Publié le 30 Janvier 2015

mtgentreprise011Ce qui me fait peur, dans cet article, c'est la dernière partie. On y dit que l'avènement des ordinateurs devra conduire aux humains d'avoir plus de compétences. Le problème c'est que je croyais que ces compétences étaient déjà là moi !

En effet, pourquoi payer un dirigeant aussi cher s'il n'a pas les compétences dans on dit dans l'article qu'elles seront indispensables pour apporter une valeur ajoutée face aux ordinateurs dans le futur ?

Pour moi, ces qualités sont essentielles et dès maintenant !

Ainsi, comment peut-on tolérer que des dirigeants ne puissent " créer de nouvelles formes d'organisations pour repérer et faire travailler des talents éloignés qui émergent dans le monde entier. De stimuler leurs capacités créatives, leurs qualités de leader et leur pensée stratégique " ?

Si les dirigeants actuels avaient ces qualités, on n'aurait pas besoin d'aller chercher un ordinateur pour faire le job.

En bref, on s'extasie d'un changement de comportement de nos dirigeants alors que je croyais qu'ils avaient déjà ce comportement ! L'article loue le futur, moi, je m'inquiète du présent...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 1er Novembre 2014

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Tout va bien, mon patron est un ordinateur !

Deep Knowledge Venture (DKV), une société de capital-risque située à Hongkong, et dont le rôle est d'investir dans de jeunes sociétés de biotechnologies vient d'accueillir un nouvel administrateur : un ordinateur. Comme tous les autres membres du conseil, il prend part au vote. Sa voix compte autant que celle des autres administrateurs. Son nom, Vital, est l'acronyme de Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences, autrement dit " outil d'investissement pour les sciences de la vie ". Il n'a pas été recruté par un chasseur de têtes, mais acheté à Aging Analytics, une société de conseil britannique.

Son rôle, comme celui de ses collègues humains, est d'estimer s'il est judicieux ou non d'investir dans une jeune société de biotechnologie, et à quel prix.

N'allez pas croire que Vital ne fait que mouliner des ratios financiers calculés à partir des prévisions de bénéfices affichés par les dirigeants des entreprises en quête d'investisseurs. Chacun sait que ces ratios sont à prendre avec des pincettes tant leur imprécision est grande. Vital va beaucoup plus loin. Il a en mémoire une gigantesque base de données sur les technologies du secteur, les entreprises, les fournisseurs d'appareils médicaux et de médicaments, les agences gouvernementales (qui décident de la politique de la santé, en particulier), les institutions financières, les instituts de recherche…

Il dispose également de programmes d'analyse qui lui permettent de déceler et d'utiliser toute information pertinente quant à la question posée. Et ses décisions ne sont pas biaisées par son humeur du moment, le fait qu'il ait plus ou moins bien dormi, fait un repas indigeste, se soit querellé avec son conjoint ou se fasse du souci pour l'un de ses enfants.

Pour l'instant, et selon les dires de DKV, Vital est le premier administrateur non humain au monde. Mais sûrement pas le dernier. Les ordinateurs et leurs programmes d'intelligence artificielle vont bouleverser le rôle des dirigeants, prédisent Martin Dewhurst et Paul Willmott, directeurs au bureau londonien de McKinsey, cabinet de conseil en stratégie.

La révolution qui nous attend serait comparable à la révolution industrielle, estime Andrew McAfee, directeur associé au Massachusetts Institute of Technology (MIT). " La révolution industrielle a permis aux hommes de dépasser les limites de leurs capacités physiques. Les technologies numériques vont faire de même avec nos capacités mentales ", explique ce chercheur.
diriger de façon plus humaine

Certes, cela fait des décennies que les spécialistes de l'intelligence artificielle, qui ont permis qu'un ordinateur, Deep Blue, batte en mai  1997 le champion du monde d'échecs, Garry Kasparov, répètent que l'ère des machines, aptes à se mesurer, voire à dépasser l'homme en intelligence, est arrivée. Sans que cela ne change de manière drastique les modes de fonctionnement en entreprise. Mais le moment serait désormais le bon. Et si les sceptiques sont encore légion, c'est parce que " les gens sous-estiment massivement l'impact que les techniques analytiques modernes combinées aux masses de données disponibles vont avoir sur leurs entreprises et sur la société, explique Jeremy Howard, chercheur à l'université de San Francisco. Et pour une raison simple : les possibilités offertes par ces techniques évoluent de façon exponentielle, et l'esprit humain ne peut l'envisager ".

Les pessimistes verront le marché du travail se boucher encore davantage. Les ordinateurs menacent désormais 47  % des emplois aux Etats-Unis, estiment Carl Benedikt Frey et Michael Osborne, deux chercheurs de l'université d'Oxford dans  The Future of Employment, publié en septembre  2013. Selon une étude de MGI citée dans cet ouvrage, ces logiciels sophistiqués pourraient remplacer 140  millions de travailleurs du savoir dans le monde, équivalent temps- plein. Si les dirigeants veulent être épargnés, ils devront développer de nouveaux comportements.

Ce ne sont donc plus leurs compétences " dures ", alliant raisonnement et connaissances, qui feront la différence. Puisque celles-ci seront prises en charge par les logiciels. Mais les compétences " soft ". Celles qui permettront de " créer de nouvelles formes d'organisations pour repérer et faire travailler des talents éloignés qui émergent dans le monde entier. De stimuler leurs capacités créatives, leurs qualités de leader et leur pensée stratégique ", prédisent les experts de McKinsey dans la dernière édition de leur revue consacrée aux " cinquante prochaines années du management ". Plus que jamais, ils devront diriger de façon plus humaine, faire preuve d'intelligence comportementale, être plus à l'écoute des sensibilités, des aspirations de chacun, laissant aux machines ce qui relève du management désincarné. Plutôt une bonne nouvelle.

par Annie Kahn

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 29 Janvier 2015

2826be1dTrès clairement : considérer un Etat comme plus riche car il a des revenus provenant de pratiques illégales, est un non-sens absolu !

Le poids des revenus illégaux ne révèle pas l'état de richesse d'un pays, mais plutôt un état de pauvreté ! Ce ne sont pas les riches qui cherchent à gagner de l'argent illégalement, mais plutôt les pauvres qui n'ont que ce mode de ressources ouvert puisque le marché de l'emploi leur est fermé !

Bref, l'argent provenant de l'économie souterraine ne peut entrer dans le calcul du PIB d'un pays, à moins qu'il entre en déficit...

Londres est donc entièrement fondé à refuser de rembourser le moindre Euro supplémentaire à Bruxelles car les calculs provenant de ces bureaucrates incapables sont faux !

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Pourquoi Bruxelles réclame 2 milliards d’euros au Royaume-Uni

Le Monde.fr | 30.10.2014 à 12h20 • Mis à jour le 30.10.2014 à 14h18 | Par Alexandre Pouchard

That's a « no ». Le premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré très clairement que « le Royaume-Uni ne paiera pas les 2 milliards d'euros à quiconque le 1er décembre et [qu'elle rejetait] le montant de ce paiement. Nous allons nous battre par tous les moyens possibles ».

La raison de ce courroux ? La réévaluation de la contribution de chaque Etat membre au budget de l'Union européenne, validée par la Commission européenne le 17 octobre, aboutit à une rallonge de 2,1 milliards d'euros pour le Royaume-Uni. Comment cette contribution a-t-elle été calculée, et que risque Londres ?

 
Le budget de l'UE dépend de la richesse des Etats membres

En adhérant à l'Union européenne, chaque Etat s'engage à verser, chaque année, une contribution au budget commun en fonction de sa richesse. Plus précisément, la contribution est calculée à partir du « revenu national brut » (RNB), notion assez proche du produit intérieur brut (PIB) mais qui inclut également les flux de revenus issus de l'étranger (quand ceux partant vers l'étranger sont soustraits). En 2013, le RNB français s'est établi à 2 150 milliards d'euros, quand le PIB était lui à 2 113 milliards d'euros.

Avec 21,8 milliards d'euros versés, la France était en 2013 le deuxième plus gros contributeur au budget de l'UE après l'Allemagne (26,1 milliards) et devant l'Italie (15,7 milliards) et le Royaume-Uni (14,5 milliards).

Rapporté au nombre d'habitants, c'est en revanche le Luxembourg qui contribue le plus (578 euros par habitant), devant le Danemark (465 euros) et la Suède (394 euros). Avec 333 euros par habitant, la France est en 7e position, devant l'Allemagne (9e, 324 euros), l'Italie (11e, 264 euros), le Royaume-Uni (12e, 227 euros) et l'Espagne (13e, 222 euros).

Outre la contribution des Etats, le budget de l'UE est également issu d'un prélèvement sur les droits de douane (pour les produits arrivant dans la zone économique européenne) ainsi qu'une partie de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Pourquoi le calcul des contributions est modifié

Si les contributions des Etats connaissent un grand changement cet automne, c'est dû à une modification du calcul du PIB, entrée officiellement en vigueur en septembre. L'institut de statistiques européen Eurostat a ainsi demandé aux Etats membres d'intégrer la recherche et développement (R&D, auparavant comptée comme une dépense et non une contribution au PIB) mais aussi les revenus d'activités illégales dans leur comptabilité, notamment le trafic de drogue et la prostitution. Certains pays, comme l'Espagne, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Estonie, la Finlande, la Norvège, la Slovénie ou la Suède, prenaient déjà en compte ces activités illégales.

D'autres, comme le Royaume-Uni ou l'Italie, ont annoncé qu'ils intégraient ces revenus dans leur comptabilité nationale. Par ce moyen, Londres a ainsi vu sa richesse nationale gonfler de 10,9 milliards d'euros (0,5 % du PIB), a annoncé l'Office national des statistiques (ONS) fin septembre. En France, l'Insee a refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, au contraire de celle « discrète », cachée derrière d'autres activités et déjà comptabilisée dans le PIB. L'institut a estimé que le consentement des prostituées « de rue » n'était « probablement pas vérifié ». Le trafic de drogue a en revanche été ajouté au revenu national brut (et non au PIB) fourni à Eurostat, l'augmentant d'environ 2,1 milliards d'euros.

Le nouveau calcul profite notamment à la France

Pour les Etats qui ont vu leur PIB et leur RNB gonfler, il semblait logique que la contribution soit revue à la hausse. Mais en parallèle, les Etats membres se sont mis d'accord, en février 2013, pour diminuer le budget pluriannuel de l'Union (sur la période 2014-2020), notamment par le biais d'une moindre ponction sur le revenu national brut. Une baisse validée, après moults rebondissements, par le Parlement européen en juillet de la même année.

C'est ainsi que si la France devait payer 562 millions d'euros supplémentaires en raison du nouveau calcul du RNB, le nouveau budget lui permet d'économiser 1,6 milliard. Sa contribution va donc diminuer de 1 milliard d'euros.

Pour le Royaume-Uni, la balance est en revanche négative : le nouveau calcul du RNB lui a été très favorable et l'amène à payer 3,6 milliards d'euros, alors que la baisse du budget de l'Union ne lui enlevait « que » 1,5 milliard d'euros. D'où une contribution augmentée de 2,1 milliards d'euros, ce que refuse David Cameron.

Que risque le Royaume-Uni ?

Après les déclarations de David Cameron, le commissaire européen au budget, le Polonais Jacek Dominik, a mis en garde le Royaume-Uni :

    « La loi impose aux Etats de verser leur contribution au budget européen le 1er décembre. Si cela n'est pas fait, la Commission peut imposer des amendes. »

Bruxelles pourrait pour cela s'appuyer sur l'article 11 d'un règlement datant de 2000, qui prévoit que « tout retard » dans le versement de la contribution « donne lieu au paiement, par l'Etat membre concerné, d'un intérêt » dont le taux se voit majoré de deux points et augmenté de 0,25 point par mois de retard.

Le Royaume-Uni, qui s'est engagé à verser la contribution fixée par le budget, n'a donc théoriquement pas d'autre choix que de la payer.

David Cameron espère-t-il peut-être pouvoir renégocier le calcul du RNB ? Dans un communiqué daté du 27 octobre, le commissaire européen Jacek Dominik explique que « la Commission n'a aucunement le pouvoir de modifier les chiffres du RNB vérifiés et notifiés (...) à partir du RNB nouvellement calculé par les Etats ». Il rappelle la « transparence » du processus, largement « automatisé pour qu'il ne nécessite pas une décision d'une autorité budgétaire ».
 
Derrière le « show européen », une stratégie de politique interne

Peu probable que David Cameron risque, in fine, d'engager son pays dans cette voie tumultueuse qui, en plus d'être coûteuse, porterait un nouveau coup à l'influence britannique au sein de l'Union européenne. « Si le Royaume-Uni refuse de contribuer, cela pourrait créer un précédent, d'autres suivant le même exemple et mettant en péril l'Union européenne elle-même, juge Marie-Laure Basilien-Gainche, spécialiste du droit européen à l'université Lyon-III. Dans tous les cas, Londres se discrédite et risque d'être isolé lorsqu'il faudra former une majorité qualifiée au sein du Conseil. »

Plus probablement, « le Royaume-Uni essaiera de trouver un moyen de retarder l'échéance le plus possible et de ne pas avoir cédé trop facilement à Bruxelles », analyse Vivien Pertusot, directeur du think tank Institut français des relations internationales à Bruxelles. Une source bien informée a affirmé au Monde que s'il avait été très vindicatif face à la presse le 24 octobre, David Cameron était bien plus timoré lors du Conseil européen quelques heures plus tôt, ne mentionnant pas qu'il ne paierait pas la contribution le 1er décembre.

Derrière l'affichage européen, on trouve la pression des eurosceptiques britanniques, symbolisée par la percée du parti europhobe UKIP lors des dernières élections européennes, puis son entrée au Parlement britannique début octobre à la faveur d'une législative partielle. De mauvaise augure pour le Parti conservateur avant les élections générales de mai 2015.

L'affaire tourne aussi à la polémique interne, certains au Royaume-Uni se demandant pourquoi M. Cameron aurait été informé très tardivement, par son administration, de la rallonge demandée au pays – le 23 octobre, à la veille du Conseil européen.

Alexandre Pouchard
Journaliste au Monde

Le Royaume-Uni bénéficie d'un « rabais » payé par les autres Etats
Depuis 1984 et le fameux « I want my money back! » de Margaret Thatcher, alors que le Royaume-Uni payait environ 30 % de plus à la Communauté que ce qu'elle n'en recevait, Londres bénéficie d'un rabais correspondant aux 66 % de la différence entre sa contribution au budget de l'UE et les fonds européens qu'il perçoit. Cette « correction britannique », son nom officiel (aussi appelé « chèque britannique »), est payée par les autres Etats membres et la France en est le premier payeur (1,2 milliard d'euros en 2013), suivi de l'Italie (900 millions d'euros) et de l'Espagne (595 millions d'euros). L'Allemagne bénéficie, elle, d'un « rabais sur le rabais » depuis 1985, rejointe dans ce mouvement par l'Autriche, les Pays-Bas et la Suède, qui payaient eux aussi beaucoup plus que ce qu'ils recevaient (« contributeurs nets »).

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 28 Janvier 2015

a vote-464x309Je ne comprends pas comment on a pu reconduire l'équipe municipale à Marseille avec tous les problèmes que la ville a.

Entre le manque de moyens affecté aux bibliothèques, la politique du "Fini-parti" qui mine les équipes municipales et qui aboutit à une situation catastrophique en matière de propreté de la ville et des écoles où on ne propose aucun service dans le cadre de la semaine des 4 jours, je me pose des questions quant au professionnalisme des dirigeants de la ville.

Le problème c'est que tout cela, les haibitants le savaient puisque la France le savait. Comment a-t-on pu donc reconduire une telle bande d'incompétents à la tête de la ville ?

Quand M. Diouf s'était présenté, on a vu quelques personnes se poser des questions quant à son manque supposé de professionnalisme politique : c'est se foutre de la gueule du monde ! L'équipe en place a-t-elle été professionnelle en laissant s'instaurer une éducation en berne, des bibliothèques en friche et un laisser faire inconsidéré à des syndicats prenant en otage le citoyen avec une ville la plus sale de France ?

On a été cherché la paille dans l'oeil de M. Diouf en oubliant la poutre en béton armé dans l'oeil de M. Gaudin !

Pour changer les choses, il aurait fallu renouveler l'équipe en place car les habitants méritent leurs politiques. A ce titre, les Marseillais ne seraient-ils pas un peu fadas ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Octobre 2014

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A Marseille, la grogne monte face à la disette des bibliothèques
Alors que le réseau est historiquement insuffisant, la municipalité a réduit les horaires d'ouverture pour pallier le manque de personnel

Personnels " en souffrance " ou démotivés, services fermés : les bibliothèques municipales de Marseille connaissent une nouvelle crise. Depuis plusieurs mois, la ville a réduit les horaires d'ouverture dans sept des huit établissements du réseau en raison d'un manque de personnel.

Certains sites n'ouvrent plus que quatre jours par semaine, et pour quatre ou cinq heures par jour. D'autres doivent fermer un jour entier supplémentaire. Même le navire amiral, la bibliothèque municipale à vocation régionale de l'Alcazar, s'impatiente de la réouverture du service Lire autrement, destiné aux personnes mal voyantes, fermé depuis le mois d'août.

La situation n'était déjà pas satisfaisante, puisque, dans un rapport de 2013 sur la gestion de la commune, la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d'Azur faisait état du faible volume des jours d'ouverture des bibliothèques marseillaises : 222 contre 253 à Lyon et 254 à Paris, soit " l'équivalent d'un mois complet de fermeture en plus ".

