. Des documents prouvant qu'il a travaillé en tant qu'interprète pour l'armée française, entre 2001 et début 2014. " Voici mes contrats et mes bulletins de salaire, ma photo avec l'ambassadeur de France et une autre qui me montre en train de patrouiller avec les soldats français, dit-il dans un français impeccable en sortant un par un les feuillets, maniés avec minutie. Et ça, c'est le formulaire de demande de visa que j'ai dûment rempli. C'est mon colonel qui me l'a donné. "

Las, sa demande de visa a été rejetée alors que 73 autres Afghans ayant collaboré avec les forces françaises ont déjà obtenu l'asile en France, accompagnés de leurs familles. Aujourd'hui, Adil Abdulraziq, 29 ans, est le porte-parole de cinquante autres interprètes, qui affirment être menacés dans leur pays. Le départ en France est, pour eux, une question de vie et de mort.
Mobilisation

Pendant treize ans, Adil Abdulraziq était chargé de mettre en place des barrages sur les routes, d'entrer dans les maisons des villageois, de leur demander de sortir avant que les forces françaises procèdent à des fouilles. " Les Français ne connaissent pas la culture afghane. C'était donc à l'interprète afghan d'entrer et d'avertir les occupants, surtout les femmes ", explique-t-il.

Les villageois l'ont à de multiples reprises photographié et filmé, en tenue militaire, fusil à la main et le visage découvert. Cela lui vaut de nombreuses menaces. " En 2011, j'ai trouvé une lettre collée à ma porte. Quelques jours plus tard, j'ai reçu un appel téléphonique. La voix me disait que j'étais un infidèle, un espion et un traître et que je serai décapité ", se souvient l'interprète. Quelques mois plus tard, une explosion a détruit le mur de sa maison. La police afghane a confirmé qu'il avait été ciblé en raison de son engagement auprès des Français.

La demande de visa d'Adil Abdulraziq date de mi-2013. Un mois après le dépôt de sa demande, on lui a signifié que la procédure de visas pour les interprètes était close. Depuis, il sort rarement de chez lui et vit dans l'angoisse permanente. Il a essayé de trouver du travail dans différents domaines. Sans succès. " Les employeurs pensent que, s'ils nous engagent, ils seront en danger eux aussi ", explique Adil Abdulraziq.

Si certaines des demandes ont été rejetées, c'est également parce que les interprètes ont présenté leur requête après la fin de leur contrat ou bien après le départ de la grande partie des forces françaises de combat, en 2012.

Outre les interprètes, d'autres Afghans ayant occupé diverses fonctions auprès de l'armée française se disent en danger. " La situation sécuritaire est en train de se dégrader avec les attentats et les explosions qui se multiplient ", explique Mustafa Qhaderi. Cet Afghan de 31 ans a travaillé, entre 2006 et fin 2014, sur différents marchés construits dans les camps militaires français à Kaboul. D'abord en tant que marchand de tapis, ensuite en qualité d'interprète et d'intermédiaire entre les Français et les boutiquiers afghans. Des services qu'il a payés cher.

En 2008, il a été kidnappé pendant vingt-huit jours par les talibans, avant d'être relâché contre 20 000 dollars (18 000 euros), payés par son frère. Depuis la fin de son contrat, il s'est réfugié dans la boutique de son frère, située à Shahr-e Naw, quartier du centre-ville de Kaboul. " Je n'ai pas fait de demande de visa, car mes amis qui en ont demandé un ne l'ont pas eu. S'ils y parviennent, je demanderai moi aussi à partir ", dit-il.

Comme lui, Sadiq Sarfaraz, l'ancien chauffeur de la secrétaire de l'ambassadeur de France à Kaboul, entre 2011 et 2013, n'a pas encore formulé sa demande de visa. Depuis la fin de son contrat, il est au chômage et vit avec sa belle-famille à Chelton, une banlieue au nord-ouest de la capitale afghane. Après des visites menaçantes, son fils de 17 ans et sa fille de 13 ans ne vont plus à l'école. " Notre vie est en danger. Mes enfants sont fatigués d'être toujours enfermés à la maison. J'aimerais qu'ils puissent aller à l'école, mais ici, ça n'est plus possible ", se désole sa femme, Bilgheis.

Pour faire connaître leur situation auprès des autorités françaises, les interprètes ont organisé trois manifestations à Kaboul. La dernière, le 5 mars, devant l'ambassade de France, a connu un grand écho médiatique. L'avocate française Caroline Decroix a décidé de se battre pour régler le problème des interprètes afghans et " les faire venir en France ", explique-t-elle. Un collectif de 35 avocats a vu le jour ; il s'occupe de 127 dossiers.

Cette mobilisation a porté ses fruits : une délégation du Quai d'Orsay s'est rendue à Kaboul pour déterminer les modalités et les critères du nouveau processus de relocalisation. Le 22 mai, le collectif a été reçu au ministère des affaires étrangères, où il a appris que " tous les auxiliaires afghans qui ont travaillé pour l'armée française pourront déposer une demande de visa de long séjour pour eux et leur famille " avant le 30 juin.

A Kaboul, Adil Abdulraziq n'est pas tout à fait rassuré. " La France nous a déjà abandonnés une fois et nous avons peur qu'elle recommence, explique-t-il. Tant qu'on n'obtient pas de visa, je doute que cette nouvelle décision puisse débloquer notre situation. "

Ghazal Golshiri

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 15 Septembre 2015

Méfions-nous de ces médicaments pourvus de vertus qu'ils n'ont pas

En matière psychiatrique, en France, nous avons des réflexes délétères : nous faisons trop confiance aux médicaments, pas assez à l'accompagnement psychologique.

Le problème c'est que les médicaments ne sont pas anodins et loin s'en faut ! Il est évident qu'à partir du moment où ils touchent au cerveau, ils peuvent être dangereux, et pour une part, ils le sont. Ils peuvent être à l'origine de syndromes suicidaires et peuvent induire des effets secondaires importants.

Bref, il faut prescrire à juste escient, ne pas hésiter à enlever certains médicaments de notre pharmacopée à partir du moment où le bénéfice-risque penche du mauvais côté, et mettre le paquet sur l'accompagnement psychologique, même si le coût à payer est plus important.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 5 juin 2015

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Ces scandaleux antidépresseurs
Il est révoltant de voir des médicaments aux effets dangereux ou qui conduisent au suicide être encore remboursés par la Sécurité sociale
Entre risques pour la santé et effets secondaires causant des comportements suicidaires et agressifs, certains antidépresseurs, toujours remboursés par la Sécurité sociale, présagent un scandale sanitaire qui ne dit pas encore son nom. Des antidépresseurs qui causeraient des comportements violents et agressifs ? L'information a de quoi surprendre, mais elle a été maintes fois démontrée.

En février 1998, l'Américain Tim Tobin, sous Deroxat, tue sa femme, sa fille et sa petite-fille. Le chercheur et psychiatre britannique David Healy révèle que le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) avait caché des essais cliniques prouvant que le Deroxat était responsable de comportements agressifs chez 25 % des patients testés. GSK a été condamné par la justice américaine à dédommager le gendre de Tim Tobin.

La question de l'impact de certains antidépresseurs mérite d'être posée dans le cas d'Andreas Lubitz, le copilote de l'Airbus A320, qui a entraîné 150 personnes dans sa folie meurtrière. Lubitz était sous agomélatine, une molécule développée par les laboratoires Servier, dont la revue médicale indépendante Prescrire évaluait en janvier qu'elle expose à des comportements suicidaires et agressifs. Elle est remboursée à hauteur de 65 % en France. Les autorités sanitaires doivent prendre conscience du danger que font courir certains antidépresseurs et les dérembourser. Combien faudra-t-il encore de " cadavres dans les placards ", comme il est coutume de dire dans certaines entreprises du médicament, avant que les responsables politiques agissent enfin ?

Hépatites et hémorragies
Le 23 avril, l'Agence européenne du médicament (EMA) a autorisé un nouveau générique contre les troubles dépressifs majeurs, le Duloxétine Mylan. La substance active de ce médicament est la duloxétine, qui n'évoque rien au grand public, mais fait peser un danger certain sur la santé. Pour comprendre la controverse qui entoure cette molécule, il faut revenir en 2004, lorsque l'EMA autorise la mise sur le marché du Cymbalta, du laboratoire pharmaceutique américain Eli Lilly.

Pour évaluer son efficacité contre la dépression majeure, le Cymbalta n'a été comparé qu'avec un placebo. L'EMA reconnaît que les résultats des essais cliniques concernant la dépression sont variables et que le Cymbalta n'a été plus efficace que le placebo que dans quatre études parmi les huit effectuées. En janvier 2015, Prescrire publie une évaluation sans concession du Cymbalta. Selon la revue, la duloxétine expose entre autres à des troubles cardiaques, des hépatites ainsi qu'à des hémorragies parfois mortelles. En France, le Cymbalta, qui coûte 26 euros, est remboursé à 65 % par la Sécurité sociale…

Quant au Deroxat, il est remboursé à 65 % dans l'Hexagone, alors même que Prescrire affirmait en 2003 qu'il n'a pas de supériorité certaine comparée à un placebo dans le traitement de l'anxiété. En 2006, la Food and Drug Administration (FDA), l'agence du médicament américaine, reconnaît que les effets secondaires comme l'envie de suicide sont probables.

L'allégation de suicides causés par les antidépresseurs peut paraître paradoxale, mais elle a été vérifiée dans plusieurs études. Que l'on parle du Cymbalta ou du Deroxat, ces deux antidépresseurs sont ce qu'on appelle des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Pour David Healy, les antidépresseurs ISRS causent des risques accrus d'effets secondaires suicidaires. Healy a déjà explicité ce risque dans plusieurs études en les comparant à un placebo. C'est le cas du Deroxat, qui a causé deux fois plus de tentatives de suicide ou de suicides chez les patients qui y ont eu recours que ceux à qui on a prescrit le placebo lors des essais.

Le remboursement de tels médicaments, dangereux et sans valeur ajoutée thérapeutique, est un scandale qui doit cesser au plus vite !

Par Michèle Rivasi

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Publié le 14 Septembre 2015

Comment peut-on continuer à justifier l'injustifiable

La présidente de l'INA profite de son poste pour faire des dépenses à titre personnel, elle est virée... et réintégrée !

Ne se moquerait-on pas un peu du peuple ? Ne se fouterait-on pas, un peu de la gueule du monde dans cette histoire ?

Madame Fleur Pellerin n'a-t-elle pas quelque peu oublié que la République impose des actions intègres et irréprochables ? Madame Fleur Pellerin a-t-elle oublié que sa mission était de servir et non de se servir ?

Il est grandement inadmissible que l'on puisse profiter d'un poste de service public, payé par le contribuable, dans un objectif personnel. Le faire, doit être condamné par la faute lourde ! Comment dès lors comprendre que de fautes lourdes, on n'a point mais que l'on est réintégré par la petite porte ?

Par son comportement, Madame Fleur Pellerin se rend complice des agissements de Madame Agnès Saal. A ce titre, Madame Fleur Pellerin doit démissionner... ou être démissionnée car la République ne peut accepter de tels comportements de la part de personnes qui se doivent de servir l'Etat et ses contribuables !

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Fleur Pellerin justifie la réintégration de l’ancienne présidente de l’INA

Le Monde.fr | 21.05.2015 à 15h16 • Mis à jour le 21.05.2015 à 15h47

La réintégration jeudi 21 mai de l’ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal au ministère de la culture relève de la stricte « application du droit de la fonction publique », a jugé jeudi 21 mai sur RTL la ministre Fleur Pellerin.

L’ancienne présidente de l’INA avait dû démissionner le 28 avril de ses fonctions à la suite de la révélation de frais de taxi dépassant 40 000 euros en dix mois, dont 6 700 euros pour son fils, alors qu’elle disposait d’une voiture de fonction avec chauffeur.

Jeudi, la fonctionnaire a réintégré le ministère de la culture : elle est désormais rattachée au secrétariat général avec un titre de chargée de mission sur les questions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Un titre qui n’est pas particulièrement prestigieux, sans avantage attaché à la fonction.

« Il ne faut pas donner l’impression qu’Agnès Saal n’a pas été sanctionnée. Il y a eu une réelle sanction, puisqu’elle était présidente de l’INA. Elle est aujourd’hui chargée de mission, c’est une vraie sanction pour le coup, et donc elle a été déjà sanctionnée. Il y a un conseil de discipline qui devra statuer sur les suites à donner à l’enquête que nous sommes en train de conduire. »

Jeudi matin, le secrétaire général de l’UMP, Laurent Wauquiez, s’était dit, sur RTL, « choqué » par cette réintégration de la fonctionnaire : « Je considère que dans une période où on demande des efforts, il faut de l’exemplarité » pour les politiques et les fonctionnaires.

Le directeur général de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (Ifcic), Laurent Vallet, a été nommé, mercredi 20 mai en conseil des ministres, à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) à la suite d’Agnès Saal.

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Publié le 11 Septembre 2015

Un portrait au vitriol de M. Laurent Wauquiez

L'intérêt est que si on a envie de voter pour ce "professionnel de la politique", une fois que l'on a vu et apprécié le CV, on n'a plus du tout envie !

Encore un carriériste ! Encore un type obnubilé par sa petite personne et soucieux des autres que par le souci permanent de ce que l'on peut lui apporter...

Et dire que ce Monsieur est tête de liste aux futures élections régionales... Pauvre France...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Mai 2015

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Le " bad boy " de la droite
Laurent Wauquiez, le numéro 3 de l'UMP, a une drôle de manière de récrire son CV, de traiter ses rivaux, de recourir à la com. Qui se cache derrière cet ambitieux décomplexé ?
Paramètres de course, performances, cadence, oscillations… La montre de Laurent Wauquiez, une Garmin, chronomètre la foulée des joggeurs. Une montre d'hommes pressés qui aiment " scorer ", de marathoniens sans gras, nourris aux sucres lents. La vie politique est comme un long jogging, et Laurent Wauquiez la porte en toutes circonstances. Le 30 mai, pour le congrès fondateur des Républicains, ou le lendemain, pour les Running Days du Figaro – dont il a distribué lui-même le flyer aux dirigeants de son parti. Pour l'Urban Trail de Lyon aussi, qu'il vient de courir pour la première fois cette année. Un indice qui n'a trompé personne. La capitale des Gaules, la plus belle réserve de voix de la droite : voilà le nouveau défi que s'est fixé le numéro trois de l'UMP.

Jamais de Rolex, pas de chauffeur, pas de cireur de Weston : dans son fief de Haute-Loire, où il est très populaire, chacun a remarqué, pas dupe, la montre et les " vieilles godasses " que porte Laurent Wauquiez. S'il tombe un jour, ce ne sera pas par là où la droite bling-bling ou la gauche caviar ont péché. Tout est calculé pour plaire, dans une tension maximale vers sa réussite politique. Le responsable de la mort de la petite Chloé, en avril, à Calais ? La " politique de désarmement pénal " de la garde des sceaux Christiane Taubira. L'hommage gouvernemental aux milliers de victimes algériennes de Sétif, en 1945 ? On aurait pu s'en passer : la France est " le seul pays à passer son temps à s'excuser de son histoire ". Lorsqu'il était ministre, sous Nicolas Sarkozy, il avait aussi expliqué que l'homosexualité était incompatible avec ses " valeurs personnelles ". Et que l'assistanat était devenu " le cancer " de la société française.

" Quand j'entends Wauquiez, j'ai l'impression d'avoir Philippot du FN en stéréo ", ironise le sénateur centriste de Paris Yves Pozzo di Borgo. En Rhône-Alpes, où Wauquiez vient d'être investi pour les élections régionales de décembre, ses amis de l'UDI menacent de présenter une liste avec le MoDem contre celle de l'UMP. " Tueur ", " Judas ", " narcissique obsessionnel ", " Laval au petit pied "… Jamais peut-être homme politique n'a été autant détesté – et craint – que lui, notamment dans son camp.

Pasqua, Millon… La droite française a toujours compté dans ses rangs des briseurs de tabous – son " salaud ", diraient certains. Allié de Nicolas Sarkozy dans sa campagne contre Alain Juppé pour la présidentielle de 2017, Laurent Wauquiez incarne aujourd'hui ceux qui se barricadent face aux migrants, au mariage homosexuel, à l'islam. Génération " transgression " : ses traits de moins en moins poupins ont donné un visage à la droite dite " décomplexée ".

A 40 ans, il n'a pourtant ni l'âge, ni le profil, ni la circonscription de l'emploi. Sur le papier, Wauquiez est au pire un " techno ", au mieux un clerc : major de l'agrégation d'histoire, de l'ENA, titulaire d'un DEA de droit public. " Son obsession : ne jamais ressembler à une tête d'œuf ", explique Stéphane Israël, complice de l'ENA devenu patron d'Arianespace. Fautes d'accord, liaisons hasardeuses, Wauquiez parle simple et mal pour " faire oublier qu'il est bien né ", sans hésiter à " surjouer sa syntaxe dyslexique ", convient Marie de Gandt, amie de khâgne et ex- " plume " de Nicolas Sarkozy.

Il glisse en revanche tout à son aise sur la glace lorsqu'il faut inaugurer une patinoire ; débarque en kimono dans la nouvelle salle de judo ; en maillot de bain pour un match de hockey subaquatique. Il est le plus baraqué de l'équipe qui pose autour du bassin pour la presse locale. " C'est Poutine ", siffle, mi-moqueur, mi-admiratif, un proche de sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), vice-présidente déléguée de l'UMP.

Depuis 2004, date de son élection comme député de Haute-Loire, cet as du storytelling peaufine autant sa statue que son curriculum vitae. A l'en croire, il est un pur enfant du plateau du Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), cette terre protestante qui a sauvé un millier d'enfants juifs pendant la guerre. " Quand on est originaire d'un territoire comme celui-là, la politique ne se vit pas n'importe comment… " " C'est en face de chez moi qu'on a accueilli et protégé Elie Chouraqui… " Il explique aussi parfois qu'il est passé par le fameux Collège cévenol du bourg. Faux. " Il était à Victor-Duruy ", confirme sa mère, devenue justement en 2014… maire de la commune. C'est elle qui, lorsque son époux Philippe est muté à Lyon, en 1980, achète deux corps de ferme sur ce plateau, dans un hameau nommé Devesset, en Ardèche, pour y passer les vacances. Y compris lorsque, contrainte au divorce, elle quitte Lyon pour Paris afin d'élever son " quatrième " et petit dernier.

" Lorsqu'il était petit khâgneux et que nous nous fréquentions, il parlait beaucoup de son ascendance industrieuse et dynamique du Nord ", raconte l'historien Jean-Pierre Rioux, qui fit passer l'agrégation au chouchou de sa femme, Hélène, prof en prépa littéraire à Henri-IV. Les Motte sont une dynastie qui remonte au Moyen Age, étudiée par les historiens. Textiles d'un côté, voiliers de l'autre, les Motte et les Wauquiez viennent de Roubaix, Tourcoing et de Belgique. " J'ai remonté les deux branches jusqu'en 1678 : tout du Nord et du flamand ", certifie la généalogiste Brigitte Dumas, qui, dimanche 17 mai, pour le quotidien L'Eveil, a exposé au Puy-en-Velay l'arbre des élus ou natifs de Haute-Loire. Dont cette famille qui compte, avant la guerre, une flopée de maires, de députés et de sénateurs.

En khâgne, Laurent s'appelait Wauquiez. A l'ENA, il prend le nom de Wauquiez-Motte, comme s'il voulait faire payer à son père, par l'état civil, divorce et remariage. Un " employé de banque ", explique-t-il à ceux qui, en 2007, dressent le portrait du jeune prodige, porte-parole du gouvernement à 32 ans. Philippe Wauquiez, diplômé de l'Essec et de l'Insead, est en réalité l'un des dirigeants d'Indosuez, directeur de la banque à Lyon avant de devenir responsable de sa filière suédoise. Un intime du financier Marc Ladreit de Lacharrière, ce Laurent de Médicis de la Ve, auquel le " numéro trois " de l'UMP continue de donner chaleureusement du " parrain ", même s'il n'est pas son filleul. Il faisait en revanche lanterner son père dans le hall d'accueil de ses ministères : les politiques ont beau détester la psychanalyse, leurs carrières puisent souvent aux mythes qui la fondent.

Un coach vocal pour 15 000 euros
A Paris, Laurent Wauquiez et sa mère logent dans le très bel appartement familial des Motte, rue Vaneau, dans le 7e arrondissement, en plein quartier des ministères : les fenêtres donnent sur les jardins de Matignon. Nicolas Jones-Gorlin, un des anciens condisciples de Sciences Po, journaliste aux Inrocks et romancier (il est l'auteur de Rose bonbon, ce roman publié chez Gallimard qui avait tant affolé les associations de lutte contre la pédophilie), avait raconté en 2010 cet " autre monde " où " une femme en tablier faisait le service ". Sous les moulures, " Laurent parlait avec la désinvolture d'un Bruce Wayne, comme si ce luxe n'existait pas ". " In bed with Laurent Wauquiez ", c'était le titre de l'article : l'un des rares à avoir échappé à l'efficace communication du secrétaire d'Etat à l'emploi.