" Depuis plus de deux ans, les bibliothèques marseillaises connaissent une dégradation sans précédent des services, des conditions d'accueil et de travail ", selon une pétition des syndicats FSU et CGT, déjà signée par un demi-millier d'usagers. Force ouvrière estime que, en matière d'effectifs, " la cote d'alerte est dépassée ". Entre 2007 et 2012, la réduction des équivalents temps plein a été de 14  %. La situation n'est donc pas nouvelle pour les syndicats qui font état d'un manque de 40 à 50 postes dans un service municipal employant 280 agents.

" C'est à peu près dans la norme du nombre d'agents par mètre carré de bibliothèque ", leur oppose la municipalité. Dans le dernier plan de mobilité de la ville de Marseille, la direction des ressources humaines n'a ciblé aucun poste pour la direction des affaires culturelles.
" Efforts à réaliser "

Dans une ville très étendue, les bibliothèques de proximité sont les plus affectées par les conséquences de la révision générale des moyens municipaux qui se traduit par le non-remplacement d'un départ sur deux. " On redoute que la municipalité ne sacrifie la lecture publique de proximité ", estime le bibliothécaire Raymond Romano, secrétaire général du Syndicat des cadres CGT.

Le rapport de la chambre régionale des comptes relevait aussi la faiblesse des acquisitions, Marseille n'y consacrant que 1,31 euro par habitant, alors que la moyenne nationale se situe à 2,68  euros. L'inspection générale des bibliothèques avait observé que " les crédits d'acquisition se situent au-dessous du seuil recevable par le Centre national du livre pour les dossiers de demande de subvention (2  euros par habitant) ".

Derrière la belle façade de l'Alcazar, la lecture publique ne serait pas une priorité de Jean-Claude Gaudin, maire (UMP) depuis 1995, accusent les syndicats. C'est tout le contraire, se défend Anne-Marie d'Estienne d'Orves, adjointe à la culture, même si elle " mesure les efforts à réaliser ".

L'élue dit attendre un état des lieux précis pour la fin de l'année, avec la remise d'un audit financé par l'Etat et lancé en mai. " Nous verrons ainsi les rééquilibrages d'effectifs à opérer entre les bibliothèques du réseau. Les syndicats se méprennent en faisant référence à des grilles de personnels datant de 2004. Mais tout sera fait, dès 2015, pour que les sites puissent rouvrir sur des horaires normaux. "

Les bibliothèques ont, selon Mme d'Estienne d'Orves, pâti des efforts à réaliser pour Marseille Capitale européenne de la culture en  2013. Il y avait aussi des musées à " sortir ", mais " durant ce nouveau mandat, le travail sera fait sur les bibliothèques pour, avec l'Etat, les autres collectivités, remettre en marche cet outil ".

Le réseau est historiquement insuffisant : pour approcher une couverture comparable à celle de Paris, Lyon ou Lille, Marseille devrait tripler le nombre de ses bibliothèques. Seuls deux projets – dans les quartiers nord et dans l'est – sont dans les tiroirs. La crise s'ajoute à la grogne des parents d'élèves confrontés, depuis septembre, à l'impréparation de la ville dans la mise en place de la réforme des rythmes scolaires.

Luc Leroux

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 27 Janvier 2015

2826be1dOn le voit ici, les collectivités locales ne font pas les efforts qu'elles devraient effectuer. En particulier leurs frais de personnels ont explosé. Souvent, les collectivités locales ont une fâcheuse tendance à faire du clientélisme à l'emploi, ce, au détriment des dépenses publiques et du contribuable.

De nombreuses collectivités voient donc leur situation budgétaire se détériorer car elles n'ont pas su prévoir qu'il fallait faire des économies et se poser des questions quant à l'utilisation de l'argent du contribuable.

La Cour des comptes à déploré cet état de fait, en particulier sur les frais de personnels qui agissent à deux niveaux :
- Un niveau d'avancement bien trop généreux
- Une hausse continue du nombre d'agents territoriaux

Les dépenses sont donc de deux ordres : on dépense trop d'argent par agent et on a trop d'agents.

Il va falloir que les collectivités territoriales cessent cette fuite en avant pour respecter leurs obligations bugétaires, in fine, les dépenses faites avec l'argent du contribuable.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 28 Octobre 2014

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Les collectivités locales ont-elles raison de se plaindre ?
Le projet de loi de finances pour 2015 prévoit une baisse de 3,67  milliards d'euros des dotations

Alors que le Sénat commence, mardi 28  octobre, l'examen en deuxième lecture du projet de réforme territoriale, nombreuses sont les interrogations sur la capacité des collectivités territoriales à amortir le choc de la diminution de leurs dotations, comme en témoigne la vigueur des échanges lors de la discussion du budget à l'Assemblée nationale. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2015 prévoit une baisse des dotations de 3,67  milliards d'euros – pour un total de 11  milliards en trois ans. Quelle est la réalité de la situation financière des administrations locales  ? Quel impact cette baisse aura-t-elle  ? Le document annexé au PLF sur les transferts financiers de l'Etat aux collectivités territoriales apporte des éléments de réponse.

En  2013, les administrations publiques locales (APUL) représentaient 20,9  % de la dépense publique nationale et 9,4  % de la dette globale. En trente ans, les dépenses des APUL sont passées de 8,6 points de PIB à 11,9 points, soit une hausse moyenne en valeur de 5,1  % par an alors que, sur la même période, le PIB a crû en valeur de 4  % par an. Sur les 3,3 points de PIB d'augmentation de la dépense, les effets de la décentralisation et l'extension de certaines compétences contribuent pour 1,6 point.

Cette hausse de 3,3 points de PIB est surtout due à l'augmentation des dépenses de fonctionnement qui, de 37,9  % de la dépense totale en  1983, sont passées à 51  % en  2013. Hors impact de la décentralisation, elles ont triplé en volume alors que l'investissement n'a progressé que de 78  %. Entre 2002 et 2012, les effectifs de la fonction publique territoriale (hors transferts de compétences) ont progressé de 320  000 (+ 23  %) alors qu ceux de la fonction publique d'Etat baissaient de 5  %.

Malgré la baisse des concours de l'Etat, les ressources des APUL devraient continuer de croître en  2015, en raison du dynamisme des recettes de fiscalité locale, qui devraient connaître une hausse de 3,3  % en  2014 et de 3,2  % en  2015. Les recettes fiscales des collectivités territoriales devraient s'élever à 95,2  milliards en  2015. La diminution de la dotation va entraîner une baisse de 2,4  % des transferts financiers de l'Etat, qui s'établiront à 101  milliards d'euros. Elle concernera pour 2,07  milliards d'euros le bloc communal, pour 1,15  milliard les départements et pour 0,45  milliard les régions.

Ces transferts se décomposent en plusieurs ensembles. Les concours financiers de l'Etat, qui comprennent à la fois les prélèvements sur recettes (PSR) de l'Etat au profit des APUL – dont les principaux sont constitués par la dotation globale de fonctionnement et le fonds de compensation de la TVA – et les crédits de la mission "  relations avec les collectivités territoriales  ", comptent pour 53,2  milliards d'euros. Ce sont ceux-ci qui sont affectés par la baisse des dotations.

S'y ajoutent les subventions des autres ministères, les dégrèvements législatifs, les amendes de police et les subventions pour travaux d'intérêt général, à hauteur de 13,7  milliards. Enfin, la fiscalité transférée (droit départemental d'enregistrement et taxe de publicité foncière, cartes grises, taxe intérieure sur les produits énergétiques, taxe sur les conventions d'assurance, taxe sur les surfaces commerciales) et les fonds en faveur de l'apprentissage (1,5  milliard) représentent 34,1  milliards d'euros. Entre 2006 et 2015, la fiscalité transférée est passée de 14,9  milliards à 32,6  milliards.
Rationalisation

Entre 2003 et 2013, le montant des transferts financiers de l'Etat aux collectivités territoriales a augmenté de 4,2  % en moyenne annuelle, soit trois fois plus que l'inflation. Hors mesures de décentralisation, le rythme moyen de progression annuelle est de 3  %, soit une augmentation cumulée de 32  %, deux fois supérieure à celle de l'inflation.

Certes, les collectivités territoriales contribuent pour une part importante à l'investissement public. Mais, au vu de la hausse de leurs dépenses de fonctionnement ces dernières années et des transferts de l'Etat en leur faveur, cet effort peut continuer à être soutenu, pour peu qu'elles s'engagent à une rationalisation de leurs dépenses de fonctionnement.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 26 Janvier 2015

univLe chômage est important car notre pays n'est pas compétitif. Il n'est pas compétitif car, entre autres, notre formation n'est pas au niveau. Notre formation n'est pas au niveau car il y a un gâchis en université.

C'est donc une très bonne nouvelle que de savoir que l'on peut sensiblement améliorer la réussite de nos étudiants simplement en changer le mode d'évaluation en université.

On a maintenant un rapport qui dit quoi faire, il n'y a plus qu'à...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Octobre 2014

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Le contrôle continu intégral a fait ses preuves
Moins d'échecs, plus de mentions : les étudiants évalués sur la durée réussissent mieux qu'avec l'examen final
Les universités ont peut-être trouvé le Graal pour réduire le taux d'échec en licence. Et il tiendrait en trois mots : contrôle continu intégral. Un dispositif qui consiste à évaluer régulièrement les étudiants dans toutes leurs unités d'enseignement et à supprimer l'examen final et les notes couperets en fin de semestre.

Selon les conclusions du rapport de l'année universitaire 2013-2014 du comité de suivi de la licence et de la licence professionnelle (CSL-LP) présenté lundi 20  octobre au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), " les établissements qui développent l'évaluation continue intégrale déclarent obtenir des résultats plus satisfaisants pour les étudiants qu'avec le contrôle terminal ". " Le nombre de diplômés titulaires de mentions enregistre également une augmentation. Le taux d'échec diminue en première année, la transition lycée-université étant facilitée ", y est-il expliqué.

Des conclusions qui tombent à pic pour l'Unef. Le premier syndicat étudiant milite pour la multiplication de ce dispositif dans les universités : " Plus l'évaluation est répartie équitablement sur le semestre, mieux c'est ", insiste William Martinet, son président. Pour Alexandre Leroy, président de la FAGE, deuxième organisation étudiante, c'est un dispositif qui " joue en faveur de la réussite ".

Il permet en effet d'évaluer la progression des apprentissages des étudiants tout au long du semestre. Les lacunes sont constatées très tôt et peuvent être comblées rapidement avec des corrections et des explications.

Taux d'abandon en chute de 7  %
L'université d'Avignon est la première à avoir mis en place ce système à tous les niveaux et dans toutes ses filières. C'était en  2008. Six ans plus tard, les résultats de l'établissement, qui compte 53  % d'étudiants boursiers, sont là. Le taux de réussite semestriel a augmenté au minimum de deux points sur la moitié des licences. " Tous les semestres impairs - ceux de début d'année et qui marquent un changement dans la vie de l'étudiant - ont connu une progression supérieure à dix points. En licence AES - administration économique et sociale - , on est passé sur cette période d'un taux de réussite de 11  % en  2008 à 35  % en  2013, et en informatique de 25  % à 54  % ", se félicite son président, Emmanuel Ethis. Par ailleurs, le taux d'abandon a chuté en moyenne de 7  % sur l'ensemble des filières (– 13  % en sciences et – 11  % en sciences humaines et sociales). Enfin, sur l'ensemble du cursus licence, les moyennes annuelles des promotions ont augmenté.

Ce sont ces bons résultats qui ont poussé l'université de Strasbourg à mettre en place ce dispositif en  2012. Aujourd'hui, la majorité des filières fonctionnent sur l'évaluation continue intégrale. Et là encore, les résultats sont probants. Sur le plan quantitatif, le pourcentage de réussite à la fin du semestre est supérieur ou égal à ce qu'il était à la fin de la session (après examen final et rattrapage en fin d'année). Sur le plan qualitatif, le niveau des étudiants a progressé : les mentions sont plus nombreuses. En sciences de la vie, par exemple, les moyennes supérieures à 12 (mention assez bien) ont progressé de 50  %.

Changement total de paradigme
Néanmoins pour François Gauer, vice-président délégué aux pratiques pédagogiques, et l'un des artisans de la mise en place de ce dispositif, il ne faut pas voir l'évaluation continue intégrale comme une suite de petites évaluations. " Cela nuirait totalement à l'esprit de synthèse académique que l'on attend dans une formation universitaire ", dit-il.

En réalité, c'est un changement total de paradigme. " Je ne connais aucune discipline où l'on ne réussit pas mieux quand on s'entraîne, poursuit M. Gauer. L'évaluation continue intégrale doit permettre à l'enseignant de voir en temps réel l'usage de ce que l'étudiant fait de son enseignement et la manière dont il reçoit son message. Il a une part de responsabilité dans l'apprentissage. "

Mais, pour l'Unef, pas question que le contrôle continu intégral se fasse au détriment de la session de rattrapage en fin d'année. Sur ce point, le rapport du CSL-LP se garde bien de se prononcer : " Il n'y a pas de consensus des membres des comités en faveur de la suppression de la session de rattrapage, lorsqu'il y a une évaluation continue intégrale, et donc pas de consensus sur une modification de l'arrêté licence - d'août  2011 - . "

Le texte prévoit en effet que les aptitudes et l'acquisition des connaissances et des compétences sont appréciées soit par un contrôle continu et régulier, soit par un examen terminal, soit par ces deux modes de contrôle combinés. Et l'article  17 note qu'il y a deux sessions, une initiale et une de rattrapage.

En avril, le tribunal administratif de Strasbourg avait condamné l'université de la ville face à l'Unef, qui avait déposé un recours contre l'établissement pour son refus d'organiser une session de rattrapage au motif qu'elle a mis en place le contrôle continu et intégral.

Nathalie Brafman

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Publié le 23 Janvier 2015

Sarkozy-RolexTout le monde sait que c'est l'éléctorat centriste qui fait les "Rois" en France. L'électorat centriste "bouge" ainsi de la gauche vers la droite en fonction des valeurs des différents candidats.

Parmi les électeurs, il y a l'électorat captif et l'électorat qui ne l'est pas. Ainsi, il y a toute une classe de la population qui va voter pour un dirigeant en fonction de ses valeurs et non en fonction de l'étiquette. L'électorat centriste fait partie de cet électorat "mobile" qui fait les "Rois".

Sarkozy a perdu car il s'était trop déporté sur sa droite. Cela lui a valu une étiquette Lepeniste qui ne lui a pas servi puisque l'électorat du Front National, parti raciste et antisémite, a préféré voter pour sa candidate que pour M. Nicolas Sarkozy.

En effet, M. Sarkozy n'a pas compris que les recettes qu'il avait utilisées en 2007 étaient éculées en 2012. Le Pen fille a remplacé Le Pen père et lui a apporté une respectabilité, même si elle n'est que sur le papier car les idées ne changent pas. Marine Le Pen a apporté un discours où sont éliminées les idées les plus racistes mais celles-ci n'ont pas été jetées à la benne, elles ont juste été soigneusement rangées et l'électorat FN ne s'y trompe d'ailleurs pas.

M. Sarkozy renoue donc avec les erreurs qui ont causé sa perte en 2012 et ça le reconduira à sa perte. C'est une bonne chose.

Il y a des gens intelligents qui, lorsqu'ils se brûlent ne remettent pas leur main dans le feu... et il y a les autres qui ont besoin de plus de temps car ils n'ont pas les bases intellectuelles nécessaires à leur métier...

Ceci dit, ne sur-estimons non plus pas trop les bases intellectuelles de certains de nos concitoyens qui peuvent continuer à voter pour M. Nicolas Sarkozy alors même qu'il a montré et démontré que l'intérêt général n'était pas dans ses priorités...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 23 Octobre 2014

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Sarkozy renoue avec le discours de Buisson
A Nice, l'ex-président a retrouvé les accents de sa campagne de 2012
Quand il a effectué son retour en politique, Nicolas Sarkozy s'efforçait d'afficher un profil rassembleur. Ne voulant pas être réduit au candidat d'un seul camp, il affirmait vouloir fédérer l'ensemble des Français sur un projet de nature à " transcender le clivage droite-gauche ". Un mois plus tard, la stratégie a changé. Plus question de tenter de ratisser large dans la perspective de la présidentielle de 2017. Pour sa campagne à l'élection à la présidence de l'UMP, l'ex-chef de l'Etat a décidé de donner avant tout des gages au noyau dur des quelque 260 000 adhérents du parti. C'est le retour de la stratégie du clivage. Le rassemblementattendra.

Ce positionnement est apparu de manière spectaculaire mardi 21  octobre, lors de son meeting à Nice, dans les Alpes-Maritimes, le département où il a réalisé son meilleur score à la dernière présidentielle. Devant près de trois mille personnes réunies dans la salle des Muses, à l'Acropolis, l'ancien président de la République a repris l'axe de sa campagne de 2012 : à droite toute. Sur cette terre du Sud-Est, où l'extrême droite exerce une forte pression sur l'électorat de l'UMP, il a affiché des propositions très fermes en matière d'immigration. Ce thème a largement dominé son discours puisqu'il en a parlé pendant près d'une heure sur une intervention d'une heure et demie. Au risque de tomber dans la surenchère.

" Nos valeurs doivent être défendues face à un islamisme fanatisé qui rêve de semer la terreur en Occident (…). Ceux qui professent ses idées de haine et d'intolérance n'ont rien à faire sur le territoire de la République ", a tonné M. Sarkozy sous les vivats de ses supporteurs. Et de prévenir : " Ceux qui sont en situation illégale sur notre territoire ont vocation à être expulsés. "

Répondre aux " inquiétudes "
Pour " maîtriser les flux migratoires ", il a affiché sa volonté de supprimer des aides accordées aux immigrés. La remise en question de l'aide médicale d'Etat, accordée aux étrangers en situation irrégulière, constitue à ses yeux une priorité car elle donnerait lieu, selon lui, à un " tourisme médical sous prétexte d'urgence ". Le même ne souhaitait pourtant pas " remettre en question cette générosité française " en mars  2012. Au niveau européen, la lutte contre l'immigration illégale passe, selon lui, par une réforme de l'espace Schengen, qui doit mieux protéger les frontières.