Il y mettait les moyens. Au point que la Cour des comptes s'est interrogée, en 2011, sur les 73 817 euros dépensés en 2008 et 2009 en sondages, notamment par le biais de la Sofres, pour interroger les Français sur " la notoriété et l'image du ministre (dynamisme, sympathie, courage, modernité, sincérité, etc.) ".

L'administration de Bercy, où règne alors Christine Lagarde, se souvient aussi des dépenses en pure communication du secrétaire d'Etat entre 2008 et 2010. Parmi les prestataires, l'incontournable institut Giacometti-Péron – ces spin doctors qui ont plaidé il y a quelques jours pour une tribune commune de NKM et de Wauquiez défendant l'appellation " Républicains " (305 937 euros en 2009,selon les documents que Le Monde s'est procurés), ou encore Médiascopie, pour " debriefer " les prestations télévisées (36 477 euros en 2008). Mais également Nomen, chargé de trouver le nom et le logo de Pôle emploi (162 195 euros en 2008). Ou encore, en 2010, Alter et Coach BTC Partners, mandaté par le ministre pour l'aider à " sortir de ses propres sentiers battus " et " prendre de la hauteur par rapport au quotidien " (11 840 euros). Laurent Wauquiez a même recours à un coach pour modeler sa voix (la cantatrice Dominique Wenta, devis de 15 000 euros TTC). Sans oublier l'ami Stéphane Fouks, patron d'Havas Worldwide (ex-EuroRSCG), qui obtient, en 2008, 89 700 euros (sur les 467 774 euros dépensés par le ministère), plus… une Légion d'honneur sur le quota du ministre de l'emploi.

C'est en sa compagnie que Laurent Wauquiez assiste enthousiaste, en août 2008, à Denver, à l'investiture de Barack Obama, en compagnie de la journaliste Anne Sinclair et de l'ex-grand maître du Grand Orient Alain Bauer, une fréquentation régulière. C'était " Wauquiez saison I ", l'époque où le futur secrétaire général des Républicains admirait les démocrates américains, les centristes européistes, le christianisme social. N'avait-il pas pris rendez-vous avec Raymond Barre, en 2002, avant de comprendre que l'ancienne circonscription du premier ministre était déjà réservée ? Il aurait même cherché à s'entendre avec des socialistes : " Faux, répond Wauquiez, c'est Manuel Valls qui, lorsque je l'avais croisé au Caire, où il accompagnait Lionel Jospin, m'avait fait des offres de services. "

Carte électorale à l'appui, il s'est déjà trouvé un père de substitution. Jacques Barrot n'avait jamais entendu parler du jeune homme lorsque le patron des chaussures André lui fait savoir que le fils d'Eliane Motte cherche un stage. Laurent Wauquiez arrive au Puy à l'été 1997, une semaine avant les jeux d'Intervilles, avec Guy Lux et ses vachettes – il se vantera souvent de les avoir organisés. Quand il revient en Haute-Loire, il est conseiller d'Etat : Ladreit lui avait recommandé l'inspection des finances, mais le jeune énarque a préféré ce corps dont on s'échappe plus facilement. Fait un stage à l'ambassade de France au Caire, où il dit " s'être mis " à l'arabe (littéraire), commence un mémoire sur " l'Orient des Lumières " et ne jure que par l'islamologue Louis Massignon.

Il en revient auréolé de sa plus belle légende : l'amitié de Sœur Emmanuelle. " Avec elle, j'ai passé plusieurs mois en Egypte, raconte-t-il à la presse dès qu'il le peut. Je m'étais engagé dans un quartier du Caire, le Moqattam. Quand Sœur Emmanuelle me voyait, elle me regardait droit dans les yeux et me disait : “Mon petit Laurent, qu'as-tu fait de bon depuis que je t'ai vu ?” " Problème : personne, sauf lui, ne se souvient de ces rencontres entre la fondatrice des Chiffonniers du Caire et le stagiaire de l'ENA. A chaque nouvel article, ses camarades du Palais-Royal scotchent, moqueurs, les détails de sa geste égyptienne sur les colonnes de la salle Parodi. Est-ce la peur de se voir un jour passé au crible du fact-checking, ce cauchemar des approximatifs ? En décembre 2007, le tout frais porte-parole de Nicolas Sarkozy se rend dans une maison de retraite du Var où la religieuse, intubée, à moitié-consciente, attend sa mort : il ne sera pas dit qu'ils ne se sont pas rencontrés.

" Je te briserai "
En Haute-Loire, on croit Jacques Barrot immortel, ou presque. Le ministre veut pourtant organiser sa succession. Son fils, Jean-Noël, né en 1983, est trop jeune pour prendre sa suite. Il met donc le pied à l'étrier au jeune Wauquiez. " Jacques a toujours accordé de la valeur aux diplômes ", soupire Madeleine Dubois, sa collaboratrice de toujours, devenue aujourd'hui vice-présidente du département. Quand, en 2004, Barrot est nommé commissaire européen, il lui lègue tout : sa notoriété, ses collaborateurs de vingt ans, ses dossiers mis à jour, ses précieuses archives… jusqu'à sa maison d'Yssingeaux, dont le rez-de-chaussée abrite la permanence du député de Haute-Loire. " Il ne me paie pas de loyer, et il a même pris ma femme de ménage ! ", s'amuse Jacques Barrot après la victoire – haut la main – de son protégé.

C'est à peine si on relève, au départ, la distance que le fils adoptif installe avec le " père ". Oh, ce ne sont d'abord que quelques mots. Pendant des années, il a serré les mains dans son sillage, à moins d'un mètre de lui. Le nouveau député oublie désormais de le citer dans ses discours ; il s'approprie ses réalisations. " Il est bien, Jacques, mais il se fait vieux… Ça va pas toujours le faire ", glisse, l'air de rien, Wauquiez à la jeune garde locale de l'UMP. En 2008, il empêche le fils Barrot de devenir le suppléant de Madeleine Dubois aux cantonales. L'alerte devient autrement sérieuse en janvier 2011, lorsque " Jean-Noël " guigne un autre canton, à 15 kilomètres de là. Wauquiez et le jeune Barrot se retrouvent dans l'ascenseur de l'hôtel du département. La phrase exacte n'a pas été consignée, mais le second entend clairement le premier lui parler de " balle dans la tête ".

Une balle, comme cette " balle perdue ", comme celle que Wauquiez promet, par texto, en 2012, à la députée européenne Françoise Grossetête, qui soutient Jean-François Copé dans sa guerre au couteau contre François Fillon pour prendre la tête de l'UMP. Une spécialité, chez Laurent Wauquiez, ces salves de textos, souvent nocturnes, qu'il envoie frénétiquement : " Tu m'as trahi… ", " Tu me trouveras sur ta route "… " Je te briserai "… Des menaces qui se ressemblent toutes, et que leurs destinataires racontent à voix basse. Jacques Barrot s'en inquiète désormais tout haut.

" J'ai planté un arbre qui va vous faire durablement de l'ombre, prédit-il à Faraj Benoît Camurat, alors délégué de circonscription en Haute-Loire. J'ai fait rentrer le loup dans la bergerie. " Le coup de grâce vient au printemps 2014, quand Laurent Wauquiez publie Europe : il faut tout changer (Odile Jacob). Au menu : l'Europe à six, la sortie de Schengen, la fermeture des frontières… Devant Arlette Arnaud-Landau, la mère de Bruno Julliard, qui fut la maire socialiste du Puy avant de se faire balayer par Wauquiez en 2008, il s'épanche, plein de tristesse : " Si je pouvais changer quelque chose dans ma vie, cet homme ne mettrait pas les pieds en Haute-Loire. C'est mon grand remords, chère Arlette. " Beaucoup assurent l'avoir vu pleurer.

L'Europe. La grande transgression. Un numéro déjà rodé à Paris, lors d'une réunion des ténors de l'UMP avant les européennes. Ce 15 avril 2014, Laurent Wauquiez entonne son nouveau refrain eurosceptique. " Parler de protectionnisme, c'est une idée stupide ", assène Alain Juppé. " Un sparadrap dont on ne se défait jamais ", renchérit Jean-François Copé, alors président du parti. " Irresponsable ", peste Michèle Alliot-Marie. " Cela revient à flatter le peuple dans ses peurs, ajoute Jean-Pierre Raffarin. Je trouve invraisemblable qu'un quadragénaire comme toi, sorti d'une grande école, veuille que la France se recroqueville sur elle-même. " Même François Fillon rappelle son affidé à l'ordre : " Quand on est au pouvoir, on ne quitte pas Schengen comme ça. " " Ce jour-là, on lui a réglé son compte pour l'ensemble de son œuvre ", résume un participant.

Avec l'aide de Jean-Marc Plantade, ancien communicant de Christine Lagarde, Jacques Barrot se fend d'une tribune dans Les Echos : " L'Union européenne mérite mieux que ce livre inspiré par je ne sais quel populisme en cours aujourd'hui. " Quelques mois plus tard, le jour où Laurent Wauquiez est nommé numéro trois de l'UMP, Barrot est foudroyé par une crise cardiaque et s'éteint dans le métro. Pour les obsèques, dans l'église Saint-Pierre d'Yssingeaux, le 9 décembre 2014, Jean-Noël prend seul la parole, selon les instructions laissées par son père. Il cite " les amis de toujours ", mais pas le maire et député du Puy, rappelle que son père s'inquiétait de voir " l'Europe céder à la tentation du repli ". " J'ai vu Wauquiez rentrer les épaules ", raconte un participant.

Rendez-vous avec Patrick Buisson
Qui comprend alors que, dans l'ombre, un génie invisible dicte la nouvelle vulgate du ministre – le scénario du " Wauquiez saison II " ? La rencontre entre Patrick Buisson, l'ex-patron de Minute devenu conseiller préféré de Nicolas Sarkozy, et le jeune porte-parole date de l'hiver 2007. Un jour pluvieux de décembre, un sarkozyste de la première heure, aujourd'hui directeur général du groupe Arnault, Nicolas Bazire, vient déjeuner à hôtel de Cassini, rue de Babylone, à Paris. Invité avec lui (il assure ne pas s'en souvenir), le tout nouveau patron de la chaîne Histoire, qu'il a déjà rencontré, s'y trouve aussi. C'est le début d'une série de rencontres entre deux historiens, mais aussi deux cynismes. Buisson voit en Wauquiez un élève brillant capable de dérégler durablement le logiciel de la droite. De son côté, le secrétaire d'Etat à l'emploi décèle, par-delà l'expertise sondagière et une connaissance pointue de la population française, l'homme qui peut pousser sa carrière.