Se posant comme le meilleur rempart face à la montée du Front national, M.  Sarkozy a justifié ses prises de position par sa volonté de répondre aux " inquiétudes " des Français. " L'immigration ne doit pas être un sujet tabou mais un sujet majeur ", a-t-il tranché. S'il a reconnu avoir péché " sur la forme " lorsqu'il avait lancé le débat sur l'identité nationale lors de son précédent quinquennat, il a estimé avoir eu raison sur le fond. " Les Français veulent rester en France. Nous voulons bien accueillir les autres, mais nous ne voulons pas changer profondément notre façon de vivre ", a-t-il insisté. Avant d'opposer le respect de la laïcité au port du voile intégral et de se dire contre " les repas à la carte " dans les cantines scolaires en réponse à une question sur le halal.

En fermant les yeux, on pouvait se croire revenu deux ans en arrière, quand le candidat Sarkozy enfourchait sans retenue des thématiques chères au FN, sous l'inspiration de Patrick Buisson, son conseiller d'alors, venu de l'extrême droite. Depuis, il a subi un échec à la présidentielle. Mais son discours reste quasiment le même. Le camp Sarkozy a acté la droitisation de la société française et en a tiré une conclusion : la ligne Buisson est la meilleure stratégie pour séduire un électorat UMP de plus en plus radical et les Français tentés par le FN.

M.  Sarkozy mise sur ce positionnement très à droite pour asseoir sa popularité sur la base militante du parti. C'est sa priorité dans l'optique du scrutin pour la tête de l'UMP. Il ne faut pas oublier que le soutien des adhérents représente son principal atout face à ses rivaux de l'UMP. C'est son assurance-vie. Lui-même en a bien conscience. " Ma force, c'est la vôtre ", a-t-il résumé à la tribune.

" Il est méthodique et veut procéder étape par étape, en élargissant les cercles au fur et à mesure. Il veut d'abord rassembler l'UMP en travaillant le noyau dur, puis l'opposition et enfin les Français ", explique un de ses proches.

Une fois reprise la tête du parti, M.  Sarkozy espère s'imposer comme le chef incontesté de l'opposition et apparaître, in fine, comme le candidat naturel de son camp en  2017. Avec le secret espoir de réduire la primaire à droite pour la présidentielle à un processus de confirmation de sa candidature. " Comme les Français ne veulent plus de lui, il veut forcer le destin en kidnappant l'UMP ", analyse froidement un de ses concurrents. Pour réussir son pari, l'ex-président a demandé à ses partisans de lui offrir un plébiscite le 29  novembre : " Si vous vous mobilisez pour cette élection et que le score est sans conteste possible, vous donnerez alors à votre président la force d'aller jusqu'au bout dans le projet qui redressera la France. "

Alexandre Lemarié

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Publié le 22 Janvier 2015

AN-VideJe l'ai déjà dit suffisamment de fois, notre politique est pourrie. Et on en a encore la preuve dans ce rapport sur le lobbying.

Comme le lobbying est réputé sale en France, on en parle pas. Et comme on en parle pas, il y a très peu de rapports sur ce sujet.

Mais ce n'est pas parce qu'on n'en parle pas, qu'il n'existe pas, et c'est là où le bât blesse...

Les lobbies agissent donc, en France, dans l'ombre, sans cadre ni contrôle.

Il est temps de parler de ce problème afin de le rendre plus transparent et que certains de nos politiques arrêtent de s'en mettre plein les poches au détriment de l'intérêt général.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Octobre 2014

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La France, mauvaise élève du lobbying
Dans un rapport, l'association Transparency International déplore le manque d'intégrité
Un tout petit 2,7 sur 10. C'est la note qu'obtient la France dans son premier contrôle en lobbying mené par Transparency International. L'association, qui milite pour plus de transparence et d'intégrité dans la vie publique, a présenté, mardi 21  octobre, un rapport inédit dressant un état des lieux sur le lobbying, et le résultat n'est pas glorieux : les " représentants d'intérêts " – terme préféré à celui de " lobbies " – continuent en France d'agir dans l'ombre, sans cadre ni contrôle.

" Il reste beaucoup de chemin à faire ", expose Anne-Marie Ducroux, administratrice chargée des questions de lobbying chez Transparency. En utilisant une grille de notation de 65 indicateurs sur l'élaboration des lois et des décrets en France dans tous les lieux de prises de décision (Parlement, cabinets ministériels, collectivités locales, autorités administratives…), l'association considère que la France ne remplit que 27  % des critères requis, soit une note " médiocre " de 2,7 sur 10.

L'examen s'inscrit dans le cadre d'un projet financé par la Commission européenne, mené en parallèle et avec la même méthodologie dans 19 pays européens et dont la synthèse sera publiée début 2015.

Trois principes devraient être respectés. Ils ne sont pas aujourd'hui " garantis " en France : l'intégrité des échanges, la traçabilité de la décision publique et l'équité d'accès aux décideurs publics. Sur les questions d'intégrité (conflits d'intérêts, restrictions d'emploi, codes de bonne conduite…), la France s'en sort à peu près grâce à l'adoption des lois sur la transparence en  2013. Mais elle peut encore progresser, avec seulement 30  % des critères remplis. " Ni l'Assemblée nationale ni le Sénat n'ont instauré d'organe de contrôle indépendant ", écrit l'association, qui rappelle que les parlementaires peuvent continuer à exercer des activités de conseil pendant leur mandat.

La traçabilité des décisions publiques, malgré des efforts notamment de l'Assemblée nationale (mieux notée que les autres), reste difficile voire impossible. La circulation physique des lobbyistes dans les locaux est désormais encadrée au Palais-Bourbon, avec la tenue d'un registre. En dehors du Parlement, dans la plupart des lieux de prises de décisions publiques, il n'est aujourd'hui toujours pas possible de connaître l'ensemble des personnes et organisations consultées dans la préparation d'un rapport ou d'un texte de loi.

Enfin, rien de tout cela ne permet de garantir le troisième principe : l'équité d'accès au processus de décision. Dans certains cas, les décideurs publics mettent en place des commissions consultatives ou des consultations publiques pour préparer un texte. Mais elles restent facultatives, sans garantie de transparence ou d'équilibre dans leur composition et ne font pas toujours l'objet de comptes rendus.

Pour Anne-Marie Ducroux, il reste un important travail de pédagogie à faire. " En France, nous n'avons pas la culture de rendre compte, il n'y a pas de volonté spontanée de transparence, tout ce qui a été fait l'a été après une crise majeure. "

" Processus opaque "
Au niveau européen, le Parlement est souvent désigné, à raison, comme le bon élève sur la transparence, mais il reste des coins sombres dans les institutions, notamment dans les " trilogues ", ces négociations à huis clos entre représentants de la Commission, du Conseil et du Parlement européen censées aboutir à des textes de compromis. Un " processus complètement opaque ", d'où " aucune information ne sort sur les arbitrages effectués ", d'après Myriam Savy, responsable du plaidoyer de Transparency. Il n'y a pas qu'en France que la marge de progression est importante.

Hélène Bekmezian

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Publié le 21 Janvier 2015

balkanyOn continue de s'alarmer de l'état de la France et pendant ce temps, d'autres s'en mettent plein les poches. Ceci dit, ce ne sont pas les habitants de Levallois qui vont sauver la France vu qu'ils réélisent régulièrement leur pourriture de Maire à la tête de la ville...

A un moment, on ne peut s'insurger de la médiocrité de nos politiques et les réélire sans cesse. Parfois, il faut choisir et savoir reconnaître que les Français peuvent avoir les politiques qu'ils méritent...

Comment peut-on continuer encore et toujours à voter pour des pourritures ?

Le dossier d'aujourd'hui est clair : M. Patrick Balkany s'est sucré sur le dos des citoyens et a profité de sa situation pour s'enrichir indument.

Combien de temps va-t-on laisser faire ? Combien de temps les Français continueront-ils à râler de l'état de leur pays mais toujours mettre les mêmes pourris à la tête des institutions ?

Il est temps que les Français prennent leur avenir en main et ne comptent plus sur les édiles pourries pour les sortir du marasme dans lequel ils sont.

En attendant, il faudrait montrer à M. Patrick Balkany le chemin de la sortie, mais les Levalloisiens sont trop idiots pour le faire...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 22 Octobre 2014

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Sur la piste de la fortune de Patrick Balkany
Le député était convoqué par les juges en vue d'une mise en examen, mardi 21  octobre
Le député et maire UMP de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est convoqué au pôle financier, mardi 21  octobre, en vue d'une triple mise en examen pour " blanchiment de fraude fiscale ", " corruption " et " blanchiment de corruption ". Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon disposent de documents précis pointant la responsabilité de ce très proche de Nicolas Sarkozy dans l'organisation d'un système d'évasion fiscale. Le Monde a ainsi eu accès à trois notes, datées des 2  mai, 9  juillet et 27  septembre, émanant de Tracfin, l'organisme anti-blanchiment de Bercy. Elles évoquent un " schéma sophistiqué de fraude " et détaillent le train de vie faramineux du parlementaire et l'écheveau de sociétés écrans et comptes offshore derrière lesquels se cachent M. Balkany et son épouse Isabelle. Le cabinet d'avocats " Claude et Sarkozy ", dans lequel est associé l'ex-chef de l'Etat, paraît avoir prêté son concours juridique à ce montage illégal. Les magistrats détiennent également plusieurs témoignages, dont celui de l'industriel George Forrest, révélant les pratiques suspectes de M. Balkany en Afrique, durant la période 2007-2012.

M.  Forrest a permis aux juges d'instruction de mieux comprendre l'origine des fonds alimentant les divers comptes attribués au couple Balkany. Le 18  septembre, il confie au juge Van Ruymbeke, à qui il remet plusieurs documents : " En septembre  2008, il - M. Balkany - m'a appelé en me disant qu'il avait une affaire intéressante à m'apporter. Comme il voyait que je voulais investir dans l'uranium, il nous a apporté une affaire Forsys Metals corporation en Namibie. M.  Balkany a obtenu de ce gouvernement qu'il ne s'oppose pas à la transaction. J'ai racheté Forsys pour 500  millions de dollars - environ 390  millions d'euros - . Comme M. Balkany m'avait apporté l'affaire et que tout commissionnaire reçoit une commission, j'ai négocié avec M. Balkany à 1  %. On a arrondi à 5  millions de dollars. " L'industriel explique ensuite avoir effectué deux virements, les 22 et 29  juin  2009, sur un compte numéroté ouvert par la société Himola à la Commerz Bank de Singapour – fermé puis remplacé par un autre compte, à la Standard Chartered Bank, toujours à Singapour, en  2010.

Ce fameux compte, les juges l'avaient déjà découvert dans les trois notes Tracfin liées au patrimoine de la famille Balkany et de ses proches. Avec les mêmes versements, aux mêmes dates. Mais ils ne savaient pas d'où provenaient les fonds l'alimentant. " Qui vous a remis le numéro du compte d'Himola à Singapour ? ", interroge le juge. " M.  Balkany lui-même, se souvient l'homme d'affaires. Il me l'a noté sur un bout de papier. C'était à Levallois. Cela se passait dans son bureau à la mairie. "

Nulle trace des fonds versés
Ce témoignage est essentiel pour les magistrats. Car il relie directement le couple Balkany au compte à Singapour. En effet, jusqu'à présent, ils n'avaient qu'un seul nom comme ayant-droit de la société Himola Company corp : le bras droit de M. Balkany à Levallois-Perret, Jean-Pierre Aubry, également mis en examen dans ce dossier. Suspectant M. Aubry d'être le " faux nez " du couple Balkany, ils ont donc fait placer en garde à vue, le 24  septembre, la directrice de la société fiduciaire suisse Gestrust, Diana Brush, qui hébergeait Himola. " Himola est une société panaméenne détenue à 100  % par Jean-Pierre Aubry (…) J'ai vu à de nombreuses reprises M. Aubry déposer des enveloppes dans un coffre de Gestrust. J'imagine qu'il s'agissait d'enveloppes de liquidités. Tout est basé sur la confiance. Lorsque M. Aubry revenait en Suisse, il lui arrivait de venir récupérer ces enveloppes ", a expliqué aux policiers la gestionnaire de fonds.

A Gestrust, Mme Brush est placée sous l'autorité directe du patron, Marc Angst. " Je tiens à préciserque M.  Angst m'avait indiqué avoir entendu dire que le véritable propriétaire de Himola était M.  Balkany ", indique Mme Brush.Avec ces témoignages, les enquêteurs ont bien la certitude que M. Balkany se cache derrière le compte Himola avec, comme homme de paille, Jean-Pierre Aubry.

En juin  2009, voilà donc le couple Balkany nanti de 5  millions de dollars. Dont le fisc français n'entend pas parler. Les trois rapports Tracfin soulignent le statut fiscal particulier des Balkany. Le député UMP n'est pas assujeti à l'impôt sur la fortune, il ne déclare " que " 87 175  euros de revenus en  2012, et ce alors qu'il rémunère des employés à domicile pour… 127 000  euros. Mme Balkany, elle, parvient même à se faire rembourser 6 000  euros du fisc en  2012, tout en bénéficiant d'une demi-part supplémentaire, au titre de sa qualité de personne isolée. Or, Tracfin met en exergue " une communauté de vie  sinon d'intérêts avec M. Balkany ". " Les seuls revenus officiels de M. et Mme Balkany ne sauraient justifier la détention d'un tel patrimoine ", poursuit Tracfin. Le " schéma de fraude n'aurait d'autre justification que de dissimuler l'origine ou le bénéficiaire effectif des biens et revenus ".

Nulle trace en effet des fonds versés par M. Forrest. Cet argent a servi, selon les enquêteurs, à acquérir deux villas somptueuses : " Dar Gyucy " à Marrakech et " Pamplemousse " à Saint-Martin. Tracfin dénonce " le recours à des montages juridiques offshore sophistiqués utilisant des sociétés écrans destinées à opacifier l'identité réelle des propriétaires effectifs des villas ", les Balkany.

L'enquête judiciaire pourrait aussi, par ricochet, concerner M. Sarkozy. Les activités africaines de M. Balkany ont notamment prospéré, entre 2007 et 2012, du fait de sa grande proximité avec celui qui était alors président de la République. A la grande colère des diplomates français. Y compris les membres de la cellule diplomatique de l'Elysée. George Forrest a ainsi révélé aux juges ce que lui avait confié Bruno Joubert, le " M.  Afrique " de Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2009, à propos des négociations menées par Areva en Centrafrique en  2008 : " Il me disait catégoriquement qu'il ne fallait pas que M. Balkany se mêle de cette affaire. On ne pouvait pas empêcher la présence de Renaud Guillot-Corail - conseiller de M. Balkany - , M.  Joubert était furieux. " M.  Forrest a raconté comment le député avait tenté de se greffer sur le dossier centrafricain : " J'ai reçu une invitation à déjeuner à la mairie de Levallois par M. Balkany - … - M.  Balkany connaissait bien M. Bozizé - président centrafricain - , c'est du moins ce qu'il disait. Il voulait savoir comment le dossier évoluait ".

On retrouve M. Sarkozy à travers le cabinet d'avocats Arnaud Claude et Associés, qu'il a cofondé, et dont il est redevenu l'associé depuis sa défaite en  2012 – le cabinet a d'ailleurs été rebaptisé Claude &  Sarkozy. En effet, Tracfin a découvert en mai que Me Claude, conseil de M. Aubry, était " le destinataire des courriers réceptionnés par Gestrust SA - … - relatifs au fonctionnement " des deux comptes occultes détenus par M.  Aubry, au nom de M. Balkany, à Singapour. Diana Brush s'est souvenue que le 8  janvier  2010, elle s'était rendue à Genève pour l'acte d'acquisition de la villa des Balkany au Maroc.

" Lors de la signature, étaient présents Jean-Pierre Aubry - et - Me Arnaud Claude ", a-t-elle assuré. S'agissant de la SCI Dar Gyucy, propriétaire de la maison de Marrakech, Mme Brush a déclaré : " Je suis la gérante de cette société depuis le début à la demande de M. Aubry et Me Claude ". Le cabinet d'avocats Claude &  Sarkozy a été perquisitionné le 21  mai.

Gérard Davet, et Fabrice Lhomme

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Publié le 20 Janvier 2015

350px-La-justiceLa situation de certaines de nos prisons est une honte pour notre pays. Elle est une honte car elle révèle une méconnaissance manifeste sur la réinsertion de personnes qui auront fait l'objet de véritables tortures dans le milieu carcéral.

Comment voudrait-on qu'un prisonnier qui a été victime d'un tel traitement se conduise parfaitement une fois dehors ? La prison doit réinsérer, pas produire de futurs bandits !

Pas question de transformer nos prisons en villages du Club Med', mais il ne faut pas exagérer : la torture ne peut qu'aboutir à la destruction des personnes ! Quand on traite les gens comme de la merde, ils se conduiront comme tels !

Il est donc temps d'engager des travaux importants dans certaines de nos prisons afin qu'elles sortent de leur statut de véritables lieux de torture.

C'est le minimum que l'on peut demander de la part d'un pays qui a été moteur des Droits de l'Homme...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Octobre 2014

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La prison "inhumaine " de Ducos, en Martinique
Surpopulation massive, traitements dégradants... L'observatoire international des prisons a saisi la justice

Difficile de se sentir un peu seul, à Ducos. A quatre dans 9 m², vingt et une heures sur vingt-quatre, on a effectivement de quoi se tenir chaud, surtout à la Martinique, dans l'unique prison de l'île. Ceux qui ont le cafard ont aussi des rats, des grenouilles, des fourmis et des scolopendres - de sales bêtes venimeuses - dont un détenu a pieusement recueilli un spécimen de 14  cm. On mange sur ses genoux, chacun sur son matelas, et quand quelqu'un a la mauvaise idée d'aller au coin toilettes, on monte un peu le son de la télé pour le bruit et on allume un petit serpentin anti-moustiques pour l'odeur.

Le centre pénitentiaire de Ducos se dispute le titre de la pire prison de France. Elle n'est pas bien vieille  -1996  - mais prévue pour 490 places, portées à 570 en  2007, elle accueille un petit millier de détenus  -  998 au printemps 2013, dont 150 sur un matelas par terre. La chancellerie est au courant  : le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait rendu un rapport effaré en  2009, l'inspection des services judiciaires, le procureur, le chef d'établissement, un député, ont multiplié les mises en garde et la garde des sceaux, Christiane Taubira, a reçu en juin  2013 le rapport consterné de la mission conduite par Isabelle Gorce, devenue deux mois plus tard, en juillet  2013, directrice de l'administration pénitentiaire.

De guerre lasse, l'Observatoire international des prisons (OIP) a déposé cette semaine un référé-liberté devant le tribunal administratif de Fort-de-France pour mettre fin à ces "  traitements inhumains ou dégradants  ", comme il l'avait fait avec succès en décembre  2012 pour la prison des Baumettes de Marseille.

Le rapport Gorce évoquait il y a un an "  un surencombrement massif  "  : cela ne va pas tellement mieux. Le taux d'occupation en maison d'arrêt était au 1er  juillet de 201,7  %, celui du centre de détention - pour les longues peines - de 123,7  %. Au quartier arrivant, sorte de sas avant le placement en cellule, les contrôleurs avaient en  2009 découvert un détenu qui végétait là depuis un an, avec un taux de suroccupation de 340  %.
Les murs "  noirs de crasse  "

Chaque nouvel arrivant recevait un short, un tee-shirt et une paire de sandales. Lors du contrôle de 2009, à cause d'une rupture de stock, ils n'avaient que les sandales. On distribue un rouleau de papier toilette, un morceau de savon et 10  cl d'eau de Javel par mois, avec un torchon et une serviette pour toute la durée de la détention, quelle qu'elle soit. "  L'entretien du linge n'est pas assuré, indiquaient sobrement les rapporteurs, et les vêtements peuvent être portés jusqu'à l'usure complète.  " Le Secours catholique distribue des brosses à dents pour les indigents, près de 40  % des détenus.

Dans les cellules, le bruit est infernal, les murs "  noirs de crasse  " et l'odeur forte, surtout quand la chaleur est étouffante  : "  Des odeurs remontent des égouts.  " Toutes les cellules n'ont pas de poubelle et beaucoup jettent par la fenêtre leurs déchets qui se décomposent sous l'implacable soleil martiniquais. Il n'y a pas d'eau chaude dans les douches. "  Elles sentent mauvais, a raconté un détenu à l'OIP, certains détenus handicapés font leurs besoins à l'intérieur.  " Les prisonniers qui dorment par terre, les premiers intéressés, bourrent de la mousse sous la porte pour freiner l'arrivée des rats.

Face au délabrement du système électrique, la sous-commission de sécurité a donné à deux reprises, en  2011 et 2013, un avis négatif sur l'utilisation des locaux, parce que "  les risques d'éclosion d'incendie, d'électrisation sont importants  ". Et comme il n'y avait pas en cellule de détecteur de fumée et que les Interphone ne fonctionnaient pas, l'administration a finalement fait des travaux en  2013.

La promiscuité engendre aussi "  une violence importante  ", reconnaissait la mission Gorce. "  Je vais pas dire à un type de ne pas aller aux toilettes pendant que je mange, a raconté un prisonnier, sinon c'est une bagarre qui éclate.  "
 " Sentiment d'abandon "

Une centaine de détenus travaillent à l'entretien de la prison, vingt-cinq seulement en atelier, "  plus de 60  % de détenus sont oisifs  ", notait le rapport Gorce. Il y a bien un terrain de sport, mais lors de la visite des contrôleurs, "  l'endroit était détrempé et impraticable  ". Des détenus ont attendu trois mois avant de pouvoir faire de la musculation. Ils peuvent se rendre deux par deux à la bibliothèque, une fois tous les quinze jours, et pour quinze minutes. Les codes judiciaires ne se consultent que sur place  -  il s'agit de lire vite. Il n'y avait, enfin, en  2009, qu'un seul téléphone pour toute la prison, la communication ne pouvait pas dépasser quinze minutes par mois  -  on avait, en revanche, saisi l'année précédente 74 téléphones portables en détention.

L'inspection sanitaire avait relevé en  2009 "  le sentiment d'abandon des équipes soignantes  ".  En  2012, l'agence régionale de santé s'inquiétait des "  moyens humains insuffisants  ", des "  locaux inadaptés  " et d'une "  organisation de la pharmacie non conforme  ". A Ducos, il vaut mieux ne pas avoir mal aux dents, le délai d'attente "  dépasse quatre mois pour les soins programmés  ", relevaient les contrôleurs  -  35  % des détenus attendaient le dentiste.

"  L'inertie des pouvoirs publics ne manque pas de surprendre  ", dénonce l'OIP, qui entend bien aller jusqu'au Conseil d'Etat. Le ministère de la justice est "  conscient des difficultés  ", son porte-parole rappelle que la garde des sceaux avait signé en janvier une circulaire pour "  relancer les aménagements de peines  " en Martinique et demandé au parquet "  un traitement ferme et rapide des violences en prison  ". Il indique qu'en  2015, 160 nouvelles places, quatre parloirs familiaux et quatre unités de vie familiale seront livrés et des études seront lancées pour la construction d'un centre de semi-liberté de 25 places et, en  2016, d'un nouveau centre pénitentiaire de 520 places, conformément aux préconisations de la mission Gorce.

Franck Johannès

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Publié le 19 Janvier 2015

35hCombien de fois ai-je entendu la célèbre supplique : "Pourquoi j'irais bosser alors que je gagne tout autant voire plus à rester à la maison ?" ?.

C'est effectivement une bonne question et il va falloir réellement se poser la question de sa pertinence : le système d'allocation chômage n'est-il pas un rien trop généreux ?

L'assurance chômage doit être une aide au retour à l'emploi et ne doit être que cela. Cela ne doit donc pas être un salaire de substitution ni un remerciement pour service rendu car on a travaillé un temps... Notre système social est une richesse, raison pour laquelle les abus de toutes sortes et de tous genres doivent être supprimés.

Nous ne pouvons pas nous permettre de financer des gens oisifs, nous ne pouvons pas nous permettre de financer telle ou telle personne faisant le tour du monde avec le fruit d'une assurance chômage se montant à 6000 Euros par mois. Cela existe et cela a été montré dans un reportage sur M6 où son bénéficiaire n'a même pas pris la peine de se cacher.

Les abus de certains peuvent mener à la perte de tous. Pour cette raison, la responsabilisation des gens ne peut qu'aboutir à une limitation des indemnités chômage afin que l'on pousse les chômeurs à reprendre un emploi.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 Octobre 2014

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Une assurance-chômage trop généreuse  ?
Le niveau d'indemnisation des chômeurs, critiqué par Manuel Valls et le Medef, n'est pas forcément un problème, estiment les économistes

Depuis les premières déclarations de Manuel Valls, en marge de son déplacement à Londres, lundi 6  octobre, le débat autour de l'efficacité et la générosité des indemnités chômage ne cesse de prendre de l'ampleur. Le président du Medef, Pierre Gattaz, s'est à son tour engouffré dans la brèche ouverte par le gouvernement, mardi 14  octobre, en demandant aux syndicats d'ouvrir de nouveau le dossier dès janvier.

Qu'en est-il réellement ? Le système français est en effet relativement plus protecteur que celui de ses voisins.

Une comparaison, menée par les économistes Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo dans l'ouvrage Améliorer l'assurance-chômage, classe la France au troisième rang des pays les plus protecteurs de l'OCDE, juste derrière l'Islande et la Norvège.
Règles complexes de l'Unedic

Les chômeurs français bénéficient en moyenne d'une durée d'indemnisation maximale (24 mois, voire 36 mois pour les plus de 50 ans), de conditions d'ouverture des droits (4  mois d'activité) ou d'un plafond d'indemnisation (jusqu'à plus de 6 200  euros par mois) parmi les plus favorables. En revanche, le niveau moyen d'indemnisation – autour de 70  % du salaire net – se situe dans la moyenne européenne. Cette protection a un coût : les salariés du privé consacrent environ un mois de salaire net par an à leurs cotisations chômage. Mais la plupart des chercheurs estiment que la question de la générosité du système est un faux problème.

" Il ne faut pas regarder si le système est généreux, mais s'il est optimal. Quand il y a un niveau de chômage élevé pendant longtemps, comme actuellement, il est logique d'indemniser longtemps les gens ", estime Bruno Coquet, spécialiste de la question pour l'Institut de l'entreprise. " Le problème est que notre système est généreux mais que notre suivi des chômeurs est défaillant ", abonde Pierre Cahuc. " Les pays avec une générosité comparable à la nôtre prévoient notamment des entretiens fréquents, et les chômeurs ont l'obligation d'accepter des emplois ou des formations. Il faudrait d'abord travailler sur ce point. "

Réduire drastiquement les indemnités des chômeurs aurait donc seulement un impact sur le déficit de l'Unedic, qui devrait s'établir à près de 4  milliards en  2014. Mais en l'absence d'une amélioration de la conjoncture économique, il n'est absolument pas certain que cela pousse davantage les chômeurs à retrouver un emploi. Cela ne veut toutefois pas dire qu'il n'y a rien d'améliorable dans notre système. " Il y a des cas où le taux de remplacement - le niveau d'indemnité par rapport au salaire de référence - est en effet trop élevé et n'incite pas assez à reprendre un emploi ", assure M. Coquet.

Les complexes règles de calcul de l'Unedic peuvent en effet permettre à certains chômeurs (licenciés économiques ou précaires à très bas niveau de salaire) de toucher presque la même chose au chômage ou en emploi. " On peut même être au-dessus de 100  % si on prend en compte certaines aides locales, réservées aux chômeurs ", estime M.  Cahuc. Les économistes estiment en général que les indemnités ne doivent pas dépasser 75  % du dernier salaire. Mais ces cas restent limités.

Pour être plus optimale, l'assurance-chômage française devrait par ailleurs mettre davantage à contribution les employeurs qui abusent de la précarité, juge M. Cahuc. " Actuellement, l'assurance-chômage finance certains secteurs qui abusent des contrats courts et de l'intérim en ne leur faisant pas payer le prix correspondant à leurs pratiques ", estime-t-il. Il réclame à ce titre que le niveau de cotisations des employeurs soit adapté en fonction de leur usage des contrats précaires. Une idée qui pourrait cette fois-ci déplaire fortement à M. Gattaz.

Jean-Baptiste Chastand

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 16 Janvier 2015

2826be1dAprès les finances Nationales, voici le tour des finances locales d'être prises dans la tourmente. La masse salariale augmente de façon désorganisée. On continue à faire monter les effectifs et à donner des mesures d'avancement qui sont délétères pour nos finances.

Il faut rappeler que notre pays est déjà lourdement endetté et que nos critères de limitation des dépenses ne sont déjà pas respectés.

Que nous faut-il pour prendre enfin les mesures nécessaires à une gestion saine et rigoureuse de nos dépenses ? Il nous faut une crise comme en Grèce ? Il nous faut une explosion de nos taux d'emprunt ?

Quand va-t-on se rendre compte que l'on ne peut pas continuer à toujours emprunter pour résorber notre déficit public ?

Il est temps de réagir et d'abandonner les mesures populistes et démagogiques afin d'engager notre pays dans une voie budgétaire saine !

Nous n'en prenons pas le chemin !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 15 Octobre 2014

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Collectivités locales : alerte aux déficits
Pour la deuxième année d'affilée, la Cour des comptes épingle la gestion des administrations territoriales

Les collectivités territoriales n'ont pas consenti les efforts qui étaient attendus d'elles pour réduire leur train de vie. Alors que le gouvernement ne parvient pas à résorber les déficits publics dans les délais annoncés, il conviendrait de mieux piloter les finances locales dans un texte de loi fixant des objectifs d'évolution, en particulier pour les dépenses et les recettes. C'est l'un des messages les plus forts que la Cour des comptes adresse dans un copieux rapport "  thématique  " rendu public mardi 14  octobre.

Pour la deuxième année consécutive, la haute juridiction brosse, sur plus de 200  pages, un tableau minutieux de la situation financière des communes, intercommunalités, départements et régions. Le bilan n'est pas brillant, à en croire les magistrats de la rue Cambon.

En un an, le déficit des"  administrations publiques locales  " (APUL, les collectivités territoriales pour l'essentiel) a quasiment été multiplié par 2,5, passant de 3,7  milliards d'euros en  2012 à 9,2  milliards en  2013. Ce solde a représenté l'an passé "  10,4  % de l'ensemble des déficits publics contre 3  %  " douze mois auparavant. Cette tendance, qui a contribué "  pour un tiers  " au retard pris par l'exécutif pour combler les déficits publics, "  est très préoccupante car elle rend plus difficile le respect par la France de ses engagements européens  ".

A l'origine de ces déséquilibres, une progression des dépenses des APUL nettement plus soutenue que celle des recettes (+  3,4  % dans le premier cas entre 2012 et 2013 contre +  1,1  % dans le second). Premier poste budgétaire, la masse salariale, qui représente 26  % de l'ensemble des charges des collectivités, s'est accrue de 3,2  % l'an passé. Plusieurs facteurs ont joué  : hausse des effectifs, mesures d'avancement dans la carrière des fonctionnaires territoriaux, relèvement des cotisations retraite, augmentation du smic, octroi de primes…
Maîtrise des rémunérations

La Cour voit un "  enjeu majeur  " dans la maîtrise des rémunérations. A ses yeux, les élus locaux devraient s'efforcer de diminuer le nombre de postes "  par la recherche accrue de gains de productivité et une plus grande mutualisation des services entre les communes et leurs groupements  ".

Elle suggère aussi de revoir les "  règles de gestion, souvent généreuses  ", qui prévalent en matière d'avancement de grade et d'échelon. Et elle exhorte les employeurs publics, en particulier les municipalités et les intercommunalités, à être plus scrupuleux sur le respect de la durée légale du travail  : de "  nombreuses anomalies  " subsistent à propos de l'obligation légale, pour les agents publics, d'effectuer 1  607  heures par an, d'après la haute juridiction. "  Les économies qu'induirait une stabilisation des dépenses salariales des collectivités territoriales et de leurs groupements peuvent être estimées (…) à un peu plus de 1,5  milliard d'euros  ", écrit-elle.

Théoriquement, le recul des dotations de l'Etat aux collectivités sur la période 2015-2017 (11  milliards d'euros en moins) devrait conduire celles-ci à une plus grande sobriété. Mais rien ne le garantit, considère la Cour, en rappelant qu'en  2013, déjà, les concours financiers de l'Etat avaient un peu fléchi, sans que cela freine les dépenses du "  secteur public local  ".

La tentation existe, en particulier dans les communes et les intercommunalités, d'augmenter les taux d'impôt locaux. Une piste déconseillée par les magistrats de la rue Cambon  : une majoration de la fiscalité locale, soulignent-ils, "  irait à l'encontre des objectifs de réduction des charges pesant sur les entreprises  " et amputerait le pouvoir d'achat des ménages.

D'autres options sont privilégiées dans le rapport. L'une d'elles encourage la "  rationalisation du bloc communal  " – les municipalités et leurs regroupements. La France est, certes, parvenue à couvrir la quasi-totalité de son territoire par des intercommunalités disposant de leur propre fiscalité. Mais ce mouvement reste insuffisant, d'après la Cour, car un trop grand nombre de ces structures sont de petite taille (300 communautés de communes comptent moins de 5  000  habitants). De nouveaux rapprochements s'imposent et ils doivent s'accompagner de transferts de compétences par pans entiers au profit des intercommunalités (en matière de développement économique, notamment).

La haute juridiction suggère aussi d'"  adapter le panier de ressources  " des régions, celles-ci devant se voir attribuer de nouvelles prérogatives (collèges, routes, transports scolaires…) par un projet de loi en cours de finalisation. Elles pourraient recueillir une partie de la fiscalité directe des départements, par exemple les taxes foncières ou la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

Bertrand Bissuel

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 15 Janvier 2015

2826be1dL'immobilisme est la pire des choses pour un Etat. Un Etat qui vit dans le passé, qui vit dans une vision passéiste de sa situation est un pays qui meurt. Un pays se doit d'être toujours en mouvement, comme en vélo, car, en vélo, quand on ne pédale plus, on tombe...

Le Luxembourg remarque aujourd'hui cet état de fait et se réforme. Il engage des actions de grande ampleur qui lui permettent de passer d'un mode de richesse à un autre. Il abandonne progressivement la finance pour se recentrer sur les nouvelles technologies. Il y a quelques années de cela, le pays avait abandonné la sidérurgie pour se recentrer sur la finance...

Et en France, que fait-on ? On continue trop à se sentir les maîtres du monde et à ne pas se rendre compte du déclin de notre pays. On ne travaille pas assez en se disant que travailler entame notre modèle social. "Jusqu'ici tout va bien" est notre crédo. L'incompétence de nos politiques, largement due à une formation Science-Po-Ena dépassée, nous perd. La formation de nos politiques est trop théorique et trop éloignée des actions nécessaires à sortir notre pays de l'ornière. Nos politiques apprennent à s'accaparer le pouvoir, en aucun cas à fournir un service nécessaire à l'intérêt général.