Peu de temps après ce déjeuner, Laurent Wauquiez appelle Gérard Roche, ce fidèle d'entre les fidèles que Barrot a placé à la tête du conseil général de Haute-Loire : " Gégé, il faut absolument que tu rencontres Patrick Buisson. Je sais, tu ne le connais pas, mais c'est très important pour la suite de ma carrière. " Le trio se rencontre dans une brasserie des Champs-Elysées. Le patron de la chaîne Histoire discourt longuement sur le président, cette Cécilia qui l'entravait, Carla si facile à vivre, avant d'expliquer qu'il veut produire un film sur la Haute-Loire. A condition de " mettre le conseil général dans la boucle et de faire travailler des historiens locaux ", finit par accepter Gérard Roche.Une convention, préparée par le fils de Patrick, Georges, salarié de TF1, est adressée à l'élu, en attendant un contrat. Jusqu'au jour où " Gégé " apprend que le tournage et le film sont achevés, et que seul " Laurent " y figure. " On ne paie pas ! ", décide le patron du département, furieux. " C'est un couteau que vous me plantez dans le dos ", hurle en réponse Wauquiez au téléphone. Seuls 15 000 euros sont versés à la filiale de TF1, contre les 30 000 réclamés.

Wauquiez et Buisson continuent à pousser incognito leurs pions. En juin 2011, le secrétaire d'Etat devient ministre de l'enseignement supérieur. " Grâce à moi ", lui répète Buisson. Quelques mois plus tôt, Sarkozy avait d'ailleurs choisi pour étape de son tour de France historique la très pieuse ville du Puy, berceau de nombreuses croisades. Buisson organise sur mesure le voyage pour son protégé, raconte, dans ses Scènes de la vie quotidienne à l'Elysée (Plon, 2012), Camille Pascal, chargé par le patron d'Histoire d'un discours sur " les racines chrétiennes de la France ". Pris par l'ambiance, Laurent Wauquiez dépasse le maître et, interrogé par la presse sur Dominique Strauss-Kahn, dérape en expliquant que les " racines " du patron du Fonds monétaire international sont ailleurs, " sur le - fleuve - Potomac ", à Washington. " Il a foutu en l'air la journée, on ne lui en demandait pas tant ", peste Buisson devant la " plume " de l'Elysée.

En tête de la Manif pour tous
Même Mgr Brincard, l'évêque du Puy, est chagriné. Dieu sait pourtant si le jeune maire du Puy avait tenté d'entrer dans les bonnes grâces de cet agrégé de philo ! Laurent Wauquiez est en effet de ces politiques, un brin paranos, qui jugent qu'on doit compter des amis dans chaque camp, cultiver tous les réseaux. Après son mariage avec Charlotte Deregnaucourt (" Princesse ", comme il l'appelle) et un voyage de noces sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, il a inscrit ses deux enfants à l'école Saint-Louis du Puy, fréquente les messes de tout le canton. Il est aussi aux premiers rangs de la Manif pour tous, en parka rouge, non loin de Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole du mouvement " tradi " Sens commun, qu'il a fait nommer secrétaire nationale de l'UMP. Sans complexe, ce fidèle des messes du canton disserte aussi devant les francs-maçons du Puy.

Devant les frères de sa ville, en septembre 2011, il critique sans ménagement l'épiscopat français et expliqueque la maçonnerie, c'est " comme le chocolat : on peut tout savoir de sa couleur, de son terroir d'origine, on peut connaître le prix et l'emballage, mais tant qu'on n'a pas eu du chocolat dans la bouche, on n'en connaît pas le plaisir ".

A Paris, il change d'obédience et " planche " sur l'enseignement supérieur rue Cadet, au siège du Grand Orient de France, avant de dîner avec quelques ex-grands maîtres. C'est Emmanuel Goldstein, de Morgan Stanley, qui l'a convié à ces agapes. Un des nombreux amis banquiers d'affaires (comme Grégoire Chertok, associé-gérant de la banque Rothschild, ou André François-Poncet, le fils du ministre). Goldstein est aussi sa tête de pont vers un autre réseau, celui du pouvoir gay.On croise Laurent Wauquiez dans le duplex du banquier à Beaubourg lors de ces soirées " goldies " où se retrouve deux fois par an, autour d'un buffet au champagne, l'élite homosexuelle de la capitale. " Un jour, j'ai tweeté qu'il était passé, il en a été très mécontent, raconte le journaliste Frédéric Martel. Sans doute n'était-il pas opportun qu'on sache qu'un anti-mariage pour tous courtise le milieu gay… "

Qu'importent les contradictions, les volte-face, les reniements. " C'est simple : il est tellement rapide que le coq n'a pas le temps de chanter une première fois qu'il s'est déjà renié ", lâche le nouveau patron de l'AP-HP Martin Hirsch, qui l'avait accueilli naguère dans la commission chargée d'inventer le RSA. " Je sais ce qu'il disait de moi avant et ce qu'il dira de moi après ", explique aussi Nicolas Sarkozy, qui n'a pas oublié comment, en 2013, Wauquiez avait rendu ses " réformettes " responsables de la défaite. Sait-il que, avant que n'explose publiquement la bombe Bygmalion, Laurent Wauquiez donnait rendez-vous à des journalistes dans des bars, expliquant, avec des airs de conspirateur, qu'une brûlante affaire pourrait mettre la Sarkozie en feu, les incitant à mettre leur nez dans " les affaires du Qatar " ?" Je l'ai acheté très cher, ce qui m'oblige à lui lâcher des trucs ", soupire l'ex-président quand on l'interroge sur l'investiture du jeune loup dans la région Rhône-Alpes. A Michel Barnier, furieux d'avoir vu la tête de liste lui échapper, il a répondu par cette formule étrange : " Je n'ai pas pu ouvrir ce front. "

Ariane Chemin et Alexandre Lemarié

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 10 Septembre 2015

Quand les politiques donnent leurs petites recettes en matière d'éducation

Revenons-en aux bases.

Notre système éducatif est inefficace car :
1. Il coûte trop cher
2. Ses résultats sont médiocres vis à vis des moyens financiers engagés et vis à vis des autre pays
3. Il est profondément inégalitaire

A partir de là, il est facile de voir si nos Ministres, super-intelligents par définition, par leurs mesures, peuvent corriger les choses ou non :

- M. Le Maire : en quoi le collège unique peut résoudre ces problèmes ? Je ne vois pas. En corrigeant les inégalités, à la rigueur, mais par un nivellement par le bas. Quant aux options, elles ne sont pas évaluées. On ne corrige donc pas notre faiblesse par rapport aux autres pays. La polyvalence des professeurs peut-elle remonter le niveau ? Là encore, la démonstration est royalement absente du discours.
- M. Juppé : je ne vois pas en quoi plus d'autonomie corrigerait les défauts. On ne rentre pas suffisamment dans le détail.
- Ni M. Claude Lelièvre ni Philippe Watrelot ne répondent, non plus, à la problématique de base
- M. Nicolas Sarkozy avec son collège unique ne repond pas à la question
- M. Jean-Christophe Lagarde apporte des réponses quant à l'orientation des élèves mais ces propositions ne répondent qu'en partie à la problématique.
- Tous les autres ne répondent pas mieux à la question en faisant du hors sujet systématique. En quoi le collège unique permet-il de rendre notre éducation moins chère et plus efficace ? Une question qui n'a pas de réponses.

Il faut engager une réforme qui lutte contre les inégalités sociales et qui remette les résultats de nos élèves en phase avec les exigences de notre pays ! En un mot, il faut faire en sorte d'améliorer le niveau scolaire des élèves et que ce niveau soit uniforme !

Comme je l'ai déjà dit, pour que l'on ait de bon résultats, il faut donner envie d'étudier, il faut donner du plaisir, il faut inciter à se dépasser dans un cadre scolaire calme et serein. Il faut aussi que nos enseignants soient pleinement impliqués dans cet objectif et forcer les plus favorisés (agrégés, profs de classe prépa) à travailler plus car ils sont payés pour travailler et non se complaire de leurs diplômes ! Ainsi, est-il bien normal qu'un agrégé passe moins de temps devant l'élève qu'un collègue ne l'étant pas ?

Le professeur doit être évalué par rapport à ces objectifs ! Les réformettes sur la forme ne servent à rien ! C'est le fond qu'il faut changer et le fond changera avec une individualisation de l'évaluation des professeurs et en abandonnant l'idée qu'un prof nul peut rester au sein de l'éducation Nationale. Il faut évaluer les professeurs, et les évaluer souvent. Il faut qu'ils soient évalués en fonction des résultats de leurs élèves et qu'ils abandonnent l'idée, pour certains, qu'il est normal qu'une classe ait 7/20 de moyenne, car on ne donne pas envie avec 7/20 de moyenne.

Y'a du boulot et pour cela, il faut s'attaquer au Mammouth. Bonne chance !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 20 Mai 2015

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Le collège idéal vu par les ténors de la droite
M. Le Maire veut en finir avec le collège unique, le camp Juppé souhaite plus d'autonomie dans les enseignements
Concrètement, Bruno Le Maire, propose de resserrer les enseignements de la 6e à la 3e autour d'un tronc commun d'une vingtaine d'heures par semaine : mathématiques et français à raison de six heures chacune (contre de 3 h 30 à 4 h 30 aujourd'hui), histoire et une langue vivante.

Le député de l'Eure propose de supprimer la deuxième langue vivante car " elle n'est pas la priorité ". Le temps libéré (6 à 8 heures par semaine) serait consacré à des options : " Sports, langues, codage informatique, mécanique ou cuisine… L'idée est que chaque élève découvre quel est son talent. " Au passage, il bouscule une vache sacrée pour beaucoup de professeurs attachés à leur discipline : rassembler dans un seul corps les enseignants du CP à la 3e, lesquels deviendraient polyvalents.

M. Le Maire veut " mettre fin au collège unique pour permettre à chaque enfant de s'orienter sereinement soit vers la voie générale, soit vers la voie professionnelle ". Une formule choc, mais abusive, dans la mesure où les élèves seraient toujours orientés après la 3e.

Corps unique
Pour l'historien Claude Lelièvre, cependant, " c'est à nouveau un collège considéré comme une gare de triage qui refait surface "." Quand je lis “diversifié”, je comprends sélection précoce, analyse aussi Philippe Watrelot, professeur et président du Cercle de recherche et d'action pédagogiques. M. Le Maire cite la mécanique ou la technologie. Qui sera orienté vers ces options, sinon les enfants d'ouvriers ? " Le pédagogue voit cependant d'un bon œil la création d'un corps unique. " Bien que l'idée puisse déclencher une véritable guerre syndicale, explique-t-il, cela permettrait d'assurer une meilleure liaison entre le CM2 et la 6e. "

A l'UMP, peu sont allés aussi loin que M. Le Maire. Candidat à sa réélection en 2012, Nicolas Sarkozy avait lui aussi promis la fin du collège unique. La 6e et la 5e seraient recentrées " sur les fondamentaux, avec un nombre limité d'enseignants polyvalents ". L'ancien président de la République promettait un palier d'orientation dès la 4e. Son entourage précise que l'idée ne sera pas forcément reprise.

Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, a une opinion toute aussi tranchée : " Un élève qui n'apprend plus au sein du système, il faut lui proposer autre chose. " Le patron du centre droit est " favorable à l'apprentissage dès 14 ans, tout en conservant des passerelles pour revenir vers la filière générale ". Il propose également des classes de niveau par matière.

Une autonomie totale
Mais l'opposition au collège unique d'autres ténors de la droite et du centre semble s'être émoussée. " En 1991, Alain Juppé affirmait vouloir casser le collège unique. En 1993, dans l'un de ses premiers discours comme ministre de l'éducation nationale, François Bayrou lance le célèbre “collège unique, collège inique”, rappelle M. Lelièvre. L'idée était alors bien de le supprimer. " Faux, rétorque aujourd'hui M. Bayrou. Le président du MoDem affirme qu'" il est fondé " que " tous les élèves passent par le collège pour y acquérir un socle commun, et ce, par une pédagogie différenciée, et notamment de rattrapage ".

Dans le camp d'Alain Juppé, on considère que le collège unique " n'est pas une bêtise ". Pour Benoist Apparu, député UMP de la Marne, " l'idée de le supprimer relève de la construction de discours pour meeting électoral ". Najat Vallaud-Belkacem propose 20 % d'autonomie dans la gestion des heures d'enseignement. Lui défend " une autonomie totale " : " Si le chef d'établissement considère que, pendant trois semaines, les élèves doivent faire dix heures de français par semaine pour du rattrapage, cela doit être possible. " L'Etat fixerait un plancher et un plafond annualisés pour chaque matière.

" Dans les faits, le collège unique n'existe plus ", relève M. Fillon. La question, pour l'ancien premier ministre, est de s'assurer que chaque élève maîtrise " des outils avant de se donner une ambition de culture générale ". Il propose notamment de réduire le nombre d'enseignants en 6e et en 5e. Le pallier d'orientation reste en 3e, mais " l'acquisition du brevet est nécessaire pour entrer au lycée ".

Les positions des représentants de la droite et du centre sont donc aussi hétérogènes que le public du collège. Ils s'accordent cependant sur un point : une réforme du collège ne servira pas à grand-chose si l'on ne traite pas les difficultés en amont, là où elles apparaissent. C'est-à-dire l'école élémentaire. L'autre maillon faible.

Benoît Floc'h, et Séverin Graveleau

Les catholiques favorables à la réforme
L'enseignement catholique est invité par son secrétaire général, Pascal Balmand, à " accueillir favorablement " la réforme du collège. Dans un texte rendu public lundi 18 mai, M. Balmand appelle à " dépasser les luttes partisanes, les anathèmes radicalisés et une certaine forme d'excessive grandiloquence " qui entourent, selon lui, les projets éducatifs du gouvernement. La réforme du collège lui paraît apporter davantage d'autonomie aux établissements et " une réelle démarche éducative ". M. Balmand est plus critique sur certains aspects des programmes, notamment en histoire, mais il appelle " chacun à un concours actif et loyal à la consultation ".

Le contexte
Débat

Le Monde, Europe 1 et i-Télé organisent jeudi 21 mai, de 19 heures à 20 heures, un débat sur la réforme du collège entre la ministre de l'éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et le député UMP de l'Eure, Bruno Le Maire. Le débat sera animé par Arnaud Leparmentier (Le Monde), Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) et Michaël Darmon (i-Télé). Un compte rendu sera publié le lendemain dans Le Monde.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Septembre 2015

Priorité doit être donnée à l'intérêt supérieur de l'enfant

L'enfant né par Gestation Pour Autrui (GPA) doit avoir des papiers et ne doit pas être apatride. C'est la base. Maintenant, comme la GPA est interdite, les parents devraient pouvoir être poursuivis pour leurs actes au pénal. La Loi Française ne le prévoit pas et c'est ça le problème !

On veut inverser le problème en France en disant que c'est l'enfant qui est la source du conflit ! Le gosse n'est pour rien dans cette situation ! Ceux qui ont violé la Loi concernant la GPA, ce sont les parents, ils doivent donc être poursuivis et des peines d'amende doivent être prononcés afin que la Loi puisse être respectée.

Tout le reste n'est que fumisterie et va à l'encontre l'enfant que l'on contraint à supporter une situation pour laquelle il est innocent.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2015

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Enfants nés par GPA : la justice avance, pas le gouvernement
Le 13 mai, le tribunal de Nantes a ordonné l'inscription à l'état civil français d'enfants nés de mères porteuses
Les décisions de justice s'accumulent en faveur des enfants nés par gestation pour autrui. La GPA étant interdite en France, quelque 2 000 enfants conçus par ce biais à l'étranger vivraient aujourd'hui sur le territoire national avec leurs parents hétérosexuels ou homosexuels, sans être inscrits à l'état civil, la plupart du temps avec des papiers étrangers. Mercredi 13 mai, le tribunal de grande instance de Nantes a ordonné au procureur de la République de transcrire les actes de naissance de trois enfants nés par mère porteuse hors de France, ainsi qu'à rembourser 1 000 euros de frais d'avocats aux demandeurs. Le parquet de Nantes, compétent pour enregistrer à l'état civil tous les enfants français nés à l'étranger, a désormais un mois pour faire appel.

Le 22 avril, c'est le tribunal administratif de Paris qui enjoignait à la Préfecture de police de délivrer un passeport à une petite fille née par GPA en Ukraine, en 2013. L'Etat doit également verser 1 000 euros aux requérants, un couple d'hommes. Ces décisions tirent les conséquences des arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) le 26 juin 2014. Alors, la France se refusait à reconnaître les liens de filiation établis à l'étranger en cas de GPA, elle a été condamnée au nom du " droit au respect de la vie privée " et de " l'intérêt supérieur " des enfants.

Mais, alors que la décision est devenue définitive le 26 septembre 2014, et supplante le droit national, aucune transcription n'a eu lieu depuis. " Le gouvernement exclut totalement d'autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et à normaliser la GPA ", déclarait Manuel Valls, le 3 octobre. Le sujet est très sensible politiquement : les opposants craignent que la reconnaissance des enfants nés par GPA soit un premier pas vers son autorisation. Ce que le gouvernement a toujours démenti.

Au lendemain de la décision à Nantes, La Manif pour tous a ainsi dénoncé " l'hypocrisie d'une pratique interdite, mais dont la justice impose la reconnaissance ".L'ancien candidat à la présidence de l'UMP Bruno Le Maire a appelé le gouvernement à agir pour " qu'il ne puisse pas y avoir une voie détournée pour amener à la reconnaissance de la GPA en France ".

Sujet laissé en souffrance
Entre la position de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve d'un côté, et celle de Christine Taubira de l'autre – favorable à l'application directe de la décision de la CEDH –, le gouvernement est divisé. Le sujet est donc laissé en souffrance. Aucune instruction n'a été donnée au parquet de Nantes ni aux préfectures. Seuls les certificats de nationalité française, censés donner droit à des papiers français, sont délivrés plus facilement depuis la validation par le Conseil d'Etat, le 12 décembre 2014, de la circulaire Taubira de janvier 2013.

Cette dernière rappelait que, quand la filiation d'un enfant avec un parent français est légalement établie à l'étranger, cet enfant ne peut être privé de la nationalité française. Or, en cas de GPA, le père biologique (celui qui a donné ses gamètes pour concevoir l'embryon qui sera implanté dans l'utérus de la mère porteuse) est français. Cependant, l'obtention d'un certificat de nationalité française ne garantit pas, dans les faits, la délivrance de papiers.

" Le gouvernement laisse chaque préfet gérer la situation, observe Fabien Joly, l'avocat des parents de la petite fille née en Ukraine. Il en résulte une inégalité devant la loi, car certaines préfectures délivrent des papiers très rapidement, tandis que d'autres font de la résistance. " Quant au parquet de Nantes, il continue de s'opposer à la transcription sur les registres français en cas de suspicion de GPA.

" Il se réfère à des arrêts de la Cour de cassation qui sont désormais obsolètes, et affirme qu'il attend des instructions de la chancellerie, dénonce Caroline Mécary, l'avocate des trois familles victorieuses devant le TGI. Mais il n'en a pas besoin pour interpréter les arrêts de la CEDH. De l'argent public est dépensé pour un combat qui ne tient pas la route. " Les décisions de la CEDH sont d'application immédiate, comme le relève le TGI dans son jugement du 13 mai. Le parquet de Nantes a cependant porté en cassation les cas de deux familles qui avaient, elles aussi, obtenu gain de cause en première instance, puis en appel. L'assemblée plénière de la Cour de cassation doit se prononcer le 19 juin. " Il va logiquement y avoir un revirement de jurisprudence ", prédit Fabien Joly.

De son côté, le gouvernement continue à botter en touche en renvoyant aux prochaines décisions de la Cour de cassation. Dans le même temps, un groupe de travail, qui doit rendre ses conclusions fin mai, étudie les mesures à prendre pour exécuter les arrêts de la CEDH. " Un groupe de travail a déjà planché sur ce sujet, celui piloté par Irène Théry, qui recommandait la reconnaissance des enfants nés par GPA ", observe Alexandre Urwicz, président de l'Association des familles homoparentales. Après avoir été tenues secrètes pendant plusieurs mois, début 2014, ses conclusions avaient été enterrées.

Gaëlle Dupont

Deux interprétations contradictoires
Jusqu'à présent, la Cour de cassation s'est opposée à la reconnaissance de liens de filiation établis à l'étranger en cas de gestation pour autrui (GPA). La raison : la " fraude à la loi " commise par les parents d'intention, partis hors de France pour contourner l'interdiction sur le territoire national. Dans ses arrêts de juin 2014, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a considéré avant tout la situation des enfants. Selon elle, ils ne sont pas responsables de leur mode de conception et ont le droit de voir leur filiation et leur nationalité reconnues. Le refus français " porte atteinte à leur identité au sein de la société française ", estime la CEDH. La GPA reste interdite en France : toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle. Les intermédiaires sont passibles de peines de prison.

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Septembre 2015

Où l'on continue à être de plus en plus mauvais en terme d'éducation

Ce qui est bien c'est, qu'étude après étude, on nous montre que notre niveau est de plus en plus mauvais... et que l'on ne fait rien pour l'améliorer.

La dernière réforme prévue pour le collège l'illustre bien : on veut donner plus d'autonomie aux établissements, on veut supprimer du Grec, du Latin ou de l'Allemand, tout ceci cristallise une contestation mais on oublie l'essentiel : faire en sorte que notre niveau s'améliore, dans toutes les matières et rendre notre enseignement moins inégal.