Le Luxembourg se réforme actuellement. Quand nous réformerons-nous enfin ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 17 Octobre 2014

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Le Luxembourg tourne la page finance
Après avoir géré avec succès sa transition d'une économie industrielle vers les services financiers, le Grand-Duché est contraint de se réinventer avec la fin du secret bancaire. Il mise cette fois sur l'innovation grâce à une université dynamique et des start-up

Les deux hauts-fourneaux se détachent sur la ligne d'horizon, étrangement scintillants sous le soleil d'octobre. Ils ne sont plus en fonction, pourtant on s'active toujours à leur pied. Dans l'ancien vestiaire des ouvriers, remis à neuf, des créateurs de start-up planchent sur leurs projets. L'ancien local du minerai, non loin, hébergera bientôt une bibliothèque. Autour, des bâtiments destinés à la science sortent de terre.

Le symbole en dit long  : c'est là, sur le site de Belval (sud du pays), ancienne aciérie d'ArcelorMittal, que le Luxembourg a choisi de construire le nouveau campus de sa jeune université. Là surtout que le Grand-Duché, qui a fait fortune grâce à la discrétion de sa place financière, espère se bâtir un autre avenir. "  Le secret bancaire, c'est fini  : nous devons nous reconvertir  ",confie un fonctionnaire, inquiet.

Il n'est pas le seul. Mardi 14  octobre, cédant enfin aux pressions internationales, le gouvernement luxembourgeois s'est résolu à adopter l'échange automatique de données bancaires à partir de 2017. Après cette date, les résidents européens qui dissimulaient jusque-là une partie de leur fortune dans ses établissements ne pourront plus le faire. Une révolution pour le Grand-Duché, dont la place financière pèse aujourd'hui 30  % du produit intérieur brut (PIB). Selon une étude de la Statec, l'Insee luxembourgeoise, la fin du secret bancaire pourrait détruire 2  300 à 3  000 emplois sur les 44  000 que compte le secteur.

Ce n'est pas tout  : la finance contribue aussi au tiers des recettes fiscales de l'Etat, au bas mot. Or ces dernières années, la dette publique du pays a plus que triplé  : entre 2007 et 2013, elle est passée de 6,7  % à 23,1  % du PIB… Si, dans l'absolu, ce taux reste très bas au regard de la moyenne de la zone euro (93,8  % du PIB), la trajectoire préoccupe le gouvernement de coalition. Le 15  octobre, lors de la présentation de son budget 2015, il a fait de la diversification de l'économie l'une de ses grandes priorités pour les années à venir.

Un défi colossal. Mais le pays se targue d'avoir une certaine expérience en la matière. Dans les années  1970, quand les premiers signes du déclin de la sidérurgie se sont manifestés, les autorités du Grand-Duché ont en effet réagi sans tarder. "  C'était le premier moteur de notre économie, il a fallu nous réinventer à toute vitesse  ", rappelle Marc Schiltz, le secrétaire général du Fonds national pour la recherche (FNR). "  Pour un petit pays comme le nôtre, c'était une question de survie.  " Dès lors, le gouvernement a misé sur l'attractivité de la fiscalité et les services financiers. Avec succès.

Au début des années 2000, les inquiétudes renaissent. Une partie de l'élite du petit Etat européen devine que le vent finira par tourner. Et qu'il faudra bientôt miser sur d'autres cartes que celle du secret bancaire. "  Après réflexion, nous avons décidé que ce serait l'innovation et l'économie de la connaissance  ", raconte Rolf Tarrach, le recteur de l'université du Luxembourg.

Plus facile à dire qu'à faire  ! A l'époque, le pays compte bien quelques centres de recherche privés, comme celui de l'entreprise de pneus Goodyear. Mais à part cela, rien ou presque  : ni université ni grand laboratoire public tel que notre CNRS, pas même un ministère de la recherche… Un vide qui s'explique en partie par la tradition du pays, très ouvert à l'international. Jusqu'alors, les jeunes Luxembourgeois étaient systématiquement envoyés en France, en Belgique ou en Allemagne pour suivre leurs études post-bac et apprendre les langues. "  Notre pays est si petit que beaucoup d'habitants considéraient qu'avoir une université à nous était une idée ridicule  ", se souvient M. Schiltz. "  Quand nous l'avons malgré tout crééeen  2003, personne ne nous a pris au sérieux  ", ajoute M. Tarrach.
" Faire grandir les jeunes pousses "

Pour bien faire les choses, le pays a ciblé quelques secteurs clés  : la sécurité informatique, la biomédecine ou encore la science des métaux, enseignés au sein de trois facultés. Deux grands laboratoires publics interdisciplinaires, l'un axé sur la sécurité informatique (le SNT), l'autre sur la biomédecine (le LCSB), ont été lancés. Tous deux travaillent en partenariat avec des entreprises.

Encore fallait-il, pour asseoir la crédibilité de la jeune université, recruter des professeurs et chercheurs de stature internationale. Pour y parvenir, le Grand-Duché, où le PIB par tête est le plus élevé de l'Union européenne, leur a déroulé le tapis rouge. En offrant, par exemple, une bourse de 5  millions d'euros aux plus prestigieux d'entre eux. "  Rares sont les pays qui offrent de telles conditions  : partout ailleurs en Europe, les budgets fondent  ", témoigne Jens Kreisel, aujourd'hui directeur du centre de recherche sur les matériaux Gabriel Lippmann. Il y a deux ans, lorsqu'un chasseur de têtes luxembourgeois est venu le chercher, il était directeur de recherche au CNRS à Grenoble. Un joli poste. Il n'a pas pourtant pas hésité longtemps avant de plier bagage avec sa famille.

Partie de rien il y a dix ans, l'université compte aujourd'hui 6  000  étudiants, et plus personne ne conteste sa légitimité dans le pays. Si elle est loin de rivaliser avec les grandes facs anglo-saxonnes, sa réputation commence à percer en biomédecine, notamment dans la lutte contre la maladie de Parkinson, et dans la gestion des données informatiques.

De son côté, le budget public consacré à la recherche est passé de 20  milliards d'euros en  2000 à près de 300  milliards en  2013. Au total, les dépenses brutes en recherche et développement atteignent aujourd'hui 1,46  % du PIB, selon Eurostat. Un bon début. Mais le chemin sera encore long avant de rattraper la moyenne de la zone euro (2,17  %) ou le niveau des pays faisant référence en la matière, comme la Suède (3,41  %). "  Nous avons posé les bases de l'écosystème indispensable à l'innovation, résume M. Schiltz. Le défi, désormais, est de faire grandir les jeunes pousses et attirer celles venant d'ailleurs.  "

Pour convaincre les entreprises innovantes de poser leurs valises sur son sol, le pays leur a également proposé une fiscalité attractive. Avec, par exemple, une exonération d'impôt de 80  % des revenus provenant des brevets, logiciels ou noms de domaine créés depuis fin 2007. Entre autres…

Cette opération séduction fonctionne-t-elle au moins auprès des start-up  ? Pour le mesurer, le mieux est encore d'interroger les concernés. "  Nous avons tenté de monter notre projet à Bruxelles, mais nous peinions à y trouver une structure et des financements  ", témoigne François Gaspard. Il y a deux ans et demi, ce jeune Belge a créé TaDaweb, un logiciel de veille Internet. Au Luxembourg, il a trouvé un incubateur et des investisseurs, auprès de qui il a déjà levé 800  000  euros. Même son de cloche du côté d'Isabelle Saint-Antoine. Il y a cinq ans, cette Française a créé Agilis Engineering, une start-up spécialiste du graphite. "  Ici, tout va plus vite et l'administration répond au quart de tour  : c'est l'avantage des petits pays  ", explique-t-elle.

Tout n'est pas rose pour autant pour les entrepreneurs. Car si le Luxembourg, avec ses 2  586  km2, a l'avantage de la proximité, il en a aussi les défauts. "  Trouver des locaux industriels est compliqué  : les bâtiments sont chers et peu nombreux  ", reconnaît Mme  Saint-Antoine. De même, selon une étude du ministère de l'économie, 56  % des start-up peinent à recruter les compétences dont elles ont besoin.
Sulfureuse réputation

Une difficulté a priori paradoxale, dans un pays où 44,5  % des 537  000  habitants viennent de l'étranger, et où 160  000  transfrontaliers, bien diplômés et souvent bilingues, viennent travailler chaque jour… "  C'est vrai, mais certains profils, comme les ingénieurs, n'ont d'yeux que pour Berlin ou San Francisco, confie un créateur d'entreprise. La plupart ignorent que le Luxembourg ne se résume pas à l'évasion fiscale  ". Preuve que le pays mettra du temps à se défaire de sa sulfureuse réputation.

Reste à savoir si cette diversification portera ses fruits assez tôt pour compenser le manque à gagner de la fin du secret bancaire. Pour certains, cela ne fait aucun doute. "  Nous avons bien su passer de la sidérurgie à la finance sans heurt  ", rassure Eric Tschirhart, le vice-recteur académique. "  Et la finance se réinvente, en se développant sur de nouveaux segments comme les obligations islamiques ou les opérations en yuan  ", abonde Francine Closener, la secrétaire d'Etat à l'économie.

D'autres, en revanche, sont nettement plus inquiets. Et soulignent que l'économie de l'innovation est bien plus délicate à construire que celle des services financiers. "  En la matière, la Suisse a déjà une longueur d'avance  ", redoute ainsi un gestionnaire de fonds de la capitale. Avant de conclure  : "  La vie de banquier, ce n'est plus que c'était…  "

Marie Charrel

Sur Lemonde.fr, voir le portfolio : Belval, le campus où le Luxembourg se réinvente

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 14 Janvier 2015

Algues-vertes-mains pics 390Encore une preuve de la lâcheté de notre gouvernement. On avait un dispositif qui devait faire payer le pollueur, on se retrouve sans rien par lâcheté. Madame Ségolène Royal ne vaut pas mieux que François Hollande. Ce sont tous les deux de sombres lâches qui font passer l'intérêt général derrière de sombres desseins électoraux.

Cela s'appelle de la médiocrité, mais c'est vrai qu'avec ce gouvernement, on est habitué.

En attendant, c'est l'ensemble des Français qui vont payer pour cette lâcheté politique.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 11 Octobre 2014

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La fin de l'écotaxe complique l'équation budgétaire
Ségolène Royal a annoncé la suspension sine die du dispositif de " péage transit poids lourds "

Ségolène Royal l'appelait la "  patate chaude  ", parce que  héritée du gouvernement de François Fillon et de la droite. L'écotaxe, prévue  par le Grenelle de l'environnement en  2007, est morte. Jeudi 9  octobre, à l'issue d'une réunion au ministère de l'écologie avec les organisations de transporteurs routiers, Ségolène Royal et Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des transports, ont décidé de "  suspendre sine die le dispositif de l'écotaxe  ", dans sa version pourtant révisée  de "  péage transit poids lourds  ". 

A quelques jours d'une mobilisation des transporteurs routiers, le gouvernement a reculé sur un dispositif maintes fois reporté et suspendu. Mais, cette fois, l'enterrement est proche.  Un groupe de travail chargé de réfléchir à une solution  alternative doit être mis en place la semaine prochaine. Il s'agira pour lui de "  rechercher des solutions sur la situation économique et sociale du secteur - des transports routiers - , notamment le chantier de la compétitivité (…) ", ont indiqué les ministres.
Nouveau dérapage

En annonçant des manifestations dans l'ensemble des régions, le patronat routier a  obtenu ce qu'il  réclamait depuis le début  : la disparition de la taxe. Sa mobilisation est, de fait, elle aussi, "  suspendue  ". "  C'est un pas positif franchi et nous avons en plus obtenu l'ouverture du chantier de la compétitivité de nos entreprises  ", s'est félicité Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers.

La suspension du dispositif, qui avait été  présenté et défendu par Mme Royal en juin, intervient alors qu'une "  marche à blanc  " venait de débuter le 1er  octobre, afin d'affiner le dispositif censé entrer en vigueur au 1er  janvier 2015. 

Sur le plan strictement budgétaire, l'abandon de l'écotaxe risque d'avoir du mal à passer. Certes, l'Etat avait déjà fait une croix sur le 1,2  milliard d'euros qu'elle était initialement censée rapporter. Et, pour financer les infrastructures de transport, il a prévu dans le budget 2015 une augmentation de 2 centimes de la taxe sur le gazole qui devrait rapporter 800  millions d'euros. Il n'en demeure pas moins que, en même temps qu'il se prive d'une recette de 450  millions d'euros – montant que devait rapporter le "  péage de transit  " poids lourds, selon les dernières estimations –, il va devoir trouver au minimum 800  millions d'euros (plus probablement autour de 900  millions d'euros) pour acquitter les pénalités dues à Ecomouv'. Alors même que le gouvernement peine à détailler les 21  milliards d'euros  d'économies prévues dans le budget, où va-t-il aller puiser pour trouver cette somme  ? Qui vient s'ajouter aux 366  millions d'euros que le fisc vient d'être condamné à reverser à Vivendi.

La Commission européenne, déjà suspicieuse sur le projet de budget que s'apprête à lui transmettre le gouvernement français, risque fort de voir là un nouveau dérapage incontrôlé et serait alors fondée à demander un effort équivalent à ces sommes qui s'évaporent.

"  Nous ne comprenons absolument pas la nouvelle annonce de Mme Royal, explique l'un des responsables d'Ecomouv', d'autant qu'en juin a été signé avec l'Etat un accord sur les mesures financières de compensation pour la période précédente de suspension.  "

En annonçant la suspension de l'écotaxe, Ségolène Royal a pointé "  les 15  milliards d'euros de dividendes - distribués par les sociétés d'autoroutes - depuis la privatisation des autoroutes  ", en  2006. "  Je souhaite que les sociétés d'autoroutes soient mises à contribution. Les automobilistes ont suffisamment payé  " a-t-elle ajouté vendredi sur RMC. Mettre à contribution les sociétés d'autoroutes  ne s'annonce pas simple. "  Les sociétés autoroutières ont bénéficié (…) de contrats extrêmement avantageux (…), extrêmement bien faits, ils prévoient que s'il y a une augmentation de fiscalité (…) il doit y avoir une compensation  ", a fait valoir  le ministre des finances, Michel Sapin, depuis Washington.
"  Manque de courage  "

Tout semble pour le moins précipité. Si le premier ministre Manuel Valls  a jugé "  sage  " la décision de sa ministre  "  car le dispositif était devenu incompréhensible  ", les critiques se sont multipliées. Le socialiste Jean-Paul Chanteguet, président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, a estimé que cet "  abandon constituait une regrettable erreur  ". "  Une erreur désastreuse  ", a renchéri vendredi sur RTL l'ex-ministre Cécile Duflot (EELV).  Jusqu'à la CGT qui évoque la "  victoire du patronat ou plutôt - la - capitulation du gouvernement  ".

Les anciens ministres ne sont pas en reste. Philippe Martin, prédécesseur de Mme Royal, a déclaré dans un tweet que "  l'abandon de l'écotaxe, c'est l'abandon du principe pollueur-payeur  ". "  Par manque de courage, Ségolène Royal tue l'écotaxe et assassine l'écologie  ", a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre UMP de l'écologie. La sénatrice UDI Chantal Jouanno, ancienne secrétaire d'Etat à l'écologie, a estimé qu'il s'agissait d'"  une renonciation à un des engagements fondamentaux du Grenelle de l'environnement  ".

Rémi Barroux

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Publié le 13 Janvier 2015

2826be1dIl faut faire attention avec ces mesures : à force de taper sur les riches, ils peuvent se sentir mal-aimés et incités à payer leurs impôts ailleurs. Il faut donc éviter de manier trop logiquement l'arme de l'imposition car le riche a des facultés d'évasion fiscale que les pauvres n'ont pas...

Pour qu'un pays fonctionne, il faut que riches et pauvres participent à la hauteur de leurs moyens, ni trop, ni pas assez.

On ne se dirige pas, avec pareilles mesures vers de l'équilibre. Méfions-nous donc des recettes trop simples.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Octobre 2014

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20  % des foyers ont payé 75  % des hausses d'impôt
Les mesures fiscales appliquées entre 2013 et 2014 ont rapporté 8  milliards d'euros supplémentaires

Ce sont des données inédites qui ont été transmises, mercredi 8  octobre, aux députés de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Avant que commence l'examen du projet de loi de finances pour 2015, la rapporteure générale du budget, Valérie Rabault (PS), leur a distribué un document récapitulant l'impact des différentes mesures fiscales appliquées en  2013 et en  2014 sur l'impôt sur le revenu.

Ces données, collectées par la Direction de la législation fiscale et celle du Trésor, n'avaient encore jamais été rendues disponibles.  A partir d'un échantillon de 500 000 déclarations de revenus traité sur le système Mésange (Modèle économétrique de simulation et d'analyse générale de l'économie), ce premier bilan de la politique fiscale du gouvernement permet de mesurer l'évolution du nombre de foyers imposés pour chacune des mesures, par décile de revenu.

Hors réduction d'impôt exceptionnelle et décote, ce sont au total 1,35  million de foyers fiscaux qui seront devenus imposables du fait des mesures fiscales entrées en vigueur en  2013 et 2014. L'impact global de ces mesures s'élève à près de 8  milliards d'euros, dont près de 6  milliards ont été supportés par les revenus des 9e et 10e déciles, c'est-à-dire les classes moyennes supérieures et les hauts revenus, soit 20  % des foyers fiscaux.

Revenus du capital La " barémisation " des revenus du capital, votée en  2012 afin d'aligner l'imposition des revenus du capital sur ceux du travail et devenue effective en  2013, a alourdi l'impôt de 85 000 foyers, pour un montant global de 3,25  milliards d'euros, soit une facture moyenne de 38 470  euros. Là, 95  % des sommes récupérées  sont concentrées sur  les 9e et 10e déciles de revenus, c'est-à-dire au-delà de 37 488  euros, et pour 90  % dans le dernier décile, soit les revenus supérieurs à 52 448  euros.