Je ne vois pas le rapport entre la réforme actuelle et la correction pour que nos résultats soient moins mauvais.

Le problème de notre pays, ce n'est pas le manque de réformes : on en fait une à chaque changement de ministre, mais le faible voire ultra-faible niveau de nos ministres qui ne font pas les réformes qu'il faut pour améliorer la situation.

Le problème c'est que "faire les réformes qu'il faut" impose forcément de se mettre une partie du corps enseignant à dos. On préfère donc jouer l'autruche et faire le ventilateur à brasser du vent pour rien...

Pour les résultats ? On verra plus tard...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2015

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Baisse inquiétante du niveau des collégiens en mathématiques
Une enquête révèle qu'un élève de 3e sur cinq n'est capable que de résoudre des exercices simples, de niveau fin de primaire
C'est une publication qui ne pouvait pas mieux tomber pour Najat Vallaud-Belkacem, chahutée pour sa réforme du collège. Le ministère de l'éducation nationale a rendu publiques, dimanche 17 mai, deux enquêtes sur le niveau en mathématiques des élèves de primaire et de ceux qui sortent du collège. Si les résultats sont stables entre 2008 et 2014 en CM2, ils se tassent en 3e.

Le score moyen obtenu par les 8 000 élèves de 3e testés en mai 2014 est de 243 points. Il était de 250 en 2008. La baisse est générale : la part des meilleurs collégiens est passée de 28,6 % à 24,4 %, celle des plus faibles de 15 % à 19,5 % en six ans, soit une augmentation d'un tiers pour ces derniers. Un collégien sur cinq n'est capable de traiter que des exercices très simples, de niveau fin de primaire. Le test, appelé " Cedre ", consiste à faire passer une batterie d'exercices en utilisant trois formats : questions à choix multiples, questions ouvertes " appelant l'élève à s'engager dans une démarche ", et calcul mental.

" Cela devient très très sérieux "
Cette contre-performance n'est pas une surprise. L'enquête PISA 2012, réalisée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et publiée en décembre 2013, montrait déjà que les compétences en mathématiques des Français de 15 ans avaient reculé entre 2003 et 2012.

" Les résultats du collège sont très préoccupants, indique Catherine Moisan, qui dirige la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance au ministère, dont les services ont réalisé l'enquête. D'autant que le même type d'étude conduite en 2012 sur l'histoire-géographie avait montré la même augmentation des élèves les plus faibles. Quand on a plusieurs types d'évaluation qui disent la même chose, cela devient très très sérieux. " Comment expliquer cette tendance ? " Je ne sais pas, répond franchement Mme Moisan. C'est un peu comme l'inégalité sociale. Nous sommes le pays du grand écart. On sait faire réussir les meilleurs, mais on n'arrive pas à faire progresser les moins bons et les plus défavorisés. "

" Le pays le plus inégalitaire "
Car, c'est un autre point que rappelle l'enquête Cedre, les résultats sont très marqués socialement. L'échantillon a été divisé en quatre groupes, allant des moins aux plus favorisés. Tandis que les résultats en mathématiques des trois premiers quartiles baissent entre 2008 et 2014, ceux des élèves issus des milieux sociaux les plus aisés augmentent. Par ailleurs, le score moyen des élèves relevant de l'éducation prioritaire est de 218 points, contre 242 pour les autres.

Là encore, c'est une caractéristique de la France que PISA 2012 avait particulièrement soulignée. " Nous sommes le pays de l'OCDE le plus inégalitaire, relève Mme Moisan. Le Royaume-Uni ou les pays nordiques font mieux que nous sur ce point. Et pourtant, ils ont aussi des populations en difficulté. Mais le collège français est plus uniforme. Nous pensons que faire faire la même chose à tous les élèves permet de les faire réussir tous. Mais cela ne se passe pas ainsi. Nous accordons une attention insuffisante aux élèves les plus faibles. Et on ne réglera pas cela par des cours magistraux. "

Lors du " Grand rendez-vous Europe 1, Le Monde, i-Télé ", dimanche 17 mai, Mme Vallaud-Belkacem a de nouveau défendu sa réforme : " Ne pas réformer, cela signifierait continuer à avoir un élève sur quatre en classe de 3e qui ne maîtrise pas les fondamentaux de français, un élève sur cinq qui ne maîtrise pas ceux de maths (…) Le ministère de l'éducation nationale a engoncé le collège unique dans des cadres tellement stricts ces dernières décennies que les professeurs n'arrivent pas à s'adapter à la diversité de leurs élèves. "

Benoît Floc'h

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Septembre 2015

Ne pouvait-on pas décerner le prix du meilleur jeune économiste à une autre étude ?

La France est embourbée dans des problèmes économiques graves et récurrents. On aurait pu penser que le prix du meilleur jeune économiste pouvait apporter des réponses à ces questions graves et dont la solution doit être apportée urgemment.

Las, il n'en est rien...

Je n'ai rien contre l'étude de la consommation en Afrique Noire, mais le rôle d'un économiste n'est-il pas de résoudre des questions liées à son pays en priorité ? On va peut-être me traiter de réac' mais, à titre personnel, je suis déçu qu'avec les graves problèmes qu'a notre pays, on favorise la notoriété d'une étude dont les effets ont lieu à 3000km de chez nous...

Et encore : quand dans l'étude on dit qu'il vaut mieux avoir des classes de niveau pour dispenser un savoir à 90 élèves, je me demande combien de temps il a fallu pour tirer une conclusion pareille alors qu'elle tombe sous le sens ! Ou, dans la même veine, que statistiquement quand on donnait des allocations sociales à une famille au Maroc, l'enfant avait plus de chances de retourner à l'école. Il est certain que vu le niveau de pauvreté là-bas, recevoir une bourse peut éviter d'avoir à faire travailler le jeune. Par contre, et c'est l'objet de mon premier point, j'aurais bien aimé savoir si, en France, il y avait un lien entre les allocations et le retour en classe !

Bref, je suis déçu que l'on décerne un prix de cette importance pour des faits qui ne changeront en rien la politique économique de notre pays. Tout cela ne serait pas aussi grave si notre pays n'en avait pas aussi cruellement besoin !

Deux articles du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2015

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Prix du meilleur jeune économiste 2015
Pascaline Dupas, professeur à Stanford (Californie), a été distinguée par " Le Monde " et le Cercle des économistes, en partenariat avec le Sénat. Ses travaux sur les politiques d'éducation et de santé en Afrique, comme ceux des autres nominés sur l'emploi, la pauvreté et la régulation des marchés, visent d'abord à éclairer la décision publique
Le Prix du meilleur jeune économiste, décerné par le Cercle des économistes et Le Monde,et remis en partenariat avec le Sénat, vise depuis sa création il y a quinze ans à distinguer l'excellence académique, la capacité d'innovation et la participation au débat public.

Le Cercle des économistes s'est voulu depuis l'origine un lieu de débat. Notre ambition a toujours été de se contraindre à appliquer la rigueur scientifique à des sujets mis sur le devant de la scène, à faire le lien entre la politique économique et l'académisme. Même si, dans notre pays, le débat économique n'est que peu souhaité par les politiques et, dans les faits, a rarement lieu…

Le Cercle des économistes s'emploie malgré tout à travailler des thèmes au cœur de l'actualité, et par là même à encourager de jeunes économistes à s'en emparer. C'est aussi le cas du thème choisi pour chaque édition des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, y compris cette année où nous nous confronterons à cette question si difficile, si actuelle et si prospective qu'est celle du travail.

41 candidatures dont 14 femmes
Comme chaque année, le palmarès 2015 distingue des économistes aux trajectoires variées et internationales. Il confirme le rôle du Prix du meilleur jeune économiste français, dont les lauréats ont toujours bénéficié d'un élargissement immédiat de leur notoriété auprès des médias et des autorités publiques. Leurs analyses novatrices ont vu leur diffusion s'élargir et des opportunités nouvelles d'influence ont pu s'ouvrir. L'économie retrouve toute son utilité et sa valeur à travers ce prix, qui permet à de jeunes talents d'exprimer leur compréhension du monde en devenir.

Cette année, 41 candidatures émanant d'économistes de moins de 40 ans, dont celles de quatorze femmes, nous sont parvenues. Elles provenaient de jeunes chercheurs travaillant dans les meilleures institutions d'enseignement supérieur ou de recherche français – notamment l'Ecole d'économie de Paris, l'Ecole d'économie de Toulouse, Dauphine, Sciences Po, l'Ecole polytechnique, Aix-Marseille Université, l'Insee… – et internationaux – notamment le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Stanford, Berkeley, la London School of Economics (LSE), Louvain, le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE)… L'augmentation continue du nombre de candidats traduit la prise de conscience qu'aujourd'hui être l'un des meilleurs économistes français, c'est aussi être l'un des meilleurs économistes du monde.

La lauréate du Prix 2015, Pascaline Dupas, professeur à Stanford (Californie), est une spécialiste des politiques de développement. Elle appartient au JPAL, laboratoire d'action contre la pauvreté du MIT, fondé notamment par Esther Duflo, lauréate du Prix 2005. Ses travaux, recourant à de -rigoureux protocoles d'évaluation, ont eu des conséquences importantes sur les -politiques publiques dans de nombreux pays.

Le Cercle des économistes

Palmarès
Les lauréats de 2000 à 2014

Bruno Amable et Agnès Benassy-Quéré (2000) Pierre Cahuc (2001) Philippe Martin et

Thomas Piketty (2002)

Pierre-Cyrille

Hautcœur (2003)

David Martimort (2004) Esther Duflo

et Elyès Jouini (2005)

Thierry Mayer et Etienne Wasmer (2006) David Thesmar (2007) Pierre-Olivier

Gourinchas (2008)

Yann Algan et Thomas Philippon (2009)

Emmanuel Saez (2010) Xavier Gabaix (2011)

Hippolyte d'Albis (2012)

Emmanuel Farhi (2013)

Augustin Landier (2014)

Un prix créé par " Le Monde " et le Cercle des économistes
Le Prix du meilleur jeune économiste, créé en 2000 avec le soutien du Sénat, est destiné à valoriser les travaux – thèse ou article publié – d'un(e) chercheur(euse) français(e) âgé(e) de moins de 40 ans. Les économistes représentant le monde universitaire et les grandes écoles peuvent concourir à ce prix, destiné à couronner des travaux portant sur l'économie appliquée en prise avec le réel et participant aux débats d'actualité. Chaque membre du Cercle sélectionne cinq candidats, sur dossier comprenant une liste de travaux et deux textes représentatifs. Dix d'entre eux sont retenus, parmi lesquels sont choisis les finalistes. Enfin, un jury composé de membres du Cercle et de la rédaction du Monde Economie & entreprise désigne le lauréat et les nominés. Le Cercle des économistes, créé en 1992, est présidé par Jean-Hervé Lorenzi.