Majoration de pension La fiscalisation de la majoration de pension pour les parents ayant élevé au moins trois enfants intervenue en  2014 a touché 315 000  foyers.  Sept foyers sur dix ayant vu leur impôt augmenter du fait de cette mesure sont compris entre les 8e et 10e déciles, soit les revenus supérieurs à 29 290  euros. Son montant global se monte à  1,45  milliard d'euros.

Quotient familial  Le plafonnement du quotient familial, limitant la réduction d'impôt à 1 500  euros pour chaque demi-part supplémentaire  en  2014 au lieu de 2 000  euros en  2013 et 2 336  euros en  2012, a fait entrer  10 000 foyers fiscaux dans l'impôt sur le revenu. Cette mesure a concerné principalement les foyers aux revenus supérieurs, compris entre le 9e et le 10e décile. Elle a rapporté 1,10  milliard.

Heures supplémentaires  La  refiscalisation des heures supplémentaires, décidée dans la loi de finances rectificative de juillet  2012, aura eu pour conséquence d'alourdir la facture fiscale de 230 000 foyers fiscaux, pour un rendement en faveur des caisses de l'Etat de 1  milliard d'euros. Près de quatre ménages sur cinq dont l'impôt a été affecté par la refiscalisation des heures supplémentaires ont des revenus compris entre les 4e et 7e déciles, soit entre 12 686 et 29 290  euros.

Complémentaire santé  La fiscalisation de la contribution  patronale sur les complémentaires santé, entrée en vigueur en  2014 sur les revenus de 2013, concerne environ 7,8  millions de salariés. Elle a eu pour conséquence de faire entrer dans l'impôt  275 000 ménages. Les trois quarts de ces foyers sont compris entre les 4e et 5e déciles, soit entre 12 686 et 19 145  euros de revenus.  Le rendement  global de cette mesure s'est élevé  930  millions d'euros.

" Demi-part veuves "Première disposition : l'extinction de la " demi-part veuves ", devenue définitive en  2014. C'est la majorité précédente qui avait voté, en  2008, la suppression progressive de cet avantage, maintenu uniquement pour les personnes ayant élevé seules un enfant pendant cinq ans. En  2013 et en  2014, 65 000 foyers sont entrés dans l'impôt sur le revenu  du fait de  cette mesure. L'essentiel des foyers concernés est concentré entre les 4e et 6e déciles de revenus, c'est-à-dire ceux dont le revenu fiscal de référence (RFR) est compris entre 12 686  euros et 23 654  euros. L'impact financier global aura été de 230  millions d'euros.

Décote La décote, réduction d'impôt accordée aux foyers dont l'impôt ne dépasse pas un certain plafond – fixé à 1 016  euros en  2014 –, a bénéficié à 210 000 foyers, principalement concentrés dans les déciles 4 et 5, entre 12 686 et19 145  euros de RFR, pour un gain moyen de 860  euros.

Réduction d'impôt  Pour amortir l'impact de ces différentes mesures fiscales (hors décote), le gouvernement a décidé, dans la loi de finances rectificative de juillet  2014, une réduction d'impôt exceptionnelle de 350  euros (700  euros pour un couple) bénéficiant  aux  foyers fiscaux  dont le RFR  n'excède pas 13 795  euros  pour un célibataire et 27 590  euros pour un  couple. Cette réduction est dégressive jusqu'à 14 144  euros de revenus pour un célibataire et 28 289  euros pour un couple. Cette réduction d'impôt exceptionnelle, dont le coût total s'est élevé à 1,26  milliard d'euros, aura bénéficié à près de 2,2  millions de foyers, dont 90  % étaient concentrés entre les 4e et 7e déciles de revenus.

Patrick Roger

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 12 Janvier 2015

AN-VideTout ce que je déteste dans la politique est résumé dans ce portrait de ces aristocrates de la politique. Ne cherchez pas l'intérêt général, ne cherchez pas l'amour de la patrie et des concitoyens. Le seul amour que l'on décèlera dans ces lignes c'est un amour immodéré du pouvoir, où gauche et droite sont joyeusement mélangés.

On a l'impression de revenir sous Louis XV où il suffit de fournir du pain au peuple pour qu'il se taise et engraisse des privilégiés.

En attendant, cette famille participe à un jeu politique où pas un seul budget n'a été voté à l'équilibre ces 30 dernières années. Ces professionnels de la politique sont-il compétents quand on voit l'état de déliquescence avancé de notre pays ? Assurément pas.

En d'autres lieux, d'autres temps, le peuple a fait le ménage parmi ses élites quand elles ne faisaient pas le job...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Octobre 2014

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Les Jouyet un couple au pouvoir
Il est secrétaire général de l'Elysée. Elle, l'une des dirigeantes de Sciences Po. Ils tutoient le pouvoir de droite et de gauche, et incarnent cette " bourgeoisie d'Etat " promue par leur ami Hollande et détestée des " frondeurs "

Très chère Brigitte… " Une fois n'est pas coutume, pour une remise de décoration : ce 15  juillet  2013, François Hollande n'a réclamé aucune note à aucun conseiller. Il connaît chacun des quarante visages qui lui font face, dans  la salle des fêtes de l'Elysée.

Son plus vieil ami, Jean-Pierre Jouyet, se tient  au premier rang, avec  quelques-uns des nombreux enfants de sa famille recomposée, que le président connaît presque aussi  bien que sa propre progéniture. Présents aussi, plusieurs membres de cette fameuse promotion Voltaire (1980) de l'ENA que l'élection de François Hollande a consacrée -  mythifiée, même. Et, bien sûr, une partie des Taittinger, la grande famille des champagnes : on fête le ruban  de l'épouse de " Jean-Pierre ", Brigitte Taittinger  Jouyet, que le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, a proposée au grade de  chevalier de la Légion d'honneur. Elle vient d'être nommée directrice de la stratégie de Sciences  Po, cette fabrique de la nomenklatura française.

Avant de décorer son amie, souriante femme blonde de 55 ans, dynamique et volontaire, François Hollande évoque la grande famille de Reims, surfant avec tact  sur le passé pétainiste du grand-père, Pierre Taittinger. Il souligne l'art de Brigitte de " susciter les confidences " -  y compris les siennes. Et  ce talent du couple Jouyet de mêler, dans leur vaste appartement du 16e arrondissement  de Paris, rue Raynouard, l'establishment français au complet : patrons, diplomates, banquiers, politiques, François Fillon comme Manuel Valls ou Emmanuel Macron, François Pinault et Serge Weinberg, droite et gauche mêlées et confondues, sans que jamais - " miracle ! ", s'amuse François Hollande  -  personne ne quitte la table ou ne claque la porte. Chez les Jouyet, les soirs d'élections, que la gauche ou la droite l'emporte, on trouve toujours une moitié de convives pour fêter la victoire au champagne rosé… Taittinger.

Dans cette célébration qui ressemble à une fête entre copains mais se tient sous les dorures, se dessine déjà  un manifeste du nouveau hollandisme. En confiance au sein  de ce  petit comité, le chef de l'Etat dresse l'éloge du " capitalisme familial " et pardonne officiellement à " Jean-Pierre ", chrétien progressiste et européen convaincu, son " parcours sinueux " qui l'a conduit, dix-neuf mois durant, à siéger au gouvernement d'un président UMP nommé Nicolas Sarkozy. Moins d'une année après la décoration de sa femme, le voilà secrétaire général d'un président socialiste boudé par les Français. François Hollande a enfin installé  dans le bureau à côté du sien  son ami de trente-cinq ans, après  s'être séparé de sa  compagne, Valérie Trierweiler, et de son conseiller éclaboussé par le scandale, Aquilino Morelle.
Seconde famille du président

" Meilleur ami " et secrétaire général de l'Elysée : le cas est inédit sous la Ve  République. Pour François Hollande, les Jouyet font un peu office de seconde  famille. Familiers des affaires publiques, mais aussi recours dans les affaires privées, comme dans les vieilles monarchies d'autrefois où les intérêts de l'Etat et du prince  se trouvaient mêlés.

C'est vers Brigitte qu'il s'est tourné lorsque, après la parution du magazine Closer révélant sa liaison avec Julie Gayet, il a fallu discrètement emmener Valérie Trierweiler, au petit matin, à la Pitié-Salpêtrière. C'est chez eux que le président s'invite, les samedis soir de solitude. Et c'est à La Garde-Freinet, dans le Var, chez Virginie Taittinger, l'une des sœurs de Brigitte installée à Bruxelles avec  son mari, un Français  spécialiste de la procréation médicalement assistée, qu'il est allé prendre discrètement du repos, cet été.

" Je suis de droite ", assume Brigitte Taittinger – y compris devant les socialistes  que son mari a servis. " Emmanuel Macron est plus à gauche que moi ", sourit sans malice Jean-Pierre Jouyet dans le bureau d'angle d'où il pilote désormais l'équipe élyséenne et tente de protéger le président des trop nombreuses sollicitations. " Vois avec Jean-Pierre ", répond désormais ce chef de l'Etat qui délègue pourtant si peu  à ses proches. Jouyet n'a jamais eu sa carte au PS, mais la confiance et le corpus commun  suffisent.  Ne signaient-ils pas ensemble, en  1985, pour accompagner la mue du PS, un manifeste " social-libéral " comme on ne le  disait pas encore, intitulé " La gauche bouge " ? Mieux : ils avaient emmêlé leurs deux prénoms dans un improbable pseudonyme, Jean-François Trans, se liant ainsi comme par un serment.

A cette époque, Jean-Pierre côtoie Brigitte, mais ils sont mariés chacun de leur côté : une amie de jeunesse pour lui, un comte à particule pour elle, industriel membre de l'association d'entraide de la noblesse française. Ils partent réveillonner à Bruxelles et à Londres, avec cette petite bande d'amis éclose sur les bancs de Sciences  Po et de l'ENA : Jean-Pierre Mignard, l'avocat du président, Claudine et Jean-Maurice Ripert, Bernard Cottin, François et Ségolène. Le rituel prévoit de partager le mois d'août autour de l'anniversaire de " François " – le chef, déjà, affirmera la légende bien ficelée du futur président. Parfois, c'est au Club Med en Bulgarie, parfois en Corse, près d'Ajaccio : le frère de Ségolène est nageur de combat à la base d'Aspretto et une branche Taittinger possède les vignes du Comte Peraldi toutes proches…

Les années passant, les couples se défont. Mais, curiosité de cette bande de copains, se reforment souvent dans le même cercle. C'est ainsi que Claudine Ripert, aujourd'hui conseillère en communication à l'Elysée, a épousé en deuxièmes noces Bernard Cottin, l'ex-PDG de Numéricable. Et que Brigitte Taittinger est devenue la seconde madame Jouyet. " La rencontre d'une vie ", dit Jean-Pierre Jouyet. " Un couple symbiotique très fort ", juge en médecin le professeur Olivier Lyon-Caen, conseiller santé de François Hollande, et ami intime, avec sa femme Jacqueline Chabridon. " Un couple de pouvoir, convient l'avocat Jean-Pierre Mignard, qui participe  au pouvoir, du moins. "
Athmosphère flaubertienne

Leur mariage, en  2006, sept  ans après la naissance d'une petite fille, est l'alliance de deux provinces françaises. Brigitte Taittinger est issue d'une de ces familles où l'aristocratie d'Ancien Régime s'est alliée à la bourgeoisie entreprenante. Une de ces lignées industrieuses empreintes de catholicisme social, celui qui finance des crèches avant de laisser son nom à des rues. Du lycée privé Jean-XXIII, à Reims, aux vacances dans la bastide vendéenne des grands-parents, les Taittinger ont connu tous les déchirements de la droite hexagonale. Un grand-père, Pierre, fondateur des Jeunesses patriotes dans les années 1920, condamné à la Libération de Paris et déchu de ses droits civiques après la guerre. Un oncle gaulliste, Jean, ancien ministre de la justice de Georges Pompidou et ancien maire de Reims. Un autre, Pierre-Christian, républicain-indépendant, qui fut ministre de Valéry Giscard d'Estaing avant de marier Jean-Pierre et Brigitte dans sa mairie du 16e arrondissement. " La politique était au centre de nos dîners ", reconnaît la cousine Anne-Claire Taittinger, ancienne dirigeante du groupe familial.

La politique n'empêche pas les affaires. Au temps de sa gloire, le groupe Taittinger compte dans son portefeuille les champagnes du même nom, mais aussi quelques palaces -  le Crillon, le Lutetia à Paris ou le Martinez à Cannes -, les cristalleries Baccarat, le restaurant du Grand Véfour et la parfumerie Annick Goutal. Cette  PME de luxe, d'abord installée place Vendôme et place Saint-Sulpice à Paris, où Ségolène Royal se rendait parfois pour un spa durant sa campagne, et dont le parfum phare, l'Eau d'Hadrien -  comme l'empereur romain -  fut à la fois l'eau de toilette de François Mitterrand, et  de temps à autre… celle de François Hollande. Le célèbre flacon de cristal  plissé, veille  sur le bureau de son secrétaire général.

L'atmosphère chez les parents Jouyet  est plus flaubertienne, avec ses paysages du  Vexin normand et cette étude de notaire que deux  de ses fils  reprendront après leur père. Jean-Pierre  est pensionnaire à Rouen, comme François Hollande le fut à Jean-Baptiste-de-la-Salle. On milite à droite chez les Jouyet, et on est catholique, comme les Taittinger. Paul, le père gaulliste, emmène parfois ses quatre enfants dans des réunions électorales à Evreux : il est élu conseiller général et maire d'Ecos, un canton de l'Eure que Michel, le frère de Jean-Pierre, maintient aujourd'hui dans le giron de l'UMP.

C'est la génération  qui rate Mai-68 et  voit  arriver, depuis l'ENA, le moment où la gauche prendra le pouvoir. Celle qui vote pour la première fois en  1978, lorsque la gauche manque de peu la majorité à l'Assemblée nationale. La petite troupe s'agite moins dans la rue que dans des cercles ou des clubs, comme celui de Jacques Delors. " Pourquoi l'avez-vous appelé  Témoin ? ", demande un jour le jeune Jouyet au plus européen des socialistes. " Parce que je suis le témoin de votre ascension en politique ", lui répond avec un brin d'ironie  le futur patron de la Commission de Bruxelles. " Ils avaient de l'ambition et je voulais leur faire savoir  que je n'étais pas dupe, qu'il n'y avait pas de tromperie sur la marchandise ", sourit aujourd'hui Jacques Delors.

A l'ENA, Jouyet pratique déjà ce que l'on n'appelle pas encore l'ouverture. " J'allais où j'aimais les gens, convient-il, chez Renaud Donnedieu de Vabres ou Dominique de Villepin ", deux anciens de  la promo Voltaire. Les années 1970 sont celles du coup de poing  et des extrêmes, mais Jouyet place " la bonne éducation " au-dessus du militantisme  passionné. Le jour du classement de sortie de l'ENA, François Hollande, qui veut garder du temps pour faire de la politique, choisit la Cour des comptes, laissant ainsi à Jouyet sa place à l'Inspection des finances. " Comme Juppé et Giscard ", s'enthousiasment les  parents Jouyet.

" Sans l'Inspection, raconte Brigitte Taittinger, mon mari dit souvent qu'il ne serait rien. " Dans ce corps de l'élite républicaine, puis comme directeur-adjoint de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, Jean-Pierre Jouyet croise toute la nomenklatura politique et économique française. Depuis  qu'il connaît Brigitte, il a pris l'habitude de dîner  avec elle. " Ce n'est plus la même chose de voir le patron de Total dans son bureau et de dîner le soir en famille avec Christophe de Margerie ", note un convive régulier. Le patron de la compagnie pétrolière est en effet le cousin de Brigitte Taittinger, et le témoin de leur mariage, comme François Hollande. Un de ces patrons que le futur chef de l'Etat tutoie désormais rue Raynouard. Il y croise son ancien condisciple Henri de Castries, le patron d'Axa, et beaucoup d'autres, qui " participeront  à l'association de financement de la campagne de 2012 ", confie un proche.

" Brigitte a l'art de la composition amicale comme d'autres ont l'art de la composition florale ", s'émerveille Jean-Pierre Mignard. Et Jean-Pierre Jouyet, " l'une des rares personnes à avoir fait en partie carrière sur la gentillesse ", note  Alain Minc. Le couple n'a pas son pareil pour " lancer les discussions générales auxquelles tout le monde peut participer ", raconte un habitué.  Comme au  Siècle, ce club de la nomenklatura française auquel ils appartiennent tous les deux. " C'est l'endroit où il faut être si l'on  veut se tenir au courant des mouvements du monde des affaires et de la politique. " Quel que soit le parti au pouvoir.
en 2007, le choix de Sarkozy

Pas de traversée du désert  chez les Jouyet. L'alternance n'est jamais un drame : on a toujours des amis qui en sont, même lorsque s'écrivent les plus acrobatiques des scénarios. C'est le cas en  2007. Durant la campagne, Ségolène Royal ignore savamment son copain de vacances, ne lui réclamant aucune note, aucun conseil. Sur le fond, Jouyet, si catholique (il a abonnécet été l'Elysée à La Croix), si famille -  qui  porte, cachée sous sa chemise, sa médaille de baptême, aurait dû être un inconditionnel de la candidate du PS. Mais depuis que le couple Jouyet a " couvert " François et sa liaison cachée avec  Valérie Trierweiler, Ségolène Royal leur tourne le dos. Quelques semaines avant l'élection présidentielle de 2007, Jean-Pierre Jouyet fonde, avec Denis Olivennes, Matthieu Pigasse (actionnaire du Monde) et quelques autres banquiers et patrons " de gauche " les Gracques, que les moqueurs appellent vite " les Gracques 40 ". Ils appellent à une alliance entre la candidate socialiste et le centriste François Bayrou. Mais, le 7  mai  2007, votent pour la plupart, comme les Jouyet, pour Nicolas Sarkozy…

Ces  numéros de voltige n'ont pas échappé au  vainqueur. Il  faut peu de temps au nouveau président  pour convaincre Jean-Pierre Jouyet de  rejoindre le gouvernement comme ministre des affaires européennes. " Sa meilleure prise, avec Martin Hirsch ! ",note un socialiste qui suit alors de près le manège.  Aujourd'hui encore, Jean-Pierre Jouyet assure que c'est son entente cordiale avec l'ancien ministre de l'économie et sa femme Cécilia, quand lui-même était directeur du Trésor, qui lui a  valu son portefeuille. La vérité est évidemment que Nicolas Sarkozy a  débauché le-meilleur-ami-de-François-Hollande. " Tu vois, ton copain n'a jamais rien fait pour toi, et moi, je te nomme au gouvernement ", répète-t-il à son oreille, savourant son exploit.

Brigitte n'a rien  trouvé à redire à ce nouvel honneur. François Hollande, lui, est consterné. " C'est un poste technique, le temps de la présidence française de l'Europe ", plaide Jouyet. C'est un poste politique, qui oblige à assister au conseil des ministres, a déjà compris Hollande. " Nous étions à Solferino, raconte un témoin. François s'est adossé à la fenêtre, dans la salle d'attente où sont exposées les photos de Mitterrand. Il était tout pâle. Je l'ai entendu dire : “C'est ta décision, et je la respecte. Mais je la regrette aussi. Elle va nous éloigner”. " Effectivement.

" Quand même, François lui a laissé sa place, à la sortie de l'ENA !,  proteste la mère du premier secrétaire, choquée. Et puis il est venu souvent chez nous ! " Même dans la famille Taittinger, on a du mal à comprendre. " Explique-moi un peu, demande en  2007 le père de Brigitte à son neveu Frantz Taittinger, ancien maire UMP d'Asnières, mon gendre, est-il  de droite ou de gauche ? " Jean-Pierre vient justifier son tour de passe-passe politique à sa belle-famille comme pour s'en convaincre lui-même. " C'est simple : j'ai un mentor politique, Nicolas Sarkozy, et j'ai un meilleur ami, François Hollande. " Un ami qui  l'évite pour ne pas devoir le saluer.

" Tu as été très bon à la télé… "" Très bien, ton discours à l'Assemblée… " Les textos du " gentil " Jouyet restent sans réponse. " Le pouvoir, c'est aussi une géographie, souligne un pilier socialiste de l'Assemblée. Hollande était à la tribune de l'Assemblée comme chef de l'opposition, et il voyait face à lui son ami, sur les bancs du gouvernement. On imagine ce que ça a représenté. " C'est l'époque où François Hollande confie sans fard au Monde que " Jean-Pierre a toujours été de droite ".  L'époque aussi  où Jouyet ne craint pas d'accompagner l'une des filles de Brigitte, Judith de Warren, au bal des débutantes, cette réception grand-siècle où les jeunes filles bien nées font leur entrée dans le monde.

A la table des Jouyet s'asseyent désormais François Fillon, le nouveau premier ministre, et son épouse, mais aussi Rachida Dati, Xavier Bertrand, Christine Lagarde… De nouveaux convives viennent remplacer les habitués ou s'y adjoindre : pêle-mêle, le banquier d'HSBC Charles-Henri Filippi, l'ancienne journaliste Catherine Pégard devenue conseillère du président Sarkozy, ou l'avocat Jean Veil (chez qui travaille désormais l'une de leurs filles).  Mais aussi, on le sait moins, Aquilino Morelle, qui fut avec Manuel Valls un des jeunes conseillers de Lionel Jospin, en  1997. Comment en vouloir à " cet ami merveilleux " d'avoir franchi le Rubicon ? Pourquoi torturer " un homme bienveillant qui ne supporte pas de blesser ", ajoute l'ancien député européen Jean-Louis Bourlanges ?
Arrangements entre amis

" Tu es entré dans ce gouvernement à cause de Ségolène, tu en repartiras pour François ", avait prédit Brigitte à son mari. C'est étrange comme, chez les Jouyet, les considérations personnelles s'emmêlent avec  les choix politiques. " Jean-Pierre est un homme qui aime  être aimé ", sourit le professeur Lyon-Caen.

Un jour de mai  2008, peu avant la fin de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, il fait passer  un mot à Hollande par un huissier de l'Assemblée : " Je voudrais te voir pour t'expliquer. " Ils finissent par dîner, en tête  à  tête. " Si tu veux, je quitte le gouvernement maintenant ", propose Jouyet à l'été 2008, à Nice. " Non, attends la fin de la présidence française ", répond Hollande. A la fin de l'année, il est nommé à la tête de l'Autorité des marchés financiers, l'AMF, le gendarme de la Bourse. Disponible pour 2012, quand, espère le couple, viendra  enfin le tour de" François ".

Le seul à trouver ces arrangements un peu gonflés s'appelle Nicolas Sarkozy. Rancunier, il s'en souviendra quelques années plus tard. Le jour de l'enterrement d'Antoine Veil, au cimetière du Montparnasse, Jean-Pierre Jouyet échange quelques mots avec les illustres personnalités venues enterrer le mari de Simone Veil. Soudain, Nicolas Sarkozy arrive. Jean-Pierre Jouyet tend poliment la main. L'ex-président la lui refuse en lâchant haut et fort : " Je suis encore libre de saluer  qui je veux ! " Jouyet reste livide, terrassé par cette gifle symbolique qui signe le retour à la brutalité du jeu politique.

Qu'importe : depuis le 7  mai  2012, leur ami Hollande est au pouvoir. Cette fois, laisse entendre Brigitte, toute la famille, Jouyet et  Taittinger, a voté pour lui, contre " Sarkozy  le bling-bling ". Deux mois plus tard, son mari  est nommé à la tête de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l'Etat.  Sous la Ve  République, la CDC a toujours été le lieu où l'on rend des services au pouvoir. Le haut fonctionnaire se plie sans broncher à l'usage. " Il faut que tu te réconcilies avec Ségolène ", a réclamé le président. Elle veut diriger  la Banque publique d'investissement, dont il est statutairement le président au titre de la CDC.  Du coup, Jouyet est prié d'inventer de toutes pièces, pour elle, un poste de vice-présidente de la BPI.
LES Dîners de la rue Raynouard

Il embauche Thomas, le fils de son ami Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, mais surtout un ancien des clubs Témoin et un habitué des dîners de la rue Raynouard. Bien mieux : il s'occupe de " Valérie ", dont le couple a bien compris, dans ce quinquennat qui s'ouvre, qu'elle est  le talon d'Achille du président. C'est ainsi que, pour lui plaire, Jean-Pierre Jouyet embauche le meilleur ami de la " première “girl friend” ", François Bachy, lassé de trente ans passés au service politique de TF1. Le biographe du premier secrétaire du PS (François Hollande, un destin tranquille, paru en  2001 chez Plon) devient, en octobre  2012, directeur de la communication et membre des comités de direction de la CDC, à 20 000  euros par mois.

Au même moment, le démantèlement du groupe Taittinger et le rachat du parfumeur Goutal par des Coréens  scellent le départ de Brigitte. Vingt ans chez Annick Goutal, la plus belle  ligne de son CV, son meilleur souvenir professionnel. Auparavant, elle avait été chef de produit chez Publicis, Nestlé et L'Oréal, après une maîtrise d'histoire et un passage à Sciences  Po, sans obtenir le diplôme. La famille avait eu l'idée de la nommer à la tête de la petite PME pour contourner la rivalité entre deux frères Taittinger. Elle y avait non seulement conquis la parfumeuse (" Avec vos cinq enfants, vous ne pouvez pas être fondamentalement mauvaise ", avait fini par dire  Annick Goutal), mais aussi développé la marque et  gagné des marchés à l'export.

Jean-Pierre Jouyet adore jouer les DRH et les dénicheurs de talents.  A sa table, une nouvelle génération de patrons, comme Alexandre Bompard, le PDG de la Fnac  ou ce jeune conseiller d'Etat, Frédéric Mion, qui vient de prendre la tête de Sciences  Po, rencontré chez des cousins, d'autres  Margerie. C'est lui qui propose à Brigitte de venir à Sciences Po chercher auprès des patrons des financements pour l'école. N'est-elle pas membre d'une demi-douzaine de  conseils d'administration, comme  HSBC France, la  Fnac, l'Ensemble orchestral de Paris ou le Centre Pompidou ? Jouyet  siégeait sous Richard Descoings au conseil d'administration de la Fondation, cette assemblée qui avait laissé la bride sur le cou du flamboyant directeur de l'école. Il démissionne.

Depuis qu'ils ont vécu un drame, la mort  d'un des fils de Jean-Pierre, voilà deux ans, le couple s'épaule et s'inquiète l'un  pour l'autre. Comment les distraire de leur immense chagrin ? François Hollande, esseulé et isolé politiquement, propose  à son ami  le secrétariat général de l'Elysée, ce poste qui vous occupe l'esprit vingt-quatre heures sur vingt-quatre. " J'avais travaillé à Matignon, jamais à l'Elysée. J'ai accepté pour mon père et pour ma femme, sourit doucement le numéro deux  du Palais. L'Etat est bon employeur. Il m'a désormais offert tout ce qu'un fils de notaire provincial peut désirer. "

Jouyet, profil parfait des  élites  tel que les a longtemps aimé  la Ve  République. Jouyet, " européen et raisonnable, souligne Bourlanges, mais, aujourd'hui, l'atmosphère n'est plus à ça. " Les peuples en crise  n'aiment ni  les riches ni les privilégiés, la gauche se méfie des catholiques, qui fournissent les gros bataillons des manifestations anti-Hollande. Depuis que le pouvoir clame son amour de l'entreprise et du " business ", Jean-Pierre Jouyet n'incarne plus seulement la " pensée unique " des années 1990, mais aussi  la  nouvelle ligne sociale-libérale qui fait hurler les frondeurs du PS. " Je trouve un peu curieux, au lendemain de la gifle des municipales, qu' - on - appelle à son côté quelqu'un qui a été secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy ", avait grondé le député européen Emmanuel Maurel.

" Jouyet et tous les ministres hollandais, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont entre eux. Mais cela va accélérer leur chute ", persifle  Aquilino Morelle dans Le Point. Avant d'ajouter dans Le Monde : " Hollande n'a pas été élu pour faire la politique des Gracques ! " En privé, son ami Arnaud Montebourg peaufine lui aussi ses bons mots contre sa  nouvelle cible : la " bourgeoisie d'Etat ". Celle que les Jouyet ont réunie autour de leur table, pendant tant d'années.

Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 9 Janvier 2015

ReneMarratier.jpgCynique et pourri. Tel pourrait être le parfait portrait de René Marratier qui a mis l'intérêt général après son statut d'élu. On l'avait prévenu, on lui avait dit que son comportement était assassin. Il n'a rien voulu savoir, rien voulu entendre. Ce Monsieur est assurément une pourriture de première.

Mais que dire de tous ces habitants qui ont voté pour lui ? Que ce sont de purs pourris eux aussi.

L'incompétence de nos politiques, en France, est souvent réelle. Mais parfois on n'a que les politiques que l'on mérite. A force de voter pour des pourris, il ne faut pas s'étonner qu'ils se conduisent comme tels.

M. René Marratier avait donc raison : après tout, les morts ne votent pas...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 09 Octobre 2014

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Procès Xynthia : René Marratier et le déni du risque
L'ex-maire de La Faute-sur-Mer (Vendée) a fait valoir, à la barre, que son rôle était de développer sa commune

C'est le préfet Thierry Lataste qui a le mieux résumé René Marratier. Cité comme témoin à la barre du tribunal de grande instance des Sables-d'Olonne, l'ex-représentant de l'Etat en Vendée dit de celui auquel il s'est beaucoup opposé : " Le comportement de déni du risque du maire de La Faute-sur-Mer était tout à fait caractérisé. De toute ma carrière, c'est ce que j'ai rencontré de plus difficile à faire bouger. "

Les deux journées consacrées à l'interrogatoire du principal prévenu du procès Xynthia, lundi  6 et mardi 7  octobre, ont illustré la justesse du propos. Quatre ans après que la tempête a dévasté sa commune, René Marratier ne comprend toujours pas que l'on puisse lui reprocher, à lui, " humble petit maire " d'avoir mis en danger la population et involontairement causé la mort des 29 personnes restées prisonnières de leur pavillon lors de la brutale montée des eaux qui a submergé la presqu'île de La Faute, dans la nuit du 27 au 28  octobre  2010.

" La Lune, les astres et le Soleil qui s'assemblent, comment voulez-vous que moi, qui n'ai pas l'intelligence requise, je puisse avoir la connaissance de tout cela ? ", répète-t-il invariablement à la barre. " On ne vous reproche pas de ne pas avoir su utiliser la boule de cristal, M.  Marratier ! Mais l'enquête a démontré que cette tempête n'aurait pas eu des conséquences aussi dramatiques si des mesures de précaution avaient été prises ", s'agace le président du tribunal, Pascal Almy.

" Tous les signaux d'alerte étaient activés : un cœfficient de forte marée, un avis de forte tempête, il y avait quand même matière à être inquiet ! Avez-vous pris ces avertissements au sérieux ? ", insiste-t-il. " Sérieux, je pense que j'ai toujours été sérieux ", répond René Marratier, qui ajoute, un ton plus bas dans son phrasé approximatif : " Maintenant, on voit après, mais on voit pas avant, alors… "

Avant que " la Lune, les astres et le Soleil " ne s'assemblent, René Marratier était un de ces hommes comme il en existe des centaines à la tête des petites communes de France. Un maire élu et triomphalement réélu parce qu'à chaque fin de mandat, il pouvait s'enorgueillir du dynamisme touristique de sa petite cité vendéenne.

Entre 1989 et 2010, plus de 2 500 pavillons ont été construits à La Faute-sur-Mer. C'est justement cette course au lotissement qui avait incité les services de la préfecture à accélérer la mise en place d'un plan de prévention des risques d'inondation sur la commune. Une première proposition, draconienne, prévoyait alors de classer en zone " rouge ", donc inconstructible, une large partie de la presqu'île de La Faute-sur-Mer, bande de terre située entre l'océan et un relais de mer  submergée lors de la tempête Xynthia.

Mais lors d'une réunion avec les fonctionnaires de la direction départementale de l'équipement, le 11  mars  2003, René Marratier avait obtenu que cette zone " rouge " se teinte de " bleu " et que la phrase couperet qui interdisait de lotir soit supprimée, en échange de quelques engagements pris par la commune pour sécuriser le site.

Quatre ans plus tard, en  2007, un arrêté préfectoral avait fixé des conditions de sécurité très strictes selon lesquelles toute nouvelle construction devait respecter une cote de plancher minimale, dite " cote de référence ", qui interdisait de facto l'usage des rez-de-chaussée habitables dans cette partie du territoire communal. Quinze permis de pavillons de plain-pied ont toutefois été accordés par la mairie dans la " cuvette " de La Faute-sur-Mer.

Cités à la barre des témoins, les fonctionnaires des services instructeurs des permis de construire de la direction départementale, ont admis ne pas avoir vérifié le respect de cette " cote de référence " dans les documents qui leur étaient soumis avant de donner un avis favorable aux lotissements. Mais seule la responsabilité pénale du maire, signataire des permis, est engagée.

" Qu'aviez-vous compris à cette cote de référence ? demande le président à René Marratier.

– Ben, pas grand-chose, répond le prévenu. Comment voulez-vous que moi, qui suis transporteur et garagiste, je comprenne des choses que les ingénieurs eux-mêmes ne comprennent pas ! Je leur faisais confiance. "

C'est le même maire qui, avec le soutien de son conseil municipal, persistait à retarder la mise en place d'un nouveau plan de prévention des risques d'inondation et d'un plan de sauvegarde communal pour l'évacuation de la population. Un attentisme qui avait valu à René Marratier une sérieuse altercation avec la sous-préfète des Sables-d'Olonne, Béatrice Lagarde.
Vision " technocratique "

Lors d'une réunion publique en octobre  2009, au cours de laquelle le maire de La Faute-sur-Mer avait opposé la vision " technocratique " des fonctionnaires qui " méconnaissent la réalité du terrain " à celle des " nés  natifs qui souhaitent développer leur territoire ", elle avait lancé : " Je vous souhaite qu'il n'y ait pas d'inondation grave, sinon, on vous traitera d'assassins ! "

Au tribunal qui lui rappelle cette phrase terrible et la quarantaine de courriers et d'injonctions à agir restés sans réponse, René Marratier répond : " Nous, les petits maires, on trouvait que ces dossiers étaient compliqués à gérer. Vous savez, il y a tellement de textes qui régissent l'administratif ! Et on n'avait pas la culture du risque. Cela n'entrait pas dans notre philosophie intellectuelle. "

Quatre ans et un drame ont passé et René Marratier n'a pas changé de conviction. " Le rôle d'un maire, c'est de développer sa commune ", dit-il. C'est pour cette qualité-là que les habitants de La Faute-sur-Mer le reconduisaient à chaque mandat. Et qu'après Xynthia, il s'est trouvé une majorité d'entre eux pour le réélire dès le premier tour au conseil municipal, échouant de peu à lui faire retrouver pour la cinquième fois  son fauteuil de maire bâtisseur.

Pascale Robert-Diard

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 8 Janvier 2015

ArbreEn philosophie, on devrait faire un peu d'économie, ça ferait un peu réfléchir.