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Pascaline Dupas : " Privilégier le terrain à la théorie "
La lauréate 2015 a " toujours préféré l'approche concrète de l'économie, l'observation directe de la réalité "
Pascaline Dupas, 38 ans, est professeure associée à l'université Stanford (Californie).

Vos recherches concernent les investissements des ménages et des gouvernements africains dans le domaine de la santé et de l'éducation. Pourquoi cette spécialisation ?

J'ai toujours privilégié l'approche concrète des questions économiques, et donc l'observation directe de la réalité. L'éducation et la santé sont deux facteurs essentiels de la productivité du travail, et donc de l'accroissement du produit intérieur brut, dans tous les pays. En Afrique, la question est de savoir pourquoi un taux élevé de morbidité et de mortalité, ou encore la faiblesse du niveau d'éducation persistent malgré les investissements consentis. C'est en étudiant les comportements des parents, des enfants, des enseignants, des institutions que l'on peut déterminer quel type de politique publique il convient de mettre en œuvre pour améliorer la situation.

Comment avez-vous été amenée à travailler sur ces questions ?

Avant de faire ma thèse, je voulais absolument passer un an en Afrique, sur le terrain. L'Ecole normale supérieure ne m'offrait pas cette opportunité, mais m'a permis d'obtenir une bourse pour Harvard, où j'ai rencontré Esther Duflo et Michael Kremer, qui faisaient déjà des études de terrain quelques années avant qu'ils ne créent The Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab, laboratoire d'action contre la pauvreté au Massachusetts Institute of Technology. Du jour au lendemain, j'ai pu partir au Kenya, pour un an. J'y avais des amis, qui ont perdu leur enfant tué par la malaria. J'ai voulu comprendre pourquoi. Je me suis intéressée au prix optimal des traitements et de la prévention, par exemple les moustiquaires antipaludéennes, et j'ai conclu à l'efficacité de la gratuité totale. Je me suis intéressée à l'organisation optimale des classes dans les écoles kényanes, aux meilleures modalités de distribution de produits de purification de l'eau, ou encore à la bonne façon d'informer les jeunes filles sur les risques du sida… En fait, j'ai travaillé sur ce qui me sautait aux yeux en vivant là-bas.

Mais selon une méthodologie expérimentale extrêmement précise ?

Oui. Il s'agissait de comparer des groupes tests et des groupes témoins, afin de déterminer les dispositifs les plus efficaces. Une classe de CP au Kénya, c'est en général 90 enfants assis par terre, dans un hangar, face à un maître. Comment, dans ces conditions, améliorer la performance scolaire ? Réduire la taille de chaque classe ? Cela coûte cher, il faut multiplier le nombre d'instituteurs. Faut-il répartir les élèves par niveau homogène ? Cela facilite le travail de l'enseignant, mais risque d'accroître les inégalités. Mélanger tous les niveaux ? Le risque est d'inciter l'enseignant à ne s'occuper que des meilleurs. Nous avons expérimenté les deux formules, avec 70 écoles composées de classes par niveau, et 70 écoles composées de classes hétérogènes, toutes ces classes bénéficiant d'un instituteur supplémentaire, mais novice et peu payé. La conclusion est que les classes de niveau améliorent la performance de tous les élèves, à condition de confier les classes les moins bonnes aux professeurs les plus motivés. Mais l'écart entre les élèves s'accroît.

Autre exemple, le gouvernement marocain nous a consultés sur un mode de distribution des allocations familiales lié à l'absentéisme scolaire. Nous avons, là encore, appliqué différents dispositifs dans des villages témoins : lien ou non avec l'absentéisme, distribution au père ou à la mère. Il s'est avéré que l'apport des allocations augmente la scolarisation et l'apprentissage, sans que son versement ait besoin d'être conditionné à la présence à l'école, et quel que soit le sexe du parent bénéficiaire.

De tels résultats sont-ils suivis de modifications effectives des politiques publiques ?

Dans le cas de la gratuité des produits antipaludéens, oui. Le Department for International Development, équivalent britannique de l'Agence française de développement, a, par exemple, exigé des gouvernements bénéficiaires de ses programmes la gratuité pour les femmes enceintes. Mes conclusions sur l'information concernant le sida ont été reprises dans un rapport de la Banque mondiale ; une dizaine d'ONG m'ont consultée et ont réorienté leurs actions en conséquence.

Je ne prétends pas que mon travail est prescriptif ; il invite les décideurs à considérer des modalités d'action qui peuvent être contraires aux représentations économiques dominantes ou à en éliminer d'autres, selon le contexte. Le plus intéressant, c'est lorsqu'on découvre qu'une expérimentation marche en contradiction avec ce que suggère la théorie économique. Le " signal prix " n'est pas forcément le plus efficace sur un marché comme le médicament ou l'éducation, car il n'y a pas lieu de " sélectionner " ceux qui en ont vraiment besoin de ceux qui peuvent profiter d'un effet d'aubaine : car tout le monde est intéressé par la santé ou l'éducation.

De même, de façon contre-intuitive par rapport à l'idée traditionnelle de la " gabegie " et de la corruption en Afrique, j'ai pu estimer, avec l'exemple des moustiquaires gratuites, qu'à peine 15 % des moustiquaires, volées ou revendues, ne parvenaient pas à ceux à qui elles étaient destinées, et que cela représentait un coût très inférieur au bénéfice du dispositif en matière de santé publique.

Une autre enquête, sur la décentralisation du versement des subventions publiques auprès des chefs de village, a montré que le clientélisme supposé que cela engendre n'a pas des résultats forcément aussi négatifs que l'on pense. L'évaluation traditionnelle de ces programmes s'attache aux inégalités d'avoirs des ménages selon qu'ils bénéficient ou non des faveurs du chef. Notre étude de terrain au Malawi a montré qu'il fallait plutôt observer la variation de la consommation des ménages ; car on voit que la bonne connaissance qu'a le chef des besoins et des capacités des ménages en temps réel lui permet de mettre en place un système redistributif qui présente plus d'avantages que d'inconvénients.

propos recueillis par Antoine Reverchon

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 4 Septembre 2015

Il faut travailler plus à l'hôpital... afin d'éviter de travailler trop !

Tout cela est bien antagoniste : le personnel exige de conserver ses RTTs et ses 35h... alors qu'il est obligé, parfois de travailler près de 60h !

On ne peut pas continuer à faire de la démagogie en ce domaine ! Il faut que le personnel puisse travailler de façon optimale mais ne pas tirer sur la corde ! Si on met en place les 35h, ce n'est certainement pas pour obtenir plus de vacances d'un côté, et des conditions de travail déplorables de l'autre !

Quand on fait travailler le personnel 60h, il n'a envie que d'une chose : vitre prendre ses RTTs afin de se soustraire au plus vite de son lieu professionnel !

On a fait de l'idéologie dans ce dossier en faisant croire que le personnel pouvait travailler 35h et que ses conditions de travail puisse demeurer sereines. C'est oublier les finances désastreuses de notre pays qui contraignent les embauches et qui font que, forcément, quand on travaille moins, les conditions de ce travail se détériorent.

Ne vaut-il donc pas mieux travailler plus et mieux que l'inverse ? Cette question doit donner lieu à une réponse pragmatique et sereine et non pas donnée par une idéologie irréaliste.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Mai 2015

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Le chantier explosif du temps de travail à l'hôpital
La réorganisation des 35 heures ou du travail des internes en Ile-de-France impose de lourds ajustements

L'hôpital public se prépare à connaître coup sur coup plusieurs réformes majeures et délicates de l'organisation d'une partie de ses personnels. Qu'il s'agisse de l'encadrement plus strict du temps de travail des internes depuis le 1er mai, du plafonnement de celui des médecins urgentistes à partir du 1er juillet ou de la réorganisation des 35 heures chez les 75 000 salariés paramédicaux et administratifs de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) au 1er janvier 2016, l'hôpital se métamorphose et réinvente à marche forcée ses modes de fonctionnement, entre révolution culturelle et casse-tête budgétaire.

Les responsables des hôpitaux sont aujourd'hui tiraillés entre des demandes contradictoires, les revendications de certains médecins à plus de temps libre et les demandes d'économies des pouvoirs publics. Et ils cherchent comment dégager des marges de manœuvre sans dégrader la qualité de l'offre de soins.

Une journée de 7h30

C'est pour " préserver l'emploi " et " trouver une organisation du travail plus efficiente " que l'AP-HP, le " navire amiral " de l'hôpital public en France, avec ses 38 hôpitaux, a lancé, mercredi 6 mai, une discussion visant à " revisiter les modalités " des 35 heures pour ses 75 000 salariés paramédicaux et administratifs. " L'AP-HP aurait pu choisir la solution de facilité qui consiste à faire de l'emploi hospitalier une simple variable d'ajustement ", a fait valoir Martin Hirsch, son directeur général, qui a assuré refuser " la tentation de prendre le chemin le plus direct " consistant à supprimer sur " cinq ans environ 4 000 emplois ".

Une partie des salariés ne peut pas prendre ses RTT en raison d'un manque d'effectifs, et les provisionne sur un compte épargne-temps (pour près de 74 millions d'euros fin 2014). La direction propose le passage à une journée de 7 h 30 contre 7 h 36 ou 7 h 50 aujourd'hui, ce qui donnerait lieu à 15 RTT par an contre 20 aujourd'hui.

Et, si la moitié des hôpitaux français ont déjà renégocié leurs accords sur le temps de travail, les discussions à l'AP-HP sont suivies de près car, en cas de succès, cet accord pourrait être imité. " Il n'est nullement question d'une remise en cause du cadre réglementaire des 35 heures ; il s'agit des modalités de leur mise en œuvre ", explique le ministère de la santé, où l'on dit suivre les discussions " avec attention, compte tenu de l'importance de l'AP-HP ", mais sans souhaiter pour autant que ce débat " déborde le cadre de l'établissement ".

La CGT, majoritaire à l'AP-HP, appelle avec plusieurs autres organisations à une journée de mobilisation jeudi 21 mai et juge le climat " explosif ". " Il y a des choses à faire sur l'organisation du temps de travail mais la direction n'a pas de marge de manœuvre, il faudrait que Martin Hirsch puisse mettre du biscuit sur la table ", explique Christophe Prudhomme, de la CGT-Santé.