Dans cet article, on dit qu'en faisant payer le pollueur, on l'encourage à polluer plus car il a tendance à croire qu'il achète un droit.

Mais ce n'est pas gênant en soi ! De toutes façons, la nature humaine est ainsi faite que seule une minorité prend ses responsabilités en cas de danger. Pour les autres, il faut frapper au porte-feuille. Mais pour que la mesure soit efficace, il faut frapper fort, très fort... Il faut que le prix à payer soit tel qu'il soit plus intéressant de ne pas polluer que de polluer.

Si je vends une BMW de 10000 km à 3000 Euros, elle partira dans l'heure. Si je la vends à 300 000Euros, elle me restera sur les bras. Tout est question de prix.

Donc, faire payer le pollueur l'encourage à polluer plus si le prix est bas, s'il est haut, ça l'incitera à ne pas polluer. Raison pour laquelle le prix de la pollution doit être géré par les politiques, non par le marché...

Il va s'inscrire en première année d'économie M. le philosophe ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Octobre 2014

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Faire payer le pollueur l'encourage... à polluer plus

La ministre de l'écologie, Ségolène Royal, l'a dit et répété  : elle ne veut pas d'une écologie "  punitive  ". Ce serait le cas, selon elle, si on appliquait le principe pollueur-payeur. Payer une "  écotaxe  " parce qu'on contribue à la  dégradation de l'environnement, ce serait comme subir un châtiment pour un crime que l'on a commis. Ce n'est pas ainsi que l'on apprendra aux citoyens à respecter le milieu dans lequel ils vivent.

Les pollueurs dont les revenus risquaient d'être amputés par de nouveaux impôts et qui avaient commencé à se venger en bloquant les routes ont salué cette reculade. Ceux qui comptaient sur le revenu de l'écotaxe pour financer des infrastructures ont protesté. Les uns et les autres n'ont rien compris, ont répliqué les économistes. Un prix, ce n'est pas d'abord un transfert de richesses qui pénalise les uns et avantage les autres, c'est un signal qui indique aux agents ce qu'il en coûte à la collectivité de faire telle ou telle action, et qui, de ce fait, les incite à faire les bons choix.

Et si l'enjeu était ailleurs  ? Contre les économistes, la ministre a raison de dénoncer la marchandisation du rapport à la nature, mais elle le fait pour de mauvaises raisons. Car il se pourrait que faire payer les pollueurs non seulement ne les pénalise pas, mais les encourage à polluer encore davantage  !

Dans son livre Ce que l'argent ne saurait acheter (Seuil, 336 pages, 22  euros), le philosophe de Harvard, Michael Sandel, cite un cas très remarquable. Il s'agit de crèches israéliennes. A l'heure dite, les parents viennent récupérer leurs enfants, mais certains arrivent en retard, obligeant les puéricultrices à faire des heures supplémentaires. On peut supposer que certains parents en ressentent une certaine culpabilité, mais leurs obligations sont telles que les retards ne cessent pas. Les crèches décident donc de faire payer une amende aux parents retardataires. Or, qu'arriva-t-il  ? Les parents furent plus nombreux à arriver en retard et la durée des retards s'accrut…

L'amende paraissait a  priori une manière plus efficace que la mauvaise conscience de faire sentir aux parents ce que leur retard coûtait en temps perdu aux puéricultrices. Mais l'amende fut de fait  confondue avec le prix d'un service rendu. A ce prix-là, cela valait la peine de se payer le service en question. L'amende se voulait une sanction morale. Mais le simple fait qu'elle se paye  en argent l'a placé  au rang d'un échange d'un tout autre type, analogue à l'achat d'un service marchand  : non plus un mal contre un mal, mais un bien contre un bien.
échec du marché carbone

Un présupposé de la théorie économique est que le bien et le mal sont de même nature, mais simplement de signes opposés. Selon la logique des vases communicants, cela revient à dire qu'un bien est un moindre mal et qu'un moindre bien est un mal. Un coût, c'est un manque à gagner, et un gain, c'est un moindre coût. Mais cette équivalence n'a pas cours dans les sciences normatives, qu'il s'agisse de l'éthique, de la politique ou du droit.

Il faut que celui qui fait le mal, en contribuant à détruire l'environnement, prenne conscience qu'il fait le mal. Telle est la leçon des puéricultrices d'Israël. Si on le fait payer en argent, c'est le contraire qui se produit. Non seulement on ne le culpabilise pas, mais on étend le domaine de ses droits.

Ainsi peut s'expliquer en partie l'échec du marché du carbone. Le droit de polluer au-delà de son quota d'émissions moyennant compensation financière accordée à ceux qui polluent moins, a pour résultat que personne ne voit plus ce qui est en jeu  : la préservation d'une vie humaine décente sur Terre.

Les champions d'une "  croissance verte  ", qui espèrent noyer l'éthique dans le marché, se trompent. Est-ce à dire qu'il faut moraliser en punissant  ? Cela peut marcher pour des enfants de 7  ans, mais pour des citoyens du monde  ? L'éthique a d'autres ressources, heureusement. L'une d'entre elles s'appelle la responsabilité. Nous ne pourrons en faire… l'économie.

par Jean-Pierre Dupuy

Jean-Pierre Dupuy est philosophe et professeur à l'université Stanford, en Californie

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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Publié le 7 Janvier 2015

Sarkozy-RolexDécidément, il les cumule ! On va avoir du mal à tout suivre avec toutes les affaires Sarkozy ! La dernière en date est au Kazahhstan. Dès que l'on veut prouver que cet homme là est une pourriture, il n'y a qu'à se baisser pour trouver des preuves. Ca en est presque trop facile...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 08 Octobre 2014

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Nicolas Sarkozy au risque du " Kazakhgate "
La justice enquête sur un soupçon de rétrocommissions lors de contrats signés en  2010 au Kazakhstan

Pour la justice française, le dossier  débute  réellement au printemps 2012. Le 4 avril, à quelques semaines de l'élection présidentielle, Tracfin, l'organisme antiblanchiment du ministère des finances, signale au parquet de Paris des mouvements de fonds suspects –  plus de 300  000 euros  – sur les comptes d'un ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Jean-François Etienne des Rosaies. Le parquet ouvre immédiatement une enquête préliminaire visant cet homme de 72 ans, chargé de mission au cabinet de M.  Sarkozy, à la présidence de la République, entre 2007 et 2010. Ancien préfet, il est devenu président des haras nationaux puis de l'Institut français du cheval et de l'équitation.

En mars 2013, les premières investigations ayant étayé les soupçons de Tracfin, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire. Le dossier, confié aux juges Roger Le Loire et René Grouman, est transmis au parquet national financier (PNF). Les policiers de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ont découvert que M.  Etienne des Rosaies avait bénéficié, sans raison apparente, de plusieurs virements importants émanant de son avocate à Nice, Me  Catherine Degoul. Les fonds proviendraient en fait d'un riche homme d'affaires belge d'origine kazakhe, Pathok Chodiev. Ce dernier avait versé plusieurs millions d'euros à Me  Degoul, qui n'est autre que son avocate...

Me  Degoul serait par ailleurs la représentante de plusieurs structures off shore domiciliées sur l'île de Man, notamment une société liée à un intermédiaire belge. M.  Chodiev est, lui, un proche du président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis 1990. C'est tout sauf un détail : l'OCRGDF va établir que les mouvements de fonds détectés par Tracfin sont sans doute en lien avec  la signature d'importants contrats commerciaux conclus, sous Nicolas Sarkozy, par la France avec le Kazakhstan.

Du coup, les enquêteurs se penchent sur le passé de M.  Chodiev. Et découvrent, stupéfaits, le deuxième volet de l'affaire. L'obtention des contrats liés aux hélicoptères aurait été conditionnée par M. Nazarbaïev  à une intervention directe de l'Etat français  auprès de plusieurs parlementaires belges. En effet,  M.  Chodiev et deux autres hommes d'affaires d'origine kazakhe,  Alexander Machkevitch et Alijan Ibragimov, surnommés "  le trio  " au Kazakhstan, et très proches du président kazakh, étaient poursuivis dans une affaire de corruption en Belgique,  jusqu'en 2011, pour "  blanchiment  ", "  association de malfaiteurs  " et "  faux en écriture  ".

Or, le 17 juin 2011, les trois hommes ont bénéficié, après avoir négocié avec le parquet de Bruxelles, d'une transaction pénale entraînant l'abandon des poursuites, en échange du paiement d'une amende de 23 millions d'euros. Quelques jours plus tard, le 27 juin 2011, François Fillon, alors premier ministre, signait avec son homologue kazakh en visite en France, Karim Massimov, divers accords et contrats, dont celui prévoyant l'assemblage au Kazakhstan des fameux hélicoptères d'EADS.

Que découvrent les policiers  français ? Ce règlement à l'amiable, qui a permis aux trois hommes d'éviter  des peines de prison ferme,  a été rendu  possible grâce à l'adoption en urgence, par le Sénat belge, en mars 2011, d'une disposition – introduite par un amendement déposé in extremis  – étendant les possibilités d'extinction de l'action publique moyennant une somme d'argent. Dès l'adoption de la loi, le 14 avril 2011, le code d'instruction criminelle belge est modifié en ce sens.  Le Canard enchaîné a dévoilé cet aspect de l'affaire le 3 octobre 2012, sans faire allusion à l'enquête judiciaire, encore confidentielle.

Les investigations policières vont confirmer le rôle central joué dans cette affaire par un homme politique belge de premier plan, le libéral Armand de Decker, alors vice-président du Sénat et avocat. Parmi ses clients : Pathok Chodiev lui-même… L'enquête a établi que c'est par son intermédiaire que l'Elysée espérait faire pression sur les sénateurs belges, et obtenir le vote de la loi favorable aux intérêts des oligarques kazakhs. M.  De Decker, qui conteste toute irrégularité, a reconnu publiquement avoir rencontré  l'avocate française de Chodiev, Me  Degoul, accompagnée du conseiller de M.  Sarkozy, M.  Etienne des Rosaies, et avoir évoqué le sort judiciaire des amis du président Nazarbaïev. En Belgique, l'affaire en est restée là, au stade des soupçons.

Mais en France, l'enquête progresse.  Le 8 septembre 2014, à la demande des juges, l'OCRGDF multiplie les perquisitions. Simultanément, les enquêteurs se rendent au siège d'Airbus Helicopters (nouveau nom d'Eurocopter), mais aussi au domicile de l'assistante historique de Claude Guéant, Nathalie Gonzalez-Prado, et chez le préfet Etienne des Rosaies. Les policiers perquisitionnent également l'appartement d'Arlette Henon, une ancienne collaboratrice de M.  Etienne des Rosaies, ainsi que  le cabinet et le domicile de Me  Catherine Degoul à Nice. Dans la foulée, l'ancien préfet et l'avocate sont placés en garde à vue. Si l'audition de M.  Etienne des Rosaies, en mauvais état de santé, a dû être interrompue, celle de l'avocate a pu se dérouler normalement. Me  Degoul, ainsi que  deux intermédiaires, sont mis en examen pour "  corruption d'agent public étranger  " et "  blanchiment  ".

Les enquêteurs veulent maintenant étayer leurs soupçons. Et vérifier dans les moindres détails les circonstances de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Kazakhstan, le 6 octobre 2009, au cours de laquelle  a  été  évoquée la signature des contrats. La justice postule que le  président Noursoultan Nazarbaïev aurait alors exigé de M.  Sarkozy, comme contrepartie de ces contrats, une intervention de sa part en faveur des trois oligarques poursuivis en Belgique. Le 27 octobre 2010, l'Elysée annonçait la signature entre Paris et Astana de contrats pour " plus de 2 milliards d'euros ", portant notamment sur la vente de 295 locomotives et 45 hélicoptères EC 145. 

MM. Sarkozy et Guéant, tout comme Me  Degoul et Mme  Gonzalez-Prado, n'ont pas donné suite aux appels du Monde, M.  des Rosaies n'a pu être joint. 

Gérard Davet, et Fabrice Lhomme

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Publié le 6 Janvier 2015

FredericCuvillier.jpgIl est pour le moins bizarre que le Ministre des transports, M. Frédéric Cuvillier, modifie à ce point les conclusions de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). C'est bizarre jusqu'à ce que l'on apprenne la véritable raison : M. Frédéric Cuvillier ne fait que défendre le lobby des pêcheurs de sa ville puisqu'il est Maire de Boulogne-sur-Mer. Comme le dit l'article, cela s'apparente à un conflit d'intérêts quand on s'attache à défendre les droits d'une minorité aux dépends de l'intérêt général...

Il faut que M. Frédéric Cuvillier s'explique sur des décisions qui sont néfastes à l'environnement et qui sont bonnes pour les pêcheurs uniquement à court terme : quand on aura détruit l'écosystème, il ne restera plus rien, pas même pour la population que l'on était censé défendre !

En effet, la défense de l'économie de la pêche par de telles pratiques ne peut être que temporaire ! M. Frédéric Cuvillier serait avisé de s'en souvenir et se remémorrer qu'il est à sa place pour défendre l'intérêt général, non de quelques lobbys de pêcheurs...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 10 Juillet 2014

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Pêche en eau profonde : la France accusée d'avoir menti
Selon des ONG, l'Etat a ignoré les données dont il disposait sur les dégâts de cette pratique

La France a-t-elle ignoré délibérément ses propres données scientifiques pour s'opposer au projet européen d'interdiction de la pêche en eau profonde ? Huit organisations non gouvernementales posent la question dans un communiqué rendu public mardi 8 juillet, en s'appuyant sur deux rapports inédits de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

Selon les ONG – dont Bloom, Greenpeace, le WWF ou encore la Fondation GoodPlanet –, les données de l'Ifremer sur la pêche profonde montrent que les dégâts environnementaux du chalutage profond sont aussi considérables que le nombre d'emplois dépendant de cette activité est faible.

Les tonnages débarqués par la pêche en eau profonde représentent à peine 1 % de la pêche française. " En 2012, seuls 12 chalutiers français fréquentaient des profondeurs de plus de 600 m plus de 10 % de leur temps. Et seulement 10 navires ont opéré à plus de 800 m plus de 10 % de leur temps ", avancent les ONG. " Le nombre de navires ayant une activité au chalutage de fond en eau profonde est faible ", conclut ainsi le rapport de l'Ifremer, cité par les ONG.

Celles-ci font valoir que la position officielle française, portée à Bruxelles par le secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche, Frédéric Cuvillier, est en opposition avec les données produites par l'Ifremer. " Une éventuelle interdiction de certains engins de pêche, sans discernement, aurait de très lourdes conséquences socio-économiques et ne serait pas acceptable ", avait-il ainsi expliqué à la commissaire européenne à la pêche, Maria Damanaki, lors du Conseil européen du 17 juillet 2012 consacré au projet d'interdiction de la pêche profonde. M. Cuvillier n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde.

" Nous réclamions ces données depuis le Grenelle de la mer, en 2009, tempête Claire Nouvian, présidente de l'association Bloom. Ce sont pourtant des données publiques, produites par un établissement public, grâce à de l'argent public ! " De son côté, l'Ifremer précise que ses données scientifiques sont toujours accessibles, mais que " les avis et les rapports rendus à la demande des pouvoirs publics n'appartiennent pas à l'Ifremer, qui ne peut décider seul de les publier ".

Isabelle Laudon, coordinatrice des politiques publiques au WWF, confie que les associations ont saisi, en avril, la Commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir l'accès aux deux rapports. " Maintenant que nous les avons, nous comprenons pourquoi il était si difficile d'y avoir accès ", ajoute-t-elle. C'est finalement sur décision de Ségolène Royal, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et ministre de tutelle de Frédéric Cuvillier, que l'Ifremer les a publiés le 2 juillet.

" Conflit d'intérêts "

Ces rapports précisent également les données de capture des bateaux et, partant, certains des dégâts environnementaux liés au chalutage profond. Ces dégâts sont globalement bien documentés dans la littérature scientifique internationale mais, dit Claire Nouvian, " les chiffres de l'Ifremer ont estomaqué ". " En 2012, treize espèces de requins profonds ont représenté environ 6 % des captures réalisées par des chalutiers français spécialisés dans la pêche profonde et ont été rejetées mortes à la mer, indique-t-elle. Or 11 de ces 13 espèces sont menacées d'extinction, selon les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature. "

Dans une lettre ouverte à Ségolène Royal, les associations demandent que la France revoie sa position sur la pêche profonde pour le prochain Conseil européen, prévu le 15 juillet. D'autant que, depuis le début de l'année, l'enjeu économique représenté par la pêche profonde a encore perdu en importance.

" Après la décision de Carrefour de retirer les produits de la pêche profonde de ses étals, Intermarché a annoncé que sa flotte - Scapêche - ne pêcherait plus au-delà de 800 m, ce qui n'aura pas d'impact en termes d'emplois, explique Philippe Germa, directeur général du WWF. Il ne reste aujourd'hui guère qu'un bateau directement concerné par une interdiction de pêcher au-delà de cette limite et son port d'attache est Boulogne-sur-Mer, ville dont Frédéric Cuvillier est élu. On est là dans une situation qui s'apparente à un conflit d'intérêts. "

Stéphane Foucart

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Publié le 5 Janvier 2015

La Croix-Rouge Française vous invite à célébrer son 150ième anniversaire au lycée Ferdinand Buisson ("La Nat") à Voiron.
Au programme : une exposition pour retracer l'histoire de l'association en Isère et à Voiron, un hommage aux infirmières ayant œuvré à La Nat pendant la première guerre mondiale et une présentation des actions et projets de la Croix-Rouge Française.

Venez découvrir cette association, partager des souvenirs et faire connaissance avec les bénévoles.
Inauguration le samedi 7 février à 15h.

 

Les images sont cliquables ;)

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Rédigé par Philippe NOVIANT

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