Pour le sociologue Frédéric Pierru, cette discussion sur le temps de travail à l'hôpital a lieu dans un contexte particulier. " Depuis dix ans, l'hôpital est devenu une usine à soins qui fonctionne à flux tendus. Et cette intensification du travail s'accompagne d'un sentiment diffus de non-reconnaissance, aussi bien financièrement que symboliquement. " Et tous les personnels ne bénéficieront pas de la redistribution des cartes. " Les médecins, qui sont une ressource rare, vont imposer leurs conditions aux pouvoirs publics. Et c'est aux précaires, aux intérimaires et aux paramédicaux que l'on va demander de compenser les concessions faites aux médecins. "

Les grands gagnants devraient effectivement être les 8 000 médecins urgentistes, en travail " posté ", qui vont exercer à partir du 1er juillet avec un plafond horaire de 39 heures hebdomadaires au contact des patients, et de 9 heures de travail non clinique. Le temps médical supplémentaire ouvrira droit à des heures supplémentaires rémunérées ou à des récupérations. " C'est une petite révolution pour l'hôpital ", se félicite Christophe Prudhomme, également porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France. Pour lui, cette réforme, obtenue en décembre après une menace de grève, témoigne d'un " changement de mentalité qui correspond à l'évolution du monde médical. Les jeunes médecins ne sont pas prêts à flinguer leur vie de famille ".

Corvéables à merci

Chez les directeurs d'hôpitaux, on s'inquiète d'un effet boule de neige de cet accord. Une partie des 4 500 anesthésistes-réanimateurs, dont les conditions de travail sont proches, demandent à leur tour de bénéficier de ce changement. D'autres pourraient leur emboîter le pas. " La question du temps de travail est la préoccupation principale des médecins hospitaliers, souligne Nicole Smolski, la présidente de l'intersyndicale Avenir hospitalier. Ils en ont marre d'avoir l'impression d'être corvéables à merci et de travailler parfois plus de 60 heures par semaine. "

" Il va y avoir un phénomène de contagion ", redoute Loïc Capron, le président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP. Comment fait-on tourner les services avec ces temps de travail réduits ? " Il déplore la disparition du " dévouement " et de " l'abnégation " des médecins hospitaliers qui vivaient comme des " moines-soldats " et ne comptaient pas leurs heures. " Avec cet accord, on met le doigt dans un engrenage dangereux ", abonde Frédéric Valletoux, le président de la Fédération hospitalière de France. Pour lui, une " conférence nationale sur le temps de travail à l'hôpital " doit aborder cette question " de façon globale et non catégorie par catégorie, établissement par établissement "…

Parallèlement à cette réforme, une directive européenne interdit théoriquement depuis le 1er mai aux internes de travailler plus de 48 heures par semaine. Leurs obligations de service passent de 11 à 10 demi-journées par semaine. Du coup, " l'organisation du travail à l'hôpital devient un vrai casse-tête ", estime un cadre hospitalier. " Il y a une mise en place progressive des tableaux de service et, dans la plupart des établissements, ça n'a rien changé, le quotidien des internes n'a pas été modifié ", constate Mélanie Marquet, la présidente de l'intersyndicale nationale des internes, pour qui la réforme n'est applicable que si " les services se réorganisent ".

Ce nouvel encadrement du temps de travail représente " une rupture culturelle à laquelle l'hôpital ne s'est pas beaucoup préparé, constate Philippe Domy, le président de la Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires. On a ouvert la boîte de Pandore et, pour faire face à ces surcoûts de fonctionnement, il faudra inévitablement toucher à l'emploi ".

François Béguin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 3 Septembre 2015

L'immobilisme de Madame Christiane Taubira ne sert pas l'institution judiciaire

"Quand on traite les gens comme de la merde, ils se comportent parfois comme tels" ! Madame Christiane Taubira serait bien aise de se rappeler ce fait ! Comment peut-on se dire que l'on lutte contre la récidive alors même que l'on ne considère pas les prisonniers comme des être humains ?

L'insertion dans la société de ceux qui ont en été écartés à un moment donné, doit passer par un minimum de respect et on ne respecte rien ni personne à avoir des prisons envahies par les rats et par des Lois où la République n'a pas prise !

N'oublions jamais qu'un des buts de la prison est la réinsertion. La réinsertion ne peut être réussie qu'en ayant eu un minimum de respect envers le futur libéré.

Mme Christiane Taubira, en se mettant des oeillères, ne sert pas la République, elle ne sert pas la France. Car, en relâchant dans la nature des "écorchés-vifs" qui ne pourront se réinsérer, c'est toute la société qu'elle met en danger.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 Mai 2015

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Polémiques sur la maison d'arrêt de Strasbourg
Christiane Taubira conteste un sévère rapport de la contrôleure générale des lieux de privation de liberté

Christiane Taubira a répondu très sèchement au premier rapport publié mercredi 13 mai au Journal officiel par la nouvelle contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan. Nommée il y a à peine un an, Mme Hazan, qui a succédé le 9 juillet 2014 à Jean-Marie Delarue, a jugé que " les violations des droits fondamentaux " des personnes détenues à la maison d'arrêt de Strasbourg étaient suffisamment graves pour devoir publier " des recommandations en urgence " – une procédure exceptionnelle, qui n'a été utilisée par l'autorité indépendante qu'à quatre reprises depuis 2008. La ministre de la justice a longuement répondu, et conteste la quasi-intégralité du constat. " J'ai été étonnée par le ton employé par la garde des sceaux ", a sobrement commenté la contrôleure.

L'équipe des contrôleurs a visité la maison d'arrêt de Strasbourg du 9 au 13 mars, une contre-visite après celle de mars 2009, qui soulignait déjà la dégradation des bâtiments, qui ne datent que de 1988, la pénurie d'eau chaude et la saleté des abords. Ces constats " demeurent d'actualité, indiquent les contrôleurs, et les conditions de détention ont connu une certaine détérioration ".

Le rapport s'inquiète d'abord du sort d'un détenu qui était allé se plaindre en janvier au service médical – le service médico-psychiatrique régional (SMPR), qui dépend du ministère de la santé. Il a expliqué qu'il se trouvait impliqué malgré lui dans un trafic de drogue et de portables, et que son codétenu le menaçait. " Un médecin a effectué un signalement auprès d'un gradé de l'établissement en précisant qu'il y avait urgence à procéder à un changement de cellule ", relève le rapport. Le gradé est allé dans la cellule, et a demandé au détenu de s'expliquer – en présence de son codétenu. L'imprudent a été tabassé et violé pendant la nuit.

" La situation est plus complexe que ne le laissent apparaître les écrits de vos contrôleurs ", répond la garde des sceaux. Le médecin a bien signalé au gradé la volonté du prisonnier de changer de cellule, mais " il a néanmoins précisé que cette demande ne revêtait pas un caractère d'urgence ", et le surveillant s'est dit que ça pouvait attendre le lendemain. " Les méthodes du Contrôle général n'ont pas changé, indique avec agacement Adeline Hazan. Lorsqu'on affirme quelque chose, c'est qu'elle a été constatée et corroborée. Nous avons des témoignages dont nous ne pouvons pas faire état dans une recommandation publique. J'ai des preuves que le médecin avait dit qu'il fallait - le - changer de cellule en urgence. Et quand je dis que j'ai des preuves, c'est que j'en ai. "

" Passivité des surveillants "

Le Contrôle s'étonne aussi que des caméras de surveillance aient été installées dans les locaux du service de psychiatrie. " L'usage de moyens de vidéosurveillance dans un espace de soins constitue une atteinte grave au secret médical et à l'indépendance des soignants en milieu pénitentiaire ", indiquent sévèrement les contrôleurs. C'était bien l'avis des infirmiers, qui avaient collé un carton sur les caméras sur lequel était inscrit " secret médical ". Ils se sont vu retirer leur habilitation pénitentiaire.

La ministre rétorque que " la décision d'installer des caméras dans ces locaux a été prise en concertation et avec l'accord tant du médecin-chef du SMPR et de la direction de l'hôpital de rattachement ". Manque de chance, Marisol Touraine, la ministre de la santé, a répondu de son côté à Mme Hazan que " l'installation de ces caméras est une décision unilatérale de l'autorité pénitentiaire, et le SMPR n'a pu s'y opposer ". L'agence régionale de santé n'avait même pas été prévenue.

Même les constatations des contrôleurs sont douteuses, aux yeux de la chancellerie. Le rapport souligne que, cinq ans après la première visite, " les points d'eau et les sanitaires des cours de promenade sont toujours dans un état de saleté déplorable et pour beaucoup hors d'usage ". Une cour intérieure est couverte de détritus et attire " de nombreux rongeurs ", " l'eau des douches est glaciale " et " l'eau chaude n'est toujours pas installée dans les cellules ", où il ne fait pas chaud : 17 °C de jour chez les mineurs, 14,6 °C dans le quartier disciplinaire. Justement, au mitard, un détenu suicidaire se plaignait du froid. Il avait été tenu, entièrement nu, d'enfiler une " dotation-protection d'urgence ", soit un pyjama déchirable et de se blottir sous une couverture, elle indéchirable.

La chancellerie a répondu que " ce problème était résolu " avec le raccordement au chauffage urbain de la communauté d'agglomération de Strasbourg, avec certes un ou deux jours de coupures ponctuelles en janvier et février. Sans bien relever que la visite des contrôleurs datait de mars. Le rapport dénonce enfin les problèmes d'encadrement et estime que " la détention est apparue livrée à elle-même ". Pire, les contrôleurs évoquent " la passivité des surveillants face aux violences entre détenus ", et même " les allégations récurrentes " d'" une participation active de certains agents à des trafics illicites ".

Christiane Taubira s'indigne de ces " rumeurs ", qui ont pu, étrangement s'il ne s'agit que de rumeurs, " être portées à la connaissance du chef d'établissement et signalées au parquet ". Toute la réponse de la ministre est du même genre : les affirmations sur les surveillants " ne sont nullement étayées ", leur passivité " est également rapportée sans preuves objectives ". Au total, " les atteintes graves aux droits fondamentaux ne me paraissent pas démontrées ", conclut la ministre. " Le contrôle général n'a recours aux recommandations d'urgence que dans les cas les plus graves, répond Adeline Hazan. Un certain nombre de réponses de la chancellerie sont à côté, et le ton me paraît parfaitement anormal. "

Franck Johannès

Verbatim

iIl a été fait état de façon récurrente et concordante d'humiliations et de provocations de la part des surveillants pénitentiaires. Beaucoup de personnes détenues ont hésité à s'exprimer par crainte de représailles. Certains ont évoqué la passivité des surveillants face aux violences entre détenus et une participation active de certains agents à des trafics illicites, sans que cette allégation qui semble récurrente n'ait donné lieu à des mesures de contrôle propres à l'infirmer ou à la confirmer. La contrôleure générale s'inquiète que de tels comportements puissent avoir lieu sans entraîner de réponse forte de la direction de l'établissement. "

Adeline Hazan, la contrôleure -générale des lieux de privation de liberté, dans son rapport sur la maison d'arrêt de Strasbourg.

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